mardi, 27 octobre 2009
Venezuela / Colombie : Caracas accuse Bogota d'espionnage
Par RFI. Article publié le 27/10/2009
Le président colombien Alvaro Uribe (à droite) et son homologue vénézuélien Hugo Chavez, lors du sommet de Santo Domingo le 7 mars 2008.
(Photo: Reuters)
Le Venezuela a accusé lundi la Colombie d'espionnage dans le cadre de l'enquête sur la mort de huit ressortissants colombiens retrouvés morts à la frontière entre les deux pays samedi dernier. « Des agents du DAS ont été repérés en train de se livrer à des travaux de renseignement », indique le communiqué du ministère vénézuélien des Affaires étrangères, sans donner plus de précisions sur cet espionnage présumé de la police secrète colombienne.
Avec notre correspondante à Caracas, Angèle Savino
« Le DAS (services secrets colombiens) a profité de l’enquête sur l’assassinat de huit Colombiens au Venezuela pour enquêter sur notre territoire », affirme le gouvernement vénézuélien.
Depuis la découverte des corps samedi dernier, le président colombien Alvaro Uribe, qui a qualifié cet acte de terroriste, a insisté pour qu’une enquête soit rapidement ouverte, et il a même proposé à son homologue Hugo Chavez que les deux pays collaborent pour arrêter les criminels.
Mais les autorités vénézuéliennes n’ont pas répondu jusqu’à la publication du communiqué. Elles ont par contre affirmé que les enquêteurs avaient découvert sur les lieux du crime des documents qui évoqueraient la préparation d’un grand complot contre le Venezuela, et dont les répercussions pourraient être régionales.
L’enlèvement puis l’exécution de ces vendeurs ambulants colombiens par un groupe armé inconnu survient en pleine crise diplomatique entre les deux pays voisins : le Venezuela a décidé de geler ses relations avec la Colombie en août dernier, suite à la décision d’Alvaro Uribe d’installer sept bases américaines dans son pays.
Le ministre colombien de la Défense a affirmé vendredi, c’est-à-dire trois jours avant le début de sa visite à Washington, que les avions de trafiquants de drogue passaient par le Venezuela pour arriver en Amérique centrale et aux Etats-Unis. Hugo Chavez lui a répondu qu’il était un « attardé mental », avant de se rectifier : « Non, il n’est pas débile, il sait ce qu’il fait, il obéit aux ordres de l’Empire ».
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jeudi, 24 septembre 2009
L’UNASUR victime de la course aux armements
Les pays membres de l’organisation régionale ont bien du mal à s’entendre sur les questions de défense. Chacun se renvoie la balle et accuse l’autre de menacer l’équilibre stratégique régional.
24.09.2009 | Alejandra Clavería | AméricaEconomía
Tendance
“L’accord militaire signé entre le Brésil et la France pour 12,2 milliards de dollars dépasse le budget du Plan Colombie [aide des Etats-Unis à la Colombie] et le total des achats d’armes russes du Venezuela”, rermarque La Nación, du Costa Rica.
Au terme de neuf heures de débats, la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des douze membres de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) s’est à nouveau conclue par un échec. Les participants n’ont pas réussi à trouver un accord concernant le pacte signé par la Colombie et les Etats-Unis, qui autorise l’armée américaine à utiliser sept bases colombiennes pour lancer des opérations contre le trafic de drogue et le terrorisme. Cela avait suscité de nombreuses critiques de la part des voisins de la Colombie. “Cette mise en cause traduit une absence de sensibilité aux problèmes de sécurité qui affectent la Colombie”, s’est indigné le ministre de la Défense colombien, Gabriel Silva. Deux jours après le sommet du 14 septembre, la Colombie a même invoqué cet argument pour mettre en garde les autres membres de l’UNASUR contre son éventuel retrait de l’organisation [le président Alvaro Uribe a ensuite calmé le jeu, déclarant, le 18 septembre, que son pays resterait dans l’organisation].
