mardi, 05 janvier 2010

Etats-Unis

Etats-Unis : cinq pays africains visés par le renforcement du contrôle des passagers

 

Un passage au scanner corporel, à Los Angeles en 2008Un passage au scanner corporel, à Los Angeles en 2008© AFP


Washington a publié la liste des pays dont les passagers devront subir des contrôles renforcés, après l’attentat manqué du 25 décembre. Cinq des quatorze pays visés sont africains.


Des millions de voyageurs africains vers les Etats-Unis vont subir les conséquences de l’attentat manqué du 25 décembre 2009 sur le vol Amsterdam-Detroit.


Dans les aéroports, des procédures spécifiques pour les passagers de quatorze pays, dont cinq africains ont été dévoilées dimanche 3 janvier, alors même que les Etats-Unis annonçaient l’assouplissement des mesures exceptionnelles de contrôle pour les passagers provenant des autres pays, qui avaient été prises peu après l’attentat manqué perpétré par le jeune nigérian Umar Farouk Abdulmutallab.


13 pays musulmans sur 14

 

Sur le continent, l’Algérie, la Libye, le Nigeria, et la Somalie font partie la « liste grise » américaine. L’Iran, le Soudan, la Syrie et Cuba (seul pays non-musulman de la liste), désignés par Washington comme « soutiens du terrorisme », sont aussi visés, ainsi que l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, le Liban, l’Iraq, le Pakistan et le Yémen. Parmi les quatorze pays cités, treize sont à majorité musulmane.


Palpation de l’ensemble du corps

Les ressortissants de ces quatorze États - même ceux résidants aux Etats-Unis ou en provenance d’autres pays -, comme tous les passagers venant directement des pays listés et ceux qui y ont transité sont concernés par les nouveaux contrôles. Ceux-ci incluent notamment des palpations sur l’ensemble du corps, ainsi qu’une fouille renforcée des bagages à main.

 

Dans les pays suffisamment équipés, ils devront aussi passer par des « scanners corporels » qui permettent de voir à travers les vêtements. Des détecteurs de traces d’explosifs seront aussi employés.


Contrôle au faciès

 

En réalité, c’est la délicate question du contrôle au faciès qui se pose. Légalement impossible à mettre en œuvre de manière systématique, elle a cependant le vent en poupe chez les conservateurs américains.

 

« L'immense majorité des musulmans sont des gens fantastiques, a récemment argué Peter King, représentant républicain de l'Etat de New York sur la chaîne Fox News. Mais 100% des terroristes islamistes sont musulmans, et ce sont nos ennemis aujourd'hui. Alors, même s'il ne faut pas adopter la religion comme critère de contrôle, nous ne devrions pas non plus reculer et exclure (les musulmans) des listes » des personnes surveillées, a-t-il conclu.

 

Poussé à la fois par son opinion publique mais aussi par le parti républicain, Washington s’est donc résolu à adopter la solution du contrôle en fonction des origines géographiques.

jeudi, 23 avril 2009

Imbroglio autour d'un éventuel rachat de Continental-Clairoix

Par L'Expansion.com. Publié le 23/04/2009

Photo: Continental

Alors qu'un millier de salariés sont partis manifester en Allemagne au siège du groupe, le fabriquant de pneumatiques a reçu une offre de reprise pour son usine de Clairoix, menacée de fermeture.

A Clairoix, le feuilleton continue. Selon la direction de Continental-France, une entreprise de Dubaï, mais qui n'est pas un fabricant de pneumatiques a fait une offre de reprise pour son usine. La fermeture est prévue en 2010.

Le ministre de la relance Patrick Devedjian a déclaré jeudi que son ministère étudiait une offre sérieuse d'un partenaire économique, en ajoutant:"le problème, c'est Continental. Continental - et c'est une vraie difficulté - ne souhaite pas qu'il y ait un repreneur".

