mercredi, 04 novembre 2009

Fima 2009 : "la nouvelle mode viendra d’Afrique"

La 7e édition du Festival international de la mode africaine s’est tenue du 25 octobre au 1er novembre

Le Festival international de la mode africaine (Fima) a clos ses portes ce dimanche au Niger. Cette septième édition, illustration du professionnalisme et du talent des stylistes africains, marque le début d’une prise de conscience quant à l’impérative promotion des enjeux économiques de la mode.

La mode africaine se porte bien et souhaite s’imposer davantage sur la scène internationale. Un leitmotiv qui anime aussi bien les stylistes installés que les jeunes créateurs récompensés par le concours "L’Afrique est à la mode", organisé par Culturesfrance, qui ont pris part à l’édition 2009 du Festival international de la mode africaine (Fima). Un déluge de créativité et de savoir-faire s’est abattu sur "La Pilule", site du village de Gorou Kirey, situé à 15 km de la capitale nigérienne Niamey, où s’est tenue la septième édition du Fima. Elle s’est achevée dans la nuit de samedi à dimanche dans l’apothéose d’un défilé auquel une vingtaine de créateurs africains ont participé. Les femmes étaient « pink zébrées » pour l’Ivoirien Gilles Touré et « in the Voodoo Mood » pour le franco-camerounais Imane Ayissi. Liens et poupées vaudou ornaient les vêtements noirs et blancs aux lignes très épurées du styliste. Sobriété aussi pour Collé Sow Ardo du Sénégal. Priorité à des femmes et des hommes majestueux habillés dans de longues pièces tissées noires, égayées par des formes géométriques aux couleurs du drapeau de son pays. On sublimera aussi les femmes chez le Burkinabè Bazem’Se en les enveloppant de la douceur du coton bio. Sa compatriote Korotimi Decherf en fera autant en utilisant l’écrin du faso danfani, une autre spécialité textile burkinabè.

Le Ghanéen Benedict a choisi, lui, d’apporter aux femmes l’agitation de sa trépidante et colorée collection urbaine. Puis dans les mains de l’Ivoirien Anderson D., elles sont devenues des insectes aux formes voluptueuses qui finiront totalement débridées dans les étincelantes parures rouge et or de son compatriote Patrick Asso. L’ivoiro-libanais Elie Kuame a continué d’opérer la métamorphose en faisant de ses femmes des fées sensuelles aux rondeurs sublimées par des bustiers rebrodés à la main. Enfin, si elles restent toujours séduisantes avec leur taille marquée par le kente, les femmes retrouvent sagesse et une pureté presque virginale dans les vêtements en dentelle du Français d’origine martiniquaise Paul Hervé Elisabeth. Elles témoignent alors d’une Afrique qui retrouve sa diaspora à travers des étoffes partagées et offrant cette harmonie au monde.

Une mode en transition

Le jury, les participants et les lauréats du concours "L’Afrique est à la mode" de Culturesfrance

Car « la nouvelle mode viendra d’Afrique », selon Sakina M’Sa, styliste d’origine comorienne, et directrice artistique du concours "L’Afrique est à la mode" qui récompense les jeunes créateurs africains. « L’idée derrière ce concours est de soutenir une mode africaine capable de concourir sur la scène économique internationale, de sorte qu’elle ne soit plus reléguée au rang d’objet exotique, muséal. A l’heure où je le dis, on pourrait me prendre pour une foldingue parce qu’on connaît tous la situation économique de l’Afrique. Mais aujourd’hui, les yeux du monde entier sont tournés vers l’Afrique. L’humanité, la fantaisie, la créativité de ce continent ne peuvent qu’apporter du renouveau dans cette industrie ». Renouveau incarné par les 10 finalistes de "L’Afrique est à la mode" qui ont travaillé sur le thème de la « transition », cette transition par laquelle doit passer la création africaine pour se faire une place (méritée) dans le monde. Créer certes, mais faire « utile, vendable et portable », a conseillé aux candidats le styliste ivoiro-burkinabè Pathé’O, membre du jury du concours . Les trois finalistes semblent avoir bien intégré cette donne économique sur laquelle ils ont été jugés en sus de leur talent artistique.

