Entrepreneurs, industriels, commerçants, banquiers, opérateurs économiques et autres praticiens du monde des affaires se sont retrouvés hier 5 novembre 2009 à Ouagadougou, sous la présidence du président du Faso, Blaise Compaoré pour réfléchir sur les moyens, mécanismes et stratégies permettant de stimuler l’investissement et la croissance économique au Burkina Faso. Cela, à la faveur de la 1re session du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI). Placé sous le thème : "Investir facile au Burkina Faso", cette rencontre est un cadre d’échange, de partage d’expériences entre acteurs du monde de l’investissement. La première session du CPI vise donc à trouver la formule la meilleure pour un flux d’investissement au Burkina Faso.
La trentaine de membres du CPI, les partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, divers hommes d’affaires ont pris part à la rencontre. Parmi les personnalités présentes pour l’occasion à Ouagadougou, le président du groupe Bolloré, les représentants du patronat turc, de Maroc Télécom, le fondateur de Bank of Africa, le président du groupe CFA... Ce sont-là quelques sommités du monde des affaires qui ont cru à l’Afrique en général et au Burkina Faso en particulier pour y avoir investi et développé des affaires. A ces investisseurs étrangers s’ajoutent les nationaux, tels, Lanciné Diawara, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina , Idrissa Nassa de Coris Bank et Simone Zoundi. Les institutions financières et du développement ont apporté leur contribution aux réflexions. Le vice-président de la Société financière internationale pour l’Afrique subsaharienne, Thierry Tanoh est intervenu pendant la cérémonie d’ouverture présidée par le président du Faso, Blaise Compaoré pour d’une part, saluer l’initiative du CPI, et d’autre part, faire des propositions pour booster les investissements. M. Tanoh, a salué l’Etat burkinabè pour ses efforts dans le sens de l’amélioration du climat des affaires.
Ce qui a valu au pays, a-t-il soutenu, d’être classé parmi les meilleurs réformateurs d’Afrique. Cependant, estime M. Tanoh, des difficultés freinent le développement et les investissements. L’étroitesse des marchés, les problèmes de financement, le coût élevé de l’énergie et des facteurs de production font partie des obstacles qui entravent l’essor des investissements. Pour le vice-président de la Société financière internationale, il existe néanmoins des solutions pour stimuler les investissements au Burkina Faso. Lesquelles solutions consistent entre autres, à poursuivre l’amélioration du climat des affaires, rationaliser les formalités d’importation et d’exportation, garantir la sécurité judiciaire, développer les infrastructures et faciliter l’accès à l’énergie.
Croissance du PIB de 30%
La Banque mondiale, a assuré M. Thierry Tanoh, est disposée à accompagner le Burkina Faso dans la recherche et la mise en œuvre de stratégies pour booster les investissements. "Ce dans l’optique de bâtir une économie dynamique capable de générer des emplois". Celui-ci a insisté sur la nécessité d’une part, de renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises et d’autre part, les impliquer véritablement dans le processus d’investissement croissant. Dans la même dynamique, a indiqué M. Tanoh, le secteur financier doit être développé pour faciliter les financements. La Banque mondiale poursuivra selon M. Tanoh, ses investissements dans les pôles de croissance comme l’agriculture. L’intégration régionale et la mondialisation devraient être prises en compte de son avis, dans le cadre de la promotion des investissements.
"L’engagement de tous est nécessaire. Le peuple est le premier artisan de son bien-être", a conclu M. Tanoh. "J’ai foi en notre capacité à relever les défis et à parvenir à très moyen terme, à des taux d’investissement soutenus de 30 à 35% du PIB contre 17% aujourd’hui et à des investissements étrangers directs de 7 à 8 % du PIB, contre 0,9% aujourd’hui", a soutenu, en réaction, le chef de l’Etat, Blaise Compaoré, par ailleurs président du CPI. Blaise Compaoré a relevé le fait que la rencontre se tient dans un contexte de crise économique et financière d’envergure internationale. Dans cet environnement difficile, les projections indiquent pour le Burkina Faso, un taux de croissance du PIB de 3% en 2009 contre 5% en 2008, ainsi qu’une baisse des recettes publiques. Les effets des crises sont perceptibles dans les secteurs porteurs comme les mines ou des retards sont observés dans la mise en œuvre des programmes d’investissement, ce en raison des difficultés de mobilisation des financements internationaux par les investisseurs. La session vient donc à point nommé pour pallier sinon minimiser les effets de la crise, dégager et exploiter ses opportunités cachées. Le président Blaise Compaoré a rappelé que les réformes engagées par l’Etat ont permis de consolider la libéralisation de l’économie et de fluidifier les relations entre l’Etat et le secteur privé. "Les avancées substantielles et décisives en matière d’amélioration du climat des affaires (...) ont favorisé l’émergence d’une nouvelle classe d’opérateurs économiques burkinabè (...)" , a affirmé M. Compaoré.
Consolider les acquis et relever les défis
Pour le chef de l’Etat, une nouvelle ère de l’histoire économique du Burkina Faso s’ouvre avec cette assise du CPI. Le succès des réformes sera consolidé et les investissements vont induire une croissance économique forte, soutenue et rédistributrice des richesses engendrées, a-t-il rassuré. Même s’il existe des obstacles, Blaise Compaoré estime que le pays a des atouts réels, à même de lui permettre de développer son économie. Il s’agit entre autres, de la possibilité d’investissements porteurs dans les secteurs des mines, de l’agrosylvopastorale et des services. La stabilité politique et institutionnelle, la cohésion sociale, la paix et la sécurité sont également des atouts propices aux investissements. "Notre option est de promouvoir et de développer les investissements dans les secteurs à fort potentiel d’exportation et à haute valeur ajoutée", a indiqué le chef de l’Etat. Un accent sera mis sur l’amélioration spécifique du climat des investissements et l’exploitation des avantages comparatifs.
Le président a annoncé en outre que des initiatives seront prises en vue de "consolider l’environnement macroéconomique de croissance, créer un milieu d’incitation fiscale et des cadres législatifs et réglementaires porteurs, de normes internationales, notamment en matière de sécurisation de l’investissement, à travers la fiabilité et la crédibilité de l’appareil judiciaire". Le CPI est l’outil qui permettra la réussite des différentes actions. Cette institution dont le secrétaire permanent est Djibrina Barry, a été créée en 2007. Sa mission est de mener des réflexions, de faire des recommandations et redonner une impulsion à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques plus appropriées pour stimuler l’investissement et la croissance économique. Le CPI comprend 30 membres qui se retrouvent en session deux fois dans l’année sous la présidence du président du Faso.
Séraphine SOME (serasome@yahoo.fr) et lban KINI (alban_kini@yahoo.fr)
Sidwaya






