vendredi, 18 décembre 2009

Le ferroutage dope les échanges entre Abidjan et Niamey

Jeune Afrique | Par : Bruno Mouly


La liaison de transport combiné, qui associe rail et de route, a augmenté le trafic de 896%La liaison de transport combiné, qui associe rail et de route, a augmenté le trafic de 896%© Laurence Gaty


Le ferroutage entre le port d’Abidjan et Niamey a été officiellement lancé le 1er décembre à Ouagadougou par Marcel Gossio, le directeur général du Port autonome d’Abidjan (PAA), et le ministre des transports burkinabè, Gilbert Ouédraogo, en présence des autorités nigériennes. Opérationnelle depuis peu, cette liaison de transport combiné de marchandises rail-route permet d’embarquer et d’acheminer les marchandises du port d’Abidjan jusqu’à Ouagadougou par des trains de la Sitarail (groupe Bolloré), puis de les transporter par camions vers Niamey et vice versa.

Ce corridor assurait déjà l’essentiel du fret entre la Côte d’Ivoire, le Burkina puis le Mali à partir de la ­capitale burkinabè. Il s’agit en fait de renforcer cette liaison vers Niamey, dont le trafic demeurait faible, voire inexistant certaines années, en raison notamment de la distance de plus de 1 700 kilo­mètres qui sépare le port ivoirien de la capitale nigérienne. Grâce au transbordement des marchandises sur la plate-forme logistique multimodale de Ouagadougou, les routiers nigériens n’ont plus que 529 kilomètres à parcourir pour atteindre Niamey. « La mise en œuvre de cette solution devrait ­permettre de réduire les coûts d’acheminement du fret grâce aux économies d’échelle du transport ferroviaire et d’éviter les tracasseries routières sur le tronçon Abidjan-Ouagadougou », a indiqué Marcel Gossio. « À travers ce projet, la Côte d’Ivoire et le Burkina offrent au Niger une solution logistique qui facilite ses échanges commerciaux avec le reste du monde », a ajouté Gilbert Ouédraogo.

 

Les résultats sont déjà probants. Selon le directeur du PAA, « 12 207 tonnes de fret ont été enregistrées à la fin d’octobre 2009 vers le Niger contre seulement 1 225 tonnes à la même époque en 2008, soit une hausse de 896 % ! ». Pour le port d’Abidjan, il s’agit de capter une grande partie du trafic maritime nigérien traité par des ports concurrents plus proches comme Cotonou ou Lomé. Ce projet de transport combiné est l’aboutissement des travaux d’un comité technique tripartite mis en place en mars 2008, chargé d’étudier la faisabilité du ferroutage entre Abidjan et Niame

Revue de presse Afrique / A la Une : la voix des Sahraouis

vendredi 18 décembre 2009


Après un bras de fer avec le Maroc, la militante des droits de l'Homme Aminatou Haidar a finalement été autorisée à regagner le Sahara occidental. C'est un journal algérien, La Tribune, qui s'intéresse le plus à son sort. Après sa grève de la faim, « elle a toujours la même détermination », elle veut aller « jusqu'au bout », titrait hier le journal en reprenant largement le soutien qui lui est apporté par un certain nombre de personnalités internationales. Ban ki-Moon, le Secrétaire général de l'ONU se disait « très inquiet » de la détérioration de l'état de santé de la militante sarahouie. De son côté le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait réitéré son appel au Maroc, rappelle le journal, pour permettre à la militante de retourner dans son pays. Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat français, fait partie de ceux qui sont en mesure d'intervenir « efficacement » vis-à-vis du Maroc.


La Tribune cite également un responsable du Parti socialiste espagnol qui plaidait mardi dernier pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Le journal rappelle encore que Ban ki-Moon estime que le sort de la militante est lié aux pourparlers entre le Maroc et le front Polisario sur l'avenir du Sahara occidental.


