lundi, 28 décembre 2009

Ces phrases qui ont marqué l'actualité sportive en 2009

Créé le 27.12.09 par 20minutes.fr



Le sélectionneur de l'Argentine, Diego Maradona, escorté à la fin du match du 10 juin 2009 face à l'Equateur (défaite 2-0), à Quito
Le sélectionneur de l'Argentine, Diego Maradona, escorté à la fin du match du 10 juin 2009 face à l'Equateur (défaite 2-0), à Quito/T.Garcia/REUTERS



DECLARATIONS - Pétage de plomb, règlement de compte et autres moments de poésie...



En 2009, les acteurs du sport ont encore eu la langue bien pendue. Le meilleur du pire, c’est ici.



Diego Maradona

Diego est un rancunier. La qualification pour le Mondial encore toute chaude, le sélectionneur argentin demande à la presse de son pays de se mettre à genou. «Je n'ai rien à faire de ce que disent ces putes de journalistes. A ceux qui n'ont pas cru en moi, qu'ils viennent me la sucer et qu'ils continuent de me la sucer». On ne veut même pas savoir ce qu’il va exiger si, par hasard, son équipe venait à gagne la Coupe du monde le 11 juillet prochain.



Eric Cantona

Le King de Manchester n’aime pas Raymond Domenech. Alors, quand il a l’occasion de tailler le sélectionneur, Canto ne passe pas son tour. «Domenech, c'est l'entraîneur le plus nul du football français depuis Louis XVI. Il n'a jamais rien gagné.» C’est vrai que Domenech et le monarque déchu ont une fâcheuse tendance à négliger le jeu de tête.


Rama Yade

Pour relancer un athlétisme français toujours aussi moribond, la nouvelle secrétaire d’Etat au Sport y est allée de sa proposition à la fin des championnats du monde à Berlin en août dernier. «Je vais peut-être faire un petit tour en Jamaïque pour comprendre pourquoi ils courent si vite.» Si jamais elle pouvait aussi faire un détour par l’Espagne pour savoir comment on aligne trois passes de suite en football…


José Mourinho

Que se soit en portugais, en anglais, en français et maintenant en italien, José Mourinho reste un bon client. Fâché avec la presse italienne, l’entraîneur de l’Inter Milan n’aime pas que l’on critique trop son équipe. La preuve ici. «La prostitution intellectuelle ne me plaît pas. J'aime l'honnêteté intellectuelle.» José Mourinho, un modéré.


Philipe Lucas

Lui, il l’ouvre en français et en débardeur jaune poussin. Mais le résultat est tout aussi savoureux. L’ex-mentor de Laure Manaudou relativise à sa façon la récente médiatisation de la natation.  «Si vous mettez un boudin de 80 kg qui fait championne olympique du 100 m brasse, personne ne va mettre une bille dessus, à part la boucherie du coin.» Les bouchers et les brasseuses apprécieront.


Raymond Domenech

Comme ça Franck Ribéry préfère jouer milieu gauche? Il est bien gentil «Kaiser Franck», mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie. C’est en substance le message de Raymond Domenech. «Les joueurs ont le droit d’avoir des souhaits. C’est normal. Moi, j’aurais aimé être président de la République, je suis sélectionneur.» Pourquoi tant de pessimisme Raymond? Rien n’est encore perdu pour 2012…


Nicolas Anelka

On néglige l’influence d’Alain Madelin sur les footballeurs français. La preuve avec cette interview coup de poing et détaxée de l’attaquant de Chelsea accordée à 20minutes.fr. «Je ne veux pas jouer au foot et payer (ndlr, aux impôts) 50% de ce que je gagne. L’argent que j’ai, il est pour mes enfants.» Petit détail, Nicolas Anelka n’a qu'un seul rejeton pour l’instant.


