jeudi, 12 novembre 2009

Le chef du Hezbollah pour le «dialogue national»

Article publié le : jeudi 12 novembre 2009

Hassan Nasrallah s’est félicité de la formation du gouvernement dont il affirme qu’il va servir les intérêts du Liban.
Reuters / Issam Kobeisy


Par RFI

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah,  a tenu un discours ce mercredi, jour des martyrs pour le parti chiite, au lendemain de la formation du gouvernement libanais. Un discours particulièrement important vu le contexte régional. Il a notamment évoqué la question sensible de l'arsenal militaire de son mouvement.

Avec notre correspondante à Beyrouth, Diane Galliot

Lors d'un discours retransmis sur grand écran devant des centaines de partisans à l'occasion de la « journée des martyrs » du mouvement chiite, le secrétaire général du Hezbollah n’a pas hésité à aborder la question du dialogue national que souhaite entamer le chef de l’Etat le plus rapidement possible. En clair, la question de l’armement du parti chiite, « ce qui veut dire discuter de stratégie de défense nationale », a dit le chef du Hezbollah.

Mais d’emblée, Hassan Nasrallah a posé ses jalons en appelant le gouvernement, « à patienter avant de mettre à l'ordre du jour les grands dossiers pour ne pas aller d'une crise à une autre », faisant référence à l'arsenal de son mouvement, principal point de litige entre la minorité parlementaire menée par le Hezbollah et la majorité du Premier ministre Saad Hariri qui a formé lundi un gouvernement d'union après cinq mois de négociations difficiles entre les deux camps.

Par ailleurs, il fait remarquer que l’élection du président Obama avait soulevé des espoirs dans le monde arabe mais que ces espoirs étaient retombés ces derniers mois, ces dernières semaines. « Nous sommes de nouveau dans une impasse », dit- il. Mais il se félicite du rapprochement entre la Syrie et l’Arabie Saoudite. Il appelle aussi à un rapprochement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et il dit soutenir la Turquie, si la Turquie apporte son soutien aux  Palestiniens.

Enfin, est- ce que la question du nucléaire iranien a eu une influence sur la formation tardive du gouvernement libanais? « Non ! C’est ridicule », dit- il, et il affirme que si la formation de ce gouvernement a pris autant de temps, c’est qu’il s’agissait de tractations internes.

Hassan Nasrallah s’est félicité néanmoins de la formation du gouvernement dont il affirme qu’il va servir les intérêts du Liban. Le Hezbollah a, rappelons-le, deux ministres dans ce gouvernement, celui de l’Agriculture et celui des Réformes administratives.

 

jeudi, 05 novembre 2009

Le Hezbollah nie tout lien avec les armes saisies

Article publié le : jeudi 05 novembre 2009

La cargaison d'armes saisie par la marine israélienne le 5 novembre 2009 sur le bateau Francop.
REUTERS/Amir Cohen



Par Franck Weil-Rabaud

Le mouvement shiite libanais a repoussé ce jeudi les accusations de Tel Aviv d’être le destinataire de la cargaison d’armes saisie par la marine israélienne.Après les démentis similaires des autorités syriennes et iraniennes.

« Le Hezbollah nie tout lien avec les armes que l’ennemi sioniste prétend avoir extrait du Francop. Il condamne par la même occasion la piraterie israélienne dans les eaux internationales ». C’est par ce simple communiqué que le mouvement chiite libanais a récusé les accusations d’Israël selon lesquelles il était destinataire des quelque trois cents tonnes d’armes saisies mercredi par un commando de la marine israélienne sur un cargo battant pavillon d’Antigua.

Toujours selon l’armée israélienne, ces armes en provenance d’Iran devaient être livrées en Syrie avant d’être transférées par la route au Liban. Pour le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, « cette saisie confirme que l’Iran continue à fournir des armes à des organisations terroristes qui veulent frapper des localités israéliennes et tuer des civils ».

