jeudi, 26 novembre 2009

La guerre de l'Himalaya aura-t-elle lieu ?

25/11/2009 12:40:10 | Jeune Afrique | Par : Tirthankar Chanda


La guerre de l'Himalaya aura-t-elle lieu ?La guerre de l'Himalaya aura-t-elle lieu ?© D.R

Depuis la visite du dalaï-lama dans l'Etat indien de l'Arunachal Pradesh, frontalier du Tibet, les relations entre les deux pays se détériorent dangereusement.

Rien ne va plus entre l’Inde et la Chine. La visite, du 8 au 14 novembre, du dalaï-lama, chef spirituel des bouddhis­tes tibétains, dans l’État indien de l’Arunachal Pradesh, frontalier du Tibet, a exacerbé les tensions. Les deux pays, qui se sont déjà fait la guerre en 1962, ont déployé des troupes de part et d’autre de la frontière (dont le tracé, à travers l’Himalaya, n’a jamais pu être établi avec précision), tandis que leurs médias bruissent d’accusations et d’invectives mutuelles. Réunis en Thaïlande en marge du sommet de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean), fin octobre, les dirigeants des deux pays ont décidé de régler pacifiquement leurs différends, litiges territoriaux et accusations de violations de la frontière. Mais sans parvenir à calmer les ardeurs des extrémistes. Quatre questions pour comprendre.

Pourquoi cette poussée de fièvre ?

Tout a commencé lorsque, le 3 octobre, le Premier Ministre indien Manmohan Singh s’est rendu dans l’État d’Arunachal Pradesh. Traditionnellement, les autorités chinoises considèrent toute visite d’un responsable indien de haut niveau dans cette province contestée comme une « provocation ». Tandis que New Delhi ne perd pas une occasion de rappeler qu’elle est « partie intégrante et inaliénable » de son territoire. La polémique s’est aggravée lorsque, quelques jours plus tard, la presse indienne a fait état d’incursions répétées de soldats chinois en territoire indien, tant dans le Nord-Est qu’au Ladakh, dans l’État du Jammu-et-Cachemire. La récente signature d’un accord sino-pakistanais pour la construction d’une autoroute et d’un barrage hydroélectrique dans la partie pakistanaise du Cachemire n’a pas contribué à arranger les choses. « Nous espérons que Pékin privilégiera les relations sino-indiennes à long terme et mettra fin à ses projets dans une région occupée illégalement par le Pakistan », a déclaré le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères

Quels sont les litiges frontaliers ?

Longue de 3 500 km, la frontière sino-indienne traverse des régions de hauts plateaux et d’impressionnants massifs montagneux. L’Inde revendique, à l’Ouest, la région de l’Aksai Chin, située dans le Ladakh, au Cachemire, et occupée unilatéralement par la Chine depuis les années 1960. Pour cette dernière, ce territoire de 38 000 km2 revêt une importance stratégique : il se trouve sur la principale route reliant Lhassa, capitale du Tibet, à la province du Xinjiang, à l’ouest de la Chine. Pour sa part, on l’a vu, la Chine revendique, à l’Est, la totalité de l’État indien de l’Arunachal Pradesh (90 000 km2).

Ce sont les Britanniques qui, en 1914, ont établi le tracé de la frontière entre le Tibet et l’Inde (ce qu’on appelle la « ligne McMahon ») et octroyé l’Arunachal Pradesh à la seconde. La Chine communiste, qui a annexé le Tibet en 1959, n’a jamais reconnu la frontière. Pour elle, il ne fait aucun doute que cette région lui appartient et, dans les documents officiels, la désigne sous l’appellation de « Tibet méridional ». Depuis la conclusion d’un traité d’amitié, en avril 2005, diplomates indiens et chinois se sont rencontrés à une dizaine de reprises à ce sujet. Sans jamais parvenir à un accord.

Pourquoi la Chine s’oppose-t-elle à la visite du dalaï-lama dans l’Arunachal Pradesh ?

Le dalaï-lama (75 ans), qui vit en exil en Inde depuis 1959, avait, il y a plusieurs mois, informé les autorités indiennes de son désir de se rendre dans cet État frontalier à majorité bouddhiste, afin d’y participer à des fêtes religieuses. New Delhi lui ayant donné son accord, lesdites fêtes ont eu lieu la semaine dernière, en sa présence, à Tawang. Construit il y a trois cents ans, le monastère de cette ville est le plus vieil édifice bouddhiste d’Inde. Et un haut lieu de pèlerinage tibétain. Des milliers de fidèles traversent clandestinement la frontière chinoise, à 35 km de là, pour venir prier. Le dalaï-lama y entretient des liens très étroits avec les moines, qui lui donnèrent asile lors de sa fuite de Chine, il y a cinquante ans.

