vendredi, 06 novembre 2009
La sortie de crise au menu du G20 Finances
Les ministres des Finances et banquiers centraux des vingt principales économies mondiales sont réunis vendredi et samedi à Saint Andrews, en Ecosse. Dans ce berceau historique du golf, ils tenteront de trouver un cadre de travail pour mieux sortir de la crise.
Les moyens de sortir de la crise devraient occuper la majeure partie des débats du groupe du G20 qui réunit les principaux pays développés et émergents de la planète à Saint Andrews. Les débats porteront sur la mise en place du cadre de travail, un mode de fonctionnement basé sur la surveillance multilatérale, avec le Fonds monétaire international (FMI) comme arbitre.
Le G20 a montré au cours du sommet de Pittsburgh une parfaite unité sur ce point. Les pays se sont ainsi mis d’accord pour ne pas relâcher l’effort public engagé pour faire face à la crise qui, même si elle montre quelques signes d’apaisement, est loin d’être terminée. Au registre des données incitant à l’optimisme, les principales banques américaines et européennes annoncent des résultats record et se bousculent pour rembourser aux Etats les prêts d’urgence mis en place pour les sauver.
Hausse du chômage
Un autre indicateur a alimenté un mouvement d’optimisme : les Etats-Unis, la première économie mondiale, renouent avec la croissance. Après sa plus longue récession depuis les années 1930, le produit intérieur brut (PIB) américain pour le troisième trimestre 2009 a augmenté de 3,5% par rapport à la même période de l’année dernière, un peu plus que ce qu’attendaient les économistes. Les experts du Fonds monétaire international ont également revu à la hausse leurs prévisions pour l’économie mondiale en 2010, à 3,1% de croissance. Un rebond, selon eux, essentiellement dû au dynamisme de l’Asie et plus particulièrement de la Chine.
L’économie repart mais on est encore loin d’une sortie de crise. Les plans de relance mis en place par les pays du G20 ont permis, selon le Bureau international du travail (BIT), de sauver jusqu’à 11 millions d’emplois cette année, mais cela n’empêchera pas le chômage mondial d’atteindre un record en 2009 en touchant 241 millions de personnes.
Statu-quo monétaire
La montée continue du chômage a également été pointée par les banquiers centraux. A la veille de cette réunion du G20 Finances à Saint Andrews, les grandes banques centrales, Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE) et Banque d'Angleterre, ont toutes maintenu leurs taux à des niveaux historiquement bas mercredi et jeudi, en notant que les signes de reprise étaient loin d'être suffisamment installés pour modifier leur politique monétaire. La conjoncture des marchés financiers n’a « globalement pas changé » depuis septembre et les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l’économie américaine, « restent entravés » par la montée continue du chômage, conclut le comité monétaire de la Fed.
Soucieux des incertitudes planant sur la croissance, les ministres des finances du G20 devraient donc se déclarer en faveur d’un retrait des mesures de relance mais « seulement quand il sera temps » et « de manière coopérative et coordonnée ». Dans une interview publiée vendredi dans les médias européens, le ministre des Finances britannique a estimé qu'il faut « continuer le travail du G20 commencé depuis un an ». « Si nous n'agissons pas, il y a le risque que nous soyons confrontés à une décennie de croissance molle et de faible emploi », a expliqué Alistair Darling.
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mercredi, 07 octobre 2009
FMI-G20 : l'Afrique peine à se faire entendre
Une nouvelle crise de la dette menacerait l'Afrique© AFP L'Afrique essaie de faire comprendre aux grandes institutions qu'on doit lui laisser la parole pour régler efficacement ses problèmes. Une entreprise pas toujours facile...
Les pays les plus pauvres de la planète, surtout africains, cherchent mais peinent à se faire entendre des grandes organisations internationales comme le G20, nouveau club mondial des décideurs économiques, ou le Fonds monétaire international.
"Il faut qu'il y ait au moins une place pour le presque milliard d'Africains qui ont besoin d'être entendus", a expliqué dimanche à Istanbul le ministre camerounais des Finances, Lazare Essimi Menye, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
"Le nombre de places est limité", a-t-il reconnu, mais "nos partenaires devraient accepter que nous sommes les mieux placés pour leur expliquer ce qui pourrait être le mieux pour l'Afrique".
Un dette encore trop lourde
Le ministre camerounais s'exprimait au nom du groupe des pays pauvres très endettés (PPTE), "lobby" des plus démunis au sein du FMI pour négocier une réduction de la dette.
Complètement éclipsés depuis un an par la crise des pays riches, ce sujet et celui de l'aide publique au développement n'ont pas eu un grand écho à Istanbul.
Le FMI a rappelé à Istanbul l'annonce faite en juillet du renforcement de son aide aux pays pauvres, avec l'annulation jusqu'à fin 2011 du paiement des intérêts qu'ils lui doivent et l'accroissement considérable des prêts à leur intention.
