lundi, 26 octobre 2009

Quand la sœur de Fidel Castro travaillait pour la CIA

Jérôme Bouin (lefigaro.fr), 26/10/2009


«J'ai été plutôt choquée mais j'ai quand même dit oui», explique Juanita Castro à propos de son choix de collaborer avec la CIA.
«J'ai été plutôt choquée mais j'ai quand même dit oui», explique Juanita Castro à propos de son choix de collaborer avec la CIA. Crédits photo : AP

Juanita Castro, petite soeur de Fidel et Raul Castro, dévoile dans un livre comment après avoir soutenu la révolution menée par son frère, elle décida finalement d'aider l'agence de renseignement américaine.

C'est ce qu'on peut appeler une confession inattendue. Juanita Castro, 76 ans, l'une des sœurs de Fidel et Raul Castro, l'ancien et l'actuel président cubain, vient de révéler avoir collaboré avec la CIA, la célèbre agence de renseignement américaine, entre 1961 et 1964, date de son départ de l'île communiste.

Cinquième de la fratrie Castro, Juanita publie ce lundi un ouvrage intitulé «Fidel et Raul. Mes frères. L'histoire secrète», co-écrit avec la journaliste mexicaine Maria Antonieta Collins. Il sort parallèlement aux Etats-Unis, au Mexique, en Espagne et en Colombie. Elle a également préparé une interview avec la journaliste dont des extraits ont commencé à être diffusés par la chaîne de télévision Noticias 23, qui appartient au réseau télévisé hispanophone Univision. La révélation de sa collaboration avec la CIA a d'ailleurs été faite lors d'une première séquence diffusée dimanche.

En 1959, date de la prise de pouvoir par son frère Fidel, Juanita Castro soutient la révolution qui a permis de détrôner le dictateur Batista. L'exécution des opposants au nouveau régime et le glissement vers le communisme lui feront réviser son jugement. Elle explique ce «désenchantement» progressif par l'«injustice» dont elle devient témoin. Jusqu'au jour où la femme de l'ambassadeur du Brésil à Cuba lui propose de collaborer avec l'agence d'espionnage américaine. «J'ai été plutôt choquée mais j'ai quand même dit oui», explique-t-elle à Maria Antonieta Collins. C'est ainsi que débute une collaboration de trois années (1961-1964) durant laquelle, explique la journaliste, «au risque de sa vie, le travail de Juanita Castro consiste à sauver les vies de ses compatriotes». Le tout à l'insu de ses proches au premier rang desquels ses frères Fidel et Raul. Le secret, connu seulement de six personnes, durera près de 50 années.

 

Juanita devient «Donna»

Juanita accepta de travailler pour la CIA à la condition de ne participer à aucune conspiration visant à éliminer ses frères ou à attenter à la vie de quiconque,selon le quotidien américain en langue espagnole el Nuevo Herald. Sa première mission consistera à transporter des boîtes de conserve remplies de messages et d'argent à destination des membres de la CIA à Cuba. Pour l'agence américaine, Juanita deviendra «Donna».

Avec la mort de sa mère en août 1963, une mère qui la soutenait lorsqu'il s'agissait d'aider d'autres personnes, Juanita perd sa seule protection, comme l'explique lundi le quotidien espagnol El Pais. De ce deuil date également sa dernière rencontre avec Fidel. En juin de l'année suivante, elle quitte Cuba pour le Mexique et annonce qu'elle rompt avec la Révolution. Fidel est particulièrement en colère. Juanita explique que Raul était plus humain. Il l'aidera même à obtenir les papiers nécessaires à son départ. Puis Juanita rejoint Miami et la Floride, où vivent de très nombreux exilés cubains. Elle y tiendra une pharmacie jusqu'à la fin de l'année 2006.

Depuis les États-Unis, Juanita prend publiquement position contre le régime communiste mis en place par son frère à Cuba, affirmant qu'il a trahi les principes démocratiques dont il se revendiquait. Jamais cependant elle ne fera part de sa collaboration avec la CIA.

