vendredi, 06 novembre 2009

Israël rejette la résolution de l'ONU exigeant des enquêtes sur Gaza

JERUSALEM (AFP) - 06.11.2009


Israël a rejeté vendredi la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies adoptée la veille donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes "crédibles" sur des crimes de guerre qui auraient été commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.

voir_le_zoom : Le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman lors d un conseil des ministres, le 13 septembre 2009 à Jérusalem.Le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman lors d'un conseil des ministres, le 13 septembre 2009 à Jérusalem.

Israël a rejeté vendredi la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies adoptée la veille donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes "crédibles" sur des crimes de guerre qui auraient été commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.

AFP/Archives - Gali Tibbon
voir_le_zoom : Le juge sud-africain Richard Goldstone, auteur d un rapport sur Gaza, le 7 juillet 2009 à Genève.Le juge sud-africain Richard Goldstone, auteur d'un rapport sur Gaza, le 7 juillet 2009 à Genève.

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté jeudi à une très large majorité une résolution donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes "crédibles" sur les allégations de crimes de guerre commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.

AFP/Archives - Fabrice Coffrini

Israël a rejeté vendredi la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies adoptée la veille donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes "crédibles" sur des crimes de guerre qui auraient été commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.

"Israël rejette la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU, qui est totalement coupée des réalités auxquelles Israël fait face sur le terrain", a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

En dépit de la très large majorité qui a appuyé la résolution, Israël estime avoir l'appui de la "majorité morale".

Le ministère des Affaires étrangères se félicite du "grand nombre d'Etats qui ont voté contre ou se sont abstenus", ce qui prouve à ses yeux "que la résolution ne dispose pas du soutien de la majorité morale".

La résolution, déposée par les pays arabes et non alignés, a recueilli 114 voix contre 18, avec 44 abstentions.

Les Etats-Unis ont voté contre, la Russie s'est abstenue, la Chine a voté pour. L'Union européenne a voté en ordre dispersé, produisant cinq "oui", sept "non" et 15 abstentions (dont la France et la Grande-Bretagne).

Les Européens objectaient à ce que la résolution "approuve" le rapport Goldstone, qu'ils estiment déséquilibré en défaveur d'Israël.

"Israël, comme n'importe quelle autre nation démocratique, a le droit à l'autodéfense et, comme en témoignent les événements des derniers jours, va continuer à protéger la vie de ses citoyens face à la menace du terrorisme international", poursuit le communiqué.

Le communiqué fait allusion à la saisie mercredi par la marine israélienne de "centaines de tonnes d'armes" provenant, selon Israël, d'Iran et destinées au mouvement chiite libanais Hezbollah, à bord d'un cargo allemand arraisonné en Méditerranée orientale.

La résolution de l'Assemblée générale "approuve" le rapport de la commission Goldstone et demande à Israël et aux Palestiniens d'ouvrir dans les trois mois des enquêtes "indépendantes, crédibles et conformes aux critères internationaux" sur les "graves violations du droit international humanitaire et des droits de l'Homme dont fait état le rapport".

Elle prévoit que l'Assemblée fasse le point dans trois mois sur l'application de la résolution, avec la possibilité de "saisir d'autres organes pertinents de l'ONU, dont le Conseil de sécurité".

Dans son rapport le juge sud-africain Richard Goldstone a accusé Israël et les Palestiniens de "crimes de guerre" et de "possibles crimes contre l'humanité" lors de l'offensive militaire israélienne à Gaza en décembre-janvier.

Les résolutions de l'Assemblée générale n'ont pas le caractère contraignant de celles du Conseil de sécurité mais elles ont un poids moral, car elle représentent les vues de la majorité des Etats du monde.

Israël, dont l'offensive contre Gaza répondait à des tirs de roquettes sur son territoire par des groupes armés palestiniens, a jugé le rapport Goldstone "inique, saugrenu et unilatéral".

© 2009 AFP

Source : tv5monde

jeudi, 05 novembre 2009

Le Hezbollah nie tout lien avec les armes saisies

Article publié le : jeudi 05 novembre 2009

La cargaison d'armes saisie par la marine israélienne le 5 novembre 2009 sur le bateau Francop.
REUTERS/Amir Cohen



Par Franck Weil-Rabaud

Le mouvement shiite libanais a repoussé ce jeudi les accusations de Tel Aviv d’être le destinataire de la cargaison d’armes saisie par la marine israélienne.Après les démentis similaires des autorités syriennes et iraniennes.

« Le Hezbollah nie tout lien avec les armes que l’ennemi sioniste prétend avoir extrait du Francop. Il condamne par la même occasion la piraterie israélienne dans les eaux internationales ». C’est par ce simple communiqué que le mouvement chiite libanais a récusé les accusations d’Israël selon lesquelles il était destinataire des quelque trois cents tonnes d’armes saisies mercredi par un commando de la marine israélienne sur un cargo battant pavillon d’Antigua.

