samedi, 19 décembre 2009
Côte d’Ivoire : villages pour petits citoyens modèles

Ils feraient figure de citoyens modèles, les petits habitants des 41 " Villages de la paix" que compte la Côte d’Ivoire. Ces mini-Etats sont nés dans le cadre d’un programme du Centre de recherche et action pour la paix (Cerap) lancé en 2007. En amont du projet d’éducation scolaire à la citoyenneté, 179 enseignants et encadreurs formés à la citoyenneté et à la gestion des conflits. De retour dans leurs établissements, ces derniers créent des clubs, les futurs villages ouverts aux élèves, du primaire au secondaire. Les premiers sont néanmoins plus rares, car souvent trop jeunes. Un journal et un camp annuel assurent la cohésion du mouvement relayé dans 37 établissements de huit villes ivoiriennes (Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Man, Daloa, Daoukro, Bondoukou et Korhogo
Un projet estampillé Harubuntu 2009L’édition 2009 du concours Harubuntu des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains connaîtra son épilogue le 20 décembre prochain à Marrakech, au Maroc, en marge de la 5e édition des Journées panafricaines des collectivités locales, Africités. Afrik.com vous propose tout au long de cette semaine de faire connaissance avec les lauréats qui ont retenu l’attention du jury cette année. |
« Les enfants mettent en place une commission électorale, raconte Mireille Critié Thobouet, la responsable de cette expérience, suivent ensuite les différentes étapes d’un processus électoral jusqu’à l’élection d’un chef de village. Plus tard, les ministres seront nommés par ce dernier. Chaque année, les enfants procèdent à l’élection de leur nouveau chef de village. Ils savent, contrairement à nombre d’adultes, ce que c’est qu’un bulletin unique, une liste électorale... ». Au lycée Sainte-Marie d’Abidjan, l’un des établissements les plus réputés de la capitale économique ivoirienne, ce sont les villageois de la paix qui organisent l’élection des délégués de classe.
L’apprentissage de la citoyenneté et de la gestion des conflits comprend également un volet cohésion sociale qui n’est pas anodin dans une Côte d’Ivoire en proie à une crise politique depuis 2002. Et où les préjugés se transmettent facilement des adultes aux enfants. « A Bondoukou (Est du pays), se souvient Mireille Critié Thobouet, nous avons rencontré des enfants ivoiriens et burkinabè (il y a eu une forte communauté burkinabé dans les campagnes ivoiriennes et depuis 2002 les rapports sont de plus en plus difficiles) qui ne se parlaient. Les enfants avaient tout simplement reproduit les attitudes de leurs parents. Ils répètent aussi ce qu’on entend dans les journaux. Nous avons d’ailleurs compilé les préjugés drainés par ces derniers. »
Les embryons de la démocratie
Autre exemple qui donne la mesure de la pertinence de l’existence des "Villages de la paix". « Nous avions organisé une opération de nettoyage dans une localité à majorité chrétienne, où les musulmans n’ont pas le droit de disposer d’un lieu de culte. Cela n’a pourtant pas empêché un élève musulman de balayer l’intérieur de l’église. Quand on lui a demandé pourquoi il l’avait fait. Il a répondu qu’il trouvait cela normal car nous prions tous le même Dieu ». En attendant de révolutionner les comportements, l’apaisement se ressent d’abord dans le cercle familial. « Les parents nous signalent une amélioration notable du comportement des enfants à la maison. Ils son moins agressifs et plus conciliants ».
Mireille Rolande Critié, trente ans, et les enfants, c’est le récit d’une exploration continue. Les droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant, sont la spécialité de la jeune femme. Elle les a côtoyés dans la détresse – dans la rue ou en prison – et depuis trois ans, elle tente de faire d’eux des citoyens. Dans les villages de la paix, « les enfants sont à l’école de la responsabilité », résume la jeune femme. « Je peux dire, souligne-t-elle le sourire aux lèvres, que j’ai une relation particulière avec 2 000 enfants (qui sont concernés aujourd’hui par le projet qu’elle coordonne). »
En Côte d’Ivoire, cette relation et ses villages de la paix interpellent. D’autres villes, comme Oumé et San Pedro, ont bénéficié de l’assistance technique du Cerap pour mettre en place des villages en dehors du projet qui reste limité en ressources. Fin 2010, l’expérience prendra fin. Mireille Critié Thobouet, elle, effectuera un travail de recherche qui aboutira à la réalisation d’un guide pédagogique sur la création d’un village de la paix. L’heureux bénéficiaire ? Le ministère ivoirien de l’Education nationale dans l’espoir que cette démarche citoyenne soit intégrée aux programmes scolaires. D’autant que le projet du Cerap fait des émules. Depuis cette année, le Tchad construit ses "villages de la paix" et le Burkina Faso commence à l’envisager.
