mardi, 23 octobre 2012
Rugby
Craig ne regrette rien !
Il ne s'était jamais exprimé depuis la finale de la Coupe du Monde et son arbitrage plutôt controversé. Le Sud-Africain Craig Joubert a répondu à nos questions un an après le match qui a fait couler tant d'encre et reste droit dans ses bottes.

Avez vous revu le match France-Nouvelle-Zélande ?
Craig JOUBERT: Oui.
Etes-vous conscient que les Français ont critiqué votre arbitrage ?
C.J: Vous savez, nous les arbitres nous sommes toujours critiqués.
Avant la finale, Marc Lievremont et Graham Henry ont dit que vous étiez le meilleur arbitre du monde. Était-ce un piège pour vous ?
C.J: Non, Comme les joueurs, nous nous préparons sur ce que nous avons à faire sur le match et nous ne faisons pas attention à tout ce qui se dit dans les medias.
Quel était votre sentiment sur le terrain ? Pensez vous que la France était plus forte que la Nouvelle-Zélande ?
C.J: Je ne fais qu'appliquer les lois du jeu, c'est mon boulot. Je ne me préoccupe pas de savoir qui est plus fort ou moins fort.
Y a t-il une décision que vous ne prendriez plus si vous deviez à nouveau arbitrer ce match ?
C.J: C'est une question qui n'a pas de sens. Avec un an de recul, ça ne sert à rien de spéculer sur des décisions qu'on a prises en quelques secondes sur le terrain.
On comprend que ce n'est pas facile d'arbitrer des gros matches. Mais si, une fois dans votre carrière, vous avez subi la pression d'un contexte, n'était-ce pas ce jour-là ?
C.J: Ne vous inquiétez-pas, supporter la pression des grands matches est quelque chose pour laquelle nous sommes entraînés...
On a coutume de dire que McCaw est un joueur spécial, qu'on lui accorde plus de privilège qu'aux autres. Qu'en pensez-vous ?
C.J: Non, il est un numéro 7 comme les autres.
McCaw ne parle-t-il pas énormément aux arbitres ? Ne cherche-t-il pas à les influencer ?
C.J: Tous les capitaines font ça, lui comme les autres, avec, j'en suis persuadé, l'espoir de peser sur nos décisions.
A la fin du match, nous avons eu l'impression qu'il y a eu plusieurs mêlées favorables à la France. Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir sifflé ?
C.J: Je me souviens que la pénalité que les Français ont manquée à 17 minutes de la fin venait d'une pénalité sifflée après une domination française en mêlée.
Ne pensez-vous pas qu'il y a une différence entre les arbitrages des hémisphères Nord et Sud ?
C.J: Non. Nous nous rencontrons régulièrement et je peux vous dire que nous sommes d'accord sur les cinq priorités du jeu.
Mais, nous avons l'impression que les arbitres du Sud sont plus laxistes, notamment sur les rucks....
C.J: Non, non, je vous assure.
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lundi, 15 octobre 2012
FOOTBALL
Busquets : « Notre philosophie est avant tout collective »
Par Cyrille Haddouche, 15-10-2012
- Panoramic
Sergio Busquets enflamme certes moins les foules que Xavi, Iniesta ou Messi, mais son travail de l’ombre est indispensable à l’équilibre du Barça comme de la sélection espagnole. Avant d’affronter la France, mardi à Madrid, le milieu défensif s’est confié au Figaro.
Sergio Busquets enflamme certes moins les foules que Xavi, Iniesta ou Messi, mais son travail de l’ombre est indispensable à l’équilibre du Barça comme de la sélection espagnole. Jeté à 21 ans dans le grand bain par Pep Guardiola, ce Catalan pure souche s’est forgé un incroyable palmarès en seulement quatre saisons. «Si j’étais un footballeur aujourd’hui, j’aimerais être Busquets», osait avant l’Euro le sélectionneur espagnol Vicente Del Bosque afin de vanter les mérites de ce partenaire idéal. Timide et hermétique aux compliments, Sergio Busquets (24 ans et déjà plus de 200 matches avec le Barça) est loin d’être rassasié. Avant d’affronter la France, mardi à Madrid, le milieu défensif s’est confié au Figaro.
Quel est le secret du succès de la Roja ?
