lundi, 28 décembre 2009

La Ligue 1 pillée par la CAN 2010

Par RFI



Gyan, Gervinho, Bamogo, Taiwo, Sessegnon et Makoun quitteront la L1 pour la CAN 2010 (de gauche à droite et de haut en bas).
Reuters/AFP/Montage RFI



Par David Kalfa


Une cinquantaine de joueurs africains vont quitter le championnat de France pour participer à la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2010) qui se déroulera du 10 au 31 janvier en Angola. Au grand dam des entraîneurs et dirigeants de Ligue 1 qui réclament des changements (première partie).


« Certains matches du championnat de France sont reportés parce que deux ou trois joueurs sont atteints par le virus de la grippe A. Moi, je devrai faire sans une dizaine de joueurs partis en Afrique, frappés par l’épidémie de la sélection. » Didier Ollé-Nicole a le sens de l’humour. Pourtant, l’entraîneur de l’OGC Nice n’a pas matière à rire avec la Coupe d’Afrique des nations (CAN). L’édition 2010 qui se déroulera du 10 au 31 janvier en Angola devrait le priver d’un tiers, voire de la moitié de son effectif. Onze Niçois sont potentiellement concernés par la CAN 2010. Une situation exceptionnelle, propre à la Ligue 1 (L1).


CAN 2010 : un joueur de Ligue 1 sur sept concerné

La L1 compte, de très loin, le plus fort contingent de footballeurs nés en Afrique ou nés en Europe mais qui ont choisi de défendre les couleurs du pays d’origine de leurs parents. En 2008, ils étaient 59 de L1, Ligue 2 et National (la 3e division) confondus à être partis au Ghana. En 2010, ils seront encore plus nombreux à rallier l’Angola. Sur les quelques 540 joueurs évoluant en première division (source LFP), 140 sont « Africains » (1). Parmi ceux-ci, 80 sont convocables par une des 16 équipes qualifiées pour la CAN. Soit près d’un joueur de L1 sur sept.


Les intéressés devront être libérés par leurs clubs au plus tard et sauf arrangement contraire, le 27 décembre. Tous manqueront la 20eer Tour rateront également la 21e (20 janvier), voire la 22e (30/01). Ajouté aux 32es de finale de la Coupe de France (9 et 10/01), aux 8es de finale de la Coupe de la Ligue (12 et 13/01), voire aux quarts (26 et 27/01), ça fait beaucoup. Trop aux yeux de Pablo Correa, l’entraîneur de Nancy, lassé que la trêve hivernale soit perturbée tous les deux ans et qui réclame un report en juin (voir par ailleurs) : « Il faut faire quelque chose. La France est le seul pays à être touché comme ça. Seuls les clubs et les joueurs peuvent mettre un terme à cette situation car la FIFA ne fera rien. Il y a des textes et des accords. » journée programmée le 16 janvier. Ceux dont les équipes franchiront le 1


Le Sénégal et le Maroc éliminés, la France respire

Si plus personne n’ose minimiser l'importance de la CAN, le temps des larmes de crocodiles n'est pas révolu. Les clubs savent pourtant à quoi ils s’exposent en engageant un joueur africain et s’adaptent. « On avait prévu un groupe en conséquence, souligne Pablo Correa. Et puis la non-qualification du Maroc nous laisse un peu de marge ».


L’élimination du Sénégal, puis celles de la Guinée et du Maroc ont été un soulagement pour les équipes hexagonales. L’Olympique de Marseille (OM) pourra ainsi garder ses Sénégalais Mamadou Niang, Souleymane Diawara et Edouard Cissé. Même bénéfice pour l'AS Nancy-Lorraine avec ses Marocains. « C’est sûr que notre raté avec le Maroc arrange les dirigeants, s’amuse l’attaquant Youssouf Hadji. On aurait pu être trois de plus à partir en Angola avec Abdeslam Ouaddou et Mickaël Chrétien ». Ils ne devraient être que trois à quitter l’ASNL : Paul Alo’o Efoulou (Cameroun), John Floyd Ayité (Togo) et Bakaye Traoré (Mali).


Des Fédérations africaines plus offensives

Pour certains, cette CAN 2010 sera une première à plus d’un titre. Le Franco-Burkinabé Habib Bamogo va ainsi découvrir à 27 ans les plaisirs d’un grand tournoi. Le Niçois a joué en équipe de France Espoirs avant de rejoindre les Etalons. Ce choix a été rendu possible par la réforme de l’article 18 du règlement d'application des statuts de la FIFA. En juin 2009, la limite d’âge pour le changement de nationalité, fixée à 21 ans, a été supprimée. Désormais, tout joueur vierge de sélection en A peut choisir son équipe nationale à n'importe quel âge.