L’Etat hébreu en profite pour exiger de ses alliés occidentaux qu’ils accentuent la pression sur l’Iran accusé de violer la résolution 1701 des Nations unies. Le texte voté après la guerre de l’été 2006 au Liban entre Israël et les miliciens du Hezbollah appelle au désarmement de tous les groupes armés présents au Liban et interdit toute vente d’armes à ces organisations.

Le Hezbollah de son côté revendique le droit de poursuivre la lutte armée contre Israël, estimant que l’Etat hébreu occupe toujours une portion du territoire libanais dans la zone frontalière dite des « fermes de Chebaa ».

Ces dernières semaines plusieurs incidents dont le tir d’une roquette vers le nord d’Israël revendiqué par un groupe islamiste et l’explosion survenue dans le garage d’un militant du Hezbollah sont venus rappeler que la situation sécuritaire restait précaire dans le sud du territoire libanais, bastion du Hezbollah. Fin octobre, Michaël Williams, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban avait d’ailleurs reconnu que « ces trois dernières années, le sud du Liban a connu sa plus longue période de calme depuis des décennies mais les récents incidents pourraient facilement déstabiliser la situation dans la zone et augmenter le risque d’un conflit potentiel ».

Un gouvernement introuvable

Accusé par Israël de se réarmer, le Hezbollah fait également l’objet de vives critiques sur la scène politique libanaise. Le bloc du 14 mars du Premier ministre désigné Saad Hariri accuse en effet la milice chiite de multiplier les obstacles pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. A la fin de l’été, le fils du Premier ministre assassiné avait pourtant martelé «que l’ennemi israélien le veuille ou non, le Hezbollah fera partie du gouvernement ».
A l’époque, le chef du courant majoritaire vainqueur des élections législatives de juin dernier entend prouver l’unité libanaise face aux menaces du Premier ministre israélien. Benjamin Netanyahu avait affirmé que « le gouvernement libanais sera tenu responsable pour toute attaque provenant de son territoire si le Hezbollah fait officiellement partie de ce gouvernement ».

Mais cette volonté d’unité nationale affichée par Saad Hariri ne s’est toujours pas concrétisée par la formation d’un nouveau cabinet. Le Hezbollah, ainsi que son allié chrétien, le général Michel Aoun, continue de réclamer une minorité de blocage. Elle permettrait à la milice chiite d’éviter tout débat sur la question cruciale de son désarmement, exigé par la résolution 1701 de l’ONU.

Parallèlement, l’attribution des portefeuilles ministériels pose également problème. Le général chrétien Michel Aoun exige ainsi le poste de ministre des Télécommunications pour son gendre. Le sujet est sensible car le Hezbollah a accusé à plusieurs reprises la majorité d’utiliser ce ministère pour espionner son propre réseau de communication. Autant dire qu’en dépit des pressions de la communauté internationale, la formation d’un gouvernement libanais devrait prendre encore plusieurs semaines.

Téhéran accusé de fournir des armes au Hezbollah libanais

Walid Moualem - Mahmoud Ahmadinejad
Reuters / Raheb Homavandi
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (D) s'entretient avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem (G) à Téhéran, le 4 novembre 2009.



Par RFI

Israël a déclaré avoir arraisonné ce mercredi au large de ses côtes un navire contenant des centaines de tonnes d'armes provenant d'Iran et destinées au Hezbollah libanais. Téhéran dément catégoriquement. Selon le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, cette découverte serait la preuve du soutien de l'Iran aux organisations terroristes.  Le ministre syrien des Affaires étrangères, en visite à Téhéran, a apporté son soutien aux Iraniens.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki  a démenti les accusations israéliennes selon lesquelles le navire arraisonné par la marine israélienne transporte des armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.

Son homologue syrien Walid Mouallem, qui effectue une visite officielle en Iran, a repris à son compte le démenti iranien lors d’une conférence de presse commune ce mercredi avec Manouchehr Mottaki. Le bateau ne transportait pas d’armes de fabrication iranienne à destination de la Syrie ou du Liban mais des objets de fabrication syrienne destinés au marché intérieur iranien, a déclaré Walid Moualem.

