mercredi, 28 octobre 2009

Intégration euro-méditerranéenne : les TIC pour un développement économique et social cohérent et durable

Par Frédéric Dussart, VP & DG de la région EMEA Sud, Afrique et Moyen Orient d’EMC

Un peu plus d’un an après sa création, l’Union pour la Méditerranée (UPM) fait encore débat. A peine née se voit-elle chargée de handicaps jugés insurmontables, le débat se focalisant sur les impasses politiques – du dossier proche-oriental à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, en passant par le format même de l’UPM, les récentes objections de la Libye et du Sénégal contre une Europe qui s’accapare l’Afrique du Nord au détriment du continent africain, ou encore les mesures prises par Alger à l’encontre des investisseurs étrangers, dont la contribution au développement national est jugée insuffisante.

Le développement économique conditionne la réussite de l’UPM

Si la résolution des clivages politiques qui pèsent sur l’UPM semble être, pour l’heure, une vue de l’esprit, l’espace euro-méditerranéen n’en regorge pas moins de ressources très prometteuses qu’il faut valoriser. A l’image de la construction européenne, un projet de l’envergure de l’UPM ne peut réussir, du moins dans un premier temps, qu’économiquement. Il faut alors renforcer prioritairement l’investissement dans la technologie et les compétences pour bâtir des infrastructures qui encadreront efficacement le développement économique et la circulation de l’information, de la connaissance.

Véritable vecteur de progrès, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ne connaissent pas les aléas de la politique et permettent – de façon concrète – de rapprocher les pays, de favoriser les échanges et de réduire le fossé économique et numérique entre les deux rives de la Méditerranée et au sein même des pays. Des projets particulièrement innovants ont vu le jour, comme le projet EOMED (Espace numérique ouvert pour la Méditerranée) pour la construction d’une communauté du savoir visant à mutualiser et à valoriser les ressources numériques dans le domaine de la culture, de la formation, de l’innovation et de la recherche.

L’approche économique met en évidence l’atout que représente l’UPM pour de nombreux pays, y compris au-delà de l’espace euro-méditerranéen. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec 7 % de la population mondiale, les deux rives de la Méditerranée produisent à elles seules 15 % des richesses annuelles mondiales et assurent 16 % des échanges, représentant ainsi le 1er PIB de la planète.

Les TIC catalyseur de développement économique et humain

La corrélation entre les investissements dans les TIC et le développement est évidente. Les pays de la rive Sud ont à ce titre mis en place des politiques gouvernementales ambitieuses, de l’initiative « Génie » au Maroc pour généraliser l’usage des TIC dans l’éducation d’un pays dont le taux d’illettrisme frôle les 40 % au programme « e-Algérie 2013 », en passant par le programme « i2010 » en Turquie pour l’innovation technologique et l’accès aux technologies dans le cadre d’un espace européen unique de l’information.

Ces politiques ont permis l’émergence de technopoles spécialisées comme le Smart Village égyptien, pôle fédérateur de technologies de pointe reconnu, ou le CasaNearshore Park marocain, haut lieu de l’externalisation de services, devant générer 30 000 emplois et permettre la formation de 10 000 ingénieurs et 22 000 diplômés dans les métiers de l’Offshoring.

La généralisation des TIC dans les pays où la population est jeune est un axe stratégique – voire vital – de développement. Il s’agit non seulement de construire une économie fondée sur la connaissance et intégrée intelligemment aux marchés de la Rive Nord, mais aussi et surtout d’offrir une perspective d’avenir à la jeune génération des pays en voie de développement, désireuse d’accéder elle aussi aux nouveaux outils de communication que la mondialisation a mis sur son chemin.

Les TIC sont finalement un catalyseur de développement économique et humain. Elles peuvent offrir aux acteurs actuels et à venir de l’Union pour la Méditerranée des bénéfices qui redéfiniront profondément les relations entre les pays mobilisés et poseront les bases d’une union euro-africaine, prolongement naturel de l’intégration euro-méditerranéenne.

Le développement durable, une étape urgente pour un développement économique et social cohérent

L’Union pour la Méditerranée a défini sept domaines concrets d’action prioritaires : la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes maritimes et terrestres, le développement de l’énergie solaire, l’enseignement et la recherche, la gestion de l’eau, la protection civile et le développement des Petites et Moyennes Entreprises.

