lundi, 09 novembre 2009

Le dalaï-lama aux portes du Tibet

Par ouest-france.fr, publié le lundi 09 novembre 2009

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.
Photo : AFP

Sa visite dans un monastère de l'Arunachal Pradesh irrite Pékin, qui réclame la pointe nord-est de l'Inde.

Des milliers de pèlerins avaient fait le voyage, certains marchant depuis cinq jours. Le dalaï-lama s'est posé en hélicoptère au monastère tibétain de Tawang, dans l'État d'Arunachal Pradesh, à la pointe nord-est de l'Inde. Il y a été accueilli par des sonneries de trompes et des centaines de drapeaux de prière fendant le vent glacial.

Cette visite à un jet de pierre du Tibet n'est pas du goût de Pékin, qui accuse le leader tibétain en exil de vouloir « briser les relations » « Je ne promeus que la fraternité universelle », objecte l'intéressé.

Dalaï-lama ou pas, la Chine voit rouge dès qu'il est question de l'Arunachal Pradesh. Pour Pékin, ce territoire de 87 000 km2 constitue la partie sud du Tibet - annexé en 1951 - et il devrait donc lui revenir. Le mois dernier, le régime chinois avait déjà hurlé lorsque Manmohan Singh, le Premier ministre indien, y avait effectué un déplacement.
entre la Chine et l'Inde.

mercredi, 07 octobre 2009

Obama reporte sa rencontre avec le dalaï-lama

07.10.2009 | China Daily

Barack Obama ne rencontrera pas le dalaï-lama, qui séjourne à Washington depuis le 5 octobre. Le président des Etats-Unis préfère attendre la tenue du sommet sino-américain avec le président Hu Jintao, prévu en novembre, avant de rencontrer le chef spirituel des Tibétains. Le Congrès américain a remis un prix au dalaï-lama, le 6 octobre, pour son action en
faveur des droits de l'homme. C'est la première fois depuis dix-huit ans que celui-ci se rend aux Etats-Unis sans rencontrer le président, note le quotidien chinois. Le journal rappelle que les relations entre la France et la Chine étaient tombées au plus bas après la rencontre entre le dalaï-lama et Nicolas Sarkozy, en 2008.

mardi, 04 août 2009

La «dalaï-mania» est à double tranchant

Le dalaï-lama a quitté sa capitale Lhassa il y a déjà 50 ans.
Légende photo: Le dalaï-lama a quitté sa capitale Lhassa il y a déjà 50 ans. (swissinfo.ch)


Les apparitions du chef spirituel et politique tibétain suscitent de fortes allergies chez les dirigeants chinois et une grande fascination en Occident. Mais la médiatisation qui le projette en plein «star system» n'est pas du goût de tous.

«Beaucoup de Tibétains nés en Suisse ne connaissent rien du Tibet, ils sont aveugles. Le dalaï-lama? Je n'ai aucun intérêt pour lui, mais il est intelligent», déclare cette Chinoise de Suisse.

«C'est surtout un bon acteur, renchérit cette autre. Mes amis sont fâchés et ont même parlé d'aller manifester à Lausanne. Nous ne comprenons pas cette idéalisation d'un personnage si peu démocratique», ajoute-t-elle.

Tout en admettant que «c'est de la propagande politique», les deux jeunes femmes expliquent qu'elles ont appris à l'école que «le peuple tibétain a toujours été pauvre et à la botte du riche haut-clergé bouddhiste».

Elles estiment que «ce système qui mélange politique et religion est dépassé» et, surtout, que «le dalaï-lama ne cherche qu'à retrouver son royaume».

La première ajoute que «la Chine a beaucoup investi pour développer le Tibet. Et la seconde que «les Chinois ont d'autres priorités que la question tibétaine: se développer eux-mêmes».

Nationalisme et incompréhension

«Ces commentaires sont significatifs, car les Chinois sont très nationalistes et incapables de comprendre cet engouement occidental», explique un sinologue genevois qui (comme nos interlocutrices chinoises) souhaite rester anonyme.

«La question Chine-Tibet est aussi vaste que celle de l'Alsace-Lorraine au 20e siècle et repose la question de l'Etat-nation, ajoute cet expert. Par ailleurs, la fascination de l'Occident pour le bouddhisme tibétain (plutôt que les autres) me laisse particulièrement songeur: je ne me l'explique que par l'appel d'air créé par notre propre vide ambiant.»

