mardi, 08 décembre 2009
Ban Ki-moon condamne les attentats "inacceptables" de Bagdad
08.12.09 |
| e secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a "condamné dans les termes les plus forts" mardi les attentats "inacceptables" de Bagdad, qui ont fait au moins 127 morts et 448 blessés. "Je suis très choqué et je condamne dans les termes les plus forts possible ces horribles attentats à la bombe commis contre des civils. C'est inacceptable, cela doit cesser", a déclaré M. Ban lors d'une brève rencontre avec la presse au siège de l'ONU à New York. Cinq attentats à la voiture piégée ont frappé Bagdad mardi, tuant au moins 127 personnes et en blessant 448, dans une opération portant apparemment la marque d'Al-Qaïda. Ils sont survenus le jour où la présidence fixait au 6 mars la date des élections législatives, cruciales pour l'avenir de l'Irak, et qui seront les deuxièmes depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003. |
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mercredi, 02 décembre 2009
Mountazer Al-Zaïdi et le retour du lancer de chaussure
Mountazer Al-Zaïdi et le retour du lancer de chaussure
Le 1er décembre 2009, le journaliste irakien Mountanzer al-Zaïdi, célèbre pour avoir lancé sa chaussure sur le président américain Georges W. Bush en décembre 2008, était à Paris pour une conférence de presse à l'invitation du club de la presse arabe. Les discussions se déroulent dans un climat détendu, presque convivial, jusqu'à ce qu'un autre journaliste irakien le prenne à parti. C'est ce qu'on appelle "l'arroseur arrosé"...
Mountazer al-Zaïdi a esquivé la chaussure qui a fini sa course sur un rideau derrière les intervenants à cette conférence de presse.
Al-Zaïdi avait lancé ses chaussures sur l'ancien président américain le 14 décembre 2008, au cours d'une conférence de presse d'adieu à Bagdad de George W. Bush, instigateur de la guerre en Irak. "C'est le baiser d'adieu, espèce de chien !", avait-il crié.
L'arroseur arrosé à Paris
Condamné à un an de prison pour "agression contre un chef d'Etat en visite officielle", Mountazer al-Zaïdi, considéré comme un héros par beaucoup dans le monde arabe, a été libéré au bout de neuf mois pour bonne conduite.
Lors de la conférence de presse mardi à Paris, qui a repris après l'incident, Mountazer al-Zaïdi a indiqué qu'il était en France pour quelques jours, avant de retourner à Genève.
Il a précisé qu'il devait y recevoir des soins, expliquant avoir été torturé pendant trois jours au début de sa détention. Il a indiqué avoir eu les bras attachés dans le dos et avoir été battu avec des chaises et des barres en fer, et souffrir de fractures et d'une déchirure des ligaments.
Le journaliste de 30 ans, membre de la majorité chiite du pays, a créé une fondation humanitaire de droit suisse destinée à venir en aide aux Irakiens, notamment aux orphelins et aux veuves. Il a aussi exprimé son intention de retourner un jour en Irak.
Mountazer al-Zaïdi a assuré qu'il serait prêt à renouveler son geste, si l'occasion se présentait, y compris en face de Barack Obama, "quels que soient la couleur de sa peau, son origine ou sa religion".
"J'imagine que si la France était occupée, vous n'accueilleriez pas les envahisseurs avec des fleurs", a-t-il lancé.
Pendant sa détention, le lanceur de chaussures a reçu des demandes en mariage. Il a aussi reçu des promesses d'énormes sommes d'argent en remerciement de son geste. Il a assuré avoir donné instruction à sa famille de tout refuser, "jusqu'à ce qu'un moyen soit trouvé pour que le peuple d'Irak puisse en bénéficier"
10:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, irak, mountanzer al zaïdi, georges w bush
mardi, 27 octobre 2009
Les Irakiens craignent une déflagration politique
Par Monique Mas (rfi.fr). Article publié le 27/10/2009
Un nuage de fumée s'élève du ministère de la Justice irakien, peu après une explosion à Bagdad, le 25 octobre 2009.