L’accord Washington-Bogotá provoque des inquiétudes
Selon Gabriel Silva, la réunion qui s’est tenue à Quito, en Equateur, a été tendue et compliquée car les membres se sont limités à mettre en question cet accord de coopération militaire, sans aborder d’autres sujets sensibles pour la sécurité régionale. “Au bout du compte, si les choses ne changent pas et que nous ne voyons pas se manifester une préoccupation de tous vis-à-vis de la course aux armements, du trafic d’armes, du trafic de drogue et du crime organisé, qui sont des questions que se posent les Colombiens, c’est que nous ne sommes que des invités fantoches”, a-t-il ajouté. Les onze autres membres estiment que l’accord militaire entre Bogotá et Washington ne doit pas remettre en cause la souveraineté des Etats sur leur territoire, sous peine de déstabiliser la sécurité et la confiance dans la région. Ils ont de ce fait demandé à la Colombie de leur faire connaître la teneur du texte signé avec les Etats-Unis. Le ministre de la Défense colombien a répondu qu’il ne serait pas divulgué à l’UNASUR tant qu’il n’aurait pas été visé par le Conseil d’Etat. “Nous ne savons rien ni de l’esprit ni de la lettre de cet accord, ce qui est une grande source d’inquiétude pour la région, dans la mesure où il entraîne un renforcement de la capacité stratégique des Etats-Unis en Amérique latine”, a rappelé le vice-président et ministre de la Défense du Venezuela, Ramón Carrizales.
Le président de la Colombie Alvaro Uribe a assuré que l’accord ne permettait pas à Washington de lancer des opérations hostiles contre des pays tiers, mais cela n’a pas suffi à dissiper les inquiétudes. Le président du Venezuela, Hugo Chávez, le plus grand opposant aux Etats-Unis dans la région, estime quant à lui que l’accord américano-colombien représente une menace pour sa révolution bolivarienne et une avancée supplémentaire pour les Etats-Unis dans leur volonté d’envahir son territoire. Une fois l’accord signé, la Colombie sera disposée à en dévoiler les détails à l’UNASUR, à la condition expresse que les autres pays membres s’engagent à leur tour à révéler la teneur de leurs contrats de vente et d’achat d’armes signés avec d’autres pays. “Les pays membres font deux poids deux mesures. Chacun exige la transparence des autres, tout en concluant des accords secrets de son côté. Ceux-ci mériteraient tout autant la transparence. Lorsque la Colombie demande la solidarité de ces pays à propos de certains enjeux d’intérêt régional, notamment la lutte contre le trafic de drogue, ils ne témoignent pas du moindre intérêt”, reconnaît un expert régional. Le ministre de la Défense colombien a assuré que son pays ne se lancerait pas dans une course aux armements, contrairement à certains de ses voisins, et que le matériel acheté était destiné à combattre la guérilla et le narcotrafic. “La région doit s’inquiéter de l’ampleur des dépenses militaires”, insiste-t-il. Il assure notamment que Bogotá modernise des avions et des navires de guerre en service depuis plus de trente ans et n’a pas l’intention d’acheter des armes dans la conjoncture actuelle. “Nous n’allons pas nous laisser tenter par les petits jeux d’intimidation auxquels se livrent actuellement nos voisins”, ajoute Gabriel Silva.