La sortie de son livre a fait l'objet de mesures de sécurité exceptionnelles pour éviter les fuites, explique el Nuevo Herald. D'autres extraits de l'interview de Juanita Castro doivent être diffusés cette semaine par Noticias 23 et devraient dévoiler de nouveaux éléments de sa collaboration avec la CIA. À La Havane, le pouvoir n'a pour l'instant fait aucun commentaire.

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jeudi, 01 octobre 2009

Washington boude les dissidents cubains

"Pour la première fois en dix ans, les dissidents cubains n'ont pas été invités à la réception diplomatique du Bureau des intérêts des Etats-Unis à La Havane (SINA)", rapporte le correspondant de BBC Mundo. A leur place, près de 200 artistes, intellectuels et universitaires cubains proches du gouvernement ont assisté à l'événement. Les Etats-Unis prennent ainsi leurs distances avec la dissidence cubaine et reconnaissent les membres de l'intelligentsia cubaine comme des interlocuteurs légitimes. Pour BBC Mundo, cela pourrait constituer le début d'une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays.

lundi, 24 août 2009

Fidel Castro, ou les intermittences du Lider Maximo

Publié le 24/08/2009 par Le Point.fr(Par Cyriel Martin)


Dix apparitions filmées et deux messages audios : ce sont les seuls signes de vie du Lider Maximo depuis son retrait "provisoire" du pouvoir cubain, le 31 juillet 2006.

Le 26 juillet 2006 : dernière apparition publique du leader cubain.

Comme chaque année depuis la révolution de 1959, Fidel Castro s'exprime lors de la fête nationale cubaine, qui commémore la prise d'assaut de la caserne de la Moncada, à Santiago de Cuba. Événement donnant le coup d'envoi de la rébellion qui allait le conduire au pouvoir.

Le 27 juillet 2006, il est opéré en urgence, officiellement pour une hémorragie intestinale, même si le "secret d'État" est immédiatement décrété autour de sa santé. Le 31 juillet, il fait lire à la télévision une "proclamation" dans laquelle il passe "provisoirement" la main à son frère Raul.

Le 14 août 2006 : diffusion des premières images de Fidel Castro après son opération

Tournées la veille, elles montrent le président cubain en compagnie de son ami et allié politique, le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, venu fêter son 80e anniversaire. Les deux chefs d'État plaisantent. Fidel Castro est alité, fatigué et pâle.

Le 28 octobre 2006, après deux mois d'absence des écrans, la télévision cubaine diffuse de nouvelles images du Lider Maximo. Cette vidéo montre un Fidel Castro amaigri, qui a difficulté à s'exprimer. Mais il n'est plus alité. On le voit sortir d'un ascenseur puis effectuer, en soufflant, quelques exercices de gymnastique. Il déclare : "Voici ce petit film pour nos ennemis qui m'ont prématurément déclaré moribond ou mort."


Le 2 décembre 2006, Fidel Castro est absent des festivités organisées pour ses 80 ans et le 50e anniversaire du début de la révolution qui allait aboutir, en 1959, au renversement du dictateur Batista.

Le 30 janvier 2007 , près de trois mois après les dernières images, une nouvelle vidéo de Fidel Castro est diffusée.

Le Lider Maximo est en meilleure forme. Il reçoit Hugo Chavez, debout, revêtu de son désormais habituel survêtement rouge et noir à son nom. Visiblement, Fidel Castro a repris plusieurs kilos depuis les précédentes images. "Comme je le disais, c'est loin d'être une bataille perdue", déclare-t-il à Hugo Chavez, en reprenant la formule qu'il avait employée dans un message lu à la télévision, le 30 décembre. À la fin de l'entrevue, Fidel Castro et Hugo Chavez s'écrient en choeur : "Patrie, socialisme ou mort, nous vaincrons".