Toujours selon l’armée israélienne, ces armes en provenance d’Iran devaient être livrées en Syrie avant d’être transférées par la route au Liban. Pour le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, « cette saisie confirme que l’Iran continue à fournir des armes à des organisations terroristes qui veulent frapper des localités israéliennes et tuer des civils ».

L’Etat hébreu en profite pour exiger de ses alliés occidentaux qu’ils accentuent la pression sur l’Iran accusé de violer la résolution 1701 des Nations unies. Le texte voté après la guerre de l’été 2006 au Liban entre Israël et les miliciens du Hezbollah appelle au désarmement de tous les groupes armés présents au Liban et interdit toute vente d’armes à ces organisations.

Le Hezbollah de son côté revendique le droit de poursuivre la lutte armée contre Israël, estimant que l’Etat hébreu occupe toujours une portion du territoire libanais dans la zone frontalière dite des « fermes de Chebaa ».

Ces dernières semaines plusieurs incidents dont le tir d’une roquette vers le nord d’Israël revendiqué par un groupe islamiste et l’explosion survenue dans le garage d’un militant du Hezbollah sont venus rappeler que la situation sécuritaire restait précaire dans le sud du territoire libanais, bastion du Hezbollah. Fin octobre, Michaël Williams, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban avait d’ailleurs reconnu que « ces trois dernières années, le sud du Liban a connu sa plus longue période de calme depuis des décennies mais les récents incidents pourraient facilement déstabiliser la situation dans la zone et augmenter le risque d’un conflit potentiel ».

Un gouvernement introuvable

Accusé par Israël de se réarmer, le Hezbollah fait également l’objet de vives critiques sur la scène politique libanaise. Le bloc du 14 mars du Premier ministre désigné Saad Hariri accuse en effet la milice chiite de multiplier les obstacles pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. A la fin de l’été, le fils du Premier ministre assassiné avait pourtant martelé «que l’ennemi israélien le veuille ou non, le Hezbollah fera partie du gouvernement ».
A l’époque, le chef du courant majoritaire vainqueur des élections législatives de juin dernier entend prouver l’unité libanaise face aux menaces du Premier ministre israélien. Benjamin Netanyahu avait affirmé que « le gouvernement libanais sera tenu responsable pour toute attaque provenant de son territoire si le Hezbollah fait officiellement partie de ce gouvernement ».

Mais cette volonté d’unité nationale affichée par Saad Hariri ne s’est toujours pas concrétisée par la formation d’un nouveau cabinet. Le Hezbollah, ainsi que son allié chrétien, le général Michel Aoun, continue de réclamer une minorité de blocage. Elle permettrait à la milice chiite d’éviter tout débat sur la question cruciale de son désarmement, exigé par la résolution 1701 de l’ONU.

Parallèlement, l’attribution des portefeuilles ministériels pose également problème. Le général chrétien Michel Aoun exige ainsi le poste de ministre des Télécommunications pour son gendre. Le sujet est sensible car le Hezbollah a accusé à plusieurs reprises la majorité d’utiliser ce ministère pour espionner son propre réseau de communication. Autant dire qu’en dépit des pressions de la communauté internationale, la formation d’un gouvernement libanais devrait prendre encore plusieurs semaines.

Téhéran accusé de fournir des armes au Hezbollah libanais

Walid Moualem - Mahmoud Ahmadinejad
Reuters / Raheb Homavandi
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (D) s'entretient avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem (G) à Téhéran, le 4 novembre 2009.



Par RFI

Israël a déclaré avoir arraisonné ce mercredi au large de ses côtes un navire contenant des centaines de tonnes d'armes provenant d'Iran et destinées au Hezbollah libanais. Téhéran dément catégoriquement. Selon le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, cette découverte serait la preuve du soutien de l'Iran aux organisations terroristes.  Le ministre syrien des Affaires étrangères, en visite à Téhéran, a apporté son soutien aux Iraniens.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki  a démenti les accusations israéliennes selon lesquelles le navire arraisonné par la marine israélienne transporte des armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.

Son homologue syrien Walid Mouallem, qui effectue une visite officielle en Iran, a repris à son compte le démenti iranien lors d’une conférence de presse commune ce mercredi avec Manouchehr Mottaki. Le bateau ne transportait pas d’armes de fabrication iranienne à destination de la Syrie ou du Liban mais des objets de fabrication syrienne destinés au marché intérieur iranien, a déclaré Walid Moualem.

Le numéro deux des Forces navales israéliennes, le contre-amiral Rani Ben-Yehuda, avait affirmé un peu plus tôt que la marine israélienne avait saisi des centaines de tonnes d’armes en provenance d’Iran et destinées au mouvement chiite du Hezbollah.