Chávez achète massivement des armes à la Russie
Si l’expression “cou rse aux armements” peut être considérée comme abusive à propos de certains pays (comme le Chili ou l’Equateur) qui ne procèdent qu’à un simple renouvellement de leur vieux matériel de défense, elle est plus adaptée pour le Venezuela. Le président Hugo Chávez a récemment passé avec Moscou un accord de financement en vue de l’achat d’armements d’une valeur de 2,2 milliards de dollars. Le chef de l’Etat vénézuélien avait déjà acheté, en 2005, pour plus de 4 milliards de dollars de matériel militaire (avions, hélicoptères et fusils) à la Russie. Son ministre de la Défense, Ramón Carrizales, assure que “les polémiques sur la course aux armements ne sont qu’un prétexte pour faire oublier la question de l’accord militaire entre la Colombie et les Etats-Unis. Nous possédons un arsenal strictement défensif. Mon gouvernement ne voit aucun inconvénient à le montrer également à l’UNASUR.” Outre le Venezuela, le Brésil a annoncé qu’il allait acheter des avions de combat à la France pour plus de 12,2 milliards de dollars. Pour sa part, la Bolivie a reconnu qu’elle étudiait l’achat d’avions et d’hélicoptères français et russes. Le ministre de la Défense brésilien, Nelson Jobim, dément que son pays se livre à une course aux armements, et réaffirme que les accords militaires avec la France ont pour objectif d’“apporter des compétences” à l’industrie nationale par l’acquisition de technologies de pointe. “Le Brésil ne fait pas ses emplettes comme le Venezuela, qui fait du shopping dans les supermarchés d’armement de la planète”, affirme-t-il. Selon lui, son pays “s’attache avant tout à l’amélioration des capacités nationales. […] De plus, le Brésil doit organiser une ‘préparation stratégique’ pour pouvoir défendre son territoire et ses richesses naturelles.”

19:27 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bolivie, chili, colombie, équateur, usa, unasur
mardi, 08 septembre 2009
Les Farc donnent dix nouvelles preuves de vie de leurs otages
Par RFI. Article publié le 08/09/2009
Une vidéo montre le sergent Beltran, l'un des dix otages pour lesquels les FARC ont envoyé une preuve de vie.
(Photo : John Vizcaino/Reuters)
Dix nouvelles preuves de vie d’otages de la guérilla des Farc ont été présentées lundi 7 septembre par l’armée. La semaine dernière déjà, la sénatrice colombienne, Piedad Cordoba avait fourni noeuf vidéos de prisonniers. Tous font partie d’un groupe de vingt-trois policiers et militaires toujours détenus par la guérilla, et dont les preuves de vie font l’objet d’une véritable guerre politique.
Avec notre envoyée spéciale à Bogota, Zoé Beri
Piedad Cordoba avait annoncé de nouvelles vidéos pour cette semaine. Mais le gouvernement colombien ne voulait visiblement pas que la sénatrice d’opposition s’offre la présence des caméras. L’armée surveillait depuis plusieurs jours les mouvements de l’émissaire de la guérilla, finalement intercepté samedi. L’état-Major a remis les disques aux familles et présenté, par la suite, les images à la presse.
Sans nouvelles depuis parfois six ans
Parmi les otages apparaissent des militaires et des policiers dont les proches étaient sans nouvelles depuis parfois six ans. Les visages extrêmement amaigris, les chaînes autour du cou, et les silences parlent, selon les termes utilisés par commandant en chef de l’armée, du « traitement cruel et dégradant infligé à ses hommes » par la guérilla.
Certains otages remercient la médiatrice pour ses démarches et en appellent à l’intervention du président vénézuélien Hugo Chavez, qui avait permis les toutes premières libérations d’otages début 2008. Deux médiateurs marqués à gauche, devenus indésirables pour Bogota.
Piedad Cordoba, officiellement autorisée par le pouvoir à prendre contact avec la guérilla, demande en vain depuis plusieurs semaines de rencontrer le président Alvaro Uribe pour fixer les conditions de nouvelles libérations.
16:17 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie, farc
samedi, 05 septembre 2009
«Journée anti-Chavez»
Par RFI. Article publié le 05/09/2009
Des milliers de Colombiens se sont rassemblés dans les rues de Medellin pour protester contre le président vénézuélien Hugo Chavez, le 4 septembre.
(Photo : Jose Miguel Gomez/Reuters)
Avec notre correspondante à Bogota, Zoé Beri
« Chavez dehors ! » « Chavez tais-toi ! » ou encore « La Colombie n’a pas peur de toi, la Colombie ne t’aime pas ! ». C’est en scandant ces slogans que les manifestants ont parcouru les rues des principales villes du pays, même si l’affluence n’était pas celle attendue par les organisateurs, les cortèges ont bloqué le centre de Bogota.
