mardi, 04 septembre 2012

BOURSE

BRVM : Edoh Kossi Amenounve à la relance

Mardi, 04 Septembre 2012 09:52. Par Stéphane Ballong

Issu du sérail des institutions sous-régionales, Edoh Kossi Amenounve a été choisi parmi six candidats sélectionnés par le cabinet de recrutement AfricSearch. © Olivier/JA

Issu du sérail des institutions sous-régionales, Edoh Kossi Amenounve a été choisi parmi six candidats sélectionnés par le cabinet de recrutement AfricSearch. © Olivier/JA

Nommé directeur général de la BRVM, le Togolais devra dynamiser la Place d'Abidjan, qui, près de quinze ans après sa création, peine à décoller.

C'est un homme du sérail qui remplace Jean-Paul Gillet à la tête de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM, basée à Abidjan). Edoh Kossi Amenounve a assuré ces neuf dernières années le secrétariat général du Conseil régional de l'épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), l'organe de régulation de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il a ainsi supervisé les opérations de la Bourse d'Abidjan et donné son feu vert à toute émission d'actions et d'obligations. Son second mandat de cinq ans à ce poste devait s'achever en 2013 et ce Togolais de 45 ans projetait déjà de faire valoir son expérience dans une institution financière sous-régionale ou internationale, comme une banque de développement. Mais les choses se sont accélérées.

Le 23 juillet, Jean-Paul Gillet, directeur général de la BRVM depuis 2000, a été révoqué par le conseil d'administration. Son tort ? Ne pas s'être aperçu des malversations qui ont permis à certains de ses agents de détourner 1,62 million d'euros. Dans la foulée, le cabinet international de recrutement AfricSearch a été chargé de lui trouver un successeur. Les candidatures ont afflué, mais seuls six profils ont été retenus. Classé en tête de liste, Edoh Kossi Amenounve a été nommé le 9 août à la tête de la BRVM par ses administrateurs. « S'il est un endroit où je peux me rendre plus utile et contribuer à apporter un peu plus de dynamisme aux économies de la sous-région, c'est bien à la BRVM », explique le nouveau patron, qui prendra ses fonctions en septembre. Un principe qui a toujours guidé ses choix, assure ce natif de Lomé, marié et père d'un enfant.

 

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Formé au Canada

De fait, après un MBA et un doctorat en finance à l'université Laval de Québec, il décide fin 1995 de rentrer au Togo alors qu'il avait des opportunités de carrière au Canada. Ses véritables premières armes, il les a effectuées à la direction de l'international et de la trésorerie de l'Union togolaise de banque (UTB) en tant que responsable du lancement du produit Western Union et du suivi du projet de marché financier régional de l'UEMOA. Dès 1997, il est devenu l'assistant du président du conseil d'administration de la BRVM et a participé à la dernière phase de création de cette Bourse.

Edoh Kossi Amenounve s'est ensuite consacré à ses propres projets et a lancé la Société de gestion et d'intermédiation du Togo (SGI-Togo). Via cette structure, il a été l'artisan des premières opérations de marché dans son pays, avec la cession des parts de l'État dans Togogaz (filiale du groupe Air Liquide) et la structuration des emprunts obligataires de Cimtogo, Togo Cellulaire ou encore Mobil Oil Togo.

Mais le défi qui l'attend est plus grand et sans doute plus ardu. Si la plupart des patrons de sociétés d'intermédiation lui reconnaissent d'avoir conduit avec succès plusieurs réformes réglementaires, ils se demandent s'il saura donner un nouveau souffle à la BRVM, une Place qui, près de quinze ans après sa création, peine encore à décoller.

Il devra pour cela créer un cadre plus incitatif afin d'attirer plus d'entreprises : seules 38 sont cotées sur ce marché couvrant huit pays. Selon les analystes, les coûts d'accès à la cote, parfois deux fois plus élevés que ceux des autres Places africaines, sont dissuasifs. « Nous allons travailler sur ces coûts et ferons en sorte que leur baisse soit compensée par une hausse du volume », affirme Amenounve, qui entend aussi mettre l'accent sur la promotion de la Place au niveau international. 


jeudi, 26 juillet 2012

Finances

Exclusif : la BRVM change de tête

Mardi, 24 Juillet 2012 16:01. Par Frédéric Maury

Le prochain directeur général de la BRVM sera soit un directeur général de banque soit un technicien du droit. © Reuters

Le prochain directeur général de la BRVM sera soit un directeur général de banque soit un technicien du droit. © Reuters

Réuni à Dakar le 23 juillet, le conseil d'administration de la BRVM a révoqué Jean-Paul Gillet, qui dirigeait la bourse régionale depuis plus d'une décennie. Un directeur général par intérim a été nommé.

Mis à jour le 24/07/12 à 18h00CET. Montant réclamé par Ecobank est de 1 milliard de F CFA.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a changé de tête : selon nos informations, Jean-Paul Gillet, directeur général de l'institution depuis 12 ans, a été révoqué hier (23 juillet) par le conseil d'administration de la BRVM. Abdelkader N'Diaye, jusqu'ici secrétaire général, a été nommé directeur général par intérim. La recherche d'un nouveau patron qui avait été initiée par le passé a été réactivée afin de trouver un nouveau visage pour la place financière de l'UEMOA. Deux profils sont visés : un directeur général de banque ou un technicien du droit des affaires. Mis en cause pour l'absence de dynamisme de la BRVM, Jean-Paul Gillet a été révoqué pour un tout autre motif.

Conflit entre Ecobank et le dépositaire central

Le directeur général a en effet fait les frais d'un conflit entre Ecobank et le dépositaire central (DC/BR) de la BRVM au sujet d'opérations ayant eu lieu en pleine crise ivoirienne. Ecobank réclamerait 1 milliards de F CFA au dépositaire central. En attendant la résolution du conflit, les comptes financiers de la BRVM n'ont pas pu être validés dans les délais légaux requis. Et Jean-Paul Gillet en a perdu son poste.

La nomination d'un nouveau directeur général devrait être l'occasion de dynamiser la BRVM, où les volumes échangés restent faibles et où les introductions sont rares. Parmi les projets dans les cartons, celui de la création d'un compartiment pour les PME.