samedi, 19 décembre 2009
Liban : Saad Hariri se rend en Syrie
LEMONDE.FR | 19.12.09
Le premier ministre libanais Saad Hariri doit effectuer une visite en Syrie, samedi 19 décembre, la première depuis son entrée en fonctions, et s'entretenir avec le président Bachar al-Assad des relations entre les deux pays, a annoncé son bureau.
REUTERS/JAMAL SAIDI
Saad Hariri, le nouveau premier ministre libanais, le 11 novembre à Beyrouth.
Le 8 décembre, lors d'un discours devant le Parlement pour obtenir un vote de confiance pour son gouvernement, M. Hariri avait indiqué que son gouvernement allait œuvrer pour améliorer les relations avec la Syrie, tendues depuis l'assassinat de son père Rafic Hariri en 2005.
Depuis qu'il a été propulsé dans l'arène politique après l'assassinat en février 2005 de son père, Saad Hariri n'a jamais eu de contacts officiels avec le régime de Bachar al-Assad.
Surtout, il a plusieurs fois accusé le voisin syrien d'avoir commandité cet assassinat survenu à Beyrouth lors de la tutelle syrienne, qu'il a qualifié de "meurtre politique". La coalition de Saad Hariri, soutenu par l'Occident et l'Arabie saoudite, a remporté les législatives de juin 2009, face à la coalition du 8 mars, menée par le Hezbollah et l'ex-général chrétien Michel Aoun.
Mais le nouveau premier ministre a mis plus de quatre mois à former un gouvernement d'union nationale, après d'interminables négociations entre partis politiques. Le poids des influences extérieures, notamment la Syrie et l'Arabie Saoudite, a été déterminant dans les pourparlers pour la formation du gouvernement.
La Syrie a exercé une tutelle sur le Liban pendant près de 30 ans, mais a été contrainte d'en retirer ses troupes en avril 2005 deux mois après l'assassinat de Rafic Hariri. Damas, mis en cause dans ce meurtre par deux rapports d'enquête de l'ONU, a toujours nié toute implication.
La visite de Saad Hariri succède à l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.
11:20 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, saad hariri, syrie
vendredi, 18 décembre 2009
Des dizaines de disparus après un naufrage au large du Liban
Un navire battant pavillon panaméen, le Danny II, a chaviré jeudi 17 décembre vers 17H30 Temps universel (19h30 heure locale) au large de la côte nord du Liban. Les services de secours libanais et des casques bleus de la Finul tentent toujours de retrouver des rescapés. Le capitaine britannique du navire est décédé dans le naufrage, selon le témoignage d'un membre d'équipage rescapé recueilli par les sauveteurs.
Avec notre correspondante à Beyrouth, Diane Galliot
Ce cargo uruguayen , le Danny II , battant pavillon panaméen a fait naufrage jeudi soir dans une violente tempête au large du port de Tripoli, au nord du Liban à environ 11 milles nautiques des cotes. Le bâtiment se serait renversé dans les vagues.
Il se dirigeait vers Tartous en Syrie et transportait du bétail. Apparemment il y avait entre 70 et 80 marins à son bord, selon les sources. Ce qui est un équipage particulièrement important pour un cargo.
Des bâtiments de la Finul maritime, les Forces de maintien de la paix de l’ONU, et ceux de la marine libanaise se sont aussitôt rendus sur place pour tenter de secourir les naufragés, mais les conditions météos étaient extrêmement difficiles.
Les dépressions se succèdent sur la région depuis déjà plusieurs jours. Il y a tout juste une semaine, plus au sud, un cargo togolais avait fait naufrage au large de Naqoura, près de la frontière israélienne. Sur 12 marins, 6 seulement avaient pu être sauvés.
11:29 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, syrie, uruguay
mercredi, 02 décembre 2009
Beyrouth by night
Soirée au Beyond the Green Door, un des clubs branchés de la capitale libanaise© Sipa
Restaurants, terrasses de café, bars de jazz, boîtes de nuit, casinos... Feutrée ou torride, mondaine ou populaire, l’ambiance est garantie dans la capitale nocturne du bassin euro-méditerranéen. Visite guidée.
