lundi, 21 décembre 2009

Mexique / Drogue : La police compromise dans la guerre des cartels

Article publié le : lundi 21 décembre 2009



Des soldats mexicains escortent Emilio Guzman Montejo (2e D) chef de la police, détenu pour ses liens avec le baron de la drogue Arturo Beltran Leyva.
Reuters / Margarito Perez



Par RFI

 

La mort du baron de la drogue Arturo Beltran Leyva, alias le Chef des Chefs, considérée par le président Felipe Calderon comme un coup très dur porté contre les cartels du nord, révèle aussi l’implication des réseaux de protections officielles dont bénéficient ces barons de la drogue pour assurer leur protection.

 

Avec notre correspondant à Mexico, Patrice Gouy

 

L’anti-drogue mexicaine doit se battre non seulement contre les trafiquants mais aussi contre ses propres forces d’intervention. Ce n’est ni l’armée, ni la police mais la marine nationale qui a préparé en grand secret et exécuté l’opération contre Arturo Beltran Leyva. Ce choix met en relief la méfiance des services de l’anti-drogue mexicaine vis-à-vis de l’armée de terre.

 

Les premiers interrogatoires réalisés après cette opération révèlent en effet que fonctionnaires, militaires et policiers faisaient partis des 4 cercles de protection du baron de la drogue. Moyennant finances, ils fournissaient des informations en temps réel sur toutes les opérations montées par les services secrets.

 

Un réseau de tueurs, les Zafiros, sillonnaient en voiture jour et nuit, l’Etat du Morelos et la ville de Cuernavaca pour signaler les mouvements militaires, les barrages policiers et toutes opérations suspectes. Il semble que tout le monde savait où vivait Arturo Beltran Leyva. Selon la revue Proceso, le jour de l’attaque, il devait recevoir à sa table un personnage de marque : le général commandant la 24e zone militaire.

Mali / Drogue : L'avion de la cocaïne n'avait pas de papiers en règle

Article publié le : lundi 21 décembre 2009



La carcasse de l'avion de la drogue échouée dans le désert malien.
RFI / Serge Daniel



Par RFI

« L'avion de la drogue » qui, début novembre 2009, aurait selon l'ONU transporté de la cocaïne de l'Amérique du Sud dans le désert malien avait de faux papiers et des papiers périmés, qui ne lui permettaient pas de voler.

 

Arrêter l’avion et son équipage, c’est la demande que formule par écrit et depuis novembre, l’agence de l’aviation civile de la Guinée-Bissau à plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest.

 

Immatriculé à Bissau, précise le même document, l’appareil n’a pas respecté les consignes de navigabilité. Depuis le 31 octobre, le Boeing 727 le plus célèbre désormais au monde, n’avait plus droit de voler. Quand il a posé son ventre dans le désert malien, il circulait donc en toute illégalité. Le sachant, et voulant probablement éviter d’être arrêté en cas de contrôle strict, l’équipage s’est fait établir un autre document venant d’Arabie Saoudite, un faux, pour brouiller les pistes.

 

Aujourd’hui, le coup de crayon pour reconstituer l’itinéraire de l’avion devient de plus en plus net : Panama, Colombie, plus de trace de l’avion un moment et puis son transpondeur, c’est-à-dire cet appareil qui permet de suivre ses traces, fonctionne à nouveau. On le localise vers le Cap Vert, vers la Guinée Bissau et le Sahara : son terminus.

 

L’enquête nationale et internationale progresse plutôt rapidement adoptent de plus en plus profil bas.

jeudi, 17 décembre 2009

Un parrain de la drogue mexicaine a été tué

Créé le 17.12.09 ar 20minutes.fr


POLICE - 1,5 million de dollars était offert pour sa capture...


Arturo Beltran Leyva, le chef d'un des grands cartels de la drogue du Mexique, a été tué mercredi avec quatre de ses hommes dans un affrontement avec des militaires.


Le parrain du cartel dit «des frères Beltran Leyva» a été tué «dans un affrontement intense entre des membres présumés de son organisation et des militaires de l'Infanterie de marine» à Cuernavaca, près de Mexico, a indiqué le ministère de la Marine dans un communiqué.

Le gouvernement fédéral offrait 1,5 million de dollars pour sa capture.

