mardi, 05 janvier 2010

Gabon

Forcing chinois à Belinga

 

 

04/01/2010 | Jeune Afrique | Par : Georges Dougueli


Le projet d'exploitation du gisement de fer de Belinga patineLe projet d'exploitation du gisement de fer de Belinga patine© DR


L'étude de faisabilité du projet chinois pour l'extraction du gisement de fer de Belinga a été remise aux autorités gabonaises fin décembre. Mais les doutes se multiplient quant à la capacité des Chinois d'honorer leurs engagements. Une renégociation du contrat en faveur du Brésil n'est pas exclue.


Trois ans après avoir confié aux Chinois l’exploitation du gisement de fer de Belinga, dans le nord-est du Gabon, les autorités ont enfin reçu, le 21 décembre, l’étude de faisabilité du projet. Ses auteurs, les dirigeants du consortium emmené par la China National Machinery & Equipment Import & Export Corporation (CMEC), tentent à l’évidence de pousser les Gabonais à ratifier la convention signée en 2006 et toujours sujette à controverse.


Doutes sur la capacité des Chinois à honorer leurs engagements

Mais le Palais du bord de mer a décidé qu’il était urgent d’attendre. Il n’est pas exclu qu’il demande une renégociation du contrat. « Si les choses ont été mal ficelées, mettons-nous autour de la table et discutons », suggère un opérateur économique gabonais qui a ses entrées au Palais. Beaucoup, au plus haut niveau de l’État, doutent aujourd’hui ouvertement de la capacité des Chinois à honorer leurs engagements. D’autres ne sont pas loin de considérer qu’il aurait été préférable de conclure un accord avec les Brésiliens de la Companhia Vale do Rio Doce (CVRD), numéro un mondial du secteur. « Ils avaient l’expertise nécessaire pour un tel projet, regrette un proche du chef de l’État. Mais à l’époque [en 2006], le président Omar Bongo Ondimba a fait l’objet d’un intense lobbying en faveur des Chinois. »


Les promesses de Pékin

Pour remporter l’appel d’offres, ces derniers n’avaient pas hésité à multiplier les promesses. Surpassant leur rival CVRD, qui proposait une centrale thermique, ils avaient mis sur la table un projet de barrage hydroélectrique sur le fleuve Ivindo et s’étaient engagés à construire une voie ferrée de 500 kilomètres reliant Belinga à Santa Clara. Poussant loin la surenchère, ils prévoyaient de créer dans cette ville un port en eau profonde disposant d’un appontement minéralier, d’une usine de traitement et d’un gigantesque plateau de stockage proche du terminal ferroviaire.


Fuite en avant

Maintes fois repoussés, les travaux étaient censés démarrer au début de 2010. C’est raté. « Il faut revoir la convention avec les Chinois, car le projet a l’air de traîner, suggère un industriel gabonais. Il y a des problèmes de coordination entre les différents volets : minier, ferroviaire, énergétique et portuaire. » La remise de l’étude de faisabilité ne serait-elle alors qu’une fuite en avant ? Quoi qu’il en soit, du côté des Gabonais, on ne s’interdit ni de remettre les compteurs à zéro, ni un revirement qui pourrait favoriser le retour des Brésiliens dans le jeu.

lundi, 07 décembre 2009

Le Brésil en grand arroi à Copenhague

Article publié le : dimanche 06 décembre 2009


Portion de la forêt tropicale amazonienne, partiellement abattue, sur le site d'une ancienne mine d'or au Brésil.
AFP / Antonio Scorza



Par RFI

Sept cents Brésiliens participeront au sommet organisé par les Nations unies : ONG, comme représentants du gouvernement. Le président viendra participer à la fin des travaux.

Avec notre correspondante à Brasilia, Annie Gasnier

Pour diriger la délégation officielle, le président Lula a désigné sa chef de cabinet, Dilma Rousseff. Le choix est surprenant, car cette ancienne ministre des Mines et de l´énergie est aujourd´hui en charge des grands travaux d´infrastructures du pays, dont le programme multiplie, par exemple, les grands chantiers en Amazonie avec construction de routes, de ponts et des barrages qui éventrent la forêt.

Mais Dilma Rousseff étant la dauphine déclarée du président, elle va bénéficier d´une tribune internationale pour colorer de vert son discours. En campagne l´an prochain, elle pourrait avoir pour adversaire l´ancienne ministre, connue et respectée du milieu environnemental, Marina Silva.