Aminatou Haidar est présentée comme la « passionnaria du peuple sahraoui ». La Tribune en dresse un portrait admiratif. Au moment où elle observait sa grève de la faim en territoire espagnol, dans l'enceinte de l'aéroport de Lanzarote, il écrivait que « la bravoure de cette activiste force l'admiration » et que « en décidant de mettre sa vie en péril pour revendiquer son droit légitime de retourner dans son pays, elle contraint à la méditation sur le sort de tout un peuple, captif d'une puissance coloniale depuis plus de trente ans maintenant ».


Vives critiques du président sénégalais

Le sommet de Copenhague : « L'Afrique met la pression », c'est le titre principal de la plupart des journaux. L'agence de presse sénégalaise va un peu plus loin : elle donne un large écho aux déclarations du président Wade, qui s'est dit « très perplexe » quant aux résultats à venir. Selon lui, « il y aurait une stratégie de la promesse qui consisterait à en faire de nouvelles pour faire oublier les anciennes », et le président sénégalais d'ajouter qu'il a compté que « dans le seul cadre du G8, les promesses ont été de l'ordre de 200 milliards de dollars », et que tout cela est resté lettre morte.


Madagascar, épreuve de force

L'Express d'Antananarivo annonce les législatives du 20 mars prochain, en précisant qu'il n'y aura « pas de nomination de nouveau Premier ministre ». « C'est le résumé de l'intervention télévisée d'Andry Rajoelina », explique le journal, tandis que Jeune Afrique à Paris titre sur son site internet sur une « tentative de reprise en main de la part du chef de l'Etat. »


Sur place, L'Express décortique la déclaration du président de la transition. Pour lui, il est passé « à la vitesse supérieure »... « Il fonce sur la voie unilatérale, et c'est la fin de la cohabitation avec les trois mouvances ». « L'assemblée qui sortira des urnes en mars prochain servira de constituante. Il y aura une conférence nationale puis des experts prépareront un avant-projet avant que la loi fondamentale soit soumise à l'Assemblée. »


Pour le journal, c'est une « remise en cause des accords sur le régime de transition qui ont été conclus depuis l'été dernier », et c'est donc « une épreuve de force » qu'Andry Rajoelina engage avec les trois autres mouvances.


Côte d'Ivoire, des progrès

L'agence de presse des Nations unies a fait une dépêche pour expliquer que l'Onuci, autrement dit l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire se félicite des « progrès du processus électoral », c'est une déclaration de son porte-parole Hamadoun Touré qui a décortiqué en détail les différents contentieux qui portent sur la liste électorale.

mardi, 15 décembre 2009

Gbagbo : «En 2002, Paris prévoyait de me renverser»

Propos recueillis à Abidjan par Pierre Prier (lefigaro.fr), 14/12/2009



Crédits photo : Le Figaro

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, revient sur la situation politique actuelle de son pays et sur la fin de la guerre civile en 2007.

Après six reports, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'est entendu avec l'opposition pour tenir l'élection présidentielle entre fin février et début mars. Le scrutin devrait mettre fin à la période tumultueuse ouverte en 2002 avec une tentative de coup d'État venue du nord du pays. Les rapports de la France avec cet opposant historique au président Houphouët-Boigny se sont dégradés, Paris reprochant à Gbagbo de ne pas jouer le jeu des accords de Marcoussis, encadrés par la France et instaurant un gouvernement d'union nationale, Gbagbo accusant la France de vouloir sa perte.

 

LE FIGARO. L'ONU et d'autres vous pressent de fixer une date pour la présidentielle. Que leur répondez-vous ?

 

Laurent GBAGBO. Je n'ai pas de date à donner. C'est la Commission électorale indépendante qui propose. La CEI a beaucoup de travail, car elle délivre en même temps les cartes d'électeurs et les cartes d'identité. La CEI dépend de l'État pour son financement, et je suis bien placé pour savoir que l'État ne dispose pas toujours de l'argent qu'il faut.

 

Quels sont les obstacles à l'établissement des listes électorales ?