L’Iran et la Syrie sont les principaux soutiens du Hezbollah mais ils ont toujours démenti fournir des armes au mouvement chiite libanais. Téhéran affirme que son soutien est uniquement moral et politique.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies demande le désarmement de toutes les milices du Liban et interdit toute vente d’armes à ces milices.

La presse israélienne consacre ce matin de nombreuses pages à la capture du navire

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul


Le quotidien Haaretz donne un décompte du butin, plus de 3000 roquettes et obus, 300 tonnes d’explosifs de tous genres, 36 containers plein d’armes, plus de 10 000 cartouches de Kalachnikov. « C’est une quantité suffisante, selon le journal Yediot Aharonot, pour un mois pour le Hezbollah en cas d’affrontement avec Israël. »

Il ne pouvait pas y avoir de meilleur timing pour Israël, au moment même où les Nations unies examinent le rapport Goldstone sur les exactions israéliennes à Gaza pendant l’opération «plomb durci.»

Un seul mot en guise de titre dans Maariv : « Preuve » avec une photo des containers bourrés d’armement. « Ce n’est que la pointe émergé de l’iceberg, affirme l’éditorialiste, c’est une goutte d’eau dans la Méditerranée. Un autre commentateur parle de « succès d’un moment qui démontre un échec prolongé. »
Les Israéliens font donc le lien direct entre le débat à l’ONU sur le rapport Goldstone qui doit se poursuivre ce jeudi et les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah. «C’est une absurdité, affirme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en fin de compte, on pointe du doigt Israël

Israël a l’intention de lancer dès aujourd’hui une vaste campagne médiatique pour exploiter à fond la prise d'armes au large des ses côtes.

Article publié le : jeudi 05 novembre 2009

mercredi, 04 novembre 2009

Hillary Clinton en voyage d'explication au Caire

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’apprête à quitter Marrakech afin de se rendre au Caire pour rencontrer le président égyptien Hosni Moubarak.
Jean Blondin / Reuters


Par RFI

Hillary Clinton est attendue au Caire pour une rencontre mercredi avec le président égyptien Hosni Moubarak. Une visite annoncée à la hâte alors que la responsable de la diplomatie américaine est l’objet de nombreuses critiques dans le monde arabe au sujet des colonies israéliennes.

Hillary Clinton aura du mal à convaincre les dirigeants arabes. Le président américain Barak Obama lui-même, dans son discours du Caire le 4 juin dernier, lors d'un discours à destination du monde arabe et musulman avait affirmé solennellement que la colonisation des Territoires palestiniens devait cesser.

Or à Jérusalem, après un entretien avec Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, Hillary Clinton avait eu ces mots : « Israël offre un gel partiel de cette colonisation, c'est une offre sans précédent », comprenez : il faut que les Palestiniens et le monde arabe s'en contentent.
L'autorité palestinienne a déjà rejeté cette offre qu'elle qualifie de dupe : pas question de négocier quoi que ce soit dans ces conditions, dit-elle.

Le recul de Washington sur cette question a également provoqué la colère de la Ligue arabe. Ce sont d'ailleurs ces réactions qui obligent la secrétaire d'Etat américaine à faire le voyage pour le Caire. Elle a beau répéter que « Les Etats-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite des implantations israéliennes », rien n'indique que l'explication de texte qu'elle présentera sera convaincante.

mardi, 03 novembre 2009

Clinton demande des «gestes positifs» à Israël

Philippe Gélie - Envoyé spécial à Marrakech (lefigaro.fr), 03/11/2009


Hillary Clinton, le 2 novembre 2009 à Marrakech.
Hillary Clinton, le 2 novembre 2009 à Marrakech. Crédits photo : AFP

La diplomatie américaine a renoncé à exiger un gel total de la colonisation.

La diplomatie est-elle l'art du double langage ? Au lendemain de sa visite en Israël, où elle s'était rangée du côté de Benyamin Nétanyahou en appelant à une reprise sans condition» des négociations de paix, Hillary Clinton a cherché à rectifier le tir, lundi, dans le contexte d'une rencontre avec le monde arabe. L'opposition américaine aux colonies de peuplement israéliennes n'a pas changé», a affirmé la secrétaire d'État avant de participer au 6e Forum de l'avenir à Marrakech, instance de dialogue entre les États membres du G8 et une vingtaine de pays arabes. La position de l'Administration Obama sur les colonies est claire, sans équivoque, a déclaré Mme Clinton. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite des implantations israéliennes.»

Pour autant, ils n'en font plus une condition de la diplomatie. Dans les efforts de Washington pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, il y a donc la position de principe, qui demande aux parties de s'abstenir de tout geste contre-productif, et la position pratique, qui salue l'offre sans précédent» du premier ministre israélien de limiter» la colonisation. La formule est loin de ce que nous souhaiterions», reconnaît Mme Clinton, le président américain ayant demandé en vain à Israël de «stopper» l'expansion israélienne à Jérusalem et dans les territoires occupés. Mais cette demi-concession aurait «un effet significatif pour la paix», estime désormais la secrétaire d'État. La priorité de Washington est de renouer le fil du dialogue «dès que possible», quelles qu'en soient les conditions.