Réagissant à ces déclarations, une porte-parole du groupe a déclaré que "Continental a été contacté par une entreprise de Dubaï" dont elle a refusé de dévoiler l'identité. "C'est la seule offre de reprise que nous ayons reçue et cette entreprise n'est pas un fabricant de pneumatiques", a-t-elle dit. "Si le gouvernement français a reçu une autre offre, Continental n'en a pas été informé", a-t-elle ajouté.

"Chaque fois que Continental reçoit une offre pour une de ses usines, il l'étudie sérieusement", a-t-elle aussi déclaré.

Ces déclarations interviennent alors qu'un millier de salariés de Clairoix sont partis manifester à Hanovre, en Allemagne, où le fabricant de pneus a son siège et doit tenir son assemblée générale.

Continental: manifestation franco-allemande contre la fermeture des deux usines

Par liberation.fr. Publié le 23/04/2009

Après que des manifestants ont saccagé mardi la sous-préfecture de Compiègne, proche de

Après que des manifestants ont saccagé mardi la sous-préfecture de Compiègne, proche de Clairoix, il a assuré qu'il n'y aurait pas de "débordements" si la délégation de 15 à 20 personnes prévue est en effet autorisée à remettre une motion à l'assemblée générale.
(© AFP Nigel Treblin)

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HANOVRE, Allemagne (AFP) - Des milliers de salariés Continental, français et allemands, manifestaient jeudi à Hanovre, fief de l'équipementier automobile allemand, pour protester contre la fermeture programmée de deux usines en France et en Allemagne.

"Travailleurs unis contre les actionnaires voyous", "Le monopoly mais sans nous", "Merci pour rien", proclamaient plusieurs banderoles, en français, en allemand, parfois dans les deux langues, brandies face à l'entrée de la salle où s'est réunie à partir de 08H00 GMT l'assemblée générale des actionnaires de Continental.

Partis la veille de France, un millier de salariés français du site de Clairoix (75 km au nord de Paris) sont arrivés vers 07H00 GMT à Hanovre (nord), où les attendaient plusieurs centaines de leurs collègues allemands. Au terme d'un défilé d'environ 3 km, ils étaient environ 3.000, selon le syndicat IG BCE, rassemblés juste devant la "salle du dôme" où les actionnaires sont réunis avec la direction du groupe.

"On est là pour leur montrer que nous sommes prêts à faire 12 heures aller, 12 heures retour. Cela montre qu'on est capable d'aller stopper toutes les usines qui fabriquent des pneus Continental, que tout ce que Conti fait, on l'empêchera de le vendre en France", a déclaré devant des journalistes Xavier Mathieu, du syndicat français CGT.

Après que des manifestants ont saccagé mardi la sous-préfecture de Compiègne, proche de Clairoix, il a assuré qu'il n'y aurait pas de "débordements" si la délégation de 15 à 20 personnes prévue est en effet autorisée à remettre une motion à l'assemblée générale.

Allemands comme Français veulent "lancer un signal" aux actionnaires pour la première manifestation de "deux usines de deux pays différents" de l'histoire de Continental, selon Michael Mersmann, responsable de l'international pour le syndicat allemand IG BCE.

Ainsi Jürgen Frantz, 53 ans, salarié depuis 17 ans dans le département de recherche du site de Stöcken (nord): "Nous voulons simplement montrer que nous ne sommes pas d'accord avec les fermetures. Comme les Français, nous avons peur pour nos emplois.".

"Les actionnaires doivent voir que les salariés sont prêts à se battre", ajoute Hans-Jürgen Reuter, 58 ans, ouvrier depuis 11 ans chez "Conti", sa casquette IG BCE rouge vissée sur la tête. "Avec la crise, ce sont les ouvriers qui doivent payer, alors que c'est pas nous qui avons tout gaspillé", s'indigne-t-il, ravi d'acccueillir ses collègues français.

A l'intérieur de la salle, le patron de Continental, Karl-Thomas Neumann, a lui maintenu sa position lors d'un discours: "Il n'y a pas d'alternative" à la fermeture, en raison de "la chute de nos marchés".

