mercredi, 16 décembre 2009

Copenhague : le nouveau plan France-Afrique

15/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique


Le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi à l'ElyséeLe président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi à l'Elysée© AFP


Avant la conférence des chefs d’État prévue pour les 17 et 18 décembre à Copenhague, tout s’accélère. Alors que la présidence danoise a tenté de minimiser la colère du groupe Afrique, Nicolas Sarkozy a reçu Meles Zenawi à l’Élysée. Ensemble, ils proposent un plan conjoint France-Afrique pour la dernière ligne droite des négociations.


Suite au coup d’éclat des ministres africains de l’Environnement réunis à Copenhague depuis le 13 décembre, lesquels ont brièvement suspendu leur participation aux négociations lundi dernier, les contre-feux se multiplient.


« Ça paraît dramatique, mais cela ne l'est pas tant que ça », a déclaré la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, le lundi soir, en parlant de l’incident provoqué par la délégation africaine. « Jamais une présidence de conférence sur le climat n'a utilisé autant d'énergie à soutenir tous les pays, à les inclure tous et à avoir un dialogue avec eux. » « Il y aura d’autres « mini-crises, car il y a beaucoup d'intérêts en jeu », a-t-elle conclu.


Proposition commune France-Afrique

De son côté la France continue son offensive de charme envers les Africains. Mardi, à l'issue d'un déjeuner à l'Élysée avec le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu’un texte commun serait publié, incluant des objectifs chiffrés sur la réduction de 2 degrés de la température globale et sur le financement des pays africains. "Nous sommes d'accords sur le fast start, les 10 milliards de dollars" par an pour aider les pays émergents », a-t-il dit. « Une alliance entre l'Afrique et l'Europe est absolument cruciale ».


Mais l’annonce n’est pas vraiment nouvelle. Lors d'une rencontre au sommet du Commonwealth à Trinidad, le 27 novembre, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown étaient déjà tombés d'accord sur ce chiffre de 10 milliards "auquel les Etats-Unis doivent contribuer", a précisé Nicolas Sarkozy. « Le président Obama a parlé de ses liens avec l'Afrique, c'est l'occasion de le montrer", a-t-il ajouté.


Taxe sur les transactions financières

A partir de 2013, "les financements disponibles devront être prévisibles et additionnels", c'est-à-dire qu'ils s'ajouteront à l'aide au développement, indique le texte de la proposition conjointe. Paris et Addis-Abeba appellent, en particulier, à "la création d'une taxe sur les transactions financières internationales", reprenant la proposition du plan « Justice Climat », porté par le ministre français de l’Écologie, Jean-Louis Borloo.


"L'Europe et l'Afrique sont sur la même ligne politique", s'est félicité le président français. A Copenhague, "on y va ensemble", a-t-il insisté. "Il n'y aura pas d'accord mondial qui n'inclut pas l'Afrique", a de son côté prévenu Meles Zenawi.


Un accord pour sauver la face

Malgré l’appui de la France, les revendications initiales des pays africains – 65 milliards de dollars par an pour le continent – n’ont donc aucune chance d’aboutir. Du moins pour le moment. Quant à l’autre souhait des Africains – la continuité du Protocole de Kyoto, seul instrument légal contraignant contre les gaz à effet de serre –, il ne devrait également pas être satisfait. Les Etats-Unis qui n’ont pas ratifié l’accord de Kyoto, ne veulent pas en entendre parler. Même les Chinois sont hostiles à toute dimension contraignante.

C’est donc vers un accord « pour sauver la face » qu'on s’achemine. Dans l'esprit de nombreux dirigeants, les contraintes juridiques seront négociées au cours de l'année prochaine et pourraient trouver une conclusion à Mexico, où doit se dérouler la conférence climat 2010. (avec AFP)

Tapie sort du Club Med

AFP, 15/12/2009




Crédits photo : Le Figaro


Cet aller-retour financier au Club Med lui rapporte au passage une plus-value de 1,5 à 2 millions d'euros, selon des chiffres avancés par Le Canard enchaîné.