L’idée d’une manifestation anti-Chavez avait été lancée il y a quelques semaines par des jeunes Colombiens sur internet. Selon leurs déclarations, ils étaient fatigués des insultes d’Hugo Chavez.
Un appel qui a reçu un large écho notamment après les harangues peu diplomatiques lancées par le chef d’Etat vénézuélien lorsque Bogota a annoncé mi-août l’arrivée de militaires américains sur des bases du pays. Hugo Chavez avait alors traité le gouvernement colombien de traite et enjoint le peuple à rejoindre le socialiste bolivarien, puis il avait annoncé qu’en représailles, le Venezuela gros client de la Colombie, chercherait de nouveaux fournisseurs à l’extérieur et importerait notamment des produits d’Argentine, pays idéologiquement plus proche.
En marge des cortèges anti-Chavez, des manifestants ont protesté, eux, contre le président Alvaro Uribe et la présence américaine.
14:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie, venezuela
lundi, 31 août 2009
Alvaro Uribe a la grippe A

Alvaro Uribe a ressenti les premiers symptômes samedi à son retour du sommet des chefs d'Etat de l'Union de l'Amérique du sud (Unasur), qui s'est tenu vendredi en Argentine, et a subi des examens qui ont confirmé la présence du virus.
En quarantaine
Le porte-parole de la présidence, Cesar Velasquez, a précisé qu'il avait demandé aux autres participants au sommet de l'Unasur s'ils étaient également malades.
>>> Retrouvez tous nos articles sur la grippe A (H1N1) en cliquant ici
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10:44 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie, alvaro uribe, grippe a
mardi, 11 août 2009
La Colombie multiplie les erreurs
En décidant d'ouvrir des bases militaires aux soldats américains, Bogotá a provoqué la colère et l'inquiétude de l'ensemble du continent. D'autre part, en excluant l'Equateur et le Venezuela de sa tournée d'"explications", le président Uribe a encore fait monter la tension. Le 10 août, la réunion de l'Union des nations sud-américaines promet d'être animée.
Par Pedro Medellín Torres | Cambio
© AFP
"Va t'en Uribe" et "Non aux bases Yankee" disent ces pancartes. Une manifestation contre la venue d'Alvaro Uribe, le président colombien, se sont tenu devant le siège du gouvernement argentin à Buenos Aires, 5 août 2009
En offrant aux soldats américains l'accès au territoire colombien pour qu'ils puissent poursuivre les opérations qu'ils menaient sur la base militaire de Manta, en Equateur [sur injonction du président équatorien Rafael Correa, les Etats-Unis ont dû évacuer cette base considérée comme essentielle dans la lutte antidrogue et la dernière dont ils disposaient en Amérique du Sud], la Colombie n'avait pas bien mesuré les effets de cette décision.
Ses dirigeants ont d'abord cru que grâce à cela le gouvernement de Barack Obama reconsidérerait sa décision de réduire les aides militaires à la Colombie et qu'il y aurait un dégel des négociations en vue de la signature du traité de libre-échange. Mais il n'en a rien été. Ils ont ensuite supposé qu'en expliquant que la base n'était pas là pour espionner les pays tiers, l'affaire serait dans le sac. Mais ils se sont encore trompés. Puis, déjà impliqués dans la négociation d'un "accord de principe" militaire avec les Etats-Unis, ils ont supposé que d'alerter la communauté internationale sur le soutien que certains pays pourraient prodiguer aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en leur vendant des armes leur permettrait de justifier l'accord avec les Etats-Unis. [Bogotá accuse Hugo Chávez, depuis le Venezuela, et Rafel Correa, depuis l'Equateur, de fournir des armes aux FARC. Les Colombiens ont notamment fourni des preuves d'un trafic de lance-roquettes d'origine suédoise, dont Hugo Chávez affirme qu'ils auraient été volés dans des dépôts militaires vénézuéliens.] Encore un mauvais calcul. Cela n'a eu aucun résultat. Ils ont finalement estimé que les réticences de la communauté internationale se réduiraient à celles de Chávez et de Correa, lesquels, à cause de leurs liens avec les FARC, s'étoufferaient avec leurs propres objections. Mais, encore une fois, ce n'est pas ce qui est arrivé.