Le numéro deux des Forces navales israéliennes, le contre-amiral Rani Ben-Yehuda, avait affirmé un peu plus tôt que la marine israélienne avait saisi des centaines de tonnes d’armes en provenance d’Iran et destinées au mouvement chiite du Hezbollah.

L’Iran et la Syrie sont les principaux soutiens du Hezbollah mais ils ont toujours démenti fournir des armes au mouvement chiite libanais. Téhéran affirme que son soutien est uniquement moral et politique.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies demande le désarmement de toutes les milices du Liban et interdit toute vente d’armes à ces milices.

La presse israélienne consacre ce matin de nombreuses pages à la capture du navire

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul


Le quotidien Haaretz donne un décompte du butin, plus de 3000 roquettes et obus, 300 tonnes d’explosifs de tous genres, 36 containers plein d’armes, plus de 10 000 cartouches de Kalachnikov. « C’est une quantité suffisante, selon le journal Yediot Aharonot, pour un mois pour le Hezbollah en cas d’affrontement avec Israël. »

Il ne pouvait pas y avoir de meilleur timing pour Israël, au moment même où les Nations unies examinent le rapport Goldstone sur les exactions israéliennes à Gaza pendant l’opération «plomb durci.»

Un seul mot en guise de titre dans Maariv : « Preuve » avec une photo des containers bourrés d’armement. « Ce n’est que la pointe émergé de l’iceberg, affirme l’éditorialiste, c’est une goutte d’eau dans la Méditerranée. Un autre commentateur parle de « succès d’un moment qui démontre un échec prolongé. »
Les Israéliens font donc le lien direct entre le débat à l’ONU sur le rapport Goldstone qui doit se poursuivre ce jeudi et les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah. «C’est une absurdité, affirme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en fin de compte, on pointe du doigt Israël

Israël a l’intention de lancer dès aujourd’hui une vaste campagne médiatique pour exploiter à fond la prise d'armes au large des ses côtes.

Article publié le : jeudi 05 novembre 2009

mercredi, 02 septembre 2009

Au secours, 
les esprits s’échauffent  !

02/09/2009 | Jeune Afrique | Par : Patrick Seale


Rapatriement du corps d'un soldat britannique tué en Afghanistan, le 14 juilletRapatriement du corps d'un soldat britannique tué en Afghanistan, le 14 juillet© AP/Sipa

Sous l’effet de la chaleur de l’été moyen-oriental, tout le monde perd la tête. Prenez, par exemple, la dernière déclaration du général David Richards, qui, après avoir dirigé les troupes de Sa Gracieuse Majesté en Afghanistan, est sur le point de devenir le nouveau chef d’état-major, et donc le numéro un, de l’armée. Au moment où tombait la dernière victime britannique (on approche des 200 morts), il a prédit – horreur ! – que la construction d’un État afghan « pourrait prendre de trente à quarante ans », ajoutant que « l’Otan n’a aucune chance » de quitter le pays avant cette échéance.

C’est pure folie. Personne n’a donc appris à sir David ce qu’il advint de l’armée britannique en Afghanistan, en 1842, quand un seul soldat, sur 15 000 hommes, put regagner l’Angleterre vivant ? A-t-il oublié l’échec de l’armée soviétique, dans les années 1980 ?

Cette guerre post-coloniale aux objectifs mal définis est une énorme erreur. Elle se terminera dans les larmes. Au lieu d’isoler et d’anéantir Oussama Ben Laden et sa clique d’extrémistes cachés dans les montagnes, elle ne fait que cimenter les liens entre ces derniers et les tribus pachtounes, qui forment l’essentiel des effectifs talibans. Au lieu d’éliminer les terroristes, elle en crée de nouveaux.

Ces tribus guerrières détestent que les étrangers se mêlent de leurs affaires. Elles mourront les armes à la main pour les chasser de leur terre et tueront de nombreux jeunes soldats britanniques et américains. Laissons les Afghans construire leur État.

