mercredi, 06 janvier 2010

FOOTBALL / CAN 2010

CAN 2010 : la Côte d’Ivoire intouchable ?



Les Eléphants ont de fortes ambitions pour 2010

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mercredi 6 janvier 2010



Les Ivoiriens, emmenés par un Didier Drogba au sommet de son art, visent un deuxième sacre continental après celui de 1992. Il faudra pour cela justifier un statut de favori parfois lourd à porter.


Le sélectionneur

Il y a deux ans, il était difficile d’imaginer Vahid Halilhodzic réussir en Afrique, et pourtant c’est bien lui qui a permit à la Côte d’Ivoire de se qualifier pour sa deuxième Coupe du monde, après celle de 2006. En poste depuis mai 2008, l’entraîneur bosnien s’est fait connaître en France pour ses qualités de buteur (100 buts en 181 matches de D1) puis d’entraîneur à forte poigne. À Lille d’abord, qu’il mena du maintien en Ligue 2 à la Ligue des Champions, puis à Rennes, sauvé de la relégation, avant un passage agité au Paris Saint-Germain, où il remporta la Coupe de France 2004. Après des intermèdes à Trabzonspor puis à Al Ittihad, il s’est engagé avec les Éléphants, qui ne se sont inclinés qu’une seule fois sous ses ordres, deux semaines après son arrivée, lors de la Kirin Cup contre le Japon (1-0).


Le joueur à suivre

Formé à l’académie de Jean-Marc Guillou, Gervinho, 22 ans, s’est ensuite fait remarquer à Beveren (61 matches, 14 buts) avant de partir au Mans, où il montrait à la fois des qualités techniques et de vitesse largement au-dessus de la moyenne mais aussi des difficultés à se montrer efficace (13 buts en 67 matches). Transféré à Lille où il retrouvait son ancien entraîneur dans la Sarthe, Rudi Garcia, il a explosé après des débuts compliqués, avec 16 buts en 28 matches. Meilleur buteur de Ligue 1 avec 11 réalisations, l’ailier droit reste sur 14 buts marqués lors de ses 15 derniers matches, toutes compétitions confondues. S’il conserve cette moyenne, il devrait faire un malheur en Angola.


L’objectif

La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en 1992 et finaliste en 2006, ne peut viser autre chose que la victoire. Son effectif ferait pâlir beaucoup de sélections mondiales. Elle doit cependant faire avec un groupe très difficile, ce qui confirme sa poisse en matière de tirages au sort, qui la poursuit depuis 2006. Si sa première rencontre contre le Burkina Faso devrait être une bonne mise en bouche, puisqu’elle n’a jamais perdu contre les Étalons en 7 rencontres, dont un 5-0 datant de septembre dernier, ça sera une autre paire de manche contre le Ghana. Les Black Stars ont en effet un bilan favorable face aux Ivoiriens (14 succès à 10, 5 à 2 en Coupe d’Afrique), notamment lors de la petite finale 2008 (2-4). En cas de mésaventure contre le Ghana, il lui faudra s’imposer contre le Togo, certes en difficulté depuis la dernière Coupe du monde mais qui compte en Emmanuel Adebayor un des meilleurs attaquants du monde. Surtout, la Côte d’Ivoire n’a certes jamais perdu en CAN contre les Éperviers mais a souvent souffert (un succès, deux nuls).


Les forces

Hormis au poste de gardien, même si Barry Copa (Lokeren) a tout de même été élu meilleur gardien de Belgique la saison dernière, la Côte d’Ivoire compte dans tous les compartiments du jeu parmi les meilleurs joueurs du monde et notamment en attaque (Drogba, Gervinho, Kalou, Baky Koné…), au point qu’un buteur comme Doumbia n’a pas été retenu ! Un potentiel offensif exceptionnel, qui fera sans doute souffrir plus d’une équipe en Angola. Didier Drogba, notamment, est en train de signer une de ses saisons les plus denses, avec Chelsea (19 buts en 24 matches) comme en sélection (4 en 3 rencontres). La défense ivoirienne, composée d’Emmanuel Eboué (Arsenal), Kolo Touré (Manchester City), Guy Demel (Hambourg) et Arthur Boka (Stuttgart), est de classe internationale tandis que Yaya Touré (Barcelone) et Didier Zokora (Séville) font la loi au milieu. Il faudra un exploit pour barrer la route à une telle équipe.


Les faiblesses

La Côte d’Ivoire semble très complète, même si, avec de tels attaquants et malgré l’influence d’Halilhodzic, pas très amateur des défenses poreuses et de l’offensive à tout va, elle aura sans doute tendance à trop attaquer et à laisser des espaces dont pourraient bénéficier d’habiles contre-attaquants, comme par exemple ceux du Ghana (Gyan, Amoah, Ayew…). Pour conserver un bloc équipe compact, il faudra donc que les attaquants ivoiriens, notamment ceux évoluant sur les ailes (Kalou, Gervinho…) abattent un travail de repli défensif dont ils ne raffolent généralement pas. Mais la victoire dans ce genre de compétition est à ce prix.


Gardiens

Vincent Angban (ASEC Abidjan), Boubacar Barry Copa (Lokeren), Aristide Zogbo (Maccabi Netanya)


Défenseurs

Benjamin Angoua (Budapest Honved), Souleymane Bamba (Hibernian), Guy Demel (Hambourg SV), Abdoulaye Meïté (West Bromwich Albion), Kolo Touré (Manchester City), Arthur Boka (Stuttgart)


Défenseurs-Milieux

Emmanuel Eboué (Arsenal), Siaka Tiéné (Valenciennes)


Milieux

Jean-Jacques Gosso (Monaco), Yaya Touré (FC Barcelone), Emerse Faé (Nice), Emmanuel Koné (International Curtea), Cheik Tioté (FC Twente), Didier Zokora (FC Séville)


Milieux-Attaquants

Kader Keita (Galatasaray)


Attaquants

Aruna Dindane (Portsmouth), Didier Drogba (Chelsea), Yao Kouassi Gervinho (Lille), Salomon Kalou (Chelsea), Bakari Koné (Marseille)


Par Gildas Devos

Photo : Yaya et Koulé Touré formeront la base défensive ivoirienne (© Iconsport)


Source : afrik.com

Côte d’Ivoire

Gbagbo va-t-il quitter le pouvoir en octobre ?

Pour cause de grève des greffiers, le processus pourrait accuser un certain retard malgré les dénégations de la Commission électorale indépendance (CEI). Ce qui pousse les plus sceptiques à se demander si en fin de compte cette présidentielle aura lieu un jour. Parmi ceux qui y croient, certains tablent sur le mois de mars et d’autres avancent même la date d’octobre 2010.

Pour faire dans l’anecdote, on en trouve qui prêtent à Gbagbo l’intention de rebaptiser le pays en République d’Eburnie et de changer dans la même foulée l’hymne national. En séjour privé dans la capitale économique ivoirienne, notre rédacteur Dieudonné Zoungrana rapporte qu’en fin d’année 2009 si les têtes étaient à la fête, la politique était, elle aussi, dans toutes les têtes.