Le groupe, qui a déjà supprimé 8.000 emplois dans le monde l'an passé, et 6.000 rien qu'au cours des trois premiers mois de l'année, veut continuer à réduire ses capacités de production, selon son patron. Il va aussi étendre le chômage partiel: en plus des 20.000 salariés déjà concernés, la mesure concernera 25.000 autres personnes d'ici fin avril.

Continental a annoncé en mars dernier vouloir fermer deux usines de pneus en Europe, l'une à Hanovre, l'autre à Clairoix, qui emploient à elles deux environ 1.900 personnes. Mais les syndicats contestent l'argumentation de la direction qui argue de la violence de la crise sur les marchés automobiles.

Les «Conti» en route pour l'Allemagne

Par liberation.fr, publié le 23/04/2009

Les Conti, dans le train pour Hanovre, en Allemagne.

Les Conti, dans le train pour Hanovre, en Allemagne.
(Reuters)

 

Après avoir provoqué de violents incidents mardi, les salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) sont partis pour une manifestation en force à Hanovre, en Allemagne, où se trouve le siège du fabriquant de pneus.

"C'est notre baroud d'honneur. De toute façon, la boîte est morte", confiait Dominique Szczechula, depuis 33 ans à l'usine de Clairoix dont Continental a annoncé, le 11 mars, la fermeture en 2010.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie se rendra jeudi à Compiègne (Oise) où la sous-préfecture a été en partie saccagée mardi par des salariés de "Conti", a par ailleurs annoncé en début de soirée mercredi le ministère de l'Intérieur.

Elle y rencontrera les personnels de la sous-préfecture.

A 20H22 mercredi, un train spécialement affrété est parti de Compiègne (Oise) à destination de Hanovre avec à son bord un millier de salariés français, attendus jeudi par leurs collègues allemands pour défiler ensemble contre la fermeture des sites de Clairoix et de Hanovre (780 salariés).

Une assemblée générale (AG) s'est tenue à 14H00 devant l'usine en présence d'une majorité de ses 1.120 salariés, afin de régler les derniers préparatifs du déplacement en Allemagne pour lequel le comité d'entreprise a signé un chèque de 55.000 euros à la SNCF.

Les syndicats ont lancé à cette occasion un appel à "manifester pacifiquement" chez "les amis allemands" des "Conti".

"On n'est pas des voyous, on est des salariés en train de mourir", s'est écrié un salarié, tandis que la foule conspuait le nom du Premier ministre François Fillon qui a évoqué mercredi des violences commises par "une très petite minorité" et promis "des poursuites judiciaires".

Des salariés ont commis mardi des déprédations lorsqu'ils ont appris que le tribunal de Sarreguemines (Moselle) - où se trouve le siège de Continental France - les déboutait de leur demande d'annulation ou de suspension de la fermeture.

"On nous parle de carreaux cassés, quelques ordinateurs, mais c'est quoi à côté des quelque 1.100 vies qui vont être brisées. C'est rien!", a lancé Xavier Mathieu, délégué CGT, en assemblée générale.

L'enquête sur le saccage a été confiée à la police judiciaire et "l'identification des casseurs" est en cours, a indiqué à l'AFP le parquet de Compiègne.

A Nice, où s'est tenu un Comité central d'entreprise, direction et syndicats de Continental ont annoncé la tenue le 29 avril d'une réunion tripartite (syndicats, direction et Etat) au ministère de l'Economie, dont le principe avait été proposé la veille par le gouvernement.

"Aujourd'hui, c'est clair, c'est à l'Etat de venir à notre secours", a estimé Antonio da Costa, secrétaire CFTC du CE de Clairoix, à l'issue du CCE.

"On demande à l'Etat (...) qu'il soit garant de l'application de tout ce qui sera dit et signé. Nous, on veut que Continental suspende la procédure de fermeture de l'usine pendant trois mois, le temps des négociations", a réclamé Xavier Mathieu.