« Comparer Beyrouth by night à Marrakech, c’est comme comparer Paris à Limoges. » Mon guide libanais, chrétien orthodoxe, a une expérience franco-marocaine et l’assurance nationaliste. Sa ville natale, son Beyrouth, c’est la capitale nocturne du bassin euro-méditerranéen. Le tour de chauffe commence rue Gemmayzeh, au Bar Louie. Une scène internationale de jazz et de blues où se sont produits Steve Philips, Nicole Mitchell ou encore Jack Gregg. Musique acoustique, décor chaleureux, barman professionnel et volutes de fumée : bienvenue dans les années 1950 et l’authentique ambiance club. Dehors, la rue s’anime d’un autre concert : celui des klaxons dont la maîtrise doit être enseignée dans les écoles de conduite libanaises. Petit détour par la place de l’Étoile, dans le centre-ville historique, près de la place des Martyrs, dont la rénovation a été confiée à la très puissante société Solidere, fondée par feu Rafic Hariri. Lardées de terrasses, les rues piétonnes aux façades clinquantes ont remplacé les derniers vestiges de l’architecture coloniale qui avaient survécu à la guerre. Des femmes voilées, venues d’Arabie saoudite ou du Golfe, papotent en buvant du Diet Pepsi, pendant que les hommes tirent goulûment sur des narguilés d’où s’exhalent d’entêtants parfums sucrés. Au même titre que les cendriers, les fèves ou les mezzes, la pipe à eau est omniprésente sur les tables en plein air.
22 h 30, retour à Gemmayzeh. Lamborghini, Ferrari, Aston Martin, Bentley et 4x4 allemands roulent pare-chocs contre pare-chocs. Andreas, le patron allemand du Torino Bar, est de mauvaise humeur. Son établissement, considéré comme la base de départ de tous les authentiques noctambules beyrouthins, est, ce soir, infesté de touristes. « Non, ici ce n’est pas un Disneyland », peste-t-il, quand on évoque la réputation nocturne de sa ville. Dehors, sur le trottoir, trois soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban en uniforme et en goguette jettent un œil. Trop de monde au Torino, ils se rabattent en formation serrée sur un bar plus discret et commandent des Almaza, la bière nationale. Même fardée des paillettes de la nuit, la menace d’un nouvel embrasement militaire s’invite dans toutes les conversations. Il est temps de manger. À La Piazza, dans le quartier chrétien d’Echrafiyeh, un décor toscan tout droit sorti de Cinecitta nous accueille. Dans les assiettes, des fettucine alla vongole, et, sur scène, Francis Eliya, « le célèbre ténor libanais », dévore Verdi. « Tous les soirs, ici, c’est Bayreuth à Beyrouth », lance une quinquagénaire vêtue et maquillée comme si elle était au Palais Garnier.
Night-clubs très spéciaux
Collision des mondes et des civilisations. Une mobylette pétaradante avec homme barbu, femme voilée et garçonnet hilare accroché au guidon manque de renverser notre amie mondaine au sortir du restaurant. Elle ouvre la porte de son Audi Q7 : « Il faut que vous nous rejoigniez au Casino du Liban, salle des Ambassadeurs. » C’est plus une convocation qu’une invitation. Nouveaux embouteillages sur la corniche, mais l’ambiance n’est pas celle d’un périphérique. Les autoradios hurlent à enceintes déployées. Seules les motos à l’échappement débridé et aux pilotes échevelés, car sans casque, parviennent à faire respecter leur capital de décibels. Pas de radars ni d’alcootests, l’autoroute du nord à huit voies, qui dessert également Damas, a des allures de circuit de grand prix. Après un crochet par Byblos, le port phénicien millénaire reconverti en Saint-Tropez du Levant, l’arrivée au Casino du Liban est digne d’un des meilleurs James Bond. Perché au-dessus de la baie de Maalmetein, à 15 km de Beyrouth, l’établissement fête cette année son demi-siècle d’existence. L’escalier monumental, coiffé d’un tapis rouge, est emprunté tous les soirs par les élégantes de tout le Moyen-Orient au bras de leurs fortunés compagnons. Pour ces messieurs, qui ont laissé les clefs de leur limousine au « valet » – le voiturier en livrée –, le cigare est de rigueur.
