vendredi, 06 novembre 2009

Abbas s'en va, quel avenir pour le Fatah?

Par SYLVAIN MOUILLARD

Manifestation de soutien à Mahmoud Abbas à Ramallah le 6 novembre 2009

Manifestation de soutien à Mahmoud Abbas à Ramallah le 6 novembre 2009 (REUTERS/Ammar Awad)


Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi devant les dirigeants de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du Fatah qu'il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat lors des élections générales en janvier prochain. Une décision refusée par le comité exécutif de l'OLP, qui affirme toujours soutenir Abbas.

Comment comprendre ces informations contradictoires? Abbas bluffe-t-il, ou a-t-il réellement l'intention de jeter l'éponge? Quelles seraient les conséquences pour le Fatah et l'Autorité palestinienne, et plus largement, pour le processus de paix dans la région?

Peut-on croire Abbas ?

L'annonce est inédite. Abu Mazen (son nom de guerre) avait déjà évoqué la possibilité de ne pas se représenter, mais en comité restreint. Cette fois, l'annonce en conférence de presse a un impact beaucoup plus important. «Il a fait cette déclaration publiquement, je ne l'imagine pas revenir sur sa décision», explique Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l'université Paris 8 de Saint-Denis.

Il ne croit pas à la thèse selon laquelle Abbas effectuerait un coup tactique, visant à resserrer les rangs autour de sa personne en menaçant de se retirer. Pour lui, les causes de ce retrait sont multiples: une certaine lassitude, d'abord, chez un homme de 73 ans, lassé des conflits internes dans un parti exsangue.

Les tergiversations américaines dans le processus de paix sont également un facteur important. Abbas l'a d'ailleurs mentionné lors de sa conférence de presse: «Nous avons été surpris par son soutien (ultérieur) pour la position israélienne», a-t-il déploré, en allusion aux propos d'Hillary Clinton sur un gel partiel de la colonisation.

«Ce n'est pas un hasard si Abbas fait cette déclaration quelques jours après la visite de Clinton. Les signaux envoyés indiquaient que le niveau d'exigence américain avait baissé, et qu'Abbas ne pouvait pas espérer obtenir grand chose, détaille Julien Salingue. Il ne voulait pas porter la responsabilité de la destruction du mouvement national palestinien.»

Enfin, la légitimité d'Abbas, pourtant un des derniers cadres historiques de l'OLP et héritier d'Arafat, n'est même plus absolue au sein de l'OLP et du Fatah. «Elle est tombée très bas dans l'opinion de la population palestinienne après l'affaire du rapport Goldstone», souligne Julien Salingue.

Quelle influence pour le Fatah ?

L'impact de la déclaration d'Abbas doit être relativisé, pour la simple raison que la tenue d'élections en janvier prochain était hautement improbable. Depuis 2007, l'Autorité palestinienne n'exerce plus son autorité qu'en Cisjordanie. L'échec récent d'un accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah avait ruiné l'hypothèse d'un vote le 24 janvier prochain. Un scrutin «fantôme», dans la seule Cisjordanie, aurait été désastreux pour l'image du parti fondé par Arafat

Reste que la décision d'Abbas ouvre une période d'incertitude pour le Fatah. «Si le comité exécutif insiste tant pour qu'il se présente, c'est que personne ne veut y aller à sa place. Son retrait, c'est la guerre ouverte à l'intérieur du Fatah, avance Julien Salingue. Personne d'autre n'avait cette légitimité pour parvenir à un consensus.»

Avant de parler de réconciliation avec le Hamas, préalable indispensable à la tenue d'élections crédibles, il va donc falloir que le Fatah se reconstruise. Selon le chercheur, le parti «a autant de lignes que de membres au comité central. C'est un conglomérat de réseaux personnels, de corruption...»

Plusieurs noms sont aujourd'hui évoqués (Fayyad le Premier ministre, les anciens chefs des services de sécurité Rajoub et Dahlan) mais aucun ne semble de nature à rassembler. «Dahlan et Rajoub sont sur une ligne proche, mais ce sont des ennemis personnels», précise Salingue. Quant à Marwan Barghouti, il est toujours emprisonné en Israël

Le processus de paix existe-t-il encore?

Au délitement du Fatah s'ajoutent deux éléments n'incitant guère à l'optimisme: un Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui campe sur ses positions et refuse tout arrêt de la colonisation, et une administration Obama qui ne semble plus faire de ce dossier une priorité.