À peine six mois, le temps de faire parler de lui. Bernard Tapie, qui avait révélé en juin avoir acheté un peu plus de 1% du capital du Club Med, a revendu toutes ses actions. La rumeur courait depuis la semaine dernière. L'intéressé la confirme. Cet aller-retour financier au Club Med lui rapporte au passage une plus-value de 1,5 à 2 millions d'euros, selon des chiffres avancés par Le Canard enchaîné. «J'ai vendu mes dernières actions quelques jours avant la publication des comptes, afin qu'on ne puisse pas me faire de procès d'intention», indique-t-il à L'Express, tout en restant très critique vis-à-vis de la stratégie du groupe, qui a annoncé ses comptes annuels vendredi. Ils se soldent par une perte nette de 53 millions d'euros, après un bénéfice de 2 millions d'euros en 2008. «Ces derniers résultats confirment que le modèle économique du Club ne fonctionne pas», affirme Bernard Tapie, qui avait promis de s'exprimer après la publication des résultats 2009 du Club. Pour autant, il renonce à infléchir la stratégie menée par Henri Giscard d'Estaing depuis 2002.

» Le Club Med fait le pari de la Chine

Règlement de compte à l'Elysée

Mardi, lors de l'hebdomadaire petit déjeuner de la majorité, Sarkozy a réaffirmé son soutien à Besson et au débat sur l'identité nationale. Et a fustigé les critiques émanant «d’amis de son propre camp».


 

La cour du Palais de l'Elysée.

La cour du Palais de l'Elysée. (© AFP Patrick Kovarik)


Nicolas Sarkozy a apporté mardi matin un «soutien très appuyé» à son ministre de l’Immigration Eric Besson, soumis à un feu nourri de critiques à propos du débat sur l’identité nationale mais aussi sur l’expulsion d’Afghans en situation irrégulière, selon un responsable de la majorité.

Lors du petit-déjeuner hebdomadaire de la majorité à l’Elysée, le chef de l’Etat a apporté «un soutien très appuyé» à Eric Besson qui était présent, «objet d’attaques sans pareil» de la gauche, en saluant son «courage et sa détermination à appliquer la politique du gouvernement», a confié un responsable à la majorité. Le président a aussi fustigé les critiques émanant «d’amis de son propre camp».

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a récemment porté un jugement très sévère sur le débat sur l’identité nationale affirmant qu’il devait être mené avec «plus de rigueur intellectuelle». Il avait estimé aussi que le gouvernement devait «évoluer sur ce sujet» en évitant d’en faire un enjeu pour les régionales.

Nicolas Sarkozy a rappelé en outre que l’ancien socialiste «l’avait rejoint avant le premier tour» de la présidentielle de 2007 «contrairement à d’autres assis autour de (la) table». Dans son viseur: le président du Nouveau centre (NC) Hervé Morin qui avait soutenu François Bayrou avant de rallier Nicolas Sarkozy dans l’entre deux-tours.

Le chef de l’Etat n’a pas caché son mécontentement après les déclarations du ministre de la Défense de ce week-end qui a jugé que «l’UMP, c’est le RPR d’hier» après le départ du parti présidentiel du giscardien Hervé de Charette pour rejoindre le NC.

A trois mois des élections régionales, Nicolas Sarkozy a averti: «Je prendrai mes responsabilités. Je ne laisserai pas la majorité présidentielle se diviser. Ce qui doit primer, c’est l’union».

En outre, le président mais aussi François Fillon ont vivement regretté le couac qui s’est produit au Sénat dans la nuit de lundi à mardi avec le rejet du texte sur le redécoupage électoral défendu par le gouvernement. «Tout ça, ce n’est pas normal», a tonné le Premier ministre, en présence du président du Sénat Gérard Larcher.

Sarkozy a critiqué le fait que la séance ait été présidée par la socialiste Catherine Tasca, rejetant les explications de Larcher, toujours selon ce responsable de la majorité.

(Source AFP)

mardi, 15 décembre 2009

Embarras et sarcasmes après le blues européen de Rachida Dati

Par AFP, publié le 15/12/2009


s'ennuie-t-elle à ? Le blues de la nouvelle député européenne, piégée par une caméra de télévision au , où ses états d'âme n'ont guère été appréciés, embarrasse l'UMP et suscite les sarcasmes de l'opposition.
A l'origine de la polémique, un reportage diffusé dimanche soir sur M6, dont les journalistes suivent l'ancien garde des Sceaux dans l'hémicycle.



Oubliant son micro, Rachida Dati confie par téléphone sa lassitude à une amie.

"Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat", soupire-t-elle, avant l'élection du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

"Je suis obligée de rester là, de faire la maligne, parce qu'il y a un peu de presse et, d'autre part, il y a l'élection de Barroso", poursuit Mme Dati, avant de relever : "Quand tu es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon, ça veut dire que tu n'es pas là".

La scène, qui fait florès sur les sites internet, relance les critiques contre l'ancienne protégée de Nicolas Sarkozy, décrite plus comme une femme pressée aux ambitions dévorantes qu'un bourreau de travail.