De même que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair avait été incapable de résister aux pressions de George W. Bush pour attaquer l’Irak, l’actuel Premier ministre Gordon Brown a enfoncé la Grande-Bretagne plus profondément encore dans le bourbier afghan. Il est temps d’en sortir.

Menaces contre le hezbollah

Autre fauteur de guerre, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, qui a été jusqu’à présent incapable de passer du statut de tueur en série à celui d’homme d’État, décevant les espoirs que beaucoup avaient placés en lui. Au lieu d’accueillir favorablement la plate-forme politique adoptée par le Fatah lors de son sixième congrès à Bethléem (du 4 au 10 août), qui réaffirme la nécessité d’une solution à deux États, Barak l’a qualifiée d’« inacceptable ». Quant à Avigdor Lieberman, l’extrémiste ministre des Affaires étrangères, il a estimé que cette plate-forme « avait enterré toute chance de parvenir à la paix avec les Palestiniens » ! Les Israéliens devraient se réveiller : l’intransigeance de leurs dirigeants est suicidaire.

Barak a également proféré de terribles menaces contre le Hezbollah libanais. « Nous ne pouvons accepter qu’un État voisin, membre de l’ONU, compte dans son gouvernement des membres d’une milice qui possède plus de 40 000 missiles », a-t-il déclaré, sans mentionner l’arsenal autrement plus dangereux dont dispose Israël. « Ce qui s’est passé au cours de la guerre du Liban, à l’été 2006, ne se reproduira plus jamais. À l’époque, les États-Unis nous avaient demandé d’épargner les infrastructures. La prochaine fois, nous utiliserons tous les moyens que nous jugerons nécessaires », a-t-il conclu.

Lors de cette guerre, l’armée israélienne a tué plus de 1 200 Libanais, des civils pour la plupart, et détruit de nombreuses infrastructures, ainsi qu’une grande partie de Beyrouth-Sud.

À son tour, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a sommé son homologue libanais, Saad Hariri, de ne pas inclure des membres du Hezbollah dans son gouvernement – faute de quoi il en subirait les conséquences.

Quand Israël cessera-t-il d’agresser ses voisins et décidera-t-il enfin de vivre en paix à leurs côtés ? Le fait que le département d’État américain persiste à qualifier le Hezbollah d’« organisation terroriste » plutôt que de le reconnaître comme un mouvement de résistance nationale légitime ne fait qu’encourager les tendances belliqueuses d’Israël. On oublie évidemment de rappeler que c’est le Hezbollah qui a contraint l’armée israélienne à se retirer du Sud-Liban en 2000, après dix-huit ans d’occupation, et à un match nul en 2006.

Au Congrès, à Washington, le dégel relatif des relations américano-syriennes a provoqué les habituels commentaires indignés des parlementaires pro-israéliens. Ileana Ros-Lehtinen, représentante républicaine de la Floride, qui siège à la commission des affaires étrangères, s’est dite « profondément troublée que les États-Unis fassent des concessions unilatérales au régime syrien ». Eliot Engel, représentant démocrate de New York, a renchéri que « la Syrie n’a pas changé ».

Attaquer l’iran

Après avoir publié deux tribunes de John Bolton, « faucon » de l’administration Bush et ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU, appelant Israël à bombarder les sites nucléaires iraniens, le Wall Street Journal a ouvert ses colonnes à Chuck Wald, un général de l’armée de l’air en retraite, pour plaider en faveur d’une attaque américaine. Si les pressions diplomatiques et économiques échouaient, écrivait-il le 6 août, une frappe contre l’Iran serait techniquement réalisable et constituerait une option crédible. Les risques d’une intervention militaire doivent être comparés à ceux de l’inaction, ajoutait-il en énumérant ces derniers : « domination de l’Iran sur la région pétrolière du Golfe, mise en péril de l’existence d’Israël, déstabilisation de l’Irak et des régimes arabes alliés des États-Unis, échec du processus de paix israélo-palestinien, course à l’atome ».