Lance Armstrong

Amstrong en équipier dévoué, personne n’y a vraiment crû. Surtout pas Alberto Contador. A la veille du départ du Tour 2009, l’Américain jurait pourtant fidélité au grimpeur espagnol. «Si Alberto est super, je roulerai pour lui. Ma place au classement n'aura pas d'importance. Ma condition est bonne, mais il faut respecter l'équipe.» La suite, on l’a connaît. A la première bordure, Armstrong n’hésitera pas à poignarder Contador dans le dos.


Jean-Michel Aulas

Si son équipe a perdu de sa superbe sur le terrain, le président lyonnais reste le champion incontesté du tacle d’après-match. Le nouveau président du PSG l’a appris à ses dépends quand il s’est étonné de voir son confrère débarquer dans le vestiaire de l’arbitre à la mi-temps de Paris-Lyon. «De la part de quelqu'un d'un peu puceau dans le milieu, je pense qu'il a réagi un peu vite à partir d'une situation qui n'est pas celle qui s'est passée. Comment s'appelle t-il?» Bienvenue en Ligue 1 Robin Leproux.


Francis Decourrière

Le président de Valenciennes est né en 1936. Alors quand il s’en prend à l’arbitre de VA-Bordeaux, Tony Chapron, l’insulte s’en ressent tout de suite. «Vous êtes une raclure de bidet, une honte de l'humanité.» Le bidet en question a quand-même porté l’affaire en justice. Decourrière a, lui, eu droit à six mois de suspension de la part de la Ligue.

Robin Soderling

Finaliste surprise à Roland-Garros, le Suédois paraphrase le mythique Vitas Gerulaitis avant de défier Roger Federer.  «J’ai perdu dix fois sur dix contre Roger Federer. Mais personne ne bat Soderling onze fois de suite…» Trois défaites plus loin, le Suédois prépare toujours sa revanche, mais au moins on lui a découvert un humour insoupçonné.  


Alexandre Pedro

samedi, 26 décembre 2009

2009: la fusée Usain Bolt illumine l'année sportive

Reuters Patrick Vignal



La fusée Usain Bolt a éclairé l'année sportive 2009, laissant dans son sillage d'autres exploits majeurs mais moins supersoniques.



LA FUSÉE BOLT ILLUMINE 2009 



Roger Federer a eu beau égaler puis dépasser le record de Pete Sampras pour compter désormais 15 titres du grand chelem dont, enfin, Roland-Garros, l'homme de l'année, ce n'est pas lui.

C'est, bien sûr, le Jamaïcain, surprenant mélange de décontraction et d'explosivité, qui a réécrit dans la bonne humeur l'histoire de l'athlétisme en quelques jours au mois d'août à Berlin avec deux records fabuleux, 9"58 sur 100 m et 19"19 sur 200.

Son talent unique et sa légèreté, dans la vie comme sur la piste, font de lui un antidote parfait à la grisaille ambiante et un rêve pour les annonceurs qui ne peuvent plus vraiment compter sur Tiger Woods, rattrapé par la banalité et devenu soudainement humain.

L'acharnement médiatique dont a été victime le phénomène du golf consolera peut-être un peu Thierry Henry, montré du doigt pour une faute de main qui a fait couler beaucoup d'encre.

Le fameux barrage face à l'Irlande restera dans les mémoires tandis que le débat autour d'un Raymond Domenech de plus en plus impopulaire auprès de 60 millions de sélectionneurs promet de se poursuivre jusqu'à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

Thierry Henry ne sera sans doute jamais Ballon d'Or mais son coéquipier au Barça Lionel Messi, lui, risque de l'être plusieurs fois. L'Argentin de poche a commencé sa collection cette année et raflé pas moins de cinq titres dont la Ligue des champions avec le club catalan.

 

SCHUMACHER REVIENT

La surprise de l'année vient de la Formule Un, où personne n'aurait misé sur l'écurie Brawn ni sur Jenson Button, pourtant sacrés tous deux au terme d'une saison folle marquée par la déroute des ténors.

Même si la réduction des coûts change la donne et que la liste des constructeurs qui retirent leurs billes ne cesse de s'allonger, un retour à l'ordre est possible en 2010 avec un Michael Schumacher sorti de la retraite.