D'autant que le chef de l'Etat avait dû insister pour qu'elle accepte de quitter le gouvernement, afin de défendre les couleurs de la majorité à Strasbourg.

Le chef de file des conservateurs au Parlement européen, le Français Joseph Daul, également membre de l'UMP, a suggéré plus d'"humilité" à Rachida Dati.

"Je trouve que c'est une très bonne chose que de temps en temps, surtout à son âge, on redevienne député et on réapprenne l'humilité et le travail de terrain", a-t-il déclaré, cinglant.

Rachida Dati a rétorqué mardi que ses propos ne concernaient que sa vie privée et réfuté toute frustration, se disant "très surprise par l'ampleur" de la polémique.

"On ne m'a jamais rien épargné, cela je le savais", a-t-elle déclaré à l'AFP, jugeant "indigne" la réaction de son collègue Daniel Cohn-Bendit, qui avait parié qu'elle n'assumerait pas son exil européen.

"Je vous avais dit qu'elle ne supporterait pas, qu'elle rentrerait. Je vous avais dit que j'offrirai une bouteille de champagne si elle est là dans un an", a triomphé le leader d'Europe Ecologie.

"Cela confirme ce que tout le monde sait, que cela ne l'intéresse pas et qu'elle s'en moque", a asséné le porte-parole du PS, Benoît Hamon, tout en dénonçant un procédé journalistique "assez limite".

A droite, on fait plutôt profil bas. Interrogé sur le buzz suscité par Mme Dati, le patron de l'UMP, Xavier Bertrand, préfère évoquer son implication dans le parti présidentiel ou pour les régionales.

"J'ai très envie qu'elle puisse s'impliquer davantage encore à nos côtés", assure le patron de l'UMP, qui doit la "rencontrer très prochainement" en tant que conseillère politique du parti.

"Rachida, elle est comme ça. Elle pense fondamentalement ce qu'elle a dit. Ce n'est pas un secret qu'elle n'est pas faite pour le job" de député européen, a indiqué à l'AFP un haut responsable de la majorité, sous couvert d'anonymat,.

"Si le buzz ne prend pas trop d'importance, cela ne devrait pas trop nuire à son avenir ou à ses relations avec le président", ajoute-t-il à l'adresse de celle qui, maire du VIIème arrondissement, ne fait pas mystère de son intention de briguer l'Hôtel de Ville de la capitale.

Son absence, pour cause de session à Strasbourg, était en tout cas remarquée mardi au conseil de Paris, où l'opposition de droite ferraille depuis deux jours contre l'adoption du budget du maire socialiste Bertrand Delanoë.

Fusillade à Orly: une passante blessée

Créé le 15.12.09 par 20minutes.fr



Orly, dans le Val-de-Marne, où une fusillade a éclaté, mardi 15 décembre, entre des fuyards et la police.
Orly, dans le Val-de-Marne, où une fusillade a éclaté, mardi 15 décembre, entre des fuyards et la police./IDE

 

FAIT-DIVERS - Elle a été touchée par une balle perdue...


Une fusillade a éclaté à Orly, dans le Val-de-Marne, entre une patrouille de police et des fuyards, à bord d'un véhicule, a déclaré la préfecture de police de Créteil, contactée par 20minutes.fr. Une passante âgée de 45 ans, touchée par une balle a été blessée au bras. Prise en charge par le SAMU, «ses jours ne sont pas en danger».

«Les deux hommes avaient été pris en chasse par une voiture de police de Villeneuve-Saint-Georges, car ils refusaient d'optempérer, précise la préfecture. Mais la voiture disparaît». Ce n'est que plus tard que le véhicule croise par hasard une patrouille à pied, à Orly. «Les malfaiteurs ont pensé qu'ils étaient poursuivis», explique la préfecture. Christine Janodet, maire (Gauche citoyenne) d'Orly, contactée par 20minutes.fr, poursuit: «Des policiers d’une unité territoriale de quartier (Uteq) ont tenté d’intercepter le véhicule. C’est alors que des coups de feu ont été tirés.»

Connus des services de police


Les Uteq, «unité territoriale de quartier», sont des groupes d'une vingtaine de policiers chacun, dont la philosophie est d'intervenir dans les cités sensibles tout en maintenant un lien fort avec la population. Celle d'Orly «est la première qui a été créée dans le département, en juillet 2008», précise l'élue, «cet événement est vraiment exceptionnel et heureusement très rare à Orly»

La voiture des deux hommes a été retrouvé peu après, mais sans ses passagers. Les deux hommes ont été identifiés, précise la préfecture, ils sont connus des services de police. Le SDPJ est chargé de l'enquête et doit notamment déterminer quelle balle a touché la passante.