La réaction la plus vive est venue de là où on l'attendait le moins : du président du Brésil, Lula Inácio da Silva, et de la présidente du Chili, Michelle Bachelet. Lors d'une rencontre bilatérale, tous deux ont, en plus de faire part publiquement de leurs inquiétudes face à l'accord militaire, réclamé la convocation du Conseil de défense sud-américain pour aborder la question des bases militaires américaines en Colombie dans le cadre de la réunion de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui se tiendra à Quito le 10 août prochain.
Face à cette proposition, la Colombie a une fois de plus très mal réagi. Le gouvernement a fait savoir, par l'intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, que ni le président Uribe ni son ministre des Affaires étrangères et chef de la diplomatie colombienne, Jaime Bermúdez, n'assisteraient à la réunion de Quito. La réaction n'a pas tardé. Afin de signaler à quel point les pays de la région étaient préoccupés, le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, a déclaré depuis São Paulo : "L'affaire des missiles suédois n'est qu'un épisode mineur à côté de celui des bases militaires." Et, pour écarter tout doute, il a demandé que l'accord [militaire avec les Etats-Unis] soit "mieux expliqué", et il a suggéré que la Colombie offre des garanties à ses voisins quant à la portée de cet accord.
Les déclarations de M. Amorim ont eu l'effet d'un seau d'eau glacée et déplacé le problème sur un autre plan. Pour les pays sud-américains, à l'exception peut-être du Pérou, cette décision de céder des bases militaires aux Etats-Unis est devenue un facteur de déstabilisation régionale. "Ce sont des troupes étrangères", a dit le président Lula. "Nous discuterons avec Obama", a-t-il fermement ajouté.
Les pressions de Brasília et de Santiago ont été si fortes qu'elles ont obligé le président Uribe à entreprendre une tournée éclair en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Paraguay, au Pérou et en Uruguay afin d'expliquer les termes de "l'accord de principe" avec les Etats-Unis. Et pourtant la crise politique au sein de la coalition gouvernementale imposait sa présence à Bogotá !
Il est évident qu'en agissant de la sorte Uribe cherche à atténuer les pressions du Chili et du Brésil pour que la Colombie comparaisse devant le Conseil de défense sud-américain où, en outre, il souhaite éviter d'avoir à se justifier devant Chávez et Correa. Le pari est risqué. A l'exception du Pérou, la Colombie n'a aucune garantie que les autres pays de la région, bien qu'ils puissent se déclarer satisfaits des explications de la Colombie, seront disposés à écarter la question lors de la réunion du Conseil de défense sud-américain.
Pour ces raisons, il ne serait pas surprenant que l'un ou l'autre de ces deux scénarios se produise lors de la réunion de Quito :
- Les membres du Conseil de défense sud-américain décident de s'adresser directement au président Obama pour exprimer leurs préoccupations face aux conséquences sur la stabilité régionale de la cession des bases militaires et, par ailleurs, chercher un compromis en négociant directement avec le gouvernement américain et les membres de l'UNASUR quant aux implications de la présence américaine en Colombie.
- Les pays membres se déclarent en état d'alerte à cause de la présence de troupes étrangères sur le continent et obligent les Etats-Unis à réagir. A l'heure actuelle, l'influence des pays d'Amérique du Sud est trop importante, notamment dans leurs relations avec des pays comme la Russie et la Chine, et le leadership du Brésil est trop fort pour que les Etats-Unis restent indifférents.
Pour le moment, ce qui est certain, c'est que la décision d'Uribe d'exclure l'Equateur et le Venezuela de sa tournée d'"explications" risque d'amplifier les tensions entre la Colombie et ses voisins. Par conséquent, il ne serait pas étonnant que Caracas et Quito annoncent des mesures plus strictes à l'intention de la Colombie, rendant encore plus complexe la situation. Pour la politique extérieure colombienne, les temps à venir seront durs. Le pays n'a jamais été dans une situation diplomatique aussi désespérée.