Le Brésil arrive à Copenhague avec des propositions chiffrées mais floues. Brasilia a l´intention de réduire de 36 à 39% ses émissions de gaz polluants, et de 80% la déforestation en Amazonie. Un but pour lequel il aimerait être aidé, et remplir son Fonds amazonien grâce aux collaborations des pays riches, les premiers pollueurs de la planète.

mercredi, 25 novembre 2009

Battisti veut rester au Brésil

AFP, 25/11/2009


L'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti pense qu'il restera au Brésil , même s'il a l'intention de revenir un jour en Italie, mais "pas avec les menottes", affirme-t-il dans un entretien au quotidien italien La Repubblica publié aujourd'hui.


"Franchement, je crois que même pour (Silvio) Berlusconi cette histoire n'a aucune importance. Je pense que je resterai au Brésil. Hormis quelques ministres fascistes, les autres resteront tranquilles", déclare-t-il dans cette interview réalisée dans sa prison de Brasilia.


Cesare Battisti a interrompu mardi sa grève de la faim entamée onze jours plus tôt, "une marque de confiance envers le président" Luiz Inacio Lula da Silva, qui doit rendre une décision sur son extradition.


Sans jamais se prononcer expressément, le président Lula a laissé entendre qu'il était opposé à l'extradition de Battisti.


"Trente années après (les faits), je suis un trophée. C'est pour cela que l'on s'acharne en Italie. Il n'y a plus personne de cette époque en prison et maintenant vous voulez que ce soit moi qui paye pour tout le monde", s'indigne-t-il.


"Je l'ai répété tant de fois, j'ai été condamné par contumace sur la base de déclarations de repentis qui ont obtenu des remises de peine", explique-t-il.


"Je retournerai en Italie un jour ou l'autre, mais pas avec les menottes", promet-il.


Battisti, 54 ans, à qui le Brésil a octroyé en janvier dernier le statut de réfugié politique, a été accusé de quatre meurtres en Italie à la fin des années 70 alors qu'il était membre du groupuscule des "Prolétaires armés pour le communisme". Il a été condamné à perpétuité par contumace en Italie.


Dans un vote serré et controversé, la Cour suprême du Brésil a donné son feu vert le 18 novembre à l'extradition de Battisti vers l'Italie, mais a décidé dans le même temps qu'il revenait au chef de l'Etat de se prononcer en dernier ressort.

jeudi, 19 novembre 2009

Extradition de Battisti : le président Lula devra trancher

19/11/2009 - Par lefigaro.fr



Battisti lors d'une rencontre avec des parlementaires brésiliens, le 17 novembre dernier.
Battisti lors d'une rencontre avec des parlementaires brésiliens, le 17 novembre dernier.

La Cour suprême du Brésil a voté en faveur du renvoi de l'ex-militant d'extrême gauche vers l'Italie, où il est condamné à perpétuité par contumace. Le président Lula pourrait toutefois s'y opposer.

Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères, s'est dit mercredi soir «très satisfait» de la décision de la Cour suprême brésilienne. Celle-ci a voté en faveur de l'extradition de Cesare Battisti vers son pays de naissance, l'Italie. Une décision à laquelle le président Lula peut toutefois s'opposer.

La Cour suprême brésilienne a eu du mal à trancher. Lors d'une première audience jeudi dernier, elle s'était divisée, quatre juges étant pour et quatre contre. Le président de l'instance judiciaire la plus élevée du Brésil, Gilmar Mendes, était donc en position de trancher. Il l'a fait dans le sens de l'extradition. Selon son jugement, «certains types de délits, même s'ils ont des objectifs politiques, ne peuvent être considérés comme des crimes politiques. Sinon, on pourrait arriver à avoir des cas de viols, de pédophilie ou de torture traités comme des crimes politiques».

 

Lula aura-t-il son mot à dire ?

Pour Franco Frattini, cette décision devrait permettre aux familles des victimes de voir «enfin reconnu leur droit légitime à obtenir justice». Le verdict de la Cour «marque la fin d'une profonde amertume suscitée dans l'opinion publique italienne par la décision d'accorder le statut de réfugié à qui s'est rendu coupable d'une violence homicide insensée et incompréhensible», ajoute-t-il. Un commentaire fait avant même que la Cour n'ait communiqué son jugement.