13:27 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d’ivoire, education, femmes, enfance, cerap
mardi, 15 décembre 2009
Fin du mouvement de grève des enseignants au Gabon

Notre correspondant au Gabon
La décision des enseignants gabonais de reprendre les cours fait suite à un accord signé la veille entre les syndiqués et le gouvernement. Mais il s’explique également par le paiement depuis quelques jours des primes de vacations des enseignants pour les examens de la fin de l’année scolaire écoulé, puis par la mesure prise par le chef du gouvernement de payer dès ce mois de décembre les salaires de tous les enseignants, grévistes ou non.
Le gouvernement s’est engagé aussi à payer selon un échéancier précis, dès le mois de janvier 2010, les rappels de soldes des enseignants et ce jusqu’à la fin de la même année. La somme est estimée à près de 13 milliards de francs CFA.
Outre ces mesures l’Etat a octroyé près de 1600 postes budgétaires aux grévistes et 745 enseignants auxiliaires ont été intégrés à la fonction publique, alors qu’un centre spécial de gestion de dossiers des enseignants a été créé au sein du ministère de l’Education pour résoudre les problèmes des personnels de l’éducation. "Nous sommes très satisfaits et nous irons dans les salles de classe dès demain’’, a confié Marcel Libama, l’un des membres du comité directeur de la CONASYSED.
Les enseignants, membres de cette convention syndicale, étaient en grève depuis le 5 octobre 2009, jour qui coïncidait avec la rentréeofficielle des classes au Gabon. Ils réclamaient entre autres le paiement des primes et des rappels de soldes, ainsi que la régularisation de leurs situations administratives.
18:36 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, education, conflit social
jeudi, 05 novembre 2009
Gabon : le système éducatif enrayé par la grève des enseignants
Les élèves des établissements publics se rendent quotidiennement dans leurs écoles et lycées, espérant que leurs enseignants reviendront à de meilleurs sentiments et qu’ils recevront enfin leurs premiers cours de l’année. « Même les enseignants expatriés ne viennent plus dans nos salles de classe depuis le début de cette semaine », a confié une élève du collège Georges Mabignath, à Libreville, ajoutant que l’année dernière, elle et ses camarades de classe sont allés aux examens sans épuiser leurs programmes scolaires.
Bras de fer
« On veut l’école », pouvait-on entendre de la bouche de ces élèves, alors que leurs enseignants assis sut les bancs à l’extérieur des salles de classe expliquaient qu’ils se rendent chaque jour sur le lieu de travail, mais qu’ils ne reprendront la craie que le jour où le gouvernement adhérera à leurs revendications.

L’Etat gabonais a suspendu les salaires des enseignants syndiqués depuis le mois d’octobre 2009, croyant intimider les syndicalistes. Mais cette mesure n’a servi qu’à radicaliser la position des grévistes qui se disent prêts à mourir pour leur cause. Les responsables des syndicats du secteur de l’éducation ont néanmoins repris langue avec le gouvernement et de nombreux parents d’élèves, exaspérés, estiment déjà que cette reprise de dialogue permettra de dénouer définitivement la situation.
Au moment où nous rédigeons cet article, il semble selon des sources concordantes que les bons caisse des enseignants sont déjà disponibles et que certains auraient commencé à toucher leurs salaires d’octobre. La semaine dernière, un collectif de parents d’élèves avait porté plainte contre les membres des bureaux directeurs de ces syndicats auprès du tribunal de première instance de Libreville. Objectif : contraindre ces derniers à reprendre le chemin des classes.
jeudi 5 novembre 2009 / par Pierre Eric Mbog Batassi
Source : afrik.com
19:46 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gabon, education, conflit social
mercredi, 28 octobre 2009
L’excès d’enseignants contractuels, plaie du système scolaire africain

Plus que quatre millions d’enseignants supplémentaires en Afrique, et on arrivera à atteindre le seuil d’Education pour tous (Ept) d’ici à 2015. Depuis 2000, date à laquelle ont été énoncés les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et ceux de l’Ept, les gouvernements africains essaient de rattraper à grands pas leur retard pour approcher au mieux les impératifs onusiens, allant jusqu’à sortir l’artillerie lourde pour multiplier leurs effectifs d’enseignants. Au centre de ce stakhanovisme de l’éducation en marche, le processus de contractualisation des enseignants s’est développé dans l’ensemble des pays du continent depuis une dizaine d’années.