Selon Pierre Sommé (FO), "il y a un infime espoir" de maintenir Continental à Clairoix, même si la plupart des salariés disaient seulement espérer d'une médiation de l'Etat de meilleures indemnités de licenciement.

Concernant les "pistes sérieuses" de reprise de l'usine évoquées mardi par le ministre chargé de la relance, Patrick Devedjian, puis qualifiées de "simple hypothèse" par Luc Chatel, les salariés de Continental n'y croient pas.

"Je vois mal un manufacturier reprendre ce qui ne sera plus qu'une coquille vide avec 15.000 m2 d'entrepôts sans machines", confiait un cadre.

La direction de Clairoix a fermé l'usine jusqu'à nouvel ordre en invoquant des raisons de sécurité, le bâtiment d'accueil détruit mardi abritant notamment l'alarme incendie du site.

 

mercredi, 22 avril 2009

Fillon promet des poursuites après les violences des "Conti"

Les salariés de Continental qui ont commis des violences seront poursuivis en justice, déclare le Premier ministre, François Fillon.

 

FRANÇOIS FILLON PROMET DES POURSUITES APRÈS LES VIOLENCES DE SALARIÉS DE CONTINENTAL Agrandir la photo

"On tend la main à une majorité des salariés mais jamais un chef de gouvernement ne pourra accepter que l'on casse les locaux d'une sous-préfecture", a-t-il insisté sur France Inter.

Des salariés de l'usine de pièces automobiles de Clairoix (Oise) ont saccagé mardi la sous-préfecture de Compiègne après une décision la justice qui les a déboutés de leur demande de suspension du plan de fermeture du site.

"Il y a une très petite minorité à Continental qui rend les choses très difficiles", a déclaré François Fillon.

"Même les organisations syndicales ont du mal à jouer leur rôle plein de médiateurs dans cette crise en raison de cette minorité très agissante, très violente, pour laquelle, je le dis clairement, s'agissant des violences qui ont été commises hier, il y aura des poursuites", a dit le Premier ministre. "C'est le non-respect de la loi".

Le Premier ministre a confirmé que l'Etat proposait une médiation tripartite salariés-direction-gouvernement pour réfléchir à l'avenir de Continental, pilotée par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel.

Les salariés de Continental saccagent la sous-préfecture de Compiègne

Par LEXPRESS.fr, publié le 22/04/2009

La colère éclate chez les employés de Continental. Ils s'en sont violemment pris à la sous-préfecture de Compiègne et au pavillon d'accueil de leur usine, qui est désormais fermée.

Les salariés de Continental saccagent la sous-préfecture de Compiègne

Reuters

Les "Conti" de Clairoix (Oise) ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne ainsi qu'une guérite à l'entrée de leur usine. Des violences qui font suite au refus mardi par la justice de leur demande de suspension de la procédure de fermeture du site.

L'usine Continental de Clairoix (Oise) est désormais fermée pour "raisons de sécurité" après la destruction du pavillon d'accueil abritant notamment l'alarme incendie.

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a déclaré mardi soir à France 3 que trouver un repreneur pour l'activité de Continental à Clairoix (Oise) était une simple "hypothèse".

Le ministre en charge de la relance Patrick Devedjian a lui affirmé mardi qu'il y avait des "pistes sérieuses" de reprise.

Selon Luc Chatel, "sur tous les dossiers il y a toujours une tentative" de trouver des repreneurs.

Le secrétaire d'Etat a proposé dans la soirée des discussions "tripartites" entre les salariés et la direction autour du gouvernement face à une "impasse sur le dialogue social".

"Ca fait des mois qu'on entend dire que les Continental sont des gentils. C'est fini, les gentils. Ca fait cinq semaines qu'on retient les gens, là on n'a pas pu", a affirmé à l'AFP Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental à Clairoix.

"Déjà, dès le premier jour, ils voulaient tout exploser et (mettre) le feu à l'usine", a précisé le syndicaliste.