Chacun de ces prétendus risques repose sur une analyse erronée. L’Iran, qui est déjà la grande puissance régionale, agit avec mesure. Il entretient de bonnes relations avec ses voisins du Golfe – Émirats arabes unis, Qatar et Oman en particulier – et ne menace nullement l’existence d’Israël. Au contraire, c’est ce dernier qui, avec son arsenal nucléaire, menace ses voisins.

Ce n’est pas l’Iran, mais l’Amérique (incitée à cela par Israël et ses amis) qui a détruit et déstabilisé l’Irak, et y a installé un régime dominé par des chiites proches de l’Iran.

La fin du processus de paix israélo-palestinien ? Mais ce processus n’existe simplement pas, en raison de l’opposition viscérale d’Israël à tout ce qui pourrait ressembler à un État palestinien indépendant.

La chaleur de l’été semble avoir empoisonné l’atmosphère. La politique de Barack Obama en faveur de la paix est menacée par les fauteurs de guerre de tout poil. Il doit agir vite et avec fermeté s’il veut que les espoirs qu’il a suscités ne soient pas déçus.

lundi, 24 août 2009

Ouverture du procès de "la cellule du Hezbollah"

Par RFI. Article publié le 23/08/2009 


La police égyptienne escorte les suspects à leur arrivée au tribunal du Caire, le 23 août 2009.(Photo : Khaled Desouki / AFP)

La police égyptienne escorte les suspects à leur arrivée au tribunal du Caire, le 23 août 2009.
(Photo : Khaled Desouki / AFP)

Le procès de 26 hommes accusés d'avoir projeté des attentats en Egypte pour le compte du Hezbollah libanais s'est ouvert dimanche, devant la Cour de sûreté de l'Etat. Ils sont poursuivis pour avoir fomenté des assassinats, projeté des attentats contre des sites touristiques et des navires, espionnage au profit d'une organisation terroriste et détention d'armes. Vingt-deux d'entre eux ont plaidé « non coupable ».

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

En avril 2009, Le Caire avait annoncé le démantèlement d’une cellule terroriste du Hezbollah cherchant à porter atteinte à la sécurité de l’Egypte. A l'époque, le chef du parti chiite libanais, le cheikh Hassan Nasrallah, avait reconnu qu’un des accusés était un membre influent du Hezbollah, mais il avait indiqué que sa mission consistait à soutenir la résistance palestinienne à Gaza.

Cela avait provoqué une vaste campagne médiatique contre le Hezbollah, de la part de la presse égyptienne mais aussi d’une partie de la presse libanaise. A Beyrouth on était, en effet, en pleine campagne pour les élections législatives.

Selon l’accusation, les 26 accusés - deux Libanais, cinq Palestiniens et dix-neuf Egyptiens avaient commencé à comploter bien avant la guerre contre Gaza. Les premiers contacts entre le Hezbollah et certains des accusés remonteraient à 2005.

Depuis lors, les accusés ont recueilli des informations et se sont procurés des explosifs en vue d’opérations terroristes, soutient le parquet qui affirment que des navires franchissant le canal de Suez et des lieux touristiques étaient visés.

lundi, 10 août 2009

Israël met en garde le Hezbollah

Par RFI (Michel Paul)

Dany Ayalon, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, le 2 juillet 2009. (Photo : AFP)

Dany Ayalon, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, le 2 juillet 2009.
(Photo : AFP)

Les propos menaçants du vice-ministre israélien des Affaires étrangères font suite à des informations révélées par un journal égyptien : selon al-Masry al-yom, une cellule islamique égyptienne, récemment démantelée, avait un projet d’attentat contre l’ambassadeur d’Israël au Caire.

C‘est un véritable avertissement que lance Israël en direction du Hezbollah et du gouvernement libanais, par la voix du vice-ministre des Affaires étrangères, prenant la parole sur les ondes de la radio publique israélienne.