Charlotte Mbatsogo, 24 ans, représentante du Cameroun, est arrivée troisième de l’édition 2009. Fraîchement diplômée d’une école de design, elle participait pour la seconde fois à ce concours. Pour elle, la transition correspond « d’une part à une déstructuration des vêtements classiques afin d’aboutir à de nouvelles formes et volumes, et d’autre part à placer l’Afrique au niveau international ». Le deuxième finaliste Salah Barka, 34 ans, originaire de Tunisie exprime une vision alternative. « J’ai vu l’Afrique à travers de grands thèmes comme l’économie, l’art, la santé, la science. La transition pour moi se fait à tous ces niveaux, d’un point de vue artistique, économique, je pars de la réalité de l’Afrique et je la projette. Une tenue agrémentée d’une casquette militaire représente à la fois un guerrier masaï et les conflits auxquels sont en proie certaines régions du continent. Cependant à travers le reste du vêtement, je montre que l’Afrique ne se réduit pas qu’à cela. » Pour le Sud-Africain Thokozani Maithya Mbatha, alias Black Pepper, 29 ans, le grand vainqueur de "L’Afrique est à la mode", il s’agissait de faire « revivre l’esprit Safari » à travers ses créations. « Nous vivons avec et je voulais que le monde se rende compte que l’esprit Safari est toujours vivant, qu’il se renouvelle et se modernise. Il appartient à l’Afrique mais il ne doit pas y être cantonné. Je souhaite en faire un mode de vie, un label international ».

Faire de la mode un levier de développement pour le continent africain restera l’un des points forts de ce Fima 2009 qui fête cette année ses 11 ans d’existence. « On ne peut pas créer continuellement des choses que l’on ne peut pas vendre, notamment dans un contexte économique réputé difficile », martèle Pathé’O. L’un des doyens de la mode africaine se fait l’avocat d’un impératif pour les créateurs africains : vivre de leur art et faire prospérer leur continent.

- Regarder "La Grande nuit du Fima"

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Lundi 2 novembre 2009, par Falila Gbadamassi

Source : afrik.com

mardi, 27 octobre 2009

Fima, dix ans déjà…

27/10/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique


Au programme, des créations extra-continentales, mais surtout africainesAu programme, des créations extra-continentales, mais surtout africaines© DR

La septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima) s’ouvre ce mardi près de Niamey, au Niger. Comme le temps passe… Cela fait déjà dix ans que le styliste nigérien Alphadi a lancé le concept de cette manifestation, aujourd’hui internationalement reconnue. L’occasion de faire le bilan, et de se projeter dans l’avenir.

Les maîtres de la mode africaine sur les rives du fleuves Niger. Réunis à une quinzaine de kilomètres de Niamey, la capitale nigérienne, ce sont eux qui assureront le show pour la septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima).

Une trentaine de stylistes renommés et prometteurs sont attendus pour cette manifestation, qui commence mardi et s’achève dimanche. Ils offriront à l’assistance un véritable tour du monde, en parfaite adéquation avec le thème de cette septième édition : le métissage culturel.

Bilan positif

Au programme, des créations extra-continentales (Canada, France, Etats-Unis…), mais surtout africaines. Elles arrivent de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mozambique, du Maroc, d’Ethiopie, du Sénégal, du Mali, d’Afrique du Sud, du Cameroun, du Ghana, du Togo ou encore du Bénin. Et bien sûr du Niger. Ce pays a vu grandir Alphadi, le célèbre styliste qui a créé le Fima pour dé-ghettoïser et internationaliser la mode africaine. C’était en 1998…

Du coup, la septième édition devient également l’occasion de faire le bilan. Un bilan que l’organisation juge positif. « Aujourd’hui, des mannequins et des jeunes stylistes ont trouvé une ouverture et une visibilité sur le marché international », explique-t-elle. Le résultat, notamment, des concours « Jeunes Stylistes » et « Top Models » ayant ouvert des portes à certains lauréats.