Les sportifs qui ont goûté à l'ivresse des sommets ont du mal à s'en passer, ce qu'illustre le retour de Schumacher après ceux, en tennis, de Kim Clijsters puis Justine Hénin.

Amélie Mauresmo, elle, a choisi de tirer sa révérence, de même que Laure Manaudou. Deux belles carrières tourmentées s'achèvent qui laisseront toutes deux un arrière-goût d'inachevé.

Il n'y a pas que la F1 à se replonger dans le passé. Les nageurs, eux aussi, arboreront un look rétro en 2010 avec le retour des traditionnels maillots de blanc en lieu en place des combinaisons, responsables d'une pluie de records mais coupables d'avoir fait basculer la natation au rayon des sports mécaniques.

Tout ne va pas changer en 2010. Yelena Isinbayeva continuera sans doute de battre des records du monde à la perche et Clermont perdra peut-être encore une finale de Top 14.

Surtout, l'excitation des années paires est déjà perceptible avec, au coin de la rue, les Jeux de Vancouver et le Mondial sud-africain. Il est temps de refermer le livre de 2009 mais la page Usain Bolt restera marquée à jamais.

lundi, 23 novembre 2009

Bolt: "Une année exceptionnelle"

22/11/2009



"Une année exceptionnelle"
Agenzia Ansa


Usain Bolt, qui a ajouté en août à Berlin trois titres mondiaux aux trois ors olympiques de Pékin, a qualifié son année 2009 d'"exceptionnelle", dimanche à Monaco, où il a reçu le trophée d'athlète de l'année. "Ça m'encourage à faire encore mieux en 2010", a promis le sprinter jamaïcain.

Usain BOLT, après une année 2008 inoubliable, comment qualifier votre année 2009?

U.B. : C'était une année tout à fait exceptionnelle, étonnante. Et mon accident en avril a fait que j'ai raté le début de saison, manquant des entraînements. J'ai dû m'impliquer pour travailler sur moi-même, rattraper mon retard. Si j'ai dû renoncer à des engagements, j'ai quand même pu bien me préparer pour la suite de la saison et notamment les Championnats du monde.

A nouveau athlète de l'année. On pourrait vous croire blasé?

U.B. : C'est une motivation supplémentaire d'être élu athlète de l'année. Ca me remplit de fierté, ça m'encourage à faire encore mieux en 2010, car c'est le vote des fans. Non, vraiment, ça me rend heureux.

Quel objectif en 2010, année sans JO ni Mondiaux?

U.B. : Je prends les années les unes après les autres. Maintenant, je me concentre sur les Jeux de Londres. On va voir ce que ça donne d'ici là. En 2011, il y aura à nouveau des Mondiaux, à Daegu (Corée du Sud), et ce sera le moment de défendre mes titres. La longueur? C'est non. C'est bien que 2010 soit une année sans JO ni Mondiaux, car il y a moins de pression. C'est une saison que je m'apprête à vivre avec plaisir.

Cela signifie que les records ne tomberont pas?

U.B. : Je pense que je peux encore progresser sur le plan chronométrique en 2010. Je sais que mes adversaires vont tout faire pour me battre. Je dois donc m'entraîner et rester dans ma meilleure forme.

Vous n'envisagez pas la défaite?

U.B. : Ce n'est pas facile de me battre quand je suis en forme. Si cela devait arriver, je serais choqué. Mais comme ce serait le fait d'un athlète de valeur, je voudrais m'améliorer. L'an dernier, j'avais été battu à Stockholm (d'un centième de seconde sur 100 m par son compatriote Asafa Powell, NDR). J'ai revu la course une trentaine de fois pour comprendre les raisons de cette défaite.

Vous avez été récemment en Afrique pour la 1re fois. Etait-ce un retour aux racines?