Au bar panoramique, le pianiste caresse les touches de son Steinway, et les bouchons de champagne fournissent les percussions. Avec le personnel, l’anglais est de mise, mais les inscriptions restent en français. Dans la gigantesque salle des machines à sous, impossible de converser : le crépitement des pièces est assourdissant. Un septuagénaire s’est endormi sur la selle de son bandit manchot, c’est sa compagne qui, assise à la machine voisine, presse distraitement le bouton clignotant du jackpot tout en scrutant son propre écran. L’ambiance est plus feutrée au Cercle d’or, le restaurant cercle de jeux ou à la Martingale, qui passe pour être une des meilleures tables du Liban.
Minuit. En contrebas du casino, sur la corniche, les néons crépitent. Les « super night-clubs » accueillent leurs premiers clients. Ces établissements, également implantés dans le centre de Beyrouth, s’identifient comme « super » car ils sont la plaque tournante de la prostitution au pays du Cèdre. Dans la centaine d’établissements spécialisés que compte le pays, le décor est à peu près le même : sur la piste de jeunes femmes blondes très légèrement vêtues se trémoussent à tour de rôle. Les clients observent, sirotent des verres à 20 dollars ou des bouteilles à 300 dollars et, quand leur choix est arrêté, ils font signe au serveur pour inviter une « artiste » à leur table. Ukrainiennes, Moldaves, Roumaines proposent leur prestation pour 100 à 300 dollars, mais uniquement le lendemain à l’hôtel. Sortir accompagné d’une « artiste » d’un super night-club, « c’est interdit, parce que c’est la loi », explique un serveur du Voodoo, dont l’enseigne rouge clignote entre deux immeubles en construction. Pour « être plus efficace » dans son rôle d’entremetteur, ce serveur utilise un pointeur laser pour interpeller les danseuses et leur désigner leur probable partenaire du lendemain.
« Le meilleur est pour la fin »
L’heure tourne, les muezzins lancent le premier appel à la prière, mais si les mosquées drainent les fidèles des banlieues populaires, la nuit ne s’arrête jamais à Beyrouth. Les fêtards les moins fortunés se retrouvent au Barbare pour avaler un sandwich de grillades, tandis que les autres peuvent commencer leur after dans un sky bar, comme le très tendance White, qui occupe 1 000 m2 d’une terrasse dominant la place des Martyrs et la corniche de Beyrouth. Mon noctambule de guide ne veut pas se coucher et prétend que « le meilleur est pour la fin ». Il entend m’emmener rue Gouraud au Beyond the Green Door, le club branché de Beyrouth. Nous poussons donc la porte verte pour voir ce qui s’y cache derrière. Rythmes technos, DJ international, cocktails Uranium ou Ahmadinejad, insolentes soirées privées qui tournent le religieux en dérision, minijupes et décolletés pigeonnants : dans le QG de la jeune bourgeoisie francophone, ce sont toutes les frontières de la géopolitique régionale qui sont bousculées, tous les codes qui sont transgressés. C’est bien la nuit, quand le grondement des guerres s’étouffe, que cède le barrage des conventions d’une paix jeune et fragile.
13:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moyen-orient, liban, capitale, fête, casino
jeudi, 12 novembre 2009
Le chef du Hezbollah pour le «dialogue national»
Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a tenu un discours ce mercredi, jour des martyrs pour le parti chiite, au lendemain de la formation du gouvernement libanais. Un discours particulièrement important vu le contexte régional. Il a notamment évoqué la question sensible de l'arsenal militaire de son mouvement.
Avec notre correspondante à Beyrouth, Diane Galliot
Lors d'un discours retransmis sur grand écran devant des centaines de partisans à l'occasion de la « journée des martyrs » du mouvement chiite, le secrétaire général du Hezbollah n’a pas hésité à aborder la question du dialogue national que souhaite entamer le chef de l’Etat le plus rapidement possible. En clair, la question de l’armement du parti chiite, « ce qui veut dire discuter de stratégie de défense nationale », a dit le chef du Hezbollah.
Mais d’emblée, Hassan Nasrallah a posé ses jalons en appelant le gouvernement, « à patienter avant de mettre à l'ordre du jour les grands dossiers pour ne pas aller d'une crise à une autre », faisant référence à l'arsenal de son mouvement, principal point de litige entre la minorité parlementaire menée par le Hezbollah et la majorité du Premier ministre Saad Hariri qui a formé lundi un gouvernement d'union après cinq mois de négociations difficiles entre les deux camps.
