vendredi, 17 mai 2013
POLITIQUE
Article publié le : vendredi 17 mai 2013 à 08:28 - Dernière modification le : vendredi 17 mai 2013 à 08:48
Conférence de presse du président: le changement, c'est maintenu
Deux heures et trente minutes de conférence de presse. Le tout devant quelque 400 journalistes réunis à l'Elysée, à Paris. Jeudi 16 mai 2013, un an tout juste après son entrée en fonction, François Hollande a tenté de dresser un premier bilan de son action de président de la République. Il a établi sa feuille de route pour les mois à venir, l'An 2 de son mandat. Et répondu aux critiques.
Ce fut particulièrement frappant : lors de sa conférence de presse, destinée à rendre compte de son bilan auprès des Français, François Hollande a réservé ses premiers mots à l’opération Serval, lancée en janvier pour libérer le Mali.
C'est à ce moment précis de sa première année au pouvoir que François Hollande avait véritablement enfilé son costume de président, de chef de guerre dont la main ne tremble pas même quand il s’agit d’envoyer des soldats au front. Mais l'opération Serval, c'est surtout le seul élément de sa politique et de son bilan qui fasse consensus dans le pays.
Il faut se rappeler, il y a quelques mois, les mots de François Hollande, triomphant, submergé par l’émotion face à la foule de Bamako, parlant de « la décision la plus importante » de sa vie politique. Pour lui, les militaires français ont fait bien plus que libérer un pays, « ils ont fait aimer la France dans toute l’Afrique ». Rien que ça.
« Voir loin pour changer la perception du présent »
Avec ceux qui y verrait une situation trop marquée Françafrique, le président veut être clair : l’opération Serval ne signe en rien le retour de l’ingérence française dans ses anciennes colonies. Pour preuve, les conditions posées au président malien lors du sommet de Bruxelles mercredi : l’envoi de l’aide financière internationale contre la tenue d’élections en juillet, rappelle M. Hollande. La démonstration mériterait sans doute un peu plus d’arguments.
Sur le front français néanmoins, François Hollande n'a pas manqué de courage. Pour lui, ce sera l'année de l'action, de la mobilisation pour relancer l'économie française à l'arrêt, et ce avec pour priorités celles énoncées il y a six mois déjà, et réaffirmées ce jeudi. Et il fallait bien du courage, pour réaffirmer ce qui suit :
« Je réédite ici, devant vous, en prenant des risques, mais aussi mes responsabilités, que la courbe du chômage peut s’inverser d’ici la fin de l’année, assure M. Hollande. Mais la bataille, elle ne sera gagnée dans la durée -je veux dire la vérité aux Français- que si la croissance revient, que si nous sortons de cette torpeur, de cette langueur, et donc de cette peur. Alors, comment faire ? L’offensive, c’est de préparer la France de demain. C’est en voyant loin que l’on change la perception du présent et que l’on redonne espoir. »
« Trouver des sources qu'on n'imagine pas »
Toutes les forces sont mobilisées, a assuré le président français, qui est revenu sur ce qui a déjà été initié : les emplois d'avenir, les contrats de générations, l'accord sur la sécurisation de l'emploi.
Concernant ce qui doit être mis en place dorénavant, « il y aura sûrement une patience encore à observer, explique-t-il. Mais c’est aussi le moyen de donner aux Français confiance dans leur avenir, parce que nous sommes un pays qui est capable d’innover, de trouver en lui-même des sources qu’il n’imagine pas, pour la création et pour la production. »
La patience, parce que l'offensive annoncée s'inscrit dans la durée. Les comptes, le président les rendra, mais seulement à l'issue de son mandat, martèle-t-il. Ci-dessous, en audio, les principales réactions de la classe politique suite à l'intervention du présient.