Les autorités chinoises sont convaincues qu’en se rendant à Tawang, le chef spirituel tibétain a voulu manifester son soutien aux indépendantistes, alors qu’il a toujours soutenu que son voyage était d’ordre strictement religieux. Cela ne l’a pas empêché de dire à Tawang, à mots couverts, tout le mal qu’il pense de la position chinoise concernant l’Arunachal Pradesh.

Un nouveau conflit armé est-il possible ?

Les deux pays « semblent avoir davantage de raisons de s’affronter que de trouver un terrain d’entente », lisait-on récemment dans la presse officielle chinoise. De fait, la rivalité entre les deux puissances économiques émergentes a tendance à s’exacerber. Bien entendu, la Chine possède une bonne longueur d’avance, grâce à son exceptionnel dynamisme économique et à son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, mais elle s’inquiète de voir son rival tomber dans l’orbite américaine.

En fait, le processus a commencé sous l’administration Bush. Et Barack Obama voudrait lui donner une nouvelle impulsion afin de contrecarrer, à terme, l’influence chinoise en Asie. Alors, pour maintenir la pression sur son grand voisin du Sud, Pékin réactive périodiquement les vieux différends frontaliers et déploie au Tibet des missiles nucléaires pointés sur les grandes villes indiennes.

Pour autant, un scénario comparable à celui de 1962 n’est, de l’avis de tous les spécialistes, pas à l’ordre du jour, les deux pays ayant beaucoup plus à perdre qu’à gagner à une confrontation ouverte. Leurs relations commerciales, notamment sont au beau fixe : 60 milliards de dollars cette année, contre à peine 5 milliards en 2002. Et puis, de l’avis même de leurs chefs, les forces indiennes ne font pas le poids face à la puissance de feu de l’Armée populaire de libération. Quant à la Chine, elle souhaite éviter d’apparaître comme une puissance agressive et hégémonique aux yeux de ses partenaires européens et américains.

 

lundi, 23 novembre 2009

L'Inde veut rester un partenaire de premier plan

Article publié le : lundi 23 novembre 2009

Manmohan Singh, Premier ministre indien, à New Delhi, le 17 mai 2004.
AFP/Prakash Singh



Par RFI

Le Premier ministre indien Manmohan Singh est arrivé dimanche soir aux Etats-Unis pour une visite d’Etat de quatre jours. Une visite qui sera l’occasion pour le président américain de démontrer que l’Inde n’a pas été négligée au profit de la Chine ou du Pakistan.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Bien que premier dignitaire étranger à être reçu par le président Obama pour une visite d’Etat depuis que ce dernier occupe la Maison Blanche, Manmohan Singh veut s’assurer que l’Inde n’a pas été reléguée au bas de la liste des priorités de la nouvelle administration.

Traités avec beaucoup d’égard par George Bush, les Indiens ont le sentiment que Barack Obama privilégie ses relations avec la Chine aux dépens de New Delhi. Lors de la récente visite du président américain à Pékin, l’Inde a eu l’impression que Washington demandait aux Chinois de jouer les médiateurs dans le conflit qui l’oppose au Pakistan. William Burns, no 3 du département d’Etat rejette vigoureusement cette interprétation, soulignant que les Etats-Unis souhaitent l’aide de tous les pays, Chine et Inde compris, pour stabiliser la région.

L’ambassadeur américain en Inde souligne pour sa part le renforcement de la coopération entre services de renseignements des deux pays depuis l’attentat terroriste du 26 novembre 2008 à Bombay et l’augmentation des échanges commerciaux, comme autant de signes d’une bonne relation. Mais Singh veut aussi voir l’accord de coopération nucléaire se concrétiser, comme il l’a indiqué à l'hebdomadaire Newsweek. Il reproche aux Américains la parcimonie avec laquelle ils transfèrent leur technologie à son pays qui, précise-t-il, n’a jamais contribué à la prolifération des armes de destruction massive.