(Photo : Reuters)
Adel al-Kayar : Les plus calmes aujourd’hui, ce sont les chiites sadristes, les partisans de Moqtada Sadr. Celui-ci veut revenir sur la scène politique mais pas par la force, même s’il en a encore les moyens. Dans les quartiers, ses partisans appellent au calme. Ils sont persuadés qu’ils vont gagner aux élections. Dans la rue, les accusations sont multiples. Certains accusent l’Iran, d’autres accusent al-Qaïda, qui est toujours présent, mais qui est manipulé par certains partis au pouvoir. Il y en a aussi qui accusent Israël. D’après eux, Israël voudrait que les Américains restent et ces attentats énormes devaient montrer que l’armée et les forces de sécurité irakiennes ne peuvent pas maintenir la sécurité sans eux. Ils soulignent que d’autres pays comme la Jordanie et l’Egypte souhaitent le retour des Américains pour faire barrage à l’Iran et à son influence religieuse, politique ou autre.
RFI : Ces attentats ont été perpétrés au cœur de Bagdad. Que sait-on de leurs modalités de réalisation et de leurs auteurs ?
Adel al-Kayar : Jusqu’à présent, personne n’a été capable de déterminer qui est derrière ces attentats. Le gouvernement n’a pas encore de preuves. On accuse al-Qaïda, le gouvernement accuse les baasistes (les partisans de l’ancien président Saddam Hussein) . Les autres accusent les Iraniens. Chacun essaie de faire porter le fardeau à l’autre. De toute façon, dans la rue, les gens disent que dès qu’il y a des problèmes politiques, on a des attentats. Le problème politique majeur, c’était de voter cette loi de la liste ouverte et de la liste fermée (ndlr : avec le scrutin de liste fermée on vote en fait pour une formation politique. Sur une liste ouverte on peut élire une personnalité indépendamment de son groupe). Ca fait trois mois que ça traîne sans succès. Et la rue a très peur quand des polémiques de ce genre durent. D’ailleurs depuis dimanche, le marché est fermé.
RFI : La question des listes est un enjeu pour le Baas, l’ancien parti unique sous Saddam Hussein.
Adel al-Kayar : Oui, la Syrie a d’ailleurs essayé de défendre des citoyens irakiens réfugiés sur son territoire qui souhaiteraient rentrer en Irak et se présenter. Mais le gouvernement irakien refuse toute négociation avec les baasistes qui demandent le retour du Baas à la légalité politique pour participer à la joute électorale de janvier prochain. A partir du moment où ces gens sont réfugiés en Syrie, Bagdad considère qu’ils sont aux ordres de Damas alors qu’en fait la Syrie est la seule échappatoire possible pour les Irakiens. Bagdad voudrait fermer cette porte. Pour autant, je suis sûr que la Syrie n’est pas du tout impliquée dans ces attentats.
RFI : Ces attentats sont les plus meurtriers depuis deux ans et se produisent alors que les troupes américaines ont amorcé leur retrait en transférant aux forces irakiennes l’autorité sécuritaire dans les villes. Cela risque-t-il de changer la donne ?
Adel al-Kayar : Tout à l’heure, en rentrant de l’université par la route pour rentrer chez moi, dans un quartier sunnite, j’ai eu la surprise de rencontrer plein de chars et de blindés américains qui sillonnent le quartier. On n’avait pas vu ça depuis le mois de juin. Il y a même des avions qui tournent au-dessus de nous. Les mêmes que ceux qui nous empêchent de dormir depuis cinq six ans. Ca fait plaisir à ceux qui veulent que les Américains restent. Eux-mêmes, ils préfèrent revenir sur le terrain dans les quartiers plutôt que d’être enfermés dans leurs casernes. A mon avis, les Américains veulent montrer qu’ils ne quitteront jamais l’Irak. Les forces irakiennes ont fait beaucoup. Mais elles sont dans un embarras terrible. Et puis, elles sont infiltrées par certains partis politiques, ce qui n’est pas le cas de l’armée américaine.