Il reste cependant une inconnue : la décision finale qui revient au président Lula. Après une longue discussion, la Cour a en effet estimé que c'était à lui de trancher in fine.

Rome se veut sereine sur ce point. Le ministre italien de la Défense, Ignazio La Russa, dit «n'avoir aucun doute». «L'exécutif d'un pays ami ne peut que prendre acte de la décision (de la Cour). C'est une simple formalité». Le président Lula a pourtant déjà fait savoir qu'il était opposé à cette extradition.

 

Battisti en grève de la faim

Réfugié au Brésil après sa fuite de France en 2004 - avec l'aide selon lui des services secrets français - l'ancien membre d'un groupuscule terroriste italien, devenu écrivain, avait vécu dans la clandestinité jusqu'à son arrestation, en 2007 à Rio. Emprisonné depuis, il avait demandé le statut de réfugié politique, que le Brésil lui avait accordé en janvier dernier, provoquant une crise diplomatique avec Rome.

Agé de 54 ans, Battisti est accusé de quatre meurtres commis dans les années 1970 alors qu'il avait rejoint les Prolétaires armés pour le communisme (PAC). L'Italie l'a condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 1988. Battisti, lui, nie toute implication dans ces crimes et assure avoir renoncé à la violence après l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges en 1978.

D'abord caché en France, il a bénéficié à partir de 1990 de la «doctrine Mitterrand», qui promettait de ne pas extrader les anciens terroristes italiens s'ils renonçaient à la violence. Une politique modifiée par Jacques Chirac, qui a autorisé en 2004 l'extradition de Battisti. Ce dernier avait alors profité de ses réseaux d'amitié pour se cacher, puis fuir au Brésil.

Cesare Battisti a entamé vendredi une grève de la faim, et prévenu qu'il «ne retournera pas vivant» dans son pays natal.

mercredi, 11 novembre 2009

Un quart du Brésil plongé dans le noir

AFP, 11/11/2009

Une coupure de courant géante due à une panne sans précédent sur un barrage hydro-électrique a plongé dans le noir un quart de la population du Brésil hier  soir, paralysant les plus grandes villes du pays et mettant en alerte la police de crainte d'une vague de crimes. Les lumières se sont éteintes peu après 22H15 locales (00H15 GMT), paralysant au total huit Etats du pays, dont les deux plus importants, ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro. L'électricité n'est revenue progressivement que plus de trois heures plus tard.

Le black-out a été causé par une panne sur le barrage d'Itaipu (sud), le plus grand du pays, à la frontière avec le Paraguay.  Il a pris par surprise des dizaines de millions de Brésiliens dans les rues, les métros, les ascenseurs, les restaurants, les aéroports.

Quelque 50 millions de personnes, soit un quart de la population du Brésil (195 millions d'habitants) se sont retrouvés sans électricité, sans internet et parfois sans téléphone, selon la radio locale Bandnews.

La police a appelé la population à rester chez elle et à ne pas sortir dans les rues pour éviter des accidents et des agressions. Elle a patrouillé en nombre les rues de Sao Paulo et Rio, deux villes connues pour leur violence endémique.

 

jeudi, 22 octobre 2009

Jeux olympiques : mauvais joueurs de tous les pays...

Jeune Afrique | Par : E. D.


Shintaro Ishihara, gouverneur de la ville de TokyoShintaro Ishihara, gouverneur de la ville de Tokyo© Sipa

Il y a quatre ans, après que les membres du Comité international olympique (CIO) eurent confié à Londres l’organisation des Jeux de 2012, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, n’avait pas caché son amertume. À l’entendre, l’échec de la candidature française avait pour unique cause les manœuvres, traditionnellement perfides et désormais illicites, d’Albion, l’ennemi héréditaire. Il avait beaucoup fait rire à ses dépens, mais les rieurs avaient-ils raison ?

En tout cas, Shintaro Ishihara, le gouverneur de la ville de Tokyo, battue par Rio de Janeiro pour l’attribution des J.O. de 2016, a lui aussi perdu ses illusions : il ne croit plus que le CIO soit un temple de la probité. Pis, il lui semble déceler en son sein l’action de « forces invisibles ». Songe-t-il à la navigation nocturne, dans les heures précédant le scrutin, d’enveloppes lourdement chargées ? Peut-être, mais pas seulement.