Par ailleurs, il fait remarquer que l’élection du président Obama avait soulevé des espoirs dans le monde arabe mais que ces espoirs étaient retombés ces derniers mois, ces dernières semaines. « Nous sommes de nouveau dans une impasse », dit- il. Mais il se félicite du rapprochement entre la Syrie et l’Arabie Saoudite. Il appelle aussi à un rapprochement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et il dit soutenir la Turquie, si la Turquie apporte son soutien aux Palestiniens.
Enfin, est- ce que la question du nucléaire iranien a eu une influence sur la formation tardive du gouvernement libanais? « Non ! C’est ridicule », dit- il, et il affirme que si la formation de ce gouvernement a pris autant de temps, c’est qu’il s’agissait de tractations internes.
Hassan Nasrallah s’est félicité néanmoins de la formation du gouvernement dont il affirme qu’il va servir les intérêts du Liban. Le Hezbollah a, rappelons-le, deux ministres dans ce gouvernement, celui de l’Agriculture et celui des Réformes administratives.
12:06 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, hezbollah
mercredi, 11 novembre 2009
Saad Hariri forme son premier gouvernement
Le Premier ministre, Saad Hariri, a annoncé, lundi soir, la formation d’un gouvernement d’union nationale où siègera la coalition pro-occidentale du 14-Mars aux côtés du Hezbollah et de ses alliés chrétiens. Le Liban vient de sortir d’une crise gouvernementale de plus de quatre mois, qui aurait pu se muer en crise institutionnelle.
De notre correspondant à Beyrouth
Il aura fallu seize semaines de longues tractations et l’intervention de l’Arabie Saoudite et de la Syrie auprès de leurs alliés libanais pour que le gouvernement voit enfin le jour. Saad Hariri devient ainsi, à 39 ans, le Premier ministre du Liban, un poste qu’a occupé pendant treize ans son père Rafic Hariri, assassiné en 2005.
Dans ce gouvernement de 30 membres, la majorité parlementaire - qui dispose de 71 députés sur les 128 que compte la Chambre - détient 15 portefeuilles, l’opposition - 57 députés - obtient 10 ministères et le président de la République 5.
Le déblocage s’est produit après des concessions mutuelles sur le nombre de ministres et les portefeuilles attribués à chaque parti. Mais c’est surtout Saad Hariri et ses alliés, très affaiblis par la décision de Walid Joumblatt de quitter la coalition pro-occidentale du 14-Mars, qui ont été contraints de consentir les plus gros sacrifices. En effet, après la défection du leader druze, les loyalistes, amputés des 11 députés de bloc de Joumblatt, n’étaient majoritaires, au Parlement, qu’en théorie.
Le rapprochement de Walid Joumblatt de la Syrie et du Hezbollah, annoncé avec grand fracas le 2 août, a définitivement barré la route à la formation d’un gouvernement monochrome, composé uniquement de ministres de la majorité. C’était pourtant là le souhait des responsables américains qui ne cessaient de répéter que le nouvel exécutif libanais devait « refléter les résultats des élections législatives » du 7 juin, qui ont vu la victoire du 14-Mars. Cependant, le repositionnement politique de M. Joumblatt a mélangé les cartes.
Hariri a des marges étroites
Dès le départ, Saad Hariri se voit obligé, donc, de composer avec ses ennemis d’hier pour former son premier gouvernement. Il est encouragé dans cette voie par ses mentors saoudiens, qui demandent par ailleurs à la Syrie d’intervenir auprès de ses alliés libanais afin qu’ils facilitent la tâche de leur protégé sunnite. Les démarches de Damas et de Riyad aboutissent à un accord sur la formation d’un gouvernement d’union nationale où Saad Hariri et ses alliés ne détiendraient pas la majorité absolue (16 ministres) et l’opposition pas de minorité de blocage (11 ministres). Une formule de compromis voit le jour. Elle accorde 15 portefeuilles à la majorité, 10 à l’opposition et 5 au président de la République, Michel Sleiman. Avec une nuance : un des ministres du quota présidentiel est nommé après concertations avec la majorité et un autre avec l’opposition.