Le 28 février 2007 , c'est à nouveau par l'intermédiaire d'Hugo Chavez que Fidel Castro donne des signes de vie.

Il intervient, pour la première fois, en direct au téléphone dans le cadre de l'émission hebdomadaire du dirigeant vénézuélien Alo Presidente. Le Lider Maximo se montre très au fait de l'actualité, abordant des sujets aussi variés que la chute des bourses de Shanghai et New York, le réchauffement de la planète, ou les économies d'énergie. "Ici [à Cuba], tout le monde t'est reconnaissant d'avoir de mes nouvelles", explique Fidel Castro à Hugo Chavez, qui lui répond : "Tu as fait de moi une espèce d'émissaire ou de source. Celui qui veut savoir comment va Fidel vient ici, m'appelle et parle avec moi." Par ailleurs, évoquant implicitement son état de santé, il rappelle : "On ne peut pas oublier le facteur temps et, à mon avis, il nous reste peu de temps."


Le 4 juin 2007 , près de cinq mois ont passé depuis les dernières images de Fidel Castro, diffusées le 30 janvier. Sur cette vidéo, il s'exprime longuement, avec quelques difficultés, dans un entretien enregistré d'une heure. En relative bonne forme, il rend de multiples hommages à Raul, son frère cadet, pour ses 76 ans et ses dix mois passés à la tête du pays comme "intérimaire".


Dans un autre extrait, diffusé le même jour, Fidel Castro plaisante avec le chef du Parti communiste vietnamien, Nong Duc Manh.

Le 22 septembre 2007 , cette nouvelle apparition télévisée met un terme aux rumeurs les plus alarmistes sur l'état de santé de Fidel Castro. Malgré tout, les images montrent l'image d'un vieillard affaibli.

À la fin de son entretien, le Lider Maximo déclare : "La rumeur dit que oui, il est moribond, oui, il est mort, que si, il mourra demain. Bien, je suis là [...], personne ne sait quel jour il va mourir." À 81 ans, le président cubain se montre amaigri et légèrement affaibli par rapport à sa dernière prestation du 4 juin, s'exprimant d'une voix lente avec des pauses.


Le 14 octobre 2007 , Fidel Castro réitère l'expérience du 28 février et intervient à nouveau dans l'émission dominicale d'Hugo Chavez Alo Presidente, diffusée exceptionnellement depuis Cuba.

"Tout le monde est électrisé de t'entendre", lui déclare Hugo Chavez. C'est en effet la première fois que les Cubains pouvaient entendre la voix de Fidel, en direct, depuis son accident de santé survenu en juillet 2006. Le 27 février dernier, il s'était déjà exprimé par téléphone dans cette même émission, mais cette conversation n'avait été diffusée qu'en différé à Cuba. Au milieu de l'émission, une vidéo est diffusée : on y voit Fidel Castro en compagnie d'Hugo Chavez, qui entonne des chants révolutionnaires. Les images ont été tournées quelques jours plus tôt.

Le 16 janvier 2008 , 17 mois après sa dernière apparition publique, une nouvelle vidéo de Fidel Castro est diffusée, à l'occasion de la visite à Cuba du président brésilien Lula.

Ce dernier ne tarit pas d'éloges sur l'état de santé du Lider Maximo. "Je pense que Fidel est prêt à assumer son rôle politique à Cuba et son rôle historique dans le monde [...], il a une lucidité incroyable et une santé impeccable." Fidel Castro reconnaît pourtant que sa santé lui permet tout juste d'écrire, mais pas de s'exprimer en public. "Je ne jouis pas d'une capacité physique suffisante pour parler directement aux habitants de la localité où l'on m'a inscrit comme candidat aux élections de dimanche prochain. Je fais ce que je peux : j'écris."


Le 18 juin 2008 , de nouvelles images de Fidel Castro - sans son - sont diffusées. Le dirigeant cubain est une nouvelle fois en compagnie de Hugo Chavez.