Selon les 186 Etats membres du Fonds, cela devrait "satisfaire les besoins croissants de financement des pays à faible revenu, avec une considération pour le caractère soutenable de leur dette".
La France et la Grande-Bretagne ont choisi de transférer 4 milliards de dollars en Droits de tirage spéciaux (DTS, l'unité de compte du FMI) à ces prêts aux pays pauvres, sans les leur verser directement.
Si la dette s'est réduite de manière "considérable", d'après les PPTE, sa charge pèse encore lourdement.
Un tiers du budget pour apurer la dette
"Un tiers de notre budget est consacré à l'apurement de la dette", a ainsi souligné lors d'une conférence de presse le ministre ivoirien des Finances, Charles Koffi Dybi. "C'est énorme, et ça ne nous permet pas de nous développer", a-t-il ajouté. La Côte d'Ivoire est l'un des 35 pays, dont 29 africains, membres de ce groupe.
Les pays africains ont été particulièrement touchés par la crise économique, qui a vu chuter les prix des matières premières, dont le continent est un grand producteur, et les envois de fonds par les émigrés africains. En conséquence, la croissance de l'Afrique subsaharienne devrait se limiter cette année à environ 1% contre 5,25% en 2008, a souligné à Istanbul la directrice du département Afrique au FMI, Antoinette Sayeh.
Du coup, la lutte contre la pauvreté a marqué le pas, même si les gouvernements africains ont plutôt bien réagi à la crise par des politiques budgétaires appropriées, a souligné Mme Sayeh.
"Une nouvelle crise de la dette est en préparation"
Les pays africains veulent croire qu'en dépit de l'amélioration économique attendue, y compris sur leur continent, les pays riches honoreront leur promesse faite en avril d'augmenter de 20 milliards de dollars par an leur aide à l'Afrique d'ici à 2010. "Nous continuons à penser que ces promesses sont sérieuses et vont être matérialisées par la mise à disposition de financements appropriés", a affirmé sur ce point le ministre camerounais des Finances.
Ils regrettent en revanche que les "financements fournis par les banques multilatérales de développement ont davantage consisté en une accélération des décaissements plutôt qu'en une allocation de nouvelles ressources", selon le communiqué des pays pauvres très endettés.
De plus, remarque Caroline Pearce, de l'organisation non gouvernementale Oxfam, "au moins 90% de l'aide que les pays pauvres ont reçue de la Banque mondiale et du FMI devront être remboursés".
"Une nouvelle crise de la dette est en préparation", a-t-elle averti dans un communiqué.
19:31 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fmi, banque mondiale, turquie, g20
lundi, 05 octobre 2009
G20 : un bonus pour les pauvres ?

*Par John Battle, Sir Menzies Campbell, Lord Hastings, Peter Lilley et Clare Short
Toute l’attention lors de la réunion du G20 à Pittsburgh s’est focalisée sur les bonus des banquiers. Mais il y a d’autres problèmes de pénurie du crédit - qui affectent des millions de personnes, plutôt que des centaines, et qui ne reçoivent pas l’attention qu’ils méritent. Notamment la suppression des barrières commerciales à l’encontre les pays les plus pauvres du monde.
Le G20 a énormément discuté du commerce, mais a réalisé peu de choses. Lors du Sommet du G20 à Londres en avril dernier, les dirigeants se sont engagés à « faire tout ce qui est nécessaire pour (...) promouvoir le commerce mondial et l’investissement et rejeter le protectionnisme afin de favoriser la prospérité ». Depuis, rien ne s’est passé, à l’exception de signes inquiétants de protectionnisme renforcé. Cela lésera les gens même dans les pays les plus prospères. Mais cela détournera aussi l’attention de l’opinion publique de quelques mesures simples que pourraient prendre les dirigeants du G20 pour aider les citoyens des pays les plus pauvres de la planète. Pour ces derniers, le fait de ne pas prendre part au commerce peut être une question de vie ou de mort.
De manière ironique, la promotion du commerce et des investissements mondiaux, ainsi que le rejet du protectionnisme, ne coûtera pas beaucoup. Ni les TARP (Trouble Asset Relief Program) coûteux ni les autres plans publics de renflouement sont nécessaires. Le Cycle de Doha n’est pas non plus essentiel. Le commerce est la meilleure voie pour sortir de la pauvreté et il y a cinq étapes assez simples que le G20 et les autres peuvent prendre pour permettre aux pays les plus pauvres de sortir de la pauvreté par le commerce.