 

Nous avons tous sous-estimé les difficultés. Il y avait une voie plus facile. En 2007, après la signature des accords de Ouagadougou (qui ont mis fin à la guerre civile et amené le leader de la rébellion Guillaume Soro au poste de premier ministre, NDLR), j'avais proposé de faire remettre à jour les listes de 2000 par les préfets. On aurait pu tenir des élections en décembre 2007, ou courant 2008. On a choisi une autre solution. On a dépensé des sommes folles pour établir des cartes d'identité numériques, pour un résultat qui n'est pas meilleur. Mais nous sommes presque à la fin du processus.

 

Il reste plus d'un million de cas litigieux. Seront-ils résolus à temps ?

 

Oui. Il n'y a plus de débat politique. Il ne s'agit plus que de cas individuels.

 

Peut-on tenir une bonne élection quand dans le Nord, malgré l'installation des préfets, l'ex-rébellion contrôle les ressources naturelles, prélève des taxes…

On peut en tout cas tenir une élection. C'est un débat qui va s'achever bientôt. C'est très difficile de sortir d'une rébellion.

 

Vos relations avec la France ont été tumultueuses depuis le coup d'État manqué de 2002. Avec le recul, comment jugez-vous cette période ?

Je témoignerai un jour en détail. Mais je pense que les dirigeants français de l'époque n'ont pas été sages. Ils ont nui à la France, et ils ont nui à l'Afrique.

 

Charles Pasqua a accusé Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Élysée, d'avoir «planifié le renversement de deux chefs d'État africains». Tout le monde a pensé que vous étiez l'un des deux concernés par l'allusion. Et vous ?

Eh bien, je fais partie de «tout le monde».

 

Pensez-vous toujours que les accords de Marcoussis vous ont été imposés ?

Oui, et c'était une très mauvaise idée. S'il fallait recommencer Marcoussis, je ne le recommencerais pas. Mais c'est du passé. On est sorti de la crise par l'accord de Ouagadougou, pas par Marcoussis.

 

Quels sont aujourd'hui vos rapports avec la France ?

Je ne porte pas de jugement idéologique. Je dis que depuis que Nicolas Sarkozy a succédé à Jacques Chirac, je me sens mieux. Je me sens plus à l'aise pour mener tranquillement la sortie de crise.

 

Deux juges français viennent de demander l'aide de la Cour pénale internationale dans la disparition du journaliste français Guy-André Kieffer. La demande vise votre épouse et plusieurs autres personnalités ivoiriennes. Que répondez-vous ?

Depuis le départ, certains juges français, non seulement font fausse route, mais tiennent à une politisation de la disparition du malheureux Kieffer. Quelle est la raison qui pousserait des personnalités politiques ivoiriennes à faire disparaître quelqu'un qui est somme toute un citoyen lambda ? Ce n'est pas parce qu'il est français qu'il est important. En France, des dizaines de gens disparaissent, et on ne va pas chercher du côté de la présidence de la République. Certes, c'est le droit des juges d'enquêter, mais cela commence à bien faire. Toutefois je ne pense pas que l'exécutif français soit impliqué dans cette demande.

 

La «Françafrique» existe-t-elle encore ?

Si des gens songent à renverser un chef d'État dans un pays qui n'est pas le leur, alors, oui, elle existe encore.

 

La France est-elle toujours un partenaire privilégié de la Côte d'Ivoire ?

Les rapports de l'Afrique et de l'Occident ont changé avec la fin de la guerre froide. Mandela a été sorti de prison et présenté comme un modèle par ceux-là mêmes qui le qualifiaient de terroriste. Les États africains ont accru leur indépendance. C'est valable pour la Côte d'Ivoire.

 

Mais y a-t-il encore des liens particuliers sur le plan économique ?

Les ex-colonies françaises s'ouvrent à tous ceux qui veulent les aider. Certes, elles sont plus à l'aise avec la France. Mais la langue n'est pas un lien qui maintient prisonnier. Le Rwanda, francophone à l'indépendance, est sous nos yeux en train de devenir anglophone. Les peuples africains s'adressent à d'autres pays à cause de la lourdeur et des conditions parfois humiliantes posées par l'ancienne puissance coloniale, ou par l'Union européenne. Aujourd'hui, il est plus facile de discuter avec la Chine, l'Inde ou l'Iran pour l'industrie, et avec les pays arabes pour les prêts. Nous construisons l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro avec des prêts de la Banque islamique de développement et de la Banque arabe pour le développement en Afrique. Ce n'est pas antifrançais, mais l'occasion se présentait, et la discussion était plus facile.

