mercredi, 22 avril 2009

Mahmoud Ahmadinejad récidive en stigmatisant Israël

Par Reuters , publié le 22/04/2009

Deux jours après son réquisitoire anti-israélien à la tribune de l'Onu, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé l'Etat hébreu d'avoir commis des "actes de cruauté" et de "nettoyage ethnique" aux dépens des Palestiniens.

MAHMOUD AHMADINEJAD S'EN PREND DE NOUVEAU À ISRAËL

Les "criminels israéliens", a-t-il déclaré à Téhéran devant des juristes arabo-musulmans dans le cadre d'une conférence sur "le génocide et les crimes de guerre" de la bande de Gaza, "(...) doivent rendre des comptes (devant la justice) de toutes leurs brutalités".

Le chef de l'Etat a indiqué que Téhéran avait demandé à Interpol d'émettre des mandats d'arrêt à l'encontre de 25 "criminels de guerre sionistes".

"La République islamique d'Iran (...) attend de cette organisation qu'elle remplisse ses obligations légales", a-t-il souligné. Les autorités iraniennes avaient déjà entrepris de telles démarches auprès d'Interpol.

Il a évoqué "(...) le bouclage (de la bande de Gaza) et les meurtres à grande échelle de Palestiniens ainsi que le nettoyage ethnique pratiqué dans d'autres territoires occupés, tout comme d'autres crimes commis par le régime sioniste".

REFUS D'ADOUCIR SES PROPOS

Les propos tenus lundi à l'ouverture de la conférence de l'Onu sur le racisme à Genève par Mahmoud Ahmadinejad, qui avait qualifié l'Etat d'Israël de "régime raciste le plus cruel et le plus répressif", ont entraîné le départ ceux des délégués européens dont les pays avaient choisi de ne pas boycotter l'événement.

Ils lui ont valu en revanche les applaudissements des représentants du monde arabo-musulman.

Mercredi, Ahmadinejad a estimé que la conférence de Genève, dite "Durban II", avait été un échec pour Israël et a accusé les Israéliens de chercher à donner une nouvelle interprétation du racisme.

"Mais pour la première fois à un forum international, la liberté d'esprit des nations (...) a neutralisé les plans diaboliques des sionistes et a triomphé", a dit l'orateur iranien, qui a révélé avoir refusé d'"adoucir" ses propos lundi comme le lui avait demandé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

"Je lui ai dit: si on ne les dénonce pas à une conférence de l'Onu, alors où pourrait-on évoquer la question de Gaza (...) et du génocide des Palestiniens ?"

Selon la presse modérée de Téhéran, un rival modéré de Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle de juin en Iran, Mirahossein Moussavi, s'est élevé contre la participation du chef de l'Etat sortant à "Durban II".

Moussavi est partisan d'une ligne plus conciliante en matière de politique étrangère, y compris envers les Occidentaux, contrairement à Mahmoud Ahmadinejad.

mardi, 27 janvier 2009

Gaza: Israël confirme la mort d'un soldat à la frontière

L'armée israélienne a confirmé qu'un de ses soldats a été tué et trois autres blessés mardi dans l'explosion d'une charge à la frontière de la bande de Gaza. 

Un sous-officier a été tué et trois autres soldats, dont un officier, ont été blessés "lorsqu'un engin explosif a été activé au passage d'une patrouille du côté israélien de la clôture de sécurité de la bande de Gaza, au nord de Kissoufim", a indiqué à l'AFP un porte-parole militaire.

L'officier a été grièvement atteint, a-t-il précisé. La mort du soldat avait été plus tôt rapportée par des télévisions arabes.

lundi, 26 janvier 2009

Hamas et Fatah reprennent langue au Caire

Reuters

Le Hamas, qui contrôle Gaza depuis juin 2007, et le Fatah du président Mahmoud Abbas, qui administre la Cisjordanie, ont repris langue lundi au Caire, pour la première fois depuis dix mois.

Une "longue rencontre", en marge des négociations entre les deux factions palestiniennes par le truchement des médiateurs égyptiens, a réuni Djamal Abou Hachem, membre de la délégation du Hamas, et Azzam al Ahmed, émissaire du Fatah.