Premièrement, les pays riches doivent ouvrir inconditionnellement leurs marchés à tous les pays les plus pauvres (ceux définis comme à faible revenu par l’ONU, y compris le Ghana). Bien que le protectionnisme soit une réaction commune à des moments d’incertitude économique, il causera du tort aux riches comme aux pauvres dans le long terme. La menace de la concurrence aux pays riches est minimale : les personnes les plus pauvres, celles vivant avec moins de 2,70 $ par jour, représentent un cinquième de la population mondiale, mais moins de un cinquantième du commerce mondial.
Deuxièmement, les règles commerciales doivent également être simplifiées. Les règles d’origine complexes signifient que les pays qui ont droit, en théorie, à un libre accès aux marchés développés paient en réalité des droits de douane élevés ou sont exclus par les complications des barrières bureaucratiques.
Troisièmement, les subventions aux produits locaux et aux exportations des pays riches, qui compromettent la capacité des pays pauvres à affronter la concurrence, doivent être réduites ou supprimées. Parmi les pires exemples se trouvent le riz japonais, le coton américain et les vaches de l’Union Européenne.
Séparément, les pays pauvres ont besoin d’opérer un certain nombre de changements aussi, en réduisant notamment entre eux les tarifs douaniers. Les droits de douane les plus élevés dans le monde sont pratiqués entre les pays les plus pauvres, où les États et les fonctionnaires des douanes abusent des règlementations commerciales et compromettent ainsi le commerce régional.
Le rapport 2009 de "Doing Business" sur le climat des affaires, publié par la Banque mondiale, montre que l’exportation d’un conteneur d’un port angolais exige en moyenne 12 documents, coûte 2250 $ et nécessite 68 jours de formalités douanières. En comparaison, dans le pays enclavé qu’est le Botswana, cela durerait 37 jours et au Sénégal, il suffit seulement de 14 jours, mieux que la moyenne mondiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles moins d’un dixième des exportations africaines est destiné aux autres pays africains, alors que près des trois quarts du commerce européen se fait en Europe.
Enfin, un investissement renouvelé est essentiel dans les routes, les ports et les structures administratives qui rendent possible ou facilitent le commerce dans les pays en voie de développement. Et il ne s’agit pas seulement du commerce extérieur. En 2006, le Kenya n’a pas pu acheminer son surplus agricole de l’Ouest vers le Nord frappé par la famine, qui a dû attendre l’aide humanitaire internationale.
Lever toutes les barrières dans le G20 est facile et peu coûteux. En pratique, chaque pays du G20 pourrait agir seul. Mais si les pays du G20 travaillaient ensemble et ne consacraient qu’une petite partie du temps et d’énergie qu’ils consacreraient aux bonus des banquiers, alors le bonus des plus modestes serait mesuré en millions de dollars et de vies. La pauvreté tue, mais le commerce sauve.
*Messieurs Bataille, Campbell, Hastings et Lilley et Mademoiselle Short sont membres du Parlement Britannique, et sont coprésidents de la campagne « Trade Out of Poverty » (Le commerce pour sortir de la pauvreté).
Dimanche 4 octobre 2009, par notre partenaire Un Monde Libre, pour l'autre afrik
Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org
13:23 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20
samedi, 26 septembre 2009
Nouveaux heurts entre police et manifestants à Pittsburgh
Publié le 26/09/2009 par Reuters
La police et des manifestants anticapitalistes se sont affrontés vendredi soir sur le campus de l'université de Pittsburgh, quelques heures après la clôture du sommet du G20. /Photo prise le 25 septembre 2009/REUTERS/Eric Thayer
La police et des manifestants anticapitalistes se sont affrontés vendredi soir sur le campus de l'université de Pittsburgh, quelques heures après la clôture du sommet du G20.
Les forces de l'ordre ont tiré des "bean bags", des billes de plastique, pour disperser une quarantaine de protestataires réunis sur une place pour un "rassemblement contre la brutalité policière" organisé via le site de microblogging Twitter.
Plusieurs centaines d'étudiants étaient sortis de leurs dortoirs situés à proximité pour regarder les incidents et ont également reçu l'ordre d'évacuer les lieux.
La police a utilisé du gaz au poivre et un appareil acoustique émettant des sons insupportables pour l'oreille afin d'obliger les étudiants à quitter la place.
Des incidents avaient déjà opposé la police à des manifestants la veille au soir.
Dans la journée de vendredi, quelque 10.000 manifestants ont défilé dans le calme jusqu'à 800 mètres du lieu de réunion du G20, où ils ont été stoppés par les cordons policiers.
Michelle Nichols, version française Jean-Stéphane Brosse
11:46 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, pittsburgh
Ce qu'il faut retenir du G20 de Pittsburg

Réforme du FMI, encadrement des bonus, renforcement des fonds propres des banques... Le sommet de Pittsburgh restera peut-être plus dans les mémoires pour le renforcement des règles dans la finance qu'il préconise. Mais il a fait l'impasse sur de nombreuses questions, comme la parité entre le yuan et le dollar, le commerce international ou les stratégies de sortie de crise. L'Expansion.com fait le point sur ce sommet.