U.B. : J'ai beaucoup aimé cette 1re fois en Afrique, au Kenya. J'avais l'impression de rencontrer un fan club. Comme beaucoup de gens en Jamaïque, je sais que mes racines sont sur ce continent. Mais pas spécialement chez les Massaï. Ma mère s'est rendue là-bas (en Afrique occidentale) récemment et on en saura un peu plus sur les racines dans un mois.

Adolescent, vous rêviez de devenir une icône?

U.B. : Je regardais Michael Johnson et je voulais devenir champion olympique du 200 m, comme lui. Mais je n'imaginais pas que je pourrais devenir une star, comme vous dites. J'en retire d'ailleurs beaucoup de plaisir.

Vos habitudes alimentaires peuvent choquer des nutritionnistes?

U.B. : Contrairement à Sanya (Richards, qui fait attention), je ne recommande à personne de suivre mon régime alimentaire. Je mange ce dont j'ai envie. Toutes les calories que j'absorbe, je les brûle facilement à l'entraînement.

Eurosport - AFP

lundi, 16 novembre 2009

Caster Semenya a du mal à vivre sa notoriété

15/11/2009 | AFP


Semenya est au coeur d'une polémique sur son genre depuis son titre de championne du monde du 800 mSemenya est au coeur d'une polémique sur son genre depuis son titre de championne du monde du 800 m© AFP

La jeune Sud-Africaine Caster Semenya, au coeur d'une polémique sur son identité sexuelle depuis son titre de championne du monde du 800 m aux Mondiaux d'athlétisme de Berlin en août, a déclaré samedi avoir du mal à vivre sa notoriété.

"Maintenant, les gens me regardent avec insistance, ils veulent me toucher. Je suppose que c'est parce que je suis célèbre, mais je ne pense pas que j'aime tellement ça", a dit Caster Semenya au journal britannique The Guardian paru samedi.

Dans cette interview réalisée à l'université de Pretoria où elle s'entraîne, elle ajoute: "Ce n'est pas si facile. A l'université, ça va mais il n'y a pas beaucoup d'autres endroits où je peux aller".

Le conseil de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), réuni à Monaco, pourrait annoncer vendredi sa décision dans cette affaire. Elle avait décidé, le 19 août dernier, juste avant la finale du 800 m dominée de bout en bout par Semenya, de nommer un groupe d'experts pour enquêter sur le genre de l'athlète prodige, âgée de 18 ans.

Cette décision avait scandalisé l'Afrique du Sud qui avait fait bloc autour de son athlète.

Nimègue: Victoire et record pour Dibaba

L'Ethiopienne Tirunesh Dibaba a amélioré le record du monde du 15 km sur route à Nimègue (Pays-Bas), où elle a remporté la course des Sept Collines en 46 min. et 28 sec . L'ancien record était détenu par la Japonaise Kayoko Fukushi (46:55 le 5 février 2006 à Marugame). Chez les messieurs, l'épreuve néerlandaise a été remportée par l'Ethiopien Sileshi Sihine en 42:19. Sihine s'est imposé au sprint devant l'Ougandais Nicholas Kiprono.

Par RFI

La Jamaïque perd Glen Mills

Glen Mills/ Usain Bolt Glen Mills se consacre désormais exclusivement au club d'Usain Bolt (Reuters)

Glen Mills a démissionné de son poste d’entraîneur en chef de l’équipe jamaïquaine après vingt-deux ans de bons et loyaux services. Il continuera toutefois de s’occuper d’Usain Bolt.

par Ismaël Bouchafra-Hennequin, le 09-11-2009

La Jamaïque perd un grand Monsieur. La décision de Glen Mills de quitter son poste d’entraîneur en chef est un vrai coup dur pour les Reggae Boyz. Car, au cours de son règne (1987-2009)*, cette petite île des Caraïbes a pris, en seulement vingt-deux ans, une dimension exceptionnelle dans la planète athlétisme. Sous la houlette de Glen Mills, les enfants de Bob Marley ont en effet glané des médailles. Beaucoup de médailles même, que ce soit aux championnats du monde (71) ou aux JO (33). Ces breloques ont permis à l’île d’être reconnue comme une terre de sprint. «We are number one», répétait-il fièrement après le dernier succès des Mondiaux de Berlin. Mais Glen Mills devait sentir qu’il serait difficile de rééditer de telles performances. «Il est bon de partir quand vous avez encore la main», a-t-il indiqué au Jamaica Observer. «Il est temps qu’un jeune coach prenne le relais.»