Il en veut aussi beaucoup à Luiz Inácio Lula da Silva, le chef de l’État brésilien, qui, selon lui, aurait fait à ses collègues africains des « promesses audacieuses » et conclu avec Nicolas Sarkozy un deal un peu abrupt : soutien de Paris à la candidature de Rio contre promesse d’achat de trente-six Rafale, le très sophistiqué et très invendable chasseur-bombardier français. Affabulation de mauvais joueur ? Oui, oui, sûrement…

lundi, 19 octobre 2009

Scènes de guerre civile au cœur de Rio de Janeiro

À Rio de Janeiro, Lamia Oualalou (lefigaro.fr), 19/10/2009


Un hélicoptère de la police avec, à son bord, six policiers chargés de localiser des zones de combat entre gangs, s'est écrasé, samedià Rio, touché par des tirs . Deux policiers sont morts et quatre autres blessés.
Un hélicoptère de la police avec, à son bord, six policiers chargés de localiser des zones de combat entre gangs, s'est écrasé, samedià Rio, touché par des tirs . Deux policiers sont morts et quatre autres blessés. Crédits photo : AP

L'explosion de violence intervient deux semaines après le choix de la ville comme siège des JO 2016.

 


L'oreille exercée des habitants du quartier de Vila Isabel, dans la zone nord de Rio de Janeiro, ne laisse pas place au doute. Réveillés par un crépitement de balles, à 2 h 30 du matin dans la nuit de vendredi à samedi, ils comprennent rapidement qu'il ne s'agit pas de tirs de ralliement en plein baile funk, ces fêtes dan­santes à ciel ouvert qui s'emparent des bidonvilles chaque week-end.

Cette fois, c'est la guerre, et elle vient des morros, ces collines peuplées de favelas caractéristiques du paysage de Rio de Janeiro. Leurs sommets, difficiles d'accès et dotés d'une bonne visibilité du voisi­nage, sont les points de prédilection des narcotrafiquants.

En pleine nuit, le gang du Morro de Sao Joao lance l'attaque contre la favela du Morro dos Macacos pour prendre le pouvoir. Des rafales de tirs entre les deux factions durent jusqu'à l'aube, contraignant des dizaines d'habitants de Vila Isabel, un quartier de petite classe moyenne, à fuir leurs appartements par crainte des balles perdues.

 

Menace sur les Jeux minimisée

Pour empêcher la police d'arriver à la zone de combat, des pneus sont incendiés au milieu des routes d'accès.

À 8 h 30, sous la pluie, 120 agents commencent à investir la région. Un hélicoptère couvre leur progression avec, à son bord, six policiers chargés d'identifier l'origine des tirs. À 10 heures, l'inimaginable se produit : l'hélicoptère se transforme en torche, et s'écrase sur un terrain de football. Le véhicule explose dans les minutes qui suivent, tuant deux policiers. Les quatre autres s'en tirent avec de ­graves brûlures. Le répit ne dure pas. À 11 h 30, un bus est incendié en pleine rue dans le quartier de Jacarezinho, un peu plus au nord. Sept autres suivront, dans plusieurs quartiers voisins, pour dévier l'attention de la po­lice.

VIDÉO - Le crash de l'hélicoptère de la police

 

Installer la police dans les favelas

Dans les rues voisines, des automobi­listes en panique font marche arrière pour fuir les lieux d'affrontement. Ce n'est qu'en milieu d'après-midi que le calme revient. Outre les deux policiers, la bataille a provoqué la mort de dix personnes, présentées par les autorités comme des trafiquants de drogue.

Une cellule de crise a aussitôt été montée pour éviter que ce type d'attaque ne se répète dans d'autres favelas. Quelque 4 000 policiers supplémentaires viennent d'être mobilisés, avec le rappel de tous ceux qui étaient en vacances. Il s'agit de montrer que les autorités ont la situation bien en main, deux semaines après que la «ville merveilleuse», comme on l'appelle, a été choisie comme siège des Jeux olympiques de 2016.

La presse américaine, qui a mal vécu que Chicago soit écartée au profit de la ville brésilienne, s'est empressée, dès samedi, de souligner que l'hélicoptère a été abattu à dix kilomètres d'un des lieux destinés à abriter une partie de la compétition.