Face à l'ambiguïté américaine, la déception des partenaires arabes des États-Unis se fait plutôt discrète. Taïb Fassi-Fihri, le ministre marocain des Affaires étrangères, rappelle le caractère extrêmement sensible et difficile» du dossier. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, «salue l'approche du président Obama : il a adopté une position logique, constructive et équitable». Pour autant, il juge comme les Palestiniens que, sans arrêt de la colonisation, «il n'y a rien à négocier». Et quand on lui demande s'il croit aux intentions pacifiques de Benyamin Nétanyahou, il va droit au but : «Je ne vois aucun signe qu'il sera jamais un partenaire. La situation exige davantage de pressions. Mais nous gardons espoir.» Pour donner des gages et rétablir un certain équilibre, Mme Clinton a appelé lundi les Israéliens à faire «des gestes positifs» en réponse à l'amélioration de la sécurité dans les Territoires palestiniens.

Le président Mahmoud Abbas a fait preuve de «leadership et de détermination», a souligné la chef de la diplomatie américaine. «J'ai dit au premier ministre Nétanyahou que ces gestes positifs de la part des Palestiniens devaient susciter des gestes positifs d'Israël sur les déplacements et l'organisation de la sécurité israélienne en Cisjordanie. Israël a fait quelques pas en ce sens, mais il doit faire beaucoup plus.» Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki s'est dit «satisfait» des déclarations de Hillary Clinton, expliquant que l'opposition américaine aux colonies israélienne n'a pas changé».

LIRE AUSSI
» EDITO - Revirement américain au Proche-Orient, par Pierre Rousselin

» Benyamin Nétanyahou gagne le soutien de Hillary Clinton

» Mahmoud Abbas menace de jeter l'éponge

» Israël accusé de priver d'eau les Palestiniens

lundi, 26 octobre 2009

Le nucléaire iranien scruté par les experts de l'AIEA

26/10/2009 | AFP


Le directeur de l'AIEA, Mohamed El-BaradeiLe directeur de l'AIEA, Mohamed El-Baradei© AFP

Alors que les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique doivent inspecter le site nucléaire de Qom, en Iran, les autorités du pays ont affirmé être disposées à lâcher du lest dans le cadre d'un accord international.

L'Iran est prêt à livrer une partie de son uranium faiblement enrichi pour obtenir du combustible pour son réacteur de recherche de Téhéran dans le cadre d'un accord international, a déclaré lundi le chef de la diplomatie iranienne, Manoucher Mottaki.

"Pour assurer le combustible, nous pouvons comme par le passé l'acheter ou nous pouvons livrer une partie de notre combustible (l'uranium enrichi à 3,5%) dont nous n'avons pas besoin", a déclaré M. Mottaki. "Le choix entre ces deux options est actuellement à l'examen et nous annoncerons le résultat dans quelques jours", a déclaré M. Mottaki.

De leur côté, les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devaient poursuivre lundi leur inspection du nouveau site d'enrichissement d'uranium près de Qom, au second jour de leur visite en Iran. Les quatre membres de la délégation arrivée dimanche matin à Téhéran se sont déjà rendus dimanche sur le chantier de l'usine d'enrichissement en construction près de Qom, à une centaine de kilomètres au sud de Téhéran.

Vérifier le caractère civil des activités iraniennes

Les responsables iraniens ont déclaré ces dernières semaines que le nouveau site avait été créé, à côté d'une base militaire, dans le but de protéger le programme d'enrichissement iranien contre toute éventuelle attaque militaire menée par Israël ou encore les Etats-Unis.

Dimanche, le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a confirmé à l'AFP que les inspecteurs de l'AIEA s'étaient rendus sur le site et l'agence Mehr a rapporté que ces experts devaient y réaliser plusieurs visites pendant leur séjour de trois jours en Iran.

Les inspecteurs, qui n'ont fait aucun commentaire à la presse depuis leur arrivée en Iran, doivent vérifier les informations fournies par Téhéran et le caractère civil du site de Qom, dont l'existence a été révélée le 21 septembre dernier par l'Iran dans une lettre à l'AIEA.

Sanctions internationales

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à fabriquer l'arme atomique en utilisant son programme nucléaire civil, en particulier son programme d'enrichissement d'uranium, ce que Téhéran rejette. L'Iran enrichit l'uranium à moins de 5% dans son usine de Natanz (centre), un niveau seulement utilisable à des fins civiles mais l'enrichissement d'uranium poussé à plus de 90% peut également avoir un but militaire.