 

Une révolution qui effraie les clubs car certaines fédérations africaines démarchent désormais leurs binationaux. Même les plus jeunes souligne Didier Ollé-Nicolle : « J’ai un ‘petit’ de 18 ans, Serge Nyuiadzi. Je l’ai lancé une ou deux fois comme remplaçant. Et bien, il m’a dit qu’il pourrait être convoqué par le Togo. Il a des origines togolaises certes, mais elles sont lointaines et il a évolué avec l’équipe de France des moins de 18 ans. […] On parle d’un gamin qui n’a jamais foulé une pelouse de L1 mais qui pourrait faire une CAN ! Voilà le genre d’aberrations que peut engendrer ce type de compétition ! »


Jouer une CAN : un privilège autant qu’un risque

Le Niçois Emerse Faé.
AFP

De fait, disputer une CAN est devenu un challenge prestigieux. Reste que tous les joueurs ne s'y précipitent pas forcément. Car un départ en plein championnat n’est pas sans danger comme le révèle l’Ivoirien de Nice, Emerse Faé : « La CAN, ça peut être pénalisant car on quitte son club titulaire et on peut perdre sa place entre temps. En un mois, un remplaçant a le temps de s’imposer. » Faé pourrait ainsi perdre du terrain à Nice, comme ses coéquipiers Habib Bamogo et Chaouki Ben Saada, eux aussi en partance pour l'Angola. Le Tunisien accepte tout à fait le revers de la médaille : « Si l’équipe tourne bien en notre absence, c’est difficile de bouger les joueurs qui ont pris place. C’est logique. On appelle ça la concurrence. »

 

Participer à une Coupe d’Afrique des nations est donc devenu un bel enjeu qui vaut bien quelques risques. Reste que les clubs de Ligue 1 n’aimeraient pas avoir à en partager les conséquences avec leurs joueurs africains.




Une CAN en juin ? Pas si simple.

 

Le débat sur une CAN jouée en juin prend de l’ampleur d’édition en édition. Ce changement de mois arrangerait évidemment les clubs européens qui le réclament à cor et à cri. En 2008, le président de la FIFA, Joseph Blatter, estimait qu’une réforme devrait avoir lieu dès l’édition 2016. Il s’était fait renvoyer dans les cordes par Issa Hayatou. Le président de la Confédération africaine est favorable à des CAN les années impaires, pour ne pas surcharger un calendrier comprenant déjà des phases finales de Mondial et d’Euro.

En revanche, pas question de jouer en juin, en pleine saison des pluies en Afrique de l’Ouest. Durant cette période, il pleut de matière quasi-continue du Sénégal au aux pays du sud du Golfe de Guinée et de matière intermittente mais violente dans la région du Sahel. Jean-Luc Redelsperger, climatologue et directeur de recherches au CNRS, estime ce climat peu compatible avec une CAN : « Ce serait compliqué à gérer. Il y aurait des matches reportés. Certains pays parviennent à surmonter ce type de difficultés. La Chine a bien organisé les Jeux olympiques 2008 en pleine mousson. Mais tout ceci nécessite un système de prévisions des pluies performants et une organisation complexe. »

Le genre de moyens dont ne dispose pas les pays susceptibles d’accueillir une CAN. La jouer en juin reviendrait à priver d’organisation le Ghana, le Cameroun, le Nigeria ou la Côte d’ Ivoire. Quatre pays qualifiés pour le Mondial 2010 et qui ont remporté 11 des 26 Coupes d’Afrique des nations.


Tous les Africains de la Ligue 1 2009-2010


A.J. AUXERRE

Prénom Nom Pays Poste Né en
Moriké KONE MLI Défenseur 1990
Oxence MBANI CGO Defenseur 1987
Amadou SIDIBE MLI Défenseur 1986
Issa BA SEN Milieu 1981
Kamel CHAFNI MAR Milieu 1982
Delvin NDINGA CGO Milieu 1988
Alain TRAORE BFO Attaquant 1988

F.C. GIRONDINS DE BORDEAUX
Prénom Nom Pays Poste Né en
Abdou TRAORE MLI Milieu 1988
Marouane CHAMAKH MAR Attaquant 1984

U.S. BOULOGNE CÔTE D'OPALE
Prénom Nom Pays Poste Né en
Ibrahim KONE CIV Gardien 1989
Olubayo ADEFEMI NIG Défenseur 1985
Baky SOUMARE MLI Défenseur 1985
Ovidi KARURU ZIM Milieu 1989
Alain Mosely N'KONG CMR Milieu 1979
Zargo TOURE SEN Milieu 1989
Narcisse BONAN CIV Attaquant 1984
Mame N'DIAYE SEN Attaquant 1986
Ibrahima SANE SEN Attaquant 1989

GRENOBLE FOOT 38
Prénom Nom Pays Poste Né en
David JEMMALI TUN Défenseur 1974
Sofiane FEGHOULI FRA/ALG Milieu 1989
Alaixys ROMAO TOG Milieu 1984
Nassim AKROUR ALG Attaquant 1974
Pierre BOYA CMR Attaquant 1984

LE MANS UNION CLUB 72
Prénom Nom Pays Poste Né en
Didier OVONO GAB Gardien 1983
Essom BAYI DOMINIQUE CMR Défenseur 1989
Saber BEN FREJ TUN Défenseur 1979
Ibrahima CAMARA GUI Défenseur 1985
Mekeme Ladji ZITO CIV Défenseur 1985
Mathieu DOSSEVI FRA/TOG Milieu 1988
Alphousseyni KEITA MLI Milieu 1985
Valentin NKWELLE CMR Milieu 1986
Idrissa SYLLA GUI Milieu 1990
Badara SENE SEN Milieu 1984
Patrick EKENG EKENG CMR Attaquant 1990