« Je me demande si Laurent Gbagbo n’a pas spécialement étudié l’histoire pour comprendre la sociologie des Ivoiriens... Il connaît tellement ses compatriotes ...il a une grande carrière d’opposant derrière lui... il a toujours une longueur d’avance sur ses concurrents... Bédié, quant à lui, tout lui est tombé dessus ... A 27 ans, il était déjà ambassadeur aux USA, puis député... président de l’Assemblée nationale et enfin président ...Alassane Dramane Ouattara ne connaît pas bien le pays... ». C’est ce que nous confiait Jacques Konan, un compagnon de longue date du candidat Bédié.

N’a-t-il d’ailleurs pas passé et la Fête de Noël et celle du Nouvel An au domicile du successeur d’Houphouët à Daoukro, à 260 km au centre-est de la Côte d’Ivoire ?

Comme un peu partout ailleurs, les Ivoiriens ont, certes, commémoré la fin de l’année et le début de 2010 par des manifestations festives de toutes sortes avec toujours comme toile de fond la prochaine présidentielle. La dernière session en date du Cadre permanent de Concertation (CPC) tenue à Ouagadougou le 3 décembre 2009 avait bien arrêté le timing du processus électoral, qui va de l’affinement de la liste électorale définitive et de la distribution de carte d’électeur fin janvier à la tenue du scrutin, fin février-début mars.

Dans la capitale ivoirienne, la date du 7 mars est souvent avancée pour cette échéance. Mais voilà, c’était sans compter avec la grève des greffiers qui a bloqué tout l’appareil judiciaire et, collatéralement, grippé la machine électorale. Ainsi, le contentieux d’inscription qui devait prendre fin le 26 décembre dernier a été prorogé au 6 janvier 2010. Certes, la Commission électorale indépendante (CEI) a prévenu que ce nouveau délai a été « scrupuleusement choisi » afin qu’il « n’ait pas un impact négatif sur le reste du chronogramme ».

Gbagbo lui-même, dans son message de fin d’année au soir du 31 décembre, a surenchéri en laissant entendre que « cette élection aura bien lieu dans 2 mois ». Il n’empêche, ils sont de plus en plus nombreux, les Ivoiriens qui craignent que cette présidentielle ne soit repoussée, au mieux en octobre 2010, au pire à des calendes plus lointaines.

Ses adversaires en sont convaincus : Gbagbo, véritable animal politique dans le sens aristotélicien du terme, a toujours su anticiper, laissant souvent ceux qui le combattent le bec dans l’eau. Pour eux, tous ces retards sont savamment provoqués par le chef de la Refondation, pour être sûr qu’au moment où il ira au vote il sortira vainqueur, soit pour ne même pas y aller du tout.

Cette dernière option est, de plus en plus, évoquée parce que Gagbo aurait un projet pour la Côte d’Ivoire. Et pas n’importe lequel ! Tenez-vous bien : même si aucun document n’en parle, ne serait-ce que de façon allusive. Et si rien ne peut être vérifié à ce sujet, le chef de l’Etat aurait l’intention de débaptiser la Côte d’Ivoire pour l’appeler « REPUBLIQUE D’EBURNIE », ressuscitant le syndrome de l’illuminé Kragbé Gnagbé des années 70. Et changer l’Abidjanaise, l’hymne national, par l’ODE DE LA PATRIE » (Lire aussi Vu et entendu en encadré).

Même si pas un mot d’un tel projet ne transparaît dans son récent ouvrage - programme sorti le 22 décembre 2009 et dédicacé une semaine après au palais de la Culture, pour certains de ses compatriotes, qu’on ne s’y trompe pas, Gbagbo veut détrôner l’icône historique que reste Houphouët. Et qu’est-ce qui pourrait faire oublier le premier président ? Que faire pour ne pas finir dans les poubelles de l’Histoire ? Que faire donc, sinon imprimer sa marque de façon indélébile. Or, quoi de plus mémorable que le nom du pays : on pourra tout oublier, sauf que “c’est Gbagbo qui a changé le nom Côte d’Ivoire en République d’Eburnie”. Un lent métrage

Pour toutes ces raisons, selon ses contempteurs, Gbagbo renâcle à aller aux élections. Sinon, comment comprendre qu’un candidat qui est certain de l’emporter traîne les pieds pour aller aux urnes ? Ils lui prêtent aussi l’intention d’adopter le scénario suivant pour parvenir à ses fins : le 10 février débute la CAN, et les Ivoiriens auront l’esprit tourné vers l’Angola où joueront les Eléphants. Victoire ou défaite de Didier Drogba et de ses coéquipiers, les Ivoiriens mettront 2 semaines à commenter l’événement. On se retrouvera en mars 2010 avec le retard qu’on traîne déjà dans le processus électoral... puis en juin, il y aura la Coupe du monde, un autre front qui attend le onze national ivoirien. Cahin-caha viendra le mois d’août, notamment le 7, date du cinquantenaire de l’indépendance ivoirienne.

Le 4e président de la Côte d’Ivoire pourra alors célébrer avec faste cette date et, dans la foulée, mettre en exécution son projet de débaptisation du pays et l’imposition d’un autre hymne. Il pourra alors, en octobre, au terme de deux mandats pour le prix d’un, se retirer.

Tout en suscitant un candidat au sein du ...PDCI qu’il aidera à s’asseoir sur le fauteuil présidentiel. En un mot comme en cent, l’enfant terrible de Mama se livrerait à un lent métrage temporel pour parvenir à cet objectif inavoué. Rumeurs et anecdotes véhiculées par des adversaires impuissants ? Peut-être, car lorsqu’on lit la longue interview que Gbagbo a accordée à Jeune Afrique (n°2555 et 2556 du 26 décembre 2009), on découvre un président-candidat qui a hâte d’en découdre avec ses rivaux, qu’il croit pouvoir battre.

Car un président qui, d’emblée, veut gouverner ad vitam aeternam. Il veut même modifier l’article 35 de la Constitution dans ce sens. Cependant, on ne peut s’empêcher de méditer sur les propos de notre interlocuteur Jacques Konan, abondamment cité en début de cet article qui nous a affirmé ceci : « Quand Gbagbo vous dit de regarder à droite, méfiez-vous et jetez plutôt un coup d’œil à gauche, c’est de ce côté qu’il guigne son vrai objectif ». On ne se refait pas à 65 ans.

Note :
République d’Eburnie, appellation employée pour la première fois par le sécessionniste Kragbé Gnagbé (lire encadré)

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana : Abidjan- Ouaga

L’Observateur Paalga

jeudi, 24 décembre 2009

Côte d’Ivoire : les Bidjan voteront-ils contre Gbagbo ?

Un important conflit foncier oppose les autochtones d’Abidjan à l’administration ivoirienne



Les colons avaient exproprié brutalement les Bidjan, à la fin du XIXe siècle, pour construire la ville d’Abidjan. Aujourd’hui, leurs petits fils revendiquent leurs droits de propriété. En vain. Le candidat Gbagbo avait promis de régler ce problème s’il était élu, lors de la présidentielle de 2000. Ses solutions ne satisfont pas les Bidjan, qui menacent de le sanctionner lors de la prochaine échéance électorale.