Le gouvernement régional comme le pouvoir fédéral se sont empressés de minimiser les menaces de violence sur les Jeux. «En choisissant la ville, les membres du Comité olympique connaissaient déjà le travail qui a été mené et se poursuivra dans le domaine de la prévention de la criminalité», explique le ministre de la Justice, Tarso Genro. Il fait référence aux opérations de «pacification» lancées depuis décembre 2008.

Cette nouvelle politique consiste à installer de façon permanente des unités de la police au cœur des favelas, qui, auparavant, se retiraient après les combats contre les narcotrafiquants. L'expérience est un succès dans les cinq favelas investies, la majorité dans la zone la plus privilégiée de la ville.

Les autorités estiment que cette stratégie réduit le champ d'action des trafiquants et les pousse à prendre d'assaut d'autres territoires, comme cela s'est passé ce week-end.

Au Brésil, la sécurité dépend des pouvoirs locaux et non du gouvernement fédéral. Brasilia a mis à la disposition du gouverneur de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, des forces de sécurité supplémentaires. Sergio Cabral a pour l'instant refusé : ce serait un aveu d'impuissance à un an des élections, alors qu'il brigue sa propre succession.

L'efficacité de ses troupes est pourtant douteuse. Dès vendredi, la police savait, grâce à des interceptions de conversations entre factions, qu'une attaque serait lancée contre le Morro dos Macacos. Elle n'a rien pu faire pour l'empêcher.

vendredi, 16 octobre 2009

Conseil de sécurité : les nouveaux entrants

Par RFI. Article publié le 16/10/2009


Les cinq nouveaux membres du Conseil de sécurité de l'ONU.(Composition : RFI)

Les cinq nouveaux membres du Conseil de sécurité de l'ONU.
(Composition : RFI)

La Bosnie-Herzégovine, le Brésil, le Gabon, le Liban et le Nigeria ont été élus jeudi membres non permanents du Conseil de sécurité pour la période 2010-2011. L’élection s’est tenue à l'Assemblée générale de l'ONU, composée de 192 pays. Les nouveaux venus remplaceront le Burkina Faso, le Costa Rica, la Croatie, la Libye et le Vietnam.


Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion

Pas de surprise cette année. Les groupes régionaux s’étaient mis d’accord sur les noms des candidats, et les nouveaux membres du Conseil de sécurité ont été élus sans problème, dès le premier tour.

A partir du 1er janvier prochain, la Bosnie-Herzégovine, le Brésil, le Gabon, le Liban et le Nigeria siégeront pour deux ans au Conseil de sécurité, aux côtés de l’Autriche, du Japon, du Mexique, de l'Ouganda et de la Turquie.

L'impossible réforme du Conseil

Ils seront aussi dans l’ombre des cinq membres permanents tout-puissants, dotés d’un droit de veto : la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Selon l’ambassadeur britannique, John Sawers, cette élection va renforcer le Conseil de sécurité, avec l’arrivée de deux puissances régionales, le Nigeria, et le Brésil, qui pourrait accéder un jour au statut de membre permanent, si l’ONU parvenait à mettre en œuvre son impossible réforme.

Le Liban et la Bosnie-Herzégovine apportent aussi l’expérience de pays qui ont connu la guerre, et sont eux-mêmes le sujet des délibérations du Conseil. . Cela pourrait les contraindre à s’abstenir sur des dossiers trop proches. C'est la première élection au Conseil de la Bosnie-Herzégovine, jeune nation née en 1992. L’ambassadeur de la France à l’ONU, Gérard Araud, s’est toutefois réjoui de l’arrivée du Liban, qui remplacera la Libye, et pourra selon lui jouer le rôle de pont entre l’Est et l’Ouest.

vendredi, 02 octobre 2009

Rio, les Jeux c'est fait !

Rio de Janeiro accueillera les Jeux Olympiques d'été de 2016, a annoncé le Président du Comité International Olympique Jacques Rogge, vendredi à Copenhague. Elle a été préférée à Madrid, Tokyo et Chicago.