| Kirkouk, un casus belli |
| Les autorités soupçonnent deux groupes qu’elles qualifient « d’ennemis de l’Irak » : al-Qaïda et le Baas, le parti de l'ancien dirigeant Saddam Hussein. Le pouvoir dénonce aussi la main de la Syrie derrière ces attentats. Quel sens faut-il donner à ces accusations, qui au travers des groupes cités visent essentiellement la communauté sunnite ? Des éléments de compréhension avec Jean-François Daguzan de la Fondation pour la recherche stratégique. RFI : Ces attaques, les plus meurtrières dans la capitale irakienne depuis deux ans, interviennent à trois mois des élections législatives, prévues en janvier 2010. Ce n’est pas sans rapport ? Jean-François Daguzan : Bien entendu, je crois que l’on va vers l'établissement des rapports de force. Je crois que c’est bien là qu’il faut aller chercher les explications. C’est-à-dire que d’une certaine manière, tout le monde est en train de dire au gouvernement : « ne nous oubliez pas, les élections devront mettre en évidence les poids respectifs des communautés. Pas question de se retrouver avec des Chambres monocolores comme la dernière fois »… Et puis, vous avez aussi le vrai gros problème de demain en Irak : la question kurde qui tourne autour de la problématique majeure de l’attribution de la région de Kirkouk, soit au Kurdistan, soit à l’autre partie, avec une autre mineure qui est le débat sur Mossoul posé par les Kurdes également. C’est là que se noue la crise, parce que la revendication kurde est une revendication nationale vue du Kurdistan, mais aussi une revendication économique et stratégique puisque Kirkouk dispose de réserves de pétrole et même des réserves les moins exploitées d’Irak. Donc d’une solution qui n’a d’ailleurs pas été trouvée par les voies légales et politiques ces derniers jours, d’une solution à ce problème naîtra un mécontentement d’un côté ou de l’autre. RFI : Et vous estimez que cela peut avoir une relation avec ce bain de sang ? Jean-François Daguzan : Comme toujours, tout dépend du message. Comme il n’y a pas d’attentat gratuit, il s’agit de message politique envoyé au gouvernement. Le problème est de savoir qui les envoie. Est-ce qu’il s’agit des sunnites qui veulent dire : « attention vous êtes en train de laisser filer aux Kurdes des régions qui sont traditionnellement de notre ressort, donc ceci pour vous rappeler que nous existons et que nous sommes réellement dangereux » ? Est-ce qu'il s'agit des Kurdes - je ne les vois pas totalement dans ce schéma en tout cas pour l’instant -, qui pourraient considérer que s’il y a eu accord préalable secret et rappellent que les accords sont faits pour être tenus, sinon la menace est toujours là ? Ou alors s'agit-il tout simplement des groupes chiites qui ne sont pas satisfaits d’une solution, qu’elle soit kurde ou sunnite ? De ce point de vue-là, la paternité de ces attentats, elle peut être multiple. Et dans ce schéma-là, je ne vois al-Qaïda que comme étant un bouc émissaire où en tout cas manipulé par d’autres forces qui le dépassent. Je pense en tout cas que la question kurde est centrale et que d’elle découlera ou non la guerre civile irakienne. Et les attentats en sont la première manifestation. RFI : Al-Qaïda qui était animé en Irak par des combattants étrangers et dont l’idéologie avait séduit en particulier des sunnites qui s’opposaient à l’invasion américaine ? Jean-François Daguzan : Oui, al-Zawahiri avait parlé de la divine surprise lors de l’invasion américaine en disant qu’al-Qaïda avait trouvé le terrain du jihad dont il avait besoin pour continuer la guerre mondiale et effectivement, al-Qaïda a pu dans la première partie de désorganisation provoquée par l’invasion américaine trouver un champ d’action qui lui a été d’autant plus facile d’accès qu’il y avait démantèlement de l’armée irakienne, désorganisation du pouvoir administratif, et le fait que les anciennes élites baas et les tribus sunnites ont été exclues du pouvoir en 2003. A ce moment-là, al-Qaïda