14.000 morts dans le pays à cause des cartels

Quatre des hommes de Leyva ont péri dans la fusillade, dont l'un s'est suicidé en se voyant encerclé par les militaires, et trois militaires ont été blessés par des éclats de grenade, a ajouté le ministère.

Les chaînes de télévision mexicaines ont montré des images de militaires déployés dans les rues de Cuernavaca, à 90 km au sud de Mexico. Cette ville de 350.000 habitants est un rendez-vous de week-end apprécié par les habitants aisés de la capitale, qui y ont des résidences secondaires.

Depuis, les activités des cartels, qui se livrent une guerre sanglante pour le contrôle du trafic de la drogue et de son expédition vers les Etats-Unis, premier client mondial de la cocaïne, ont provoqué plus de 14.000 morts dans le pays, malgré le déploiement de 50.000 militaires en renfort de la police.

mardi, 15 décembre 2009

Mali / Drogue : Sur les traces de l'avion de la cocaïne

Article publié le : lundi 14 décembre 2009



L'avion de la cocaïne, à 200 km au nord de Gao, au Mali.
Photo : Serge Daniel



Par Serge Daniel

 

Notre correspondant au Mali s’est rendu à Sinkrébaka, dans le Sahara, au nord du Mali. C’est là qu’un Boeing 727, soupçonné de transporter une grosse quantité de cocaïne, a atterri début novembre avant d'être incendié. Carnet de route et nouvelles informations sur cette affaire rocambolesque.

 

Les initiés vous le diront, quand tu voyages dans le désert, la veille tu n’en parles à personne. On ne sait jamais ! Je viens, cette nuit, de passer du bon temps à Gao, avec des amis de quinze ans. J’en suis à ma trente-troisième visite dans le coin. Il n’y a pas ici de fête sans viande de mouton. La fête se termine donc, et tout monde se dit « à demain ». Moi, mon demain, c’est 4 heures du matin. J’ai un programme : aller voir la carlingue de l’avion qui, début novembre, a terminé un mystérieux voyage dans le désert malien.

 

Mon véhicule démarre en trombe. Le chauffeur ne conduit pas. Il vise. Il se bat avec le volant. Un coup à gauche, un coup à droite. C’est comme ça dans le désert. Il n’y a pas de bitume, il y a des pistes. Il y a toujours une piste officielle et de nombreuses autres pistes officieuses. On les appelle « les pistes des fraudeurs ». C'est l'une d'elles qu'emprunte le véhicule. Le moteur s’énerve. Les pneus commencent à brûler, il commence à faire chaud. Nous venons de parcourir une centaine de kilomètres. Plus de trois heures de route. Trois pauses. La voiture redémarre. Un chien, venu je ne sais d’où, nous poursuit. Il aboie. Il s’arrête. La voiture continue son chemin, jusqu’à Esarne.

 

Piste naturelle

Esarne est le nom d’un hameau situé au nord de Gao. Le jour s’est déjà levé. Nous sommes tout juste à une cinquantaine de kilomètres de notre terminus. C’est aussi celui de « Air Cocaïne ». C’est l’ONU qui l’a dit. Cinquante kilomètres, donc, du but. Du coup, je suis pris d'une angoisse : « Mon dieu, et si je tombe encore sur un autre atterrissage d’avion clandestin, je fais quoi ? » Voilà pourquoi j’ai peur. Je tente alors de plonger dans un sommeil réparateur. Impossible.

 

Sinkrébaka ! Voilà le nom du site où a atterri l’avion. Devant moi, se dresse la piste. Elle n’a pas été construite à la va-vite, comme on le pensait. C’est une piste naturelle. Très probablement, il y a des dizaines d’années, c’était une mare. Aujourd’hui, elle a bien séché. Et on y voit des pavés naturels argileux, mais très solides. Même avec un marteau, on ne peut pas démolir l’ouvrage.

 

Je reste sur la piste. Plusieurs traces de véhicules. Un interlocuteur est formel : ce sont les véhicules qui sont venus accueillir l’avion. On verra plus tard. La piste est grande en longueur et en largeur. A vu d’œil, si un vent de sable s’abat sur la zone, la piste sera recouverte de sable. A la limite, les complices qui attendaient l’appareil ont seulement eu à débarrasser la piste de sable. Sinon, c’est une piste naturelle. Pas construite, comme le disent certaines sources.

 

Le jour de l’atterrissage, le scénario aurait été le suivant. Quelques heures avant que l’avion se pose, une bonne dizaine de personnes se donnent rendez-vous sur le site.