 

La Côte d'Ivoire vient tout de même de bénéficier de l'initiative PPTE (pays pauvres très endettés) du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que d'importantes remises de dettes par la France.

Quand on est un pays trop endetté, comme c'est le cas de la Côte d'Ivoire à cause des régimes précédents, le FMI et la Banque mondiale sont des recours indispensables, principalement parce que leur label nous ouvre la porte des prêteurs privés.

 

Il y a l'Afrique de l'espoir et celle qui désespère. Est-elle vouée aux juntes militaires, comme votre voisin guinéen ?

Moi, je ne désespère pas. Simplement il faut que les Guinéens, et la classe politique trouvent une solution interne et volontariste, comme nous l'avons fait. Mais l'Europe ne doit pas regarder la Guinée avec condescendance. Où en était la France en matière de stabilité, cinquante ans après la prise de la Bastille ? C'est cent ans après les indépendances que l'on pourra juger.

 

En Europe, il a fallu beaucoup de temps et de nombreuses guerres pour tracer des frontières définitives. En ira-t-il de même en Afrique ?

La décision de l'Organisation de l'union africaine, en 1963, de ne pas remettre en cause les frontières coloniales a été sage. Mais je pense que les États africains ne resteront pas dans ces frontières. Je ne pense pas à des guerres, mais à des alliances et à des accords. Il y aura des regroupements sous forme de fédérations ou de confédérations, qui ne seront pas construites sur des bases idéologiques mais pragmatiques.

mercredi, 09 décembre 2009

La France efface une grande partie de la dette ivoirienne

Article publié le : mercredi 09 décembre 2009


Des fèves de cacao séchées dans une exploitation agricole au nord d'Abidjan.
Reuters


Par RFI

La Côte d’ivoire signe aujourd’hui d’un important accord de restructuration de sa dette publique vis-à-vis de la France. Cet accord, de toute première importance, devrait réduire de 90 % le service de la dette due à la France jusqu’en 2012.

C’est le coup d’éponge que la Côte d’Ivoire attendait. En arrondissant les chiffres, la France annule aujourd’hui pour plus de 200 milliards de francs CFA de dette ivoirienne et en rééchelonne pour largement plus de 300 autres, ce qui devrait, en effet, aboutir à une réduction de 90% du service de cette dette dans les trois ans à venir.

Rien d’étonnant de la part de Paris, premier créancier de la Côte d’Ivoire, qui détient quelque 70% de cette dette. Les montants en jeu aujourd’hui, sont donc forcément beaucoup plus importants que le geste consenti, il y a deux mois et demi, par les Etats-Unis qui, rappelons-le, avaient annulé 98 milliards de créance sur Abidjan. Tous ces bienfaits sont les fruits de l’Initiative dite « PPTE », en faveur des Pays Pauvres Très Endettés, accordée fin mars dernier par la Banque mondiale, au lendemain de la conclusion d’un programme avec le Fonds monétaire international.

Ce programme avait permis à la Côte d’Ivoire d’obtenir 275 milliards de francs CFA d’argent frais prêté sur trois ans par le FMI. Depuis, les créanciers publics et privés se sont mis à effacer l’ardoise ivoirienne. Mais pour en obtenir davantage encore, la Côte d’ivoire doit appliquer sans dérapage son programme de réformes économiques et sociales. Un exercice qui reste difficile en période électorale, plutôt propice aux revendications catégorielles.

mardi, 08 décembre 2009

Présidentielle: la presse ivoirienne "déjà en campagne", avertit RSF

mardi 8 décembre 2009 - Par AFP
Suspension
de Autre presse
Le Conseil national de la presse (CNP), organe de régulation de la presse écrite ivoirienne, a indiqué lundi à l`AFP avoir appliqué sa décision de suspendre 32 journaux du pays qui n`étaient toujours pas en règle avec la loi sur la presse de décembre 2004.