s’est à la fois trouvé soutenu, comme un poisson dans l’eau. On a vu qu’au fil du temps, notamment l’action de Petraeus, l’ancien commandant en chef, considérant qu’il fallait réintroduire les mouvements sunnites - notamment les tribus, dans le partage du pouvoir au sein du gouvernement -, qu’il fallait envisager le retour d’éléments baasistes notamment dans l’armée etc...a fait que la violence s’était considérablement ralentie. Mais on voit aussi que les dossiers pendants sont là et qu’ils sont extrêmement périlleux. Dans tout ça, al-Qaida a été très réduit d’un point de vue tactique. RFI : Le paysage politique a quand même changé. Nouri al-Maliki qui est chiite et qui s’appuyait sur une alliance strictement chiite a lancé un mouvement transcommunautaire dans la perspective de janvier 2010. Est-ce que les attentats ne sont pas un échec pour lui ? Jean-François Daguzan : Les efforts de rapprochement ont porté leurs fruits pendant un temps. Simplement, la vérité se joue à un moment donné quand il s’agit de passer aux actes concrètement. Vous pouvez très bien partager le pouvoir, donner des ministères aux uns et aux autres. D’ailleurs, il a réussi aussi à maintenir à peu près unie la communauté chiite malgré le poids iranien sur une partie d’entre elle (Moqtada Sadr et ses milices, etc...), beaucoup de gains ont été acquis. Simplement, il arrive un moment où le paiement au comptant doit se faire. C’est-à-dire que le choix qui sera fait de la situation de Kirkouk, là, met tout le monde au pied du mur et crée une situation où le rapport de forces doit s’imposer. C’est ce qui va empêcher la situation de s’améliorer dans les mois qui viennent parce que quels que soient les progrès en termes politiques, le règlement d’une manière ou d’une autre de cette question là va entraîner un regain de violence de la part de celui qui sera persuadé d’avoir perdu ou gagné. RFI : Donc véritablement pour vous, Kirkouk est un enjeu crucial ? Jean-François Daguzan : C’est le nœud autour duquel tout s’articule. |
14:59 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak
lundi, 26 octobre 2009
Carnage à Bagdad
Le double attentat suicide a fait 99 morts© AFP
Un double attentat suicide contre des bâtiments officiels en plein coeur de Bagdad a fait dimanche 99 morts, une attaque que le gouvernement a imputée à Al-Qaïda et "ses alliés" pour torpiller les élections prévues en janvier.
Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis plus de deux ans en Irak, où quatre attentats visant une secte religieuse kurde avaient fait 400 morts dans la province de Ninive (nord) le 14 août 2007.
La première attaque a visé vers 10H30 (07H30 GMT) le ministère de la Justice et celui des Municipalités et des Travaux publics qui se font face dans la rue de Haïfa. Dix minutes plus tard, une seconde explosion s'est produite devant le siège du gouvernorat de Bagdad, dans le même secteur.
Le général Kassem Atta, porte-parole du commandement militaire de la capitale, a parlé de "deux attentats suicide". "Les kamikazes ont utilisé pour le premier un camion transportant une tonne d'explosifs et pour le second une voiture remplie de 700 kg d'explosifs", a-t-il déclaré à l'AFP.
Il a par ailleurs précisé que 92 personnes blessées étaient toujours hospitalisées.
Le Baas et Al-Qaïda accusés
"Les crimes du Baas et d'Al-Qaïda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections. C'est la même main maculée de sang, qui a commis les attentats du 19 août, et nous punirons les ennemis de l'Irak", a affirmé dans un communiqué le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui s'est rendu sur les lieux des attentats.
L'Irak avait accusé la Syrie d'abriter les commanditaires du double attentat du 19 août, qui visait deux ministères à Bagdad et avait fait 95 morts, provoquant une crise diplomatique avec Damas.
La Syrie, qui avait nié abriter les commanditaires, a condamné dimanche dans un communiqué les attentats du même jour, parlant d'"actes criminels".