Elle avait pour objet de "décider du dialogue" entre les deux mouvements en vue de leur réconciliation, a déclaré Ahmed, en précisant qu'il était convenu avec son interlocuteur d'une autre rencontre.

"Nous sommes prêts à engager immédiatement un dialogue national palestinien détaillé et le plus tôt sera le mieux", a ajouté l'émissaire du Fatah, espérant que "les frères du Hamas seront ouverts" à un tel développement.

La dernière rencontre officielle entre le Hamas et le Fatah remonte à mars 2008 au Yémen. La médiation yéménite avait échoué en raison de l'exigence du Fatah que le Hamas restitue le contrôle de Gaza à l'Autorité palestinienne d'Abbas.

En novembre dernier, l'Egypte avait renoncé à réunir les deux camps palestiniens en raison de la menace du Hamas de boycotter les pourparlers.

La rencontre de lundi intervient une semaine après un appel d'Abbas à des pourparlers communs en Egypte pour former un gouvernement d'entente capable d'organiser des élections présidentielles et législatives après l'offensive israélienne à Gaza.

Elle intervient en outre au lendemain d'un appel de l'Union européenne à la mise en place d'un gouvernement palestinien de consensus sous la houlette d'Abbas.

jeudi, 22 janvier 2009

Gaza: l'ONU prend la mesure des destructions

Des responsables de l'ONU ont plaidé jeudi pour une réouverture des points de passage de Gaza ravagée par l'offensive israélienne afin de permettre sa reconstruction, l'Etat hébreu menaçant d'y frapper à nouveau si la contrebande d'armes reprend par les tunnels.

Le coordinateur de l'ONU John Holmes et le représentant spécial de l'organisation internationale au Proche-Orient ont inspecté plusieurs sites bombardés et se sont également rendus dans le principal hôpital de Gaza, Al-Chifa.

L'ouverture des points de passage est l'un des "problèmes dont nous voulons discuter (avec Israël). Evidemment, si vous voulez reconstruire, il faut du ciment, des matériaux de reconstruction, des tuyaux, des pièces détachées. Tout doit entrer et c'est un chose sur laquelle nous allons insister fortement", a déclaré à l'AFP M. Holmes.

"Notre message à Israël est, qu'au-delà de la destruction, de la mort et de la souffrance causée, il doit permettre aux programmes d'aide d'aller de l'avant sans obstacle", a-t-il souligné lors d'une visite dans une école détruite dans un raid israélien à Beit Lahya (nord). M. Holmes a ajouté qu'il tentait de "dresser un bilan de l'ampleur des dommages", avant de lancer un appel à des fonds internationaux pour la reconstruction du territoire contrôlé par les islamistes du Hamas.

Selon une estimation provisoire du Bureau central palestinien des statistiques, les pertes causées par l'offensive s'élèvent à 1,9 milliard de dollars, dont 476 millions pour les dégâts dans les habitations et les infrastructures. Plusieurs écoles, dont certaines gérées par l'ONU ainsi que d'autres bâtiments onusiens, ont également été touchés.

Israël conditionne la levée du blocus imposé à Gaza à la conclusion d'une trêve avec le Hamas négociée par l'entremise du Caire. Il a prévenu qu'il se réservait le droit d'attaquer de nouveau les tunnels reliant le territoire palestinien à l'Egypte, qui servent notamment à la contrebande d'armes.

"Pour les tunnels, rien ne sera comme avant, les choses doivent être claires: Israël se réserve le droit d'agir militairement contre les tunnels, un point c'est tout", a dit la chef de la diplomatie Tzipi Livni. "S'il faut agir, nous le ferons, nous exercerons notre droit à la légitime défense, nous ne confierons pas notre sort aux Egyptiens, ni aux Européens ou aux Américains", a-t-elle ajouté, au lendemain d'une menace similaire du ministre de la Défense Ehud Barak.

A la frontière avec l'Egypte, des centaines de contrebandiers se sont remis au travail dans les tunnels, un moyen de contourner le blocus.