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mercredi 23 décembre 2009 / par René Dassié (Source : afrik.com)

 

Le problème est plus vieux que l’Etat moderne de Côte d’Ivoire. Les premiers colons trouvent dans la région, qui prendra plus tard le nom d’Abidjan, l’endroit idéal pour s’installer : elle est ouverte sur la mer. Seulement, elle n’est pas libre. Elle est occupée par un peuple appelé les Ebrié. Ceux-ci résistent à l’injonction du colonisateur de déguerpir. Ils jugent aussi ridicules les compensations qu’il leur propose, et ne les acceptent pas. Ils sont finalement chassés de force, dans le courant de l’année 1893. Les Bidjan, un sous-groupe du peuple Ebrié, sont les plus grands perdants, la plupart des meilleures terres arrachées leur appartenant.

 

Après l’indépendance, les présidents successifs de Côte d’Ivoire ne font rien pour réparer cette injustice, alors même que la constitution du pays garantit aux autochtones les droits de propriété exclusifs sur les terres qu’ils occupent. Le ressentiment des Bidjan est d’autant plus grand dans ce contexte, qu’Abidjan dont ils revendiquent la propriété devient rapidement le poumon économique du pays. Il y a le port d’Abidjan, le plus grand d’Afrique de l’ouest ; il y a toute la zone industrielle tout autour de cette ville, qui brasse des milliards, et il y a les vastes plantations de cultures de rente. La manne issue de tout ce bizness leur échappe totalement.

 

Pour Gbagbo, la terre appartient aux Bidjan

Pendant la campagne présidentielle de 2000, Laurent Gbagbo promet de se pencher sur le dossier une fois élu. « A des fins uniquement électoralistes », plaide un représentant des Bidjan déçu par l’approche du président. En tout cas, le président Gbagbo charge rapidement le préfet du département d’Abidjan, Sam Etiassé, de conduire au nom de l’Etat, les négociations avec les représentants des villages impliqués dans le conflit foncier. « Le dossier est très compliqué », reconnait ce dernier, joint au téléphone par Afrik.com.

 

Professeur d’université, Sam Etiassé a dirigé un mémoire sur l’occupation privative du domaine public urbain. Il reconnait que les Bidjan sont au sens de la loi, les vrais propriétaires des zones à l’origine du contentieux. Pour lui, le payement des compensations suffiraient à résoudre le différend. « Leurs revendications sont légitimes. Il faut purger le droit coutumier, pour mettre un terme au conflit ». Purger le droit coutumier, c’est payer des compensations financières aux populations abusées. M. Etiassé assure qu’il a beaucoup avancé dans sa mission. Il parle de plusieurs millions de francs CFA qui ont été payé ces trois dernières années à certains villageois. Ceux-ci avaient entrepris de détruire des villas et des sociétés en construction, appartenant pour la plupart à des Européens.

 

Sam Etiassé assure aussi que Laurent Gbagbo, qui a déjà reçu les représentants des villages suit personnellement l’avancée du dossier. Une affaire qui le tiendrait à cœur. « Votre problème, c’est la création de cette ville qu’on appelle aujourd’hui Abidjan. Dans ce problème, on essaie de faire le mieux possible pour le peuple Tchaman. Qu’est-ce qu’il faut pour que ces gens qui sont chez eux aient à boire, à manger, à circuler, à se vêtir, à s’habiller ? Comment faire en sorte que l’Ebrié ne regrette pas que la ville ait été bâtie chez lui ? Comment faire pour qu’il puisse préserver un avenir pour ses enfants ? », a déclaré le président, selon Le journal ivoirien la Voie. C’était en janvier dernier, lors d’une rencontre avec des élites Ebrié, au palais présidentiel. « Nous espérons bientôt parvenir à des accords globaux. Par exemple, pour l’extension du port d’Abidjan ainsi que les travaux sur l’île Boulay, nous avons conclu un accord de principe pour purger les droits coutumiers » laisse entendre Sam Etiassé.

 

Les Bidjan rejettent le médiateur de Gbagbo

Dans la communauté Bidjan, cet auto-satisfecit du préfet d’Abidjan est loin d’être partagé. Pour Ahouo Koutouan, vice-président des Bidjan installé au Luxembourg, ce dernier n’est en réalité qu’un imposteur. Petit fils de l’ancêtre des Bidjan qui avait résisté, Ahouo Kouotan mène depuis plus de deux ans une campagne médiatique et institutionnelle en faveur des siens. A l’en croire, le préfet Sam Etiassé ne s’est attaqué qu’à une partie du problème, et n’a pas travaillé avec les bons interlocuteurs. « Sam Etiassé ne traite pas avec les Bidjan, mais avec les Atchan » martèle-t-il, tout en introduisant un autre terme, qui traduit la complexité des composantes ethniques qui ont, dans l’histoire, peuplé la région autour de la ville d’Abidjan.

 

En plus simple explique-t-il, tout autant qu’ils sont des Ebrié, les Bidjan sont une fratrie du peuple Atchan. Mais si des liens de cousinage sont évidents, tout le monde ne partage pas les mêmes villages. « Abidjan est constitué de dix communes. Huit appartiennent aux Bidjan », poursuit-t-il. Sam Etiassé n’aurait donc pas, de ce point de vue, véritablement traité avec les représentants des Bidjan. Ahouo Koutouan soupçonne même l’administration ivoirienne d’avoir expressément choisi de négocier avec des interlocuteurs plus conciliants, pour donner l’illusion de résoudre le problème. « Le président Gbagbo fait du patrimoine des Bidjan la propriété de tous les Atchan alors que nous avons 10 tribus et que chaque tribu a son propre territoire », écrit-il dans un mail envoyé à Afrik.com.

 

Et d’accuser Laurent Gbagbo d’avoir partie liée dans la distribution des prébendes autour des marchés juteux de la mise en valeur de la zone portuaire. D’où son éloignement vis-vis des Bidjan plus exigeants. « L’administration ivoirienne n’a jamais consenti à nous rencontrer en dépit de nos requêtes. Nous vivons comme des mendiants sur notre terre ancestrale », se plaint-il.

 

Pour lui, les revendications des Bidjan restent intactes : établir en leur faveur, un bail emphytéotique sur le port d’Abidjan ; les intéresser au moyen d’une rente, au bénéfice des sociétés de cette zone industrielle ; leur octroyer plus de postes au sommet de l’Etat et permettre à leurs jeunes diplômés du supérieur de trouver du travail.

 

En promettant de les remettre dans leurs droits, Laurent Gbagbo avait obtenu le soutien des Bidjan lors de la dernière présidentielle, qui l’avait porté au pouvoir. Cette fois-ci, les choses pourraient se passer autrement. « Laurent Gbagbo nous a menti une fois. On ne se laissera pas avoir une deuxième fois », averti Ahouo Koutouan. Plusieurs fois reportée, la présidentielle en Côte d’Ivoire devrait se tenir l’année prochaine.

mercredi, 23 décembre 2009

Côte d’Ivoire : Les Casques bleus dans une affaire d’abus sexuels ?

mercredi 23 décembre 2009

De nouvelles allégations d’exploitation et d’abus sexuels impliquant des Casques bleus de l’Onu ont été reçues par l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire. La réaction de celle-ci ne s’est pas fait attendre. Elle a admis ces accusations le lundi 21 décembre 2009, et affirme prendre toutes les dispositions pour clarifier la situation.

