mardi, 17 juillet 2012

Politique

Tchad - Idriss Déby Itno : "J'ai trop longtemps prêché dans le désert"

17/07/2012 à 12h:55 Par Jeune Afrique

Couverture J.A. n°2688 Couverture J.A. n°2688 © Vincent Fournier pour J.A.

Crise malienne, situation en Libye, sommet de l'Union africaine, politique intérieure, lutte contre la corruption, succession...Au pouvoir depuis vingt et un ans, l'ancien « Comchef » zaghawa est un acteur expérimenté. Avec souvent, des positions tranchées à lire cette semaine dans Jeune Afrique.

« Je ne suis pas né militaire. Bien sûr, je suis entré dans l’armée de l’air par vocation, puis il m’est arrivé de faire la guerre sur le terrain par nécessité, jamais par goût. L’odeur de la poudre ne me dit rien. Ce qui me passionne, ce ne sont pas les armes, c’est le développement. » C’est sur cette courte déclaration en forme de recadrage d’image qu’Idriss Déby Itno, 60ans, a voulu clore l’entretien que François Soudan a eu avec lui le 5 juillet au palais présidentiel de N’Djamena.

Auparavant, l’ancien « comchef » de l’armée tchadienne, ce fils de berger zaghawa né en pleine brousse, avait passé en revue l'actualité du continent. Avec en premier lieu, la crise malienne. « Depuis le début des opérations de l’OTAN en Libye et jusqu’à la chute de Kaddafi, je n’ai cessé de mettre en garde quant aux conséquences non maîtrisées de cette guerre pour les pays de la région. J'ai trop longtemps prêché dans le désert », déclare-t-il. La solution aujourd'hui ? « La gestion actuelle de la crise malienne par la Cedeao seule ne constitue pas une réponse appropriée à la situation. La bonne solution serait de mettre en place une force de l’UA avec appui de l’ONU comme en Somalie et avec l’aide logistique de l’OTAN. » Voilà pour le plan de bataille.

À lire aussi dans Jeune Afrique n°2688

Mali : La comète Modibo Diarra

Beaucoup de déceptions et très peu de résultats pour le Premier ministre en fonction depuis avril dernier. Le pays est toujours au bord du précipice. L’ancien ingénieur de la Nasa découvre une planète pour laquelle il n’est, à l’évidence, pas fait.

AbdesselamAboudrar : "Au Maroc, les bouches s’ouvrent enfin !"

À la tête d’un organe sans pouvoirs, ou presque, sous le gouvernement d’Abbas El Fassi, le président de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) a-t-il une plus grande marge de manoeuvre depuis le 20 Février et la révision constitutionnelle ? L’arrivée d’une nouvelle majorité a-t-elle changé la donne ? Entretien.

Alors que le sommet de l'Union africaine se déroule actuellement à Addis-Abeba, le président tchadien a clarifié sa position dans le face à face qui oppose le Gabonais Ping et la Sud-Africaine Dlamini Zuma pour la présidence de la Commission de l'UA. « Soit nous élirons à le candidat que proposera la SADC, Mme Dlamini Zuma ou un autre, soit si le blocage persiste, les deux candidats en lice se retireront du jeu. »

Autre dossier abordé dans cette interview, les relations avec Paris, et notamment la fermeture de la base militaire française souhaitée en son temps par Alain Juppé, l'ex-ministre des Affaires étrangères. Et aujourd'hui ? « Nous en avions alors pris acte, en précisant qu’il s’agissait là d’une initiative souveraine, à laquelle nous ne voyons aucun inconvénient. Des discussions ont suivi, dont l’unique résultat a été le projet de mise en place d’un comité mixte chargé d’étudier les modalités pratiques de ce retrait. Nous sommes prêts, le moment venu, à les reprendre. »

Enfin, l'après-Déby est-il d'actualité dans la perspective de la prochaine élection présidentielle prévue pour 2016 ? Le chef de l'Etat aura alors 64 ans, dont 26 ans au pouvoir. Réponse de l'intéressé, directe : « Disons que le fait d’être devenu chef de l’Etat à 38 ans ne joue pas en ma faveur. Ne croyez surtout pas que je m’accroche à mon fauteuil, mais 2016, c’est dans quatre ans. J’aurai alors un choix à faire. Il n’est pas encore tranché. »

jeudi, 10 mai 2012

Economie

10/05/2012 à 17h:24 Par Frédéric Bex
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
 
Parmi les participants : Aliko Dangote, Tidjane Thiam, Mostafa Terrab, Issa Redrab...Parmi les participants : Aliko Dangote, Tidjane Thiam, Mostafa Terrab, Issa Redrab... © J.A.



Le Groupe Jeune Afrique et la BAD organisent la première rencontre internationale des dirigeants de grandes entreprises africaines. Rendez-vous à Genève les 20 et 21 novembre prochain.


« Il faut libérer le potentiel économique de l'Afrique », insiste Donald Kaberuka. Le président de la Banque africaine de développement (BAD) est convaincu que le moment est venu. Et de fait, depuis 2001, le continent affiche une croissance de 4,9 % par an en moyenne. L'objectif est bien sûr que cette progression se maintienne au-delà de 2012 et 2013, où l'on prévoit une hausse annuelle du PIB de 6 % et 8 % en Afrique subsaharienne - soit autant que la Chine ou l'Inde, dont les économies ralentissent.