La plupart de ces domaines accordent une place centrale à la question environnementale, alors que la réunion des ministres des pays de l’UPM de juin dernier actait la relance du projet par des initiatives allant dans ce sens. La prise en compte des défis liés au réchauffement climatique et à la gestion des ressources naturelles est en effet capitale. Elle conditionne, dans un contexte où les obstacles aux objectifs de l’UPM sont nombreux, le développement économique et social des pays du pourtour méditerranéen. Elle permet en outre de prendre la mesure de l’urgence qu’il y a à s’atteler à la tâche et à démontrer aux citoyens l’intérêt d’un tel processus.

Les TIC sont un outil indispensable pour répondre efficacement aux enjeux de développement durable de l’intégration euro-méditerranéenne. Elles peuvent prendre le devant d’une économie à faible impact environnemental et dynamiser le changement socio-économique, en initiant de nouvelles approches dans des domaines variés, comme l’énergie, la construction, les échanges, etc. De nouveaux usages verront le jour : le télétravail, la dématérialisation, la simplification administrative, l’homogénéisation et l’informatisation des processus.

La notion de « développement durable » prend ici pleinement son sens : assurer la durabilité du développement économique et social dans un environnement de plus en plus sollicité par la croissance démographique, la hausse du niveau de vie, etc. La dynamique du changement impliquée dans l’idée d’un développement « durable » de l’Euro-Méditerranée profitera ainsi non seulement à l’économie, à la société et à l’environnement, mais aussi et surtout au citoyen.

Mardi 27 octobre 2009, pour l'autre afrik

Source: afrik.com

lundi, 19 octobre 2009

HP s’attelle à fixer les cerveaux africains sur le continent

La firme Hewlett Packard favorise la recherche en Afrique en fournissant l’infrastructure technologique

La firme informatique Hewlett Packard (HP) participe à maintenir les intelligences africaines sur le continent grâce à un programme dénommé "The Brain Gain initiative". Le programme, conduit en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), repose sur un principe simple. Celui de permettre aux scientifiques africains de travailler chez eux et dans les meilleures conditions technologies afin de développer de leur pays, en collaborant avec leur compatriotes évoluant à l’extérieur et avec des chercheurs du monde entier grâce à la mise en place de gigantesques réseaux virtuels baptisés grilles informatiques. Entretien avec Gabriele Zedlmayer, vice-présidente Corporate marketing et Citoyenneté mondiale HP Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA).

Numéro un mondial et dans la zone Europe, Afrique et au Moyen-Orient (EMEA) en termes de ventes aux entreprises de serveurs et d’applications liées au stockage et à la gestion, leader des ventes de PC et d’imprimantes aux particuliers et aux entreprises, selon les chiffres communiqués par l’entreprise, Hewlett Packard est un acteur important du marché de l’informatique. Cette position alliée à une âme d’entreprise citoyenne font de la firme américaine un acteur de la lutte contre la fuite des cerveaux sur le continent africain depuis quelques années. Avec l’aide de l’Unesco et après avoir sélectionné 5 universités [1] , qui ont participé a un projet pilote entre 2006 et 2009, elle a permis officiellement début octobre à une dizaine d’autres de rejoindre la grande aventure du maintien des intelligences africaines sur leurs terres d’origine. Le Burkina Faso (2), le Cameroun (2), la Côte d"Ivoire (1), l’Ethiopie (1), le Kenya (2), le Maroc (1), la Tunisie (1) et l’Ouganda (2) ont rejoint le projet grâce à quelques unes de leurs universités. Développement de grilles informatiques (Grid, en anglais), questions climatiques, contribution de la diaspora au développement sont quelques uns des travaux de recherches des nouvelles recrues de "The Brain Gain Initiative", littéralement "gain de cerveaux". D’ici 2011, ils devraient être une centaine.

Afrik.com : Vous avez lancé un projet pilote majeur en 2006. Qu’est-ce qui vous a décidé chez Hewlett Packard à vous engager auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dans la lutte contre la fuite des cerveaux en Afrique ?
Gabriele Zedlmayer :
Hewlett Packard a toujours été une entreprise citoyenne. Nous nous y œuvrons depuis plus de 50 ans. A ce titre, nous travaillons avec des ONG et des gouvernements, des organisations comme l’Unesco ou l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi). Avec eux, nous identifions des domaines dans lesquels nous pouvons faire la différence en nous y investissant. La fuite des cerveaux en Afrique, qui coûte quelque 4 milliards de dollars par an au continent, a été identifié par l’Unesco comme étant un domaine d’action prioritaire. Beaucoup d’Africains diplômés quittent leur pays pour travailler à l’étranger au lieu de mettre leur expertise à la disposition du développement de leur pays. Pour y pallier, nous avons mis en œuvre avec l’Unesco un projet pilote qui est aujourd’hui dans sa phase d’extension.