O.R. avec W.M.

 

Guinée-France : faux ravisseurs, vrais militaires

Jeune Afrique

Deux gendarmes français en faction devant l’ambassade de France à Conakry ont fait l’objet de plusieurs tentatives d’enlèvement, les 10 et 11 décembre. L’un d’eux a été blessé par balle au cours d’un échange de tirs avec les pseudo-ravisseurs, qui étaient en réalité, selon un témoin, des militaires guinéens. Les deux gendarmes ont pu se réfugier dans l’enceinte de l’ambassade. La France a été accusée par la junte d’être l’instigatrice de la tentative d’assassinat du capitaine Moussa Dadis Camara.

Jeune musulman : les propos controversés de Morano

Bastien Hugues (lefigaro.fr), 15/12/2009

Nadine Morano lors d'une visite à Vénissieux, le 7 novembre 2008.
Nadine Morano lors d'une visite à Vénissieux, le 7 novembre 2008. Crédits photo : Abaca


Lors d'un débat public sur l'identité nationale, la secrétaire d'Etat à la Famille a affirmé qu'elle «voulait d'un jeune musulman qu'il aime son pays, qu'il trouve un travail, qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers». Une phrase qu'elle estime «sortie de son contexte».

Alors que l'Elysée et le gouvernement tentent de calmer le jeu sur l'identité nationale, de nouveaux propos - tenus dans les Vosges lundi par la secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la solidarité, Nadine Morano - focalisent un peu plus le débat sur la question de l'islam. A un jeune homme qui l'interrogeait sur la compatibilité de l'islam avec la République, elle a répondu : «On ne fait pas le procès d'un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c'est qu'il se sente français lorsqu'il est Français. Ce que je veux, c'est qu'il aime la France quand il vit dans ce pays, c'est qu'il trouve un travail, et qu'il ne parle pas le verlan. C'est qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers. C'est qu'il essaye de trouver un boulot, et qu'on l'accompagne dans sa formation». Une dépêche AFP, qui rapportait mardi matin ces propos, ne les retranscrivait que partiellement, et se concentrait sur le verlan et la casquette à l'envers.

 

La phrase est «complètement sortie de son contexte par rapport à quatre heures de débat», s'est d'ailleurs défendue la ministre sur RMC. «Nous parlions de la problématique des jeunes qui viennent des banlieues dont je viens et dont je suis issue, et je disais qu'avec cette caricature, cette stigmatisation qu'il y avait, moi, je leur conseillais, non seulement de ne pas porter leur casquette de travers, de ne pas parler verlan, mais j'expliquais aussi (qu'il fallait) que l'on utilise le potentiel de la double culture.»

 

Des explications corroborées par Ahmed Bellal, un membre du Conseil régional du culte musulman de Lorraine, qui était présent lundi soir au débat : «Elle n'a absolument pas stigmatisé la religion musulmane car si elle l'avait fait, croyez-moi j'étais là et j'aurais réagi tout de suite». Elle a «répondu [au jeune homme qui l'interrogeait] en disant qu'il ne fallait pas stigmatiser certains jeunes, qu'il fallait respecter tout le monde et qu'il fallait, quand on se présente devant un patron et qu'on cherche un travail, parler correctement et ne pas parler verlan. Pour tous les jeunes qui souhaitent aller vers un emploi». «Donc c'est sorti vraiment de son contexte», assure Amed Bellal.

 


«Un dérapage supplémentaire», estime Benoît Hamon

«J'ai pris la précaution en plus, parce que je ne voulais pas que des phrases soient sorties de leur contexte, de filmer ce débat et nous le mettrons en ligne», a également précisé Nadine Morano sur RMC. «Un dérapage supplémentaire», a malgré tout asséné mardi le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon. «On est dans une stratégie de bouc-émissaire, de caricature et de stigmatisation permanente, avec toujours les mêmes cibles. (…) C'est consternant». «C'est de la malhonnêté politique pure», a renchéri Arnaud Montebourg. «C'est renouer avec la conception ethnique de la nation, celle qui a donné lieu à Vichy, a-t-il ajouté. Dans les années 30, quand on a commencé à stigmatiser tous les juifs qui fuyaient les persécutions de l'Est de l'Europe et qu'on a commencé à dire 'ils ne peuvent pas s'intégrer', ça s'est terminé comme vous le savez.»

 

Le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) a demandé «la démission de Nadine Morano», «coutumière des propos stigmatisant à l'égard des musulmans», « et l'arrêt immédiat du débat sur l'identité nationale». Pour les Verts, «le gouvernement y va fort pour récupérer les voix de l'extrême droite à quelques mois des élections régionales».