jeudi, 08 octobre 2009

L'Inde confirme que l'attentat de Kaboul visait son ambassade

Par RFI. Article publié le 08/10/2009 


La police afghane inspecte les lieux de l'attentat à la recherche d'indices.(Photo : Reuters/Ahmad Masood)

La police afghane inspecte les lieux de l'attentat à la recherche d'indices.
(Photo : Reuters/Ahmad Masood)


New Delhi a indiqué jeudi que son ambassade à Kaboul était bien la cible d'un attentat suicide qui a fait au moins 17 morts et 83 blessés. Aucun Indien n'a été tué dans l'attaque mais trois membres de la police des frontières indo-tibétaine, qui assuraient la garde devant l'ambassade, ont été blessés. Pour le moment, des secouristes s’affairent dans les décombres.


Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Bertrand

Un amas de tôle, de pierres, de verre en dessous duquel des blessés sont encore coincés... L’explosion a détruit complètement plusieurs immeubles qui abritaient des petits commerces.

Au milieu, un cratère profond de 1,5 mètre et les restes de la voiture piégée, à peine reconnaissable.

La cible, c’était l’ambassade d’Inde juste à côté. Mais protégé derrière d’immenses murs en béton, le bâtiment n’a pas été atteint.

Parmi les victimes, il n’y a que des civils. Jawad a reçu plusieurs éclats de verre. « J’ai entendu l’explosion, je suis sorti de mon magasin et j’ai vu que je saignais à la tête. Alors, on m’a mis ce bandage. Je n’ai rien compris », raconte-t-il.

En juillet 2008, un attentat, exactement au même endroit, avait fait 60 morts, uniquement des civils qui attendaient pour récupérer leur visa à l’ambassade d’Inde.

Petit à petit, le quartier s’était reconstruit. Les commerçants ont à nouveau tout perdu. Mirwais se tient la tête devant sa boutique : « Regardez, mon magasin est complètement détruit, les ordinateurs sont détruits, tout est en morceaux. Dans l’attentat de l’année dernière, mon père et un employé avaient été tués. Moi, j’avais été blessé à la jambe et j’ai perdu un doigt. Cet endroit, ici, c’est comme la première ligne de front de cette fichue guerre ».

Les insurgés ont frappé au milieu du quartier des ambassades et d’importants ministères. Ils prouvent, cette fois encore, qu’ils sont en mesure d’attaquer où ils veulent, quand ils veulent.

samedi, 26 septembre 2009

Accident dans une centrale thermique en Inde: 39 morts selon un dernier bilan

Par AFP, publié le 26/09/2009

 

Le bilan de l'accident survenu mercredi dans une centrale thermique en Inde après la chute d'une cheminée en construction est passé à 39 morts samedi alors que les secouristes continuent de dégager les décombres, a-t-on indiqué de source policière.

Des sauveteurs indien, le 24 septembre 2009, recherchent des victimes sur le site de l'accident d'une centrale thermique à Korba (Inde)

AFP/Str

Des sauveteurs indien, le 24 septembre 2009, recherchent des victimes sur le site de l'accident d'une centrale thermique à Korba (Inde)

"Nous avons retrouvé 39 corps jusqu'à présent dont 36 ont pu être identifiés", a déclaré le responsable policier Vivek Sharma sur le site de l'accident à Korba, à environ 200 km de la capitale Raipur, dans l'Etat du Chhattisgarh (centre).

Le précédent bilan de la police vendredi faisait état de 36 morts.

Jeudi, une source syndicale assurait que l'accident pourrait avoir tué 100 personnes.

Une cheminée de 275 mètres de hauteur était en construction et 100 mètres avaient déjà été construits au moment de l'accident.

Carte de l'Inde situant un accident mortel dans une centrale thermique en construction

AFP/Infographie

Carte de l'Inde situant un accident mortel dans une centrale thermique en construction

Le gouvernement a ouvert une enquête pour savoir si l'entreprise utilisait une mauvaise qualité de matériaux pour la construction de la cheminée.

La centrale, construite par Balco (Bharat Aluminium Co Ltd), est une entreprise dont 51% du capital appartient au groupe Vedanta Plc, coté à la Bourse de Londres et dont les activités se concentrent sur l'Inde. Les 49% restants sont aux mains de l'Etat indien.

lundi, 31 août 2009

La Guinée-Bissau a exporté une quantité record de noix de cajou vers l'Inde

2009-08-31 | AFP

La Guinée-Bissau s'attendait à un fiasco de sa campagne agricole mais "une bonne nouvelle" l'a finalement surprise: depuis le début de l'année, elle a exporté plus de 130. 000 tonnes de noix de cajou, essentiellement vers l'Inde, "une quantité record" selon le gouvernement.