Parallèlement, l'Egypte a repris sa médiation en vue de consolider le cessez-le-feu proclamé dimanche par les belligérants chacun de son côté, en recevant le négociateur israélien Amos Gilad avant l'arrivée dimanche de représentants du Hamas.

Le président américain Barack Obama la veille a adressé un signal fort au Proche-Orient en téléphonant dès sa première journée de travail à plusieurs dirigeants pour s'engager à oeuvrer "activement" à la paix.

Sur le terrain, cinq Palestiniens ont été blessés à Gaza par des tirs de navires de guerre israéliens, selon des sources médicales. L'offensive israélienne (27 décembre-17 janvier) a fait 1.330 morts palestiniens dont 437 enfants de moins de 16 ans, 110 femmes et 123 personnes âgées, et 5.450 blessés, selon le dernier bilan des services médicaux palestiniens.

Côté israélien, 10 militaires et 3 civils ont péri, selon les chiffres officiels.

(source AFP)

mercredi, 21 janvier 2009

Le Moyen-Orient salue Obama, en attendant des actes

Le Moyen-Orient saluait mercredi la prise de fonctions du président américain Barack Obama, espérant des avancées sur les sujets chauds de la région comme le conflit israélo-palestinien, une "priorité" pour l'Egypte. 

"La région attend avec impatience (de voir) la manière dont vous allez, dès le premier jour de votre entrée en fonctions, faire face à la cause palestinienne car il s'agit d'une priorité urgente et de la clé de toutes les autres crises difficiles du Moyen-Orient", a affirmé le président égyptien Hosni Moubarak à l'adresse de son homologue américain.

En Jordanie, le roi Abdallah II a souligné, lors d'un entretien téléphonique avec le président Obama, "l'importance d'une implication américaine rapide dans des négociations sérieuses et efficaces en vue de parvenir le plus tôt possible à la solution à deux Etats", palestinien et israélien, vivant côte-à-côte en paix, selon un communiqué officiel.

M. Obama, qui a multiplié mercredi les appels aux dirigeants régionaux, a annoncé qu'il mettrait en place une équipe prête à s'engager dans le processus de paix au Proche-Orient dès sa prise de fonctions.

Israël a de son côté affiché sa sérénité quant à la poursuite de ses liens privilégiés avec Washington. "La politique des Etats-Unis ne va certainement pas changer sur le fond", a estimé le vice-Premier ministre Haïm Ramon.

"Cette politique se fonde sur deux principes: la lutte contre le terrorisme et la nécessité de parvenir à une paix sur la base de deux Etats", a-t-il dit.

Dans le Golfe, le quotidien saoudien Al-Hayat souligne que Barack Obama "ne compromettra pas l'alliance structurelle de son pays avec Israël". Les journaux, comme la Saudi Gazette, espèrent toutefois qu'après "huit années d'engagement américain catastrophique", Washington fera preuve d'une approche "plus équilibrée et plus intelligente".

Pour Al-Quds, le principal quotidien des territoires palestiniens, un changement de politique sur le conflit israélo-palestinien va "améliorer l'image des Etats-Unis dans le monde arabe".

Le mouvement islamiste Hamas, cible d'une opération meurtrière israélienne de 22 jours dans la bande de Gaza, a appelé Barack Obama à tirer les leçons des "erreurs" de son prédécesseur, affirmant qu'il le jugerait sur ses "actes".

Dans son discours d'investiture, M. Obama a tendu la main au monde arabo-musulman en lui proposant "une nouvelle approche fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".

L'Organisation de la conférence islamique (OCI), qui rassemble 1,5 milliard de musulmans de 57 pays, espère de l'administration Obama "le début d'un dialogue plus fructueux et mieux informé entre l'Occident et le monde musulman".

Barack Obama devra aussi gérer d'autres dossiers importants, comme le retrait des troupes d'Irak, qu'il souhaite appliquer "de façon responsable".