Pour Jean-Marc Falcombello, les attentes créées par la crise spirituelle de l'Occident se nourrissent de l'image parfaite du dalaï-lama: «Son image – et non pas lui-même – est pratique car elle répond aux attentes, si bien qu'il devient une sorte d'acteur d'un film dont il n'aurait pas écrit le scénario.» Ce reporter, connaisseur de l'Asie et bouddhiste, se refuse à préciser si le dalaï-lama est une victime consentante ou l'organisateur du battage médiatique.

Au-delà de la réalité, cette image crée une confusion des genres. «L'idée que la puissance de l'image du dalaï-lama est un soutien puissant à la cause tibétaine ne tient pas debout, car si c'était le cas, la situation du Tibet aurait avancé vers une solution, ce qui n'est manifestement pas le cas», regrette-t-il.

En cinquante ans, aucun Etat occidental n'a en effet reconnu le gouvernement tibétain en exil, dirigé par le dalaï-lama. Lors de ses 21 visites en Suisse, le Prix Nobel de la paix n'a jamais été reçu officiellement par la Confédération. Pour sa 22e visite, il devra se contenter de la présidente de la Chambre basse, ce qui a suscité la controverse des nombreux défenseurs de la cause tibétaine.

Confusion des genres

Claude Levenson, journaliste et auteure de plusieurs livres sur ces questions, déplore «l'organisation un peu trop professionnelle» de ces deux jours d'enseignement qui ressemble plus au concert d'une pop star que d'un maître spirituel.

«Mais les récentes émeutes dans l'est de la Chine ont montré que les Ouïgours dérangent moins Pékin que les Tibétains, poursuit-elle. Résultat, ces derniers bénéficient d'une oreille plus attentive dans l'opinion et certains milieux politiques qui, cependant, mettent en balance leur sort politique et la réalité des rapports de forces politiques et économiques.»

Claude Levenson relève qu'«il y a des jeunes qui ressentent beaucoup de frustration et remettent en question l'approche pacifiste du dalaï-lama mais qui ne remettent pas en question la validité du comportement de celui-ci, c'est toute la contradiction.»

Personne ne peut nier en effet que la médiatisation du maître spirituel empêche la souffrance du peuple tibétain de tomber dans l'oubli. Mais, paradoxalement, la confusion des genres entre religieux et politique facilite la position de Pékin, selon Jean-Marc Falcombello. Lequel relève par ailleurs cette «ironie» qui impose au parti communiste chinois d'avoir à se mêler des affaires religieuses tibétaines.

Ce qui compte, ce sont les gens

«Quant à la population chinoise, elle sait fort bien que les Tibétains ne sont pas Chinois mais elle est tout aussi fascinée que les Occidentaux par cette 'terre pure' très prisée par les touristes chinois.»

Pour S.H., dissident chinois à Hongkong, la question n'est pas l'indépendance ou non du Tibet. «Ce qui est important, ce sont les gens. Les Hans (majorité chinoise) et les Tibétains sont voisins, ils doivent trouver une solution s'ils ne veulent pas payer un prix trop sanglant.»

Pour ce syndicaliste, l'essentiel est de faire progresser les droits en Chine comme au Tibet. «En cela, je respecte le dalaï-lama, parce qu'il place les êtres humains au centre de sa vision spirituelle.»

Le plus urgent est que les Tibétains préservent leur culture et leur religion sans attendre une indépendance politique. «Quand quelqu'un saigne, il faut arrêter immédiatement l'hémorragie, même avec de faibles moyens», conclut le dissident.

A entendre certains sinologues, des historiens officiels commencent à reconnaître que l'idée de grande nation chinoise n'existait pas avant 1911 et, surtout, l'arrivée des communistes. «C'est un grand pas en avant et ce n'est peut-être que le premier», souhaite Jean-Marc Falcombello.

Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

mardi, 02 juin 2009

Dalaï-lama: mises en garde de la Chine

Par AFP. Publié le 02/06/2009

La Chine a lancé aujourd'hui une nouvelle mise en garde aux pays qui accueillent le dalaï lama, le chef des bouddhistes tibétains, dans sa présente tournée européenne, les menaçant d'une "grave détérioration" de leurs relations avec Pékin.

"Toute action irresponsable de quelque pays que ce soit sur cette question représentera une grossière ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et détériorera gravement les relations (de la Chine) avec ces pays", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang à la presse.

Le dalaï lama -- que Pékin accuse de réclamer l'indépendance du Tibet alors qu'il appelle à une large autonomie -- vient de passer trois jours au Danemark où il a été reçu par le Premier ministre Lars Loekke Rasmussen. Après un séjour en Islande, il doit se rendre aux Pays-Bas et en France.

Dans l'hexagone du 6 au 8 juin, le dalaï lama doit recevoir des mains du maire de Paris Bertrand Delanoë la distinction de citoyen d'honneur de la ville qui lui avait été attribuée en 2008.