ABIDJAN - La presse ivoirienne est "déjà en campagne" pour l`élection présidentielle désormais prévue pour fin février-début mars 2010, a relevé mardi Reporters sans frontières (RSF), appelant les médias au "professionnalisme" pour éviter les "dérapages du passé".

"La date officielle de l`élection présidentielle a certes été repoussée,
mais la presse est d`ores et déjà en campagne", souligne dans un communiqué l`organisation de défense de la presse, rendant compte d`une mission effectuée en novembre dans le pays.

"A l`approche d`une période électorale délicate et décisive, nous appelons la profession à mieux respecter l`éthique journalistique et défendre l`indépendance éditoriale", poursuit-elle.

"Nous gardons en mémoire les sombres dérapages du passé (invectives, appels aux saccages, etc.) aussi bien dans la presse écrite que sur la télévision publique. Cela ne doit pas se reproduire", insiste-t-elle, annonçant qu`elle mènera un travail d`observation des médias pendant la prochaine campagne.

Sans cesse reporté depuis 2005, le scrutin présidentiel est destiné à clore la grave crise née en 2002 du coup d`Etat manqué de l`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a coupé le pays en un nord FN et un sud loyaliste.

Des organisations de la société civile ivoirienne ont dénoncé la semaine dernière "un parfait déséquilibre" sur la télévision publique RTI au profit du camp du président Laurent Gbagbo.

Le parti de l`ex-chef de l`Etat Henri Konan Bédié a fustigé récemment "la caporalisation" de la RTI. L`ancien Premier ministre Alassane Ouattara, également candidat, a aussi réclamé "l`équité de traitement", demandant à l`ONU "des mises en garde ou des sanctions".

Dans le camp présidentiel, on fait valoir que la télévision publique ne diffuse plus au nord où, rappelle RSF, "se sont développées des radios et des télévisions pirates appartenant aux ex-rebelles".

lundi, 07 décembre 2009

Présidentielle ivoirienne : tout ce qu'il reste à régler

06/12/2009 | AFP


Des Ivoiriens devant des listes le 22 novembre 2009 à AbidjanDes Ivoiriens devant des listes le 22 novembre 2009 à Abidjan© AFP

"Fin février-début mars 2010": faute d'une nouvelle date précise, la Côte d'Ivoire s'accroche désormais à un créneau pour la tenue de sa cruciale élection présidentielle, mais il lui reste de lourds défis à relever pour honorer enfin ce rendez-vous ajourné depuis 2005.

Réunis jeudi à Ouagadougou autour du "facilitateur", le président burkinabè Blaise Compaoré, les principaux leaders ivoiriens ont arrêté cette période pour le scrutin censé clore la crise née en 2002 du coup d'Etat manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a coupé le pays en deux.

L'élection a été reportée le 29 novembre pour la sixième fois depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo.

"Maintenant, a aussitôt averti M. Gbagbo, il faut bander les muscles" pour pouvoir tenir ce "chronogramme" (calendrier), accueilli dans l'ensemble avec circonspection.

Si beaucoup a été fait depuis le recensement inauguré en septembre 2008, les tâches restantes sont en effet importantes, et font déjà peser des incertitudes. Les étapes précédentes ont à chaque fois pris plus de temps que prévu, officiellement pour raisons "techniques et financières".

"Cas litigieux"

De l'aveu de la Commission électorale indépendante (CEI), "l'étape la plus délicate" est le règlement des contentieux sur la liste électorale provisoire.

Lancée il y a presque deux semaines, cette phase, qui concerne 1,033 million de "cas litigieux" sur quelque 6,4 millions de personnes recensées, doit être conduite en décembre.

Devant l'ampleur du travail, M. Gbagbo, le Premier ministre et chef des FN Guillaume Soro, et les opposants Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont décidé de faire preuve de souplesse: ils ont renvoyé à l'après-scrutin les corrections d'"erreurs matérielles" (orthographe du patronyme par exemple) sur les cartes d'électeurs.