Pour Julien Salingue, «on assiste à l'acte de décès du processus d'Oslo, dont le bilan catastrophique révèle des contradictions indépassables: on demande à l'Autorité palestinienne de maintenir l'ordre, d'assurer la croissance économique mais sans lui accorder de souveraineté réelle ni de continuité territoriale».

samedi, 17 octobre 2009

Egypte : nouveau la signature de l'accord interpalestinien

17/10/2009 | AFP


Il s'agit du troisième report de la signature d'un accord interpalestinienIl s'agit du troisième report de la signature d'un accord interpalestinien© AFP

L'Egypte a dû reporter pour la troisième fois la signature d'un accord de réconciliation interpalestinien. La décision fait suite à des divergences entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas.

L'Egypte a annoncé vendredi le report sine die de la signature de l'accord de réconciliation interpalestinien, mettant en avant la vive controverse entre les mouvements rivaux Fatah et Hamas à propos du rapport Goldstone sur la guerre de Gaza.

"L'Egypte reporte la signature de l'accord" qui était prévue le 26 octobre au Caire, a déclaré un responsable égyptien.

Il s'agit du troisième report de la signature d'un accord interpalestinien, en raison des profondes divergences entre les parties.

L'Egypte mène depuis des mois une médiation entre le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza.

Sans avancer de nouvelle date, ce responsable égyptien non identifié, cité par l'agence de presse Mena, a ajouté que son pays "poursuivrait ses efforts en vue d'assurer le climat propice à la signature et à l'application de l'accord, à la première occasion possible".

Dissenssions sur le rapport Goldstone

L'accord suggère la tenue d'élections législatives et présidentielle mi-2010. Il stipule le renforcement des forces de sécurité du Fatah sous la supervision des Egyptiens et la libération des personnes détenues par les deux groupes en Cisjordanie et à Gaza.

Jeudi, le Fatah avait annoncé avoir remis aux égyptiens cet accord signé.

Pour justifier le nouveau report, le responsable égyptien a mis en avant "les répercussions de la dispute entre l'Autorité palestinienne et le Hamas sur la gestion du rapport" Goldstone, commandité par l'ONU.

Ce rapport accuse Israël et le Hamas de "crimes de guerre" lors du conflit à Gaza en décembre-janvier derniers qui a fait 1. 400 morts palestiniens, selon des sources médicales palestiniennes.

Le Hamas reproche au Fatah d'avoir "trahi" ces victimes après que la délégation palestinienne auprès du Conseil des droits de l'Homme a, dans un premier temps, accepté un report d'un vote à l'instance onusienne sur le rapport Goldstone. Le Fatah accuse son rival d'instrumentaliser cette décision.

Réuni vendredi à Genève --à la demande de l'Autorité palestinienne qui a fait volte-face--, le Conseil des droits de l'Homme a finalement approuvé le rapport (25 voix pour, 6 contre et 11 abstentions).

Sur la chaîne satellitaire Al-Jazira, le chef-adjoint du Hamas, qui vit en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, a pour sa part assuré que son mouvement entendait signer l'accord de réconciliation, mais expliqué qu'il avait besoin de temps pour "digérer le douloureux incident" lié au rapport Goldstone.

Le Hamas divisé

"Nous allons répondre dans les heures à venir, ou (au pire) d'ici un jour, à nos frères égyptiens sur la réconciliation", a-t-il précisé.

Mais d'autres responsables du Hamas ont tenu des propos contraires.

Contacté par l'AFP, un haut responsable, Mohammed Nasr, a affirmé de Damas que la position du mouvement n'était pas encore arrêtée et que celui-ci avait "besoin de davantage de temps pour étudier le document égyptien".

Dans une déclaration au journal français Libération, un dirigeant du mouvement à Gaza, Mahmoud al-Zahar, a avancé que le Hamas signerait "un accord d'entente" et non une "vraie réconciliation qui nécessite un climat approprié".

Enfin, la veille, dans un communiqué, le Hamas et d'autres factions palestiniennes basées à Damas avaient fait savoir qu'elles refusaient de signer en l'état l'accord et exigé l'inclusion d'une clause reconnaissant le "droit de résister" à Israël.

La déchirure interpalestinienne remonte à juin 2007 lorsque le Hamas, au terme de combats sanglants, a chassé de Gaza le Fatah, qui ne contrôle plus que la Cisjordanie.