Paris, Moscou et Washington tentent d'obtenir, via l'AIEA, que Téhéran accepte un accord organisant l'enrichissement supplémentaire du minerai iranien en dehors de l'Iran, afin de lever les inquiétudes sur la nature des activités nucléaires de la République islamique.

L'Iran refuse de geler ses activités d'enrichissement d'uranium malgré cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions, demandant leur suspension.

Le nucléaire en 5 leçons

Une centrale nucléaire

L’Hexagone a fait le choix du nucléaire dans les années 1950.

Grâce à cela, la France s’est partiellement libérée de sa dépendance aux énergies fossiles même si les questions relatives aux déchets et aux risques nucléaires font l’objet d’un vif débat. Mais au fait, c'est quoi le nucléaire ?

Nucléaire

Radioactivité et énergie nucléaire

La majorité des atomes qui se trouvent dans la nature possèdent des noyaux dits "immortels", aussi qualifiés de "stables".

Il existe cependant d’autres noyaux dits "instables", qui se désintègrent au fil du temps en libérant leur énergie excédentaire. Ce sont ces noyaux, dits radioactifs, qui sont utilisés pour produire de l'énergie dans les centrales nucléaires.

particules

La fission et la fusion nucléaire

La fission nucléaire signifie l’éclatement d’un noyau instable en deux noyaux plus légers et en plusieurs particules élémentaires.

La fission spontanée est très rare : en effet, l’uranium 235 est le seul élément naturellement fissile. Inversement, lorsque deux ou plusieurs noyaux atomiques forment un noyau lourd, on parle de fusionchaleur, dont une partie sera transformée en électricité. nucléaire. Cette dernière réaction est envore plus difficile à réaliser que la fission. Dans les centrales nucléaires, c'est la fission nucléaire qui est utilisée pour produire de la

Le combustible nucléaire

Qu'ils soient naturels ou synthétisés par l'Homme, différents produits peuvent servir de combustibles nucléaires.

Le combustible nucléaire contient des matières fissiles qui sont utilisées dans le cœur des réacteurs nucléaires pour entretenir des réactions de fission nucléaire en chaîne. Il en existe plusieurs types. Parmi les principaux atomes utilisés, nous trouvons les uraniums 233 et 235, mais aussi les plutoniums 239 et 241. Un seul se trouve à l’état naturel : il s’agit de l’uranium 235.

le réacteur nucléaire Pulstar

Le fonctionnement d'une centrale nucléaire

Comme nous l'avons déjà évoqué, c'est la fission réalisée au coeur du réacteur nucléaire de la centrale qui produit de la chaleur, dont 30 à 40 % sont convertis en énergie électrique.

Ce dégagement est permanent et obtenu de manière complexe : dans une tranche nucléaire (une unité constitutive de la centrale, ndlr), un réacteur nucléaire est situé en amont d'une installation thermique qui fournit de la vapeur, laquelle est convertie en énergie mécanique grâce à une turbine. Cette énergie mécanique est ensuite utilisée par un alternateur pour produire de l'énergie électrique.

contrôle de déchets radioactifs

Le problème des déchets nucléaires

La fabrication d'énergie nucléaire produit des déchets. Radioactifs, ces derniers doivent être pris en charge spécifiquement, pour éviter toute contamination humaine ou environnementale. 

A l'heure actuelle, l'Homme ne sait toujours pas rendre les déchets radioactifs inertes. Aujourd'hui et après bien des dérives (rejet en mer...), ils sont entreposés de façon extrêmement contrôlée et réversible, en attendant le développement de techniques de traitement efficaces.

Source : maxisciences.com

 

 


Ces dossiers peuvent vous intéresser :

» Les 10 animaux les plus dangereux du monde
» L'énergie solaire : une bonne nouvelle pour l'environnement
» Le Grand Paris en 10 projets
» Les 5 dernières découvertes sur l'effet de serre
» Cinq conséquences du réchauffement climatique

Juifs et Palestiniens se disputent l'Esplanade des Mosquées de Jérusalem

25/10/2009 | AFP


La police barre l'accès de l'Esplanade des MosquéesLa police barre l'accès de l'Esplanade des Mosquées© AFP

Le Mont du Temple (pour les juifs), ou Esplanade des Mosquées (pour les musulmans), à Jérusalem, est au centre d'une querelle entre Palestiniens et  Arabes israéliens. Tôt dans la matinée, la police a dû intervenir et fermer les lieux.

La police israélienne a pénétré dimanche matin sur l'esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, à la suite de manifestations de Palestiniens, a-t-on indiqué de sources policières. Une force de police a pénétré sur l'esplanade à la suite de jets de pierres contre des visiteurs qui se trouvaient sur le site, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Les policiers ont été attaqués à coups de pierres par des manifestants qui ont également déversé de l'huile par terre pour les faire tomber, a précisé la radio publique en indiquant que 12 manifestants avaient été arrêtés. A la suite de ces incidents, la police a fermé l'accès de l'esplanade, qui avait ouvert normalement peu auparavant aux fidèles musulmans ainsi qu'aux visiteurs non-musulmans, a-t-on poursuivi de sources policières.