Le 23 août 2009 , après plus d'un an de silence, les médias cubains montrent Fidel Castro en train de s'entretenir de façon fluide et animée avec un groupe d'étudiants vénézuéliens. Le père de la révolution cubaine, désormais âgé de 83 ans, semble en bonne forme. Selon la télévision, leur rencontre a duré plus de trois heures. Fidel Castro a notamment livré ses pensées sur le changement climatique. "Nous nous trouvons devant des événements très, très, très graves. Graves pour notre survie, dirais-je", a-t-il affirmé devant les étudiants.


Quand il n'est pas à la télévision, Fidel Castro reste malgré tout omniprésent à travers plus d'une soixantaine d'articles - les Réflexions - publiés dans la presse officielle cubaine en un an et demi .

mercredi, 12 août 2009

Fidel Castro : 83 ans et toujours présent

12/08/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Lauranne Provenzano


Fidel Castro aura 83 ans le 13 aoûtFidel Castro aura 83 ans le 13 août© DR

Affaibli par une grave maladie, l’ancien président cubain n’en reste pas moins au centre de la politique cubaine. A la veille de ses 83 ans, il semble garder toute son influence, sur son frère comme sur les cubains.

Même s’il est désormais dans l’ombre de son frère, Raul, qui tient les rênes du pouvoir à Cuba, Fidel Castro n’en demeure pas moins une figure politique majeure sur l’Ile. A l’approche de ses 83 ans, qu’il fêtera jeudi 13 août, le Lider Maximo reste omniprésent : il travaille en étroite collaboration avec son frère - à qui il avait temporairement cédé le pouvoir en 2006 au moment de ses problèmes de santé avant de se retirer officiellement de la présidence en 2008.

Il fait par ailleurs entendre sa voix et son opinion par le biais de nombreux éditoriaux, publiés dans la presse officielle, sur tout ce qui a trait, de près ou de loin, à la vie politique. Sur la crise au Honduras, sur Hillary Clinton, sur la politique d’ouverture vers Cuba qu’entend mener Barack Obama… Les sarcasmes et l’ironie de celui qui a dirigé l’île d’une main de fer pendant près de 50 ans ne sont pas près de s’essouffler.

E comme ennemi

Et pour définitivement marquer les mémoires de la pensée castriste, un universitaire cubain vient d’ailleurs de publier, en 2000 exemplaires, un recueil des « idées » de l’ancien président. Un dictionnaire qui rassemble 1978 aphorismes et tirés de nombreux discours signés Fidel Castro. L'auteur, Salomon Susi Sarfati, a déclaré à la presse qu'il s'agissait d'un cadeau destiné à Fidel pour son anniversaire.

Sous la rubrique "ennemi", on trouve par exemple une citation dans laquelle il admet que "dévaloriser l'ennemi fait ressentir un certain plaisir".

Il ressort de l'ensemble du recueil, dont 700 exemplaires ont été vendus dès la sortie du livre, que les Etats-Unis restent l'ennemi principal dans la vision du monde du dirigeant de la révolution cubaine.     (avec agences)

lundi, 27 juillet 2009

Cuba : Raul Castro annonce des coupes dans les dépenses de l'Etat

Par  RFI

Le président cubain Raul Castro à Holguin, le 26 juillet 2009.(Photo : AFP)

Le président cubain Raul Castro à Holguin, le 26 juillet 2009.
(Photo : AFP)

Le président cubain, Raul Castro, n'a pas eu de paroles très encourageantes pour ses compatriotes à l'occasion du discours qu'il a prononcé dimanche à l'occasion de la fête nationale cubaine. Il a annoncé de nouvelles coupes claires dans les dépenses de l'Etat qui manque déjà cruellement de devises en raison de la crise économique internationale. Trois ans après avoir reçu les clés du pouvoir de son frère Fidel, le chef d’Etat communiste a une nouvelle fois souligné qu’il était important que le pays développe sa production agricole. Raul Castro a prononcé ce discours devant plusieurs milliers de personnes vêtues de rouge dans la ville d'Holguin, dans l'est du pays, dans le cadre des commémorations de l'attaque du 26 juillet 1953 contre la caserne de la Moncada, événement considéré comme le point de départ de la révolution castriste à Cuba.