Ce n'était pas gagné d'avance, car les divergences entre les Européens et les Américains notamment étaient fortes à la veille du sommet des pays industrialisés et émergents du G20, les 24 et 25 septembre. Mais au final, les dirigeants des économies les plus influentes de la planètes sont parvenus à se mettre d'accord sur l'essentiel et à jeter, espèrent-ils, les bases d'une nouvelle gouvernance économique et financière, dans l'espoir qu'elle évitera au monde une nouvelle crise.
Voici les principaux points du communiqué final du G20 de Pittsburg :
La réforme du FMI et de la Banque mondiale
Le G20 a décidé du transfert d'"au moins 5%" des quote-parts du FMI aux pays émergents, qui se plaignaient depuis longtemps d'être sous-représentés. C'est une "victoire extraordinaire", s'est félicité le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Ce transfert doit se faire avant 2011, mais le G20 n'a pas déterminé selon quelle méthode, ni désigné qui perdrait ou gagnerait à l'issue de cette opération. La France a toutefois déjà annoncé que les Européens feraient des sacrifices, mais pas seulement eux, citant l'Arabie saoudite, l'Iran, la Russie et l'Argentine. Et les gagnants devraient être la Chine, la Corée et la Turquie.
Le FMI sort également renforcé de ce sommet dans son rôle : "Le Fonds doit jouer un rôle crucial pour promouvoir la stabilité financière mondiale et rééquilibrer la croissance", ont affirmé les pays du G20. Concrètement, le FMI sera chargé de surveiller les déséquilibres et de faire des recommandations de politique économique aux pays qui devront prendre des mesures correctives adaptées.
Le G20 a également décidé d'augmenter d'au moins 3% les droits de vote des pays en développement au sein de la Banque mondiale, afin de "refléter les changements dans le poids des pays et dans la mission de développement de la Banque".
La régulation du système financier
"Là où l'inconscience et l'absence de responsabilité ont entraîné la crise, nous n'autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures", ont indiqué les dirigeants du G20. Ils ont ainsi défini un encadrement renforcé des bonus des traders et banquiers. La France a été "entendue sur la question des bonus" avec notamment "l'interdiction des bonus garantis au-delà d'un an" ou encore "l'instauration d'un système de bonus-malus", s'est félicité sur ce point le président français Nicolas Sarkozy qui avait fait de la question des bonus son cheval de bataille.
D'une façon générale, le G20 reprend à son compte les recommandations du Conseil de stabilité financière (CSF), l'organe de coordination entre régulateurs financiers et banques centrales, afin de lier la rémunération des banquiers et acteurs de marché aux performances à long terme, et non à la prise de risque excessive. Les pays du G20 vont aussi "agir de concert" pour relever les normes bancaires en termes de fonds propres, une formule devant permettre d'aplanir les divergences sur ce point entre Européens et Américains.
Un "modèle de croissance mondiale plus équilibré"
Le G20 confirme la nécessité de maintenir les plans de relance. "Le sentiment de retour à la normalité ne doit pas nous conduire à un excès de confiance", soulignent ainsi les pays du G20. Les pays du G20 entendent aussi "rééquilibrer la croissance" de l'économie mondiale. Ils décrivent ainsi une nouvelle économie où le consommateur américain ne serait plus le centre du monde et où les grands exportateurs (Chine et Allemagne en tête) importeraient davantage.
Le G20 confirmé nouvelle instance principale pour la coopération économique
les pays du G20 ont décidé que leur enceinte, qui représente quelque 90% du Produit intérieur brut (PIB) de la planète, deviendrait désormais le principal forum de la coopération économique internationale, aux dépens du G8.
Les points oubliés du G20
"Nous travaillerons de concert pour nous assurer que nos politiques budgétaires, monétaires, de change, commerciales et structurelles forment un ensemble cohérent", affirme le G20. Pourtant, la question cruciale des changes, et notamment la réévaluation du yuan chinois face au dollar, a été éludée.
De même la discussion sur les stratégies de sortie de crise, liée à l'endettement massif des Etats après des plans de relance sans précédent, est renvoyée à la prochaine réunion du G20 Finances en novembre.
Les questions de commerce international ont trouvé un écho limité, alors que les Etats-Unis et la Chine sont en conflit sur les droits de douane imposés par Washington sur les pneus, et que se multiplient les appels à conclure enfin les négociations entamées en 2001 au sein de l'Organisation mondiale du commerce.
Enfin, sur l'harmonisation des normes de fonds propres entre banques européennes et américaines, tout doit encore se jouer entre experts au sein du comité de Bâle.