RACING CLUB DE LENS
Prénom Nom Pays Poste Né en
Hamdi KASRAOUI TUN Gardien 1983
Eric CHELLE FRA/MLI Défenseur 1977
Issam EL ADOUA MAR Défenseur 1986
Alaeddine YAHIA TUN Défenseur 1981
Kanga AKALE CIV Milieu 1981
Razak BOUKARI FRA/TOG Milieu 1987
Samba SOW MLI Milieu 1989
Issam JEMAA TUN Attaquant 1984

LOSC LILLE METROPOLE
Prénom Nom Pays Poste Né en
Barel Morial MOUKO CGO Gardien 1979
Pape N'Diaye SOUARE SEN Défenseur 1990
Aurélien CHEDJOU CMR Milieu 1985
Gervais Yao Kouassi GERVINHO CIV Milieu 1987
Pierre-Emerick AUBAMEYANG GAB Attaquant 1989
Larsen TOURE GUI Attaquant 1984

FC LORIENT-BRETAGNE SUD
Prénom Nom Pays Poste Né en
Namaie MENDY FRA/SEN Défenseur 1989
Rafik BOUDERBAL FRA/ALG Milieu 1987
Yazid MANSOURI ALG Milieu 1978
Yaya DIANE FRA/GUI Attaquant 1989
Sigamary DIARRA FRA/MLI Attaquant 1984

OLYMPIQUE LYONNAIS
Prénom Nom Pays Poste Né en
Aly CISSOKHO FRA/SEN Défenseur 1987
Lamine GASSAMA FRA/SEN/GUI Défenseur 1989
Ousmane N'DIAYE FRA/SEN Défenseur 1991
Saïd MEHAMHA FRA/ALG Milieu 1990
Jean II MAKOUN CMR Milieu 1983
Ishak BELFODIL FRA/ALG Attaquant 1992
Yannis TAFER FRA/ALG Attaquant 1991

OLYMPIQUE DE MARSEILLE
Prénom Nom Pays Poste Né en
Souleymane DIAWARA SEN Défenseur 1978
Charley FOMEN CMR Défenseur 1989
Pape Daouda M'BOW FRA/SEN Défenseur 1988
Charles KABORE BFO Défenseur 1988
Taye TAIWO NIG Défenseur 1985
Stéphane MBIA CMR Milieu 1986
Bakari KONE CIV Attaquant 1981
Mamadou NIANG SEN Attaquant 1979

A.S. MONACO FOOTBALL CLUB

Prénom Nom Pays Poste Né en
Igor LOLO CIV Défenseur 1982
Cédric MONGONGU FRA/RDC Défenseur 1989
Nicolas NKOULOU CMR Défenseur 1990
Djimi TRAORE MLI Défenseur 1980
Jean-Jacques GOSSO CIV Milieu 1983
Lukman HARUNA NIG Milieu 1990
Serge GAKPE FRA/TOG Attaquant 1987
Frédéric NIMANI FRA/TCD Attaquant 1988
Yannick SAGBO FRA/TOG Attaquant 1988

MONTPELLIER HERAULT SPORT CLUB
Prénom Nom Pays Poste Né en
Mapou YANGA-MBIWA CAF Défenseur 1989
Mourad BENHAMIDA FRA/TUN Défenseur 1986
Abdelhamid EL KAOUTARI FRA/MAR Défenseur 1990
Jamel SAIHI FRA/TUN Milieu 1987
Younès BELHANDA FRA/MAR Milieu 1990
Souleymane CAMARA SEN Attaquant 1982

A.S. NANCY-LORRAINE
Prénom Nom Pays Poste Né en
Mickaël CHRETIEN MAR Défenseur 1984
Abdelsam OUADDOU MAR Défenseur 1978
Joël SAMI RDC Défenseur 1984
Floyd AYITE FRA/TOG Milieu 1988
Bocunji CA GUB Milieu 1986
Chris MALONGA FRA/CGO Milieu 1987
Youssouf HADJI MAR Milieu 1980
Bakaye TRAORE FRA/MLI Milieu 1985
Paul ALO'O EFFOULOU CMR Attaquant 1983
Issiar DIA FRA/SEN Attaquant 1987
Cheik DIABATE MLI Attaquant 1988

O.G.C. NICE CÔTE D'AZUR
Prénom Nom Pays Poste Né en
Onyekachi APAM NIG Défenseur 1986
Larrys MABIALA RDC Défenseur 1987
Enoch Koffi ADU GHA Milieu 1990
Kafoumba COULIBALY CIV Milieu 1985
Drissa DIAKITE MLI Milieu 1985
Emerse FAE CIV Milieu 1984
Mahamane TRAORE MLI Milieu 1988
Chaouki BEN SAADA TUN Milieu 1984
Eric MOULOUNGUI GAB Attaquant 1984
Habib BAMOGO FRA/BFO Attaquant 1982
Mamadou BAKAYOKO MLI Attaquant 1979
Abeiku QUANSAH GHA Attaquant 1990

