lundi, 23 juillet 2012

JO 2012

Le Sud-Soudanais Marial sans pays

Guor Marial ne pourra pas défendre les couleurs du Sud-Soudan à Londres, son pays n'étant pas reconnu par le CIO. Il portera donc les couleurs olympiques.


Guor Marial va courir le marathon des JO de Londres sous la bannière olympique. (Reuters)

Le marathonien Guor Marial participera bien aux Jeux Olympiques de Londres. Mais le Sud-Soudanais ne défendra pas les couleurs de son pays. Ayant réalisé les minima sur la distance en octobre dernier, le Comité international olympique (CIO) ne pouvait pas l'interdire de s'aligner au départ. Problème : sa nation, indépendante depuis seulement 2011, n'est pas encore reconnue dans les statuts du CIO. Il a donc été décidé que le coureur défilerait lors de la cérémonie d'ouverture avec le drapeau olympique. Et si d'aventure, il venait à remporter l'or, c'est là encore l'hymne olympique qui serait joué pour son podium.
 
«Je ne peux pas honorer et glorifier un pays qui a tué mon peuple.»C'était la seule solution possible pour lui permettre de participer à l'événement. Pendant la guerre du Soudan, Marial avait fui le pays à l'âge de 11 ans, pour se réfugier avec sa famille aux Etats-Unis. Mais il ne possède pas la nationalité américaine. Or pour lui, il était totalement impossible de courir pour le Soudan. «Jamais», a-t-il témoigné sur CNN. «Cela aurait été une trahison. J'ai perdu 28 membres de ma famille pendant cette guerre, a-t-il expliqué. Des millions de personnes ont été tuées par les forces soudanaises. Je ne peux que pardonner, comme je ne peux pas honorer et glorifier un pays qui a tué mon peuple».

Les précédents ex-URSS et Timor oriental

 
Dans l'histoire des Jeux, ce n'est pas la première fois qu'un athlète participera sans aucune bannière nationale. Car en 1992, à Albertville puis à Barcelone, tous ceux de l'ex-Union soviétique avaient déjà été rassemblés sous le fanion olympique. Puis en 2000 également, à Sydney, ceux du Timor oriental, dont le pays luttait à l'époque pour son indépendance, avaient porté des uniformes blancs unis, sans aucune mention à leurs anciennes couleurs traditionnelles.

mercredi, 06 juillet 2011

Candidature olympique de 2022

Publié le 06 juillet 2011 à 05h00 | Mis à jour à 06h28

Candidature olympique de 2022: Québec abandonne la course

Les élus de Québec ne ressentent pas de... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Les élus de Québec ne ressentent pas de ferveur chez leurs concitoyens, indique la conseillère municipale Julie Lemieux.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) Oubliez une candidature de Québec pour décrocher les Jeux olympiques de 2022. La Ville préférerait investir ses ressour ces ailleurs, notamment du côté de l'amphithéâtre et du futur théâtre de Robert Lepage.

La capitale ne sera pas de la prochaine course afin de gagner les JO d'hiver? «En 2022, non», tranche la conseillère municipale Julie Lemieux, membre du comité exécutif de la Ville, en entrevue avec Le Soleil. «Ce n'est pas dans les plans, mais on va voir les choses aller pour la suite.»

Le projet serait donc abandonné pour 2022, mais Québec pourrait se lancer ultérieurement, une fois son dossier étoffé. «Peut-être, on verra, on va voir comment les astres se positionnent. L'objectif, c'est peut-être d'avoir plus d'équipements avant de se lancer dans cet­te course-là.»

Les troupes du maire Régis Labeaume redoutent la défaite. «On veut gagner, ajoute l'ancienne journaliste. Si on se présente, on ne veut pas perdre. On ne veut pas manger une volée! [...] Ce n'est pas facile à prendre. On l'a vécu deux fois. J'étais aux premières loges à ce moment-là et ç'a été dur pour les citoyens de Québec de perdre ça. Il faut s'organiser, le plus possible, pour avoir une candidature très solide si on se présente. C'est pour ça que pour cette fois-ci, c'était trop rapide.»

Aujourd'hui, le Comité international olympique (CIO) dévoilera l'élue pour la présentation des XXIIIe JO d'hiver, qui se dérouleront en 2018. La lutte pour 2022 s'intensifie donc lentement mais sûrement. Sauf que les élus de Qué­bec ne ressentent pas de ferveur chez leurs concitoyens. Ils préfèrent donc passer leur tour.

«Il faut avoir l'adhésion de la population, note Mme Lemieux. Je ne suis pas sûre qu'on l'a tant que ça. Il faut être sûr que les gens sont derrière nous... Et on a tellement d'autres projets présentement que là, finalement, je pense qu'on est mieux de se concentrer sur ça.»

«On continue à travailler sur la ville en général, enchaîne la con­seillère municipale. Tout ce qu'on fait, ça va pouvoir servir éventuellement si on décide de poser notre candidature.» Bien entendu, au sommet de la liste des priorités d'Équipe Labeau­me, trône la construction tant désirée par la mairie d'un nouvel amphithéâtre.

