mardi, 10 février 2009

L'Etat refuse de céder sur les salaires en Guadeloupe

Source :Reuters(Article publié le 10/02/2009)

Trois semaines après le début de la grève générale en Guadeloupe, le gouvernement français a refusé mardi de céder sur les revendications salariales du collectif "LKP" et en a appelé au sens de la responsabilité des Antillais. 

Le Premier ministre François Fillon, qui a repris en main le dossier alors qu'Yves Jégo négociait depuis une semaine sur place, a adressé un message d'apaisement aux Guadeloupéens tout en l'assortissant de marques de fermeté qui risquent d'aviver les malentendus sur place.

Rentré lundi à Paris contre toute attente, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer devait regagner la Guadeloupe mardi ou mercredi avec deux médiateurs nommés par Matignon chargés de relancer la négociation salariale sans coup de pouce fiscal de l'Etat. Il fera également halte en Martinique où la grève gagne.

Le collectif "Liyannaj Kont Pwofitasyon" (Collectif contre l'exploitation outrancière), à l'origine du mouvement en Guadeloupe et dont 131 revendications ont été satisfaites, réclame une augmentation de 200 euros nets pour les bas salaires qui bénéficierait à 45.000 personnes.

Un préaccord avait été conclu avec le patronat dimanche matin, avant le départ d'Yves Jégo, sous réserve que l'Etat consente des exonérations de charges à hauteur de 108 millions d'euros.

"L'Etat ne saurait à l'évidence se substituer aux partenaires sociaux dans les responsabilités qui leur reviennent", a répliqué François Fillon à l'issue d'une réunion interministérielle.

Le gouvernement n'entendait pas céder pour l'outre-mer alors qu'il se refuse à un geste financier en métropole pour amortir les effets de la crise et souhaitait également parer à un phénomène de contagion dans les Antilles.

PLUS DE CENT MILLIONS D'EUROS

"Il y a dans les Antilles une volonté de progrès partagée qui dépend de la solidarité nationale, mais aussi des Antillais eux-mêmes qui doivent par le dialogue et par la confiance bâtir leur avenir commun", a souligné le Premier ministre.

On fait valoir dans l'entourage d'Yves Jégo que les mesures agréées par l'Etat dépassent les 100 millions d'euros.

Ainsi le versement anticipé du revenu de solidarité active (RSA, 60 millions d'euros), la baisse du prix des carburants, le gel des loyers des logements sociaux en 2009, une diminution de 10% des prix de cent produits dans la grande distribution, ou encore une revalorisation de 20% des aides à la restauration scolaire au profit de 250.000 enfants.

"Dans l'épreuve difficile que traverse notre pays, la République n'oublie pas l'outre-mer, mais la République a besoin aussi de pouvoir compter sur la responsabilité et sur le sens du compromis de chacun", a insisté le Premier ministre.

Il a précisé que l'Etat restait partie prenante des négociations: Jean Bessière, adjoint au directeur général du Travail et Serge Lopez, directeur régional du Travail en Aquitaine, tenteront pas leur médiation de "renouer les fils du dialogue" entre le collectif et le patronat sur les salaires.

Chargé plus précisément d'assurer le suivi des 131 mesures, Yves Jégo pourrait revenir à Paris vendredi, a-t-on précisé dans son entourage.

"Toutes les énergies doivent être tournées vers la mise en oeuvre effective des mesures qui viennent d'être décidées", a dit François Fillon.

Le chef du gouvernement a précisé que le projet de loi sur le développement de l'outre-mer, qui sera soumis au Parlement en mars, serait susceptible d'être renforcé "pour accroître son efficacité afin de mieux lutter contre les effets de la crise".

