Dans la Zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes, il aura fallu attendre jusqu'au temps additionnel du match entre les États-Unis et le Costa Rica pour connaître le verdict de 16 mois de qualifications. Mercredi, les Ticos étaient en effet à quelques secondes d'accrocher la troisième et ultime place qualificative de la CONCACAF pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, quand une égalisation américaine de dernière minute a subitement fait changer leur destin.
Ce score de parité oblige les Centraméricains à disputer un barrage contre l'Uruguay, double champion du monde et cador de la Zone Amérique du Sud. Le malheur du Costa Rica fait le bonheur du Honduras qui, grâce à sa courte victoire au Salvador, profite des deux points perdus sur le tard par son adversaire direct à Washington pour se classer troisième. Les Catrachos participeront pour la deuxième fois de leur histoire à l'épreuve reine du football mondial.
Classement final
20 États-Unis (qualifié)
19 Mexique (qualifié)
16 Honduras (qualifié)
16 Costa Rica (barragiste, contre l'Uruguay)
8 Salvador (éliminé)
6 Trinité-et-Tobago (éliminé)
L'affiche
États-Unis d'Amérique 2:2 Costa Rica
Buts : Brian Ruiz (21', 24') pour le Costa Rica ; Michael Bradley (72'), Jonathan Bornstein (9O'+5) pour les Etats-Unis
Définitivement qualifiés depuis le week-end dernier, les États-Unis avaient à cœur de finir en beauté leur campagne préliminaire pour Afrique du sud 2010. D'autant que leur adversaire, mercredi à Washington, n'avait plus gagné en territoire américain depuis 1985. Mais après une demi-heure de jeu, le Costa Rica mène déjà 2:0 grâce à un doublé d'un Brian Ruiz très inspiré. Pour les Ticos, une victoire serait synonyme de troisième place automatiquement qualificative pour l'Afrique du Sud, peu importe le résultat du Honduras, qui joue au même moment au Salvador. À un peu plus d'un quart d'heure de la fin, Michael Bradley réduit le score pour les locaux et signe le début de l'effondrement tico. L'Américain Oguchi Onyewu doit quitter le terrain sur une blessure sérieuse au genou. Puis le sélectionneur du Costa Rica, Rene Simoes, voit rouge et est exclu du banc. Alors qu'on joue la cinquième minute du temps additionnel, Jonathan Bornstein reprend de la tête un corner de Landon Donovan et marque son troisième but sous le maillot américain. Au coup de sifflet final, les représentants de la bannière étoilée célèbrent leur première place, qu'ils dédient à leur coéquipier Charlie Davies. Le jeune attaquant sochalien a été gravement blessé dans un accident de la route, mardi matin. Quant aux Costaricains, il leur reste leurs yeux pour pleurer.
Les autres matches
Le Honduras s'est imposé au Salvador au terme d'une rencontre musclée. Mercredi à San Salvador, le héros de la soirée a été Carlos Pavon. L'idole et meilleur buteur du football hondurien avait pourtant redoublé de malchance et de maladresse, samedi soir, lors de la défaite à domicile 2:3 contre les États-Unis. Contre le Salvador, le vétéran hondurien s'est racheté en inscrivant l'unique but de la partie. Sa célébration a été à la mesure du soulagement de tout un pays mais aussi de sa joie personnelle de pouvoir enfin réaliser un rêve de longue date : participer à une Coupe du Monde de la FIFA.
À Port d'Espagne, Trinité-et-Tobago a ponctué une campagne préliminaire à oublier au plus vite d'une performance honorable face au Mexique. Les Soca Warriors ont compté jusqu'à deux buts d'avance sur El Tri, grâce à un doublé de Kerry Baptiste. En deuxième période, des réalisations d'Enrique Alejandro Esqueda et de Carlos Salcido ont permis aux Aztèques de revenir à 2:2. Ce résultat n'est pas sans incidence sur le classement final, puisque le Mexique doit se contenter de la deuxième place, derrière son grand rival américain.
Le joueur
Carlos Pavon (HON)
Au soir de la défaite à domicile (2:3) face aux États-Unis, le week-end dernier, le meilleur buteur de toute l'histoire de la sélection hondurienne faisait triste mine. Son penalty raté ainsi qu'une occasion immanquable à six mètres du but, loupée elle aussi, y étaient pour beaucoup. Mais comme le répète souvent Michel Platini, "le football est un jeu fait de lendemains". Pour l'attaquant hondurien de 36 ans, les lendemains ont chanté dans l'atmosphère pourtant hostile du stade Cuscatlan, forteresse quasiment imprenable des Salvadoriens. À la 64ème minute, Pavon saute plus haut que tout le monde au deuxième poteau et inscrit de la tête l'unique but de la partie. Après quelques nuits d'insomnie, le héros du Honduras est redevenu lui-même, à savoir un buteur imparable. Au passage, il propulse son pays vers la deuxième Coupe du Monde de la FIFA de son histoire.
Entendu...
"C'est bien de réagir et de se comporter en équipe. Ce soir, nous avons réalisé un match sérieux. Tout ce que vous pouvez faire avant la rencontre importe peu. Ce qui compte à mes yeux, c'est la maturité et l'esprit d'équipe dont nous avons fait preuve. C'est un motif de fierté. Nous sommes très fiers également de terminer premiers du groupe." Bob Bradley, sélectionneur des États-Unis
La stat
27 - C'est le nombre d'années qui se sont écoulées depuis la première participation du Honduras à une Coupe du Monde de la FIFA. À Espagne 1982, les Catrachos avaient réalisé un parcours honorable en réussissant deux matches nuls en phase de groupes, dont un face au pays organisateur (1:1). Toutefois, cela n'a pas suffi pour éviter aux Centraméricains d'être éliminés dès le premier tour.