PARIS SAINT-GERMAIN F.C.
Prénom Nom Pays Poste Né en
Apoula EDEL ARM/CMR Gardien 1986
Sammy TRAORE MLI Défenseur 1976
Albert BANING CMR Milieu 1985
Bassirou DEMBELE MLI Milieu 1990
Granddi NGOYI FRA/RDC Milieu 1988
Younousse SANKHARE FRA/MRT Milieu 1989
Stéphane SESSEGNON BEN Milieu 1984

STADE RENNAIS F.C.
Prénom Nom Pays Poste Né en
Cheikh N'DIAYE SEN Gardien 1985
John BOYE GHA Défenseur 1987
Uwa ECHIEJILE NIG Défenseur 1988
Abdou Kader MANGANE SEN Défenseur 1983
Ismaël BANGOURA GUI Attaquant 1985
Asamoah GYAN GHA Attaquant 1985
Jirès KEMBO-EKOKO FRA/CGO Attaquant 1988
Moussa SOW FRA/SEN Attaquant 1986

A.S. SAINT-ETIENNE LOIRE
Prénom Nom Pays Poste Né en
Papa Abdoulaye COULIBALY SEN Gardien 1988
Mustapha BAYALL SALL SEN Défenseur 1985
Mouhamoudou DABO FRA/SEN Défenseur 1986
Boubacar MANSALY SEN Milieu 1988
Guirane NDAW SEN Milieu 1984
Maodo Malick FAYE SEN Attaquant 1987
Boubacar SANOGO CIV Attaquant 1982

F.C. SOCHAUX-MONTBELIARD

Prénom Nom Pays Poste Né en
Boukary DRAME SEN Défenseur 1985
Jacques FATY FRA/SEN Défenseur 1984
Yassine MIKARI TUN Défenseur 1983
Ryad BOUDEBOUZ FRA/ALG Milieu 1990

TOULOUSE F.C.
Prénom Nom Pays Poste Né en
Dany NOUNKEU CMR Défenseur 1986
Fodé MANSARE GUI Milieu 1981

VALENCIENNES F.C.
Prénom Nom Pays Poste Né en
Guy Rolland N'DY ASSEMBE CMR Gardien 1986
Gaëtan BONG FRA/CMR Défenseur 1988
Amara Karba BANGOURA GUI Milieu 1986
Fahid BEN KHALFALLAH TUN Milieu 1982
Siaka TIENE CIV Milieu 1982
Foued KADIR FRA/ALG Attaquant 1983
Mamadou SAMASSA MLI Attaquant 1986

(1) Tout joueur sélectionnable par une équipe africaine. Ce qui exclut les binationaux ayant porté le maillot d’une autre sélection A.

* Ne sont pris en compte que les joueurs faisant partie l'effectif professionnel au 1/09/2009



De la friture sur la ligne

De la friture sur la ligne



Claude Puel Jean-Michel Aulas Lyon Claude Puel semble bénéficier d'un crédit sans limite auprès de Jean-Michel Aulas (DPPI)

 

S’il fallait encore un signe pour démontrer que Lyon ne tourne pas rond en ce moment, le différend entre Bernard Lacombe et Claude Puel est là pour confirmer le conflit latent.


par Guillaume Serres, le 28-12-2009


Puel veut bien la 2e place

Trêve ou pas, à Lyon, les esprits continuent de s’agiter. Auteur d’une première partie de saison largement en-dessous des attentes suscitées par un recrutement onéreux (6e de Ligue 1, à 13 points de Bordeaux), Lyon se chamaille de plus en coulisses. En deux jours, deux des trois personnages les plus hauts placés dans l’organigramme de l’OL ont livré une version bien différente de leurs attentes pour la suite de la saison.


Acte I. Claude Puel livre une interview au Parisiendans laquelle le manager rhodanien, en grosses difficultés avec plusieurs de ses cadres, n’écarte aucun sujet. Y compris celui de l’ambition pour le club 7 fois champion de France lors des 8 dernières saisons : «Si Lyon termine 2e ou 3e, mais qu’à côté on sent un groupe costaud, complémentaire, avec une vraie qualité et un vrai mental, je prends. Cela voudra dire que derrière, on pourra repartir, enchaîner, être encore plus performants en Ligue des champions. L’objectif, c’est quand même un jour d’atteindre le dernier carré de cette compétition.»


Acte II. La réponse de Bernard Lacombe, le conseiller spécial du président Aulas, ce lundi dans les colonnes de L’Equipe, démontre une vision toute autre des ambitions lyonnaises. «Quand vous avez été champion sept fois de suite, vous êtes forcément déçu de ne plus l'être. La saison dernière, nous avons déjà été déçus. Je continue d'espérer que nous pourrons nous battre pour le titre. Les choses vont vite dans le football. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Deuxième ? Pourquoi pas... Mais après avoir tout tenté. Moi, j'ai toujours préféré Anquetil à Poulidor...»