Sergio Busquets : Notre réussite tient d’abord à l’unité de notre vestiaire. C’est la base d’une équipe. Quel que soit leur club d’origine, tous les internationaux espagnols se reconnaissent dans le style de jeu que nous pratiquons. Cela facilite notre compréhension et nous permet de régler en temps réel les problèmes que nous pouvons rencontrer sur le terrain. À partir de là, il n’est pas difficile de faire des efforts les uns pour les autres.
Certains clasicos houleux entre le Barça et le Real n’ont jamais mis en péril cette unité ?
Les relations amicales qu’entretiennent Xavi et Iker Casillas, les capitaines des deux équipes, sont importantes pour le bon fonctionnement de la Seleccion. Tous les joueurs du Barça et du Real Madrid reconnaissant l’importance de la Roja. Personne n’a jamais pensé remettre en cause nos ambitions internationales communes, même après un match chaud.
Quels joueurs sont les garants de l’esprit de conquête de la Roja ?
Outre Xavi et Casillas, Puyol (absent contre la France), Fernando Torres et Xabi Alonso s’impliquent énormément auprès des autres. Ils rendent meilleurs leurs coéquipiers et leur seule présence impose une base de respect.
Quel est le rôle du sélectionneur, Vicente Del Bosque, dans cet édifice ?
Son passé d’ancien grand joueur, de formateur et d’entraîneur du Real, lui permet de délivrer ses messages simplement. Il agit tout en finesse en responsabilisant le vestiaire. Il a su faire évoluer notre jeu quand nos adversaires tentaient de le contrecarrer en se regroupant en défense et en jouant le contre. Ainsi, l’Espagne est aussi très solide en défense. On n’a pris qu’un but lors du dernier Euro. On joue aussi parfois sans attaquant axial pour s’assurer la maîtrise totale du milieu et surprendre les défenses renforcées par des appels en profondeur…
Le style de jeu du Barça inspire-t-il celui de l’équipe nationale ?
L’Espagne pratique un jeu similaire à celui de Barcelone, même s’il existe quelques variantes. La principale différence tient au fait que l’Espagne ne peut pas compter sur Lionel Messi pour forcer la décision. La présence de nombreux joueurs du Barça en sélection est un atout. Nous nous connaissons depuis le centre de formation. On a l’habitude de jouer et de vivre ensemble. Cela forge une identité de jeu. À force de s’entraîner, on se trouve instinctivement.
Qu’apportent les autres joueurs, notamment les Madrilènes, à cette base barcelonaise ?
Le football espagnol dans son ensemble développe un style de jeu fondé sur la possession de balle. Les joueurs venant du Real ou d’ailleurs ont une conception identique à la nôtre. Ils apportent donc leur talent individuel, leur personnalité et une expérience professionnelle différente. On forme un groupe uni, habité par la volonté de devenir la meilleure équipe possible. Avoir la possession de la balle est notre moyen d’y parvenir. Notre philosophie est avant tout collective.
Comment trouver la motivation quand, à 24 ans, on a déjà tout gagné ?
J’ai envie d’étoffer mon palmarès. Quel joueur n’aurait pas envie de gagner une autre Coupe du monde, une Ligue des champions de plus ? Tous les joueurs de la Roja aiment la victoire. C’est pourquoi l’Espagne travaille toujours avec application dans le but de gagner.
Que pensez-vous de l’équipe de France , que vous recevez mardi ?
C’est un adversaire toujours dangereux, car il peut s’appuyer sur des joueurs de grande qualité en attaque. Nous devrons rester vigilants en défense car Benzema, Ribéry, Ménez ou Valbuena peuvent faire la différence sur une action d’éclat. C’est une grande sélection. Lors de notre victoire en quart de finale de l’Euro (2-0), nous avions eu la chance de marquer rapidement. Le match contre la France à Madrid sera déterminant. Dans un groupe à cinq équipes, une défaite est difficilement rattrapable…
Pour conclure, que vous inspire le combat d’Éric Abidal, greffé du foie ?
C’est un compagnon formidable et un joueur important du Barça. Il est très apprécié par le vestiaire. Quand nous avons appris qu’il devait être opéré, ce fut un choc. Dès que son état de santé le lui a permis, il est revenu au club pour se remettre sur pied physiquement. On espère tous qu’il pourra rejouer avec le Barça. La manière dont il a surmonté ses problèmes de santé est exemplaire. Il a toujours conservé sa joie de vivre.