La saison de la noix de cajou, qui s'étale de mars à août, semblait pourtant bien mal partie.

Les assassinats du chef d'état-major des armées et du président de la République, en mars, puis les meurtres de deux hommes politiques, en juin, avaient mis à mal la campagne de commercialisation.

"Les acheteur potentiels qui sont pour la plupart des Indiens ont quitté le pays quand le président a été assassiné. D'autres ont eu peur de placer leur argent en Guinée-Bissau à cause de l'instabilité politique" constate le ministre du Commerce, Botché Candé, interviewé au téléphone par l'AFP.

"Cela nous a porté préjudice. Malgré tout, nous avons atteint une quantité de noix de cajou exportée jamais égalée" se réjouit le ministre. "L'Etat a besoin d'argent, souligne-t-il, et c'est une bonne nouvelle que nous venons de lui annoncer".

Le directeur général du ministère du Commerce bissau-guinéen, Helder Barros, évoque aussi "une quantité record": "La Guinée-Bissau a exporté pour le moment 132. 962 tonnes de noix brutes de cajou, essentiellement vers l'Inde, notre principal client. L'an dernier à cette même période nous n'avions exporté que 115. 000 à 120. 000 tonnes".

Or la noix de cajou brute reste la principale ressource de ce pays parmi les plus pauvres du monde, situé entre Sénégal et Guinée Conakry. Et l'on dit "Com caju tutu bem" ("avec la cajou, tout est bien") quand les bateaux chargés de noix se relaient au port de Bissau, capitale particulièrement démunie dont la majorité des quartiers n'ont ni eau courante ni électricité.

Les anacardiers, présents un peu partout dans le paysage de brousse, ont cette fois "rapporté à l'Etat un peu plus de 80 millions de dollars US".

Le directeur du Commerce affirme que les bons résultats de cette année ont été obtenus "grâce aux dispositifs mis en place en début de campagne, notamment le contrôle des circuits de collecte et l'exportation par le port de Bissau uniquement".

Mais, "malgré la vigilance" des agents de son ministère, assure-t-il, une grande quantité est tout de même sortie par les frontières terrestres vers les pays voisins: "Nous ne sommes pas en mesure de chiffrer la quantité qui a traversé frauduleusement les frontières terrestres. C'est un manque à gagner certain pour l'Etat".

Au classement mondial, la Guinée-Bissau arrive au 5e rang des pays producteurs de cajou brute, derrière le Brésil, le Costa Rica, la Tanzanie et le Mozambique. Mais la quasi-totalité de la production africaine est exportée à destination de l'Inde ou du Vietnam pour y être décortiquée et transformée. L'amande en forme de demi-lune, grillée, salée et conditionnée en petits sachets, sera revendue au prix fort pour les apéritifs des tables occidentales. . .

Pour accroître sa plus value, le gouvernement bissau-guinéen encourage certes la transformation sur place, dans une dizaine d'unités. "Mais nous avons tous les mêmes problèmes: le marché. Nous produisons mais nous ne parvenons pas à vendre" constate Filinto Vaz, directeur à Bissau de l'unité de transformation Sicajou.

"Il faut, dit-il, que l'Etat s'implique dans l'organisation de la filière et nous cherche des contacts à l'extérieur".

mercredi, 12 août 2009

Inde: Bombay ferme ses écoles en raison des craintes de grippe porcine

Mercredi, août 12, 2009


Les autorités indiennes ont décidé mercredi de fermer toutes les écoles ainsi que les collèges de l'immense métropole de Bombay par crainte d'une propagation de la grippe porcine, alors que l'Inde a enregistré 8 décès liés au virus.

"Le gouvernement a décidé de fermer tous les écoles et collèges dans toute la ville pour une semaine à compter de jeudi", a déclaré Suresh Wandile, porte-parole du gouvernement de l'Etat du Maharashtra, dont Bombay est la capitale.

Capitale financière et industrielle du pays, Bombay compte 18 millions d'habitants.

Le premier décès dû au virus (A)H1N1 en Inde, celui d'une adolescente de 14 ans, à Pune (ouest), ville située à 120 km de Bombay, avait été annoncé début août.

Depuis lors, 8 décès ont été confirmés, dont 4 à Pune.