Au lieu de passer les concours organisés par les Ministères de l’Education, il a été octroyé aux candidats au métier d’enseignant le droit de se présenter directement aux écoles, pour être embauchés par elles, sous condition de détenir au moins un diplôme, Bac, brevet ou CAP. Destiné au départ à enrayer les disparités territoriales liées au manque d’instituteurs dans les localités rurales reculées, le recrutement de contractuels est vite devenu affaire courante dans les villes et les capitales africaines. Formation de courte durée, rémunérations au rabais et recrutement aléatoire, ces enseignants, ne coûtant presque rien aux Etats, se sont multipliés. A tel point qu’aujourd’hui, le nombre d’enseignants contractuels viendrait à dépasser le nombre d’enseignants fonctionnaires dans plusieurs pays comme le Mali et le Sénégal, deux pays habitués chacun aux grèves récurrentes de leurs professeurs.
Réunis depuis ce mardi à Bamako, des experts internationaux du système éducatif africain entendent trouver une solution aux effets pervers de cette contractualisation effrénée qui, en dépit de la multiplication du nombre des enseignants, a entraîné une diminution de la qualité du savoir dispensé aux élèves des écoles primaires et secondaires. A l’échelle du pays, ces enseignants contractuels, de niveau d’études différent ont accru les disparités de programme et de contenu entre les écoles. « Le problème majeur de ces enseignants contractuels est leur formation, explique l’Administrateur de programme de l’Union Africaine Mohamed Chérif Diarra. Ils n’ont pas été formés à l’Ecole normale [établissement de formation des maîtres], ils ont suivi des programmes spéciaux de quelques semaines pas plus. Le niveau de ces enseignants est donc très faible et le savoir qu’ils inculquent à nos élèves l’est tout autant ! Il nous faut réagir ! ».
Les Politiques d’ajustement structurel en cause
Opérées dans les années 1990, les réformes institutionnelles de décentralisation et déconcentration en Afrique ont engendré des transferts de compétences concernant le recrutement des maîtres, passé du niveau national à celui des localités. En 2003, le Mali a entamé sa politique de décentralisation. Or, le transfert de certaines compétences de l’Etat aux collectivités locales, dont fait partie la formation des enseignants, ne s’est pas accompagné d’un transfert de ressources financières suffisantes, entraînant la précarisation installée de ces enseignants contractuels. « Les contractuels vivent dans des conditions de travail difficiles, ils ne savent pas de quoi sera fait l’année scolaire qui suit. Ils sont en outre nettement moins bien payés que leurs collègues fonctionnaires », note Mohamed Chérif Diarra.
Selon cet expert, la situation des pays africains francophones, anglophones et lusophones concernant les enseignants contractuels varierait en fonction des niveaux de déconcentration et décentralisation des Etats. Un pays fortement centralisé ayant à ce jour un nombre d’enseignants contractualisés moindre qu’un pays où la décentralisation est forte comme au Nigeria, fondé sur un système fédéral.
« Ce sont les Politiques d’ajustement structurel (PAS) imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui sont à l’origine de ces problématiques. En coupant les financements aux ministères de l’Education de nos pays africains, en imposant une réduction drastique des Ecole normales, et, effet cynique, en mettant à la retraite anticipée les enseignants qualifiés, ils nous ont fait perdre un réservoir important de savoirs et ont provoqué cette situation », souligne Mohamed Chérif Diarra.