Puel veut construire


Il y a donc visiblement désaccord sur les ambitions à avoir pour la suite de l’exercice. Deux hommes de cette influence qui ne tiennent pas le même discours ne peuvent ambitionner de fonctionner ensemble. C’est d’ailleurs ce qui semble être le cas depuis le début de saison. Lacombe a perdu de sa (très) grande influence auprès du président Aulas, alors que dans le même temps, Puel jouit d’une liberté quasi-absolue dans la gestion du club, liberté dont aucun autre entraîneur n’avait pu bénéficier jusque-là à l’OL. L’ancien Monégasque enfonce d’ailleurs le clou, pour marquer un peu plus sa différence : «Ce n’est pas péjoratif, mais pour moi, les équipes en place auparavant à Lyon étaient costaudes, huilées. Il fallait seulement les accompagner. Ce n’était pas ce que je recherchais (en venant ici).» Sauf que les équipes en place auparavant avaient placé Lyon sur le sommet de la Ligue 1 et avaient brillé en Europe (3 quarts de finale de Ligue des Champions consécutifs). Visiblement, Claude Puel, premier entraîneur lyonnais sur les 9 dernières années à n’avoir gagné aucune compétition avec le club du président Aulas, ne s’en soucie guère.

jeudi, 24 décembre 2009

Bordeaux s'envole

Bordeaux s'envole



Wendel Wendel a offert la victoire aux Girondins à Toulouse (DPPI)

 

En s’imposant à Toulouse (1-2), Bordeaux termine l’année 2009 en beauté avec une nouvelle victoire qui lui permet de compter neuf points d’avance sur son dauphin. Un succès cependant acquis dans la douleur face à un Téfécé qui peut nourrir de gros regrets.

par Flavien Chailleux, le 23-12-2009


Toulouse-Bordeaux 1-2

Toulouse : Machado (4e)
Bordeaux : Chamakh (9e), Wendel (75e)


Un fossé. C’est l’écart qui sépare, à la trêve, Bordeaux du reste de ses poursuivants : Lille, 2e et premier poursuivant, pointe à neuf longueurs. Les Girondins peuvent ainsi passer les fêtes avec le sourire, d’autant que leur année s’est achevé par un succès d’une réussite presque insolente lors du derby de la Garonne. Au Stadium, la rencontre démarrait sur les chapeaux de roue, voyant les deux équipes marquer tour à tour dès leur première occasion. Le Téfécé allumait la première mèche par l’intermédiaire de Machado, auteur d’une frappe du gauche imparable pour Carrasso (1-0, 4e). Menés, les Girondins n’avaient cependant pas vraiment le temps de s’interroger puisque Chamakh, à la réception d’un centre déposé par Trémoulinas, remettait les compteurs à zéro (1-1, 9e). Revenues dos à dos, les deux formations se neutralisaient finalement, à l’image d’une furieuse bataille au milieu de terrain. A défaut de voir d’autres occasions, le Stadium pouvait voir son équipe présente à la récupération pour enrayer les timides intentions offensives des Bordelais.


Toulouse prenait clairement l’initiative du jeu après le repos. A l’usure, l’équipe hôte parvenait à franchir les trente derniers mètres adverses par séquences. Sans en profiter, à l’image de Gignac qui perdait un face à face contre Carrasso (59e). Sans imagination, le champion de France paraissait dans un mauvais jour. Mais la réussite lui souriait. En position de dernier défenseur, M’Bengue accrochait Chamakh et écopait d’un second carton jaune. La sanction était même double pour le Téfécé qui voyait le coup-franc suivant de Wendel au fond des filets de Valverde (1-2, 75e). Cela ne décourageait pas pour autant les hommes de Casanova qui imposaient une énorme pression sur la cage de Carrasso jusqu’au coup de sifflet final. En vain. L’année 2009 aura été celle de Bordeaux jusqu’au bout. Et cela semble parti pour durer...


Le joueur du match

Absent contre Lorient, Marc Planus a fait son retour au sein de la charnière centrale. En charge du marquage de Gignac, le défenseur bordelais a remporté la majorité de ses duels face au remuant attaquant du Téfécé. Un rempart solide devant Carrasso au cœur d’une base défensive en grandes difficultés en fin de rencontre. Il a cependant souffert en fin de match, à l’image de l’ensemble de son équipe.


Tactique et coaching

Après le turn-over opéré contre Lorient, Laurent Blanc revenait à un système plus classique avec un dispositif en 4-5-1. Sauf que cette fois, le jeu de son équipe n’a pas connu la fluidité habituelle. Les Girondins se sont fait piéger au milieu de terrain, sans parvenir à déployer leur jeu sur les ailes où ils sont apparus fort peu dangereux. Ainsi, ce derby du Sud-Ouest a permis au Téfécé d’afficher une intelligence tactique qui lui a permis de contenir la palette offensive du champion de France. En revanche, les problèmes dans la finition des Toulousains ont été flagrants en fin de rencontre.


On n’a pas aimé

Auteur du but de la victoire à Montpellier (0-1), Jussiê est cette fois passé à côté malgré une place de titulaire sur le flanc gauche bordelais. Le Brésilien n’est jamais parvenu à se distinguer offensivement, au point de n’être jamais en position de débordement sur son couloir. Par conséquent, on l’a surtout vu en soutien de Trémoulinas afin de contenir au mieux les débordements d’Ebondo. Sans influence, il a cédé sa place peu après l’heure de jeu à Wendel, auteur d’une entrée victorieuse et plus que jamais titulaire indiscutable au poste que convoite l’ancien Lensois. Ce dernier peine à confirmer sur la durée les attentes placées en lui.