Dans le quotidien chiite irakien Badr, cheikh Hamid al-Maala, le porte-parole du Conseil suprême islamique en Irak espère qu'il mènera à bien "l'ambition commune en matière de sécurité et de lutte conte le terrorisme".

L'Iran, visé par des sanctions internationales pour son programme nucléaire controversé, préfère "attendre pour voir quelles seront les actions politiques du gouvernement américain", selon Manouchehr Mottaki.

Le quotidien conservateur Kayhan estime que le locataire de la Maison-Blanche "est la continuation logique de Bush" sur la question du nucléaire. Dans le journal Aftab Yazd (réformateur), l'ex-responsable du dossier nucléaire Hassan Rohani assure au contraire qu'"Obama peut ouvrir une fenêtre" sur ce sujet, remarquant qu'il "a promis l'ouverture d'un dialogue sans pré-condition".

(Source AFP)

lundi, 19 janvier 2009

Les dirigeants arabes se retrouvent enfin à Koweit pour débattre du conflit à Gaza

Les dirigeants arabes ont entamé lundi à Koweït un sommet durant lequel ils doivent débattre, avec retard, de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui les a profondément divisés, et examiner le financement de la reconstruction du territoire palestinien. 

Ils discuteront également de la complémentarité économique entre leurs pays au cours de ce sommet de deux jours, officiellement placé sous le signe de l'économie, mais qui a été rebaptisé "sommet de solidarité avec le peuple palestinien à Gaza".

La grande majorité des dirigeants des 22 membres de la Ligue arabe, que le conflit à Gaza a divisés en deux camps -partisans et adversaires du mouvement islamiste palestinien Hamas cible de l'offensive- sont présents.

Le sommet se tient au lendemain d'un cessez-le-feu décrété séparément par Israël, puis le Hamas, suivi par un début de retrait "progressif" de l'armée israélienne de la bande de Gaza, ravagée par 22 jours d'une offensive qui a tué plus de 1.300 Palestiniens.

Il fait aussi suite à un mini-sommet organisé dimanche à Charm el-Cheikh en Egypte par le président égyptien Hosni Moubarak, qui a obtenu le soutien de dirigeants arabes et européens à son plan pour une fin totale des violences à Gaza.

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah, a ouvert ce sommet au palais des hôtes "Bayan Palace", en invitant ses pairs arabes à contribuer à "une confirmation du cessez-le-feu".

Le président syrien Bachar al-Assad, parmi les derniers à arriver à Koweït, est l'un des plus fervents défenseurs du Hamas.

Réunis à la hâte vendredi à Doha à l'initiative de l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, les partisans du mouvement islamiste ont adopté un document en 11 points qui doit être soumis au sommet de Koweït.

Ce texte prévoit la suspension des liens avec Israël, une demande qui s'adresse à l'Egypte et à la Jordanie. Il préconise aussi un gel de l'initiative de paix arabe qui propose une normalisation des relations avec Israël contre un retrait israélien de tous les territoires arabes occupés.

Adopté en 2002 par le sommet arabe de Beyrouth, ce plan d'inspiration saoudienne a été relancé en 2007 au sommet de Ryad.

Le document de Doha propose également la création d'un fonds de reconstruction de Gaza, auquel le Qatar a déjà promis une contribution de 250 millions de dollars.

L'Arabie saoudite et l'Egypte, chefs de file du monde arabe, avaient boudé la rencontre de Doha, à laquelle n'a pas assisté non plus M. Abbas.

"Il est inacceptable et inadmissible que se poursuivent les divergences interarabes (...). Nous ne devons pas nous traiter les uns les autres de traîtres", a lancé dimanche à Koweït le Premier ministre libanais Fouad Siniora.

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a réclamé que le sommet de Koweït soit "un sommet de franchise, de réconciliation et de solidarité" entre les dirigeants arabes.

Dans le domaine économique, le sommet doit annoncer le lancement en 2010 d'une union douanière arabe et approuver des projets pour une interconnexion des réseaux électriques et des lignes de chemins de fer dans la région.

Le sommet discutera également de la pauvreté et du chômage et de l'impact de la crise financière mondiale sur le monde arabe.