Mais les cas plus complexes, correspondant aux personnes introuvables sur les fichiers administratifs et donc tenues de prouver leur nationalité, soulèvent des questions.

Combien pourront être régularisées et intégrées dans la liste définitive, et les autorités clôtureront-elles l'opération à la date prévue?

"S'il y a des cas qui n'ont pas été traités dans le contentieux, il faudra arrêter" quand même, assure un proche du président.

Mais une source diplomatique occidentale souligne que le traitement lui-même n'a toujours pas atteint sa vitesse de croisière. Surtout, estime-t-elle, les autorités "ne pourront pas se permettre" de laisser sur le bas-côté de nombreux électeurs potentiels au motif que le délai est dépassé, alors que la question des papiers est au coeur de la crise ivoirienne.

Le défi de la sécurisation

L'autre grand défi touche à la sécurisation du processus électoral.

Elle doit incomber au Centre de commandement intégré (CCI), état-major mixte censé déployer 4. 000 éléments loyalistes et 4. 000 FN. Mais faute notamment de moyens suffisants, il n'est pour de nombreux observateurs qu'une "coquille vide".

Les dirigeants ivoiriens se tournent donc vers l'extérieur, escomptant une plus grande implication des "Forces impartiales", force française Licorne et Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Les "Forces impartiales" pourront appuyer les unités ivoiriennes mais elles ne sécuriseront pas les bureaux de vote "à leur place", prévient cependant une source onusienne.

Alors que ces interrogations demeurent, avoir fixé une simple période pour le scrutin n'a pas que des inconvénients, observe un autre diplomate: "une période, on peut la faire glisser. Une date, c'est plus difficile".

vendredi, 04 décembre 2009

L'élection ivoirienne prévue pour fin février-début mars 2010

04/12/2009 | AFP


La présidentielle n'a pu se tenir dimanche en raison de problèmes techniques et financiersLa présidentielle n'a pu se tenir dimanche en raison de problèmes techniques et financiers© AFP

L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, reportée depuis 2005, se tiendra "fin février-début mars 2010", ont annoncé les principaux dirigeants ivoiriens à l'issue d'une réunion autour du "facilitateur" Blaise Compaoré à Ouagadougou.

Le premier tour du scrutin aura lieu "fin février-début mars 2010", indique le communiqué publié à l'issue d'une rencontre au palais présidentiel des membres du Cadre permanent de concertation (CPC), chargé de veiller à l'application de l'accord de paix signé en 2007 sous l'égide du président burkinabè.

Cet organe est composé de M. Compaoré, du chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, du Premier ministre Guillaume Soro et des deux leaders de l'opposition, l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

Cette annonce intervient alors que la présidentielle n'a pu se tenir le dimanche 29 novembre en raison, selon le CPC, "des contraintes d'ordre technique et financier ainsi que des tâches importantes restant à réaliser".

Il s'agit du sixième report de l'élection depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005.

1,033 million de "cas litigieux"

Le scrutin est censé clore la grave crise politico-militaire née en 2002 du coup d'Etat manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de M. Soro, qui contrôle depuis lors le nord du pays.

Lancé la semaine dernière, le règlement des contentieux sur la liste électorale provisoire (qui concerne 1,033 million de "cas litigieux" sur quelque 6,3 millions de personnes recensées) doit être bouclé en décembre, selon le communiqué final.

Doivent suivre en janvier la publication de la liste définitive et la production des cartes d'électeur et d'identité, avant la distribution des cartes et la campagne électorale en février.

Sans surprise, le huis-clos de jeudi n'a donc pas donné lieu à la fixation d'un nouveau rendez-vous précis, mais le CPC a "invité" la Commission électorale indépendante (CEI) à "proposer au gouvernement une date le plus tôt possible" pour le premier tour.

Le président français Nicolas Sarkozy a répété à son homologue ivoirien qu'il souhaitait également qu'une nouvelle date soit "rapidement" fixée, lors d'un entretien téléphonique rapporté par l'Elysée et tenu le jour même de la réunion de Ouagadougou.

