vendredi, 06 novembre 2009

Abbas jette l'éponge avant l'élection de janvier

Pierre Prier (lefigaro.fr), 05/11/2009


La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010.
La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010. Crédits photo : AFP

En refusant de se représenter, le président palestinien tente un coup politique.

Le président de l'Autorité palestinienne menace de jeter l'éponge pour tenter de sortir de l'impasse. Jeudi, Mahmoud Abbas a essayé la tactique de l'électrochoc en annonçant qu'il ne se présenterait pas à l'élection pour la présidence de l'Autorité palestinienne, prévue le 24 janvier, en même temps que les législatives. Mahmoud Abbas avait pourtant fixé lui-même la date de ces élections il y a quinze jours. L'annonce a été faite au cours d'une réunion de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentant tous les Palestiniens, qu'ils vivent dans les Territoires ou dans la diaspora.

Plusieurs dirigeants palestiniens, qui n'envisagent pas les élections sans le président sortant, ont aussitôt déclaré qu'ils le pressaient de revenir sur sa décision. «Mahmoud Abbas est réellement furieux», comment le politologue palestinien Khalil Chahine, selon qui le président palestinien réagit ainsi aux déclarations de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Le week-end dernier, à Jérusalem, Clinton avait soutenu publiquement le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui veut une reprise des négociations avec les Palestiniens sans gel préalable des colonies, revenant ainsi sur la position de Barack Obama. Hillary Clinton a ensuite fait machine arrière, mais ses propos continuent de susciter le désarroi du président palestinien.

«Il a dit aux dirigeants de l'OLP qu'il avait l'impression que le programme sur lequel il avait été élu il y a cinq ans, c'est-à-dire un processus de paix avec Israël, était un échec», affirme Khalil Chahine.

Le message, ajoute le politologue, s'adresse aussi à certains «frères arabes». Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, avait lui aussi, mercredi au Caire, semblé abandonner le préalable du gel des colonies, appelant Israéliens et Palestiniens à se «concentrer sur l'objectif final plutôt que de perdre du temps à exiger telle ou telle chose». Jeudi, Aboul Gheit a également reculé, affirmant que «le début des négociations vient soit avec le gel complet de la colonisation, que nous continuons de réclamer, soit si nous recevons des garanties sans équivoque que l'État palestinien se tiendra sur les frontières de 1967, y compris Jérusalem.»

 

Un message au Hamas

Mahmoud Abbas peut aussi souhaiter envoyer un message au Hamas, le mouvement islamiste qui tient la bande de Gaza. Les négociations pour une réconciliation, parrainée par l'Égypte, sont au point mort. La décision de Mahmoud Abbas, qui s'estime légitime sur tous les territoires palestiniens, d'organiser des élections en janvier y compris à Gaza, s'était heurtée au refus du Hamas, qui préférerait le mois de juin. Et Abbas a seulement dit : «pas en janvier».

Toutefois, si la surprise de Mahmoud Abbas n'est pas dénuée de tactique politicienne, et si ce n'est pas la première fois que le président de l'Autorité menace de démissionner, elle prend cette fois une dimension plus désespérée. La veille, le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, avait menacé de saborder purement et simplement l'Autorité palestinienne et la «solution à deux États», l'un israélien et l'autre palestinien. À sa place, les Palestiniens «devraient poursuivre une solution à un seul État, où chrétiens, juifs et musulmans seraient égaux.»

Là encore, ce n'est pas la première fois que cette menace est agitée par les Palestiniens. Le renoncement de Mahmoud Abbas à se présenter en janvier apparaît toutefois comme un premier pas vers l'usage de l'arme ultime de dissuasion politique. Même si elle n'est pas utilisée, la dernière séquence laissera des traces.