Les pays arabes ont perdu 2.500 milliards de dollars en raison de cette crise, selon le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Mohammad al-Sabah.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et le président sénégalais Abdoulaye Wade, également président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), assistent au sommet.

(Source AFP)

vendredi, 16 janvier 2009

Les pays arabes réunis en ordre dispersé pour évoquer Gaza

Les pays de la Ligue arabe ont tenu vendredi des réunions rivales au Koweït et à Doha pour débattre de la situation dans la bande de Gaza au 21e jour de l'offensive militaire israélienne.

Ces deux réunions, au niveau des ministres des Affaires étrangères pour la première, illustrent les tensions dans le monde arabe sur la tenue d'un sommet extraordinaire sur la guerre à Gaza, qui a fait près de 1.200 morts - pour l'essentiel des civils - dans le camp palestinien depuis le 27 décembre.

Le Qatar avait proposé d'organiser un sommet arabe extraordinaire sur Gaza mais l'émirat s'est heurté à la résistance des deux 'poids lourds' traditionnels du monde arabe, l'Egypte et l'Arabie saoudite.

Ces deux pays ont marqué leur préférence pour débattre du dossier gazaoui en marge du sommet arabe de lundi, prévu de longue date au Koweït et consacré à l'économie.

Les 22 membres de la Ligue arabe ont affirmé que Doha n'avait pas réussi à réunir le quorum de 15 nécessaire à la tenue d'un sommet arabe.

Mais les Qataris ont décidé d'aller de l'avant en convoquant une réunion consultative en présence des présidents syrien et iranien ainsi que de représentants de la Turquie, pays à population musulmane ayant des liens avec Israël.

Une délégation du Hamas, conduite par Khaled Mechaal, chef en exil à Damas du mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza, a fait le voyage à Doha à bord d'un avion affrété par l'émir du Qatar.

Ahmed Djibril, chef de file du Front populaire pour la libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), se trouvait aussi dans l'avion en provenance de Damas.

SITUATION "CHAOTIQUE"

Prenant la parole lors de la séance d'ouverture, Khaled Mechaal a déclaré que le Hamas n'accepterait pas les conditions mises par l'Etat hébreu pour un cessez-le-feu et poursuivrait la lutte jusqu'à la fin de l'offensive israélienne.

L'orateur palestinien a d'autre part invité les dirigeants réunis dans la capitale qatarie à rompre tous leurs liens avec Israël.

L'émir du Qatar, cheikh Hamad ibn Khalifa al Thani, a déclaré que la réunion de Doha réexaminerait les liens diplomatiques et économiques avec Israël, laissant entendre que son pays pourrait profiter de cette tribune pour annoncer la suspension de ses liens avec l'Etat hébreu.

Il s'est engagé à verser 250 millions de dollars pour reconstruire la bande de Gaza et a déclaré que la réunion de Doha soulèverait la question d'une éventuelle suspension d'une initiative de paix arabe, alors que toute mesure en ce sens nécessite un quorum.

La Syrie et le Qatar, qui s'est récemment rapproché de son grand voisin saoudien, nourrissent une certaine sympathie pour les radicaux du Hamas.

Mais l'Egypte, seul Etat arabe à partager une frontière avec la bande de Gaza, n'entend pas rouvrir totalement cette frontière en l'absence des forces du président palestinien Mahmoud Abbas.

Prié de dire si Le Caire faisait suffisamment pour venir en aide aux Gazaouis pris au piège des combats, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, a répondu : "L'Egypte autorise le transit vers Gaza de matériels médicaux pour soulager la tragédie."

Pour ajouter à la confusion, le Conseil de coopération du Golfe (CCG, qui rassemble les émirats pétroliers pro-américains de la région sous la houlette de l'Arabie saoudite) a tenu jeudi soir une réunion extraordinaire à Ryad pour, semble-t-il, tenter de neutraliser les efforts de la diplomatie qatarie.

"La situation dans le monde arabe est très chaotique et c'est regrettable", a résumé le secrétaire général de la Ligue, l'Egyptien Moussa Amr, en s'adressant à la presse au Koweït où 3.000 personnes environ ont manifesté contre Israël.