 

Pour Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), contacté par 20minutes.fr, les propos de Nadine Morano «sont particulièrement dangereux et d'une violence extrême», envers les musulmans de France, «à qui on dit qu'ils ne seront jamais des Français à part entière». «Je crois qu'on est aujourd'hui dans une terrible logique inflationniste de propos islamophobes», a-t-il ajouté. SOS Racisme a pour sa part qualifié ces propos d'«abjects» et appelé le premier ministre François Fillon à «enjoindre ses ministres de cesser de tenir des propos stigmatisants».

 

Devant plus de 300 personnes réunies à Charmes, Nadine Morano avait pourtant rappelé que le débat sur l'identité nationale, «ce n'est pas un débat sur l'immigration», écrit le quotidien départemental Vosges Matin. Des précisions apportées juste avant de parler de la burqa - assimilée par la secrétaire d'Etat à «un problème de sécurité» - et , rapporte Vosges Matin, d'attaquer «un autre couplet sur la nécessaire régulation de l'immigration et la mise en place de règles strictes».

Gbagbo : «En 2002, Paris prévoyait de me renverser»

Propos recueillis à Abidjan par Pierre Prier (lefigaro.fr), 14/12/2009



Crédits photo : Le Figaro

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, revient sur la situation politique actuelle de son pays et sur la fin de la guerre civile en 2007.

Après six reports, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'est entendu avec l'opposition pour tenir l'élection présidentielle entre fin février et début mars. Le scrutin devrait mettre fin à la période tumultueuse ouverte en 2002 avec une tentative de coup d'État venue du nord du pays. Les rapports de la France avec cet opposant historique au président Houphouët-Boigny se sont dégradés, Paris reprochant à Gbagbo de ne pas jouer le jeu des accords de Marcoussis, encadrés par la France et instaurant un gouvernement d'union nationale, Gbagbo accusant la France de vouloir sa perte.

 

LE FIGARO. L'ONU et d'autres vous pressent de fixer une date pour la présidentielle. Que leur répondez-vous ?

 

Laurent GBAGBO. Je n'ai pas de date à donner. C'est la Commission électorale indépendante qui propose. La CEI a beaucoup de travail, car elle délivre en même temps les cartes d'électeurs et les cartes d'identité. La CEI dépend de l'État pour son financement, et je suis bien placé pour savoir que l'État ne dispose pas toujours de l'argent qu'il faut.

 

Quels sont les obstacles à l'établissement des listes électorales ?

 

Nous avons tous sous-estimé les difficultés. Il y avait une voie plus facile. En 2007, après la signature des accords de Ouagadougou (qui ont mis fin à la guerre civile et amené le leader de la rébellion Guillaume Soro au poste de premier ministre, NDLR), j'avais proposé de faire remettre à jour les listes de 2000 par les préfets. On aurait pu tenir des élections en décembre 2007, ou courant 2008. On a choisi une autre solution. On a dépensé des sommes folles pour établir des cartes d'identité numériques, pour un résultat qui n'est pas meilleur. Mais nous sommes presque à la fin du processus.

 

Il reste plus d'un million de cas litigieux. Seront-ils résolus à temps ?

 

Oui. Il n'y a plus de débat politique. Il ne s'agit plus que de cas individuels.

 

Peut-on tenir une bonne élection quand dans le Nord, malgré l'installation des préfets, l'ex-rébellion contrôle les ressources naturelles, prélève des taxes…

On peut en tout cas tenir une élection. C'est un débat qui va s'achever bientôt. C'est très difficile de sortir d'une rébellion.

 

Vos relations avec la France ont été tumultueuses depuis le coup d'État manqué de 2002. Avec le recul, comment jugez-vous cette période ?

Je témoignerai un jour en détail. Mais je pense que les dirigeants français de l'époque n'ont pas été sages. Ils ont nui à la France, et ils ont nui à l'Afrique.

 

Charles Pasqua a accusé Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Élysée, d'avoir «planifié le renversement de deux chefs d'État africains». Tout le monde a pensé que vous étiez l'un des deux concernés par l'allusion. Et vous ?

Eh bien, je fais partie de «tout le monde».

 

Pensez-vous toujours que les accords de Marcoussis vous ont été imposés ?

Oui, et c'était une très mauvaise idée. S'il fallait recommencer Marcoussis, je ne le recommencerais pas. Mais c'est du passé. On est sorti de la crise par l'accord de Ouagadougou, pas par Marcoussis.