11:26 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20 de pittsburg, g20
Des ONG regrettent le peu d'avancées concrètes pour les pays pauvres à Pittsburgh
En dépit de l'élargissement à 20 membres du club des pays qui comptent, les pays pauvres n'ont pas gagné grand chose au sommet du G20 de Pittsburgh, ont regretté des défenseurs des intérêts des pays pauvres.
AFP/Getty Images/Win Mcnamee
Des chefs d'Etat du G20 lors d'une photo de groupe le 25 septembre 2009 à Pittsburgh
"Ce n'est pas un bon début pour" pour ce G20 intronisé "principal forum de coopération économique", a souligné la Campagne du millénaire de l'ONU.
"Les dirigeants du G20 se sont concentrés sur des sujets comme les bonus et la rémunération, et non sur les besoins de 1,4 milliard de gens qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour dont la vie même est menacée par la crise économique", a déclaré Salil Shetty, directeur de la Campagne du millénaire.
"On ne voit nulle part dans le projet de communiqué la moindre mention des 50 milliards de dollars que ces dirigeants avaient promis aux pays pauvres (lors de leur précédent sommet) en avril - dont moins de la moitié a été effectivement déboursée", a-t-il regretté.
La Campagne du millénaire estime à 33 milliards de dollars le manque à gagner sur l'aide promise aux pays pauvres jusqu'à la fin 2010.
Dans leur communiqué final, les dirigeants du G20 se sont contentés de souligner le sort de "plus de quatre milliards de personnes, (qui) sont toujours insuffisamment instruites, mal dotées en capitaux et en technologies et insuffisamment intégrées dans l'économie mondiale".
En guise de solution "afin que la productivité et les niveaux de vie des pays en développement et émergents se rapprochent plus vite de ceux des pays industrialisés, le G20 a mobilisé la Banque mondiale, pour qu'elle "mette en place un nouveau fonds fiduciaire (trust fund) à l'appui de la nouvelle initiative sur la sécurité alimentaire au profit des pays à faible revenu".
Ils ont aussi évoqué l'augmentation, mais "sur une base volontaire" des aides à l'accès à une "énergie propre".
L'urgence de faire aboutir les négociations du cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce avait été évoquée mardi matin par plusieurs pays émergents, parmi lesquels la Chine et l'Inde, qui font partie du G20.
Les mener à bien renforcerait la confiance dans le système commercial mondial, "empêcherait la montée du protectionnisme et fournirait un coup de pouce très nécessaire pour l'économie mondiale", faisaient-ils valoir dans un communiqué.
Mais à ce sujet, les dirigeants du G20 se sont contenté de répéter l'engagement pris au début du mois au niveau des négociateurs, visant à conclure l'an prochain le cycle de Doha sur la libéralisation des échanges entamé en 2001.
Les déclarations sur la réforme des quote-parts du FMI, destinée à donner plus de poids aux pays émergents, ont également été jugées insuffisantes.
"Ce n'est pas une réforme du FMI, c'est juste du bidouillage à la marge. Tant que le FMI ne changera pas ses règles pour donner aux pays pauvres un vrai droit de parole dans sa gestion, il restera un club des pays riches", a souligné Mark Lawson, haut conseiller de l'organisation caritative Oxfam.
"Réformer le processus de décisions du Fonds monétaire international était une nécessité depuis longtemps, mais la surveillance proposée ici doit amener les pays pauvres à la table si le FMI doit vraiment être une institution représentative", a aussi souligné Tom Hart, un responsable de One, l'organisation co-fondée par le chanteur de U2 Bono.
Quant à la prééminence désormais accordée au G20, plutôt qu'au Groupe des Huit pays les plus industrialisés, Oxfam et One s'inquiètent que cela ne se traduise pas par l'entrée dans ce club de représentants des pays pauvres.
L'Afrique, le continent le plus pauvre, ne compte qu'un seul représentant au G20, l'Afrique du Sud.
"Cela veut dire que quand le G20 parle croissance et stabilité, il laisse les pays les plus pauvres dans le froid", selon Oxfam.
10:49 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pittsburgh, etats-unis, g20, sommet du g20, sommet
Les résolutions finales : aller plus loin
Par RFI. Article publié le 26/09/2009
Le président Barack Obama au sommet du G20 à Pittsburgh, le 25 septembre 2009.
(Photo : Jim Young/Reuters)
Ça a marché mais il faut aller plus loin, c’est en substance ce que dit le communiqué final du G20 : les mesures décidées lors des précédentes réunions ont donné des résultats ; l’économie va mieux mais le monde n’est pas sorti de la récession. Voilà pourquoi il faut poursuivre les mesures de relance. C’est le premier point du communiqué et c’était l’un des thèmes défendus par les Etats-Unis. Le président américain, Barack Obama, a notamment fait allusion au chômage qui ne cesse d’augmenter.