Les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy ont également condamné les attaques.
L'Iran, l'allié régional de la Syrie, a dénoncé des "actions terroristes (qui) visent à perturber (...) le processus de renforcement des structures démocratiques".
99 morts et 712 blessés
"Nous avons recensé 99 morts et 712 blessés", a déclaré à l'AFP un haut responsable du ministère de la Santé. Le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a confirmé ces chiffres.
Les attentats ont permis paradoxalement de sauver une personne, selon un policier sur place. Il a raconté à l'AFP qu'un homme venait d'être kidnappé et se trouvait dans le coffre d'une voiture au moment des explosions. Il a été libéré par les forces de l'ordre, deux des ravisseurs ont été tués et le chauffeur du véhicule a été blessé.
Le chef de l'armée de terre irakienne avait mis en garde samedi contre le risque d'un regain de violences dans les prochains mois en raison des élections générales prévues le 16 janvier.
Dans un entretien avec l'AFP, le général Ali Gheidan, s'était également dit préoccupé par les répercussions d'un éventuel report du scrutin.
Dissensions sur la loi électorale
Selon un parlementaire, les dirigeants irakiens qui ont discuté dimanche soir de la nouvelle loi électorale devaient se retrouver lundi pour arriver à un accord.
"Le président (kurde) Jalal Talabani, le Premier ministre (chiite) Nouri al-Maliki et le président du Parlement (sunnite) Iyad al-Samarraï se rencontreront lundi pour arriver à une décision finale sur les amendements afin de les envoyer au parlement", a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat ce député irakien qui assistait à la réunion.
Il a en outre affirmé que, pendant la réunion de dimanche soir, M. Talabani avait reçu un appel téléphonique de son homologue américain Barack Obama qui "a pressé les participants d'arriver à un accord".
Le parlement irakien n'est pas parvenu mercredi à trouver un accord sur une nouvelle loi électorale, en raison de l'âpre bataille entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de la région pétrolière de Kirkouk (nord).
09:34 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moyen-orient, politique, élection, attentat, al qaïda, irak
mardi, 20 octobre 2009
Entre Londres et Bagdad, l'aller-retour express de 34 réfugiés irakiens
Le fiasco du rapatriement par les autorités britanniques de demandeurs d'asile irakiens, la semaine dernière, prend une résonance particulière, alors qu'un charter franco-britannique doit renvoyer aujourd'hui des réfugiés Afghans vers Kaboul.

Le centre de détention de Colnbrook, où sont retenus une partie des réfugiés irakiens refoulés à Bagdad la semaine passée. (REUTERS/Peter MacDiarmid)
44 demandeurs d'asile irakiens évacués de leur centre de rétention, emmenés à l'aéroport d'Heathrow à Londres, et embarqués dans un charter, à destination de Bagdad. L'opération, inédite depuis 2003, s'est soldée jeudi dernier par un fiasco. Arrivés sur place, 34 d'entre eux ont été refoulés par les autorités irakiennes et renvoyés au Royaume-Uni.
Les raisons ? Une opération mal organisée (les autorités de Bagdad n'étaient même pas au courant de l'arrivée du charter), et un refus plus général de cautionner la politique de Londres. Par le passé, des demandeurs d'asile avaient déjà été renvoyés dans le nord de l'Irak, supposé plus calme. Mais jamais à Bagdad et dans les provinces du sud, où règne encore une forte insécurité.
Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés a d'ailleurs condamné la décision britannique, pointant les risques d'attentats suicide, de kidnappings et de violences sectaires. Les Irakiens, quant à eux, rechignent de plus en plus à accepter le retour de réfugiés menacés de mort dans leur pays.
100 livres
C'est le cas de d'Abu Yousif, 39 ans, ingénieur. Cet Irakien fait partie des dix personnes restées à Bagdad après l'atterrissage du charter. Le quotidien britannique «The Independent» est allé à sa rencontre, trois jours plus tard. Dans un témoignage accablant, il raconte son sentiment d'abandon. Alors que les autorités britanniques avaient assuré que l'ambassade locale le prendrait en charge, il reçoit tout juste 100 livres (109 euros) pour se débrouiller.