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mercredi, 29 juillet 2009
Le Venezuela gèle ses relations diplomatiques avec la Colombie
REUTERS | 29.07.2009 |
Par Raymond Colitt
CARACAS (Reuters) - Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé qu'il rappelait son ambassadeur en poste à Bogota et gelait les relations diplomatiques entre Caracas et la Colombie.
"J'ai donné l'ordre de rappeler notre ambassadeur en poste à Bogota, de rappeler notre personnel diplomatique", a dit le numéro un vénézuélien. "Nous allons geler nos relations avec la Colombie", a-t-il enchaîné.
Le Venezuela remplacera en outre ses importations en provenance de Colombie par des produits venant d'ailleurs, a-t-il ajouté, au cours d'une réunion avec ses plus proches collaborateurs, retransmise à la télévision.
Le Venezuela se tournera ainsi davantage vers le Brésil, l'Equateur, la Bolivie et d'autres pays pour ses importations de produits manufacturés et de produits agricoles. "Nous pourrions fermer le gazoduc (en provenance de Colombie)", a dit le président vénézuélien.
Les autorités colombiennes n'ont pas réagi pour l'instant.
L'annonce du gel des relations par Chavez relance la tension dans une région qui s'était retrouvée au bord d'un conflit armé quand le Venezuela avait massé des troupes à sa frontière avec la Colombie après le bombardement d'un camp de la guérilla des Farc dans la jungle d'Equateur, en mars 2008.
Hugo Chavez a fait cette annonce mardi alors que la veille, la Colombie avait affirmé que certaines armes achetées par le Venezuela en Suède avaient été retrouvées par la suite entre les mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
CHANTS, GÂTEAUX ET CADEAUX
Le vice-président colombien Francisco Santos a déclaré lundi que son gouvernement cherchait à déterminer comment des armes antichars avaient pu parvenir aux Farc. Chavez a répliqué que les accusations de collusion entre la guérilla et Caracas dans ce domaine étaient sans fondement et relevaient d'une "grosse manipulation".
Les Farc, a-t-il dit, ont obtenu ces armes de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Russie et Israël, mais la Colombie a choisi de montrer du doigt le Venezuela.
Chavez s'est plaint de l'intention de la Colombie d'accueillir davantage de troupes américaines sur son sol pour lutter contre les trafiquants de drogue, estimant qu'elles représentaient une menace pour le Venezuela.
"Le gouvernement colombien montre bien qu'il ne se soucie en rien de ses relations avec le Venezuela", a-t-il dit.
Pour certains observateurs, Chavez essaie peut-être là de refaire l'unité autour de lui pour enrayer la baisse de sa popularité, au moment où les revenus pétroliers de son pays sont en baisse, ce qui tend ses finances publiques.
Le chef de l'Etat craint qu'après les législatives prévues l'an prochain, il ne dispose plus de la majorité des deux tiers nécessaire pour l'adoption de certaines lois essentielles, déclarent des politologues.
Après l'annonce sur le gel des relations avec Bogota, Chavez a poursuivi sa réunion ministérielle télévisée. Etaient prévus des chants et des gâteaux, pour fêter son 55e anniversaire. Des cadeaux lui ont été remis, parmi lesquels une épée en or offerte par le vice-Premier ministre russe Igor Sétchine.
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mardi, 14 juillet 2009
Colombie / Justice et paix : beaucoup de crimes, peu de criminels
Par RFI. Article publié le 14/07/2009
On commence à mesurer l'ampleur des crimes commis par les paramilitaires d'extrême droite durant les années de guerre contre les guérillas. Selon le procureur chargé d'instruire ces crimes dans le cadre de la très controversée loi Justice et paix, 21 000 homicides ont déjà été avoués par les paramilitaires. Mais le magistrat ajoute, dans une interview à l'AFP, que ce chiffre considérable n'est que la pointe de l'iceberg.
Les paramilitaires de la guérilla d’extrême droite, ici à Tibu, ont déjà reconnu 21 000 assassinats.