Le projet de complexe artistique le Diamant, piloté par la compagnie de Robert Lepage, y figure également. «L'objectif, c'est de revitaliser place D'Youville, qui en a bien besoin. [...] C'est la porte d'entrée du Vieux-Québec, c'est le coeur de la ville. On veut vraiment redonner ses lettres de noblesse à ce coin-là.» En plus, le projet serait bien moins dispendieux que le quartier des spectacles de la métropole, plaide la responsable des dossiers culturels au sein du comité exécutif.

mercredi, 21 avril 2010

Mort de Juan Antonio Samaranch

"Nous devons constamment étendre la capacité du sport à ouvrir l’âme des jeunes" – Juan Antonio Samaranch s'exprimant sur l’Olympisme

 


"Veiller à servir le sport, pas à se servir du sport. L’argent créé par le sport doit retourner au sport. Le sport doit rester maître de son propre destin. L’Olympisme est un guide, pas une contrainte." Telle était l’une des maximes chères au défunt président d’honneur du CIO, Juan Antonio Samaranch. Voici quelques-unes des réflexions sur l'Olympisme de cet homme qui a profondément marqué l’histoire du Mouvement olympique à la fin du 20e siècle.


Image ©IOC


"Le Mouvement olympique ne doit plus être un aimable thème de déclarations et de conférences, mais une réalité galvanisante, apte à vaincre les défis de la mauvaise politique, des ambitions et des haines." (1980)

"Le Mouvement olympique a, depuis sa création, en 1894 à Paris, traversé bien des orages et de nombreuses crises et chaque fois, il en est sorti vainqueur et renforcé. Vainqueur parce que l’idée olympique est généreuse et dépasse de très loin les intérêts particuliers et égoïstes." (1980)

"Le CIO est convaincu que seul un front commun permettra de lutter efficacement contre ce fléau (ndlr. dopage), en particulier par l’instauration d’un contrôle efficace et crédible  pendant les périodes d’entraînement des athlètes, où qu’ils soient." (1981)

"Le sport moderne ne peut plus prétendre en effet remplir le rôle qu’il s’est assigné s’il cède à la tendance actuelle, celle de la fraude dans tous les domaines. La fraude est l’antithèse de l’esprit sportif, et en particulier de la loyauté et du fair-play. Prenons garde que les dangers qui menacent actuellement très gravement cet esprit ne finissent par l’emporter. La violence, la tricherie, le dopage, les excès de toutes sortes, s’ils deviennent la règle, détourneront naturellement des stades et de la pratique du sport une jeunesse éprise d’absolu et d’idéal." (1981)

"Dans la situation actuelle, caractérisée par de vives préoccupations relatives à la paix, le sport offre aux hommes un instrument précieux pour combattre l’aliénation de notre société. Il représente un moyen d’unir la jeunesse du monde en favorisant la connaissance et le respect de l’autre, de tous les autres; et donc en définitive la paix et la fraternité." (1982)

"Le Mouvement olympique, comme toute activité humaine, doit naturellement subir les contrecoups des secousses ébranlant la société, et tout particulièrement la situation internationale. Notre rôle et notre utilité sont de favoriser le rapprochement entre les peuples, la connaissance des autres et, partant, le respect mutuel." (1984)

"Si nous ne savons pas oublier nos différences, faire fi de nos préjugés et de nos préférences personnelles, si nous nous préoccupons plus de nos intérêts particuliers que de l’intérêt général, le mouvement sportif international aura vécu." (1986)

"Comprendre et accepter l’évolution nécessaire de l’Olympisme est de la plus extrême importance. Nous ne devons pas nous soumettre aveuglément à des dogmes que nous nous serions imposés, mais au contraire chercher à percevoir l’évolution des sociétés dans lesquelles nous vivons pour apporter à notre Mouvement les corrections régulières qu’il nécessite." (1986)

"L’apartheid est un phénomène politique et social incompatible avec l’idéal olympique et qui préoccupe le monde entier. Nous devons tous lutter en vue de son élimination tout en restant à l’écoute des Africains qui doivent, cet objectif réalisé, nous dire quand et comment l’Afrique du Sud pourrait revenir dans la communauté sportive internationale, de laquelle le Comité International Olympique avait été la première organisation à l’exclure." (1988)

"Nous ne sommes pas des idéalistes perdus dans leurs rêves. Nous avons de par nos responsabilités les pieds solidement ancrés dans la réalité. Nous n’ignorons ni nos faiblesses, ni nos imperfections, ni les dangers qui nous guettent." (1988)

"L’Olympisme de Coubertin adapté aux conditions de notre époque peut, à travers la pratique du sport telle qu’il l’entend, s’affirmer comme un lieu de culture et d’humanisme, une plaque tournante qui conduit vers la paix." (1990)

"Seuls, nous ne réformerons ni l’homme ni la société. […] Le Mouvement olympique a peut-être une chance unique, dans le désarroi actuel, de pouvoir démontrer dans les faits qu’il  est l’une des grandes et bienfaisantes forces sociales de notre temps, qu’il met partout et en permanence le sport tel que nous le concevons au service de la communauté humaine." (1990)