 

Des Casques bleus de l’Onuci, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire, sont une fois de plus incriminés dans une affaire d’abus sexuels. L’Onuci, qui veut éviter un nouveau scandale et qui ne tient pas à voir sa réputation salie a aussitôt pris les devants en ouvrant une enquête d’urgence. Les faits remonteraient à 2006 et concerneraient des mineures. Pour vérifier ces accusations, l’unité de protection de l’enfance de l’Onuci a dépêché sur le terrain une mission disciplinaire et informé les autorités ivoiriennes le 15 décembre dernier.


Ce n’est pas la première fois qu’une mission des Nations unies est accusée de tels actes. Il y a deux ans, des casques bleus marocains avaient commis les mêmes actes à Bouaké, au centre-sud de la Côte d’Ivoire. Un scandale qui avait énormément entaché la mission de l’Onuci dans le pays. En optant pour la communication et la transparence dans cette nouvelle affaire, l’Onuci veut redorer son blason et démontrer sa bonne foi quant au maintien de la paix en Côte d’Ivoire. Une manière aussi de faire comprendre aux soldats que quand on choisit ce corps de métier, il faut aussi savoir se contrôler.


Selon le site internet de Rfi, depuis le début de l’année 2009, de l’aveu même des Nations unies, 33 casques bleus ont été incriminés pour abus du même genre commis essentiellement en République Démocratique du Congo, en Haïti, au Liban, au Libéria, au Soudan et en Côte d’Ivoire.

En 2007, 15 militaires onusiens avaient été sanctionnés.

kpenahi

Fasozine

 

samedi, 19 décembre 2009

Côte d’Ivoire : villages pour petits citoyens modèles

Le Cerap développe le programme " Villages de la paix"


Vivre en bonne intelligence et respecter les règles de la démocratie. Deux mille enfants ivoiriens s’y essaient sous la houlette de Mireille Critié Thobouet du Centre de recherche et action pour la paix (Cerap). La Côte d’Ivoire, dont la vie politique est tourmentée depuis 2002, vit dans certains établissements une vie démocratique exemplaire.

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vendredi 18 décembre 2009 / par Falila Gbadamassi (Source : afrik.com)


Ils feraient figure de citoyens modèles, les petits habitants des 41 " Villages de la paix" que compte la Côte d’Ivoire. Ces mini-Etats sont nés dans le cadre d’un programme du Centre de recherche et action pour la paix (Cerap) lancé en 2007. En amont du projet d’éducation scolaire à la citoyenneté, 179 enseignants et encadreurs formés à la citoyenneté et à la gestion des conflits. De retour dans leurs établissements, ces derniers créent des clubs, les futurs villages ouverts aux élèves, du primaire au secondaire. Les premiers sont néanmoins plus rares, car souvent trop jeunes. Un journal et un camp annuel assurent la cohésion du mouvement relayé dans 37 établissements de huit villes ivoiriennes (Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Man, Daloa, Daoukro, Bondoukou et Korhogo

Un projet estampillé Harubuntu 2009

L’édition 2009 du concours Harubuntu des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains connaîtra son épilogue le 20 décembre prochain à Marrakech, au Maroc, en marge de la 5e édition des Journées panafricaines des collectivités locales, Africités. Afrik.com vous propose tout au long de cette semaine de faire connaissance avec les lauréats qui ont retenu l’attention du jury cette année.

« Les enfants mettent en place une commission électorale, raconte Mireille Critié Thobouet, la responsable de cette expérience, suivent ensuite les différentes étapes d’un processus électoral jusqu’à l’élection d’un chef de village. Plus tard, les ministres seront nommés par ce dernier. Chaque année, les enfants procèdent à l’élection de leur nouveau chef de village. Ils savent, contrairement à nombre d’adultes, ce que c’est qu’un bulletin unique, une liste électorale... ». Au lycée Sainte-Marie d’Abidjan, l’un des établissements les plus réputés de la capitale économique ivoirienne, ce sont les villageois de la paix qui organisent l’élection des délégués de classe.

 

L’apprentissage de la citoyenneté et de la gestion des conflits comprend également un volet cohésion sociale qui n’est pas anodin dans une Côte d’Ivoire en proie à une crise politique depuis 2002. Et où les préjugés se transmettent facilement des adultes aux enfants. « A Bondoukou (Est du pays), se souvient Mireille Critié Thobouet, nous avons rencontré des enfants ivoiriens et burkinabè (il y a eu une forte communauté burkinabé dans les campagnes ivoiriennes et depuis 2002 les rapports sont de plus en plus difficiles) qui ne se parlaient. Les enfants avaient tout simplement reproduit les attitudes de leurs parents. Ils répètent aussi ce qu’on entend dans les journaux. Nous avons d’ailleurs compilé les préjugés drainés par ces derniers. »

 

Les embryons de la démocratie

Autre exemple qui donne la mesure de la pertinence de l’existence des "Villages de la paix". « Nous avions organisé une opération de nettoyage dans une localité à majorité chrétienne, où les musulmans n’ont pas le droit de disposer d’un lieu de culte. Cela n’a pourtant pas empêché un élève musulman de balayer l’intérieur de l’église. Quand on lui a demandé pourquoi il l’avait fait. Il a répondu qu’il trouvait cela normal car nous prions tous le même Dieu ». En attendant de révolutionner les comportements, l’apaisement se ressent d’abord dans le cercle familial. « Les parents nous signalent une amélioration notable du comportement des enfants à la maison. Ils son moins agressifs et plus conciliants ».

 

Mireille Rolande Critié, trente ans, et les enfants, c’est le récit d’une exploration continue. Les droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant, sont la spécialité de la jeune femme. Elle les a côtoyés dans la détresse – dans la rue ou en prison – et depuis trois ans, elle tente de faire d’eux des citoyens. Dans les villages de la paix, « les enfants sont à l’école de la responsabilité », résume la jeune femme. « Je peux dire, souligne-t-elle le sourire aux lèvres, que j’ai une relation particulière avec 2 000 enfants (qui sont concernés aujourd’hui par le projet qu’elle coordonne). »

 

En Côte d’Ivoire, cette relation et ses villages de la paix interpellent. D’autres villes, comme Oumé et San Pedro, ont bénéficié de l’assistance technique du Cerap pour mettre en place des villages en dehors du projet qui reste limité en ressources. Fin 2010, l’expérience prendra fin. Mireille Critié Thobouet, elle, effectuera un travail de recherche qui aboutira à la réalisation d’un guide pédagogique sur la création d’un village de la paix. L’heureux bénéficiaire ? Le ministère ivoirien de l’Education nationale dans l’espoir que cette démarche citoyenne soit intégrée aux programmes scolaires. D’autant que le projet du Cerap fait des émules. Depuis cette année, le Tchad construit ses "villages de la paix" et le Burkina Faso commence à l’envisager.

jeudi, 17 décembre 2009

Processus électoral en Côte d’Ivoire : La guerre des fichiers se poursuit

jeudi 17 décembre 2009

Le processus électoral en Côte d’Ivoire est à sa dernière ligne droite et la tenue de la présidentielle dans la période de février - mars 2010, comme récemment annoncée à Ouagadougou, est envisageable à condition que chaque acteur joue sa partition. C’est ce qu’a laissé entendre le président de l’institution en charge des scrutins ivoiriens, Robert Mambé, au cours d’un point de presse, le 14 décembre 2009, alors que la guerre des fichiers se poursuit. Grâce à la facilitation d’une agence de communication, ORMACOM international, nous avons été associé à ces échanges.