Renouveler le recrutement des enseignants, une nécessité
Organisée par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), la Conférence Bamako +5, la deuxième du genre après celle de 2004 sur le même thème, devrait se focaliser en cette édition sur les moyens de renouveler le recrutement des enseignants contractuels. « Ces enseignants doivent être suffisamment formés afin d’être en mesure de dispenser un enseignement de qualité. C’est ce défi majeur que cherche à relever cette conférence », précise Ousmane Saïd Cissé, Conseiller technique du Ministère de l’éducation malien, co-organisateur. A la nécessité d’un recrutement de qualité, il faut ajouter la titularisation des enseignants, gage d’une pérennité de leur statut et par là même, d’un intérêt plus vif pour leur métier. Depuis le début de l’année, le Mali a entamé une réforme du statut des enseignants contractuels qui a abouti à l’intégration des contractuels dans le corps des fonctionnaires des collectivités locales. Une idée qui devrait fortement intéresser la vingtaine de représentants de gouvernements africains venus assister à la Conférence.
La titularisation des enseignants contractuels demeure la solution la plus appropriée pour répondre actuellement à leurs problèmes. Mais c’est une solution onéreuse qui pourrait coûter jusqu’à 8 milliards de dollars par an, selon l’UNESCO. « Une nécessité absolue », estime Mohamed Chérif Diarra.
Mardi 27 octobre 2009, par Lola Simonet
Source : afrik.com
11:25 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mali, développement, education, enseignants contractuels, conférence, omd, ept, adea, conférence bamako +5
jeudi, 22 octobre 2009
Afrique du Sud 2010 : le football au service de l’éducation

Faire du plus grand évènement sportif de la planète une vitrine des droits de l’enfant, un pari osé mais largement remporté par les organisations et personnalités à l’origine du projet One Goal : education for all (« Un but : l’éducation pour tous »). Lancée le 6 octobre dernier, cette initiative mondiale qui s’inscrit dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement de l’ONU (OMD), entend se servir de la Coupe du monde de football 2010 pour sensibiliser les millions de téléspectateurs au problème de l’éducation dans le monde. Une première pour la Coupe du monde de football 2010 qui aura lieu, autre nouveauté, sur le continent africain qui abrite les pays les plus touchés par l’analphabétisme.
Une signature pour l’éducation pour tous
A ce jour, 75 millions d’enfants dans le monde sont encore privés d’éducation et le projet One Goal : education for all, qui entend bien faire reculer ce chiffre. En proposant à tout un chacun d’accoler sa signature à celle des nombreuses personnalités du football et d’autres sphères médiatisées signataires, les organisateurs comptent sur une mobilisation record pour rappeler aux politiques leurs engagements. Aussi si 11 milliards de dollars sont nécessaires pour assurer une éducation gratuite et de qualité aux enfants de moins de douze ans dans le monde et si les états ne paient pas, c’est qu’ils ne le souhaitent pas, affirme le site de la campagne. Pour One Goal, les Etats possèdent les fonds nécessaire, puisqu’ils ont financé les banques en crise, mais ils manquent de volonté politique. Une donne que les initiateurs du projet souhaitent renverser, à l’aide notamment d’une campagne de communication hors norme.
A évènement mondial, « communication » hors norme
Le jour du lancement, le 6 octobre dernier, ce ne sont pas moins de cinq chefs d’Etat en fonction et des dizaines de personnalités politiques, artistiques et sportives qui ont lancé la campagne One Goal : education for all. Le Président Zuma en Afrique du sud, le Président Zapatero à Madrid, le Premier ministre Balkeneude aux Pays Bas, le Premier ministre britannique Gordon Brown ou encore le Président ghanéen Atta Mills se sont ainsi relayés via des liaisons satellite pour successivement déclarer le site ouvert. Une visibilité médiatique mondiale également obtenue par la présence de personnalités de renom : la Reine Rania de Jordanie, co-fondatrice de la campagne, le chanteur de U2, Bono, ou encore l’actrice américaine Jessica Alba.