En prévision d'incidents, la police israélienne avait déployé dimanche des renforts dans la vieille ville de Jérusalem. "Il y a eu des appels lancés parmi des Palestiniens et des Arabes israéliens pour venir manifester soi-disant pour défendre le Mont du Temple (l'esplanade des Mosquées), c'est pourquoi nous avons renforcé les patrouilles dans la vieille ville pour éviter tout désordre", a affirmé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

L'extrême-droite veut s'approprier les lieux

La radio publique a indiqué que la prière au Mur des Lamentations situé en contrebas n'avait pas été perturbée. Un hélicoptère de la police survolait la vieille ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon les radios publique et militaire, ce dispositif policier a été mis en place à la suite de la tension provoquée par la tenue dans la journée d'une réunion à Jérusalem de "l'organisation de Défense des droits de l'Homme sur le Mont du Temple".

Cette organisation d'extrême-droite, qui a obtenu le soutien de rabbins et de députés d'extrême-droite, s'est fixée comme but de convaincre les juifs de se rassembler en masse sur l'esplanade des Mosquées, ont ajouté les radios. "Le peuple juif doit se rendre au Mur des Lamentations et au Mont du Temple afin que ce lieu devienne un lieu de paix et de sérénité et non pas un site de haine et de terrorisme contre le monde entier", a affirmé à la radio militaire le dirigeant de ce mouvement Yéhuda Glick.

Intrusion

Interrogé sur l'impact des appels de cette organisation, le porte-parole de la police s'est abstenu de répondre.

L'esplanade des Mosquées a été le théâtre d'affrontements au début du mois à la suite de manifestations palestiniennes organisées pour "la défense de Jérusalem". Ce site, qui abrite les mosquées Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine.

Il est aussi l'endroit le plus sacré pour les juifs qui l'appellent le Mont du Temple. Le conflit s'est rallumé à la fin septembre, des Palestiniens protestant contre l'intrusion selon eux d'extrémistes juifs venus prier sur le site, ce que la police a démenti.

jeudi, 22 octobre 2009

Contacts secrets Iran-Israël

Par  RFI. Article publié le 22/10/2009 


La réunion secrète a eu lieu à l'hôtel Four Seasons du Caire.(Photo : AFP/Cris Boroncle)

La réunion secrète a eu lieu à l'hôtel Four Seasons du Caire.
(Photo : AFP/Cris Boroncle)


Téhéran dément avoir participé à une réunion régionale incluant des représentants israéliens. Le journal israélien Haaretz l'annonçait pourtant ce jeudi matin. Officiellement, les deux pays n'ont plus de contact depuis 30 ans mais ces révélations interviennent alors qu’un accord se dessine à l’AIEA, à Vienne, concernant l’enrichissement de l'uranium iranien.

Joint par RFI, un représentant israélien souhaitant garder l'anonymat le confirme : il a participé, fin septembre au Caire, à cette réunion de la Commission internationale de non-prolifération nucléaire. La rencontre a eu lieu dans un grand hôtel de la capitale égyptienne.

Plusieurs pays de la région étaient représentés (Arabie Saoudite, Egypte, Jordanie. L'Iran avait envoyé Ali Ashgar Soltanieh, l'émissaire de Téhéran auprès de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. Et l'Etat hébreu avait dépêché deux membres de la Commission israélienne de l'énergie atomique, dont l'ancien ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben Ami.

Selon nos informations, ce n'était pas la première fois que des Iraniens et des Israéliens participaient à une telle réunion, technique et régionale. Et selon notre interlocuteur, c'est un échange « amical » qui a eu lieu. Il a permis aux différents pays de rappeler leurs positions respectives ; les Iraniens répétant par exemple que leur programme nucléaire n'a qu'une vocation civile et pacifique.

Enfin, ajoute notre source israélienne, lors de ce face-à-face, il n'a jamais été question des intentions régulièrement prêtées à Israël de bombarder les installations nucléaires de l'Iran.

 

mardi, 20 octobre 2009

Iran : la sainte trouille des Arabes

19/10/2009 | Jeune Afrique | Par : Hamid Barrada


Des ingénieurs russes dans la centrale nucléaire iranienne de BouchehrDes ingénieurs russes dans la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr© Paolo Woods

Les voisins de la République islamique, en particulier les pétromonarchies du Golfe, paniquent à l’idée de la voir devenir une puissance nucléaire. Mais ils craignent tout autant un conflit militaire destiné à empêcher une telle issue. Tôt ou tard, ils devront pourtant choisir.