Il va falloir se serrer la ceinture encore plus. En ce jour de fête nationale, le ton est plutôt austère à Cuba. Le président a annoncé de nouvelles réductions dans les dépenses nationales. La faute à la crise économique mondiale et à son impact sur l’économie cubaine, explique Raul Castro.

La crise vient aggraver le sort d'un pays endetté, dont la croissance baisse depuis 2006. Son principal produit d'exportation, le nickel, voit son prix s'effondrer sur les marchés mondiaux. Et le pays continue d’importer la quasi-totalité des produits alimentaires consommés.

Pour le chef de l’Etat, la priorité c’est donc l’agriculture. Aucun champ ne doit être laissé à l’abandon et il faut développer les cultures intensives pour manger cubain et réduire ainsi la dépendance envers l'étranger. C'est une question de sécurité nationale.

Lors de son discours, Raul Castro n’a pas parlé de ses relations avec Washington ni des réformes structurelles promises aux Cubains, au point mort depuis un an.

La politique d'austérité n'est pas nouvelle dans l'île. Depuis quelques mois, des « polices de l’électricité » effectuent des patrouilles pour sanctionner les fraudeurs et les gaspilleurs.

Un conseil des ministres doit se réunir dans les prochains jours pour décider des nouvelles coupes à effectuer dans le budget cubain.

mardi, 14 juillet 2009

Etats-Unis / Cuba : Washington et La Havane reprennent langue

Par  RFI. Article publié le 14/07/2009 

Des Cubains tentent sur des radeaux de fortunes de rejoindre les côtes de la Floride, le 24 juillet 2003.(Photo : AFP)

Des Cubains tentent sur des radeaux de fortunes de rejoindre les côtes de la Floride, le 24 juillet 2003.
(Photo : AFP)

L'administration américaine a fait savoir que les pourparlers avec Cuba sur l'immigration reprendraient ce mardi, au siège de l'ONU, à New York. Les Cubains attendaient cela depuis six ans, depuis que ces discussions avaient été suspendues. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, l'espoir d'une reprise est revenu alors que dès le début de l'année le président  américain faisait déjà un geste en ordonnant la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine.

C'est au siège des Nations unies à New York qu'un responsable du département d'Etat américain et un vice-ministre cubain des affaires étrangères doivent se rencontrer. La réunion a son importance car ces pourparlers sur l'immigration avaient été suspendus par George Bush en 2003.

Dès son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a montré un assouplissement de la position américaine envers le régime castriste : en janvier il avait levé les restrictions sur les voyages et les tranferts d'argent vers Cuba.

Mais on est encore loin d'une normalisation des échanges entre les deux pays. L'administration Obama par la voix d'Hillary Clinton, secrétaire d'Etat, veut que Cuba progresse en matière de droits de l'homme et de liberté politique. De son côté, le régime castriste demande à ne plus figurer sur la liste américaine des pays qui soutiennent les terroristes.

La possible reprise de l'accord migratoire signé en 1994 est une avancée. Cet accord donne le droit à 200 000 Cubains de s'installer aux Etats-Unis contre quoi tout Cubain intercepté en mer est renvoyé sur l'île des Caraïbes.

Mais la levée de l'embargo qui touche Cuba depuis 1962 n'est pas encore au programme de la politique d'Obama.

samedi, 27 juin 2009

CUBA : Une Française expulsée de La Havane pour ses contacts "contre-révolutionnaires"

Marie Berengere-220.jpg

Les étrangers sont les bienvenus à Cuba, tant qu'ils s'en tiennent aux plages et n'ont pas trop à faire avec la population locale. Une étudiante française l'a appris à ses dépens : les autorités cubaines l'ont arrêtée, interrogée puis rapatriée de force parce qu'elle avait passé un peu trop de temps avec des opposants.