Rio de Janeiro en liesse. (REUT)
Rio de Janeiro en liesse. (REUT)

A la lutte avec Madrid en finale après l'élimination surprise de Chicago (premier tour) puis celle de Tokyo (deuxième tour), Rio de Janeiro entre dans l'histoire en devenant la première ville sud-américaine à accueillir des JO. Le Brésil réalise un carton plein en recevant les deux plus grands événements au monde -coupe du monde de football en 2014, et donc JO d'été en 2016- à seulement deux ans d'intervalle.

La candidature brésilienne a notamment bénéficié du soutien hors-pair de son Président Luiz Inacio Lula da Silva. «Rio est prêt. Donnez-nous cette chance», a-t-il demandé au moment de la défense du dossier devant le CIO. «L'heure du Brésil a sonné (...) Le Brésil fait partie des dix plus grandes économies du monde et est le seul parmi ces dix pays à n'avoir jamais organisé les JO. Pour les autres candidates, ce serait une édition de plus. Pour nous, ce serait l'occasion de construire un nouveau Brésil» a-t-il ajouté. Un autre ambassadeur, de renom, le légendaire footballeur Pelé, était également présent à Copenhague mais n'a pas pris la parole. Le président de la banque centrale, Henrique Meirelles, est lui venu apporter la caution économique à cette candidature au budjet hors JO le plus élevé (11 milliards de dollars), argumentant que le Brésil vivait en ce moment une phase de croissance avec des créations d'emplois unique parmi les pays développés.

Madrid essuie quant à elle sa deuxième déception coup sur coup. Déjà candidate à l'organisation des JO 2012 finalement attribués à Londres, la capitale espagnole avait été éliminée avant même le stade de la finale le 6 juillet 2005, jour où la capitale anglaise avait été désignée... au grand dam de Paris. (Avec AFP)

jeudi, 01 octobre 2009

Le pari olympique d'Obama

Le 2 octobre, le Comité international olympique doit choisir la ville hôte des jeux d'été de 2016. Le président a décidé de se rendre au Danemark pour soutenir le dossier de Chicago. Un déplacement périlleux pour le chef de l'Etat, qui paraît délaisser des enjeux plus pressants.

01.10.2009 | Peter Nicholas, Katherine Skiba et Philip Hersh | Los Angeles Times

Des affiches du président Obama en Superman, Los Angeles, novembre 2008

Des affiches du président Obama en Superman, Los Angeles, novembre 2008

Dans une décision qui engage son prestige politique, le président américain Barack Obama a choisi de rendre au Danemark cette semaine pour demander au Comité international olympique (CIO) de choisir Chicago, sa ville d'adoption, comme hôte des jeux d'été de 2016. La Maison-Blanche a annoncé, le 28 septembre, qu'Obama arriverait à Copenhague le 2 octobre, juste avant que Chicago ne présente officiellement son dossier de candidature. Tokyo, Madrid et Rio de Janeiro sont les autres finalistes pour l'obtention des Jeux. Le choix final se fera plus tard dans la journée, quelques heures après la visite d'Obama. Ce déplacement est sans précédent dans l'histoire américaine et constitue un véritable pari pour Obama. Il quittera Washington alors que plusieurs questions pressantes de politique intérieure et étrangère nécessitent toujours son attention. Il risque même, en cas d'échec de la candidature de Chicago, de sortir diminué. Mais l'inverse est également vrai : une victoire de Chicago ferait du bien au pays et à un président qui doit affronter des crises en Iran et en Afghanistan et des querelles partisanes dans son pays.

Le président avait envisagé dans un premier temps de ne pas faire ce déplacement et d'envoyer plutôt Michelle Obama, la première dame, pour appuyer le dossier de Chicago. Il aurait ainsi pu concentrer ses efforts sur la défense de son projet de réforme du système de santé, qui a du mal à convaincre le Congrès. Selon son entourage, il tenait cependant à se rendre au Danemark et estime pouvoir y faire un saut sans négliger son agenda chargé. Cette annonce est certainement une bonne nouvelle pour Chicago, où la famille présidentielle a toujours une maison non loin du site retenu pour accueillir l'éventuel stade olympique. La simple présence du président a la réunion du CIO donne l'impression que l'Etat fédéral soutient Chicago, même s'il ne se portera pas garant du déficit que pourraient engendrer les Jeux. Récemment, d'autres dirigeants étrangers se sont personnellement engagés en faveur d'une ville candidate de leur pays. L'intervention de Tony Blair, qui était Premier ministre du Royaume-Uni à l'époque, aurait contribué à l'obtention des Jeux d'été de 2012 par Londres, et Vladimir Poutine, lorsqu'il était président de la Russie, a permis à Sotchi d'être désignée pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 2014.