L’appareil, un Boeing 727-200, arrive donc. Très grand bruit. Il a atterri d’ouest en est. Pour que l’équipage se retrouve, de grosses pierres, et quelques bidons ont été alignés sur la piste. L’avion atterrit donc sans problème, arrive en bout de piste. Il fait tranquillement demi-tour, s’arrête. Les véhicules arrivent. Ceux qui attendaient rencontrent ceux qui sont venus à bord de l’appareil. Ils règlent leurs affaires. L’appareil est vidé de son contenu. Ensuite, les pilotes dirigent l’appareil vers une zone sablonneuse, donc quittent la piste. Freins ! Tout l’équipage descend. Et méticuleusement, on arrose l’avion d’essence. Il a très probablement brûlé pendant des jours.

L'avion de la cocaïne, à 200 km au nord de Gao, au Mali.
Photo : Serge Daniel
L'épave de l'avion livre des indices

 

L’avant de l’appareil est détaché de son ventre qui est à son tour, détaché de l’arrière. Beaucoup ! Beaucoup de ferraille ! Il y a même de la cendre. Je regarde de près. Il n’y a avait pas de siège passagers à bord. C’est un cargo. Ce modèle est fait pour transporter du matériel et des hommes. En tout cas, beaucoup de matériel. Et pour que les sièges n’occupent pas la place inutilement, on les enlève.

 

Je regarde encore l’épave, et elle se décide à me parler d’avantage. Les traces de son immatriculation sont visibles. Il vient d’Amérique du Sud. Cette première information, obtenue par les enquêteurs, grâce aux services de renseignements maliens (la sécurité d’Etat) a été capitale.

 

« Nos collègues maliens des services, ont été très efficaces. Alors que d’Amérique latine, certains voulaient brouiller les pistes, les renseignements maliens, ont tout de suite donné la bonne information, malgré le peu de moyens qu’ils ont pour bosser », confie une source sécuritaire d’un pays étranger, basée dans le nord du Mali.

 

Dans le cockpit, ou ce qui en reste, des boutons calcinés. La carlingue n’a plus aucune valeur marchande. Il constitue un poids pour ce désert. A l’intérieur de son aile gauche, le fer est plus rouillé que celui de l’aile droite. Un côté a-t-il plus brûlé qu’un autre côté ? Ou bien l’appareil est-il tout simplement un vieux coucou qu’on a été réveiller pour un dernier service. Il y a un peu de vrai dans cette hypothèse. L’avion n’était pas destiné à redécoller du désert. Un ami pilote l’explique bien : « Si tu as un avion qui coûte 800 millions de dollars, qui te rapporte des milliards de dollars d’argent facile, l’avion ne t’intéresse plus, surtout si on peut t’arrêter ».

 

Plusieurs personnes dans plusieurs pays impliquées

Le désert était donc le cimetière de l’appareil. Une source sécuritaire d’un pays limitrophe affirme que l’avion aurait pu atterrir en Mauritanie, en Algérie. Que faut-il comprendre par là ? « Je veux souligner que plusieurs personnes dans plusieurs pays sont impliqués dans l’affaire ». « A ce stade de l’enquête, le problème n’est plus de dire 'voilà les suspects ! ',  c’est plutôt qui va le premier les dénoncer, la justice doit déclencher les interpellations », affirme une autre source.

 

Regardons encore l’avion : on sait aujourd’hui avec précision que les plaques minéralogiques des véhicules qui ont « accueilli » l’avion viennent du Niger voisin. Ce sont de fausses plaques, confectionnées dans un autre pays, toujours voisin du Mali. L’affaire tourne beaucoup autour du Mali. Il y a aussi des réponses à d’autres questions : pourquoi l’avion a atterri dans le désert, côté malien ? Réponse : c’est un bled perdu. De Gao à l’épave de l’avion, il faut cinq heures de route, avec une bonne voiture. Mais encore ? De tous les pays du Sahel, le Mali fait partie de ceux qui n’ont pas les moyens de veiller sur l’ensemble de leur territoire.