Le gouvernement indien a décidé de surveiller de près les voyageurs arrivant dans les aéroports et demande aux personnes présentant des symptômes de la grippe de ne pas se rendre dans les lieux publics et de solliciter un examen médical.

Le gouvernement de l'Etat du Maharashtra avait ordonné en début de semaine la fermeture pour une semaine des écoles et collèges de Pune.

 

mardi, 11 août 2009

Au Manipur, la police assassine sans vergogne

Le 23 juillet 2009, un homme a été abattu en plein jour par des policiers à Imphal, la capitale du Manipur. Les forces de l'ordre disent avoir tiré en légitime défense. Mais un photographe se trouvait sur les lieux, et ses clichés racontent une autre histoire. Selon Tehelka, ils prouvent ce que tout le monde savait déjà : les liquidations arbitraires sont monnaie courante dans l'Etat.

10.08.2009 | Teresa Rehman | Tehelka

La police de Manipur a instauré un couvre-feu pour tenter de calmer l'agitation populaire qui a suivi le meurtre de Chongkham Sanjit, Imphal, 6 août 2009

La police de Manipur a instauré un couvre-feu pour tenter de calmer l'agitation populaire qui a suivi le meurtre de Chongkham Sanjit, Imphal, 6 août 2009


Finalement, le 5 août, une semaine après que l'histoire a été publiée, le ministre en chef Ibobi Singh a promis une enquête judiciaire. Six membres des commandos, dont un sous-inspecteur, ont été suspendus.

Si, comme on le dit, une image vaut mille mots, celles publiées en exclusivité par l'hebdomadaire Tehelka [dans son édition datée du 8 août] permettraient de remplir des volumes entiers. Elles ont été prises le 23 juillet en plein centre d’Imphal, la capitale de l’Etat du Manipur [dans le nord-est de l'Inde], à moins de 500 mètres du siège de l’assemblée régionale. Elles montrent les instants qui ont précédé et suivi la mort de Chongkham Sanjit, un jeune homme de 27 ans exécuté par des hommes lourdement armés de la Manipur’s Rapid Action Police Force, communément appelés Manipur Police Commandos (MPC).

Cet incident n’est que le dernier d’une longue série dans l’histoire des violences policières perpétrées dans cet Etat. Pendant des années, voire des décennies, les forces de sécurité du Manipur ont été accusées de violations des droits de l’homme et d’exécutions extrajudiciaires, commises au nom de la Loi sur les pouvoirs spéciaux des forces armées (AFSPA). Après que tout l’Etat s’est soulevé en août 2004 [pour dénoncer le viol et le meurtre de la jeune Manorama Devi par des soldats, et l'immunité dont jouissent les militaires], les autorités ont finalement exclu la ville d’Imphal du domaine d’application de l’AFSPA. Mais les violences n’ont pas cessé pour autant. Les MPC, dans ce qui semble être une nouvelle stratégie contre-insurrectionnelle, font de nouveau régner la terreur sur place.

Les meurtres extrajudiciaires et les exécutions où les militaires affirment avoir tiré "en cas de légitime défense" se sont multipliés dans le Manipur. En 2008, les MPC ont été accusés de 27 cas de torture et de meurtres. Mais alors qu'auparavant ils menaient leurs opérations "de légitime défense" dans des lieux isolés, les MPC n’hésitent plus à commettre leurs crimes en ville et en plein jour, comme le 23 juillet dernier.

Selon le rapport officiel, le 23 juillet à 10h30 du matin, une unité des MPC menait une perquisition sur le marché de Khwairamband Keithel à Imphal. Elle aurait aperçu un jeune homme à l’allure suspecte, et lui aurait demandé de s’arrêter. Celui-ci aurait alors sorti une arme et pris la fuite, tirant sur la foule en tentant d’échapper à la police. Il aurait finalement été acculé à l’intérieur d’une pharmacie, où les policiers lui auraient intimé l’ordre de se rendre. Il aurait répliqué en tirant sur les officiers. Les policiers l'auraient alors abattu en ripostant. Le rapport précise que les policiers auraient "récupéré" sur lui un 9mm Mauser. Le jeune homme aurait été identifié grâce à son permis de conduire.