Obama ne devrait rester au Danemark que quatre ou cinq heures, juste le temps d'assister à la présentation de Chicago, de participer à la séance de questions-réponses qui suivra et de s'entretenir brièvement avec les membres du Comité. Il partira avant le vote, qui sera peut-être favorable à Chicago. "Sa présence au sein de la délégation américaine ne multipliera pas les chances de Chicago par deux, mais peut-être par vingt-cinq", confie Ottavio Cinquanta, qui représente l'Italie au CIO. Un rapport du CIO donne pour le moment la préférence à Rio, parce que l'Amérique du Sud n'a jamais accueilli de Jeux olympiques. Selon certains observateurs politiques, la Maison-Blanche doit toutefois estimer que Chicago a de très bonnes chances d'être finalement choisie. "Le risque, c'est que le CIO fasse l'impensable et dise : 'Désolé, Chicago'", confie Phil Singer, un stratège démocrate de Washington. "Mais la Maison-Blanche n'enverrait pas Obama si elle avait peu d'espoir de voir cette candidature l'emporter." L'entourage du président nie cependant détenir des informations particulières.

Pour l'opposition républicaine, ce déplacement paraît malavisé, tant la situation est tendue à l'intérieur du pays comme à l'étranger. Pour Mark McKinnon, un ancien conseiller de George Bush, "les gens ont élu Obama pour être président des Etat-Unis, pas celui de la Chambre de commerce de l'Illinois".

Des diplomates brésiliens et des membres du comité de la candidature Rio 2016 n’ont pas ménagé leurs efforts et ont rencontré les comités olympiques de Syrie, de Gambie, d'Ouganda, de Guinée et du Nigeria. Afin de gagner le soutien de ses voisins, Lula a rappelé les actions entreprises par son pays pour améliorer l'intégration de l'Amérique latine. Il a aussi mis l'accent sur la médiation brésilienne dans les conflits en Afrique, où le Brésil finance de nombreux programmes sociaux.

Le Brésil est la seule des dix plus grandes puissances économiques de la planète à ne jamais avoir organisé les Jeux olympiques. Mais il accueillera la Coupe du monde de football en 2014. Pour le gouverneur de l'Etat de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, ce n'est pas un "sombre présage" mais un atout important : "Quasiment tout ce qui figure dans notre projet sera prêt en 2014", a-t-il déclaré au journal O Globo.


BRÉSIL Objectif Rio 2016 pour Lula

Le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva a affirmé, lors du IIe sommet Afrique-Amérique du Sud (ASA) qui s'est tenu les 26 et 27 septembre 2009, que "le principal événement sportif mondial ne pouvait pas être organisé exclusivement par les pays riches", rappelle le quotidien brésilien O Globo. Lula défendra donc personnellement la candidature de Rio aux Jeux olympiques de 2016, le 2 octobre, à Copenhague. Il compte aussi sur l'influence de l'ex-footballeur Pelé, qui a entamé une campagne de lobbying en faveur de la candidature brésilienne.

Dans la course à l’organisation des Jeux olympiques, le Brésil prend exemple sur sa politique internationale et privilégie le soutien des pays pauvres et émergents, remarque la Folha de São Paulo.

Des diplomates brésiliens et des membres du comité de la candidature Rio 2016 n’ont pas ménagé leurs efforts et ont rencontré les comités olympiques de Syrie, de Gambie, d'Ouganda, de Guinée et du Nigeria. Afin de gagner le soutien de ses voisins, Lula a rappelé les actions entreprises par son pays pour améliorer l'intégration de l'Amérique latine. Il a aussi mis l'accent sur la médiation brésilienne dans les conflits en Afrique, où le Brésil finance de nombreux programmes sociaux.

Le Brésil est la seule des dix plus grandes puissances économiques de la planète à ne jamais avoir organisé les Jeux olympiques. Mais il accueillera la Coupe du monde de football en 2014. Pour le gouverneur de l'Etat de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, ce n'est pas un "sombre présage" mais un atout important : "Quasiment tout ce qui figure dans notre projet sera prêt en 2014", a-t-il déclaré au journal O Globo.

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