Toutefois, les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadrice au Liban, Michel Sison, et du secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, critiquent cette formule, qui accorde à l’opposition une belle part et fournit au Hezbollah une légitimité politique et une couverture officielle. Forts de l’intransigeance américaine, les faucons du 14-Mars durcissent le ton et posent des conditions au leader chrétien Michel Aoun, le principal allié du Hezbollah. Ils refusent de lui accorder des maroquins qu’il convoite et d’intégrer au gouvernement son gendre, le ministre sortant des Télécommunications, Gebran Bassil, battu aux dernières législatives.
Devant ce blocage, Saad Hariri renonce, début septembre, à former le gouvernement. Il est cependant reconduit pour une seconde tentative. Un nouveau round de négociations commence. Les deux parties campent sur leurs positions pendant des semaines. En octobre, les relations syro-saoudiennes connaissent une nette amélioration après une visite de Bachar el-Assad à Riyad, suivie, quelques jours plus tard, d’un voyage du roi d’Arabie saoudite en Syrie. Dans un communiqué conjoint, les deux pays, très influents au Liban, appuient la formation d’un gouvernement d’union nationale. Devant l’insistance des autorités saoudiennes, les réticences de Washington, qui craint, malgré tout, que la crise gouvernementale ne déstabilise le Liban, finissent par s’estomper.
Entre-temps, Michel Aoun se laisse convaincre par ses alliés de revoir à la baisse ses revendications. Il accepte de céder un ministère (il en obtiendra 5 au lieu des 6 qu’il réclamait) et de ne pas nommer son gendre aux Télécoms mais à l’Energie. Les derniers obstacles tombent, ouvrant la voie à un gouvernement regroupant toutes les forces politiques du Liban, y compris le Hezbollah qui dispose de deux portefeuilles. Les ministères dits de la « sécurité » (Défense et Intérieur) sont attribués à des proches du chef de l’Etat.
L’avantage de ce gouvernement est qu’il accorde une stabilité politique au Liban. Son inconvénient est qu’aucune décision importante ne pourra être adoptée sans consensus. Dans un tel contexte, le compromis sera nécessaire sur presque tous les dossiers importants, ce qui ne facilitera pas l’adoption de réformes de fond et de grandes décisions politiques.
13:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, saad hariri, gouvernement
jeudi, 05 novembre 2009
Le Hezbollah nie tout lien avec les armes saisies
Le mouvement shiite libanais a repoussé ce jeudi les accusations de Tel Aviv d’être le destinataire de la cargaison d’armes saisie par la marine israélienne.Après les démentis similaires des autorités syriennes et iraniennes.
« Le Hezbollah nie tout lien avec les armes que l’ennemi sioniste prétend avoir extrait du Francop. Il condamne par la même occasion la piraterie israélienne dans les eaux internationales ». C’est par ce simple communiqué que le mouvement chiite libanais a récusé les accusations d’Israël selon lesquelles il était destinataire des quelque trois cents tonnes d’armes saisies mercredi par un commando de la marine israélienne sur un cargo battant pavillon d’Antigua.
Toujours selon l’armée israélienne, ces armes en provenance d’Iran devaient être livrées en Syrie avant d’être transférées par la route au Liban. Pour le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, « cette saisie confirme que l’Iran continue à fournir des armes à des organisations terroristes qui veulent frapper des localités israéliennes et tuer des civils ».
L’Etat hébreu en profite pour exiger de ses alliés occidentaux qu’ils accentuent la pression sur l’Iran accusé de violer la résolution 1701 des Nations unies. Le texte voté après la guerre de l’été 2006 au Liban entre Israël et les miliciens du Hezbollah appelle au désarmement de tous les groupes armés présents au Liban et interdit toute vente d’armes à ces organisations.
Le Hezbollah de son côté revendique le droit de poursuivre la lutte armée contre Israël, estimant que l’Etat hébreu occupe toujours une portion du territoire libanais dans la zone frontalière dite des « fermes de Chebaa ».
Ces dernières semaines plusieurs incidents dont le tir d’une roquette vers le nord d’Israël revendiqué par un groupe islamiste et l’explosion survenue dans le garage d’un militant du Hezbollah sont venus rappeler que la situation sécuritaire restait précaire dans le sud du territoire libanais, bastion du Hezbollah. Fin octobre, Michaël Williams, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban avait d’ailleurs reconnu que « ces trois dernières années, le sud du Liban a connu sa plus longue période de calme depuis des décennies mais les récents incidents pourraient facilement déstabiliser la situation dans la zone et augmenter le risque d’un conflit potentiel ».