Abidjan, 14 décembre 2009, au siège de la Commission électorale indépendante (CEI), au boulevard Latrille Angoua, route du zoo. Il était environ 10 h et demie, quand, avec des confrères de l’Indépendant du Mali, de Jeune Afrique et de Le Parisien de France, nous accédons à la cour de cette institution.

A l’entrée de la grande bâtisse qui l’abrite, nous déclinons notre identité à un gendarme qui y veillait tout en lui précisant que nous avions rendez-vous avec le patron des lieux, Robert Beugré Mambé, le président de la CEI. Ce dernier n’ayant pas été averti d’une visite d’hommes de média décroche son téléphone portable pour s’informer auprès d’un autre locataire de la maison. A peine a-t-il entamé la communication avec son interlocuteur qu’un membre de la CEI vint prendre langue avec nous.

C’était le chargé de communication de l’institution, Zeguedoua N’Guetta, qui, sans trop de protocole, nous installe dans une salle d’attente où le chef de cabinet de la CEI, Gbrou Aloboué, est venu nous souhaiter la bienvenue et s’excuser de la part de notre hôte, en tournée d’inspection des opérations électorales. Après une heure d’attente, celui qui fait l’objet de l’attention, ces dernières années, de tous les observateurs de la scène politique ivoirienne, fait son apparition, avec un soldat portant un béret bleu (l’ONUCI) à la ceinture.

Il nous distribue des poignées de main puis s’éclipse dans un couloir labyrinthique avant d’en ressortir pour regagner ses 5 visiteurs dans une salle de réunions. « Bilan des activités de la CEI pour la consolidation du processus électoral », c’est le point à l’agenda de ses échanges avec les hommes de médias.

Entouré à l’occasion de son trésorier, Gnénéma Mamadou Coulibaly, et du chargé de communication, Zeguedoua N’Guetta, Robert B. Mambé ramène d’abord ses interlocuteurs aux origines des troubles politiques en Côte d’Ivoire. La crise ivoirienne, a-t-il dit, émane de la conjonction de deux évènements et de bien d’autres éléments, notamment les problèmes de « l’ivoirité » et de la présidentielle contestée de 2000 au cours de laquelle des prétendants à la magistrature suprême ont estimé qu’ils avaient été exclus de la course.

Au regard de ce qui précède, arguera-t-il, s’est révélée la nécessité, non seulement d’offrir aux Ivoiriens un mécanisme permettant à chacun d’avoir la chance d’accéder aux documents d’identification, mais aussi d’organiser des élections inclusives et transparentes. Ce sont là les exigences auxquelles la Côte d’Ivoire s’est sacrifiée en procédant à l’identification de la population pour doter les Ivoiriens de leurs pièces d’identité, et leur permettre en même temps de s’inscrire sur la liste électorale pour participer à des scrutins de sortie de crise.

Entre la possibilité de faire séparément les opérations, il a été opté, pour gagner du temps et minimiser les coûts, de jumeler l’identification et le recensement électoral. Une démarche qui, de l’avis de Robert Mambé, a facilité le règlement des différents problèmes et permis à tout le monde de s’assurer de la transparence du processus engagé. C’est ainsi que le gouvernement a passé des contrats avec des opérateurs techniques, notamment la SAGEM Sécurité, une société privée, et une autre à statut étatique, l’Institut national de la statistique (INS », et dont la mission dans le processus du recensement électoral est sous la tutelle de la CEI.

Quant à la supervision et au suivi de l’identification de la population, ils sont assurés respectivement par la Commission nationale de supervision de l’identification (CNSI) et l’Office national d’identification (ONI). Dans la mise en œuvre de ces opérations, la CEI a été confrontée, selon Robert Mambé, à deux problèmes avec les préalables de l’Accord politique de Ouagadougou suivant lesquels tout requérant à l’enregistrement ou au processus d’identification devrait présenter des extraits ou de jugements supplétifs d’acte de naissance (JUSAN), car, a-t-il précisé, certains Ivoiriens n’en disposaient pas. D’où l’organisation d’audiences foraines pour permettre à ceux qui n’avaient aucun document d’identité d’avoir une expédition signée du juge pour l’identification de la population.

C’est le premier grand défi que la Côte d’Ivoire a dû relever pour pouvoir accomplir l’opération d’identification de la population sur toute l’étendue du territoire. A cela s’ajoute un autre problème qui consistait à résoudre la situation de ceux des Ivoiriens régulièrement répertoriés mais dont les extraits d’actes de naissance ou de JUSAN dans le registre de l’état-civil sont détruits, soit ont disparu ou sont inexploitables. Pour ces cas, il a fallu, a expliqué le président de la CEI, que le gouvernement déploie de gros efforts, avec le concours des bailleurs de fonds, par une opération dite de reconstitution des registres.

C’était là des passages obligés pour donner le maximum de chances à tous ceux qui y participent de réaliser leur désir d’être dans le processus électoral et dans celui d’identification. La non-prise en compte de ces aspects, s’est défendu Robert B. Mambé, peut donner l’impression à certains observateurs de la scène politique ivoirienne que « ça bouge mais ça ne bouge pas, et que ça va devant mais ça va derrière ».

Or, sans ces deux clés en main (l’audience foraine et l’opération de reconstitution des registres), a-t-il poursuivi, il y a des risques que des gens soient « laissés en rade du processus ». Voilà pourquoi, a-t-il expliqué, une fois ces deux obstacles passés, la Côte d’Ivoire a engagé l’opération d’identification de la population et de recensement électoral ayant impliqué plusieurs structures appuyées par plus de 30 000 jeunes qui ont travaillé pendant des semaines. Ce qui a permis à la CEI d’enrôler 6 384 253 personnes sur la base des éléments demandés par l’Accord de Ouagadougou.

Et pour permettre de bien repérer les Ivoiriens sans qu’il n’y ait trop de débats, il a été procédé à des croisements de fichiers qui ont consisté à repérer les Ivoiriens parmi ces 6 384 253 personnes enrôlées, en s’appuyant sur la liste électorale de 2000 dans laquelle tous ceux qui y figurent sont reconnus Ivoiriens d’après l’Accord de Ouagadougou.

Le travail s’est poursuivi avec la constitution de fichiers historiques à partir de l’administration pour mettre en évidence tous les fichiers dans lesquels on a repéré les Ivoiriens et les Etrangers. On a ainsi constitué deux grands fichiers, le fichier historique des Ivoiriens et le fichier historique des Etrangers. La CEI est par la suite passée à une comparaison de ces 6 384 253 recensés avec le contenu des fichiers historiques.

Onze (11) fichiers historiques, a indiqué M. Mambé, ont dû être exploités pour constituer la base de comparaison. Ce qui a permis, après tamisage, de mettre en évidence 5 300 586 Ivoiriens sur le répertoire de 6 384 253, soit plus de 83% des personnes enrôlées pour lesquelles il n’y avait aucune contestation de nationalité.

La liste des 5 300 586 et celle des 1 033 000 tout comme de ceux identifiés dans la base de données « Etrangers » sont affichées depuis le 10 novembre sur la place publique. Ce, afin de permettre à tous ceux qui ne sont pas dans les 5 300 586 ou les doubles enregistrés d’attester avec des documents leur identité ivoirienne.