« Les Arabes sont à cran, titrait récemment l’International Herald Tribune (du 2 octobre). Les Arabes en question sont les dirigeants du Moyen-Orient et singulièrement ceux des pétromonarchies du Golfe. Les derniers développements du « dossier iranien » font souffler sur la région un vent de panique. Quel qu’en soit l’aboutissement, le dialogue engagé entre le groupe des 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne) et la République islamique n’a rien de rassurant. Ils savent, ces Arabes, que ce qui se passe à leur porte les concerne très directement, mais ils y assistent en spectateurs et n’ont pas leur mot à dire. Du coup, les sentiments sous-jacents, les opinions indicibles se font jour. On se lâche…

Mais avant le désarroi, la surprise. Les mollahs ont véritablement bluffé leurs voisins. Après la crise qui a suivi la présidentielle iranienne du 12 juin, les Arabes ont eu tendance à enterrer un régime qui fait peur depuis trente ans. Les manifestations des réformateurs et la répression féroce avaient été amplement couvertes par les journaux et les télévisions satellitaires. Les jours de la République islamique seraient comptés. Elle serait même menacée d’implosion, à l’instar de l’URSS de Gorbatchev. Une chose est sûre en tout cas, elle n’est pas au meilleur de sa forme.

Et voilà qu’elle administre à une opinion médusée une démonstration de force à la fois militaire et diplomatique : essai de missiles de longue portée, révélation d’un nouveau site d’enrichissement de l’uranium à Qom, reprise du dialogue avec les États-Unis, pratiquement aux conditions de Téhéran. Bien sûr, rien n’est joué dans les négociations engagées à Genève, mais c’est le savoir-faire, la maestria des Iraniens qui frappe l’opinion arabe.

Des voix belliqueuses

Le moment de surprise passé, c’est le principe de réalité qui l’emporte. Pour les Arabes, l’affaire est entendue : l’Iran sera à terme une puissance nucléaire. On ne l’imagine pas arrêter l’enrichissement de son uranium et on ne croit guère à ses proclamations pacifiques. La détermination occidentale ne réussira pas à réduire le péril. Hossam Zaki, un diplomate égyptien, est formel : « Si l’Occident exerce des pressions croissantes, et quels que soient les moyens qu’il emploie, les Iraniens ne vont pas rester les bras croisés attendant que la foudre leur tombe sur la tête. » Et il va sans dire que l’environnement arabe serait parmi les cibles privilégiées de leurs représailles.

Comment éviter, dans ces conditions, une course aux armements ? Les États fragiles du Golfe, comme Bahreïn, se voient encouragés à inviter une grande puissance nucléaire à installer, à titre de dissuasion, des armes sur son territoire. Déjà, les États-Unis entretiennent une base à Manama, la capitale de Bahreïn. Les mêmes États ne tablent pas uniquement sur l’Occident pour se protéger. Ils se démènent auprès de la Russie et de la Chine pour les convaincre de cesser leur aide à l’Iran. L’Arabie saoudite fait savoir qu’elle est disposée à conclure avec la Russie des contrats d’armement de 2 milliards de dollars si celle-ci renonce à vendre à Téhéran un système de défense antimissile sophistiqué. Curieusement, il semble que le fameux voyage secret du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Moscou, en septembre, avait le même objectif : empêcher la livraison de ce matériel à la République islamique. S’agissant de la Chine, les États du Golfe lui offrent de concert un million de visas pour ses ressortissants appelés à travailler pour ses sociétés dans la région.

La résignation n’est pas la seule réaction devant la perspective d’un Iran puissance nucléaire. On entend désormais – et c’est nouveau – des voix belliqueuses. Le patron d’un important centre de recherche à Dubaï confie à l’International Herald Tribune son impatience d’en finir. « Il vaut mieux que l’Occident – ou Israël – monte des frappes militaires contre l’Iran plutôt que de le laisser s’imposer comme une puissance nucléaire. » Abdelaziz Sager, un ancien diplomate saoudien reconverti dans le business et qui anime le Centre de recherche du Golfe, livre tranquillement ces réflexions : « Israël peut commencer l’attaque, mais ne peut la poursuivre. Tout compte fait, il vaut mieux pour la région qu’elle affronte les représailles limitées de l’Iran plutôt que de se retrouver sous l’empire de la dissuasion nucléaire permanente du même Iran. Je préfère que le job soit fait maintenant plutôt que de vivre le restant de mes jours sous l’hégémonie nucléaire iranienne. »

Le « péril chiite »

La « bombe » potentielle, programmée, n’est pas la seule source d’angoisse pour les voisins arabes de la République islamique. Il en est une autre, immédiate et qui ne manquera pas de se développer en cas de conflit ouvert : la subversion, pièce maîtresse dans le catalogue des représailles préparé de longue date. Outre le soutien multiforme que le pays de Khomeiny apporte à ses alliés, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien, Téhéran est soupçonné, entre autres, d’entretenir la rébellion chiite au Yémen, d’exacerber les conflits entre chiites et sunnites en Arabie saoudite, à Bahreïn et au Koweït. Au regard des disparités confessionnelles, les États du Golfe sont particulièrement vulnérables. Deux exemples édifiants : Bahreïn est une monarchie sunnite qui règne sur une population à 70 % chiite. La population chiite d’Arabie saoudite ne dépasse pas 10 %, mais elle est concentrée dans l’est de la péninsule, là où se trouve l’essentiel des réserves en hydrocarbures.