Un gouvernement introuvable
Accusé par Israël de se réarmer, le Hezbollah fait également l’objet de vives critiques sur la scène politique libanaise. Le bloc du 14 mars du Premier ministre désigné Saad Hariri accuse en effet la milice chiite de multiplier les obstacles pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. A la fin de l’été, le fils du Premier ministre assassiné avait pourtant martelé «que l’ennemi israélien le veuille ou non, le Hezbollah fera partie du gouvernement ».
A l’époque, le chef du courant majoritaire vainqueur des élections législatives de juin dernier entend prouver l’unité libanaise face aux menaces du Premier ministre israélien. Benjamin Netanyahu avait affirmé que « le gouvernement libanais sera tenu responsable pour toute attaque provenant de son territoire si le Hezbollah fait officiellement partie de ce gouvernement ».
Mais cette volonté d’unité nationale affichée par Saad Hariri ne s’est toujours pas concrétisée par la formation d’un nouveau cabinet. Le Hezbollah, ainsi que son allié chrétien, le général Michel Aoun, continue de réclamer une minorité de blocage. Elle permettrait à la milice chiite d’éviter tout débat sur la question cruciale de son désarmement, exigé par la résolution 1701 de l’ONU.
Parallèlement, l’attribution des portefeuilles ministériels pose également problème. Le général chrétien Michel Aoun exige ainsi le poste de ministre des Télécommunications pour son gendre. Le sujet est sensible car le Hezbollah a accusé à plusieurs reprises la majorité d’utiliser ce ministère pour espionner son propre réseau de communication. Autant dire qu’en dépit des pressions de la communauté internationale, la formation d’un gouvernement libanais devrait prendre encore plusieurs semaines.
20:11 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, israël, iran, hezbollah
Téhéran accusé de fournir des armes au Hezbollah libanais

Israël a déclaré avoir arraisonné ce mercredi au large de ses côtes un navire contenant des centaines de tonnes d'armes provenant d'Iran et destinées au Hezbollah libanais. Téhéran dément catégoriquement. Selon le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, cette découverte serait la preuve du soutien de l'Iran aux organisations terroristes. Le ministre syrien des Affaires étrangères, en visite à Téhéran, a apporté son soutien aux Iraniens.
Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi
Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a démenti les accusations israéliennes selon lesquelles le navire arraisonné par la marine israélienne transporte des armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.
Son homologue syrien Walid Mouallem, qui effectue une visite officielle en Iran, a repris à son compte le démenti iranien lors d’une conférence de presse commune ce mercredi avec Manouchehr Mottaki. Le bateau ne transportait pas d’armes de fabrication iranienne à destination de la Syrie ou du Liban mais des objets de fabrication syrienne destinés au marché intérieur iranien, a déclaré Walid Moualem.
Le numéro deux des Forces navales israéliennes, le contre-amiral Rani Ben-Yehuda, avait affirmé un peu plus tôt que la marine israélienne avait saisi des centaines de tonnes d’armes en provenance d’Iran et destinées au mouvement chiite du Hezbollah.
L’Iran et la Syrie sont les principaux soutiens du Hezbollah mais ils ont toujours démenti fournir des armes au mouvement chiite libanais. Téhéran affirme que son soutien est uniquement moral et politique.
La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies demande le désarmement de toutes les milices du Liban et interdit toute vente d’armes à ces milices.