 

J’interroge encore l’appareil : Combien de fois tu t‘es posé ici pour y déverser des produits illicites ? J’ai la réponse de plusieurs sources : jusque-là, dans le Sahara, ce sont les petits coucous qui venaient atterrir, avec dans leur ventre des produits illicites. Une fois au sol, l’appareil redécollait facilement. Mais cette fois-ci, au lieu d’un petit coucou, on a choisi un gros coucou, qui pouvait transporter beaucoup plus de marchandises. Et beaucoup plus de marchandises, rapporte beaucoup plus d’argent. J’interroge une dernière fois l’appareil qui gît sur un site du nom de Sinkrébaka. Sinkrébaka, signifie, m’a-t-on dit, « bélier qui a des cornes tordues ».

 

Pour une histoire tordue, c’est une bonne coïncidence. J’interroge alors : avant de venir sur le site, j’ai vu une photo pâle de l’épave. Mais ce 10 décembre 2009, je constate que l’appareil a perdu beaucoup de poids. Je trouve sur place la réponse : je vois des traces de tadjila, nourriture prisée chez les touaregs. Alors que s’est-il passé ? Des dizaines, et des dizaines de personnes dont des touaregs viennent s’installer et couper l’épave, récupérer de l’aluminium, et aller le vendre aux forgerons. 1 500 FCFA le kilo d’aluminium. Triste fin pour l’épave. Triste fin pour l'avion.

 

L'itinéraire du vol «Air Cocaïne»

Par Christophe Champin

On en sait un plus aujourd’hui sur le parcours de l'avion que la presse malienne a surnommé « Air Cocaïne ». De bonne source, le 16 octobre 2009,  un boeing 727-200  en provenance de l’aéroport international Tocumen à Panama, atterrit à Maracaibo, dans l’état vénézuélien de Zulia, frontalier de la Colombie. Son plan d’escale annonce qu’il est en transit pour le Mali.

Le but de l’escale à Maracaibo est officiellement de faire du carburant. Est-ce alors qu'a été chargé la cocaïne ? En tous cas, l'appareil repart. Mais il est d'abord perdu par la tour de contrôle, qui repère tout de même un avion non identifié faisant route au sud.

Le 17 octobre, nous disent nos sources, le radar vénézuélien informe que l’avion vient de rebrancher son transpondeur. Il se trouve alors en sortie de l’espace aérien vénézuélien. Il est alors pris en charge par Trinidad et Tobago.

Peu après, le Venezuela informe que le 727 fait route vers Praia au Cap Vert. Un message d'alerte est lancé par le Venezuela.

Quelques jours plus tard, après un blanc, un silence de deux semaines, favorisé par la couverture radar insuffisante de l’Afrique de l’Ouest, la carlingue est découverte incendiée, dans le désert malien.

mercredi, 02 décembre 2009

"Fumer un joint est devenu aussi banal que fumer une clope"

Par Caroline Politi, publié le 02/12/2009


50% de la population a déjà fumé un joint. La ville de Paris vient de lancer une semaine de prévention sur les dangers du cannabis. Une initiative indispensable pour le Dr Guillaume Petit, addictologue dans un centre spécialisé.


44% des Français de moins de 17 ans ont déjà fumé un joint.

REUTERS

44% des Français de moins de 17 ans ont déjà fumé un joint.


Le cannabis est aujourd'hui la drogue la plus consommée en France. Qui en sont les utilisateurs ?

Il n'y a pas de profil type des personnes dépendantes au cannabis. Aujourd'hui, sa consommation s'est banalisée et on retrouve cette drogue dans tous les milieux. Pour beaucoup de gens, fumer un joint est devenu aussi banal que fumer une clope. Il y a néanmoins des points communs entre des personnes dépendantes au cannabis: il s'agit en majorité de garçons qui ont commencé à fumer dans un milieu festif et pour qui, petit à petit, le joint a envahi le quotidien.

 

Le cannabis est pourtant réputé comme étant une drogue non addictive ?

En effet, le cannabis ne provoque pas une dépendance physique mais psychologique. Evidemment, il y a plusieurs types de consommation et fumer un joint de manière occasionnelle -dans une fête par exemple- ne fait pas de nous une personne "accro". Mais la dépendance peut s'installer très rapidement. Les personnes ayant un facteur génétique de vulnérabilité vont être plus sensibles et vont devoir augmenter rapidement les doses. Il n'y a pas un seuil au-dessus duquel on est dépendant. En revanche, on considère qu'une personne est addict lorsqu'elle ne peut pas concevoir sa journée sans fumer. Pour certains ce sera 3-4 joints, d'autres plus...