Egalement signataires, une ribambelle de footballeurs ont mis la main à la pâte pour aider la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), principal organisateur et réseau regroupant une centaine d’ONG oeuvrant pour l’éducation. Un coup de pouce nécessaire pour la campagne qui attire les signatures en mettant en avant les noms de footballeurs célèbres auprès desquels elles vont se retrouver : Thierry Henry, Mark Fish, Antony Baffoe, Stephan Appiah, Gary Lineker, Michael Owen, Javier Zanetti…
Mercredi 21 octobre 2009, par Lola Simonet
Source : afrik.com
Consulter le site : One Goal : education for all
13:11 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique du sud 2010, mondial 2010, football, éducation, one goal : education for all
lundi, 19 octobre 2009
HP s’attelle à fixer les cerveaux africains sur le continent

Numéro un mondial et dans la zone Europe, Afrique et au Moyen-Orient (EMEA) en termes de ventes aux entreprises de serveurs et d’applications liées au stockage et à la gestion, leader des ventes de PC et d’imprimantes aux particuliers et aux entreprises, selon les chiffres communiqués par l’entreprise, Hewlett Packard est un acteur important du marché de l’informatique. Cette position alliée à une âme d’entreprise citoyenne font de la firme américaine un acteur de la lutte contre la fuite des cerveaux sur le continent africain depuis quelques années. Avec l’aide de l’Unesco et après avoir sélectionné 5 universités [1] , qui ont participé a un projet pilote entre 2006 et 2009, elle a permis officiellement début octobre à une dizaine d’autres de rejoindre la grande aventure du maintien des intelligences africaines sur leurs terres d’origine. Le Burkina Faso (2), le Cameroun (2), la Côte d"Ivoire (1), l’Ethiopie (1), le Kenya (2), le Maroc (1), la Tunisie (1) et l’Ouganda (2) ont rejoint le projet grâce à quelques unes de leurs universités. Développement de grilles informatiques (Grid, en anglais), questions climatiques, contribution de la diaspora au développement sont quelques uns des travaux de recherches des nouvelles recrues de "The Brain Gain Initiative", littéralement "gain de cerveaux". D’ici 2011, ils devraient être une centaine.
Afrik.com : Vous avez lancé un projet pilote majeur en 2006. Qu’est-ce qui vous a décidé chez Hewlett Packard à vous engager auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dans la lutte contre la fuite des cerveaux en Afrique ?
Gabriele Zedlmayer : Hewlett Packard a toujours été une entreprise citoyenne. Nous nous y œuvrons depuis plus de 50 ans. A ce titre, nous travaillons avec des ONG et des gouvernements, des organisations comme l’Unesco ou l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi). Avec eux, nous identifions des domaines dans lesquels nous pouvons faire la différence en nous y investissant. La fuite des cerveaux en Afrique, qui coûte quelque 4 milliards de dollars par an au continent, a été identifié par l’Unesco comme étant un domaine d’action prioritaire. Beaucoup d’Africains diplômés quittent leur pays pour travailler à l’étranger au lieu de mettre leur expertise à la disposition du développement de leur pays. Pour y pallier, nous avons mis en œuvre avec l’Unesco un projet pilote qui est aujourd’hui dans sa phase d’extension.
Afrik.com : Vous avez choisi dans le cadre du projet pilote cinq universités dans cinq pays, à savoir l’Algérie, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal et le Zimbabwe. Quels ont été vos critères ?
Gabriele Zedlmayer : Encore une fois, c’est un processus dans lequel HP ne s’engage pas tout seul. Nous travaillons en étroite collaboration avec les ministères de l’Education de ces pays et l’Unesco. Les projets sélectionnés touchent à des domaines très variés comme les nanotechnologies, l’énergie ou encore les questions environnementales. Les critères qui prévalent vont de la nature des travaux de recherche menés par ces universités à leur contribution au développement, en passant par l’urgence des questions traitées.
Afrik.com : Pour relier d’abord les scientifiques africains entre eux, ceux qui sont restés à ceux qui travaillent à l’étranger d’abord, puis au monde entier, vous utilisez la technologie du Grid, une grille informatique. Pouvez-vous expliquer en des mots très simples en quoi elle consiste ?
Gabriele Zedlmayer : Avant d’arriver au Grid, vous mettez en réseau des ordinateurs, des imprimantes et des serveurs. Vous mettez en place une infrastructure qui permet aux chercheurs de disposer d’un véritable environnement de travail. Ils peuvent entrer leurs données et les traiter. Mais certains projets demandent d’importantes capacités de stockage, plus importantes que celles qu’offrent les serveurs. La grille informatique permet d’intégrer les différents réseaux informatiques et de stocker de gros volumes de données de partout et qui, de même, deviennent accessibles de n’importe quel endroit dans le monde. Le Grid offre une grande capacité de travail tout en accédant à d’autres informations.
Afrik.com : Comment mettez-vous en contact les chercheurs qui travaillent dans leur pays et ceux qui travaillent en dehors du leur ?
Gabriele Zedlmayer : L’Unesco et les ministères de l’Education, avec lesquels nous collaborons, disposent des informations précises sur la localisation de l’expertise.
