jeudi, 21 février 2013

Cyclisme

Armstrong rejette l'USADA


Par Rédaction Sport24.com, 20-02-2013

- Panoramic


Après s'être donné le temps de la réflexion, Lance Armstrong a finalement décidé de ne pas témoigner devant l'Agence américaine antidopage, ce qui met normalement un terme à ses espoirs de voir sa peine être réduite.

Lance Armstrong, privé de ses sept Tours de France et radié pour dopage, ne témoignera pas sous serment devant l'Agence américaine antidopage (USADA), qui aurait pu réduire sa suspension à vie en cas de collaboration, a indiqué mercredi dans un communiqué son avocat Tim Herman. «Pour plusieurs raisons, Lance ne participera pas aux efforts de l'USADA d'effectuer des poursuites sélectives aux Etats-Unis qui ne font que diaboliser certains individus tout en n'abordant pas les 95% du sport cycliste qui ne sont pas sous sa juridiction», selon ce communiqué. Selon M. Herman, Armstrong sera toutefois «le premier à passer la porte d'un tribunal international dont le rôle serait d'aborder dans sa globalité le cyclisme professionnel, sport presque entièrement européen, et une fois à l'intérieur de ce tribunal, il répondra à toutes les questions». «Nous espérons qu'uin effort international va voir le jour et nous ferons tout ce que nous pouvons pour que ça soit le cas», a également ajouté l'avocat.

Un délai supplémentaire finalement inutile
L'ancien cycliste américain avait jusqu'à ce mercredi, date limite fixée unilatéralement par l'USADA, pour accepter de fournir sous serment à l'Agence américaine les détails de ses activités, ce qu'il s'était gardé de faire lors de ses aveux de dopage télévisés devant l'animatrice Oprah Winfrey, mi-janvier. S'il avait collaboré avec les autorités antidopage, Armstrong aurait pu espérer une réduction à huit ans minimum de sa suspension qui l'empêche de participer à des compétitions (marathon, triathlon) placées sous l'égide du Code mondial antidopage. Après avoir fixé au Texan de 41 ans une première date butoir au 6 février à la suite des ses aveux télévisés, l'USADA lui avait accordé deux semaines de réflexion supplémentaire car elle semblait avoir compris qu'Armstrong voulait finalement «participer aux efforts visant à nettoyer le cyclisme». Des espoirs aujourd'hui déçus.

L'USADA prend note de ce refus
Selon l'USADA, le camp Armstrong ne l'a pas directement informée de son refus de coopérer. «Ces dernières semaines, Lance Armstrong nous a amené à croire qu'il voulait venir nous aider mais qu'il était préoccupé par la possibilité de possibles répercussions judiciaires au plan pénal et civil, mais nous apprenons aujourd'hui par la presse que M. Armstrong a choisi de ne pas saisir l'occasion de venir honnêtement participer aux efforts de redressement de son sport», a indiqué dans un communiqué le président de l'USADA, Travis Tygart. Mais celle-ci a également indiqué qu'elle poursuivrait son travail sans Lance Armstrong, en continuant de collaborer étroitement avec l'Agence mondiale antidopage (AMA) et d'autres autorités internationales «appropriées et sérieuses».

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lundi, 28 janvier 2013

SPORT

Dopage: le gouvernement américain devrait également déposer plainte, selon l'Usada

LOS ANGELES — Le gouvernement américain devrait se joindre à la plainte pour fraude visant Lance Armstrong déposée par son ex coéquipier Floyd Landis, a estimé dimanche le président de l'Agence américaine antidopage (Usada) Travis Tygart dans l'émission "60 minutes" sur CBS.

Le patron de la lutte antidopage aux Etats-Unis a également déploré qu'Armstrong, déchu de ses sept Tours de France (1999-2005) et radié à vie en octobre, a "exonéré" la Fédération internationale de cyclisme (UCI) durant ses aveux de dopage, diffusés à la télévision il y a dix jours.

"Le gouvernement devrait se joindre à la plainte (de Landis), a estimé Travis Tygart. J'ai été surpris quand l'enquête fédérale (visant Armstrong et l'équipe US Postal) a été refermée (en février 2012) malgré les mêmes éléments que nous avons ensuite recueillis et je serais sous le choc si le ministère de la Justice ne se joignait pas à cette plainte. Je pense que c'est à un jury de décider si les dizaines de millions de dollars d'argent public utilisés par Lance Armstrong et ses associés (de l'US Postal) devraient être remboursés."

Si l'ancien cycliste est reconnu coupable d'avoir trompé le gouvernement en camouflant un programme de dopage au sein de l'équipe US Postal, il s'expose à devoir rembourser environ 90 millions de dollars, c'est à dire trois fois la somme que le gouvernement aurait versée à la formation cycliste.

Le recours civil de Landis s'appuie sur la Loi américaine sur les fausses déclarations, qui autorise un particulier à poursuivre une personne ou une entreprise pour avoir trompé le gouvernement fédéral en échange de pouvoir toucher entre 15 et 30% de la somme récupérée par les pouvoirs publics.

"L'escroquerie d'Armstrong"

Pour Tygart, Armstrong a également été clément envers l'UCI lors de ses aveux devant Oprah Winfrey.