Ecole supérieure de la mode et des arts

Pour désenclaver toujours plus les acteurs de la mode africains, le Fima inaugure cette année son Premier salon de la haute couture et du prêt-à-porter africains. Objectif : faciliter les rencontres entre acheteurs et vendeurs, et favoriser des échanges « équitables ».

Autre défi, amorcer un « nouveau tournant essentiellement économique orienté vers la création d’une véritable industrie culturelle, basée sur l’éducation et la formation, pour une culture de l’excellence indispensable à une production de qualité ». Un projet dont la colonne vertébrale sera sûrement la future Ecole supérieure de la mode et des arts.

lundi, 26 octobre 2009

Fima : l’économie sur les podiums

Le Festival international de la mode africaine célèbre son 10e anniversaire

La grande fête de la mode débute le 25 octobre au Niger. Une trentaine de créateurs africains et d’ailleurs participeront à cette septième édition qui se focalisera sur les vertus économiques de l’industrie de la création et sa contribution au développement.

Le Festival international de la mode africaine (Fima) ouvrira ses portes ce dimanche à Niamey, au Niger. La septième édition est un concentré de grandes premières et d’économie. Premier Salon international de la Haute-Couture et du prêt-à-porter africains, réaffirmation du pouvoir économique de l’industrie de la création et coup d’envoi de la construction de l’Ecole supérieure de la mode et des Arts, une future institution panafricaine, marqueront ce nouveau rendez-vous du style et de la création. « L’entrepreneuriat culturel peut sortir l’Afrique de la pauvreté », martèle Alphadi, le président-fondateur du festival panafricain. « Le Fima insistera particulièrement cette année sur l’entrepreneuriat afin que nos jeunes comprennent qu’ils peuvent travailler, créer leurs propres emplois dans leur pays au lieu de mourir en mer. Et cela en s’inspirant des exemples de réussite comme Malamine Koné (créateur de la ligne de sportswear Airness), le parrain de ce Fima », estime-t-il. Un colloque réunissant une variété d’acteurs économiques donnera aux jeunes Nigériens l’occasion de se rendre compte des opportunités professionnelles que le secteur de la création peut leur offrir.

Convaincre les jeunes de se tourner vers les métiers de la mode

Le Fima mettra également sur les rails la première école panafricaine de mode, un projet que porte Alphadi depuis plusieurs années. « J’ai voulu que ce projet, en faveur de l’intégration sous-régionale, puisse voir le jour au Niger ». La première école panafricaine de la mode, du design et de la création artistique accueillera quelque 150 étudiants. Autre grande première : le salon international du prêt-à-porter. « Nous allons à Paris, à Bruxelles, à Milan ou à New York pour rencontrer des acheteurs potentiels. Pourquoi n’y aurait-il pas un marché du prêt-à-porter en Afrique, pourquoi ces derniers ne viendraient-ils pas à nous pour découvrir notre travail et notre savoir-faire ? », s’insurge Alphadi. Les propriétaires des boutiques à Abidjan, Dakar ou à Cotonou vont s’approvisionner à l’étranger, souligne le créateur. « On ne voit jamais de créations africaines dans leurs magasins. Les vêtements viennent de Chine ou de Dubaï. Il faut qu’on puisse enfin trouver chez eux du Colle Sow Ardo, du Pathé’o… » Alphadi milite aussi, à travers le Fima, pour une industrie de la mode qui se diversifie : parfumerie, maroquinerie, cosmétiques. Une démarche qu’il a expérimentée en se lançant dans les deux premiers secteurs d’activité. Les cosmétiques seront la prochaine étape à franchir pour le styliste.