Afrik.com : Le projet pilote a été mené de 2006 à 2009. Quinze nouvelles autres institutions ont rejoint récemment le projet, désormais baptisé " The Brain Gain Initiative". Vous voulez touchez une centaine d’universités africaines d’ici 2011, la date fixée pour la fin du programme ?
Gabriele Zedlmayer : Nous sommes maintenant dans la phase d’extension du projet. Nous pensons que si nous introduisons toujours plus de technologie en Afrique, il sera d’autant plus facile d’étendre le programme. A ce stade, toucher 100 universités à l’horizon 2011 est un objectif raisonnable. Pour cela, nous avons besoin de plus de partenaires. Je rencontre actuellement d’importantes institutions, comme la Banque africaine de développement, pour voir comment nous pouvons donner de l’ampleur à cette initiative.
Afrik.com : Quels ont été les principaux enseignements de la phase pilote ?
Gabriele Zedlmayer : L’idée derrière tout cela est de renforcer la collaboration entre scientifiques. Pour mettre en place le projet au Sénégal, par exemple, nous avons travaillé avec le Centre national de recherche scientifique (CNRS), l’institut de recherche français qui nous a aidés à installer le Grid à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce Grid fait partie de celui lancé par l’Union européenne en 2004, l’EGEE (Enabling Grids for E-sciencE qui intègre les ressources informatiques européennes) [2] Aujourd’hui, notre ambition est d’étendre ce Grid à tout le Sénégal, puis de reproduire ce schéma dans d’autres pays.
Afrik.com : Les scientifiques restent-ils vraiment dans leur pays ?
Gabriele Zedlmayer : Nous savons déjà que ces programmes permettent de garder les scientifiques sur place. Avant l’Afrique, ils ont été conduits en Europe de l’Est, une région ravagée par la guerre dans les années 90. Nous l’avons encore une fois constaté en Afrique. Les scientifiques restent travailler dans leur pays parce qu’ils ont accès à la technologie, qu’ils peuvent conduire leurs travaux là où ils sont et qu’ils peuvent travailler avec des collègues partout dans le monde. Ils n’ont plus besoin dès lors de s’expatrier.
Afrik.com : Dans l’avenir, "The Brain Gain Initiative" misera aussi sur le "Cloud computing" [3] ?
Gabriele Zedlmayer : C’est une technologie qui est diiférente de celle du Grid. "Le Cloud computing" n’est possible que par le biais d’Internet et nous aimerions mettre cette technologie à la disposition de l’Afrique. Il ne sera plus nécessaire de stocker ses données sur ses propres appareils, il suffira de les mettre sur le Net pour y accéder de n’importe où avec n’importe quel appareil.
Samedi 17 octobre 2009, par Falila Gbadamassi
Source : afrik.com
Pour en savoir plus,
Visiter le site d’HP pour en savoir plus sur les projets pilotes.
Visiter le site de l’Unesco pour en savoir plus sur "The Brain Gain Initiative" et les nouvelles universités qui rejoignent le programme.
Lire aussi :
Des grilles de calcul pour contrer la fuite des cerveaux en Afrique
[1] Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), Alger, Algérie
Création et consolidation d’un « Réseau virtuel » de chercheurs algériens travaillant sur l’énergie solaire dans leur pays et à l’étranger.
L’université KNUT (Kwame Nkrumah University of Science and Technology), Kumasi, Ghana Ce projet concerne le problème de la fourniture et de la gestion de l’énergie.
Université du Nigeria, Nsukka, Nigeria
Développement d’une expertise dans les techniques de culture des tissus des végétaux afin d’élaborer des stratégies visant à accroître et améliorer les récoltes indigènes au Nigeria et à les rendre plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux insectes.
Université Cheikh Anta Diop, Dakar-Fann, SénégalCréation d’une série de programmes de recherche post-universitaires dans les domaines Science et Technologie, Médecine, Arts et Lettres.
Chinjoyi University of Technology, Chinjoyi, Zimbabwe
La recherche et le développement de technologies capables de répondre aux besoins énergétiques du pays de façon durable constituent l’un des objectifs clés de ce projet.
Source : HP
[2] La grille EGEE est composé de 41 000 unités centrales pour un espace de stockage de cinq millions de gigaoctets accessibles vingt quatre heures sur vingt quatre.