 

Quelles sont les conséquences d'une consommation répétée de cannabis ?

Mais même si le cannabis n'est pas considéré comme une drogue douce, les conséquences d'une consommation répétée peuvent être très graves. Au centre d'addictologie dans lequel je travaille, la plupart des patients qui viennent nous voir fument depuis des années, voire des décennies. Ils ne travaillent plus, ont coupé les liens avec leurs familles ou leurs amis (ou les voient de manière très occasionnelle) et ne sortent souvent de chez eux que pour s'approvisionner. D'autre part, la consommation de cannabis favorise parfois l'apparition d'un comportement schizophrène. Sans parler du tabac qui est mélangé au cannabis...

 

Se sevrer du cannabis est-ce aussi difficile que pour une drogue dure ?

Comme la dépendance au cannabis est essentiellement psychologique, les personnes qui arrêtent n'ont pas tout les symptômes physiques du manque. En revanche, le sevrage s'accompagne souvent d'un sentiment d'angoisse, de crise de panique et parfois même de dépression. Nous les aidons en leur fournissant une aide psychologique et parfois des anxiolytiques légers ou des anti-dépresseurs. Ensuite, les anciens consommateurs doivent réapprendre à vivre sans produit ce qui n'est pas si évident lorsque pendant plusieurs années, leur vie a entièrement tourné autour du joint.

 

Comment aider une personne dépendante ?

Il faut dans un premier temps aborder le problème avec elle, voir comment elle perçoit sa consommation et si elle la juge problématique. Il est malheureusement très difficile d'agir contre le gré d'une personne. Il faut ensuite l'orienter vers une structure qui l'encadrera et l'aidera à arrêter.

 

Que pensez-vous du cannabis à usage thérapeutique ?

D'après les études réalisées, lorsque le cannabis à usage thérapeutique est encadré et qu'il est utilisé de manière ponctuelle, les résultats sont plutôt positifs. Il permet, par exemple, de calmer les douleurs des personnes atteintes de cancer mais il doit absolument être consommé sous l'étroite surveillance d'un médecin. Mais nous avons assez peu de recul en France sur cette pratique car elle est interdite.

samedi, 28 novembre 2009

Le Mexique se dote d’un nouveau Centre de renseignements contre le crime organisé

Article publié le : samedi 28 novembre 2009


Inauguration du nouveau Centre de renseignements contre le crime organisé, à Mexico, le 14 novembre 2009.
AFP/Alfredo Estrella


Le président mexicain Felipe Calderon a inauguré en début de semaine un nouveau Centre de renseignements contre le crime organisé pour mieux lutter contre les cartels de la drogue et les mafias responsables de 15 000 homicides dans le pays ces trois dernières années.

Avec notre correspondant à Mexico, Patrice Gouy

Felipe Calderon a inauguré un nouveau Centre de renseignements de la police fédérale qui pourra coordonner toute l’information permettant de lutter contre les cartels de la drogue, les mafias, le séquestre, l’extorsion et le vol.

Ce centre d’opérations, appelé Plateforme Mexico, est un véritable bunker, enterré au cœur de la ville. Deux cents analystes auront un accès en ligne à un système unique d’information criminelle comptant 390 millions de dossiers informatisés, ce qui fait de ce centre l’un des plus sophistiqués au monde.

Cet outil ultra moderne va renforcer l'efficacité de la police jugée trop passive. Les cartels ont tué 15 000 personnes en trois ans. Dans la seule ville de Ciudad Juarez 1 653 personnes ont été assassinées en 2009.

Cette plateforme sera capable de coordonner en temps réel, le déploiement des forces de sécurité, la surveillance des installations stratégiques et la protection des habitants. Felipe Calderon a indiqué que la guerre contre la grande délinquance ne pouvait être gagnée qu’avec la technologie, l’information et les services de renseignements.

jeudi, 26 novembre 2009

Toumani Touré s'exprime sur l'avion de la cocaïne

Le leader libyen Mouammar Kadhafi et le président malien Amadou Toumani Touré, à Tripoli, le 24 novembre 2009.
AFP / Mahmud Turkia


Par RFI

 

Pour la première fois, un officiel malien, qui plus est, le président Amadou Toumani Touré lui-même, a évoqué mercredi l'affaire de l'avion qui a transporté de la drogue et qui s'est posé, début novembre, dans le nord du Mali. Une intervention du chef de l'Etat qui apporte quelques éclaircissements.