D’ordinaire, ces versions officielles sont difficiles à démentir, même si tout le monde sait qu’elles ne correspondent pas à la vérité. Mais dans le cas de Sanjit, un photographe local se trouvait sur les lieux et est parvenu à photographier la scène. Les photos montrent clairement que, contrairement à la version officielle, le jeune homme n’a opposé aucune résistance aux hommes qui l’emmenaient. Conduit à l’intérieur d’une pharmacie, il a été froidement abattu par les policiers qui ont ensuite ressorti son corps sans vie. Le photographe, qui craint pour sa sécurité, n’a pas voulu publier ces clichés dans l’Etat du Manipur.

La police affirme que Sanjit était membre de la People’s Liberation Army (PLA, Armée populaire de libération), interdite par les autorités. Le Premier ministre de l’Etat, Okram Ibobi Singh, a créé la polémique à l’assemblée ce jour-là, en déclarant qu’il n’y avait pas d’autre solution que de tuer les insurgés.

Sanjit avait effectivement été membre de la PLA. Arrêté en 2000, il avait été libéré et s’était retiré de l’organisation en 2006 pour raison de santé. En 2007, il avait pourtant de nouveau été interpellé et incarcéré pendant un an. Depuis, Chongkham vivait avec sa famille et était employé comme gardien dans une clinique privée. Mais, même en tant qu’ancien militant, il n’aurait jamais dû être exécuté de la sorte. La loi stipule que tout décès causé par un agent des forces de police, qui ne saurait être justifié par le paragraphe 46 du code de procédure criminelle indien, peut être qualifié d’homicide. Dans le cas de Chongkham Sanjit, seule une enquête rigoureuse pourrait permettre de comprendre ce qui s’est réellement passé. Mais au lieu d’ouvrir une enquête judiciaire, le gouvernement régional a demandé une enquête de service, qui laisse peu d’espoir aux familles de la victime.

Les histoires comme celles-ci sont malheureusement monnaie courante dans l’Etat du Manipur. "[Ici], la vie est une loterie, résume un observateur. On ne vit que si on a de la chance".

Les leçons d'un meurtre
"Notre article a servi de détonateur. Des protestations ont éclaté dans tout l'Etat. Les gens sont descendus dans la rue pour demander une enquête judiciaire et la démission du ministre en chef. Des garçons ont attaqué les commandos à l'aide de frondes et de pierres. Les femmes ont étendu leurs phaneks [vêtements traditionnels] au travers des rues (la coutume interdit aux hommes du Manipur de toucher les vêments féminins étendus à sécher)."

Tehelka rapporte les propos d'une manifestante : "Tehelka a ouvert les digues aux larmes que nous tenions enfouies en nous. Nous avons toujours su la vérité sur ces meurtres, mais nous n'avions jamais pu prouver quoi que ce soit, et avions perdu la force de parler. Maintenant, nous avons retrouvé le courage."

lundi, 27 juillet 2009

Inde : New Delhi lance son premier sous-marin nucléaire

Par RFI

L'Inde a inauguré dimanche 26 juillet, son premier sous-marin nucléaire, une avancée qualifiée « d'historique » par le Premier ministre Manmohan Singh. La cérémonie s’est déroulée en grande pompe dans la localité méridionale de Visakhapatnam, dans l'Etat d'Andra Pradesh. Le vaisseau baptisé Arihant (destructeur d'ennemis), fait entrer le géant d'Asie du Sud dans le club fermé des pays ayant construit leurs propres sous-marins nucléaires. Le lancement de ce sous-marin coïncide également avec le 10e anniversaire d'une mini-guerre avec le Pakistan dans le Cachemire indien.

Gurshuran Kaur, épouse du Premier ministre indien Manmohan Singh, casse une noix de coco sur la coque du sous-marin nucléaire lors d'une cérémonie à Visakhapatnam, le 26 juillet 2009.(Photo : AFP)

Gurshuran Kaur, épouse du Premier ministre indien Manmohan Singh, casse une noix de coco sur la coque du sous-marin nucléaire lors d'une cérémonie à Visakhapatnam, le 26 juillet 2009.
(Photo : AFP)


C’est une noix de coco et non une bouteille de champagne qui a été brisée pour l’inauguration du premier sous-marin nucléaire indien. Au cours des deux prochaines années, la Marine nationale va effectuer une batterie de tests dans le golfe du Bengale, à la fois pour former le personnel technique, mais aussi pour une série d’entraînements dissuasifs. Le vaisseau à technologie avancée, baptisé Arihant pèse lui, 6 000 tonnes, mesure 110 mètres et peut atteindre une vitesse de 44 km/heure sous l’eau.