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16:32 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : football, coupe du monde
mardi, 26 juillet 2011
Football
Fair-play financier, paris clandestins, corruption, racisme… Au siège de l’UEFA, à Nyon (Suisse), où il nous a reçu au mois de juin, le patron du football européen s’est montré fidèle à sa réputation : langue de bois, connaît pas !
Jeune Afrique : Le fair-play financier, l’un de vos grands projets, va être imposé aux clubs européens…
Michel Platini : Oui, à partir de la saison 2013-2014. Ce projet a été accepté politiquement, il y a deux ans, puis adopté par le comité exécutif de l’UEFA [Union des associations européennes de football, NDLR], le congrès, le conseil d’administration, les clubs… Il a enfin été entériné, à l’unanimité, par le Parlement européen.
Comment ont réagi les clubs ?
La décision a été prise en concertation avec toutes les familles du football. La dérive dure depuis cinquante ans, on allait vers la catastrophe. Il fallait réagir, j’ai pris mes responsabilités.
Certains ont un endettement énorme…
Attention, il ne faut pas confondre dettes et pertes. Si un club rembourse ses emprunts à la banque, il n’y a pas de souci. Nous voulons aider les clubs, pas les tuer ! Notre projet est donc de bloquer les pertes, en les limitant dans le temps. Ainsi, les grands clubs seront limités à 45 millions d’euros sur trois ans. Ils ont d’ailleurs très bien réagi. Surtout leurs propriétaires, qui en ont plein le cul de payer !
Ils subissent la dictature des joueurs ?
Non, celle des supporteurs.
Les deux prochaines années serviront en somme de laboratoire ?
Le déficit cumulé est de 1,2 milliard d’euros pour une année. Nous allons prévenir les clubs que nous ne reculerons pas. Le panel des sanctions sera établi par des experts financiers. Cela pourrait aller de l’interdiction de recruter à la non-participation des joueurs. Bien entendu, ce fair-play n’est applicable qu’aux clubs qui participent aux compétitions de l’UEFA.
Vous n’êtes pas très favorable à l’arrivée d’investisseurs tchétchènes ou qataris dans les clubs européens ?
Il y a cinq ans, j’avais dit que je n’étais pas fan quand des Américains investissaient en Angleterre. Je ne vais pas dire autre chose quand des Qataris arrivent au Paris Saint-Germain. Qu’est-ce que cela va apporter au club d’avoir un entraîneur italien, un directeur sportif brésilien et des joueurs allemands ? Où est le lien avec Paris ? Je ne suis pas contre, parce que je ne peux pas l’empêcher : c’est la mondialisation. Mais je ne suis pas certain que les supporteurs parisiens s’y retrouvent. Et quand les Qataris partiront, que se passera-t-il ?
Le développement des paris clandestins vous inquiète-t-il ?
Oui, bien sûr, mais les gouvernements ont pris, à notre demande, de bonnes positions. Ce qui me fait mal, c’est que le phénomène touche directement le jeu. Le racisme, la xénophobie, la violence, c’est dégueulasse, on lutte contre, mais ça se passe dans les tribunes. Là, ce sont les joueurs, le jeu, qui sont concernés. On vend le match !
Comment lutter contre cela ?
Avec les États, les gouvernements, la police, la justice. Car les gens qui sont derrière les paris clandestins ne viennent pas du foot.
C’est la mafia, en somme ?
Voilà. Et là, ça devient trop dangereux. Avant, nous avions des personnes chargées de résoudre ce problème. Aujourd’hui, on travaille directement avec les gouvernements. On a des systèmes d’alerte, qui nous coûtent très cher – 9 millions d’euros par an – et qui nous informent quand il y a des flux importants de paris sur certains matchs.
Début juin, lors de la réélection de Joseph Blatter, vous estimiez que c’était « la fin d’un système »…
La Fifa [Fédération internationale de football association] est gérée depuis quarante ans par des politiques : il y a eu João Havelange, puis Blatter. J’espère que d’anciens sportifs prendront bientôt la place.
Vous, par exemple ?
On verra dans trois ans. Je viens d’être réélu à la présidence de l’UEFA, et Blatter à celle de la Fifa.
La Fifa est secouée par des affaires de corruption présumée. Son image et sa crédibilité en souffrent-elles ?
Elles en ont pris un gros coup ! Quand l’institution qui dirige le football mondial est critiquée, ce n’est pas très bon. Il n’y a rien contre Blatter, et d’ailleurs il s’est engagé à régler les problèmes. On va observer tout ça avec attention. Tout n’est pas pourri à la Fifa, mais si certains ont fait des conneries, ils devront partir.