Afrik.com : Vous avez choisi dans le cadre du projet pilote cinq universités dans cinq pays, à savoir l’Algérie, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal et le Zimbabwe. Quels ont été vos critères ?
Gabriele Zedlmayer :
Encore une fois, c’est un processus dans lequel HP ne s’engage pas tout seul. Nous travaillons en étroite collaboration avec les ministères de l’Education de ces pays et l’Unesco. Les projets sélectionnés touchent à des domaines très variés comme les nanotechnologies, l’énergie ou encore les questions environnementales. Les critères qui prévalent vont de la nature des travaux de recherche menés par ces universités à leur contribution au développement, en passant par l’urgence des questions traitées.

Afrik.com : Pour relier d’abord les scientifiques africains entre eux, ceux qui sont restés à ceux qui travaillent à l’étranger d’abord, puis au monde entier, vous utilisez la technologie du Grid, une grille informatique. Pouvez-vous expliquer en des mots très simples en quoi elle consiste ?
Gabriele Zedlmayer :
Avant d’arriver au Grid, vous mettez en réseau des ordinateurs, des imprimantes et des serveurs. Vous mettez en place une infrastructure qui permet aux chercheurs de disposer d’un véritable environnement de travail. Ils peuvent entrer leurs données et les traiter. Mais certains projets demandent d’importantes capacités de stockage, plus importantes que celles qu’offrent les serveurs. La grille informatique permet d’intégrer les différents réseaux informatiques et de stocker de gros volumes de données de partout et qui, de même, deviennent accessibles de n’importe quel endroit dans le monde. Le Grid offre une grande capacité de travail tout en accédant à d’autres informations.

Afrik.com : Comment mettez-vous en contact les chercheurs qui travaillent dans leur pays et ceux qui travaillent en dehors du leur ?
Gabriele Zedlmayer :
L’Unesco et les ministères de l’Education, avec lesquels nous collaborons, disposent des informations précises sur la localisation de l’expertise.

Afrik.com : Le projet pilote a été mené de 2006 à 2009. Quinze nouvelles autres institutions ont rejoint récemment le projet, désormais baptisé " The Brain Gain Initiative". Vous voulez touchez une centaine d’universités africaines d’ici 2011, la date fixée pour la fin du programme ?
Gabriele Zedlmayer :
Nous sommes maintenant dans la phase d’extension du projet. Nous pensons que si nous introduisons toujours plus de technologie en Afrique, il sera d’autant plus facile d’étendre le programme. A ce stade, toucher 100 universités à l’horizon 2011 est un objectif raisonnable. Pour cela, nous avons besoin de plus de partenaires. Je rencontre actuellement d’importantes institutions, comme la Banque africaine de développement, pour voir comment nous pouvons donner de l’ampleur à cette initiative.

Afrik.com : Quels ont été les principaux enseignements de la phase pilote ?
Gabriele Zedlmayer :
L’idée derrière tout cela est de renforcer la collaboration entre scientifiques. Pour mettre en place le projet au Sénégal, par exemple, nous avons travaillé avec le Centre national de recherche scientifique (CNRS), l’institut de recherche français qui nous a aidés à installer le Grid à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce Grid fait partie de celui lancé par l’Union européenne en 2004, l’EGEE (Enabling Grids for E-sciencE qui intègre les ressources informatiques européennes) [2] Aujourd’hui, notre ambition est d’étendre ce Grid à tout le Sénégal, puis de reproduire ce schéma dans d’autres pays.

Afrik.com : Les scientifiques restent-ils vraiment dans leur pays ?
Gabriele Zedlmayer :
Nous savons déjà que ces programmes permettent de garder les scientifiques sur place. Avant l’Afrique, ils ont été conduits en Europe de l’Est, une région ravagée par la guerre dans les années 90. Nous l’avons encore une fois constaté en Afrique. Les scientifiques restent travailler dans leur pays parce qu’ils ont accès à la technologie, qu’ils peuvent conduire leurs travaux là où ils sont et qu’ils peuvent travailler avec des collègues partout dans le monde. Ils n’ont plus besoin dès lors de s’expatrier.

Afrik.com : Dans l’avenir, "The Brain Gain Initiative" misera aussi sur le "Cloud computing" [3] ?
Gabriele Zedlmayer :
C’est une technologie qui est diiférente de celle du Grid. "Le Cloud computing" n’est possible que par le biais d’Internet et nous aimerions mettre cette technologie à la disposition de l’Afrique. Il ne sera plus nécessaire de stocker ses données sur ses propres appareils, il suffira de les mettre sur le Net pour y accéder de n’importe où avec n’importe quel appareil.