En filigrane, selon des analystes, se dessine l'enjeu des élections présidentielle et législatives.

vendredi, 16 octobre 2009

Le Fatah signe l'accord de réconciliation, le Hamas réclame un délai

16 Octobre 2009 - Par france24.com

Alors que le Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (photo), annonce avoir signé l'accord de réconciliation interpalestinien proposé par l'Égypte, le parti islamiste Hamas demande davantage de temps pour examiner le texte.

 

AFP - Le parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi avoir remis aux médiateurs égyptiens l'accord de réconciliation interpalestinien signé, alors que les rivaux du mouvement islamiste Hamas réclament plus de temps pour examiner le texte.

"J'ai remis l'accord signé, et dit ce que j'avais à dire", a indiqué à l'AFP Azzam al-Ahmad, le négociateur du Fatah.

"Maintenant, nous attendons la réponse du Hamas. C'était aujourd'hui la date limite pour signer l'accord. Il y aura une autre réunion cette nuit pour étudier quelles doivent être les prochaines étapes", a-t-il déclaré, à l'issue de son entretien avec les médiateurs égyptiens.

Il a en outre demandé au Hamas d'arrêter de servir "les intérêts de la droite israélienne et de l'administration américaine". "Israël et l'administration américaine ne veulent pas la fin des divisions", a-t-il dit à la presse.

De son côté, le Hamas a demandé davantage de temps pour examiner l'accord et exigé l'inclusion d'une clause reconnaissant le "droit de résister" à Israël.

"Le Hamas a officiellement demandé à l'Egypte de lui donner deux à trois jours pour achever ses consultations internes", a déclaré à Gaza Taher al-Nounou, porte-parole du gouvernement du Hamas à Gaza, sans autre détail.

Auparavant, une coalition d'organisations palestiniennes basées à Damas, dont fait partie le Hamas, avait fait savoir dans un communiqué qu'elle refusait de signer l'accord en l'état.

"Les factions palestiniennes ne signeront l'accord (proposé) par l'Egypte que si le texte inclut les principes et les droits palestiniens, notamment le droit à la lutte contre l'occupation sioniste", a indiqué leur porte-parole Khaled Abdel Majid.

La signature de l'accord interpalestinien devait initialement avoir lieu le 26 octobre au Caire. Mais le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, avait demandé d'en repousser la date accusant le président Abbas d'avoir accepté il y a deux semaines, sous pression américaine et israélienne, le report d'un vote au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur le rapport Goldstone.

Ce rapport accuse Israël de "crimes de guerre" lors de son offensive contre la bande de Gaza l'hiver dernier.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève a commencé jeudi l'examen du rapport, à la demande de l'Autorité palestinienne qui a fait volte-face sous la pression du Hamas et au sein même de l'Autorité.

Aux termes d'un compromis proposé par l'Egypte, le Fatah et le Hamas sont censés entériner séparément l'accord de réconciliation avant le 15 octobre minuit.

A Ramallah (Cisjordanie), le président Abbas a déclaré que le Fatah attendait une réponse officielle du Hamas.

Interrogé par les journalistes lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, il a répété que si les deux parties ne parvenaient pas à un accord, il convoquerait des élections pour le 24 janvier plutôt que le 28 juin, une date proposée par l'Egypte.

"La Loi fondamentale (qui fait office de Constitution) stipule que des élections doivent se tenir le 24 janvier 2010. S'il y a accord, ça peut-être reporté au 28 juin 2010. S'il y a accord, nous le respecterons. S'il n'y en a pas, nous nous conformerons à la Loi fondamentale".

vendredi, 14 août 2009

Gaza: heurts armés entre police du Hamas et un groupe dissident, 15 blessés

Par AFP, publié le 14/08/2009

GAZA - Une quinzaine de Palestiniens, pour la plupart des civils, ont été blessés vendredi dans la bande de Gaza lors d'échanges de tirs entre la police du mouvement Hamas, qui contrôle le territoire, et des membres d'un groupe dissident, a-t-on appris auprès des services d'urgence.

Abdel Abdelatif Mussa (C) entouré de membres armés de son groupe radical après la prière du vendredi à Gaza, le 14 août 2009.

AFP/Said Khatib

Abdel Abdelatif Mussa (C) entouré de membres armés de son groupe radical après la prière du vendredi à Gaza, le 14 août 2009.