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07:40 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise économique, france, françois hollande, mali
jeudi, 16 mai 2013
MUSIQUE
Kéry James, le dernier des géants
Certains voient en lui la conscience du rap français. D’autres l’adulent comme un gourou. Pourtant Alix Mathurin, alias Kéry James, 36 ans, est très clair dans cette rime cruciale de Constat Amer, un des fers de lance de son nouvel album Dernier MC : "Je ne serai jamais votre leader, je n’en ai ni la valeur ni la rigueur". Une chose est sûre : son nouvel album est un des plus solides parus en cette première moitié d’année. Blindé de featurings pertinents, ce disque ambitieux nous présente un MC au sommet de son art. Entretien parisien dans un café où Kéry a ses habitudes : un thé Orange Pekoe, un nuage de lait, et le magnéto se met à tourner.
RFI Musique : Kéry, ce disque marque votre retour dans le "rap game" ?
Kery James : J’ai vraiment l’impression que les gens ont besoin que je les rassure, que je leur prouve que je sais encore rapper. C’est devenu une musique de consommation rapide, les choses bougent vite. Tous ceux qui sont partis deux ans n’ont pas réussi à remonter la pente. Si j’y arrive, je pourrais dire que j’ai un truc spécial.
Titrer cet album Dernier MC, c’est un constat d’échec sur le rap français d’aujourd’hui ?
Ce n’est pas nouveau, mais c’est encore plus grave. Le rap français ne véhicule plus rien. On est arrivé à une époque où on regarde juste les ventes. Le contenu, autant le fond que la forme, n’a pas été dans le bon sens. Il n’y a pas eu de disques révolutionnaires. Sur le fond, on touche le fond. C’est devenu n’importe quoi. C’est pour ça que mon retour comporte un challenge, les gens ont été éduqués à avoir de la musique sans contenu. Soit ils vont dire qu’ils en ont marre de me voir faire le mec intelligent, soit que c’est une bouffée d’oxygène. Il y a deux raps : celui qui dit quelque chose et celui qui ne dit rien, ne défend rien. En même temps, je n’ai pas l’impression de réinventer la musique, chaque morceau aborde le même thème qu’un autre auparavant, avec des axes différents. Constat amer est la suite de Banlieusard, Vent d’Etat est la suite de Jusqu’au bout sur mon album de 2005, Ma Vérité, où je critiquais déjà le conflit en Irak que je trouvais injustifié ; Quatre saisons, c’est L’Impasse ou Deux Issues… Je n’invente rien, mais je dis des choses.
Vous aviez amorcé votre retour avec des concerts intimistes au théâtre parisien des Bouffes Du Nord, et avec un album best of acoustique…
Faire du rap conventionnel a ses limites, mais le spectacle acoustique peut durer dans le temps, je peux l’assumer à 40 ans. Sinon le rap conventionnel à 40 ans, ça n’est pas très crédible. Bon, Jay-Z essaie de me donner tort, mais il n’y en a pas beaucoup. Et puis aux Etats-Unis, ça n’est pas pareil, le hip hop est installé dans la société. En France, si tu dis que tu es artiste et qu’à 40 ans, tu fais du rap, franchement tu souffres de beaucoup de clichés. Les gens s’imaginent que tu es grossier, vulgaire, que tu insultes la police.
L’image négative du rap dans les médias, ça vous touche ?
Ça ne me chiffonne pas parce qu’on l’a bien cherché. Même moi, j’y ai contribué avec l’affaire MC Jean Gab’1, l’affaire Black V-Ner (deux bagarres parisiennes auxquelles Kéry fut mêlé, NDR). Même si celui qui s’y intéresse vraiment saura que je ne fais que me défendre et que même si ma défense peut être violente ou disproportionnée, je ne suis jamais dans la position de l’agresseur. Cette image, c’est nous qui la donnons. Quand on écoute les paroles, ce qui se dit, on ne va pas se plaindre d’avoir l’image d’abrutis qui aiment la violence et ne respectent pas les femmes. C’est l’image qu’on a, il faut assumer. J’essaie de la changer, mais on se retrouve vite dans "Le rap, c’est de la merde sauf lui". Je n’aime pas ça, c’est comme "Je n’aime pas les Noirs, mais lui c’est pas pareil". Je fais ce qui me paraît juste. Je sors cet album, il y en aura un second dans la foulée pour 2014, puis un album commun avec Youssoupha et Médine. J’ai des projets jusqu’à 38 ans.