 

Samedi 17 octobre 2009, par Falila Gbadamassi

Source : afrik.com


Pour en savoir plus,

- Visiter le site d’HP pour en savoir plus sur les projets pilotes.

- Visiter le site de l’Unesco pour en savoir plus sur "The Brain Gain Initiative" et les nouvelles universités qui rejoignent le programme.

- Lire aussi :
Des grilles de calcul pour contrer la fuite des cerveaux en Afrique

[1] Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), Alger, Algérie
Création et consolidation d’un « Réseau virtuel » de chercheurs algériens travaillant sur l’énergie solaire dans leur pays et à l’étranger.
L’université KNUT (Kwame Nkrumah University of Science and Technology), Kumasi, Ghana Ce projet concerne le problème de la fourniture et de la gestion de l’énergie.
Université du Nigeria, Nsukka, Nigeria
Développement d’une expertise dans les techniques de culture des tissus des végétaux afin d’élaborer des stratégies visant à accroître et améliorer les récoltes indigènes au Nigeria et à les rendre plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux insectes.
Université Cheikh Anta Diop, Dakar-Fann, SénégalCréation d’une série de programmes de recherche post-universitaires dans les domaines Science et Technologie, Médecine, Arts et Lettres.
Chinjoyi University of Technology, Chinjoyi, Zimbabwe
La recherche et le développement de technologies capables de répondre aux besoins énergétiques du pays de façon durable constituent l’un des objectifs clés de ce projet.
Source : HP

[2] La grille EGEE est composé de 41 000 unités centrales pour un espace de stockage de cinq millions de gigaoctets accessibles vingt quatre heures sur vingt quatre.
Source : L’atelier.fr

[3] "L’informatique dans les nuages" permet d’externaliser le stockage des données numériques

samedi, 26 septembre 2009

Le mythe de l'ordinateur low cost

25/09/2009 | Jeune Afrique | Par : Stéphane Ballong


Une quinzaine de pays africains négocient pour équiper les collégiens d'ordinateursUne quinzaine de pays africains négocient pour équiper les collégiens d'ordinateurs© Petterik Wiggers/Panos-Rea

Le projet américain One Laptop per Child (OLPC) a ouvert la voie des ordinateurs bon marché. Mais à l’heure de la rentrée scolaire, les offres dépassent le prix initial de 100 dollars l’unité.

L’idée avait fortement séduit à son annonce en 2005 et lors de son lancement fin 2007 : commercialiser des ordinateurs à 100 dollars destinés à l’éducation des écoliers des pays en développement. Elle avait été lancée par l’informaticien américain Nicholas Negroponte, cofondateur de Media Lab, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis.

Quatre ans plus tard, qu’est devenu cet ambitieux projet ? « Une réalité », assure Lionel Laské, le président de l’antenne française du projet One Laptop per Child, « un ordinateur pour chaque enfant ». « En Afrique, une quinzaine de projets sont en cours », assure-t-il. Le Rwanda, déjà acquéreur de 10 000 unités, envisagerait une commande de 100 000 ordinateurs, et le Cameroun de 5 000. Des pays comme le Mali et le Ghana figurent également sur cette liste…

Seulement, l’ordinateur à 100 dollars se vend pour l’heure 188 dollars. « Ce prix, explique Lionel Laské, ne dépasse que de 1 dollar le coût de production unitaire (187 dollars). Il devrait baisser très rapidement pour se situer au tarif initialement annoncé. » Mais, pour cela, le projet OLPC devrait réaliser des économies d’échelles en en vendant plusieurs millions d’unités. Un pari loin d’être gagné. Au total, le XO, puisque c’est son nom, n’a été livré qu’à près de 1 million d’unités depuis novembre 2007. Un chiffre largement en dessous de l’objectif de départ, qui visait la barre du million de machines vendues dès la première année de commercialisation. « Nous n’avons pas de circuit de distribution. Nos ordinateurs sont directement vendus aux autorités locales et, lorsque celles-ci changent, les projets tombent à l’eau ou tardent à être relancés », justifie Lionel Laské.