 

Le président malien affirme que les événements se sont déroulés le 2 novembre. Il ne se prononce pas sur le contenu de l’avion, mais il confirme qu'une fois l’appareil au sol, l’équipage a voulu y mettre le feu pour faire disparaitre des indices. « Mais très rapidement, poursuit Amadou Toumani Touré (ATT), les services de sécurité du Mali se sont rendus sur place. Des références de l’appareil ont été récupérées. »

 

Sur le silence observé jusque-là par son gouvernement, le président de la République explique que c’est pour ne pas gêner l’enquête. Il révèle ensuite qu’une enquête nationale et une autre enquête que celle-là, - internationale -, sont actuellement en cours.

 

ATT laisse également entendre que bientôt on saura la vérité, avant d’ajouter que le Mali seul ne peut pas combattre les bandes de criminels qui écument la bande sahélo-saharienne.

 

C’est au retour d’une visite au Qatar, avec escale en Libye, que le numéro un Malien a fait ces déclarations à la presse nationale. La télévision malienne a d’ailleurs montré avec insistance les images de la réception par le colonel Kadhafi, un peu comme si Bamako et Tripoli constituaient le pilier de l’enquête en cours.

lundi, 23 novembre 2009

MALI : Trois personnes arrêtées dans l'affaire de l'«avion de la drogue»

Article publié le : lundi 23 novembre 2009


Latifa Mouaoued/RFI



Par RFI

Trois Maliens qui découpaient l'épave d'un Boeing ayant servi, selon l'ONU, au transport de cocaïne entre le Venezuela et le Mali ont été arrêtés dans la région de Gao, dans le nord-est du Mali. La question est de savoir si ces personnes voulaient faire disparaître des traces ou alors simplement récupérer des matériaux.

Au nord de Gao, où se trouvent les restes de l’avion, trois hommes de nationalité malienne ont été arrêtés et transférés à Bamako par vol spécial. Ils ont été surpris en train de découper l’épave de l’appareil. S’intéressaient-ils à la ferraille, ou bien étaient-ils en mission commandée pour faire disparaître des preuves ? L’enquête est en cours.

Les autorités libyennes s’intéressent, ellles aussi, à l’affaire. Des experts de Tripoli se sont rendus sur place avec, dans leurs rangs, un pilote de chasse.

Il est désormais acquis que deux semaines avant le jour J, un petit avion avait survolé la zone ou peut-être atterri au même endroit. Il se pourrait qu’il était en repérage. Ensuite, selon un témoin qui a vu l’appareil abandonné à plus de 200 km au nord de Gao - et non 15 km comme précédemment indiqué - on a en effet affaire à un Boeing 727 ; un type d’avion qui peut bien atterrir dans la zone dont le sol est résistant.

Deux autres éléments dans cette affaire : l’appareil n’avait pas forcément tenté de redécoller ; il pourrait bien s’agir d’un voyage organisé sans intention de retour. Enfin, au sujet de la drogue transportée, et qui aurait été déversée, beaucoup de personnes seraient impliquées. Une source précise qu'il est impensable qu’un triréacteur ait pu faire le trajet entre le Venezuela et le nord du Mali sans escale dans un ou deux pays de la sous-région.

lundi, 19 octobre 2009

Confessions d'un caïd travaillant pour les cartels

Christophe Cornevin (lefigaro.fr), 19/10/2009


Le savoir-faire de Laurent Fiocconi lui avait vite valu d'être rebaptisé «El Mago» - «le magicien» - par les cartels sud-américains.
Le savoir-faire de Laurent Fiocconi lui avait vite valu d'être rebaptisé «El Mago» - «le magicien» - par les cartels sud-américains. Crédits photo : TF1

Celui qui raffinait de la cocaïne dans la jungle est désormais un retraité repenti qui vit en Corse.

Dans le milieu du grand banditisme, où certains distribuent les surnoms comme d'autres sèment les cadavres, il s'est forgé une redoutable réputation en se faisant appeler juste «Charlot». Tour à tour orphelin élevé par ses oncles corses, caïd s'étant durci le cuir dans le milieu des cercles de jeux et les bordels, en dévalisant les magasins, les satyres rôdant autour des vespasiennes et les succursales bancaires, Laurent Fiocconi a fréquenté de près les «beaux mecs» de la French Connection, Francis Vanverberghe alias le Belge en tête, avant de suivre une trajectoire hors du commun.