Surtout, Abu Yousif se dit en danger. Il y a quelques années, il a travaillé dans une entreprise internationale qui effectuait des travaux de sécurité pour l'armée américaine et les ministères irakiens. Une activité professionnelle qui a causé la mort de son frère, tué par des «terroristes» qui les avaient confondus. En 2006, Abu Yousif paye donc 8000 livres (8783 euros) pour émigrer clandestinement en Grande-Bretagne.
Trois ans plus tard, il craint toujours pour sa vie: «Je ne peux pas retourner vivre dans ma maison parce qu'on me dit que c'est surveillé. Je pense que je vais être à la merci des mêmes personnes qui ont tué mon frère (...). Mon sac est toujours fait au cas où je doive partir précipitemment».
Insultes et coups
Au-delà de ce cas individuel, l'opération de jeudi dernier suscite une vive polémique en Grande-Bretagne. De nombreux reponsables politiques ont fustigé le manque de communication avec les autorités irakiennes, ainsi qu'une perte de temps et d'argent (le vol aurait coûté près de 250.000 livres, soit 275.000 euros).
Certains demandeurs d'asile, comme le rapporte le Guardian, ont aussi expliqué avoir été victimes d'insultes racistes et de coups dans l'avion. Les auteurs, d'après eux, font partie des 100 gardes de compagnies de sécurité privées qui les escortaient dans le charter. Lin Homer, la responsable du l'Agence des frontières britannique (UK Border Agency), a démenti que de tels actes ont eu lieu. Elle devra néanmoins s'expliquer sur ce fiasco au cours des prochaines semaines devant le Comité des affaires intérieures.
Cette affaire fait écho à celle des Afghans qui doivent être expulsés ce mardi par un charter franco-britannique. Dans une pétition, l'association France Terre d'Asile demande aux Etats membres de l'Union européenne «la suspension temporaire des renvois forcés vers l'Afghanistan tant que règnent, dans ce pays, le chaos et l'insécurité généralisée». «Tous risquent leur vie lorsqu'ils seront débarqués en Afghanistan, ravagé par la guerre», précise Gérard Minet, de la Ligue des Droits de l'Homme régionale, dans un communiqué.
Source : liberation.fr
19:18 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, grande-bretagne, afghanistan
vendredi, 16 octobre 2009
Irak: Attentat contre une mosquée sunnite
Neuf personnes ont été tuées et 33 autres blessées vendredi dans un attentat suicide contre une mosquée sunnite d'Irak, a annoncé la police. L'attaque s'est produite à Talafar, une localité de la province de Ninive à 420 km au nord-ouest de Bagdad. Contrairement aux lieux de culte chiites, les mosquées sunnites sont rarement la cible d'attentat suicide.
Source : jdd.fr
14:03 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, attentat, sunnite
jeudi, 15 octobre 2009
Le pétrole ne fait pas le bonheur
La population est peu satisfaite des retombées liées à l’implantation d’entreprises étrangères. Les habitants d’Al-Mazzagh, au sud de Bagdad, sont les premiers à en témoigner.
15.10.2009 | Andrew North | BBC News Online
© AFP
Un officier de police irakien patrouille sur un champ pétrolifère, Zubair, février 2009
C’est la première compagnie pétrolière étrangère à conclure un accord de production avec l’Etat irakien depuis 2003 [chute du régime de Saddam Hussein]. Ironie du sort, elle est originaire d’un pays qui fait de plus en plus figure de grand rival des Etats-Unis : la Chine. Un an après avoir signé un contrat de 3 milliards de dollars [2 milliards d’euros] pour l’exploitation pendant vingt-trois ans du petit gisement d’Al-Ahdab, dans la province de Wasit, au sud de Bagdad, la China National Petroleum Corporation (CNPC) a déjà trouvé du pétrole. Mais, à Al-Mazzagh, le village voisin, la grogne gagne les habitants. Ils se plaignent d’avoir été oubliés.