(Photo : AFP)
Le bilan est à la fois impressionnant et mince, à en croire Luis Gonzalez, le procureur en charge de ce dossier. Les paramilitaires démobilisés ont reconnu 21 000 assassinats, et leurs confessions ont permis de localiser 1 906 fosses communes et d'y retrouver les corps de 2 400 victimes. Mais, a admis le magistrat, ce n'est certainement qu'une partie de l'ensemble des crimes imputables à ces milices constituées dans les années 1980 pour lutter contre les guérillas d'extrême-gauche, dont les FARC.
Les sanctions, si légères soient-elles, ne sont prononcées qu'au compte-gouttes, puisqu'une seule personne a pour l'instant été condamnée et que quatorze autres sont en attente de jugement.
Ces réserves, on les retrouve au centuple chez les associations de victimes, qui ont toujours reproché à la loi Justice et paix d'être une forme d'amnistie pour ceux dont la collusion avec l'armée et la classe politique était avérée.
21:26 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie, justice, paix
mercredi, 15 avril 2009
Colombie : Un responsable des FARC sous les verrous
Source : RFI, Article publié le 15/04/2009
Un dirigeant présumé de la guérilla colombienne des FARC, a été arrêté lundi. Ignacio Leal 34 ans, un des « principaux objectifs du département de la justice des Etats-Unis » est accusé par Washington de coordonner les opérations de trafic de drogue au sein de l'organisation.
L’arrestation jeudi dernier d’Ignacio Leal, alias « Camilo, le Borgne », était passée inaperçue. Des petits chefs guérilleros, la police colombienne en arrête souvent et à Bogota, personne n’avait jamais entendu parler de ce guérillero, de 34 ans, à qui il manque un œil.
La presse a réagi lundi en apprenant que l’homme figurait sur la liste noire de Washington.
Dans l’est du pays, « Camilo, le Borgne » était en revanche bien connu des autorités. Selon la police locale, il gérait pour le compte des FARC, tout le trafic de drogue vers le Venezuela. Et les deux mille hectares de culture de coca sous son contrôle représentent une production annuelle de 17 tonnes de cocaïne, dont la valeur sur le marché américain est évaluée à 420 millions de dollars.
La drogue continue de remplir les caisses de la dernière grande guérilla marxiste d’Amérique Latine. Toujours selon la police locale, ce sont les informations fournies par un indicateur qui ont permis l’arrestation du chef guérillero. L’histoire ne dit pas si le million de dollars promis par les Américains lui sera versé.
14:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie, farc
vendredi, 13 février 2009
Colombie : Montée de violences meurtrières
Source : RFI (Article publié le 13/02/2009)
Blessé dans l'attentat de la ville de Convencion où sept personnes ont perdu la vie, cet homme est transporté dans un centre médical, le 12 février 2009.
(Photo : AFP)
Avec notre correspondante à Bogota, Zoe Beri
C'est sur la foi d'un appel anonyme, dénonçant 2 assassinats, que la police s'est rendue sur les lieux de l'embuscade. Les explosifs ont été activés lorsque la patrouille est arrivée sur place, tuant les policiers et les curieux qui se trouvaient là.
Cette embuscade marque une recrudescence des attaques attribuées à la guérilla, qui ont coûté la vie à une quarantaine de personnes ces derniers jours.
Lundi 6 militaires ont été tués dans le sud de la Colombie. Le même jour, le pays apprenait que 18 Indiens avaient été massacrés, apparemment par les Farc, près de la frontière avec l'Equateur.
«La couleuvre n'est pas morte»
Ce regain de violence pourrait correspondre à l'ordre donné au début de l'année par le nouveau chef des Farc, Alfonso Cano, de repartir à l'offensive, après une année 2008 désastreuse pour le groupe armé, qui a perdu certains de ses dirigeants les plus importants.
Pour le pouvoir, les FARC jouent un double jeu. En libérant 6 otages, la semaine dernière, dont ses deux derniers otages politiques, la guérilla aurait voulu redorer son image, mais ne serait pas prête à négocier. «La couleuvre n'est pas morte», avait prévenu le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.
10:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colombie