Aucune ambition agressive

Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, précise que ce premier sous-marin nucléaire n’a aucune ambition agressive et qu’il s’agit avant tout d’une mesure de défense nationale. Avec plus de 7 000 kilomètres de côtes, New Delhi espère pouvoir intervenir rapidement sur les lieux en cas d’incident.

Mais l’Inde compte bien utiliser sa flotte maritime comme arme de dissuasion contre ses voisins pakistanais et chinois. Selon les médias indiens, le sous-marin nucléaire peut transporter 12 missiles balistiques, d’une portée de 700 kilomètres chacun. L’Inde rejoint ainsi le club fermé des 5 autres puissances détentrices de sous-marins à propulsion nucléaire.

 

Mousshine Ennaimi‏

jeudi, 23 juillet 2009

Inde / Pakistan / Attentats de Bombay : l'accusé réclame la peine de mort

Par  RFI. Article publié le 23/07/2009 

 Abbas Kazmi, l'avocat de Mohammed Ajmal Amir Iman dit Kasab, le 20 juillet 2009.(Photo : Arko Datta/Reuters)

Abbas Kazmi, l'avocat de Mohammed Ajmal Amir Iman dit Kasab, le 20 juillet 2009.
(Photo : Arko Datta/Reuters)

Le procès du seul survivant des attentats de Bombay continuera. Le juge l'a annoncé ce jeudi. Les audiences avaient été suspendues mercredi 22 juillet après la volte-face inattendue de l'accusé. Mohammad Ajmal Amir Iman, alias « Kasab », a décidé de plaider coupable. Il demande même à être condamné à la peine de mort. Depuis le début du procès au mois d'avril, ce Pakistanais de 21 ans niait les quatre-vingt-six chefs d'accusation qui lui sont reprochés. Même si l'ensemble des parties se réjouit de cette nouvelle étape dans le procès, il existe de nombreuses questions sur ce retournement de situation.

Pour le procureur, « Kasab » espère obtenir l'indulgence du tribunal. Le juge a, de son côté, expliqué que « Kasab » charge surtout son complice, et qu'il ne reconnaît pas les quatre-vingt-six chefs d'accusation. Il niait encore, lundi dernier, les faits pour échapper à la peine de mort. Au moment de ses aveux mercredi 22 juillet,« Kasab » a assuré que ce n'était pas pour éviter cette sentence qu'il parlait.  « Pendez moi tout de suite! », a-t-il lancé à la cour.

Il y a un dernier aspect qui interpelle cette fois l'accusation. Les aveux de « Kasab » tombent quelques jours avant l'ouverture au Pakistan du procès de cinq personnes soupçonnées d'être les têtes pensantes des attentats de Bombay. Alors, on peut se demander si l'accusé n'a pas parlé pour les décharger ?

New Delhi est persuadé que les attaques terroristes ont été élaborées au Pakistan, par le groupe terroriste Lashkar-e-Taïba et qu'ils ont été aidés par les services secrets d'Islamabad. Mercredi 22 juillet, « Kasab » s'est tout à coup levé dans le box. Il a alors commencé à raconter ce qui s'est passé du 26 au 29 novembre dernier, quand un commando terroriste a pris d'assaut Bombay, tuant 174 personnes.

Le jeune Pakistanais a parlé des attaques contre les hôtels de luxe, les coups de feu tirés dans la gare puis dans la rue, avec son complice mort pendant les affrontements avec la police.

lundi, 20 juillet 2009

L'Inde et les USA signent un accord de défense et de nucléaire

REUTERS | 20.07.2009 |

 

NEW DELHI (Reuters) - L'Inde et les Etats-Unis annoncent avoir conclu des accords en matière de défense et de nucléaire civil, à l'occasion d'un déplacement à New Delhi de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

L'accord de défense est une première étape vers la vente d'armements américains sophistiqués à l'Inde. Celui dans le nucléaire réserve à des entreprises américaines les chantiers de construction de deux futures centrales.

L'accord a été annoncé conjointement par Clinton et son homologue indien S.M. Krishna, lors d'une conférence de presse commune.

Le pacte de défense prévu entre les deux pays doit permettre à Washington de contrôler que New Delhi emploie bien les armes vendues aux fins prévues par le texte et empêche leur dissémination, indiquaient dimanche soir des responsables américains.

Bureau de New Delhi, version française Gregory Schwartz

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