Il va pouvoir bichonner Bolt
Le départ de Glen Mills laisse un grand vide au sein de la Jamaica Amateur Athletic Association (JAAA). A Kingston, certains journaux n’hésitent pas à parler de la «fin d’une époque». Pour autant, à en croire Howard Aris, le président de la fédération, cette décision n’est pas surprenante** : «Il y a cinq ou six ans, quand j’ai été désigné à la tête de le JAAA, cela avait été abordé. Je tiens à remercier Glen pour les services qu’il a rendus à la Jamaïque et lui souhaite bonne chance avec le Racers Track Club». Car, c’est l’autre information. Glen Mills continuera néanmoins à entraîner le groupe d’Usain Bolt***, le triple champion olympique et du monde (100, 200 et 4 × 100 m). Il aura même plus de temps à consacrer à celui-ci. Et bénéficiera de meilleures conditions puisque l’Université West Indies du campus de Mona va se doter d’une piste synthétique. On reverra sans doute très vite ce petit homme trapu à la bouille enjouée sur les meetings. Et on entendra aussi sa voix rocailleuse crier à ses athlètes : «Run fast !» Pour qu’ils restent les meilleurs du monde.

* Excepté en 2003.
** Le conflit entre la JAAA et Stephen Francis, l’entraîneur du groupe MVP (Powell, Fraser, Foster, Simpson, Walker, etc.), juste avant les Mondiaux de Berlin, a sans doute également influé sur sa décision.
*** En plus d’Usain Bolt, le groupe Racers Track Club comprend également Daniel Bailey ou encore Yohan Blake.

mardi, 27 octobre 2009

Romain Mesnil, la force de la maturité

Cécile Soler (lefigaro.fr), 27/10/2009


Romain Mesnil le 9 septembre dernier au stade Charléty.
Romain Mesnil le 9 septembre dernier au stade Charléty. Crédits photo : AFP

Le perchiste, médaillé mondial d'argent, attaque à 32 ans une nouvelle saison.

Il y a deux mois, à Berlin, l'Albigeois rapportait, avec sa deuxième place, la plus belle médaille de la délégation française. Grâce au bronze conquis par Renaud Lavillenie dans le même concours, la perche est redevenue une discipline de pointe dans l'athlétisme français, et Romain Mesnil en est la vitrine atypique et décalée.«Ce garçon est une énigme.» DTN à l'autorité indéniable et au bon sens cartésien, qui officia sur l'olympiade entre 2000 et 2004, c'est ainsi que Robert Poirier avait résumé Romain Mesnil.

C'était en 2003, alors que, meilleur performeur mondial cette année-là et particulièrement attendu au Stade de France pour les championnats du monde, l'Albigeois n'avait pu y passer la moindre barre. Un revers d'autant plus incongru, qu'une ambiance de liesse habitait l'équipe de France, étincelante à Saint-Denis avec huit médailles.

À cette époque-là, Romain Mesnil n'était démonstratif ni dans la défaite ni dans la victoire. Sur le sautoir, cet ingénieur en informatique à l'intelligence posée avait révélé tôt son talent, en franchissant à 22 ans une barre à 5,93 m. Mais entre cette altitude prometteuse et la concrétisation en grand championnat, avec sa première médaille mondiale en 2007 à Osaka, huit longues années se sont écoulées. D'étincelles en déceptions, on a cru qu'il s'était perdu dans les méandres d'une intellectualisation excessive de la performance, alors qu'il a simplement pris le temps d'oser être lui-même, sur la piste et en dehors.