Problèmes de sécurisation

L'entourage du Premier ministre comme la CEI s'étaient montrés très réticents ces derniers jours à fixer une nouvelle date, tandis que M. Gbagbo jugeait qu'"il ne faut plus raisonner en terme de date mais en terme de masse de travail qu'il reste à faire". A l'inverse, l'opposition réclamait que le flou soit dissipé.

Les participants ont également exprimé leur "préoccupation" concernant la sécurisation du processus électoral et exhorté les parties à "poursuivre leurs efforts".

Toujours embryonnaire, la sécurisation doit incomber au Centre de commandement intégré (CCI), état-major mixte censé déployer 4. 000 éléments loyalistes et 4. 000 FN à travers le pays. Mais sa mise en oeuvre a été entravée par des problèmes financiers et statutaires.

Le CPC a par ailleurs "insisté sur l'importance de l'accès équitable" des partis et candidats aux médias d'Etat pendant la pré-campagne électorale, et du "respect de l'égalité d'accès" entre les 14 candidats durant la campagne.

L'opposition avait dénoncé récemment ce qu'elle considère comme la mainmise du camp Gbagbo sur la télévision publique.

 

mercredi, 02 décembre 2009

Laurent Gbagbo : « Ma propre mère n’a pas son nom sur les listes provisoires »

Mercredi 2 décembre 2009

Le président ivoirien, Laurent Koudou Gbagbo, séjourne à Ouagadougou. C’est peu avant 20 heures, heure locale, ce mardi 1er décembre 2009, que l’avion présidentiel ivoirien a effectué son atterrissage sur le tarmac de l’aéroport international de Ouagadougou. Le chef de l’Etat ivoirien a été accueilli par son homologue burkinabè, Blaise Compaoré. Laurent Gbagbo doit participer au 1er colloque africain sur le travail décent, qui se déroule du 1er au 2 décembre 2009 dans la capitale burkinabè, avant d’assister à une réunion du Cadre permanent de concertation (CPC).

 

Dans le salon d’honneur de l’aéroport, le président ivoirien a laissé entendre que le processus électoral en Côte d’Ivoire se déroule bien, malgré le report de la présidentielle. « Nous ne sommes pas inquiet parce que le stade que nous avons atteint, nous ne l’avons jamais atteint », a-t-il confié. Et même s’il reconnaît qu’il y a 1,33 millions d’électeurs qui ont un contentieux au niveau des listes de la Commission électorale indépendante, il se veut rassurant. « Ma propre mère n’a pas son nom sur les listes provisoires. Il y a même l’épouse d’un candidat qui ne retrouve pas également son nom », a-t-il ajouté avec humour. « Il ne faut plus raisonner en terme de date, mais en terme de masse de travail qui reste à faire », répond t-il lorsqu’on lui demande quelle est la date de la tenue de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. De son avis, il faudra d’abord corriger les irrégularités de la liste provisoire, avant de sortir une liste définitive et d’aller aux élections.

 

La rencontre du CPC aura lieu dans la journée du jeudi 3 novembre 2009. Le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, est arrivé à Ouagadougou trois heures avant Laurent Gbagbo. Ce cadre, un instrument prévu dans les Accords de Ouagadougou pour sortir la Côte d’Ivoire de la crise dans laquelle elle est plongée depuis 2002, réunit régulièrement autour du facilitateur Blaise Compaoré, le patron des Forces Nouvelles, le président Laurent Gbagbo et les responsables des principaux partis de l’opposition.

Roger Niouga Sawadogo

Gbagbo : "Mieux vaut aller à des élections tard et ne plus avoir de conflits"

02/12/2009 | AFP


Aucune nouvelle date n'a encore été annoncée pour la présidentielle qui n'a pu se tenir dimancheAucune nouvelle date n'a encore été annoncée pour la présidentielle qui n'a pu se tenir dimanche© AFP

 

Il vaut mieux tenir "tard" une élection qui n'entraîne pas de conflit que d'en organiser "vite" une qui fera des morts, a estimé mardi soir le président ivoirien Laurent Gbagbo à Ouagadougou, alors que la présidentielle vient d'être reportée pour la sixième fois depuis 2005.