| La presse israélienne consacre ce matin de nombreuses pages à la capture du navire |
| Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul Le quotidien Haaretz donne un décompte du butin, plus de 3000 roquettes et obus, 300 tonnes d’explosifs de tous genres, 36 containers plein d’armes, plus de 10 000 cartouches de Kalachnikov. « C’est une quantité suffisante, selon le journal Yediot Aharonot, pour un mois pour le Hezbollah en cas d’affrontement avec Israël. » Il ne pouvait pas y avoir de meilleur timing pour Israël, au moment même où les Nations unies examinent le rapport Goldstone sur les exactions israéliennes à Gaza pendant l’opération «plomb durci.» Un seul mot en guise de titre dans Maariv : « Preuve » avec une photo des containers bourrés d’armement. « Ce n’est que la pointe émergé de l’iceberg, affirme l’éditorialiste, c’est une goutte d’eau dans la Méditerranée. Un autre commentateur parle de « succès d’un moment qui démontre un échec prolongé. » Les Israéliens font donc le lien direct entre le débat à l’ONU sur le rapport Goldstone qui doit se poursuivre ce jeudi et les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah. «C’est une absurdité, affirme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en fin de compte, on pointe du doigt Israël.» Israël a l’intention de lancer dès aujourd’hui une vaste campagne médiatique pour exploiter à fond la prise d'armes au large des ses côtes. Article publié le : jeudi 05 novembre 2009 |
10:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, israël, liban, syrie, hezbollah
vendredi, 23 octobre 2009
La tournée de Bernard Kouchner réduite au Liban
Par RFI. Article publié le 23/10/2009
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reporté « pour des problèmes d'organisation » une visite cette semaine en Syrie, en Israël et dans les Territoires palestiniens, ne gardant qu'un déplacement au Liban ce vendredi. Le chef de la diplomatie française s'inquiète du retard pris dans la formation d'un cabinet à Beyrouth.
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, au Liban, le 23 octobre 2009.
(Photo : Reuters)
Avec notre envoyé spécial, Nicolas Falez
La France a débloqué deux millions d’euros pour rénover l’hôpital al-Qods de Gaza. Bernard Kouchner voulait donc se rendre sur place, en cette fin de semaine ; mais la visite a été reportée pour cause de réticence israélienne. L’Etat hébreu aurait notamment préféré que la France vote contre le rapport Goldstone au lieu de s’abstenir, la semaine dernière, à la commission des droits de l’homme de l’ONU.
L’autre étape annulée, c’est celle de Damas. Parmi les raisons de cette annulation, Bernard Kouchner évoque entre autres, la récente arrestation du dissident syrien, Haissam Maleh :
« J’ai pensé, explique le ministre des Affaires étrangères, que l’arrestation du grand combattant des droits de l’homme syrien, il y a quelques jours, n’était pas très favorable à un dialogue constructif. Et puis, surtout, j’ai constaté que les Syriens ne voulaient pas signer l’accord de partenariat avec l’Union européenne, donc j’ai pensé que de toute façon, c’était mieux de se voir dans quelques jours ; ce que nous ferons. »
Reste donc le Liban, où le ministre français des Affaires Etrangères vient ce vendredi encourager la formation d’un gouvernement introuvable, après les législatives de juin, laissant entendre que davantage de retard pourrait avoir des répercussions négatives sur la sécurité du pays.
| « Le Liban a besoin d’un gouvernement » |
|
|
17:43 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : proche-orient, france, bernard kouchner, liban
jeudi, 22 octobre 2009
Salon du livre francophone : Beyrouth accueille 150 écrivains
Par Paul Khalifeh (rfi.fr). Article publié le 22/10/2009
Lectures, rencontres, débats... La capitale libanaise accueille, du 23 octobre au 1er novembre, la 16e édition du Salon du livre francophone. Cent cinquante auteurs francophones venus du monde entier et quelque 100 000 visiteurs sont attendus à cette importante manifestation culturelle.
Créé en 1992 à l’initiative de l’ambassade de France au Liban, le Salon du livre francophone de Beyrouth est très vite devenu le rendez-vous littéraire et culturel le plus attendu du pays et le troisième plus important salon international après ceux de Paris et de Montréal.
Invitée d'honneur, la région Ile-de-France
De par le nombre et la renommée des auteurs invités, la diversité des activités qui sont organisées et les prix qui sont décernés, cette 16e édition sera d’une ampleur exceptionnelle. Parmi les auteurs attendus figurent le prix Nobel 2008 de littérature, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Didier Decoin, Patrick Poivre d’Arvor, Gilles Leroy, le célèbre poète syrien Adonis, l’essayiste et historien libanais Georges Corm, et des dizaines d’autres écrivains, poètes, journalistes et photojournalistes, venus des quatre coins du monde. En plus de la signature de leurs ouvrages, ces auteurs animeront et participeront à des débats d’idées s’articulant autour des thèmes les plus variés.
Pour la deuxième année consécutive, le Salon qui se tient au Biel, dans le centre-ville, est organisé par le Syndicat libanais des importateurs de livres en partenariat avec la mission culturelle de l’ambassade de France, avec pour invité d’honneur la Région Ile-de-France. Il est en grande partie financé par des sponsors privés. Le Salon accorde néanmoins une attention très particulière aux éditeurs du sud regroupés au sein du Pavillon du Sud, qui propose une librairie de plus de 2 500 titres en langue française.