Le Qatari Mohamed Ibn Hammam, président de la Confédération asiatique, s’était porté candidat à la présidence, avant de se retirer…
Il s’est présenté davantage en tant qu’anti-Blatter qu’en tant qu’anti-Fifa. Il l’a fait pour emmerder Blatter. Comme beaucoup d’autres, il n’accepte plus la façon dont la Fifa est gérée.
La Coupe du monde 2022 au Qatar, c’est une bonne idée ?
Oui, j’ai voté pour.
Même en plein été ?
Non, au Qatar, au mois de juillet, il fait 50 °C. Pour les joueurs comme pour les supporteurs, c’est trop dur. Et les stades climatisés coûtent une fortune. J’étais favorable à ce que la Coupe du monde se tienne au Qatar, mais en hiver, par exemple, quand il fait 25-30 °C. Et puis il serait bien que cette Coupe du monde soit celle des pays du Golfe, que des matchs aient lieu dans d’autres pays…
Fin avril, il a été question en France des quotas et de la binationalité…
[Il coupe.] C’est un bon débat, la binationalité. La Direction technique nationale (DTN) est là pour former des joueurs pour l’équipe de France, pas pour la Pologne, la Croatie ou l’Algérie. Il est normal qu’elle se pose la question. Pour moi, il faudrait qu’à 18 ans les joueurs décident. Tu ne peux pas faire la Coupe du monde des moins de 17 ans avec un pays, puis les Jeux olympiques avec un autre. La Fifa a changé ses règlements en 2003, à la demande de Mohamed Raouraoua, le président de la Fédération algérienne de football, qui avait tout compris. Mais la Fifa a soumis cette réforme à un vote, ce qu’il ne fallait pas faire, car, du coup, le vote a été politique. Imaginez qu’en Algérie il y ait un super joueur de 17 ans et que les Français aillent le chercher ! Les Algériens feraient un peu la gueule, non ?
Qu’avez-vous pensé des soupçons de racisme qui ont pesé sur certains membres de la DTN ?
[Soupir.] Les gens dont on parle sont là depuis trente ans. S’ils étaient racistes, ça se saurait. Mais il y a eu un emballement médiatique. On est parti d’un débat intéressant et on a fini par se poser la question de savoir si Laurent Blanc devait rester sélectionneur de l’équipe de France…
Est-ce compliqué de lutter contre le racisme dans le football ?
On constate une montée du nationalisme en Europe. Mais le racisme, c’est comme le dopage, ça reste marginal. Il y a des sanctions possibles, mais tout dépend des rapports des arbitres et des dirigeants. Si un mec dit qu’il a été insulté par des supporteurs à l’autre bout du terrain, il n’est pas certain que l’arbitre l’entende. Et nous, nous n’avons pas de preuve…
Mais l’arbitre peut arrêter le match !
Oui, mais quand, dans un stade de 80 000 personnes, il y a un seul mec qui lance une banane sur le terrain, il n’est pas facile d’arrêter le match. Les 79 999 autres ne seront pas forcément très contents.
Vous avez réussi à imposer l’arbitrage à cinq, après avoir presque évacué le débat sur la vidéo…
L’arbitrage à cinq, c’est formidable : on a deux paires d’yeux supplémentaires pour couvrir le terrain. Si les arbitres ne voient pas ce qui se passe, c’est qu’ils sont incompétents. La vidéo, je n’y ai jamais cru. On passerait son temps à revenir en arrière pour savoir si, avant un but, il n’y a pas eu une faute. La vidéo, c’est un problème de riches. Comment mettre le nombre de caméras requis pour un match Bénin-Burundi ?
On a l’impression que les équipes nationales africaines stagnent…
Elles ont un peu perdu l’enthousiasme qui faisait leur force. Elles jouent désormais comme les européennes : de manière trop stéréotypée. Il y a beaucoup de sélectionneurs européens en Afrique. Et presque tous les joueurs évoluent en Europe. Je me souviens du Cameroun et du Nigeria des années 1980-1990. Ces équipes étaient joueuses, offensives. Aujourd’hui, tout le monde joue de la même façon. Pourquoi les Africains ont-ils toujours besoin d’imiter les Européens ?
08:16 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel platini, violence, racisme, coupe du monde, binationalité








