jeudi, 20 décembre 2012
POLITIQUE
Birmanie : le petit frère se rebiffe
Pour acheminer son pétrole sans passer par le détroit de Malacca, contrôlé par les États-Unis, la Chine a un besoin crucial de la Birmanie. Du coup, celle-ci fait monter les enchères...
«Même si nos relations sont placées sous le signe de "l'harmonie fraternelle", nous ne sommes pas redevables à la Chine, qui n'est qu'un voisin comme les autres. » Ces mots prononcés le 1er décembre par Aung San Suu Kyi ne sont pas passés inaperçus en Birmanie. Après la dure répression de manifestants réclamant la fermeture d'une mine de cuivre gérée par des Chinois à Monywa, l'ancienne opposante était demeurée silencieuse. Comme s'il était impossible de toucher aux intérêts de la Chine. Premier partenaire commercial, celle-ci achète des matières premières (gaz naturel, pierres précieuses, bois) et vend des armes et des produits manufacturés. Selon le site Irrawaddy, elle tient le gouvernement birman par un chantage aux sanctions financières en cas de rupture de contrat. Est-ce si sûr ? Comment expliquer alors qu'en 2011, après la suspension d'un projet de barrage censé lui fournir de l'électricité, la Chine s'en soit tenue à des menaces sans suite ?
Parce que, contrairement aux apparences, cette dernière a un besoin crucial de la Birmanie. Dans les années qui viennent, elle va devenir de plus en plus dépendante du pétrole du Moyen-Orient. Selon l'Agence internationale de l'énergie, elle importera en 2035 quelque 8 millions de barils/jour (contre 275 000 b/j actuellement). Une fois achevé, l'oléoduc qu'elle construit à travers la Birmanie lui permettra de rattacher sa province méridionale du Yunnan à l'océan Indien, sans passer par le détroit de Malacca, contrôlé par la marine américaine et susceptible d'être bloqué en cas de conflit.
Profil bas
Consciente de l'importance stratégique de son voisin, la Chine fait donc profil bas. Le 5 décembre, son ambassadeur est allé jusqu'à déclarer que son gouvernement « ne verrait pas d'inconvénient majeur à une éventuelle fermeture de la mine de Monywa ». Étrange humilité ! Hier encore sans rivaux, la Chine voit venir la fin de son monopole et repense sa stratégie.
Ce sont d'ailleurs moins les États-Unis qui l'inquiètent que le Japon, qui, depuis des mois, tisse discrètement sa toile. Après avoir effacé la dette birmane au printemps, il a, à l'automne, rouvert le robinet de l'aide. Résultat : c'est aux Japonais, et non aux Chinois, que le président Thein Sein a confié le colossal projet de construction d'une nouvelle zone industrielle et d'une ville nouvelle à la périphérie de Rangoon. Tout comme la rénovation de quatre centrales électriques ou l'étude du futur réseau de transports urbains. Le message est clair : le petit frère a choisi de se rebiffer.
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jeudi, 20 septembre 2012
POLITIQUE
Etats-Unis : Aung San Suu Kyi reçue en grande pompe à Washington
Washington a déroulé le tapis rouge pour Aung San Suu Kyi le 19 septembre. L'icône de la démocratie birmane a reçu la médaille d'or du Congrès américain, la plus importante des décorations civiles américaines, et a été reçue par le président Barack Obama, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. La dame de Rangoun, prix Nobel de la paix 1991 a confié avoir vécu une des journées les plus émouvantes de son existence.
Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes
Elle est émue, Aung San Suu Kyi. « C’est l’un des plus beaux jours de ma vie », déclare l’opposante birmane, honorée de la plus haute distinction civile américaine. La Médaille d’or du Congrès lui avait été attribuée en 2008, alors que la chef de l’opposition se trouvait encore en résidence surveillée.
Quatre ans plus tard, les réformes sont engagées en Birmanie et Aung San Suu Kyi appelle le peuple birman à s’unir : « La Birmanie est un pays composé de nombreuses ethnies et nous pensons que nous pouvons aller de l’avant dans l’unité et dans la paix ».
Un peu plus tôt, les personnalités politiques américaines s’étaient succédé pour rendre hommage à l’opposante birmane. Laura Bush, Hillary Clinton ou encore un très ému John McCain. « Merci de m’avoir montré, à mon âge, une ou deux choses à propos du courage », déclare l’ancien candidat républicain, la gorge serrée.
Ultime hommage, dans la soirée, Aung San Suu Kyi a été reçue à la Maison Blanche par Barack Obama. Un entretien privé au cours duquel le président américain n’a pas oublié de saluer le travail du nouveau président birman, Thein Sein, dont le nom a été rayé de la liste noire des Etats-Unis le 19 septembre.
09:44 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aung san suu kyi, barack obama, birmanie, etats-unis
lundi, 02 avril 2012
Politique
Aung San Suu Kyi salue le «début d'une nouvelle ère en Birmanie»
Le parti de l'opposante birmane, la Ligue nationale pour la démocratie, a revendiqué dimanche une large victoire aux élections partielles.
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, dont la Ligue nationale pour la démocratie a revendiqué une large victoire aux élections partielles de dimanche, a salué le «début d'une nouvelle ère» lors d'un discours de victoire au siège du parti lundi.
«Cela va être le début d'une nouvelle ère», a-t-elle déclaré. «Ce n'est pas tant notre triomphe qu'un triomphe de ceux qui ont décidé qu'ils devaient participer au processus politique de ce pays».
Alors qu'aucun résultat officiel n'a encore été annoncé, la LND a assuré lundi matin avoir remporté au moins 43 des 44 sièges qu'elle briguait lors de ce scrutin historique, considéré comme un test pour la sincérité des réformes du gouvernement qui a succédé à la junte il y un an.
«Ce qui importe n'est pas le nombre de sièges remportés, bien que nous soyons bien sûr extrêmement satisfaits d'en avoir gagné autant, (mais) le fait que les gens montrent autant d'enthousiasme dans leur participation au processus démocratique», a souligné la «Dame».
«Nous espérons que tous les partis qui ont pris part à ces élections seront en mesure de coopérer avec nous pour créer une atmosphère véritablement démocratique dans notre Nation».
Au total 45 sièges étaient à pourvoir lors de ces partielles : 37 à la chambre basse du parlement (sur 440 députés), six à la chambre haute et deux dans des chambres régionales.
Mais même si la LND remportait les 44 circonscriptions où elle présentait des candidats, le nouveau régime n'a de toute façon rien à craindre.
Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par l'ancienne junte, avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010. Et un quart des parlementaires sont, en vertu de la Constitution, des militaires d'active désignés en marge du processus électoral.
(AFP)
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