Dans la sous-préfecture de Compiègne, des bureaux et des ordinateurs ont été saccagés et des dossiers renversés par des salariés rendus furieux par l'annonce de la décision du tribunal de Sarreguemines (Moselle), a déclaré le parquet de Compiègne qui évoque une grande quantité de dégâts matériels, mais indique qu'il n'y a pas eu de blessés.

Une plainte a été déposée et une enquête ouverte, a-t-on appris de source judiciaire.

Le 11 mars, la direction de l'équipementier allemand a annoncé la fermeture de l'usine de Hanovre (780 salariés) et celle du site de Clairoix en France (1 120 personnes).

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, le 15 décembre 2008 au ministère des Finances à Paris.

Mehdi Fedouach/AFP

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, le 15 décembre 2008 au ministère des Finances à Paris.

"Tout en comprenant la détresse et l'inquiétude des salariés de l'entreprise", la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a "condamné" ces dégradations et rappelé "que de tels agissements ne sauraient être tolérés".

"Tout est mis en oeuvre pour identifier les auteurs", a-t-elle assuré dans un communiqué.

La colère des "Conti" a explosé lorsqu'ils ont appris que le juge des référés du tribunal de Sarreguemines les déboutait de leur demande d'annulation ou de suspension de la procédure de fermeture de leur usine au motif qu'il n'avait constaté "aucune irrégularité" dans cette procédure.

L'avocat des "Conti", Me Ralph Blindauer, a au contraire estimé que le droit des comités d'entreprise avait été "cassé" par cette décision. Il a annoncé son intention de poursuivre l'action judiciaire sur le fond, à Compiègne ou à Sarreguemines.

Pour la direction, "le tribunal a reconnu que Continental avait bien rempli ses obligations légales" envers les partenaires sociaux.

Après les incidents de Compiègne, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a proposé des discussions "tripartites" entre les salariés de Continental et la direction autour du gouvernement.

Les syndicats, qui demandaient une médiation de l'Etat, ont fraîchement accueilli cette initiative.

"C'est une déclaration de plus. Le jour où Luc Chatel me téléphonera pour me dire 'la réunion est tel jour, à telle heure', on verra", a réagi Xavier Mathieu.

Invité de Public Sénat, le ministre en charge de la Relance Patrick Devedjian a évoqué de son côté des "pistes sérieuses" de reprise de Continental.

"J'ai discuté avec d'éventuels repreneurs et il y a des gens qui sont intéressés, c'est pas facile à sortir techniquement mais c'est possible", a-t-il dit, précisant qu'il ne s'agissait pas de Michelin.

Représentants du personnel et de la direction devaient se retrouver dès mercredi à Nice pour un comité central d'entreprise centré sur les mesures d'accompagnement social de la fermeture de Clairoix.

Ils se rendront dans la foulée à Hanovre (Allemagne) où sont prévues jeudi une assemblée générale des actionnaires du groupe et une manifestation des salariés français et allemands de l'équipementier.

 

mardi, 07 avril 2009

De faux Conti sur le marché de l'arnaque

Source : courrier-picard.fr

Lundi, 14 heures, assemblée générale. Christian Lahargue, blouson en jean, vote. « Il faut informer les gens ; ces profiteurs ne sont pas des Continental. » (Photo Dominique TOUCHART).

Lundi, 14 heures, assemblée générale. Christian Lahargue, blouson en jean, vote. « Il faut informer les gens ; ces profiteurs ne sont pas des Continental. » (Photo Dominique TOUCHART).

Pour éviter les dérives et financer leur lutte, les salariés du site promis à la fermeture créent une association et une caisse de solidarité. Les dons en espèces affluent.

On connaissait les faux agents EDF ou les faux policiers municipaux. Sur le marché de l'arnaque, il y a désormais les faux Conti. La semaine dernière, un supermarché discount, situé dans la Somme, en lisière de l'Oise, a eu la visite d'un homme se présentant comme un salarié de Continental et réclamant un chariot de nourriture. Dans le Compiégnois, ce week-end, trois hommes, vêtus de tee-shirts et de casquettes aux couleurs de Continental, ont demandé à manger gratis dans un restaurant de la zone commerciale de Jaux-Venette.