 

Résultats de la 19e journée :

Mardi 22 décembre
Lens - Saint-Etienne 1-0

Mercredi 23 décembre
Le Mans - Monaco 1-1
Lorient - Valenciennes 3-2
Lyon - Montpellier 1-2
Marseille - Auxerre 0-2
Nancy - Lille 0-4
Nice - Boulogne 2-2
Paris SG - Grenoble 4-0
Sochaux - Rennes 2-0
Toulouse - Bordeaux 1-2

Paris s'offre un bol d'air

Paris s'offre un bol d'air


Luyindula a lancé les Parisiens sur la voie d'un net succès sur Grenoble (DPPI)

 

En proie au doute, le PSG n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout de courageux mais limités grenoblois (4-0). Une victoire large qui assure un peu de tranquillité dans les rangs parisiens avant la trêve.

par Teddy Vadeevaloo, le 23-12-2009

 

PSG-Grenoble : 4-0

PSG : Luyindula (9e), Armand (19e), Erding (65e), Jallet (81e).

 

Paris avait l’envie de se racheter après sa déconvenue à Rennes. Après le gros coup de gueule de Kombouaré, les Parisiens ont échappé au «piège» grenoblois et l’ont emporté de manière conséquente. Très vite dans le coup, les joueurs de la capitale trouvaient l’ouverture grâce à Luyindula, buteur du tibia grâce à la sixième passe décisive de Jallet (1-0, 9e). Malgré des débuts encourageants, les Grenoblois étaient comme assommés par ce coup du sort. Et manquaient même de céder à nouveau sur un face-à-face, raté, d’Erding face à Le Crom (16e). Ce n’était que partie remise puisqu’Armand, suite à une belle action de Sessegnon, offrait le break à son équipe d’un beau coup de tête (2-0, 19e). Le latéral était même tout près du doublé mais il se montrait plus maladroit (35e).

 

Au retour des vestiaires, les Isérois tentaient avec courage de faire le forcing pour réduire la marque. Mais ils tombaient sur un Edel vigilant et impérial devant les essais de Courtois (50e, 51e) et Ljuboja (56e). La lanterne rouge avait laissé passer sa chance puisqu’Erding se chargeait de l’enterrer, avec sang froid, sur une belle ouverture de Clément (3-0, 65e). Le GF38 n’avait plus la force de pousser même si Akrour trouvait la barre (72e). La bande à Kombouaré terminait en roue libre et si Giuly et Sessegnon se heurtaient à un Le Crom abandonné par sa défense (76e), le portier isérois n’était pas irréprochable sur un coup franc lointain de Jallet, que personne n’effleurait (4-0, 81e). Un beau festival qui permet aux Parisiens de pouvoir faire redescendre la pression avant la trêve hivernale…

 

Le joueur du match

Dés son arrivée, les observateurs avaient été étonné par son recrutement. Venant d’un club comme Lorient, on pensait que Christophe Jallet allait rejoindre les Landrin ou encore Hellebuyck, venus d’un club moins huppé, au rayon des joueurs pas en adéquation avec le contexte parisien. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce joueur polyvalent est en train de faire son trou. Auteur de sa sixième passe décisive, Jallet y est même allé de son petit but, un peu chanceux. Mais la chance est aussi provoquée par le talent…

 

Tactique et coaching

Antoine Kombouaré a décidé de revenir aux fondamentaux avec un 4-4-2 à plat et son équipe-type. Il a ensuite réalisé un coaching pour l’honneur en permettant aux trois hommes-clés du match, Jallet, Sessegnon et Erding, de recevoir une petite ovation. Grenoble était disposé en 4-5-1 avec le seul Ljuboja en pointe, qui s’est bien démené. Ce système a eu le mérite de pouvoir évoluer sur la largeur. Mais le Serbe n’a eu que trop peu de soutien. Après avoir pratiqué un coaching offensif, avec les entrées d’Akrour et Ravet, Bazdarevic, peut-être résigné, a choisi de renforcer son milieu, en faisant entrer Juan à la place de Batlles.

 

On n’a pas aimé

La seconde période du PSG. Menant déjà 2-0, les Parisiens ont carrément arrêté de jouer ! Laissant venir à leur guise les Isérois, les coéquipiers de Makelele ont carrément endormi le Parc, qui s’est alors mis à siffler. Ce n’est pas bien étonnant si l’ovation fut minime à la fin du match, malgré le score plutôt large.

 

Résultats de la 19e journée :

Mardi 22 décembre
Lens - Saint-Etienne 1-0

Mercredi 23 décembre
Le Mans - Monaco 1-1
Lorient - Valenciennes 3-2
Lyon - Montpellier 1-2
Marseille - Auxerre 0-2
Nancy - Lille 0-4
Nice - Boulogne 2-2
Paris SG - Grenoble 4-0
Sochaux - Rennes 2-0

A suivre
Toulouse - Bordeaux

La journée en images :

Deschamps : "Ça ressemble au néant"

24/12/2009 - Eurosport



Deschamps : "Le néant"
DPPI


Didier Deschamps n'a pas mâché ses mots après la déroute de l'OM face à Auxerre (0-2). Pour l'entraîneur marseillais, cette défaite ressemble "au néant". Et plus largement, le bilan à mi-championnat de l'OM est jugé "largement insuffisant" par l'ancien champion du monde.