Marie-Bérengère Ruet, une étudiante en master de recherche à l'Institut d'études politiques de Paris, a passé deux mois à Cuba au printemps dernier pour faire des recherches sur les groupes d'opposition cubains. Durant son séjour, elle s'est liée d'amitié avec plusieurs militants d'opposition, considérés comme de dangereux délinquants contre-révolutionnaires par les autorités cubaines.

"Concrètement, tout ce que j'ai fait, c'est parler à des militants d'opposition"

Marie-Bérengère Ruet est étudiante à Sciences-Po Paris.

 

Le 15 avril dernier au matin, huit hommes vêtus de l'uniforme vert du ministère cubain de l'Intérieur (Minit) m'ont arrêtée alors que je rentrais au domicile de ma famille d'accueil, rue Manrique, à La Havane. Ils m'attendaient depuis deux heures au coin de la rue. Ils m'ont emmenée dans les locaux du département de l'immigration, où ils m'ont interrogée durant plusieurs heures.

Les fonctionnaires de la Minit qui m'ont interrogée qualifiaient les opposants cubains de "terroristes capitalistes" payés par la CIA pour déstabiliser le régime. Rien à voir avec les militants souvent fauchés que j'avais fréquentés, comme ces huit journalistes-blogueurs qui se partageaient un ordinateur et un appareil photo. Pour se connecter à Internet, ils doivent accéder (souvent en cachette) aux ordinateurs publics des ambassades étrangères.

J'ai aussi été accusée de m'être rendue dans un camp de travail pour parler à des prisonniers. Je n'y ai jamais mis les pieds, même si je suis devenue amie avec un gars dont le frère était en camp de travail, et qu'on a parlé un moment de lui rendre visite. Leur info est peut-être venue de là.

Je ne sais pas ce que les interrogateurs ont fait à mon ordinateur après l'avoir confisqué, mais quand ils me l'ont rendu il ne marchait plus. J'ai dû le réinitialiser, et j'ai perdu la majorité de son contenu, y compris toutes mes photos de voyage. J'ai eu de la chance d'avoir sauvegardé la plupart des notes pour mon mémoire.

Le lendemain de l'interrogatoire, ils m'ont escortée à l'aéroport et expulsée. Avant de partir, je n'ai pas pu dire au-revoir à mes amis et à mes contacts cubains, de peur d'être surveillée. La licence [pour héberger des touristes] de ma famille d'accueil, sanctionnée d'une amende de 1 000 dollars, a été annulée.

Je m'attendais à moitié à ce que ce genre de choses arrive, peut-être que je n'ai pas assez fait attention. Ça m'a quand même choqué : concrètement, tout ce que j'ai fait, c'est parler à des militants d'opposition.

Je n'ai pas vraiment eu peur pour moi, mais je m'inquiète pour les gens que j'ai connus là-bas. Les fonctionnaires de la Minit ont même confisqué deux lettres d'amour qu'un Cubain m'avait écrites. J'essaie de garder le contact avec les gens là-bas, mais les lignes téléphoniques ne marchent souvent pas et ils ont rarement accès à Internet. Je ne sais pas ce qui arriverait si j'essayais de retourner à Cuba aujourd'hui, je préfère ne pas le faire pour l'instant."

Marie-Bérengère Ruet avec Roberto de Jesus Guerra Perez, journaliste indépendant cubain et militant des droits de l'Homme, à Guanbacoa. Photo prise par un autre appareil que le sien, c'est une des seules photos de voyage que Marie-Bérengère a pu conserver.

mardi, 02 juin 2009

Honduras / Cuba : pomme de discorde au sein de l’OEA

Par rfi

Ce mardi s'ouvre à San Pedro Sula au Honduras l'assemblée annuelle de l'Organisation des Etats américains. Et une question devrait largement dominer cette rencontre des 34 ministres des Affaires étrangères : la réintégration de Cuba au sein de l'OEA, 47 ans après sa suspension. Mais tous les pays membres de l'organisation sont loin d'être d'accord sur la question.