La septième édition, celle de la maturité d’un festival qui fête ses 10 ans d’existence, présentera les mille facettes d’une industrie marginalisée par les pouvoirs publics africains. Plus d’un millier de festivaliers est attendu ainsi que plusieurs autres milliers de visiteurs qui se réuniront autour de la musique lors d’un grand concert avec, entre autres la diva malienne Amy Koita et les stars du coupé-décalé. Les trois finalistes de la troisième édition du concours jeunes créateurs, organisé en partenariat avec Culturesfrance, opérateur culturel du ministère français des Affaires étrangères, seront connus à Niamey après le défilé Haute-Couture "L’Afrique est à la mode" des dix sélectionnés sur le thème de la transition. De nouveaux stylistes, mais aussi de nouveaux top-models auquel un concours est également consacré. Le clou du festival, La Grande nuit du Fima, rassemblera une trentaine de stylistes africains et internationaux. « Le Fima est une belle fête de la création, de l’unité, de l’intégration africaine, de la paix au Niger et dans le monde, car sans elle, rien ne va », souligne Alphadi. Des hommages au mannequin Katoucha, à la chanteuse Miriam Makeba ou encore au roi de la pop Michael Jackson émailleront ce Fima 2009 qui se veut, selon son président, le catalyseur d’une « Afrique de la culture au service du développement ».

Samedi 24 octobre 2009, par Falila Gbadamassi

Source: afrik.com

- Le site du Fima

 

lundi, 05 octobre 2009

Le Fima 2009 est sur la Toile

Le festival de la mode africaine se tient du 25 octobre au 1er novembre au Niger

La 7e édition du Festival international de la mode africaine (Fima) se tiendra du 25 au 1er octobre prochain. Le site de l’évènement vient d’être mis en ligne pour donner un avant-goût de la grand-messe de la mode africaine.

Quelles surprises réservent la septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima) ? Réponse sur le tout nouveau site de cette rencontre incontournable de la mode africaine. En attendant d’admirer leurs créations du 25 octobre au 1er novembre à Niamey, il est déjà possible de faire connaissance avec les stylistes qui participeront à la rencontre. Le grand styliste africain Alphadi, président-fondateur du festival n’étant plus à présenter, le regard se dirige très vite vers des visages plus ou moins connus de la mode africaine. Au hasard de la navigation, Kuame, l’Ivoiro-libanais, le styliste Tassi du Maroc, la Burkinabé Korotimi Decherf ou encore le talentueux artiste camerounais Imane Ayissi se livrent à la curiosité de l’internaute.

Un festival ouvert sur l’entreprenariat

Pour planter définitivement le décor, place au programme des réjouissances. Il est décliné dans ses moindres détails, histoire d’organiser les journées chargées que seront celles des festivaliers. Quid des moments forts de cette septième édition, placée sous le signe de l’innovation. Pour l’édition 2009, le Fima accueillera le premier salon de la Haute couture et du prêt-à-porter africain. Autre nouveauté : Fima Entrepreneuriaship. Un nouvel espace de réflexion et de formation qui se penchera sur la problématique de l’entreprenariat, illustrée par les témoignages des professionnels du management et des chefs d’entreprise.

Le festival sera également l’occasion de lancer la construction de la future Ecole supérieure de la mode et des arts. Enfin, la fin du salon coïncidera avec l’ouverture du Salon international de l’artisanat pour la femme (Safem) dont la sixième édition se déroulera du 30 octobre au 8 novembre 2009 à Niamey. En attendant la féérique Grande nuit du Fima, le 31 octobre, qui réunira entre autres les créations du Ghanéen Koffi Ansah, du Guinéen Talibe Bah, du Togolais Bamondi, de la Mozambicaine Sandra Cardoso Muendane ou encore de l’Ivoirienne Nawel El Assad, il faudra se contenter d’un clic pour se croire au Fima.

Source : afrik.com

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