"En gros, il a exonéré l'UCI. Selon nos informations et selon les preuves, la situation est différente (de ce qu'Armstrong a dit sur l'UCI), a expliqué le président de l'Usada. Je pense que le rôle joué par l'UCI dans l'escroquerie d'Armstrong est bien plus important qu'il n'a voulu l'admettre."

Selon la presse américaine, l'Américain ne se présentera pas devant l'Usada d'ici au 6 février, date butoir fixée par Tygart pour qu'il vienne témoigner sous serment devant son agence en échange d'une possible réduction à huit ans de sa suspension à vie. Armstrong serait en effet plus enclin à se livrer devant l'UCI et sa commission "vérité et réconciliation" que devant l'Usada, qui l'a mis à genoux après une traque de plus de deux ans.

Dans des passages de l'émission publiés dès vendredi, Tygart a aussi affirmé qu'Armstrong avait menti plusieurs fois lors de ses aveux, notamment en niant s'être dopé lors de son retour à la compétition en 2009 et 2010.

Selon le président de l'Usada, le Texan de 41 ans cherche à se protéger de possibles poursuites pénales. S'ils étaient avérés, des faits remontant à 2009 ne seraient pas encore prescrits et Armstrong "pourrait être poursuivi pour avoir conspiré et commis une fraude (aux dépens du gouvernement américain)".

Travis Tygart a également expliqué à CBS qu'Armstrong avait bien forcé ses coéquipiers à se doper et que le Texan n'était pas au même niveau de dopage que les autres coureurs mais à un "tout autre niveau".

vendredi, 18 janvier 2013

Cyclisme

Armstrong : après ses aveux, la facture pourrait exploser


Par Olivia Derreumaux Publié le 18/01/2013 à 06:19

Lance Armstrong et Oprah Winfrey. La présentatrice star de la télé américaine a recueilli mardi les confidences de la star déchue du cyclisme.
Lance Armstrong et Oprah Winfrey. La présentatrice star de la télé américaine a recueilli mardi les confidences de la star déchue du cyclisme.

Les organisateurs du Tour de France et plusieurs médias lui réclament déjà 10 millions d'euros. Ses aveux, qui donne du poids à la plainte portée au civil par Floyd Landis, pourraient lui coûter 10 fois plus.

La reconquête de la dignité peut coûter cher. Les aveux officiels de Lance Armstrong au micro d'Oprah Winfrey sur ses pratiques de dopage pourraient venir alourdir la facture financière de la star déchue du cyclisme, qui doit déjà faire face à des demandes de remboursements d'environ 10 millions d'euros (Fédération française de cyclisme, médias…). À titre d'exemple, l'assureur SCA Promotions veut récupérer les 7,5 millions de dollars (5,8 millions d'euros) versés à l'Américain après le Tour de France 2004.

Mais en reconnaissant publiquement avoir triché - et donc violé la base de la plupart des contrats de sponsoring - le Texan ouvre aussi la porte à des demandes de dommages et intérêts. En octobre, lorsque qu'il avait annoncé son intention de ne pas se défendre contres les accusations de dopage lancées contre lui par l'Agence américaine de lutte antidopage (Usada), la plupart de ses partenaires s'étaient contentés de stopper leurs contrats. Un manque à gagner estimé à 115 millions de dollars selon le magazine américain Forbes. Cette triche ouvertement assumée (pour la première fois depuis 10 ans) pourraient les inciter à exiger réparation. Un constat que tempère Fabrice Lorvo du cabinet FTPA, qui estime qu'un sponsor peut avoir plus à perdre qu'à gagner, en matière d'image, à se lancer dans une bataille juridique pour récupérer des sommes déjà versées.

Les fonds publics versés à l'équipe US Postale

Le plus gros risque financier pesant sur le Texan vient pourtant bien d'un sponsor: l'US Postal Service qui a versé près de 32 millions de dollars à l'équipe du coureur entre 2001 et 2004, soit près de 65 % du budget total de la formation. Si la justice américaine décidait de se joindre à l'action au civil entamée par Floyd Landis en 2010, et si Armstrong, dont la fortune est estimée à 96 millions de dollars, venait à perdre ce procès, la facture pourrait être très salée. La loi sous laquelle a été introduite cette action (False Claims Act) prévoit que les coupables de violation d'un contrat tel que celui liant l'US Postal (une entreprise d'État) au vélo, encourent jusqu'à trois fois les montants versés. Soit près de 100 millions de dollars… Pour éviter un tel risque - Armstrong pourrait assumer le paiement de cette sanction s'il était reconnu seul responsable - le coureur serait donc en train de négocier à l'amiable avec l'US Postal et le gouvernement le remboursement de 5 millions d'euros, selon CBS News.

Enfin, l'Union cycliste internationale (UCI) pourrait aussi engager un bras de fer avec le coureur. L'instance mondiale du vélo est sous le coup d'une réclamation d'un de ses sponsors, l'équipementier australien Skins, qui demande 2 millions de dollars au titre du préjudice d'image lié à l'affaire Armstrong. Un scénario toutefois peu probable au cas où, comme semblait le croire le New York Times de mardi, Armstrong venait dans son acte de contrition, à charger les dirigeants de l'institution.

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