La déclaration finale du président Obama
«... nous devons nous assurer que nous disposons d'un cadre pour la reprise et pour la relance... il faut travailler plus avant pour restaurer l'emploi. Voilà pourquoi nous allons continuer nos efforts de relance jusqu'à ce que l'emploi reprenne... »
Autre sujet important, la régulation financière : comme on s’y attendait, les banques vont être incitées à limiter les risques qu’elles prennent par l’augmentation de leurs fonds propres. Concernant les bonus, le principe d’une limitation est retenu mais le mot « plafonnement » ne figure pas dans le communiqué, comme le réclamaient les Français.
La régulation financière, mode d'emploi
A Londres, le G20 avait insisté sur la nécessité de réguler le système financier, à Pittsburgh il rentre dans le vif du sujet.
Les banques vont d’abord être incitées à prendre moins de risques -c’est qui avait conduit certaines d’entre elles à la faillite. Cela va se faire à travers l’augmentation de leurs fonds propres sur les activités à risques justement. C’était une demande des Etats-Unis, et ils ont été entendus. Sur les bonus des traders, thème cher à la France, plusieurs mesures sont annoncées : il n’y aura plus de primes garanties sur plusieurs années. Le principe d’un «bonus malus» est aussi retenu, c'est à dire annuler une partie des primes quand les résultats des banques sont mauvais.
Enfin, le communiqué du G20 parle d’une limitation des bonus. Ces derniers devraient être versés en fonction d’un pourcentage des profits et en tenant compte du fait que la banque doit avoir un minimum de réserves. Un encadrement déjà en vigueur dans certaines banques américaines.
Nicolas Sarkozy se félicite de l'accord sur les bonus
« Nous avons été entendus sur les bonus... Ce qui se passe est historique... il n'y a plus d'un côté le monde anglosaxon et de l'autre l'Europe... »
Et les pays émergents
Enfin, les pays émergents auront plus de pouvoir à l’avenir puisque leur quote-part au sein du FMI, autrement dit leur place par rapport aux autres, va être augmentée de manière significative.
Comme l’a souligné Barack Obama, il faut une nouvelle gouvernance mondiale reflétant notre époque.
| Plus d'espace pour les pays émergents |
| Les pays émergents auront dorénavant plus de poids dans les instances internationales. Cela va passer par une réforme plus poussée au sein du FMI. Ainsi les pays surreprésentés par rapport au poids de leur économie dans le monde, comme la Grande-Bretagne ou la France, vont transférer au moins 5% de leur quote-part aux pays sous-représentés que sont les pays émergents comme la Chine. 5% de ces quotes-parts, de ces pouvoirs en somme, c’est deux fois plus que ce qui avait été engagé lors de la première réforme lancée il y a un an. Autre décision en faveur des pays émergents : le G20 sera désormais le lieu où l’on discutera des grandes questions économiques. Le G8, qui représentait uniquement les pays les plus riches, ne traitera plus que des questions diplomatiques. Des pays comme la Chine, mais aussi le Brésil et l’Inde, auront désormais l’opportunité de se faire enfin entendre sur l’avenir de l’économie mondiale. |
10:31 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, pittsburgh
L'Occident somme l'Iran de s'expliquer sur le nucléaire
Barack Obama a sommé vendredi Téhéran de s'expliquer sur son programme nucléaire sous peine de se voir imposer des "sanctions qui font mal", en réaction à l'annonce de l'existence en Iran d'un deuxième site d'enrichissement de l'uranium.
Nicolas Sarkozy, Barack Obama et Gordon Brown, lors d'une conférence de presse commune organisée en marge du G20 vendredi. Le président américain a fermement mis en garde Téhéran contre d'éventuelles sanctions après l'annonce de l'existence d'un deuxième site d'enrichissement de l'uranium en Iran. (Reuters/Jacques Witt/Pool)
Adressant une ferme mise en garde à Téhéran à la fin du sommet du G20 de Pittsburgh, le président américain s'est ostensiblement refusé à écarter l'option militaire tout en soulignant préférer régler ce différend par la diplomatie.
En début de journée, le président Obama avait, dans une déclaration commune avec son homologue français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, condamné la construction clandestine par l'Iran d'un deuxième site d'enrichissement de l'uranium, près de la ville sainte de Qom.
"La communauté internationale a parlé. C'est maintenant à l'Iran de répondre", a insisté Barack Obama.
L'existence de ce nouveau site accentue l'importance des discussions qui auront lieu jeudi prochain à Genève entre Téhéran et les représentants des six puissances engagées dans les négociations sur le nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne).
Le chef de la Maison blanche a exhorté les dirigeants iraniens à faire la preuve de leur bonne volonté à cette occasion. Le président russe Dmitri Medvedev, montrant certains signes d'impatience à l'égard de Téhéran, a également souligné qu'en cas de non-coopération le 1er octobre, d'autres méthodes devraient être envisagées sur ce dossier.