"Il y a dans ces départements d'outre-mer un potentiel remarquable qu'il nous revient de mettre en valeur avec toutes les forces vives", a-t-il affirmé.

mardi, 03 février 2009

France / Grève en Guadeloupe : Yves Jégo annonce des mesures

Source : RFI (Article publié le 03/02/2009)

L'île de la Guadeloupe est paralysée depuis plus de deux semaines par une grève générale.(Photo : AFP)

L'île de la Guadeloupe est paralysée depuis plus de deux semaines par une grève générale.
(Photo : AFP)

Un déblocage lent de la situation en Guadeloupe, paralysée depuis plus de deux semaines par une grève générale. Yves Jégo, le secrétaire d'Etat français à l'Outre-mer, s'est rendu sur l'île depuis dimanche et a multiplié les entretiens avec les élus et les chefs d'entreprises. Il a annoncé la mise en place anticipée du Revenu minimum d'activité, le RSA, dès cette année et le gel des loyers des HLM.

Très discrètes les réunions de travail d’Yves Jégo. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a reçu hier les maires, suivi du patronat et des responsables des grandes surfaces.

Les voitures rentrent et sortent de la préfecture mais les propositions sont distillées au compte-gouttes.

Yves Jégo cherche des réponses ciblées à la crise qui secoue l'île. « Je veux que ce soit des réponses qui soient très ciblées. Par exemple les produits de première nécessité, je remercie le Conseil général et le Conseil régional, il va diminuer de 50% l'octroi de mer qui est la TVA locale. Mais moi je veux aller au-delà, je veux qu’il y ait aussi le chariot type et que la famille guadeloupéenne qui a des difficultés à boucler sa fin de mois sache qu’elle peut trouver un chariot type à des prix accessibles et à des prix qui ne bougeront pas tout au long de cette année.», a dit le secrétaire d'Etat.

Médecines douces

Mise en place du RSA en 2009, gel des loyers des HLM, mais aussi par exemple la création de 40 000 billets d’avion Paris-Pointe-à-Pitre pour 340 euros aller-retour. Un prix défiant toute concurrence, en faveur du pouvoir d’achat. Et le prix des cantines scolaires, devrait baisser. Pour l’instant le Collectif contre l’exploitation outrancière préfère attendre avant de crier victoire.

Pour Félix Flemin, secrétaire général du Parti communiste guadeloupéen est membre du Collectif la grêve va continuer. « Lui-même [Yves Jégo] a précisé qu'il ne portait pas des réponses, qu’il donnait quelques pistes de travail. Donc la grève continue et elle va continuer puisqu’il n’y a pas de réponse portée aux négociations pour le moment ».

Yves Jégo s’est comparé à un médecin qui apporte des médecines douces à un grand malade. Il veut prendre le temps pour réformer la région en profondeur. Pas sûr que ce temps soit celui des syndicats.

France/Social : Les syndicats attendent l'intervention de Sarkozy jeudi

Source : par  RFI (Article publié le 03/02/2009)

Pour donner suite au mouvement social du 29 janvier, les syndicats attendent l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi.(Photo : Reuters)

Pour donner suite au mouvement social du 29 janvier, les syndicats attendent l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi.
(Photo : Reuters)

Quelle suite donner au mouvement social du 29 janvier ? Les huit organisations de défense des salariés, réunies lundi, ont décidé d’attendre l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi prochain, pour en juger. Les syndicats attendent du président de la République des réponses concrètes à leurs revendications essentielles et ont prévu de se revoir lundi 9 février.

Les syndicats estiment avoir établi un nouveau rapport de force après le succès de la manifestation du 29 janvier. Or le plan de relance détaillé par le Premier ministre ce lundi ne leur convient pas. « On ne sortira pas de la crise sans renforcer le pouvoir d'achat », a martelé Maryse Dumas de la CGT.

Maryse Dumas

Secrétaire confédérale de la CGT

« Il faut mener de pair l'amélioration du pouvoir d'achat, la préservation et le développement de l'emploi et un investissement public et privé efficace. »

03/02/2009 par Claire Fages

Là-dessus toutes les organisations syndicales sont d'accord. En préalable à toute discussion, elles attendent donc que Nicolas Sarkozy annonce jeudi des mesures rapides en faveur du pouvoir d'achat, que ce soit par un coup de pouce au salaire minimum, le Smic, ou par des réductions de cotisation, ou encore la mise en œuvre de la prime transport.