En d’autres termes, à en croire Robert B. Mambé, la gestion des contentieux, en cours, semble constituer le handicap majeur pour l’avancée du processus électoral en Côte d’Ivoire. A cela, a précisé le président de la CEI, s’ajoutent 42 000 rejets techniques gardés dans leurs bureaux et qui feront l’objet d’un mécanisme de gestion spécifique.

Toute cette démarche, a soutenu M. Mambé, vise à retrouver encore des Ivoiriens potentiels dans les 1 033 000 afin, a-t-il insisté, de « donner la chance à tout le monde de se faire inscrire sur la liste électorale, d’avoir la carte nationale d’identité », pour pouvoir accomplir son devoir civique.

C’est un travail très compliqué et très technique, a-t-il conclu, qui demande beaucoup de sérénité. Le souci de la CEI, selon lui, est d’œuvrer à « permettre à chacun de ces Ivoiriens ou des Ivoiriens potentiels de justifier son statut à travers des mécanismes appropriés ».

Depuis l’affichage, la CEI a établi un document de toutes les anomalies ayant occasionné l’exclusion de certains sur les 5 millions et quelques, et a essayé de trouver des solutions appropriées qui ont été mises à la disposition des commissaires sur le terrain. A titre illustratif, pour une personne qui a été enrôlée deux fois avec la même pièce, seul le premier enrôlement est pris en compte. S’il s’agit d’une pièce utilisée par deux personnes pour se faire enrôler, ce dossier est laissé à l’appréciation du juge.

Robert B. Mambé a invité les observateurs de la scène politique ivoirienne à croire à la bonne fois de son équipe. Car la CEI travaille dans un esprit de consensus, de respect des personnes en face d’elle, de souci pour la préservation de la cohésion nationale, d’aller rapidement aux élections, et d’avoir des scrutins transparents qui ne souffrent d’aucune contestation. Tout cela commence d’abord par une liste électorale propre. A cela, le président de la CEI a réaffirmé la volonté de son institution d’avoir des élections transparentes, consolidées par une certification internationale.

La probité morale, intellectuelle voire spirituelle leur commande, a-t-il lancé tout serein, que le travail se fasse dans la plus stricte transparence et la clarté la plus totale pour des consultations dignes qui s’appuient sur, entre autres critères, « des élections inclusives, l’accès équilibré des candidats aux médias d’Etat, une liste électorale propre, des élections sans violence, et une proclamation des résultats rigoureuse ».

Les journalistes ont vainement tenté d’arracher à Robert B. Mambé une nouvelle date probable de la présidentielle, après le report du 29 novembre dernier. Il est resté dans sa fourchette de la période de février – mars 2010. A la question de savoir si la grève des greffiers (Ndlr : suspendue depuis hier) n’allait pas jouer sur le respect du nouveau rendez-vous électoral, le président n’a pas convaincu plus d’un d’entre nous.

Il s’est contenté de dire qu’il a toujours fait remarquer aux confrères ivoiriens qu’au lieu de se demander chaque fois qu’une date fixée a été repoussée, de chercher à savoir si les mesures d’accompagnement prévues ont été suivies. Car chaque fois que la CEI fixe une échéance, cela est toujours assorti de conditions.

A titre d’exemple, les clauses en 2008, notamment la mise en place des moyens financiers, l’achèvement de l’opération de reconstitution des registres et des audiences foraines, la sécurisation, le déploiement de tous les juges sur toute l’étendue du territoire pour le traitement du contentieux électoral..., n’ont pas été respectées. S’agissant de la date du 29 novembre, il avait été convenu de l’achèvement de l’opération d’identification de recensement électoral le 5 juin 2009.

Pour des raisons de consensus politique, a dit M. Mambé, il a été demandé d’arrêter au plus tôt le 30 juin au lieu du 5 juin initialement prévu. Résultat, trois semaines avaient été déjà broyées par le délai supplémentaire d’identification que la CEI s’était donné. Par ailleurs, le fonctionnement des centres de coordination où les traitements se faisaient avait été bloqué pendant un mois par des grèves d’agents de certaines structures autres que la CEI.

Pour ce qui est de la grève des greffiers, Robert Mambé appelle les différents acteurs à prendre chacun ses responsabilités pour que des facteurs exogènes n’influent pas sur le calendrier électoral.

D’Abidjan, Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga

jeudi, 19 novembre 2009

Embargo sur les armes en Côte d’Ivoire : A quoi joue le Burkina ?

mercredi 18 novembre 2009

Le dernier rapport du comité de suivi des sanctions en Côte d’Ivoire met le Burkina Faso à l’index. Les Forces nouvelles seraient en train de se réarmer avec des armes qui proviendraient du Burkina Faso. Le rapport publié en septembre dernier est tout à fait embarrassant pour le facilitateur.

C’est un texte qui fait déjà du bruit, même si le gouvernement burkinabè, comme à son habitude, garde le mutisme. Publié en septembre d’abord dans une version anglaise, la traduction en français de ce texte est disponible depuis mi-octobre. Le rapport des experts traite de façon générale de la violation de l’embargo sur les armes qui frappe la Côte d’Ivoire depuis 2004. Le Burkina Faso est épinglé au paragraphe 145 et suivant de la manière suivante : Les experts de l’ONU disent détenir de deux informateurs sûrs ; un haut responsable des Forces nouvelles et un commerçant qui fait des affaires entre le nord de la Côte d’Ivoire et la ville de Bobo-Dioulasso, des informations "cohérentes" et qui "s’étayent mutuellement" selon lesquelles il y aurait des "transferts d’armes et de munitions à partir du territoire burkinabè vers diverses localités du nord de la Côte d’Ivoire contrôlées par les Forces nouvelles". Selon les informateurs de l’ONU, ce transfert se fait en complicité avec des "parties burkinabè" qui agissent "à l’appui des Forces nouvelles".

Ce transfert concerne "des fusils d’assaut et des munitions de petit calibre destinés aux unités des Forces nouvelles présentes dans les villes de Ferkéssédougou et Korhogo". Ces cargaisons sont transportées, depuis Bobo-Dioulasso, par la route avec des camions d’ordinaire utilisés pour le transport du bétail. Les fusils et les munitions sont reconditionnés dans des sacs de riz.

Les experts expliquent le mode opératoire utilisé pour réaliser les transferts. Dans un premier temps, les numéros des armes sont minutieusement effacés. Ensuite les munitions sont sorties de leur carton d’emballage et sont reconditionnées dans des sachets plastiques. Avec les numéros sur les munitions, on ne peut pas remonter aux fabricants, par contre, les informations sur les emballages le permettent. En supprimant les emballages, les responsables du trafic ôtent toute possibilité de remonter aux fabricants.

Les enquêteurs de l’ONU avaient remarqué dans les magasins d’armement des Forces nouvelles, de nombreux sacs de riz et de cacao qui contenaient des munitions. Les informations des informateurs sont donc venus corroborer leurs constations sur le terrain. Un autre constat corroboré ; les numéros de série des fusils d’assaut, notamment les Kalachnikov, avaient été effacés avant expédition. En recoupant les informations et les constations de terrain, les experts arrivent à la conclusion suivante : "Si les numéros de série des armes étaient restés intacts, le seul moyen d’en retrouver l’origine aurait été de consulter les livres des fabricants en vue d’établir quel avait été l’État de réception.