Source : L’atelier.fr
[3] "L’informatique dans les nuages" permet d’externaliser le stockage des données numériques
20:10 Publié dans TECHNOLOGIES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education, informatique, télécommunications, hewlett packard, hp
mardi, 07 avril 2009
Le PS lance un "grand débat public" sur l'Education
Source : AFP, publié le 07/04/2009
PARIS - Harlem Désir, membre de la direction du PS et Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l'éducation, ont annoncé mardi le lancement d'un "grand débat public" par le Parti socialiste pour élaborer d'ici un an un projet sur l'éducation.
AFP/Archives/Patrick Kovarik
Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l'éducation, le 17 janvier 2009 à Paris
"L'école publique est en danger et traverse une grave crise", a affirmé M. Désir, chargé de la coordination au PS, lors d'un point-presse.
Le PS a engagé un "travail de collecte d'information", "un état des lieux", pour "alerter les Français sur l'urgence de sauver l'école publique" et "lancer un débat ouvert sur l'éducation", a ajouté M. Julliard.
L'ancien président de l'Unef a dénoncé "l'orientation libérale et régressive du gouvernement qui atteint les fondements même du service public d'Education", soulignant que "les socialistes sont très attendus sur le projet qu'ils vont présenter pour 2012 et en particulier sur le projet sur l'éducation".
"On ne peut plus se limiter à un projet qui se limiterait à des revendications catégorielles. Il faut une ambition plus importante", selon lui.
Pour cela, le PS lance un "grand débat public autour de dix chantiers", comme la "réussite scolaire pour tous", la "société éducative", la petite enfance à l'école, le lycée, les métiers de l'Education, la laïcité, etc.
Il faut "au moins un année de travail" avec notamment les syndicats, les associations et les citoyens pour arriver à un projet. Un "rendez-vous national PS" est prévu à l'issue de ces travaux, a indiqué M. Julliard.
13:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, education
vendredi, 03 avril 2009
Retardataires à l'agrégation: pas de solution de rattrapage selon Darcos
Source : AFP, publié le 03/04/2009
PARIS - Le ministre de l'Education Xavier Darcos a affirmé vendredi que les candidats retardataires jeudi aux épreuves de l'agrégation au centre d'examens d'Arcueil (Val-de-Marne) étaient au nombre de 28, et confirmé devant la presse qu'aucune solution de rattrapage n'était possible pour eux.
AFP/Archives/Martin Bureau
Le ministre français de l'éducation nationale Xavier Darcos à Paris le 20 mars 2009
Jeudi matin, des candidats à l'agrégation - entre "une dizaine à une quinzaine" selon la direction du centre d'examens "Siec" à Arcueil, et "60 à 100", selon les témoignages de candidats, étaient arrivés en retard à leur épreuve en raison d'une panne sur le réseau banlieue SNCF.
Ils avaient trouvé porte close à 09H01. La direction du centre d'examens avait affirmé qu'ils ne pourraient être admissibles à ce concours.
"Les candidats sont convoqués trois quarts d'heure avant le début des épreuves, à 08H15 pour des épreuves qui commencent à 09H00. Il se trouve qu'à Paris, 28 d'entre eux sur les 7.500 (au total en France, ndlr) sont arrivés en retard, ils n'y sont pour rien, je le sais", a déclaré Xavier Darcos, en marge de la présentation du "Pass éducation" à Paris.
"Il est hélas impossible d'imaginer, soit qu'on les ait acceptés au-delà de l'heure d'ouverture du concours, faute de quoi nous aurions des recours - la jurisprudence est constante, tout le monde doit être dans la même situation et commencer au même moment et aucune aller-et-venue n'est possible - soit pour ces 28 candidats, (qu'on refasse) passer toutes les épreuves à tout le monde et dans toute la France et dans toutes les disciplines concernées", a-t-il poursuivi.
"Je suis obligé de dire que nous ne pouvons pas trouver une solution qui soit favorable à ces quelques retardataires, quelque sympathie que j'aie pour eux", a conclu le ministre.
20:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Éducation
lundi, 16 mars 2009
Le proviseur d'un lycée alsacien blessé d'un coup de couteau
Un élève du lycée professionnel Charles de Foucauld de Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg, a blessé le proviseur d'un coup de couteau, apprend-on auprès du rectorat.
Le chef de cet établissement privé souffre d'une "blessure sans gravité" mais a dû se rendre à l'hôpital où on lui a posé des points de suture, précise-t-on de même source.
17:30 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reuters, Éducation