"Ce sont les liens noués sur les stades et dans les villages olympiques qui demeurent, pour beaucoup, le meilleur des souvenirs de jeunesse. Ils ne sont pas étrangers à l’évolution que traverse le monde, au vent de liberté qui secoue les peuples. […] Nous devons respecter, et nous le faisons, les opinions extrêmement diverses qui peuvent naître à notre égard. Cependant, nous refusons et nous lutterons toujours contre la jalousie et l’hypocrisie qui poussent certains à tenter de détruire ce qu’eux-mêmes n’ont pas su construire." (1992)

"Comme vous le savez, le président du CIO est le véritable chef d’un orchestre symphonique, dont la responsabilité est d’harmoniser la sonorité et le rythme de chaque membre jouant de son propre instrument." (1993)

"Nous n’avons pas la prétention de vouloir régler les problèmes auxquels notre société est confrontée. Mais nous avons la responsabilité, conformément à nos principes fondamentaux, de faire le geste, de prendre des initiatives, d’agir en fonction de nos  moyens et préoccupations et d’évoluer dans l’espace qui nous est naturel." (1994)

"Pour les pays confrontés à des problèmes socio-économiques, voire politiques, l’éducation physique et sportive ne figure pas sur la liste des priorités. C’est à cette vérité qui nous interpelle qu’il faudra songer en définissant une politique de coopération conséquente pour réduire les inégalités qui existent entre les pays industrialisés et ceux en développement." (1995)

"Nous devons constamment étendre la capacité du sport à ouvrir l’âme des jeunes aux relations d’amitié cordiale et de respect réciproque en les initiant à des formes de confrontation loyale et en les prémunissant contre toute tentation de se livrer à des actions injustifiées ou violentes." (1995)

"Uni par et pour le sport, le Mouvement olympique peut et doit se mobiliser pour apporter son concours à la protection de la planète Terre et au bien-être de l’humanité." (1995)

"Changer le monde passe nécessairement par une transformation des êtres humains, et sans doute est-ce là qu’intervient le rôle philosophique du sport, de tendre vers un idéal de développement intégral de l’individu, idéal dont l’Olympisme serait la force motrice." (1996)

"Notre politique d’aide au développement n’est pas une politique de promesse, mais une réalité qui traduit parfaitement les principes fondamentaux contenus dans la Charte olympique. L’universalité des Jeux Olympiques doit être respectée et maintenue tout en affirmant la vocation culturelle de l’Olympisme et en améliorant constamment le niveau des compétitions avec les meilleurs athlètes du monde entier." (1996)

"Notre devoir est d’être au service des athlètes, de les placer sur un pied d’égalité, quel que soit le système économique ou politique qui est le leur, de contribuer à leur indépendance, d’encourager leur développement et de combattre toute forme de discrimination qui pourrait entraver leur épanouissement et leur intégration sociale." (1997)

"Les Jeux Olympiques sont uniques et doivent le demeurer. C’est pour cela, que nous devons étudier les voies et les moyens pour protéger les Jeux Olympiques, et augmenter si possible leur prestige, pour qu’ils restent comme le plus grand événement du monde et la plus grande fête de la société contemporaine."

"Nous avons dû ménager de nombreux intérêts et points de vue afin de parvenir au consensus qui était nécessaire pour permettre au Mouvement de progresser et de s’élargir." (1999)

"L’Histoire nous enseigne que les jeux faisaient partie des activités de l’humanité depuis la nuit des temps. L’héritage culturel des différents peuples témoigne de leur richesse et de leur diversité. […] Le sport doit aider à former des femmes et des hommes éclairés et capables d’initiative généreuse en faveur de la société. Le fair-play, des vainqueurs et des vaincus, est un élément qui invite à pratiquer la vertu de la justice." (1999)

"Oui pour des réformes nécessaires afin de consolider le Mouvement olympique, sans abdiquer nos convictions. […] Oui pour des réformes qui protègent l’universalité, l’importance et le prestige des Jeux Olympiques, ainsi que l’indépendance de notre institution." (1999)

"Aucun organisme ne peut prétendre trouver une solution universelle à toutes les contradictions et oppositions qui affectent notre planète. […] Face à l’évolution de la société et aux avatars de la politique, le Comité International Olympique ne peut rester immobile et se doit de réagir dans le bon sens – ce qu’il fait – en s’engageant en faveur d’une culture de la paix et du bien-être de la société." (1999)

"Le sport est une école de justice, de démocratie et des droits de l’homme. Les premières règles que l’on apprend, en toute liberté, ce sont les règles liées aux jeux et aux sports. Par ailleurs, le sport, langue universelle, crée en toute circonstance l’unité nationale, le consensus politique, la solidarité et l’entente cordiale."

"L’arme la plus efficace que l’Afrique doit utiliser est l’éducation, qui permettra à ses peuples de développer leurs ressources vitales, la justice sociale, la démocratie, les droits humains, et d’assurer leur bien-être." (2001)