Le Groupe conclut que si elles avaient acquis ces armes au détail sur le marché noir régional, les Forces nouvelles n’auraient guère eu de raisons d’éliminer les numéros de série et certainement aucune de le faire aussi complètement et systématiquement. En revanche, l’implication d’un État, dont les propres armes risquaient d’être retrouvées dans les documents de transfert, est l’explication la plus plausible de la suppression des numéros de série - que l’auteur en soit l’État en question ou les Forces nouvelles agissant sur son ordre".

L’un des informateurs des enquêteurs de l’ONU pense que le dernier transfert des armes au profit des Forces nouvelles daterait de décembre 2008. Les experts, eux, pensent que le transfert n’a jamais cessé. Leur opinion est fondée sur le constat suivant : le 14 février 2009 à Korhogo, lors d’un premier passage, le groupe avait inventorié, dans le dépôt d’armes de l’unité Fansara 110, une des milices des Forces nouvelles, au plus cinq sacs de munitions. Lorsqu’il est revenu, le 10 juin 2009, dans la même salle d’entreposage, il a constaté qu’elle contenait plus de 60 sacs de munitions. Interrogé, le personnel des Forces nouvelles sur place a été incapable de fournir une explication de cette augmentation. Deuxième constat, les experts onusiens notent également la volonté des Forces nouvelles de renforcer leurs capacités militaires en acquérant du matériel de radiocommunication, des véhicules et des articles d’habillement de militaire.

L’enquête de l’ONU met en cause le Burkina Faso sur les effets d’habillement de militaire. Selon les enquêteurs, ces uniformes porteraient la marque d’un fabriquant français, le groupe Mark. Interrogé, ce fournisseur reconnaît avoir vendu ces uniformes qu’"aux ministères de la Défense du Burkina Faso et du Bénin ". Les enquêteurs de l’ONU ont demandé des explications aux deux pays indiqués qui ont répondu qu’ils n’avaient pas transféré d’uniformes aux Forces nouvelles et n’avaient pas non plus enregistré de pertes ou vols d’uniformes.

C’est donc incontestablement un rapport fort embarrassant pour le facilitateur burkinabè même si les experts ne sont pas allés jusqu’à accuser ouvertement le gouvernement burkinabè : "Tout en pensant que certaines parties au Burkina Faso sont impliquées dans le transfert d’armes et de munitions à des unités des Forces nouvelles, le Groupe ne dispose pas de données permettant de lier ces transferts aux autorités burkinabè ". Le gouvernement ne serait pas directement impliqué, mais les enquêteurs insistent tout de même pour dire que "Cela dit, il soutient qu’il y a au Burkina Faso (et en particulier à Bobo-Dioulasso), des entités et des particuliers qui possèdent des intérêts commerciaux dans la région de la Côte d’Ivoire que contrôlent les Forces nouvelles (…) et qui ont donc suffisamment de raisons et de moyens d’aider les Forces nouvelles à acquérir des armes".

Du côté du gouvernement burkinabè, il n’y a pas encore de réaction officielle, mais il semble que l’ambassadeur du Burkina Faso à l’ONU, Michel Kafando, au cours d’une rencontre avec la mission des enquêteurs, aurait exprimé la désapprobation de son pays. Le Burkina Faso indique en effet, qu’il n’a pas été saisi officiellement du rapport avant sa publication et a exprimé sa désapprobation. C’est une position difficilement défendable, puisque les pays ont été régulièrement consultés par les experts et la réponse du Burkina Faso sur l’affaire des uniformes en est une preuve. Selon des informations non officielles, le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso aurait adressé des demandes d’information aux ministères de la Sécurité et de la Défense sur les allégations des experts de l’ONU. A quand le retour d’information ? Et comment ces informations seront-elles traitées ?

Il reste que la position de Blaise Compaoré dans ce dossier n’est pas enviable. Il ne peut pas être facilitateur dans un conflit fratricide et dans le même temps son pays se distingue régulièrement comme celui qui viole l’embargo. Nous disons pays, parce que les opérations incriminées sont attestées comme provenant du Burkina Faso. Les acteurs sont désignés comme étant des "entités" et des "particuliers" qui ont des intérêts dans la zone des Forces nouvelles. Le Burkina Faso, certes, ne contrôle pas totalement ses frontières, mais il est reconnu comme l’un des Etats de la sous région qui a la pleine maîtrise de son territoire. Des opérations de l’envergure de celles décrites par les experts de l’ONU ne peuvent pas prospérer durablement dans le pays sans que les services compétents ne s’en rendent compte. Surtout que ces transferts se font par la route et avec des camions destinés aux transports du bétail.

En attendant donc la réaction officielle du gouvernement burkinabè pour se faire définitivement une religion sur cette affaire bien malheureuse. En avril dernier déjà, c’était le commandant Fofié, l’un des trois sanctionnés de l’ONU, qui violait l’embargo avec les papiers burkinabè. Maintenant, c’est carrément la totale, puisque le pays sert de tremplin au réarmement des Forces nouvelles à la veille d’une élection présidentielle à haut risque dont l’ONU pense que "toute lutte pour le pouvoir dans le Sud se jouera dans les rues d’Abidjan et des principales villes (…)" L’ONU nous prévient donc d’un probable remake des événements d’octobre 2000 à Abidjan, quand les patriotes avaient investi la rue pour arracher le pouvoir à Gueï pour le donner à Gbagbo. A ce propos, poursuit le rapport de l’ONU, "le gouvernement est bien placé (…) il bénéficie du soutien de grands groupes de miliciens, dont les jeunes patriotes, bien organisés et armés".

Gbagbo aussi se réarme !

Le rapport des experts épingle également le camp Gbagbo qui n’a eu cesse de violer l’embargo sur le réarmement. L’ONU détaille les mécanismes de ce réarmement et les dangers qu’il fait planer sur le processus de sortie de crise.

Les experts de l’ONU pensent que le camp de Gbagbo se réarme de façon massive. L’unité militaire qui est au centre de ce réarmement, c’est la garde républicaine. Les enquêteurs de l’ONU n’ont jamais pu accéder aux installations de cette unité qui serait, de l’avis des autorités de la sécurité de Côte d’Ivoire, une unité vouée exclusivement à "assurer la sécurité du président de la République". Ce que conteste l’ONU parce qu’elle a observé "des unités de la garde présidentielle s’acquittant de fonctions autres que la protection présidentielle dans les rues d’Abidjan (…)

La garde républicaine est une unité militaire, qui relève directement du chef d’état-major des forces armées nationales de Côte d’Ivoire et est donc soumise aux inspections selon les résolutions du Conseil de sécurité". Les méthodes de réarmement de Gbagbo sont complexes. Mais la principale source, ce sont les organismes qui gèrent le cacao et le café. Elles pourvoient en argent et commandent en sous main du matériel qui peut être aussi utilisé en cas de besoin par l’armée. Il y a aussi des structures fantoches de la société civile qui sont également de bonne couverture. C’est le cas du comité national de soutien aux forces de réunification (CONASFOR) qui fait régulièrement des dons à l’armée ivoirienne, sans qu’on ait une idée assez précise de la provenance des fonds de sa générosité.