 

Quels sont aujourd'hui vos rapports avec la France ?

Je ne porte pas de jugement idéologique. Je dis que depuis que Nicolas Sarkozy a succédé à Jacques Chirac, je me sens mieux. Je me sens plus à l'aise pour mener tranquillement la sortie de crise.

 

Deux juges français viennent de demander l'aide de la Cour pénale internationale dans la disparition du journaliste français Guy-André Kieffer. La demande vise votre épouse et plusieurs autres personnalités ivoiriennes. Que répondez-vous ?

Depuis le départ, certains juges français, non seulement font fausse route, mais tiennent à une politisation de la disparition du malheureux Kieffer. Quelle est la raison qui pousserait des personnalités politiques ivoiriennes à faire disparaître quelqu'un qui est somme toute un citoyen lambda ? Ce n'est pas parce qu'il est français qu'il est important. En France, des dizaines de gens disparaissent, et on ne va pas chercher du côté de la présidence de la République. Certes, c'est le droit des juges d'enquêter, mais cela commence à bien faire. Toutefois je ne pense pas que l'exécutif français soit impliqué dans cette demande.

 

La «Françafrique» existe-t-elle encore ?

Si des gens songent à renverser un chef d'État dans un pays qui n'est pas le leur, alors, oui, elle existe encore.

 

La France est-elle toujours un partenaire privilégié de la Côte d'Ivoire ?

Les rapports de l'Afrique et de l'Occident ont changé avec la fin de la guerre froide. Mandela a été sorti de prison et présenté comme un modèle par ceux-là mêmes qui le qualifiaient de terroriste. Les États africains ont accru leur indépendance. C'est valable pour la Côte d'Ivoire.

 

Mais y a-t-il encore des liens particuliers sur le plan économique ?

Les ex-colonies françaises s'ouvrent à tous ceux qui veulent les aider. Certes, elles sont plus à l'aise avec la France. Mais la langue n'est pas un lien qui maintient prisonnier. Le Rwanda, francophone à l'indépendance, est sous nos yeux en train de devenir anglophone. Les peuples africains s'adressent à d'autres pays à cause de la lourdeur et des conditions parfois humiliantes posées par l'ancienne puissance coloniale, ou par l'Union européenne. Aujourd'hui, il est plus facile de discuter avec la Chine, l'Inde ou l'Iran pour l'industrie, et avec les pays arabes pour les prêts. Nous construisons l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro avec des prêts de la Banque islamique de développement et de la Banque arabe pour le développement en Afrique. Ce n'est pas antifrançais, mais l'occasion se présentait, et la discussion était plus facile.

 

La Côte d'Ivoire vient tout de même de bénéficier de l'initiative PPTE (pays pauvres très endettés) du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que d'importantes remises de dettes par la France.

Quand on est un pays trop endetté, comme c'est le cas de la Côte d'Ivoire à cause des régimes précédents, le FMI et la Banque mondiale sont des recours indispensables, principalement parce que leur label nous ouvre la porte des prêteurs privés.

 

Il y a l'Afrique de l'espoir et celle qui désespère. Est-elle vouée aux juntes militaires, comme votre voisin guinéen ?

Moi, je ne désespère pas. Simplement il faut que les Guinéens, et la classe politique trouvent une solution interne et volontariste, comme nous l'avons fait. Mais l'Europe ne doit pas regarder la Guinée avec condescendance. Où en était la France en matière de stabilité, cinquante ans après la prise de la Bastille ? C'est cent ans après les indépendances que l'on pourra juger.

 

En Europe, il a fallu beaucoup de temps et de nombreuses guerres pour tracer des frontières définitives. En ira-t-il de même en Afrique ?

La décision de l'Organisation de l'union africaine, en 1963, de ne pas remettre en cause les frontières coloniales a été sage. Mais je pense que les États africains ne resteront pas dans ces frontières. Je ne pense pas à des guerres, mais à des alliances et à des accords. Il y aura des regroupements sous forme de fédérations ou de confédérations, qui ne seront pas construites sur des bases idéologiques mais pragmatiques.