Logo de l'Organisation des Etats Américains.(Photo : Organisation des Etats Américains)

Logo de l'Organisation des Etats Américains.
(Photo : Organisation des Etats Américains)

Le scénario qui pourrait se dérouler lors de la rencontre des 34 ministres des Affaires étrangères au Honduras risque de ressembler sensiblement à celui du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, en avril dernier. La question cubaine était alors omniprésente et le nouveau président américain, Barack Obama avait fort à faire de calmer la ferveur unanime de ses voisins latino-américains qui exigeaient la levée de l’embargo américain contre l’île castriste ainsi que le retour de Cuba au sein de l’Organisation des Etats américains d’où le pays a été exclu en 1962, en raison de son « virage marxiste-léniniste ». Le sommet de Trinité-et-Tobago s’était d’ailleurs terminé sans consensus faute d’avoir trouvé un accord sur la question cubaine.

Cuba : Etats-Unis contre Gauche radicale

Durant les réunions préparatoires pour la rencontre de l'OEA au Honduras, les mêmes divisions étaient toujours perceptibles. Trois pays ont déposé des projets de résolution : les Etats-Unis, le Honduras et le Nicaragua.

Certes, les trois déclarations demandent toutes une réintégration de Cuba au sein de l'OEA. En revanche, elles divergent fortement sur le chemin pour y parvenir. La proposition la plus radicale est celle du Nicaragua, soutenu notamment par le Venezuela et la Bolivie. Elle exige la révocation, immédiate et sans condition, de la résolution de 1962, en la qualifiant d’« erreur et d’acte d’injustice qui a causé une misère extrême à la population cubaine ».

De leur côté, les Etats-Unis ont riposté en formulant une contre-proposition. Celle-ci permettrait à l'OEA de discuter avec Cuba d'un éventuel retour, mais à condition que l'île communiste se mette d'abord en conformité avec la charte démocratique de l'organisation. Une proposition qui a directement été rejetée par la gauche radicale : « Ni l’OEA, et encore moins les Etats-Unis, peuvent dicter des conditions à Cuba pour retourner au sein de l’organisation », ont argumenté les opposants à la résolution américaine.

Le défi d’Hillary Clinton

Le défi auquel doit faire face la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à San Pedro Sula n’est donc pas négligeable. Elle doit, en quelque sorte, réussir là où le président Obama a échoué : elle doit absolument arracher un compromis à ses homologues latino-américains tout en évitant de leur donner l’impression que Washington leur force la main. Car, en cas de non-consensus, la gauche radicale pourrait pousser sa résolution au vote. Elle devrait acquérir deux tiers des voix, soit 23 pays, pour être adoptée.

Il est pourtant peu probable que les Etats membres prennent réellement le risque d'isoler les Etats-Unis. Washington n’est pas seulement le plus important pilier au sein de l’OEA mais aussi son plus grand financier.

Salvador : Aussitôt investi, Mauricio Funes renoue avec Cuba

Par rfi.fr. Article publié le 02/06/2009

Mauricio Funes, élu le 15 mars dernier, a été intronisé officiellement lundi président du Salvador. Pour ce pays, déchiré par une guerre civile de 1980 à 1992, et gouverné depuis par une droite très conservatrice, la journée était historique. Car c’est un représentant de l’ex-guérilla du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN) qui accède au pouvoir, pour la première fois. Le premier geste du nouveau président était de renouer les relations avec Cuba, rompues depuis l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959.
Le nouveau président du Salvador Mauricio Funes, en compagnie de son épouse Wanda Pignato, après la prestation de serment, le 1er juin.(Photo : Reuters)

Le nouveau président du Salvador Mauricio Funes, en compagnie de son épouse Wanda Pignato, après la prestation de serment, le 1er juin.
(Photo : Reuters)

Le serment de Mauricio Funes, nouveau président salvadorien, a été prononcé lundi devant des milliers d’invités, au son du canon, en suivant toutes les règles du protocole. C’est pourtant un changement considérable qu’est en train de vivre ce petit pays d’Amérique centrale.