Parlez-nous de ce projet avec Youssoupha et Médine…
C’est une idée qui vient de moi. Les projets en commun ont tous avorté. Je devais faire un album avec Rohff, Rohff avec Kamelanç, Diam’s avec Sinik, aucun n’a été mené à bien. J’espère que celui-là ira jusqu’au bout. Le rap en a besoin. Ça sera un album de groupe, avec un ou deux solos, maximum. D’un point de vue stratégique pour nos carrières, c’est bénéfique, et sur scène, ça va être très fort.
Sexion D’Assaut qui fait du rap grand public, vous validez ?
Ce que je trouve bien dans la Sexion, c’est qu’ils ne sont pas dans la violence gratuite ou l’incitation. Un petit qui les écoute ne va pas être influencé pour mener une vie de rue. Déjà, c’est positif. Après, il y a plusieurs manières de voir les choses. On peut dire qu’ils sombrent dans la facilité artistique, mais en réalité, faire des tubes, c’est super compliqué ! Comment font-ils des tubes de manière aussi systématique ? Moi j’ai essayé de faire des tubes, et je n’y arrive pas !
Kery James Dernier MC (AZ/Universal Music) 2013
En concert au Palais Omnisport de Paris-Bercy le 21 novembre 2013
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10:20 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rap, france, album, kery james, alix mathurin
POLITIQUE
Égypte : attentats déjoués contre la France et les États-Unis
Les rues du Caire, à l'automne dernier. Crédits photo : KHALED DESOUKI/AFP
L'agence officielle égyptienne annonce ce mercredi que la cellule proche d'al-Qaida démantelée en fin de semaine dernière en Egypte préparait des attentats suicides contre les ambassades de France et des Etats-Unis au Caire.
Une cellule démantelée samedi dernier en Egypte projetait des attentats suicide contre les ambassades de France et des Etats-Unis au Caire, selon l'enquête l'agence de presse officielle MENA citant des services de sécurité. Une information confirmée par une source du parquet du Caire. «Les accusés planifiaient des attentats suicide à la voiture piégée devant les ambassades de France et des Etats-Unis en Egypte», indique l'agence de presse. La cellule planifiait un attentat contre l'ambassade française pour «protester contre l'intervention militaire de la France au Mali», selon l'enquête.
Le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Vincent Floreani, n'a pas souhaité commenter ces informations. «Nous n'avons pas de commentaire à ce stade. Je rappelle que dans toute la région du Sahel et des pays arabes, nous avons demandé à nos ressortissants de faire preuve de vigilance et aux autorités locales de renforcer la surveillance de nos ambassades. C'est le cas en Egypte», a-t-il ajouté.
En possession de 10 kg de produits chimiques explosifs
Les autorités égyptiennes avaient annoncé samedi l'arrestation de trois membres d'une cellule liée à al-Qaida qui préparaient un attentant suicide contre une ambassade occidentale et d'autres cibles en Egypte. Les suspects avaient été arrêtés en possession de 10 kg de nitrate d'ammonium, substance servant à fabriquer des bombes et d'un ordinateur contenant des consignes sur la fabrication de bombes. Selon l'enquête des services de sécurité, les trois hommes font partie des prisonniers qui avaient fui les centres de détention aux premiers jours de la révolte en janvier 2011 en Egypte. Deux d'entre eux avaient été extradés d'Algérie et d'Iran en 2009 et emprisonnés en Egypte. Un membre de la cellule était en contact avec une autre cellule démantelée au Caire en octobre dernier et dont les membres sont actuellement jugés en Egypte. Les trois membres de la cellule auraient reconnu être en contact avec al-Qaïda mais ils ont nié qu'ils planifiaient des attentats, selon les conclusions de l'enquête citées par MENA.
L'Egypte a connu une résurgence des attaques de groupes armés depuis la chute du président Hosni Moubarak début 2011, essentiellement dans la péninsule du Sinaï visant les forces de l'ordre, ou contre Israël. En août 2012, des activistes islamistes avaient attaqué un poste militaire dans le Sinaï, tuant 16 soldats, avant de pénétrer en Israël où il avaient été tués par une frappe d'hélicoptère.
(Avec agences)
09:08 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Égypte, france, États-unis