Handball / Mondial 2009 F : Les Bleues sans trembler

Les Bleues sans trembler


Camille Ayglon Camille Ayglon a lancé les Bleues sur la voie du succès contre l'Autriche (Sportissimo)

 

D’une main de fer, l’équipe de France a assuré sa place en demi-finales du Mondial en atomisant l’Autriche. Une nouvelle marche de franchie vers un sacre plus si illusoire que cela.

par Cédric Callier, le 14-12-2009

L’équipe de France ne pouvait pas louper l’offrande de l’Angola. En effet, en dominant le Danemark dimanche, les reines d’Afrique avaient laissé aux Bleues leur destin en mains : une victoire sur une Autriche démobilisée ce mardi et quoiqu’il arrive entre le Danemark et la Russie ensuite, les Françaises étaient certaines d’accéder au dernier carré. Restait juste à voir comment celles-ci allaient gérer ce statut de favorites et cette demi-finale en vue…

 

Ayglon lance le TGV français

Cette pression du résultat, les Bleues mettaient cinq minutes à s’en libérer, le temps pour l’Autriche de prendre les devants sur un tir d’aile de Doppler, suivi d’un jet de 7 mètres d’Engel (1-3, 5e). Mais pas une de plus car derrière, Camille Ayglon touchait au sublime des 9 mètres avec des tirs qui glaçaient le sang de la gardienne adverse. La preuve, celle-ci finissait par aller s’asseoir sur le banc alors que Mariama Signaté prenait le relais pour conclure un impressionnant 7-1 en faveur des Tricolores (8-4, 11e). Dès lors, il devenait très clair que le danger pour les Françaises venait uniquement d’elles-mêmes et d’une déconcentration toujours possible. Mais pour éviter cela, Olivier Krumbholz mobilisait l’ensemble de ses troupes en multipliant les changements de joueuses, ainsi que de tactique avec un passage en défense d’une 4-2 à une 6-0. Cela perturbait considérablement des Autrichiennes qui accumulaient les pertes de balle, au grand bonheur d’une Siraba Dembelé se régalant en contre-attaques. Et comme Amandine Leynaud répondait également présent, le navire bleu-blanc-rouge voguait tranquillement vers les demi-finales, Audrey Deroin se permettant même d’expédier un sublime missile en pleine lucarne adverse (15-9, 25e). Preuve supplémentaire de la sérénité tricolore, l’improbable 74% de réussite aux tirs à l’approche d’une pause que les Bleues atteignaient sur un avantage confortable (19-12).

 

Baudouin, miss 100%

Et histoire de vivre une seconde période sans trembler, la France s’envolait dès la reprise avec un 3/3 de Paule Baudouin dans l’exercice du jet de 7 mètres. Comme quoi tout souriait ce mardi pour les Bleues, qui voyaient leur avance atteindre la barre symbolique des 10 unités (23-13, 35e). En guise de timide révolte, l’Autriche s’en remettait à Engel, la meilleure buteuse de ce Mondial qui justifiait sa réputation avec quatre buts d’affilée. Pas de quoi troubler véritablement le bel ordonnancement tricolore (26-17, 44e). D’ailleurs, même une double infériorité numérique tricolore pendant deux minutes ne permettait pas aux Autrichiennes de sortir la tête de l’eau. Les Bleues pouvaient donc savourer ce dernier quart d’heure de jeu, à l’image d’une Baudouin très attachée à son 100% de réussite aux tirs (soit un 10/10). Revenue après sa blessure au genou, Blandine Dancette, elle, participait de la volonté de Krumbholz de ménager certaines de ses ouailles en vue d’une demi-finale désormais dans la poche (33-18, 54e). Et pour faire bonne figure, les Tricolores s’efforçaient de ne pas trop relâcher leur effort, comme Cléopâtre Darleux, toujours sérieuse dans son but. Résultat, elles s’imposaient sur la même marge que contre l’Allemagne (35-20), avec un immense sourire aux lèvres et l’impatience de savoir qui elles affronteront pour atteindre la finale.

 

Résultats du groupe E :

Allemagne - Angola 25-21
France - Autriche 35-20
Danemark - Russie (14h)

Le Mondial des Bleues :

Les Bleues en Chine :

L’Afro Américain (AA) et l’Africain Français (AF)

Exercice pratique d’identité / différence


C’est bien connu la même couleur de peau n’est pas forcément synonyme de proximité culturelle ou identitaire voire sociale, sauf chez les Africains et en particulier chez les Noirs où on se donne tous du "Frère" indépendamment de ses origines. Pas forcément à juste titre...

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mardi 15 décembre 2009 / par Luc Olinga, pour l'autre afrik

Quand je me suis installé aux Etats-Unis il y a quelques années, j’ai été stupéfié par le fossé existant entre moi et un Afro-Américain (AA). Plus déconcertant encore, je me suis rendu compte que, hormis la couleur de peau, j’étais davantage plus proche d’un "Français de souche", de part les réalités culturelles ou sociétales et l’histoire récente, que d’un AA.

Ce constat m’a conduit à me rebaptiser African-French (AF) en référence à l’African-American.