Lors de la séance du matin, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saud al-Fayçal, a préconisé un soutien accru à la médiation égyptienne en vue d'une trêve à Gaza.

(Source Reuters)

mercredi, 14 janvier 2009

Crise à Gaza : Réunion d'urgence de l'Assemblée générale de l'ONU sur Gaza jeudi

L'Assemblée générale de l'ONU tiendra une réunion d'urgence jeudi pour appeler au respect de l'appel au cessez-le-feu à Gaza lancé par le Conseil de sécurité, a annoncé mercredi un porte-parole.

"A la demande de plusieurs Etats membres, le président de l'Assemblée générale (Miguel d'Escoto) a convoqué une séance plénière jeudi matin pour discuter de la question de Gaza", a déclaré le porte-parole, Enrique Yeves.

Le but est d'"envoyer un message fort selon lequel la communauté internationale est pleinement en faveur d'un cessez-le-feu immédiat", a ajouté M. Yeves.

La séance, lors de laquelle de nombreux Etats ont demandé à s'exprimer, pourrait se prolonger jusqu'à vendredi et donner lieu à un vote sur une résolution, a-t-il indiqué.

M. d'Escoto avait prévu de tenir cette réunion d'urgence la semaine dernière, alors que les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes et occidentaux négociaient à l'ONU les termes d'une résolution du Conseil de sécurité.

Mais il y avait renoncé peu avant l'adoption jeudi dernier par le Conseil de la résolution 1860, qui appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté dans la bande de Gaza.

Cette résolution est pour l'instant restée lettre morte. Le conflit à Gaza entre Israël et le Hamas en est à son 19e jour et a fait plus de 1.000 morts, dont de nombreux civils.

(Source AFP)

Gaza: réaction favorable du Hamas au plan égyptien, selon l'agence MENA

Le mouvement islamiste Hamas a "réagi favorablement" aux efforts de l'Egypte en faveur d'un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza, selon une "source égyptienne autorisée", citée mercredi par l'agence Mena.

"Le mouvement Hamas a réagi favorablement aux efforts égyptiens pour mettre fin à l'effusion de sang des Palestiniens au cours des pourparlers" tenus au Caire "ces trois derniers jours", selon cette source non identifiée, citée par l'agence semi-officielle.

Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit a annoncé mercredi que l'Egypte allait transmettre à Israël la réponse du Hamas au plan égyptien pour cesser la guerre de Gaza, "espérant que les choses vont bouger".

"Nous allons transmettre aux Israéliens ce qui nous avons obtenu" comme réponse, incluant un cessez-le feu et les conditions d'une trêve, "de la part de nos frères du Hamas, a-t-il dit à la presse, sans révéler le sens de la réponse du Hamas.

Le principal négociateur israélien, le général de réserve Amos Gilad est attendu jeudi le Caire pour retrouver le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, a indiqué une source israélienne.

Un haut responsable égyptien avait affirmé mardi, sous couvert d'anonymat, qu'Israël, via plusieurs signes, "parait désormais acquis" au plan annoncé il y a une semaine par le président Hosni Moubarak.

Deux responsables du "Hamas de l'extérieur" ont regagné mercredi Damas sans faire de déclarations, a-t-on appris de source aéroportuaire.

Ils avaient eu un nouveau round de discussions avec M. Souleimane, en compagnie de trois membres du "Hamas de l'intérieur" venus de la bande de Gaza.

M. Aboul Gheit a indiqué que le plan égyptien prévoyait d'abord "un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hamas, et "l'acception du retrait" de l'armée israélienne, alors que l'opération israélienne dans la bande de Gaza a fait au moins 1.000 morts depuis le 27 décembre.

Il a aussi insisté, en second étape, sur la réouverture "des points de passage" entre l'enclave palestinienne et Israël ainsi que l'Egypte, sans exclure la présence de forces ou d'observateurs étrangers.