Sulfureuse, tapageuse puis tragiquement exotique dans la mesure où il affirme être le seul gringo français à avoir travaillé la poudre blanche dans les laboratoires clandestins de la jungle colombienne, où il a vécu trois ans. Un savoir-faire qui lui a vite valu d'être rebaptisé «El Mago» - «le magicien» - par les cartels sud-américains. «Pourchassé mort ou vif en 1970 par les guérilleros du M19 devenus aujourd'hui les Farc, j'ai appris aux chimistes locaux à ne rien gâcher, en extrayant l'alcaloïde extrait de la coca et incrusté dans des chiffons, raconte Charlot au Figaro. J'arrivais à tirer plus de 235 grammes de poudre d'un lot de pasta là où les locaux n'en faisaient guère plus de 8 grammes…»

 

Stakhanoviste du braquage

Assez vite, Fiocconi devient le chimiste d'Hector Roldan, un narcotrafiquant soi- disant importateur de BMW à Cali. Racontée sans fard ni effet de style dans une autobiographie à paraître mercredi prochain (Le Colombien, Éditions du Toucan), son histoire rappelle s'il en était besoin qu'une vie de voyou n'est ni romantique ni glorieuse.

Certes, Charlot a flambé très jeune en Maserati, dans des costumes taillés sur mesure par les couturiers du show-business et des politiciens. «Quand on est pauvre en étant gosse, on compense quand l'argent facile coule à flot plus tard», plaide ce stakhanoviste du braquage qui se targue de «n'avoir travaillé guère plus de quinze jours dans la vie». Côtoyant le parrain de Toulon Jean-Louis Fargette, dit la «Savonnette» en raison de sa propension à glisser entre les doigts de la police, il montera en puissance au côté de Jean-Claude Kella, les «Yeux Bleus», ou le «Diable», baron de l'exportation de l'héroïne dans les années 1970 vers les États-Unis.

«La came partait par dizaine de kilos cachée sur des passeurs ou des doubles fonds et les billets revenaient par liasses entières. À 28 ans, on avait chacun empoché notre premier million de dollars. Mais les pépins ont commencé dès 1970…» La dolce vita s'arrête net en Italie avec l'interpellation des duettistes de la schnouff par les carabiniers et leurs homologues américains des narcotrafics. Ils écopent de 40 ans de prison, découvrent la dureté des pénitenciers américains : «J'y ai vu un gamin hurler de douleur et mourir sous l'œil de quinze détenus parce qu'un paquet de cocaïne ingéré s'était percé dans son ventre. C'est en regardant des films projetés par les matons en prison que j'ai pris conscience des ravages que faisait la drogue. Avant, je pensais juste que ce type de trafic était moins risqué et plus rentable que l'attaque des banques et des coffres-forts, que je forçais sans peine grâce à un CAP de ferronnerie obtenu gamin en maison de redressement…»

Ce goût du travail manuel lui fut fort utile lors de ses trois évasions, notamment des geôles de New York où il confectionna à la lime pas moins de sept clefs selon des empreintes de serrure faites à la mie de pain. Aujourd'hui rangé des voitures après avoir purgé 17 ans d'enfermement, le Colombien a pris sa retraite modestement sur l'île de Beauté, auprès de sa femme, en assurant la main sur le cœur qu'«il changerait tout, si c'était à refaire, pour ne plus rendre les gens malheureux…» Le Magicien veut se racheter une conduite.

Scènes de guerre civile au cœur de Rio de Janeiro

À Rio de Janeiro, Lamia Oualalou (lefigaro.fr), 19/10/2009


Un hélicoptère de la police avec, à son bord, six policiers chargés de localiser des zones de combat entre gangs, s'est écrasé, samedià Rio, touché par des tirs . Deux policiers sont morts et quatre autres blessés.
Un hélicoptère de la police avec, à son bord, six policiers chargés de localiser des zones de combat entre gangs, s'est écrasé, samedià Rio, touché par des tirs . Deux policiers sont morts et quatre autres blessés. Crédits photo : AP

L'explosion de violence intervient deux semaines après le choix de la ville comme siège des JO 2016.