Dans les deux cas, les arnaqueurs ont eu gain de cause car la solidarité commerçante pour les Continental ne se dément pas depuis l'annonce de la fermeture du site, le 11 mars dernier. C'est aussi grâce à cette chaîne de solidarité que les vrais Continental ont été informés très vite de cette arnaque naissante. « Pas question de laisser faire ça,tempête Christian Lahargue, salarié de l'usine. On a l'opinion publique avec nous depuis le début. Toute cette formidable solidarité, c'est notre force. Il faut informer les gens : ces profiteurs-là ne sont pas des Continental. C'est une aberration. »

Déjà près de 4 000 €

Très soucieux de conserver leur capital de sympathie auprès de la population, les salariés clairoisiens ont créé, samedi, l'association Solidarité Continental qui sera dissoute « à la fin du combat ». Objectif : ouvrir un compte bancaire du même nom et gérer les dons en espèces qui affluent. Les entreprises ont donné les premières (comme l'usine ribécourtoise SECO qui a fait un don de 1 000 €) ; ce sont maintenant des particuliers ou des collectivités. « À la manif de soutien de samedi, on a eu plus de 600 €, raconte Jean-Pierre Desquesnes, vingt-neuf ans d'ancienneté, membre de l'association. On a eu des billets de 50 €, des 20, des 10, des 30 €. Il y a même des Parisiens qui nous ont donné 300 € ».

Que faire de cet argent ? Un trésor de guerre destiné à financer le combat des Conti et même « à aider des couples de salariés, le jour où ils seront dans le besoin ». Les cars, utilisés pour aller manifester à Paris et à Reims, ont été financés grâce à des subventions du Département et de la Région ; les salariés clairoisiens doivent désormais trouver des ressources pour payer leurs prochaines manifestations, comme celle du 23 avril, à Hanovre (Allemagne), où ils devraient se rendre en train. « On ne veut pas que les salariés aillent manifester à leurs frais comme à Sarreguemines. Dix-huit bus, ça coûte 12 000 €. Alors, vous imaginez un train... » A ce jour, la caisse de solidarité des Continental approcherait les « 4 000 € environ. Il faut gérer ça correctement », promet Jean-Pierre Dequesnes. « On ne veut pas perdre toute cette solidarité, résume Fabrice Queniez, salarié et militant CFDT. Alors, on reste unis. La maîtrise, les cadres, les ouvriers ; on a compris que tout le monde est dans le même bateau ».

mardi, 31 mars 2009

France: Le parquet propose de suspendre la procédure à Clairoix

Source : reuters.com, publié le mardi 31 mars 2009

Photo

SARREGUEMINES, Moselle (Reuters) - La société Continental a été invitée par le ministère public à suspendre la procédure de fermeture de son site de Clairoix, dans l'Oise, qui emploie 1.120 salariés.

Cette proposition a été faite à la chambre des référés du tribunal de grande instance de Sarreguemines (Moselle).

Le parquet a estimé que le fabricant de pneumatiques devrait au préalable saisir le Comité d'entreprise européen, comme le demandaient le comité d'entreprise français et l'intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC à l'origine de la procédure.

"Je rejoins l'analyse qui nous a été présentée en demande. Il me paraît logique que le Comité d'entreprise européen soit saisi le plus tôt possible", a déclaré Christophe Mira, substitut général à la cour d'appel de Metz.

Il a également suivi les syndicats qui estimaient que la décision de fermeture du site de Clairoix avait été annoncée avant toute consultation des représentants du personnel, ce qui constitue un délit d'entrave au comité d'entreprise.

"On peut parler d'une discordance sérieuse dans la communication de la société Continental et notamment de la société allemande, discordance qui a pu créer une certaine incompréhension", a-t-il affirmé.

La direction allemande a annoncé le 11 mars son intention de fermer les sites français de Clairoix et allemand de Hanovre pour réduire sa production de pneus en Europe.