Révélations inquiétantes

Alors que l’on se focalise sur les raisons qui vont motiver le nouveau report de la présidentielle ivoirienne prévue initialement pour le 29 novembre, le rapport des experts de l’ONU montre en certains de ses points que les protagonistes en réalité ne sont pas intéressés par les élections et ne sont pas prêts à faire les concessions nécessaires pour le retour définitif à la paix.

Le camp de Gbagbo est toujours convaincu que les Forces nouvelles vont finir par imploser. Il pense donc que ce n’est pas la peine de faire des concessions importantes. Pour être en bonne position au moment venu, le camp présidentiel organise et arme ses miliciens. Le redéploiement de l’administration dans le Nord serait une mesure symbolique qui n’indique pas l’imminence de la réunification. Le PDCI/RDA ne voudrait-il pas se laisser surprendre ? Il aurait annoncé, mentionne le rapport onusien, la création d’une milice en juillet 2009.

Le Burkina Faso du Facilitateur de la crise ivoirienne donnerait de véritables raisons de s’inquiéter. Le rapport mentionne, que des intérêts très forts au Burkina Faso ne verraient pas d’un bon œil le retour à la paix en Côte d’Ivoire. Il s’agit des "groupes" qui animent le trafic d’armes et profitent du transit des exportations de cacao des zones sous contrôle des Forces nouvelles. Ces intérêts puissants sont suffisamment identifiés pour que le gouvernement n’agisse pas.

Par Newton Ahmed Barry

L’Evénement

 

vendredi, 23 octobre 2009

Assises nationales de la société civile au palais de la culture / Le ministre Konaté Sidiki: "Si la Côte d’Ivoire brûle, nous brûlons tous"

vendredi 23 octobre 2009 - Par Ministères
cérémonie
de Abidjan.net
mardi 20 octobre 2009 a eu une cérémonie de remise d`ordinateur aux communicateurs citoyens bénévoles à l`hôtel du district d`Abidjan.

"Je suis venu prendre part à ces assises initiées par l’Alliance pour le changement. Nous sommes à une phase décisive de l’histoire de notre pays , à la fin du processus d’identification , nous sommes de plain pied dans la pré-campagne pour les futures élections. Nous savons tous que l’élection a été source de violence en Côte d’Ivoire depuis des années et donc les élections sont sources de stabilisation et d’instabilité.

Propos de Konaté Sidiki : « Si la Côte d’Ivoire brûle, nous brûlons tous »

"Je suis venu prendre part à ces assises initiées par l’Alliance pour le changement. Nous sommes à une phase décisive de l’histoire de notre pays , à la fin du processus d’identification , nous sommes en plein pied dans la pré campagne pour les futures élections. Nous savons tous que l’élection a été source de violence en Côte d’Ivoire depuis des années et donc les élections sont sources de stabilisation et d’instabilité. Il était donc opportun que les l’Ong regroupées dans l`alliancer pour le changement se saisisse de la question de la violence dans le cadre des futures échéances électorale enfin d’engager le débat. Pour avoir un comportement adéquat, une pensée adéquate et pour se comporter selon le code de la bonne conduite que nous avons tous signé afin que avant pendant et après les élections, la Côte d’Ivoire ne tombe dans le chaos et dans la violence. Ce sera encore des années perdues que nous ne souhaitons pas pour la Côte d’Ivoire.Il s’agit de comprendre que chacun doit se comporter de façon responsable. En tirant profit de l’histoire et l’expérience pour s’engager dans un processus électoral responsable. Eviter de tenir de mauvais discours et des mots qui blessent, qui cassent la cohésion sociale, éviter de s’enraciner dans l’ethnocentrisme, dans le tribalisme ou dans la violence militaire ou politique. Prôner donc le bon comportement en temps électoral pour ne pas que la Côte d’Ivoire brûle. Car si elle brûle, nous brûlons tous avec et le temps que nous allons mettre pour sortir de cette situation, va encore nous mettre dans le trou comme le dirait l’autre. Il faut donc rester digne maintenant, aller aux élections et accepter le verdict des urnes dans la transparence "

Service de communication

jeudi, 15 octobre 2009

Côte d’Ivoire : la presse britannique interdite d’évoquer le scandale Trafigura

Il aura fallu 48 heures pour que l’affaire éclate au grand jour, comme le résume Telegraph.co.uk. Sous l’effet d’une « super-injonction » de la part de Trafigura, la presse britannique a été empêchée d’évoquer la question d’un parlementaire au sujet des pollutions causées par la société pétrolière dans la région d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. C’est après une importante mobilisation de citoyens sur Internet, notamment sur la plate-forme Twitter, que le Guardian a annoncé pouvoir désormais en faire état. La liberté de rendre compte des discours et actions des parlementaires figure parmi les valeurs les plus importantes de la presse britannique. - Jeudi 15 Octobre 2009

Source : afrik.com

mercredi, 14 octobre 2009

Football : Equipe nationale de Côte d’Ivoire - Que valent les Eléphants sans Drogba ?

mardi 13 octobre 2009 - Par L'expression
Captain
de Autre presse

L’attaquant vedette de Chelsea, Didier Drogba, force l’admiration par ses prestations avec les Eléphants. A telle enseigne qu’on est en droit de se demander ce que vaut le groupe Ivoire sans son capitaine.


Les réponses sont subjectives mais la question, sans doute, essentielle et pertinente. Que valent les Eléphants de Côte d’Ivoire sans leur capitaine Didier Drogba ? Dans toutes les équipes à tous les niveaux un ou deux joueurs incarnent l’âme du groupe. Ceux-là tirent les autres vers le haut. Dans la sélection ivoirienne, Didier Drogba est cet élément qui symbolise cette personnalité. De par sa hargne et son efficacité hors norme, «Tito» a fini par mettre tout le monde d’accord sur son importance dans cette sélection. Même ses coéquipiers du navire orange ont fini par s’aligner. C’est vrai, DD n’est rien sans le groupe, mais le groupe, aujourd’hui, ne vaut pas grand-chose sans lui non plus. Sa carrure, son influence, non seulement rassurent ses partenaires mais mettent à mal les adversaires. Psychologiquement, c’est un atout pour le groupe et un élément déstabilisateur pour la partie adverse. Les défenses des adversaires des Pachydermes sont plus ou moins tranquilles en son absence. Car avec le tueur des Blues, le danger est permanent et imprévisible. Mais, cela ne veut pas dire que la sélection ivoirienne n’a pas de moelle épinière sans Drogba. Et que les autres membres de l’équipe, qu’ils soient attaquants, défenseurs ou milieux de terrain, ne sont que des faire-valoir. Loin de là. Car le football n’est pas du tennis encore moins la boxe où la performance est individuelle. Didier Drogba a simplement su se fondre dans un groupe où il a fini par se rendre important, voire indispensable par moments. Dispensée des tours préliminaires des éliminatoires de la Can et du Mondial 2010, la Côte d’Ivoire a disputé les six matches matches (allers et retours) du deuxième tour de cette compétition sans Sir Drogba. L’attaque a inscrit 10 buts en six sorties. Au 3ème tour avec Drogba, les Eléphants ont marqué 16 buts dont six à son actif. Il a scoré 6 fois en 5 matches. Au-dessus de la moyenne. La sélection peut jouer et joue même sans son artificier Didier Drogba. Seulement, il lui manque cette flamme et cette influence sans lui. Un peu comme l’équipe de France sans Zidane.
> Par Tibet Kipré

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