Selon des témoins, les échanges de tirs se sont produits lorsque la police du Hamas a donné l'assaut contre les membres de ce groupe extrémiste qui s'étaient retranchés dans une mosquée de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, à la frontière égyptienne.

Parmi les blessés figurent essentiellement des civils, ainsi que des membres du groupuscule dissident, a indiqué le responsable des services d'urgence, qui n'a pas précisé si des policiers du Hamas avaient également été touchés.

Selon d'autres témoins, un groupe d'extrémistes palestiniens avait auparavant proclamé vendredi la création dans la bande de Gaza d'un "Emirat islamique", défiant le Hamas, jugé trop modéré.

"Nous proclamons aujourd'hui la création d'un Emirat islamique dans la bande de Gaza", avait déclaré dans une mosquée de Rafah, Abdel Abdelatif Moussa, représentant du groupe radical Jund Ansar Allah, ont précisé ces témoins.

Ce dernier était entouré de combattants armés lorsqu'il a tenu ces propos, a-t-on précisé de mêmes sources.

Abel Abdelatif Moussa représentant du groupe radical Jund Ansar Allah donne un sermon dans une mosquée à Gaza, le 14 août 2009.

AFP/Said Khatib

Abel Abdelatif Moussa représentant du groupe radical Jund Ansar Allah donne un sermon dans une mosquée à Gaza, le 14 août 2009.

Selon le centre de surveillance de sites islamistes SITE, ce groupe salafiste palestinien a annoncé son allégeance à "l'Emirat islamique au coeur de Jérusalem", dans un communiqué publié vendredi sur son site internet et sur des forums islamistes.

Jund Ansar Allah ("Les soldats des partisans de Dieu") est un groupuscule radical qui entend faire appliquer strictement la charia (loi islamique) et reproche au Hamas d'être trop libéral en terme de moeurs.

D'après des témoignages, les membres de ce groupuscule ont ainsi menacé les propriétaires de cafés internet d'incendier leurs établissements, et veulent imposer davantage de pudeur et de rigueur sur les plages du petit territoire.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza par la force en juin 2007 aux dépens de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

Le discours de fermeté de Mahmoud Abbas

Par rfi.fr. Article publié le 14/08/2009 

Le Président palestinien Mahmoud Abbas s'adresse aux nouveaux membres du comité central du Fatah à Ramallah, le 13 aout 2009.(Photo: Fari Arouri/ Reuters)

Le Président palestinien Mahmoud Abbas s'adresse aux nouveaux membres du comité central du Fatah à Ramallah, le 13 aout 2009.
(Photo: Fari Arouri/ Reuters)

Mahmoud Abbas exclut toute reprise des négociations avec Israël tant que la colonisation juive ne sera pas gelée. Commentaire fait à l’issue de la première réunion de la nouvelle direction du Fatah. Le président palestinien a également réaffirmé le droit des Palestiniens à la « légitime défense ».


C’est la première fois que Mahmoud Abbas s’exprimait depuis la fin du congrès du Fatah. Plusieurs nouveaux élus à la tête du parti se sont déjà prononcés pour une plus grande fermeté dans les négociations. Mahmoud Abbas a donc martelé qu’il n’y aura pas de reprises du processus de paix sans un arrêt de la colonisation « sous toutes ses formes et sans exception, à Jérusalem et dans le reste des territoires occupés » a t-il précisé.

Un discours de fermeté

Le président palestinien a rappelé qu’il refuserait un Etat aux frontières temporaires. La solution avait été évoquée à plusieurs reprises pendant le processus d’Annapolis. Mahmoud Abbas a également souligné que les Palestiniens se réservent de droit d’avoir recours à la résistance, telle que reconnu par le droit international pour parvenir à la création de leur Etat. Un discours de fermeté. En phase avec le souhait de nombreux délégués du Fatah réunis à Bethléem et qui jugeaient que le Fatah n’avait obtenu que peu de résultats face à Israël, ouvrant ainsi la voie aux islamistes du Hamas.

 

Karim Lebhour

mercredi, 12 août 2009

Proche-Orient: le Fatah d'Abbas parachève la mise en place d'une nouvelle direction

Mercredi, août 12, 2009

 

Le Fatah parachevait mercredi la mise en place d'une nouvelle direction après avoir rajeuni sa principale instance lors du premier Congrès en 20 ans de ce parti laïc qui a dominé la scène politique palestinienne avant de dégringoler face au Hamas islamiste.