"Ca laisse à penser qu'on était déjà bien avancé", a considéré Christophe Mira

Le tribunal de Sarreguemines, ville où Continental France a son siège social, rendra sa décision le 21 avril.

Quelque 500 salariés de Clairoix, qui avaient fait le déplacement, ont manifesté de l'usine de Sarreguemines jusqu'au tribunal. Une soixantaine d'entre eux ont pu prendre place dans la salle d'audience.

Mardi, le Comité Central d'entreprise (CCE) de Continental France s'est tenu comme prévu à Nice.

CONTINENTAL SE DÉFEND

Me Ralph Blindauer, l'avocat de l'intersyndicale, a également estimé que la décision de fermeture constituait une violation de l'accord de 2007 sur le retour aux 40 heures qui s'accompagnait, selon lui, d'une promesse de pérenniser le site jusqu'en 2012.

Il a cité des extraits d'un courrier envoyé aux salariés, avant une consultation par référendum, par des dirigeants.

"Nous voulons nous donner toutes nos chances de réussir à l'horizon 2012 une usine stratégique pour le groupe Continental", écrivait le directeur de l'époque dont Me Blindauer a souligné qu'il dirigeait maintenant la filiale roumaine de Timisoara où les salaires sont de "280 euros par mois".

Le parquet a rejoint sur ce point les avocats de l'équipementier qui ont estimé que la question relevait du juge du fond et non de celui des référés.

Me Déborah David, intervenant sur ce point pour Continental, a néanmoins justifié le changement de discours du groupe en invoquant le retournement de conjoncture.

"A quelle entreprise française a-t-on interdit de licencier pendant cinq ans alors que la situation économique est catastrophique ?", a-t-elle demandé.

Intervenant à ses côtés, Me Patrick Thiebard a contesté que la procédure de consultation du personnel n'ait pas été respectée.

Il a opposé les documents présentés aux salariés qui font état d'un simple "projet" de fermeture aux déclarations prêtées aux dirigeants du groupe dans la presse.

"Devant tout ce tollé médiatique, Continental n'a pas les capacités de démentir chaque article. Je n'attaque pas les journalistes, mais dans la communication médiatique, c'est noir ou blanc, c'est rarement gris", a-t-il expliqué.

lundi, 16 mars 2009

Comité central extraordinaire de Continental à Reims

Source : Le Point.fr, Publié le 16/03/2009

Comité central extraordinaire de Continental à Reims

Les salariés de l'usine Continental de Clairoix protestent contre la fermeture programmée de leur usine © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

ÉCOUTEZ - Un salarié de Continental : "J'ai peur qu'un drame n'arrive..."

Alors que Continental a annoncé mercredi dernier la fermeture de l'usine de production de pneus de Clairoix, dans l'Oise, pour 2010, un Comité central extraordinaire d'entreprise se tient lundi matin à Reims. Des centaines de salariés s'y sont rendus, en bus ou en voiture, et manifestent devant l'hôtel où doit se dérouler la réunion. "L'ordre du jour, c'est la colère", a déclaré sur place Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du comité d'entreprise de l'usine de Clairoix, évoquant des "gens irresponsables" et des "financiers voyous". Et de souligner : "Le slogan travailler plus pour gagner plus de Nicolas Sarkozy, auquel beaucoup d'entre nous ont cru, part maintenant en fumée, comme les pneus que nous brûlons devant l'usine."

La fermeture de Clairoix - la plus importante en France depuis le début de la crise à l'automne - affecte 1.120 salariés. Quelque 650 départs sont prévus en octobre 2009 et 450 en mars 2010. Continental - qui a également annoncé une fermeture semblable sur son site d'Hanovre, en Allemagne - "ne reviendra pas" sur ces fermetures, a répété son directeur du personnel au journal Handelsblatt paru lundi. "Nous ne pouvons pas revenir (...) sur nos objectifs de suppression de surcapacités", a ainsi affirmé Heinz-Gerhard Wente.