 


L'oreille exercée des habitants du quartier de Vila Isabel, dans la zone nord de Rio de Janeiro, ne laisse pas place au doute. Réveillés par un crépitement de balles, à 2 h 30 du matin dans la nuit de vendredi à samedi, ils comprennent rapidement qu'il ne s'agit pas de tirs de ralliement en plein baile funk, ces fêtes dan­santes à ciel ouvert qui s'emparent des bidonvilles chaque week-end.

Cette fois, c'est la guerre, et elle vient des morros, ces collines peuplées de favelas caractéristiques du paysage de Rio de Janeiro. Leurs sommets, difficiles d'accès et dotés d'une bonne visibilité du voisi­nage, sont les points de prédilection des narcotrafiquants.

En pleine nuit, le gang du Morro de Sao Joao lance l'attaque contre la favela du Morro dos Macacos pour prendre le pouvoir. Des rafales de tirs entre les deux factions durent jusqu'à l'aube, contraignant des dizaines d'habitants de Vila Isabel, un quartier de petite classe moyenne, à fuir leurs appartements par crainte des balles perdues.

 

Menace sur les Jeux minimisée

Pour empêcher la police d'arriver à la zone de combat, des pneus sont incendiés au milieu des routes d'accès.

À 8 h 30, sous la pluie, 120 agents commencent à investir la région. Un hélicoptère couvre leur progression avec, à son bord, six policiers chargés d'identifier l'origine des tirs. À 10 heures, l'inimaginable se produit : l'hélicoptère se transforme en torche, et s'écrase sur un terrain de football. Le véhicule explose dans les minutes qui suivent, tuant deux policiers. Les quatre autres s'en tirent avec de ­graves brûlures. Le répit ne dure pas. À 11 h 30, un bus est incendié en pleine rue dans le quartier de Jacarezinho, un peu plus au nord. Sept autres suivront, dans plusieurs quartiers voisins, pour dévier l'attention de la po­lice.

VIDÉO - Le crash de l'hélicoptère de la police

 

Installer la police dans les favelas

Dans les rues voisines, des automobi­listes en panique font marche arrière pour fuir les lieux d'affrontement. Ce n'est qu'en milieu d'après-midi que le calme revient. Outre les deux policiers, la bataille a provoqué la mort de dix personnes, présentées par les autorités comme des trafiquants de drogue.

Une cellule de crise a aussitôt été montée pour éviter que ce type d'attaque ne se répète dans d'autres favelas. Quelque 4 000 policiers supplémentaires viennent d'être mobilisés, avec le rappel de tous ceux qui étaient en vacances. Il s'agit de montrer que les autorités ont la situation bien en main, deux semaines après que la «ville merveilleuse», comme on l'appelle, a été choisie comme siège des Jeux olympiques de 2016.

La presse américaine, qui a mal vécu que Chicago soit écartée au profit de la ville brésilienne, s'est empressée, dès samedi, de souligner que l'hélicoptère a été abattu à dix kilomètres d'un des lieux destinés à abriter une partie de la compétition.

Le gouvernement régional comme le pouvoir fédéral se sont empressés de minimiser les menaces de violence sur les Jeux. «En choisissant la ville, les membres du Comité olympique connaissaient déjà le travail qui a été mené et se poursuivra dans le domaine de la prévention de la criminalité», explique le ministre de la Justice, Tarso Genro. Il fait référence aux opérations de «pacification» lancées depuis décembre 2008.

Cette nouvelle politique consiste à installer de façon permanente des unités de la police au cœur des favelas, qui, auparavant, se retiraient après les combats contre les narcotrafiquants. L'expérience est un succès dans les cinq favelas investies, la majorité dans la zone la plus privilégiée de la ville.

Les autorités estiment que cette stratégie réduit le champ d'action des trafiquants et les pousse à prendre d'assaut d'autres territoires, comme cela s'est passé ce week-end.

Au Brésil, la sécurité dépend des pouvoirs locaux et non du gouvernement fédéral. Brasilia a mis à la disposition du gouverneur de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, des forces de sécurité supplémentaires. Sergio Cabral a pour l'instant refusé : ce serait un aveu d'impuissance à un an des élections, alors qu'il brigue sa propre succession.

L'efficacité de ses troupes est pourtant douteuse. Dès vendredi, la police savait, grâce à des interceptions de conversations entre factions, qu'une attaque serait lancée contre le Morro dos Macacos. Elle n'a rien pu faire pour l'empêcher.

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