Deux jours après son réquisitoire anti-israélien à la tribune de l'Onu, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé l'Etat hébreu d'avoir commis des "actes de cruauté" et de "nettoyage ethnique" aux dépens des Palestiniens.
MAHMOUD AHMADINEJAD S'EN PREND DE NOUVEAU À ISRAËL
Les "criminels israéliens", a-t-il déclaré à Téhéran devant des juristes arabo-musulmans dans le cadre d'une conférence sur "le génocide et les crimes de guerre" de la bande de Gaza, "(...) doivent rendre des comptes (devant la justice) de toutes leurs brutalités".
Le chef de l'Etat a indiqué que Téhéran avait demandé à Interpol d'émettre des mandats d'arrêt à l'encontre de 25 "criminels de guerre sionistes".
"La République islamique d'Iran (...) attend de cette organisation qu'elle remplisse ses obligations légales", a-t-il souligné. Les autorités iraniennes avaient déjà entrepris de telles démarches auprès d'Interpol.
Il a évoqué "(...) le bouclage (de la bande de Gaza) et les meurtres à grande échelle de Palestiniens ainsi que le nettoyage ethnique pratiqué dans d'autres territoires occupés, tout comme d'autres crimes commis par le régime sioniste".
REFUS D'ADOUCIR SES PROPOS
Les propos tenus lundi à l'ouverture de la conférence de l'Onu sur le racisme à Genève par Mahmoud Ahmadinejad, qui avait qualifié l'Etat d'Israël de "régime raciste le plus cruel et le plus répressif", ont entraîné le départ ceux des délégués européens dont les pays avaient choisi de ne pas boycotter l'événement.
Ils lui ont valu en revanche les applaudissements des représentants du monde arabo-musulman.
Mercredi, Ahmadinejad a estimé que la conférence de Genève, dite "Durban II", avait été un échec pour Israël et a accusé les Israéliens de chercher à donner une nouvelle interprétation du racisme.
"Mais pour la première fois à un forum international, la liberté d'esprit des nations (...) a neutralisé les plans diaboliques des sionistes et a triomphé", a dit l'orateur iranien, qui a révélé avoir refusé d'"adoucir" ses propos lundi comme le lui avait demandé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.
"Je lui ai dit: si on ne les dénonce pas à une conférence de l'Onu, alors où pourrait-on évoquer la question de Gaza (...) et du génocide des Palestiniens ?"
Selon la presse modérée de Téhéran, un rival modéré de Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle de juin en Iran, Mirahossein Moussavi, s'est élevé contre la participation du chef de l'Etat sortant à "Durban II".
Moussavi est partisan d'une ligne plus conciliante en matière de politique étrangère, y compris envers les Occidentaux, contrairement à Mahmoud Ahmadinejad.