Le vice-ministre des Affaires étrangères le proclame : « Si on s’en prend à un cheveu d’un représentant d’Israël à l’étranger, même à des Israéliens ordinaires comme des touristes, Israël considèrera le Hezbollah comme responsable », et Dany Ayalon poursuit « le résultat pour cette organisation sera de la plus grande gravité. Et pour le Liban aussi qui assumera les conséquences en cas d’assassinats israéliens ».

Cette menace israélienne est le résultat direct de l’information révélée par un quotidien égyptien. Selon al-Masry al-yom, plusieurs personnes arrêtées ayant des liens avec al-Qaïda, auraient confessé avoir surveillé l’ambassade d’Israël en Egypte et la résidence de l’ambassadeur dans le but de l’assassiner.

Leur projet a été déjoué par les forces de sécurité égyptiennes. Au cours des derniers mois, Israël indiquait que plusieurs tentatives d’attentats contre des ressortissants israéliens, notamment en Afrique et en Asie, ont pu être contrées mais les menaces de vengeance persistent depuis l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughnieh, le chef militaire du Hezbollah, lors d’un attentat à la bombe qui n’a jamais été revendiqué.

mardi, 09 juin 2009

Liban : La majorité parlementaire reste pro-occidentale et anti-syrienne

Par rfi.fr

Le Hezbollah n'a pas su tirer parti de sa « divine victoire » contre Israël en 2006.(Photo : AFP)

Le Hezbollah n'a pas su tirer parti de sa « divine victoire » contre Israël en 2006.
(Photo : AFP)

Une majorité d'électeurs a voulu rester dans le giron occidental et dans le camp modéré de l’Arabie Saoudite vis-à-vis d’Israël. Une manière de revendiquer l'indépendance du Liban qui est à l’exact opposé de celle du camp adverse qui bénéficie, lui, du soutien de la Syrie et de l’Iran. Les urnes ont marqué sa défaite, celle de l’alliance formée par le Courant patriotique libre (CPL) du général chrétien Michel Aoun avec le Hezbollah islamiste de Hassan Nasrallah. Reste à remettre en marche la machine politique libanaise grippée par les antagonismes régionaux et internationaux.

Les premières félicitations sont arrivées de Paris, où le président français Nicolas Sarkozy a appelé lundi son homologue libanais, Michel Sleimane, pour le féliciter du « bon déroulement des élections et du sens des responsabilités » dont a fait preuve, d'après lui, le peuple libanais. Pour Nicolas Sarkozy, « ce scrutin renforce la démocratie libanaise » en tenant à l’écart un spectre islamiste auquel il conviendra toutefois de faire une place politique, à moins que la majorité dirigée par Saad Hariri se suffise d’un statu quo risqué.

La France amie de tous les Libanais

« La  France amie de tous les Libanais souhaite que le climat de dialogue qui a prévalu depuis un an se maintienne, dans l’intérêt de la stabilité et de l’unité du Liban tout entier ». Vœu pieux ou auto-persuasion, il s’agit en clair d’inviter le Hezbollah à se soumettre au vote. Le vote « d’un électorat acheté », grince Damas sous cape, par journaux officiels interposés. Pas trop fort tout de même car la Syrie ne renonce pas au retour dans le giron international amorcé à Paris avec l’invitation de son président Bachar al-Assad au 14-Juillet français. Malgré l’avènement de la droite radicale en Israël, Damas ne renonce pas non plus aux perches tendues par la médiation turque qui pourraient rendre possibles des négociations avec l’Etat hébreu sur une restitution du Golan à la Syrie en échange de l’abandon de ses relations militaro-diplomatiques avec l’Iran.

Bien sûr, la France promet de rester « pleinement engagée » aux côtés du président et du gouvernement libanais, « dans leurs efforts en faveur du renforcement de l’unité, de l’indépendance de la souveraineté, et de l'intégrité territoriale libanaises ». C’est dire que ce n’est pas gagné d’avance. Mais l'ancienne puissance mandataire, le protecteur français promet de rester au chevet des Libanais aussi longtemps qu’il le faudra. Et cela, non seulement avec sa coopération économique, mais aussi comme principal contributeur de la force onusienne, la Finul. Il s'agit en effet aujourd'hui encore de tenir la dragée haute à l’ancienne puissance tutélaire syrienne, le fauteur de troubles souvent désigné. D'ailleurs, à moins que Damas ne mérite quelque bon point, Paris veillera tout particulièrement à ce que le Tribunal spécial voit déboucher ses recherches en responsabilités, présumées syrienne, dans l'assassinat du premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005.