«Le sport de haut niveau m'est tombé dessus », rappelle l'Albigeois, longtemps concentré sur ses études et auquel de longues années dans l'ombre du charismatique champion olympique de 1996, Jean Galfione, donnaient une teinte d'autant plus pâle. S'il se défend d'avoir jamais manqué de personnalité, il admet volontiers une certaine réticence à se dévoiler. «Quand il y a une caméra, on met forcément une barrière, analyse-t-il. Surtout moi, étant pudique et plutôt timide, je ne donne forcément qu'une partie de ma personnalité.»

 

En tenue d'Adam

Et c'est seulement à 31 ans que Romain Mesnil s'est découvert une vocation de politicien en survêtement, se posant en porte-parole des athlètes français pour le respect des droits de l'homme en Chine avant les Jeux de Pékin en 2008. Expérience qui lui a ouvert de nouveaux horizons. «J'ai réalisé en discutant avec Stéphane Diagana que la politique était peut-être ce qui se rapprochait le plus du haut niveau, confie-t-il. Alors, plus tard, pourquoi pas ?»

Si son échec sportif au Nid d'oiseau de Pékin l'a blessé plus que les précédents, l'atterrissage en France, à son retour, a été encore plus brutal. Lâché par son équipementier, le perchiste a commencé par sauter avec un point d'interrogation sur l'estomac l'hiver dernier. Puis il est passé à la vitesse supérieure, avec la petite promenade en tenue d'Adam dans les rues de Paris et la mise aux enchères de son contrat de sponsoring, qui lui ont permis non seulement de trouver un partenaire, mais d'atteindre un niveau de notoriété que ses résultats ne lui avaient pas apportés. «Ça s'est avéré positif, mais sur le moment, je ne savais pas si on allait me jeter des pierres, souligne l'Albigeois, fier d'avoir assuré ensuite sur le sautoir. La notoriété a été créée en grande partie par le buzz, mais a été validée par la perf.» Performance qui lui a donné une certaine distance avec les réactions diverses et variées provoquées par sa démarche originale. «Chistiakov (1) m'a dit que j'étais très populaire auprès des filles en Russie, raille Mesnil. Mais il paraît qu'Isinbayeva a dit à l'IAAF qu'elle trouvait que je n'étais pas très sérieux.»

Ce constat sévère de la championne olympique de perche n'a arraché qu'un sourire amusé au père de deux enfants qu'est Romain Mesnil. Être parvenu à concilier vie familiale et haut niveau est d'ailleurs un autre sujet de fierté pour le perchiste, décidé à continuer jusqu'aux Jeux de Londres. «Je n'ai jamais participé à une finale olympique  », rappelle-t-il.

Cet objectif purement sportif lui permet de passer provisoirement sur le fait qu'il n'a toujours pas tapé dans l'œil d'un équipementier. Car s'il est sous contrat jusqu'en 2012 avec son partenaire OVH, le perchiste a repris l'entraînement à la mi-octobre aussi nu que sous le drapeau français sous lequel il effectua son tour d'honneur en août sur le stade olympique de Berlin.

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» EN IMAGES - Les stars des Mondiaux (avec sport24.com)

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vendredi, 02 octobre 2009

Jeux Francophonie : le Rwandais Disi conserve son titre

02/10/2009 -  AFP


Le Rwandais Dieudonné Disi, le 28 septembre 2008 à ParisLe Rwandais Dieudonné Disi, le 28 septembre 2008 à Paris© AFP

Le Rwandais Dieudonné Disi, déjà vainqueur en 2005 à Niamey, a conservé son titre sur 10. 000 m aux jeux de la Francophonie jeudi, lors de la quatrième journée également marquée par le succès de la Seychelloise Lindy Agricole au javelot.

Dieudonné Disi, victorieux dans un temps modeste (29:38. 68), s'est imposé à l'issue d'une superbe dernière ligne droite, devant le Marocain Anis Selmouni. Un autre Marocain, Hicham Bellani, a pris la troisième place.

Par ailleurs, les Egyptiens ont réalisé un doublé au lancer du disque messieurs, Omar Ahmed El Ghazaly (61,01 m) s'imposant devant Yasser Fathy (59,56 m).