L'Iran maintient que son programme nucléaire est à usage civil, quand les Occidentaux le soupçonnent de vouloir se doter de l'arme atomique.
UN SITE SOUTERRAIN
Lors d'une conférence de presse en marge de l'assemblée générale de l'Onu, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu Washington, Paris et Londres qu'ils "regretteraient" leur déclaration.
Il a ajouté que le site n'avait rien de secret et qu'il avait informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son existence alors qu'il ne sera pas en service avant dix-huit mois.
Téhéran n'a reconnu que lundi l'existence de ce second site, dont il n'avait jamais été question jusqu'à présent, dans une lettre au directeur de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradeï.
On estimait jusqu'alors que la République islamique ne possédait qu'un seul site d'enrichissement, à Natanz, qui est ouvert à la surveillance quotidienne des inspecteurs de l'AIEA.
De source française, on déclare que les révélations iraniennes interviennent au moment où Paris, Washington et Londres, qui ont uni leurs efforts dans cette affaire, s'apprêtaient à remettre un rapport à l'AIEA sur ce site dont leurs services secrets avaient appris l'existence depuis "un certain temps". Construit sous une montagne, il pouvait échapper à une surveillance par satellite, a-t-on ajouté.
"Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent", a déclaré Nicolas Sarkozy, évoquant la ville de Qom, au sud-ouest de Téhéran, comme localisation de la seconde usine.
Il a démenti tout désaccord entre Paris et Washington sur la nécessité de décider de sanctions avant la fin de l'année si aucun progrès n'intervient dans les discussions.
"AUCUN PROBLÈME AVEC UNE INSPECTION"
Gordon Brown, lui, a estimé que les "dissimulations" de la République islamique devraient inciter la communauté internationale à se montrer plus ferme encore à son encontre.
L'Allemagne et l'Italie ont apporté leur soutien aux trois pays, la chancelière Angela Merkel faisant part de "l'inquiétude" de Berlin face à ce nouveau développement. La Chine a appelé l'Iran à coopérer avec l'agence basée à Vienne.
L'agence onusienne a demandé à l'Iran d'autoriser l'accès immédiat à ses inspecteurs sur le site pour s'assurer que les mesures garantissant la non-prolifération nucléaire sont respectées. "Nous n'avons aucun problème avec une inspection de ce complexe", a déclaré le président Ahmadinejad.
En son temps, le site de Natanz avait lui aussi été passé sous silence par les autorités iraniennes. Son existence avait été dévoilée par un groupe d'opposants en exil, le Conseil national de la résistance, durant l'été 2002.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a déjà imposé des sanctions à l'Iran pour la contraindre à stopper ses activités d'enrichissement de l'uranium.
Bien que non dépourvue de risques, l'hypothèse d'une action militaire d'Israël pour s'opposer au programme nucléaire iranien est prise au sérieux par de nombreux experts.
Mahmoud Ahmadinejad a estimé que les Israéliens n'oseraient pas attaquer l'Iran, qui a selon lui les moyens de se défendre.
Le chef du Pentagone, Robert Gates, a estimé qu'une action militaire ne pourrait "rien permettre de plus que de gagner du temps, une, deux ou trois années, selon les estimations".
"La seule façon d'avoir un Iran sans (arme) nucléaire, c'est que le gouvernement iranien le décide en comprenant qu'il serait moins en sécurité s'il avait ces armes", a-t-il dit sur CNN.
Lire aussi:
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jeudi, 24 septembre 2009
Un G20 semé d'embûches à Pittsburgh
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Troisième réunion du G20 depuis l'éclatement de la crise financière, l'an dernier, le sommet des vingt pays les plus riches de la planète, qui s'ouvre jeudi à Pittsburgh (Pennsylvanie), n'est pas le plus facile. La fin de la récession est en vue, les Bourses sont reparties à la hausse, et les banques d'affaires ont renoué avec les profits et les bonus. Ce climat de reprise n'est pas propice à des avancées décisives sur la régulation financière, thème principal de ce G20. «À Londres (le 1er avril dernier), sous la pression de la crise, il était clair qu'il fallait bouger, et tout le monde était d'accord pour le faire, confie un négociateur français. À Pittsburgh, le message politique sera moins facile à formuler. Notre crainte, à nous Français, c'est un résultat mou.»
Comme à Londres, les sujets de frictions ne manquent pas. Ce n'est plus la querelle sur les paradis fiscaux, mais la bataille des bonus qui accapare les chancelleries. Poussés par la France et l'Allemagne, les Européens ont placé la barre haut. Ils exigent un accord du G20 en faveur de règles contraignantes, si possible chiffrées, plafonnant les primes des banquiers. D'accord pour mettre un terme au scandale des bonus, la Maison-Blanche refuse de s'immiscer dans les politiques de rémunération des banques, surtout celles qui ne reçoivent aucune aide de l'État. «Les Américains veulent bien encadrer les bonus, donc les limiter, mais ils ne veulent pas les plafonner avec des chiffres : c'est toute la nuance avec les Européens», résume-t-on à Paris.