Pourtant des similitudes entre un AA et un AF il en foisonne. D’abord nous parlons fort. Demander à un occidental, qui surprend ou entend une conversation entre deux Africains ou un groupe de Noirs. Il vous dira au son de leur voix qu’ils sont en train de se disputer. Que nenni !

Chez les femmes AA, j’ai reconnu la même façon de pester contre ces "pères absents" si présente chez les AF

En déambulant dans le quartier historique des Noirs à Harlem à New York ou encore dans certains coins majoritairement habités par des AA à Brooklyn ou à Chicago, j’avais l’impression d’être transporté au marché Mokolo à Yaoundé au Cameroun ou au marché Colobane à Dakar au Sénégal.

Quand j’étais invité à dîner chez des amis AA, j’étais happé par des effluves envoûtantes, des odeurs d’épices et autres arômes qui me ramenaient dans la cuisine de mes tantes, mère et grand-mère.

En plus, la femme est la colonne vertébrale de la famille chez les AA comme chez les AF : elle s’occupe notamment de l’éducation des enfants ... De facto, elle est le chef de famille. Chez les femmes AA, j’ai reconnu la même façon de pester contre ces "pères absents" si présente chez les AF

Chez nombre de AA j’ai aussi retrouvé l’art de la dramatisation. Le culte pour la tragédie. Un petit rien est transformé en un +grand-tout+ ; un incident anodin devient un accrochage grave ; les récits des épopées ; un hématome un traumatisme ; une simple engueulade une dispute sanglante... Vu sous cet angle un AA n’est pas différent d’un AF.

Que dire en outre de notre approche de l’esthétisme. Nous partageons les mêmes canons de beauté. Le AA et l’AF préfèrent la femme selon Botero plutôt que l’icône des magazines de mode et des podiums. Le AA et l’AF célèbrent la femme avec une poitrine voluptueuse et une paire de fesses opulente.

Je me sens plus proche d’un "Français de souche" que d’un AA.

Il n’empêche que malgré ces points de convergence, je me sens plus proche d’un "Français de souche" que d’un AA. Prenons le sport, au coeur de nos deux sociétés.

David, mon ami AA, n’était là pour personne le jour des matches de football américain, un sport auquel je ne comprenais pas vraiment les rudiments. J’ai essayé de m’y intéresser mais je n’ai jamais réussi à éveiller une quelconque flamme au grand dam de mon ami, pour qui c’est LE sport.

A l’inverse, David n’avait pas compris que je gagne d’assaut les bars de sport en 2008 pour regarder les matches de la Coupe d’Afrique des nations de football et des mois plus tard pour le championnat d’Europe des nations de football.

Il ne s’expliquait pas que je puisse montrer tant d’engouement pour le "soccer", une discipline sportive peu exaltante selon lui. En parallèle, mon autre ami Norbert, un franco-belge, multipliait les paris sur les rencontres de football. Nous échangions nos pronostics. Nous parlions le même langage. David en était exclu. Il nous renvoyait involontairement pour sa part à notre statut d’étrangers quand il s’agissait de "sports US".

Plus qu’un hobby, David et moi avions à l’opposé une culture différente. Le football américain pour lui était au coeur de la fierté américaine, tandis que le "soccer" était un pan de mon quotidien.

Quand le AF célébrait la victoire du premier Noir à la tête du pays le puissant du monde, le AA y voyait l’aboutissement du long et ardu combat pour les droits civiques.

Ce qui me frappait aussi chez les AA, c’était l’empreinte indélébile du passé. Les blessures de leur histoire ont développé chez eux une soif de revanche et un besoin de s’affirmer contre l’autre coûte que coûte.

Certes le colonialisme et la ségrégation ne sont pas comparables et n’ont pas engendré des catastrophes physiques, sociales, psychiques identiques mais ils sont tous deux encore prégnants. Le premier sous la forme de néocolonialisme et la seconde s’est transformée en discriminations raciales.

Pour autant le AF que je suis ne s’inscrit pas dans la revanche. Il n’a pas d’acrimonie contre le colonisateur. Peut-être à tort.

Or le AA reste marqué par l’esclavage et ses relents. L’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche n’a pas apaisé cette colère.

Quand le AF célébrait la victoire du premier Noir à la tête du pays le puissant du monde parce qu’elle signifiait, pour lui, que l’homme noir n’était pas un bon à rien, le AA y voyait l’aboutissement du long et ardu combat pour les droits civiques. Non que les deux visions soient incompatibles mais elles dénotent un état d’esprit qui distingue fondamentalement le AA du AF.

Source : afrik.com

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