Dans un stade pratiquement désert, la Seychelloise Lindy Agricole a elle remporté le concours du javelot féminin, alors que la Roumaine Anca Heltne l'a emporté au lancer du poids.

Le Marocain Aziz Ouhadi (10 sec 23) a réalisé le meilleur temps des demi-finales du 100 m, comme la Canadienne Geneviève Thibault et la Roumaine Andrea Ogrezeanu (11 sec 67) chez les dames.

Les deux finales sont programmées vendredi.

Enfin, en football (moins de 20 ans), le Maroc affrontera la Côte d'Ivoire alors que le Canada sera opposé au Congo en demi-finale, samedi à Saïda et Beyrouth.

L'organisation des jeux, se basant sur un résultat erroné, avait indiqué mercredi soir que le Cameroun était qualifié aux dépens du Canada.

Les Canadiens, victorieux (2-0) des Camerounais mercredi, ont terminé en tête de la poule B.

samedi, 12 septembre 2009

Liu Xiang sur le retour

Absent depuis plus d'un an, Liu Xiang devrait faire son retour sur les tartans fin septembre.

Evènement en Chine avec l'annonce du retour à la compétition de Liu Xiang. Blessé lors des Jeux Olympiques de Pékin en août 2008, le Chinois avait été opéré du tendon d'Achille de la cheville droite en fin d'année dernière. Le champion du Monde 2007 du 110m haies est attendu pour le meeting de Shaghai le 20 septembre prochain.

 

Mobilisation au plus haut niveau pour défendre Caster Semneya

Par  RFI. Article publié le 12/09/2009 

La championne du monde du 800 mètres, Caster Semenya, à son arrivée à l'aéroport de Johannesbourg, le 25 août.(Photo : Siphiwe Sibeko/Reuters)

La championne du monde du 800 mètres, Caster Semenya, à son arrivée à l'aéroport de Johannesbourg, le 25 août.
(Photo : Siphiwe Sibeko/Reuters)


Selon la presse australienne, la championne sud-africaine aurait des organes génitaux féminins et masculins. Dans un tel cas de figure, l’athlète ne pourrait plus participer à des compétitions féminines. Avant sa victoire sur le 800 mètres aux mondiaux de Berlin. la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) avait lancé une enquête, des tests gynécologiques pour connaître l'identité sexuelle exacte de la sportive. Le Sydney Daily Telegraph cite une source anonyme impliquée dans ces tests. Une information donc non confirmée, mais qui a fait bondir le président et le ministre des Sports sud-africains.

L’Afrique du Sud fera appel aux grands moyens si la Fédération internationale d’athlétisme demande à Caster Semenya de rendre sa médaille d’or ou décide de la bannir des pistes. « Ce sera la troisième guerre mondiale », a tout simplement prévenu le ministre des Sports sud-africain Makhenkesi Stofile.

Le président de la nation arc-en-ciel est, lui aussi, monté en créneau. « On ne joue pas ainsi avec la vie des gens et avec leur droit à l’intimité », a déclaré Jacob Zuma. Jacob Zuma avait déjà dénoncé l’humiliation dont a été victime la coureuse, suite à la commande de tests gynécologiques en plein championnats du monde.

La Fédération d’athlétisme incriminée a choisi de ne pas s’exprimer sur la polémique avant son congrès à Monaco le 20 novembre. Le ministre des Sports ne veut même plus entendre parler de ces tests, car Caster Semenya, il l’a redit, est une fille. « Maintenant ils veulent calculer le pourcentage de féminité de Caster, c’est ridicule !, s’est insurgé Stofile. Je ne suis pas sûr que toutes les journalistes ici passeraient ce test », a plaisanté le ministre.

Stofile a demandé à un cabinet d’avocat international de protéger les droits de l’athlète. « C’est une jeune fille formidable qui a admirablement représenté notre pays, elle souhaite juste grandir en paix et ne mérite pas d’être humiliée ainsi », a conclu le ministre.

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