L’accord avec les Chinois montre que l’Irak est prêt à accueillir des groupes pétroliers étrangers. BP, Shell et de nombreux autres géants occidentaux se bousculent pour accéder à ce que le ministre du Pétrole, Hussein Sharistani, appelle la “dernière frontière” pour les grandes découvertes d’or noir. Avec un budget presque entièrement tributaire des revenus pétroliers, le gouvernement irakien s’efforce d’accroître la production, qui est à peine revenue au niveau d’avant 2003. Aussi s’est-il tourné vers les entreprises étrangères, lesquelles sont décidées à saisir une chance qui ne s’était pas présentée depuis des dizaines d’années. Les réserves de l’Irak figurent au troisième rang dans le monde et comprennent de nombreux gisements encore inexploités. Et, comme beaucoup de compagnies étrangères sont habituées à travailler dans des régions difficiles, la situation toujours délicate sur le plan sécuritaire ne sera pas de nature à les décourager.
Les autorités régionales du Kurdistan irakien ont signé quelques accords séparés avec des pétroliers étrangers. Mais le gouvernement central de Bagdad a jusqu’ici refusé de les reconnaître, et menace d’interdire aux compagnies signataires de participer aux appels d’offres pour d’autres contrats. Toutefois, la plus grosse difficulté viendrait des Irakiens vivant dans les zones productrices, comme les Chinois s’en sont aperçus à leurs dépens. Leurs opérations de forage sur le champ d’Ahdab se trouvent juste à côté du village d’Al-Mazzagh. Abou Abed, un habitant du village, voit se dresser juste en face de sa porte les murs antidéflagration et les miradors en béton qui protègent l’une des plates-formes de forage chinoises. “Ils m’ont promis de m’indemniser, explique-t-il. Mais je n’ai toujours rien reçu.” L’arrivée des pétroliers avait également fait espérer la création de nombreux emplois. “On croyait que tout le monde trouverait du travail”, se souvient Zahi. Jusqu’à présent, la CNPC n’a engagé que quelques vigiles. Elle assure ne pas pouvoir faire plus pour les gens du coin. “Nous sommes désolés, mais ils ne possèdent pas les compétences nécessaires et ne parlent pas anglais”, justifie un cadre de la CNPC.
Même si, au village, certains continuent à dire que les Chinois sont les bienvenus, le climat s’est détérioré. Des actes de sabotage ont été signalés. Par exemple, des lignes électriques desservant les installations de forage ont été coupées. Le gouvernement irakien a renforcé la surveillance du complexe, et des hélicoptères d’une base américaine des environs survolent parfois le site. Une fois que la production aura démarré pour de bon, le projet sera appelé à se développer. Zahi met en garde contre des ennuis possibles si son village n’en tire pas alors quelques avantages tangibles. “Les gens qui n’ont pas de boulot risquent de se mettre à piller.”
Si le ministre du Pétrole exhorte les habitants à la patience, il prévient qu’il faut tenir compte de leurs intérêts. “Nous demandons aux compagnies pétrolières de construire les routes, les ponts et les autres infrastructures prévues par les contrats signés avec l’Etat, de façon que la population locale ait l’impression qu’elles sont là pour développer la région et pas seulement pour extraire le pétrole et l’emporter ailleurs.”“La vie n’a pas changé depuis le départ de Saddam Hussein”, rappelle un homme. Une nouvelle ruée vers l’or noir se prépare peut-être en Irak. Mais la production va représenter la partie la plus facile de la tâche qui attend les Chinois et les nombreux groupes étrangers qui rêvent de s’y implanter. Pour le moment, une seule route goudronnée mène aux maisons d’Al-Mazzagh. Rares sont les villageois à avoir un emploi stable. L’électricité est pratiquement absente et les logements n’ont pas l’eau courante.