Ce passage à Paris aura lieu alors que les relations franco-chinoises viennent à peine d'être remises sur les rails: une rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et la bête noire de Pékin en décembre dernier avait ulcéré la Chine et entraîné une brouille de quatre mois entre les deux pays.

jeudi, 07 mai 2009

Dalaï-lama: Pékin met en garde la Ville de Paris

Par AP publié le 07/5/2009

La Chine a exhorté jeudi la Ville de Paris à ne pas remettre le titre de citoyen d'honneur au dalaï-lama lors de sa visite dans la capitale en juin prochain, sous peine de raviver le sentiment anti-français au sein de la population chinoise.

La proposition de Bertrand Delanoë d'élever le dalaï-lama à la dignité de citoyen d'honneur de la Ville de Paris a été votée au Conseil de Paris le 21 avril. Mais aucune cérémonie officielle n'a semble-t-il été programmée pour attribuer ce titre au chef spirituel des Tibétains, attendu dans la capitale du 6 au 8 juin.

"Le dalaï-lama a toujours su opposer, aux abus de la force, la sérénité de la tolérance", a souligné le maire de Paris à propos du prix Nobel de la Paix, selon le site internet de la ville de Paris. "Paris souhaite également, par ce geste, assurer de son soutien fraternel le peuple du Tibet, qui cherche à défendre les plus élémentaires de ses droits: sa dignité, sa liberté, et tout simplement sa vie (...) De cette lutte, Paris est solidaire", a-t-il ajouté.

Si la Ville de Paris accorde le titre de citoyen d'honneur au dalaï-lama, elle se heurtera "une nouvelle fois à la ferme opposition de la population chinoise", a déclaré Ma Zhaoxu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse.

"Nous conseillons vivement à la partie parisienne d'arrêter" de prendre des décisions interférant dans les affaires intérieures chinoises sur les questions liées au Tibet, a-t-il ajouté.

Un représentant de Paris a déclaré jeudi sous couvert de l'anonymat qu'il n'avait pas connaissance d'un projet de manifestation autour de l'attribution du titre de citoyen d'honneur au dalaï-lama à l'occasion de la visite de ce dernier en juin, mais n'a pas exclu qu'un événement puisse avoir lieu.

Après l'appel lancé par Pékin, le porte-parole du Quai d'Orsay Eric Chevallier a de son côté fait savoir que les autorités françaises n'interférent "pas dans une décision prise en toute indépendance par les élus d'une collectivité territoriale, dans le cas présent la mairie de Paris".

"Vous connaissez par ailleurs notre attachement à nos relations de confiance avec la Chine qui s'inscrivent dans un partenariat stratégique global que nous souhaitons développer", a-t-il souligné lors d'un point de presse électronique régulier. "Cela a d'ailleurs été clairement réaffirmé dans le communiqué franco-chinois du 1er avril et lors de la rencontre entre les deux présidents à l'occasion de la réunion du G20 de Londres".

Nicolas Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao se sont rencontrés en tête-à-tête en marge du G-20 de Londres au début du mois d'avril, concrétisant leur rapprochement après un net refroidissement lié à la question du Tibet.

Pékin avait suspendu la plupart de ses contacts avec Paris et annulé un sommet important avec l'Union européenne en représailles à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama en Pologne au mois de décembre. Les liens commerciaux entre la France et la Chine avaient également souffert du récent coup de froid entre Paris et Pékin. AP

vendredi, 13 mars 2009

Dalaï-lama: Pékin d'accord pour discuter

Source: lejdd.fr, publié le 13/03/2009

Le Premier ministre Wen Jiabao a affirmé vendredi que la Chine était ouverte à des discussions avec les émissaires du dalaï-lama si le chef spirituel des Tibétains renonçait à ce que Pékin qualifie de visées séparatistes. Wen a estimé que la politique chinoise à l'égard du Tibet était juste et que la région connaissait la paix et la stabilité, un an après l'intervention des forces militaires pour réprimer des émeutes qui ont fait 19 morts.

Les discussions menées entre les émissaires du dalaï-lama et les responsables chinois n'ont jamais marqué de progrès significatifs. "Ce genre de discussions peut se poursuivre. La condition est que le dalaï-lama fasse preuve de sincérité, de sorte que l'on puisse parvenir à des résultats substantiels", a dit Wen lors de la session annuelle du parlement chinois. Le 10 mars, à l'occasion du 50e anniversaire de son exil après l'échec du soulèvement de 1959, le dalaï-lama a souhaité dans un discours prononcé en Inde que son pays jouisse d'une "autonomie significative".