Michelle Biaggi

Secrétaire confédérale de FO

« On ne peut pas laisser dire et laisser faire aujourd'hui des situations dans ce pays qui font que les inégalités se creusent de plus en plus. »

03/02/2009 par Claire Fages

Les syndicats exigent aussi que le gouvernement conditionne ses aides à la politique salariale des entreprises. Et qu'il arrête de supprimer des postes dans la fonction publique. A plus long terme, les organisations syndicales souhaitent que soient revues les lois qui ont remis en cause la durée du travail.

C'est en fonction des réponses qu'aura apporté le chef de l'Etat sur tous ces sujets, que les syndicats décideront oui ou non d'une nouvelle mobilisation. Lors d'une nouvelle réunion, lundi prochain.

jeudi, 29 janvier 2009

France - Fonction publique: près de 26% de grévistes

Source :AFP (Article publié le 29/01/2009)

Près de 26% des fonctionnaires ont fait grève jeudi à l'appel de tous les syndicats de la Fonction publique, a affirmé le ministère dans un communiqué. 

"Le taux de mobilisation est de 25,9% à l'échelle des trois fonctions publiques" (Etat, hospitalière et territoriale), "selon les estimations disponibles à 17H00, encore partielles", a précisé le ministère.

Dans le détail, c'est la Fonction publique d'Etat (FPE) qui est le plus mobilisée avec un taux de grévistes de 33,1%, dont 29,9% hors Education nationale, d'après le ministère.

A titre de comparaison, la seule fournie par le ministère, 29,9% de la FPE avait été en grève le 20 novembre 2007, lors d'une mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux, dont 20,3% hors Education nationale.

Le taux de grévistes était de 19,6% jeudi vers 17H00 chez les fonctionnaires hospitaliers (FPH), contre 10,9% le 20 novembre 2007.

Enfin à la Fonction publique territoriale (FPT), 18% des agents ont observé le mot d'ordre de grève, contre 12 à 15% en novembre 2007.

L'Etat emploie plus de 5 millions de fonctionnaires: 2,5 millions à la FPE, 1,6 million à la FPT et 1 million à la FPH.

France - La Poste: environ 28% de grévistes selon la direction

Source :AFP (Article publié le 29/01/2009)

Environ 28% des postiers ont fait grève jeudi à l'appel des syndicats FO, CFTC, Sud, CGT et CFDT, a indiqué à l'AFP la direction de la Poste. 

"27,99% des salariés qui étaient prévus dans le planning aujourd'hui ont fait grève aujourd'hui", a précisé une porte-parole, ajoutant qu'une "centaine de bureaux de postes sont restés fermés sur l'ensemble du pays".

Lors de la dernière grève du 22 mai 2008 sur les retraites dans la Fonction publique, le taux de grévistes était de 8,95%, selon la direction. En 2006 (CPE), le taux était de 17,2%, de 45,8% en 2003 (les retraites) et de 59% en 1995 (plan Juppé sur la sécurité sociale et les retraites), a-t-elle également précisé.

En fin de matinée, les syndicats CGT et Sud, respectivement première et deuxième forces syndicales à La Poste, avaient fait état de "plus de 40%" de grévistes.

La Poste compte 300.000 salariés, dont plus de la moitié sont fonctionnaires.

France : Entre 26.000 et 35.000 manifestants à Lille

Source :AP (Article publié le 29/01/2009)

Entre 26.000 manifestants, selon la police, et 35.000 selon la CGT, ont défilé jeudi après-midi dans les rues lilloises, dans le cadre de la journée de mobilisation nationale pour la défense du service public et de l'emploi.

Le long cortège, parti peu avant 15h du boulevard Louis XIV, est arrivé en fin d'après-midi place de la République, dans le centre-ville.

Le trafic des bus et trams de l'agglomération était fortement perturbé jeudi, tandis que le métro circulait normalement, selon les Transports en commun de Lille métropole (Transpole).