Israël demande le désarmement du Hezbollah

La coalition anti-syrienne dite du 14 mars tient le haut du pavé politique en revendiquant le retrait militaire syrien obtenu en avril 2005. Les urnes l’ont confirmé ce 7 juin 2009, la majorité parlementaire reste pro-occidentale, anti-syrienne et adepte de la ligne modérée de l'Arabie saoudite vis-à-vis d'Israël. Finalement, au grand soulagement de l’Occident et à la satisfaction d’Israël et de l’Arabie saoudite, les chrétiens libanais ont largement contribué à la défaite de l’alliance formée par le Courant patriotique libre (CPL) du général chrétien Michel Aoun avec le Hezbollah islamiste du chiite Hassan Nasrallah. Ces derniers n’ont finalement pas profité de la « divine victoire » du « parti de la Résistance » contre Israël en 2006.

Le Hezbollah est toujours inscrit comme mouvement terroriste sur les listes noires américaines parce qu’il revendique la lutte armée contre Israël. Et cela avec le soutien de la Syrie et de l’Iran, deux « bêtes noires » de l’Occident et d’Israël que ces derniers auraient sans doutes tenues comme comptables sinon comme coupables d’une éventuelle victoire de l’alliance Aoun-Nasrallah. Et, tandis que l’Arabie saoudite « félicite les Libanais pour le succès des élections législatives », comme si son soutien financier les avait tous accompagné au même titre, Israël saisit l'occasion de la défaite électorale du Hezbollah pour réclamer à nouveau le désarmement du mouvement chiite islamiste, « un Etat dans l'Etat, une armée au sein de l'armée libanaise, qui compromet la reprise économique du Liban », accuse un communiqué israélien invoquant les résolutions onusiennes pour rappeler qu’il « est du devoir de tout gouvernement formé à Beyrouth de s'assurer que le Liban ne sera pas utilisé comme une base de violence contre l'Etat d'Israël et les Israéliens ».

« Je n'ai pas d'inquiétudes concernant les élections. Notre souci est que les Libanais acceptent le résultat », affirmait dimanche l'ancien président américain Jimmy Carter. Pour autant, ces législatives tant attendues ne résolvent en rien la quadrature du cercle confessionnel et politique du pays du Cèdre. L’avenir du Liban va continuer de se jouer dans la région mais aussi sur un échiquier international où la nouvelle administration américaine pourrait redistribuer certaines cartes sans pour autant changer vraiment la configuration générale dans laquelle s'inscrit Beyrouth.

mardi, 26 mai 2009

Liban : Nasrallah contre-attaque les accusations du «Spiegel»

Par  RFI. Article publié le 26/05/2009 

Le Hezbollah est très remonté après les affirmations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Un article laisse entendre que le mouvement chiite est impliqué dans l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Lundi, le chef du mouvement islamiste Hassan Nasrallah a qualifié l’article de « très très très dangereux », estimant qu'Israël en était à l'origine.
Des milliers de partisans de Hassan Nasrallah étaient rassemblés dans la banlieue de Beyrouth, lundi 25 mai, pour fêter le 9ème anniversaire du retrait israélien du sud du Liban.(Photo : Reuters)

Des milliers de partisans de Hassan Nasrallah étaient rassemblés dans la banlieue de Beyrouth, lundi 25 mai, pour fêter le 9ème anniversaire du retrait israélien du sud du Liban.
(Photo : Reuters)

« L'article de Der Spiegel est très, très très dangereux. Il ne s'agit pas d'une simple information de presse que nous n'allons pas commenter », a déclaré le chef du parti chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, lundi soir, devant des milliers de partisans rassemblés dans la banlieue sud de Beyrouth à l'occasion du 9ème anniversaire du retrait israélien du sud du Liban, après 22 ans d'occupation.