 

DIDIER DESCHAMPS , quel est votre sentiment après cette défaite ?

D.D : Mais pour moi il n'y a pas eu de match. Cette défaite, c'est tellement gros que j'ai du mal à y croire. On n'a jamais été là.

 

Est-ce une défaillance physique ou mentale de la part de vos joueurs ?

D.D : C'est la tête qui guide le reste. Je dirais donc que c'est d'abord une absence mentale. Il peut y avoir des rencontres que l'on ne maîtrise pas. On a eu de matches durant cette première partie de championnat que l'on n'a pas maîtrisé et durant lesquels on a eu des difficultés. Oui. Mais là, on est passé complètement à côté de cette rencontre. Ce n'est pas le néant, mais ça y ressemble quand même beaucoup. C'est vraiment dur à avaler car on finit l'année là-dessus. Je vais passer de très mauvaises vacances...

 

Comment expliquez une telle faillite collective ?

D.D : Même si on avait fait en sorte de se donner les moyens d'être prêts, on n'a jamais été là. Il y a eu tellement de choix discutables. Et puis quand ça va mal, il y a le pied qui tremble ou un penalty non sifflé sur la main de Grichting. Tout le monde l'a vue, sauf monsieur Malige…

 

L'OM termine mal l'année 2009, comme en 2008…

D.D : Oui, l'an dernier c'était contre Nancy (défaite 3-0, ndlr). Mais on était pourtant préparé à ça. On a fait une mise au vert de deux jours pour être le mieux possible avant ce match. Mais ça n'a pas fonctionné.

 

Avez-vous parlé aux joueurs ?

D.D : Non, je n'ai rien dit. J'ai préféré m'abstenir. Je leur ai parlé à la mi-temps mais pas à la fin du match. Je n'ai pas pu. C'était vraiment trop gros de perdre ce match. Il y avait une certaine forme d'apathie générale. J'ai vu tellement de mauvais choix et de choses aberrantes…

 

Qu'a-t-il manqué à votre équipe pour rivaliser avec Auxerre ?

D.D : On a manqué de trop de choses pour avoir un bon résultat. Et ça m'emmerde royalement pour tous les supporters qui avaient fait le déplacement par ce temps.

 

Pensez-vous que les rumeurs de transferts de Ben Arfa et Valbuena ont pu avoir un impact négatif sur le groupe ?

D.D : Je n'ai pas vu de signes annonciateurs de cette défaite. Le groupe n'était pas perturbé.

 

Cette contre-performance va-t-elle vous amener à revoir vos plans pour le prochain mercato ?

D.D : La situation n'a pas changé en quarante huit heures. On n'a pas de marge de manœuvre. L'urgence est là. Mais ça ne change pas les données. On va voir ce qu'on peut faire pour bonifier cette équipe. Je n'oublie pas aussi que l'on devra pallier l'absence des joueurs qui partent à la CAN. Il faudra en tout cas repartir en début d'année avec de meilleures intentions.

 

Quel bilan tirez-vous de la première partie de saison de l'OM ?

D.D : Si on gagne notre match en retard contre Sochaux, on sera deuxième. Au total, on a fait de bonnes choses. Mais on doit encore chercher à avoir plus de continuité dans nos performances. En Ligue des champions, on peut avoir des regrets. Même chose en championnat. Je pense que le contenu est largement insuffisant quand on regarde le potentiel des joueurs.

 

Eurosport - De notre correspondant à Marseille, Vincent BANTIT

 

L’OM passe encore à côté

L’OM passe encore à côté



La joie des Auxerrois qui repartent du Vélodrome avec trois points (DPPI)

Comme l’an dernier, Marseille est complètement passé au travers de son dernier match à domicile de la saison face à Auxerre (0-2). Le titre s’éloigne encore un peu plus pour les Olympiens.

par Aurélien Billot, le 23-12-2009

Marseille-Auxerre 0-2
Auxerre : Oliech (40e, 80e)

Didier Deschamps avait raison de s’inquiéter. Raison d’avoir peur d’un relâchement de ses joueurs avant la trêve. Car comme l’an dernier à la même époque face à Nancy (0-3), Marseille a de nouveau terminé l’année par un cinglant revers à domicile contre Auxerre (0-2). Hatem Ben Arfa, titularisé pour la première fois depuis le 4 octobre dernier face à Monaco (1-2), a pourtant tout tenté pour réveiller ses partenaires… En vain. Complètement apathiques, les Olympiens ne sont en fait jamais parvenus à emballer la rencontre et à déstabiliser un bloc bourguignon bien en place. Koné a bien eu l’opportunité de débloquer rapidement la situation suite à un petit bijou d’ouverture de Cheyrou, mais l’Ivoirien était finalement repris in-extremis par Grichting (10e). Le reste ? Rien ou presque. Une frappe déviée de Cheyrou (19e), une tête sans danger de Brandao (20e), un coup-franc puissant de Ben Arfa (55e) ou une tête piquée de Brandao repoussée par Sorin (68e).