"C'est une question qui nécessite certaines mesures concernant les parties qui doivent se trouver sur les points de passage" et de savoir "si la présence d'autres parties est nécessaire", a-t-il dit.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a affirmé mercredi au Caire, où il a commencé une tournée au Proche-Orient, qu'il "n'y avait plus de temps à perdre" pour que cesse la guerre de Gaza entre Israël et le Hamas.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a estimé mercredi au Caire que la perspective d'un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza se rapprochait.

"Nous sommes plus près d'un accord" pour un cessez-le-feu, a déclaré à la presse Moratinos, de retour en Egypte pour rencontrer le président Hosni Moubarak ainsi que M. Ban Ki-Moon, et avant de regagner Israël.

(Source AFP)

mardi, 13 janvier 2009

Proche-Orient : Les forces israéliennes dans les faubourgs de Gaza

Les forces israéliennes ont pénétré dans les faubourgs de la ville de Gaza pour la première fois tôt mardi, détruisant plusieurs dizaines d'habitations sur leur passage, tandis que la population se terrait dans des abris de fortune. Quelques heures auparavant, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert avait mis en garde les militants du Hamas contre le "poing de fer" qui s'abattrait sur eux s'ils refusaient les conditions d'arrêt des combats.

Au 18e jour de son offensive, Tsahal n'était encore jamais allé aussi loin dans Gaza. Ses forces terrestres se trouvaient mardi matin à moins de 1,5km du centre de la ville.

Des témoins palestiniens ont affirmé que les soldats israéliens étaient entrés au cours de la nuit dans Tel Hawwa, un quartier composé de bâtiment à étages situé dans l'extrémité sud-est de Gaza. Les violents combats qui ont accompagné cette avancée ont fait au moins 16 morts, selon un bilan hospitalier très provisoire.

Au-delà de ce secteur, le bruit de la guerre pouvait distinctement être entendu autour de Gaza, agglomération de 400.000 habitants, tandis que l'infanterie israélienne, appuyée par l'artillerie et des hélicoptères d'attaque, investissait les faubourgs par l'est et l'ouest. Des navires israéliens pilonnaient aussi la côte.

Un habitant, Khader Moussa, 35 ans, a indiqué à l'Associated Press qu'il avait vu deux bâtiments incendiés. Il se terrait dans le sous-sol de son immeuble avec 25 autres personnes, dont sa femme enceinte et ses parents. "Les portes de l'enfer se sont ouvertes" a-t-il résumé, ajoutant: "Que Dieu nous aide!"

Plusieurs autres bâtiments étaient en feu, d'après des témoins, dont un dépôt de bois de construction. Une épaisse fumée recouvrait le secteur.

L'armée israélienne a reconnu qu'une bataille était en cours, sans donner de détails. Le Dr Moaiya Hassanain, responsable de santé palestinien, a précisé que des dizaines d'appels avaient été reçus demandant des ambulances, mais qu'il n'avait pas été possible d'y répondre en raison des combats.

Le chef d'état-major de Tsahal, le général Gabi Ashkenazi, a laissé entendre qu'en dépit des lourdes pertes infligées au Hamas, ses troupes avaient encore des objectifs à atteindre dans la Bande de Gaza. "Nous avons encore du travail", a-t-il dit mardi devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, estimant que les soldats israéliens accomplissaient "un travail exceptionnel", notamment pour réduire la capacité de tirs de roquettes sur Israël.

De son côté, le Hamas ne montrait aucun signe de faiblesse. Son chef, Ismaïl Haniyeh, a même annoncé à ses militants qu'ils "se rapprochaient de la victoire".

Lundi, des milliers de réservistes avaient commencé à entrer dans la Bande de Gaza, faisant craindre une intensification de l'offensive israélienne. L'envoi de ces renforts laisse fortement penser qu'Israël se prépare à passer à une troisième phase, plus intense, de l'opération "Plomb durci" qui a fait plus de 900 morts côté palestinien, et 13 morts, dont dix soldats, côté israélien.

Dans ce contexte, une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation dans la Bande de Gaza était programmée mardi à New York, avant le départ dans la région du secrétaire général de l'organisation mondiale Ban Ki-moon. AP

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