«En disant devant l'OLP que le processus de paix avait échoué, Abbas est allé très loin, dit Khalil Chahine. Mais il n'a pas évoqué de stratégie de remplacement.» Preuve que le président palestinien espère toujours en une forte pression américaine sur Israël ? Sans doute. «Mais s'il n'est pas écouté, il lui faudra définir un nouveau mode d'action, qui ne pourrait reposer que sur la résistance populaire. Il faudra écouter avec attention sa prochaine intervention.» Jeudi, des rumeurs de discours solennel du président à la nation circulaient à Ramallah.

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jeudi, 05 novembre 2009

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Publié le 05/11/2009 par Le Point.fr


AFP

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Mahmoud Abbas pourrait jeter l'éponge © Olivier Douliery/ABACAPRESS.COM

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Le président Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne se représenterait pas à la tête de l'Autorité palestinienne en janvier prochain. Le secrétaire général du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, a précisé que le comité exécutif avait "rejeter sa décision à l'unanimité". En clair, les dirigeants de l'OLP ont fait savoir qu'ils soutenaient toujours Mahmoud Abbas comme leur candidat à la présidentielle du 24 janvier.

Le scrutin présidentiel doit se tenir en même temps que des législatives. La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les États-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler complètement la colonisation dans les Territoires palestiniens. L'Autorité palestinienne réclame un arrêt total de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967) avant une reprise des négociations de paix. Le contentieux de la colonisation constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, bloquées depuis près d'un an. "Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne veut pas être un candidat (à la présidentielle) en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix", a expliqué un dirigeant du Fatah (le parti de M. Abbas), Nabil Shaath.

La "feuille de route" restée lettre morte

Le week-end dernier, lors d'une visite à Jérusalem, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé son soutien à la position du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui veut une reprise des pourparlers sans pré-condition et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation. Même si Hillary Clinton a précipitamment fait marche arrière depuis, ses propos à Jérusalem ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.

"Les Américains ont abandonné leurs obligations", a déploré jeudi Nabil Shaath, soulignant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la Feuille de route en 2003. La Feuille de route, adoptée par le Quartette pour le Proche-Orient (UE, États-Unis, Russie et ONU), prône notamment la coexistence au Proche-Orient de deux États, Israël et la Palestine, la fin des violences et de la colonisation juive.

jeudi, 16 juillet 2009

Proche-Orient : L’autorité palestinienne ferme al-Jazira en Cisjordanie

Par RFI. Article publié le 16/07/2009 

L'Autorité palestinienne a suspendu la chaîne al-Jazira en Cisjordanie et a décidé de la poursuivre en justice après la diffusion d’un reportage accusant Mahmoud Abbas d’être mêlé à la mort de Yasser Arafat. C'est le dernier épisode des relations déjà très tendues entre la chaîne satellitaire arabe et les dirigeants palestiniens du Fatah.


Logo de la chaîne d'information al-Jazira.

Logo de la chaîne d'information al-Jazira.

C’est le témoignage de Farouk Qaddoumi, un dirigeant du Fatah en rupture de ban et ennemi intime de Mahmoud Abbas, qui a mis le feu aux poudres. Al-Jazira a relayé ses accusations selon lesquelles l’actuel président palestinien a fait partie d’un complot pour empoisonner Yasser Arafat. Pour l’Autorité palestinienne, c’en est trop.

Accusée de « provocations » et d’ « informations mensongères », al-Jazira est désormais interdite de diffusion depuis les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne. Ses bureaux de Ramallah ont été fermés.

Les tensions étaient déjà très vives entre la chaîne qatarie et les officiels palestiniens, qui accusent régulièrement al-Jazira d’être le porte-voix du Hamas. Depuis l’année dernière, ses correspondants sont bannis de la Mouqataa, le siège de la présidence palestinienne.

Al-Jazira continue d’émettre depuis ses bureaux de Jérusalem et de Gaza. Des négociations sont déjà en cours avec l’Autorité palestinienne. La chaîne sait qu’elle peut compter sur le soutien du public, qui en fait l’une des télévisions les plus regardées dans les territoires palestiniens et dans le monde arabe.

 

Karim Lebhour