De leur côté, les salariés ont adopté jeudi dernier en assemblée générale ( regardez la vidéo où certains d'entre eux prennent à partie le directeur de l'usine ) quelques grands principes, parmi lesquels l'arrêt du travail jusqu'à nouvel ordre, l'exigence de paiement intégral des salaires malgré cette grève de fait (ce qu'ils ont obtenu jusqu'à mardi), et le refus de voir un seul salarié du site finir au chômage. S'estimant "trahis", alors qu'un accord sur le retour aux 40 heures de travail hebdomadaires a été signé fin 2007 par la CFTC (majoritaire) et la CFE-CGC et devait assurer la pérennité du site jusqu'en 2012, certains délégués syndicaux envisagent désormais de dénoncer cet accord. "Nous allons engager un avocat", a promis aux salariés Antonio Da Costa, qui a signé l'accord et à qui ses collègues réservent désormais un accueil plutôt mitigé.

Bertrand demande à Continental de "s'expliquer"

"On a aussi pensé à attaquer pour délit d'entrave" aux règles d'information des représentants des salariés, poursuit Antonio Da Costa. Ce recours, le secrétaire d'État chargé de l'emploi Laurent Wauquiez et le sénateur-maire UMP de Compiègne Philippe Marini l'ont eux-mêmes évoqué. "Nous avons respecté les procédures légales", leur a répondu depuis Paris Bernhard Trilken, vice-président senior de Continental. Continental "n'a commis aucun délit d'entrave", a martelé la direction, qui a par ailleurs souligné la mise en place d'une cellule de soutien psychologique sur le site.

Nicolas Sarkozy a également réagi à cette mauvaise nouvelle pour Clairoix, s'interrogeant sur le respect des garanties données par Continental sur la pérennité du site à l'automne dernier. Xavier Bertrand a pour sa part demandé vendredi que "l'entreprise s'explique". "Je peux comprendre le sentiment de trahison parce que les salariés de Continental ont fait des efforts à l'époque (en acceptant de revenir aux 40 heures). Ils se sont mobilisés pour dire : On accepte de travailler plus parce qu'on croit à notre usine, on croit à ce métier, et on veut le garder. Ils ont fait ces efforts et derrière, on leur dit : Eh bien non, en fin de compte, ça ne marche pas ", a déploré le secrétaire général de l'UMP sur France 3.

Dans le même temps, l'usine Continental de Sarreguemines, en Moselle, retournée également à 40 heures en 2007, va repasser aux 35 heures lundi en raison d'une baisse de la production.

mercredi, 11 mars 2009

Allemagne : Continental va fermer de deux sites en Europe, dont Clairoix

Source lexpress.fr avec AFP, publié le 11/03/2009

FRANCFORT, Allemagne - L'équipementier automobile allemand Continental a annoncé mercredi la fermeture de deux sites de production de pneus en Europe, dont celui de Clairoix en France où sont employés 1.120 personnes.

Usine de l'équipementier automobile allemand Continental à Hanovre le 25 janvier 2005

DDP/AFP/Archives/Jochen Luebke

Usine de l'équipementier automobile allemand Continental à Hanovre le 25 janvier 2005

Est également concerné le site de production de pneus pour poids-lourds de Hanovre en Allemagne (nord), où Continental a aussi son siège, selon un communiqué. 780 personnes sont touchées.

"Il n'y a malheureusement pas d'alternative", a expliqué Hans-Joachim Nikolin, membre du directoire en charge de l'activité de pneumatiques, cité dans le communiqué.

En cause, selon Continental: la chute brutale de la demande en Europe, de plus de 30% sur les deux premiers mois de l'année pour les pneus pour voitures.

Les rumeurs de fermeture de l'usine française de Clairoix (Oise) ont suscité une vive émotion en France, alors que les salariés avaient accepté d'importantes concessions pour conserver le site. Une fermeture serait "une trahison", avait récemment affirmé le secrétaire d'Etat français à l'Industrie Luc Chatel.