18:47 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, chine, pétrole
mardi, 15 septembre 2009
Irak: le journaliste lanceur de chaussures contre Bush libéré
Mountazer al-Zaïdi, le journaliste irakien devenu célèbre après son lancer de chaussures contre l'ancien président américain George W. Bush en décembre 2008, a été libéré mardi après neuf mois de prison, a indiqué son frère à l'AFP.
"Mountazer a été libéré et attend désormais de récupérer ses affaires", a affirmé Oudaï al-Zaïdi à un journaliste de l'AFP.
Agé de 30 ans, Mountazer al-Zaïdi, ancien journaliste pour une télévision irakienne locale, est sorti de l'ombre le 14 décembre 2008 quand il a lancé sa paire de chaussures à la tête de George W. Bush, lors d'une conférence de presse à Bagdad.
L'ancien président effectuait sa dernière visite avant la fin de son mandat.
"C'est le baiser d'adieu, espèce de chien", avait crié le journaliste de la télévision privée irakienne Baghdadia, en lançant ses chaussures, pointure 43, évitées de justesse par M. Bush.
Condamné en première instance à trois ans de prison pour "agression contre un chef d'Etat en visite officielle", sa peine avait été réduite en appel à un an. Il n'a effectué que neuf mois en raison de sa bonne conduite en prison.
11:21 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, journaliste, mountazer al-zaïdi
lundi, 14 septembre 2009
Le lanceur de chaussure bientôt libre... et riche
Par RFI. Article publié le 14/09/2009
Les proches de Mountazer al-Zaïdi se réjouissent de sa libération, à Bagdad, le 13 septembre 2009.
(Photo : Reuters)
«Voilà ton baiser d'adieu, chien !», avait-il lancé, en même temps que sa chaussure, à l'adresse de George Bush. « C'est pour les veuves et les orphelins et tous ceux tués en Irak ». Le président américain, au dernier moment, en rentrant la tête, avait évité le soulier vengeur mais les images ont depuis fait le tour du monde.
Couvert de gloire...
Obscur reporter pour une petite télévision irakienne, Mountazer al-Zaïdi est depuis une célébrité. Des marchands de chaussures, dans le monde arabe mais aussi en Turquie, ont prétendu que l'objet du délit était de leur marque et certains ont vu leur chiffre des ventes augmenter prodigieusement. Le portrait du lanceur se retrouve sur les tee-shirts. Sur Facebook, ses fans sont près de 50 000.
... et d'or
En quittant la prison, Mountazer al-Zaïdi sera littéralement couvert d'or et de gloire. Selon ces proches, l'émir du Qatar a promis de lui offrir un cheval en or, le colonel Mouammar Kadhafi devrait le décorer et d'autres personnes voudraient lui donner - bagatelles - des voitures de sport.
Tout au long de sa détention, le journaliste célibataire a reçu un nombre innombrable de coups de téléphone des pères prêts à lui donner leur fille en mariage. Des partis politiques irakiens le voudraient sur leurs futures listes électorales. Il croule également sous les offres d'emploi pour présenter des émissions au Liban et en Egypte.
Pas de doute : une nouvelle vie commence pour le lanceur de chaussure.
15:57 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, etats-unis, usa, mountazer al-zaïdi
mardi, 08 septembre 2009
Irak: quatre soldats américains tués dans deux attaques
Quatre soldats américains ont été tués mardi dans deux attaques, dans le nord de l'Irak et à Bagdad, a indiqué l'armée américaine dans des communiqués.
"Trois soldats de la Force multinationale en Irak ont été tués aujourd'hui (mardi) par un engin explosif déclenché au moment du passage de leur patrouille dans le nord de l'Irak, à environ 11H40" (08h40 GMT), a indiqué l'armée dans un communiqué.
Un quatrième soldat a trouvé la mort dans les mêmes circonstances dans le sud de Bagdad, selon un autre communiqué de l'armée.
Ces décès portent à 4.342 le nombre de soldats américains morts en Irak depuis l'invasion américaine du pays en 2003, selon un bilan de l'AFP établi à partir du site indépendant Icasualties.
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