Les scrutateurs ont commencé le dépouillement des votes pour le Conseil révolutionnaire composé de 120 membres, dont 80 sont élus et les 40 autres désignés par la nouvelle direction.

Cette instance est la deuxième en importance du Fatah derrière le Comité central qui a été aussi renouvelé par les quelque 2.000 délégués participant au Congrès qui s'était ouvert le 4 août à Bethléem en Cisjordanie.

Cette élection a permis une entrée en force des cadres de la nouvelle génération du Fatah au profit de caciques du parti, avec l'élection notamment de Marwan Barghouthi, figure de proue du mouvement emprisonné à vie en Israël et d'hommes à poigne issus de l'establishement sécuritaire comme Mohammad Dahlane et Jibril Rajoub.

Images

 

Le Comité central compte 23 membres, dont son chef, le président palestinien Mahmoud Abbas qui a été plébiscité samedi. Dix-huit autres membres ont été élus par les délégués et les quatre restants seront désignés par la direction.

M. Abbas, un dirigeant pragmatique qui prône un règlement négocié du conflit avec Israël, dirige le Fatah depuis la mort en 2004 de son fondateur et chef historique Yasser Arafat.

Selon des analystes, la tenue sans accroc majeur du Congrès pour la première fois en vingt ans et la composition du nouveau Comité central ont renforcé M. Abbas au sein d'un parti qui était miné par les luttes de clans et le manque de discipline.

"Le grand vainqueur des élections est le président Abou Mazen (M. Abbas) qui a réussi à mener à bien le Congrès, à régler de nombreux problèmes et à mettre en échec une scission qui menaçait", écrit mercredi dans un éditorial Hafez Al-Barghouthi, rédacteur en chef du journal Al-Hayat Al-Jadida, publié par l'Autorité palestinienne.

"Le deuxième vainqueur est Marwan Barghouthi, qui a reçu un important mandat populaire en dépit de la campagne hostile dont il a fait l'objet avant et pendant le Congrès", ajoute-il.



Les ministres israéliens étaient divisés mercredi sur une possible libération de M. Barghouthi, symbole de l'Intifada, condamné à cinq peines de prison à perpétuité. "Il faut le libérer immédiatement et s'asseoir avec lui, personne d'autre que lui n'est capable de prendre des décisions difficiles", a affirmé à la radio publique le ministre du Commerce et de l'Industrie Binyamin Ben Eliezer.

"Il faut le libérer immédiatement et s'asseoir avec lui, personne d'autre que lui n'est capable de prendre des décisions difficiles", a affirmé à la radio publique le ministre du Commerce et de l'Industrie Binyamin Ben Eliezer.

En revanche, la ministre de la Culture et des Sports Limor Livnat, du Likoud, le parti du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, a estimé que l'appel de M. Ben Eliezer était "nuisible".

"Nous ne devons pas vérifier l'état d'avancement des négociations avec les Palestiniens en libérant un tueur, cela ne nous amènera pas à la paix", a-t-elle affirmé.

Le Fatah monopolisait le pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne avant d'être battu aux législatives en 2006 par le Hamas qui l'a ensuite délogé par la force de Gaza en 2007. Son pouvoir se limite depuis à la Cisjordanie occupée par Israël.

Dans son programme politique adopté samedi, le Fatah a rappelé "son attachement à l'option d'une paix juste" avec Israël, tout en réitérant "le droit du peuple palestinien à la résistance contre l'occupation, conformément à la loi internationale". Cette plateforme lui a valu des critiques en Israël.

Le Congrès sera clos officiellement après l'annonce, attendue d'ici la fin de la semaine, des résultats de l'élection du Conseil révolutionnaire.

La vieille garde du Fatah est décimée

12.08.2009 | ArabNews

"Le Fatah semble avoir conforté le pouvoir de Mahmoud Abbas [président de l'Autorité palestinienne] et regagné en légitimité, alors que ses membres ont défait dans les urnes, le 10 août, la 'vieille garde' des dernières années de Yasser Arafat", analyse le quotidien saoudien. A l'occasion du 6e Congrès du Fatah, organisé à Bethléem, 14 des 18 membres du Comité central du parti ont été renouvelés. "Cette direction plus jeune va donner un nouveau souffle au Fatah et consolider la position de Mahmoud Abbas à sa tête", reconduit dans ses fonctions le 8 août lors d'un vote à main levée, ajoute le journal. Parmi les nouveaux venus figure Marwan Barghouti, actuellement emprisonné à vie en Israël.