 

"Nous voulons aller à des élections pour ne plus avoir de problèmes. Au dehors les gens disent: 'allez aux élections!' Mais nous sortons d'une guerre, donc nous voulons aller aux élections sans que la guerre ne revienne à cause des élections", a-t-il déclaré devant la presse à son arrivée au Burkina Faso.

 

"Mieux vaut aller à des élections tard et ne plus avoir de conflits que d'avoir des élections vite et puis il y aura des morts. Nous sommes fatigués de pleurer nos morts", a-t-il ajouté.

 

Le président Gbagbo est arrivé à Ouagadougou peu après son Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle le nord ivoirien depuis son coup d'Etat manqué de 2002, pour prendre part jeudi à une réunion du Cadre permanent de concertation (CPC).

 

Présidée par le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, "facilitateur" dans la crise, cette rencontre doit "faire une évaluation" du processus en cours en vue d'élections "propres, équitables et qui ne vont pas entraîner des contentieux post-électoraux", a expliqué M. Compaoré.

 

Les deux principaux opposants à M. Gbagbo, l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, participeront à la réunion.

 

Aucune nouvelle date n'a encore été annoncée pour ce scrutin qui n'a pu se tenir dimanche, sixième report depuis la fin du mandat du président Gbagbo en 2005.

lundi, 30 novembre 2009

Protestation contre le report du 29 novembre : Le Pdci lance l’opération «wouro-fatô»

lundi 30 novembre 2009 - Par Le Mandat
Tournée
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Tournée du président du PDCI-RDA dans le grand Nord: Henri Konan Bédié à Korhogo - Le Nouveau Réveil - [1] Dimanche 8 novembre 2009. Le Président Bédié à Korhogo

Hier, dimanche 29 novembre à la maison du parti à Cocody, le Pdci-rda a organisé une manifestation qui revêt un cachet particulier en ce sens qu’elle permet au parti de Henri Konan Bédié de faire le constat du non respect de la date électorale du 29 novembre, d’en tirer des conséquences et de prendre un certain nombre de résolutions. Le secrétaire général et directeur du comité national de campagne du candidat Aimé Henri Konan Bédié a dressé un bilan du processus électoral depuis 2005 jusqu’à ce jour. Bilan jugé insatisfaisant à cause des manœuvres dilatoires du Fpi et de Laurent Gbagbo pour faire échouer toutes les dates et résolutions onusiennes à l’effet de sortir la Côte d’Ivoire de la crise. Le Directeur national de campagne de Henri Konan Bédié craint, au regard des manipulations, la perte de crédibilité de l’Apo, la perte de confiance des ivoiriens dans la classe politique, et prévoit le renforcement de la pression du Pdci en vue de l’accélération du processus de sortie de crise etc… En attendant des mots d’ordre en fonction de l’évolution de la situation, le n°2 du Pdci, le Pr Djédjé Mady a invité les militants, sympathisants et tous les ivoiriens à manifester bruyamment contre le report du 29 novembre. Cette opération consiste pour les militants à se munir d’un carton jaune et d’un sifflet.

Deux éléments qui symbolisent les outils de travail des arbitres qui leur permettent de sanctionner les mauvais joueurs. Le carton jaune est donc un avertissement infligé au Fpi et Laurent Gbagbo pour leur mauvaise gestion du processus électoral. Ils pourraient prendre le carton rouge qui signifierait l’expulsion de Laurent Gbagbo et ses affidés dudit processus. Mais en démocrates avertis, les militants du Pdci, à travers leur SG, accordent une dernière chance aux frontistes. Une possibilité leur a été accordée de respecter la prochaine date des élections qui sera fixée dans un délai raisonnable. Faute de quoi, une sanction suprême leur sera affligée.

Il a été retenu que chaque jour à 12 heures, les bruits stridents des sifflets envahiront toute la Côte d’Ivoire. Et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Rodolphe Flaha

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