Mauricio Funes, premier président de gauche du Salvador, a annoncé toute une série de mesures pour les 40% de pauvres du pays, de la gratuité des fournitures scolaires à la construction de logements.

Inspiration

Se situant d’emblée dans le camp de la gauche modérée, il a aussi nommé les deux hommes qu’il considère comme ses modèles : le président américain Barack Obama, qui était représenté par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, et le Brésilien Lula, présent à la cérémonie.

Une inspiration qui l’a amenée à prendre une première décision spectaculaire : le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, ce qu’ont déjà fait tous les autres pays d’Amérique latine.

Pour le reste, et notamment sa politique sociale, le nouveau président salvadorien devra compter avec une Assemblée où il n’a pas la majorité, avec des rentrées fiscales en berne, et une crise économique sans précédent. D’énormes défis pour cet ex-journaliste, entré en politique il y a seulement deux ans.

lundi, 01 juin 2009

Etats Unis / Cuba : Nouvelle éclaircie dans les relations américano-cubaines

Par  RFI. Article publié le 01/06/2009 

Alors que s'ouvre, mardi 2 juin, le sommet de l'Organisation des Etats américains (OEA), Cuba a accepté, dimanche, de rouvrir les pourparlers avec les Etats-Unis sur l'immigration et l'envoi direct de courrier, des discussions suspendues depuis 2003. La question migratoire demeure un enjeu crucial. Des milliers de Cubains se lancent, chaque année, dans un périlleux exode à destination des Etats-Unis. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a amorcé un assouplissement de la politique américaine envers l'île. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton a fait part de sa grande satisfaction.

 Menava Borroto, d'origine cubaine troque le drapeau de Cuba contre un drapeau américain lors d' une cérémonie de naturalisation, le 30 août 2007 à Fort Lauderdale, en Floride.( Photo :Joe Raedle /AFP )

Menava Borroto, d'origine cubaine troque le drapeau de Cuba contre un drapeau américain lors d' une cérémonie de naturalisation, le 30 août 2007 à Fort Lauderdale, en Floride.
( Photo :Joe Raedle /AFP )

L'offre avait été transmise à Cuba il y a une bonne semaine : afin d'améliorer la concertation logistique en matière d'immigration, le département d'Etat souhaitait reprendre les pourparlers bilatéraux qui se tenaient tous les deux ans sur ce thème, jusqu'à ce que, en 2003,  George Bush les suspende en accusant Cuba de ne pas respecter les accords existants.

Car même en l'absence de relations diplomatiques depuis près de cinquante ans, les thèmes migratoires ont représenté assez de tensions entre les deux pays pour qu'ils négocient des accords. En particulier après l'afflux de réfugiés chassés de Cuba par la crise économique provoquée par la chute de la grande alliée soviétique.

Des règles communes avaient donc été définies dans les années 90 : 20 000 visas accordés annuellement par Washington et une traque commune des migrants illégaux, puisque les patrouilles américaines doivent rapatrier ceux qu'on appelle les balseros, ces boat-people cubains, sauf s'ils ont réussi à mettre le pied sur le sol des Etats-Unis.

Les leaders de la communauté cubano-américaine ont estimé, et regretté, que cette offre de Washington ait plus à voir avec la crainte d'un exode massif venu de l'autre côté du détroit de Floride, qu'avec un réel effort pour imposer la démocratie à Cuba.

Quoi qu'il en soit, Barack Obama fait un nouveau geste qui est apparemment apprécié de La Havane qui, au passage, s'est dit prête à discuter aussi d'un service postal direct.

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