 

mardi, 11 août 2009

Abbas grand vainqueur du congrès du Fatah

Publié le 11/08/2009 par Le Point.fr(avec AFP)

Click here to find out more!

Plébiscité à la tête du Fatah et entouré d'une direction rajeunie, le président palestinien Mahmoud Abbas est sorti renforcé du congrès de son parti au moment où le dialogue avec Israël et les islamistes du Hamas est dans l'impasse, estiment des analystes. Miné par les querelles de chefs et la mauvaise gestion et mortifié par sa déroute à Gaza face au Hamas, le Fatah a réussi à afficher un semblant d'unité rien qu'en organisant son congrès général pour la première fois en vingt ans.

 

Cette réunion, la première aussi depuis la mort en 2004 du fondateur du Fatah et chef historique Yasser Arafat, a permis à M. Abbas, son successeur, d'asseoir son autorité sur une formation connue pour son manque de discipline et peinant à se transformer d'un mouvement de libération à un parti au pouvoir. Le programme politique adopté lors du congrès a certes réitéré le "droit du peuple palestinien à la résistance" contre l'occupation israélienne, mais il a surtout apporté un soutien sans ambages au règlement négocié avec Israël que M. Abbas, 73 ans, continue de prôner en dépit de l'impasse dans les négociations.

 

Plusieurs caciques du Comité central, la principale instance dirigeante du Fatah, ont annoncé leur retrait lors du congrès ou cédé la place à des plus jeunes lors des élections internes. Parmi les nouveaux dirigeants figurent notamment Marwan Barghouthi, symbole de la "résistance" emprisonné à vie en Israël, mais qui a soutenu M. Abbas à l'élection présidentielle de 2005 après avoir songé courir contre lui, le négociateur Saëb Erakat, mais aussi des hommes à poigne favorables au dirigeant palestinien comme Mohammad Dahlane et Jibril Rajoub.

 

Abbas "a sorti le Fatah de l'unité des soins intensifs" (professeur de sciences politiques)

 

"Ce congrès a été comme une bataille pour le président Abbas. Il l'a menée avec succès et en est sorti victorieux", estime l'analyste politique Abdelmajid Soweillem. "Je pense que la nouvelle direction du Fatah est, de par sa composition, encline à soutenir les négociations politiques (avec Israël) et le dialogue avec le Hamas", ajoute-t-il. Samir Awad, professeur de sciences politiques à l'Université de Bir-Zeit en Cisjordanie abonde dans le même sens. "La nouvelle équipe comprend un grand nombre de proches de M. Abbas, des gens qui à un moment ou un autre ont été ses collaborateurs", dit-il.

 

Il estime qu'en menant à bien la conférence, en dépit de débats houleux, M. Abbas "a sorti le Fatah de l'unité des soins intensifs". Bien que M. Dahlane notamment soit la bête noire du Hamas, M. Awad note que sa présence au sein du nouveau Comité central ne devrait pas entraver la poursuite d'un dialogue avec le mouvement islamiste puisque "d'autres membres sont favorables à de tels pourparlers", y compris M. Abbas lui-même. Un autre analyste Hani Al-Masri, estime que la composition de la nouvelle direction du Fatah "a donné une plus grande marge de manoeuvre, que ce soit en politique intérieure ou sur la scène internationale".

 

"Le président peut envisager plusieurs options (en ce qui concerne les négociations avec Israël) puisqu'il peut s'appuyer sur ceux au sein du Comité central qui soutiennent ces négociations ou sur ceux, dans le cas contraire, qui y sont opposés", explique-t-il. Parmi les nouveaux dirigeants prônant une révision de la stratégie de négociation figurent notamment M. Barghouthi, Nasser Al-Qidwa, un neveu d'Arafat, et Mahmoud Al-Aloul, un ancien gouverneur de Naplouse en Cisjordanie. "Bien que certains ont une ligne intransigeante à l'égard du Hamas, la plupart des nouveaux membres du Comité central, surtout ceux arrivés en tête, sont favorables à un dialogue sérieux aboutissant à des résultats", convient-il.