L'UE exigeante sur les paradis fiscaux
Pour freiner les activités spéculatives, source identifiée de risque systémique, les États-Unis préfèrent mettre l'accent sur les fonds propres des banques. Ils veulent que tous les établissements, notamment les plus importants, se dotent d'un matelas de capitaux propres plus épais et de meilleure qualité. Lourde de conséquences pour les banques, la question des fonds propres est le second point de divergence entre Américains et Européens avant Pittsburgh. C'est un enjeu à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Si Washington réussit à imposer ses vues, les banques du Vieux Continent, moins exposées au risque, mais aussi moins capitalisées que leurs concurrentes américaines, seront désavantagées.
Même s'il n'est plus prioritaire, un troisième sujet empoisonne toujours les négociations entre Américains et Européens : celui des paradis fiscaux. Le secret bancaire se fissure depuis le dernier G20. Mais l'Union européenne veut plus : elle réclame des sanctions contre les pays qui, d'ici à mars 2010, n'auront pas signé les douze conventions fiscales aux normes de l'OCDE. Des textes qui, dans la pratique, réduiront à néant le secret bancaire. De leur côté, les Américains, les Japonais et les Chinois ne veulent pas entendre parler de sanctions contre les pays réfractaires. Pékin cherche à protéger les avantages fiscaux de Hongkong, une place trop fragile à ses yeux pour être mise sur un pied d'égalité avec la Suisse.
La Chine est également sur la défensive dès qu'il est question de gouvernance économique mondiale. Européens et Américains cherchent à imposer, dans les conclusions du G20, un paragraphe encourageant les réformes en faveur d'un rééquilibrage de la croissance chinoise vers plus de consommation et moins d'exportations. Une ingérence dans les affaires intérieures que Pékin ne saurait tolérer.
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12:11 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, pittsburgh
Le G 20 s'installe à Pittsburgh dans l'ancienne ville de l'acier

Des manifestants suspendent une banderole sur le West End Bridge au-dessus de l'Ohio River. Crédits photo : AP
Symbole de cette reconversion, la Steel Tower, le plus haut gratte-ciel de la ville, surplombant l'Ohio River, n'est plus le siège de l'US Steel, le géant de l'acier américain. Cette tour historique, en acier trempé, abrite aujourd'hui les locaux de l'University of Pittsburgh Medical Center (UPMC), un conglomérat médical pesant 8 milliards de dollars, devenu le premier employeur de la région.
En ville, les blouses blanches ont remplacé les blouses noires. La santé l'éducation et les industries vertes représentent 30% des emplois, contre 2% pour l'industrie lourde. Les murs de briques noircies ont laissé place à des murs végétaux ; les potagers fleurissent sur les toits des immeubles, et les start-up spécialisées dans les technologies vertes colonisent les friches industrielles.
Longtemps réputée ville la plus sale des États-Unis, «un enfer sans couvercle», Pittsburgh a été classée cette année la «ville la plus agréable à vivre», devant Seattle. Un exploit. «Quand j'étais gosse, on ne pouvait pas sortir sans prévoir un tee-shirt de rechange : le premier était noir au bout de trois heures !», se souvient Allen, 45 ans, fils de métallo, embauché dans un laboratoire fabriquant des puces pour panneaux solaires.
Hémorragie démographique
Spectaculaire, la mutation n'en fut pas mois lente et douloureuse. Elle a pris vingt-cinq ans, et ne s'est accompagnée d'aucune aide de l'État fédéral. Quand les hauts fourneaux ont fermé, les uns après les autres, au début des années 1980, la crise s'est traduite par un chômage de masse, frôlant les 20%. En quatre ans, Pittsburgh a perdu 200.000 habitants : une hémorragie. Aujourd'hui, la ville ne compte plus que 335.000 habitants, contre 600.000 dans les années 1960. Mais le taux de chômage est moins élevé qu'ailleurs : 7,8%, en juillet contre 9,7% à l'échelle nationale.
Universités et laboratoires offrent un vivier de main-d'œuvre qui attire les grandes entreprises (Bayer, PGG, Westinghouse, Alcoa, Heinz). Les jeunes cadres apprécient la qualité de vie, le logement bon marché et des écoles réputées. En vingt ans, le revenu moyen a doublé, même si le taux de pauvreté s'élève toujours à 20%. Les prix immobiliers, eux, sont en hausse de 2%. Pittsburgh n'a pas senti passer la crise immobilière, pas plus que la crise Internet. Elle poursuit sa reconversion, lente mais certaine, à l'abri des bulles. Sauf si elles sont vertes…
» Notre dossier spécial sur le G20

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