Tirant parti de cette dynamique, les plus grands groupes du continent ont multiplié leur chiffre d'affaires par trois en quinze ans (lire notre hors-série annuel « Les 500 premières entreprises africaines »). De nombreux champions nationaux, voire régionaux, se battent pour conquérir des marchés et créer des emplois. Tous brûlent de passer à la vitesse supérieure. Reste à savoir comment. Car les embûches restent nombreuses. Coût des transports ou de l'énergie, lenteurs administratives, détournements, corruption, marchés morcelés, barrières douanières... L'Afrique est le plus mauvais élève au monde en termes d'environnement des affaires : seuls huit pays du continent figurent dans les cent premiers du classement « Doing Business » de la Banque mondiale, et quinze autres se classent dans les vingt derniers, sur un total de 183 États. En outre, les différents espaces régionaux tardent à prendre leur essor. Conséquence : à taille comparable, une entreprise africaine consacre entre 20 % et 50 % de ses ressources à résoudre des problèmes de tous ordres avant de parvenir au même niveau de productivité qu'une entreprise chinoise !


Emblématique


Organisé par le Groupe Jeune Afrique en collaboration avec la société suisse Rainbow Unlimited et le soutien de la BAD, le « Africa Ceo Forum »* proposera pour la première fois aux PDG venus de tout le continent de débattre de ces questions. Il se tiendra les 20 et 21 novembre prochain à Genève (Suisse) et accueillera près de trois cents chefs d'entreprise, une centaine de banquiers et de financiers ainsi que des responsables politiques de premier plan.


Conçu en concertation avec de nombreux dirigeants d'entreprise, le programme se fixe pour objectif d'examiner les enjeux et les difficultés auxquels sont confrontées les entreprises africaines afin d'élaborer des solutions en liaison avec les pouvoirs publics. Le Forum s'est d'ores et déjà assuré la participation de dirigeants de grandes entreprises : Aliko Dangote, PDG du premier conglomérat industriel du Nigeria ; Jean-Louis Billon, président de Sifca, premier employeur privé en Côte d'Ivoire ; Issad Rebrab, PDG de Cevital, premier groupe privé d'Algérie ; Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP (Maroc), premier exportateur mondial de phosphate, ou Mark Cutifani, qui dirige le groupe minier sud-africain AngloGold Ashanti. Des dirigeants de groupes internationaux emblématiques seront également présents, comme Tidjane Thiam, PDG du groupe d'assurances britannique Prudential, et Sunny Verghese, PDG d'Olam, multinationale de l'agroalimentaire basée à Singapour.

_______

* Voir le site www.theafricaceoforum.com



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Africa CEO Forum : les patrons africains prennent (enfin) la parole | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 

lundi, 18 octobre 2010

Éditorial

Cinquante ans


18/10/2010 à 11h:10 Par Marwane Ben Yahmed

Ça y est ! Le 17 octobre, dans la foulée des célébrations marquant le cinquantième anniversaire de l’indépendance de dix-sept pays du continent, Jeune Afrique fête ses 50 ans. Sans tambour ni trompette, comme vous le constaterez à la lecture de ce numéro « normal ». Nous avons en effet fait le choix d’y revenir dans notre prochain numéro, qui sortira le 24 octobre.

À anniversaire particulier, traitement particulier : quoi de mieux qu’un numéro double, en vente deux semaines, pour célébrer dignement, sur plus de cinquante pages, un demi-siècle d’aventures, de passion et d’engagement ? Un numéro collector, en somme, dans lequel vous pourrez lire une grande interview de Béchir Ben Yahmed, le fondateur et patron de J.A., qui s’est longuement confié à Christophe Boisbouvier et revient sur le destin exceptionnel de cette publication sans équivalent : un seul hebdomadaire pour un seul continent, du nord au sud.

Cet anniversaire est aussi, et surtout, celui de ceux qui ont fait le succès de Jeune Afrique. Si, contre vents et marées, il a traversé les décennies, c’est parce qu’un grand nombre d’Africains, mais pas seulement, ont cru en lui et, semaine après semaine, l’ont lu, quoi qu’il leur en ait coûté. Vous pourrez donc, aussi, découvrir les témoignages de ces lecteurs, jeunes ou anciens – certains lisent J.A. depuis le premier numéro ! –, illustres ou anonymes, venus des quatre coins de la planète pour nous conter, souvent avec émotion, non sans esprit critique, parfois, mais toujours avec pertinence, le lien qui les unit à leur journal. Témoignages originaux, savoureux, décalés, dépourvus – c’est le moins que l’on puisse dire ! – de flagornerie et truffés de surprises.

Dernier ingrédient de ce numéro anniversaire : une sélection des cinquante couvertures de J.A. qui ont marqué son histoire comme celle du continent. Une histoire faite de larmes et de rires, de sang et d’espoirs, de combats et de découvertes… Sans attendre la sortie de ce numéro spécial, vous pouvez d’ores et déjà retrouver un résumé de l’histoire de votre hebdomadaire sur notre site internet jeuneafrique.com.

Tous nos voeux et joyeux anniversaire à tous. L’aventure continue !