Le Fatah renouvelle ses instances

Par RFI( Karim Lebhour). Article publié le 11/08/2009 

Le dépouillement des résultats du vote pour le renouvellement des instances du Fatah(Photo : Nayef Hashlamoun/ Reuters )

Le dépouillement des résultats du vote pour le renouvellement des instances du Fatah
(Photo : Nayef Hashlamoun/ Reuters )

Le Fatah a voté pour le rajeunissement de sa direction. Selon les premiers résultats (non encore officiels), la direction sortante a été largement battue par les représentants de la « jeune garde » qui obtiennent la majorité au Comité central du Fatah.

Les premiers résultats marquent un vote sans appel contre les dirigeants historiques du Fatah. Au terme d’un congrès houleux, les quelque 2300 délégués de Bethléem ont clairement voté pour le changement. Seuls quatre des dix membres de la direction sortante qui se représentaient, dont Mahmoud Abbas, ont été élus. Ahmed Qorei, le chef des négociateurs palestiniens, considéré comme l’un des membres les plus influents du Fatah est battu.

La « jeune garde » emporte quatorze des dix-huit sièges en jeu. Parmi les nouveaux dirigeants élus, on compte Marwan Barghouti, l’un des chefs militaires de la seconde Intifada, actuellement en prison en Israël. Saeb Erakat et Jibril Rajoub font également leur entrée au Comité central. « Coup contre une direction qui a monopolisé le pouvoir pendant si longtemps sans même présenter un seul bilan » a commenté Rajoub. Enfin,  Mohammed Dahlan, l’ancien homme fort de la bande de Gaza, très contesté au sein du Fatah, fait son retour.

Il faut encore attendre les résultats du vote pour le Conseil révolutionnaire, la seconde instance dirigeante du Fatah pour confirmer le rajeunissement du parti de Yasser Arafat.

lundi, 10 août 2009

A Bethléem, le congrès du Fatah s’éternise

Par RFI. Article publié le 10/08/2009 

L'élection d'un nouveau Comité central de 21 membres et d'un Conseil révolutionnaire de 120 membres devait avoir lieu vendredi. Après la reconduction à sa tête, samedi, du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Fatah s’est vu contraint à jouer les prolongations. Une réunion de quelque 2 000 délégués marquée par des débats houleux sur les moyens de revitaliser cette formation, fondée par Yasser Arafat, face aux islamistes du Hamas.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, votant lors du congrès du Fatah, à Bethléem, le 9 août 2009.(Photo : Reuters)

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, votant lors du congrès du Fatah, à Bethléem, le 9 août 2009.
(Photo : Reuters)


Avec notre envoyé spécial à Bethléem
, Karim Lebhour

Cela fait déjà 4 jours que le congrès du Fatah est prolongé à Bethléem. Les 2 300 délégués ont voté jusque tard dans la nuit pour renouveler les instances du parti. Cela a pris beaucoup de temps parce que chaque délégué doit inscrire à la main le nom des 80 candidats pour le Conseil révolutionnaire et 18 pour le Comité central.

Mahmoud Abbas, par exemple, a mis plus de 20 minutes à remplir son bulletin. Et puis il y a encore les délégués de Gaza qui doivent voter par téléphone et cela risque de prendre encore pas mal de temps. Les résultats sont attendus sans doute dans la journée de lundi, s’il n’y a pas de contestation.

En tout cas, ces résultats seront le véritable baromètre du changement -ou pas - à l’intérieur du Fatah. On peut dire aussi que la longueur de ce congrès, déjà 4 jours de plus que prévu, montre qu’il y avait beaucoup de problèmes à régler et que les rancœurs et les règlements de comptes étaient sans doute plus importants que ce qu’avaient anticipé les organisateurs.

Les participants au congrès ont voté la plate-forme politique du Fatah qui souligne la solution de deux Etats et le droit à la résistance pour les Palestiniens

Le Fatah continue de se définir comme un mouvement de libération nationale dont le but est de défaire l’occupation, c’est ce que dit cette nouvelle charte du Fatah qui a été adoptée hier. Le Fatah appelle donc à un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, à côté d’Israël, mais signe également le droit à la résistance des Palestiniens.

Ce droit à la résistance conserve la référence à la lutte armée dans le texte, mais le texte insiste aussi sur la résistance populaire qui est à utiliser en priorité, disent les délégués. Ils citent les manifestations, les boycotts contre Israël. Et ce sera l’une des lignes de fracture avec le Hamas lors des prochaines élections qui sont prévues l’année prochaine, en 2010.

Toutes les notes