Une très vive concurrence

Mais ce n’est pas tout. Le programme OLPC a suscité des projets concurrents, purement économiques. À commencer par celui d’Intel. Le fabricant américain de microprocesseurs a annoncé, presque à la même époque que Nicholas Negroponte, son ambition de produire des ordinateurs à bas prix destinés à l’éducation des élèves. Cette annonce avait même provoqué une tension entre les deux organisations, OLPC reprochant à Intel de vouloir l’éliminer du marché. Dénommé Classmate, l’ordinateur de la firme américaine fait l’objet de projets-pilotes au Nigeria, en Égypte et en Libye. Mais l’approche d’Intel diffère. OLPC affirme viser uniquement les écoliers et dit assister les gouvernements pour trouver les financements. Tandis qu’Intel cible, « au-delà des salles de classe, les entreprises, les particuliers… et envisage de créer des réseaux de distribution », affirme Stanislas Odinot, le porte-parole de sa filiale française. Des versions du Class­mate sont d’ailleurs déjà vendues en Europe à des prix compris entre 300 et 350 euros.

À la conquête de clients dans les marchés émergents, des fabricants tels Asus, Lenovo, Dell… se sont eux aussi engouffrés dans la brèche. En Algérie, le chinois China Great Wall Computer Shenzhen a conclu avec l’Eepad un accord de coentreprise pour la fabrication d’ordinateurs qui seront vendus à 18 000 dinars (environ 180 euros). Face à l’engouement des constructeurs, les analystes sont réservés. Le cabinet IDC table sur 9 millions d’ordinateurs low cost vendus en 2012, soit 5 % du marché des portables. Celui de l’éducation devrait en représenter le tiers.

lundi, 22 juin 2009

Informatique : Microsoft va lancer un anti-virus gratuit

L'Expansion.com

Source Neowin

Le premier éditeur mondial de logiciels va tester une version gratuite de son anti-virus en ligne pour Windows. Baptisé Microsoft Security Essentials, le service devrait être disponible en France en septembre.

Microsoft va enfin lancer son logiciel anti-virus gratuit. Annoncé depuis le mois de novembre, testé en interne sous le nom de code de Morro, il sera mis à disposition du grand public en version bêta, à partir du 23 juin, dans trois pays - les Etats-Unis, Brésil et Israel. Son nom définitif? Microsoft Security Essentials. La Chine devrait suivre dans le courant de l'été tandis que le reste du monde, dont la France, devra attendre le mois de septembre. Le service est théoriquement réservé aux utilisateurs légitimes de Windows XP, Vista ou du futur Windows 7.

Censé "répondre à la demande des consommateurs pour des protections contre les programmes malveillants qui soient facilement accessibles et ne ralentissent par leurs systèmes", ce lancement sanctionne pourtant l'échec commercial de Microsoft sur le marché de la sécurité internet.

Il intervient en effet trois ans après le lancement du logiciel payant OneCare. Cette solution de sécurité internet intégrée n'a pas permis à Microsoft de dépasser les 2% de parts de marché, et la cinquième place mondiale, loin derrière les spécialistes Symantec (18,2%) et MaAfee (8,1%), d'après les chiffres d'IDC.

Microsoft Security Essential reprend les composantes de base de OneCare dont la commercialisation sera arrêtée. A savoir la protection contre les virus et autres programmes malveillants tels que logiciels espions, chevaux de Troie et autres "rootkits". Le géant de Seattle justifie officiellement cette nouvelle stratégie gratuite comme le moyen le plus approprié pour lutter contre la hausse très rapides des menaces sur Internet et par le fait qu'une très grande partie des nouveaux internautes, surtout dans les pays en développement, surfaient sur des PC dépourvus de toute protection.

Une solution conçue pour les pays émergents

La suite est ainsi censée répondre en priorité "à la demande croissante des marchés émergents" ainsi qu'à une utilisation sur des "PC de petite tailles", notamment les netbooks qui sont effectivement à l'origine du décollage de l'informatique dans des pays comme l'Inde. Microsoft vante une solution "qui utilisera le moins possible de ressources informatiques" (mémoire, processeur)... "ce qui la rend idéale pour des scénarios de connexions à bas débit ou de PC peu puissants".

Dernière particularité, le programme devrait faire appel à l'informatique en nuage (cloud computing) pour éviter de stocker sur le poste de l'utilisateur toutes les données qui permettent de savoir si un bout de code repéré sur un PC est malicieux ou pas. La solution se contenterait de transmettre un extrait de ce code afin de l'identifier. Résultat, d'après le blog Gadgetwise du New York Times, Security Essentials ne sera pas un service web intrusif qui aspire le maximum d'informations à propos des activités en ligne de l'utilisateur pendant qu'il traque les codes malicieux."

A noter, pour les impatients, que le site neowin.net a publié les premières captures d'écran du service.