Face au péril chiite (et perse), les Arabes sont en proie à ce qu’on peut appeler la tentation israélienne. Hier inconcevable, taboue, l’alliance avec l’État juif apparaît comme une option commandée par la nécessité. Elle est déjà présente dans les calculs, les stratégies et, à l’occasion, dans les discours solennels. La veille de la guerre de l’été 2006 déclenchée par Israël contre le Hezbollah, les Saoudiens n’ont pas hésité à dénoncer, en pleine réunion de la Ligue arabe, l’« aventurisme » de l’organisation chiite. L’anathème prononcé contre l’obédience chiite, apparue à la mort du Prophète et respectée par 15 % des musulmans dans le monde, redevient d’actualité. On a entendu l’année dernière Cheikh Youssef al-Qaradawi, téléprédicateur vedette d’Al-Jazira, lancer : « Les chiites sont des hérétiques et représentent un danger parce qu’ils tentent d’envahir la société sunnite. »

De là à substituer le conflit sunnite-chiite au conflit judéo-arabe, il n’y a qu’un pas. Vali Reza Nasr, un politologue américain d’origine iranienne, diagnostique la « marginalisation du conflit israélo-arabe ». La plupart des pays arabes ont davantage intérêt à contenir l’Iran qu’Israël. « Nous pensions jadis, poursuit-il, que le règlement du conflit israélo-arabe était la clé qui permettrait de résoudre tous les problèmes de la région, à savoir le terrorisme, Al-Qaïda, l’Iran et l’Irak. Je pense que c’est désormais le Golfe arabo-persique qui permettra de résoudre le conflit israélo-arabe. Toutes les puissances qui comptent – l’Iran, l’Arabie saoudite et même les bons élèves de la région comme Dubaï ou Abou Dhabi – se trouvent dans le Golfe. Et tous les conflits importants pour nous – l’Irak, l’Afghanistan et l’Iran – se trouvent dans le Golfe. »

Pas d’interlocuteur à Tel-Aviv

Shimon Pérès partage ce jugement : « Pour la première fois, la majorité du monde arabe pense que le véritable danger, c’est l’Iran et non Israël. » Mais dans quelle mesure le président israélien ne prend-il pas ses désirs pour la réalité ? À supposer que les Arabes se décident à résoudre tous leurs différends avec Israël pour se consacrer à la menace iranienne, trouveront-ils pour autant un interlocuteur valable à Tel-Aviv ?

En vérité, la tentation de l’alliance avec Israël n’est qu’un fantasme, comme on peut s’en rendre compte chaque jour depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. Ses efforts pour faire avancer la cause de la paix sont en effet systématiquement combattus par Netanyahou. C’est d’ailleurs l’absence de partenaire israélien qui accroît le désarroi arabe.

Les dirigeants arabes ont tout faux : ils ont tout offert à Israël (la reconnaissance par tous les États arabes et musulmans contre la fin de l’occupation) sans rien obtenir en retour. Ils ont jeté leur dévolu sur l’alliance avec les États-Unis et l’Occident et, de Bush à Obama, ne sont guère entendus à Washington, Paris ou Londres. Et ils ont beau contrôler et contraindre, ils ne peuvent ignorer que leurs peuples ont l’esprit et le cœur ailleurs. Car la fameuse « rue arabe » vibre avec la République islamique.

Voici ce qu’écrivait récemment Abdel Bari Atwan dans Al-Qods al-Arabi, qui paraît à Londres : « On peut affirmer que l’Iran est devenu la grande puissance régionale. C’est lui qui assiège tout le monde, qui déjoue les calculs de l’Occident, en particulier des États-Unis, et qui constitue une menace existentielle pour Israël. Et tout cela grâce à son savoir-faire tactique, au développement de sa puissance militaire, à ses ambitions nucléaires et à un leadership qui cultive le défi, la confrontation et l’art de la surprise. » Le journaliste, très respecté pour sa lucidité et son indépendance, estime que si le dialogue engagé à Genève tourne court, « les régimes arabes, en particulier ceux du Golfe, risquent d’être embarqués dans une nouvelle alliance contre l’Iran, côte à côte avec Israël ». Les Arabes seront absents de la partie qui se joue aujourd’hui. Tout au plus seront-ils convoqués le moment venu comme de « faux témoins ». Titre de l’article : « Missiles iraniens et pions arabes »

Toutes les notes