Une quinzaine d’auteurs francophones originaires des différentes régions du monde participeront à des lectures et débats, avec en clôture la remise du Prix des Cinq continents. Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ce prix récompense le roman d’un écrivain témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française. Attribué cette année à l’écrivain togolais résidant en France, Kossi Efoui, pour son ouvrage Solo d’un revenant, il lui sera remis à l'occasion de ce salon.
Le Prix Phénix sera quant à lui décerné le 1er novembre. Créé en 1996, il est attribué à une œuvre littéraire écrite en français par un Libanais ou par un écrivain francophone ayant choisi d’écrire sur le Liban. Des auteurs aussi prestigieux que Ghassan Salamé, Georges Corm ou le journaliste Samir Kassir, assassiné en 2005, ont reçu ce prix au cours de ces treize dernières années.
L’opération Ulysse 2009
Le clou du salon reste cependant l’opération Ulysse 2009, ce voyage littéraire en Méditerranée, initié par Daniel Rondeau, ambassadeur de France à Malte. « Nous entendons célébrer quelques figures essentielles qui, par leurs voyages, leurs talents, leurs rayonnements intellectuels ou spirituels, ont fécondé les deux rives et fortifiés nos identités respectives », explique Daniel Rondeau. Parmi ces personnalités, on retrouve Louis Massignon, Albert Camus, Naguib Mahfouz, Victor Hugo, Flaubert, Rimbaud, Saint-Exupéry et Chateaubriand.
La capitale libanaise est la dernière étape de ce périple littéraire en Méditerranée. Les écrivains qui voyagent à bord de La Meuse, un pétrolier-ravitailleur de la marine nationale française arrivé ce mercredi soir à Beyrouth, donneront des conférences et participeront à des débats autour des figurent qu’ils souhaitent célébrer.
Les Schtroumpfs fêtent leurs 50 ans
Autre événement important de cette 16e édition, les activités organisées à l’occasion du cinquantenaire des Schtroumpfs au stand de la communauté Wallonie-Bruxelles. Une exposition racontant la genèse de ces personnages de bandes dessinées sera ouverte au public dès le premier jour.
Le Salon du livre francophone coïncide cette année avec un autre événement de taille. Beyrouth a en effet été désignée « Capitale mondiale du livre » en 2009-2010 par l’Unesco, pour « son implication en matière de diversité culturelle, de dialogue et de tolérance ».
La synergie entre ces deux grandes manifestations aidera sans doute les organisateurs du salon à gagner leur pari : dépasser la barre des 100 000 visiteurs.
18:48 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, salon du livre francophone, liban, beyrouth
lundi, 19 octobre 2009
Omaïs et Fakhry : deux familles qui ont réussi
« Ta patrie est là où tu réussis. » Ce dicton libanais illustre parfaitement l’épopée de quelques grandes familles libanaises installées en Côte d’Ivoire depuis trois générations. Les Omaïs ont été les pionniers dans l’industrie plastique (Sotici, créée en 1972) et dans l’hôtellerie (Hôtel Tiama). Ils sont également parmi les représentants officiels de la communauté libanaise en Côte d’Ivoire, à travers le chef de famille Fouad Omaïs, membre du Conseil économique et social. La famille Fakhry, installée depuis environ cent ans, a des activités dans le commerce du textile (Wrangler), la grande distribution (Trade Center), les hôpitaux (Polyclinique internationale de l’Indenie) et l’hôtellerie (Ivotel). « Notre priorité est la diversification », explique Abdul Fakhry, la cinquantaine, qui incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs sans complexe. De quoi menacer des positions acquises ? Certainement. Et des exemples le prouvent. C’est ainsi que les Galeries Peyrissac d’Abidjan, dont le siège était en France, ont été rachetées en 2007 par le groupe Yeshi (distribution, industrie, services…), créé en 1979 par Abdul Hussein Beidoun à Abidjan. Le temps des comptoirs coloniaux est révolu. Les grandes familles libanaises sont à la tête de véritables conglomérats.
18:56 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, diaspora, liban, fouad omaïs, conglomérat