L’hebdomadaire allemand a publié, samedi 23 mai, les résultats d’une enquête menée par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), accusant le Hezbollah d’avoir joué un rôle clé dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais. « Ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l’organisation chiite libanaise Hezbollah qui ont planifié et exécuté l’attentat », écrit le Spiegel. L’attentat à l’explosif à Beyrouth, le 14 février 2005 contre le véhicule de Rafic Hariri avait tué 22 personnes.

Nasrallah accuse Israël d'être derrière l'article

Le chef de la diplomatie israélienne a vivement réagit après la publication de l’article du Spiegel. Il a appelé, dimanche, la communauté internationale à lancer un mandat d’arrêt international contre le chef du Hezbollah « et si ce n’est le cas, il devrait être arrêté par la contrainte. Ces révélations du Spiegel devraient inquiéter toute la communauté internationale ».

A deux semaines des législatives, les Libanais se méfient de possibles déstabilisations. Plusieurs hommes politiques ont dénoncé dans la presse libanaise une tentative « d’intoxication » à l'approche des élections. Le Hezbollah a qualifié les informations du Spiegel « d’affabulations qui ont pour objectif d’influencer la campagne ». Les législatives du 7 juin pourraient être remportées par le puissant parti chiite, allié de la Syrie et de l'Iran.

Un an après les affrontements sanglants entre sunnites et chiites au Liban, la mise en cause de l’hebdomadaire allemand a eut l’effet d’une bombe à Beyrouth, et pourrait provoquer un regain de violences entre les deux communautés, l’une menée par le Hezbollah et l’autre par la majorité anti-syrienne, avec à la tête Saad Hariri, fils du dirigeant assassiné. « Si le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) confirme le contenu de l'article, on pourrait être confronté à une guerre civile », affirme Paul Salem, directeur du centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

L'article est disponible en ligne sur les pages anglophones du site du Spiegel (http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,626412,0...)

lundi, 04 mai 2009

Hamas/Hezbollah: pas de dialogue (USA)

Par AFP, publié le 04/05/2009

Washington a exclu ce lundi d'ouvrir le dialogue avec le Hamas et le Hezbollah, ainsi que demandé le président syrien Bachar al-Assad, appelant plutôt Damas à user de son influence pour améliorer le comportement des deux mouvements radicaux palestinien et libanais.

"Ce que nous aimerions, c'est que la Syrie change le comportement de ces deux groupes", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, interrogé sur les propos de M. Assad.

Celui-ci a pressé les Etats-Unis d'établir un dialogue "direct ou indirect" avec le Hamas et le Hezbollah, dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne France 3 et s'est même dit prêt à faciliter les discussions.

"Nous avons déjà dit quelle était notre position sur l'ouverture d'un dialogue avec le Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence aux trois conditions fixées au mouvement radical palestinien par le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, ONU, Union Européenne): renoncement à la violence, reconnaissance du droit à l'existence d'Israël, respect des accords passés.

"Le Hezbollah, qui est également une organisation terroriste, doit renoncer à la violence et se montrer un acteur productif dans la région", a-t-il poursuivi. "Or ces deux groupes ne l'ont pas fait".

"Nous appelons la Syrie à user de son influence pour faire jouer à ces deux groupes un rôle constructif dans la région", a-t-il conclu.

Dans son interview à France 3, M. Assad a salué la volonté de dialogue avec la Syrie affichée par Washington depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama.

Mais selon le chef d'Etat syrien, "le Hamas a de l'influence et vous ne pouvez pas les ignorer. Vous ne pouvez pas parvenir à la paix tant que le Hamas est en dehors de ce processus de paix ou contre", a-t-il ajouté, précisant qu'il en était de même pour le Hezbollah.

La formation chiite libanaises, qui pourrait remporter les législatives du 7 juin, et le Hamas sont classés terroristes par les Etats-Unis.