 

Bref, un bilan bien pauvre pour des Marseillais qui ont quitté le terrain sous la bronca aussi bien à la pause qu’à la fin du match. Car en face, en l’absence de Jelen, blessé, l’AJA s’est trouvée - ou plutôt retrouvée - un buteur pour exploiter les failles marseillaises : Dennis Oliech. Muet depuis le début de saison, le Kenyan a frappé deux fois sur la pelouse très grasse du Vélodrome. Une première en fin de première période suite à une faute de marquage énorme de Taïwo (0-1, 40e) et une autre en fin de seconde après un bon service de Contout dans la profondeur (0-2, 80e). Et pour ne rien arranger, les Marseillais ont également perdu Bonnart (7e) et Lucho Gonzalez (25e) sur blessures… La trêve sera à coup sûre agitée sur la Canebière…

 

Le joueur du match

Dans le néant ambiant, on a vu que lui. Lui et ses dribbles déroutants, lui et son coup de rein dévastateur, lui que l’on ne pensait plus revoir sous le maillot marseillais… Lui, c’est bien évidemment Hatem Ben Arfa. Titularisé à la surprise générale par Didier Deschamps, l’ancien Lyonnais a été le seul à essayer d’apporter un peu de rythme à ce match soporifique. Sera-ce suffisant pour sauver sa peau ou bien cela restera-t-il comme un bel au revoir qui ne fera qu'augmenter encore un peu plus la frustration du public marseillais ? Réponse après la trêve.

 

Tactique et coaching

Rapidement contraint à effectuer deux changements suite aux blessures de Bonnart (remplacé par Kaboré) et Lucho Gonzalez (remplacé par Abriel), Didier Deschamps n’a pas vraiment eu de marge de manœuvre pour inverser la tendance. Il a bien tenté de lancer à nouveau Ayew dans les dernières minutes... En vain. Côté auxerrois, Jean Fernandez a longtemps laissé son 11 de départ sur la pelouse. Il faut dire qu’il n’avait vraiment aucune raison d’y toucher. Là encore, c’est une blessure, celle de Coulibaly, qui l’a obligée à modifier son équipe (81e).

 

On n’a pas aimé

La mise au vert décrétée par Didier Deschamps afin d’éviter aux joueurs de se disperser en cette période de fêtes n’aura donc pas fonctionné. Totalement amorphes, les Marseillais n’ont jamais semblé concernés par ce match qui aurait pourtant pu leur permettre de se rapprocher, au moins provisoirement, de Bordeaux. Sous la pluie et le vent, l'OM s'est peut-être préparé l'une de ses bonnes vieilles tempêtes pendant la trêve...

 

Résultats de la 19e journée :

Mardi 22 décembre
Lens - Saint-Etienne 1-0

Mercredi 23 décembre
Le Mans - Monaco 1-1
Lorient - Valenciennes 3-2
Lyon - Montpellier 1-2
Marseille - Auxerre 0-2
Nancy - Lille 0-4
Nice - Boulogne 2-2
Paris SG - Grenoble 4-0
Sochaux - Rennes 2-0

A suivre
Toulouse - Bordeaux

Le feu d’artifice lillois

Gervinho Gervinho a encore frappé lors du large succès lillois à Nancy (DPPI)

 

Les adjectifs les plus élogieux ne suffisent pas pour décrire la prestation de Lille sur la pelouse de Nancy (0-4). Talentueuse et virevoltante en attaque, cette équipe lilloise prend logiquement la place de dauphin à Marseille.

par Pierre Godfrin, le 23-12-2009

Nancy-Lille : 0-4

Lille : Hazard (42e), Gervinho (51e et 72e) et Frau (60e)

Une sixième victoire de rang et une place de dauphin derrière Bordeaux. Tels sont les cadeaux d’un Noël avant l’heure pour des Lillois exceptionnels en ce mois de décembre. Pourtant, la rencontre présageait d’une opposition farouche de Nancéiens qui restaient sur deux succès d’affilée. En effet, Nancy dominait le début de rencontre, mais c’est bien Rami qui croyait ouvrir le score sur coup franc (11e). Mais l’arbitre refusait le but, suite à une faute peu évidente sur Ouaddou. Dans la foulée, Dia tentait un ballon piqué suite à une belle percée (12e), mais le cadre se dérobait. Puis, au fil des minutes, la domination lilloise devenait plus intense, au point de devenir asphyxiante pour des Lorrains incapables de créer le danger devant les cages de Landreau. La sentence arrivait peu avant la pause suite à une belle action collective menée par Mavuba puis Gervinho. L’Ivorien délivrait une passe en or pour Hazard qui n’avait plus qu’à pivoter pour envoyer son tir du gauche dans les filets (0-1, 42e).

 

La seconde période débutait sous les mêmes auspices pour l’ASNL, amputée de deux joueurs majeurs en défense. En effet, Ouaddou et Chrétien devaient céder leur place. Pour couronner le tout, Gervinho concluait tout en puissance un mouvement mené par Obraniak et Frau, dont la frappe enroulée revenait sur l’Ivoirien (0-2, 51e). Obraniak était tout près d’aggraver de suite la marque (53e), mais le suspense était définitivement clos lorsque Gervinho partait seul au but à l’heure de jeu. Arrêté irrégulièrement par Sami, qui écopait d’un rouge dans l’affaire, l’Ivoirien laissait Frau tromper Bracigliano sur penalty (0-3, 60e). Le jeu en une touche de balle des Nordistes ne cessait pourtant pas. Le bouquet final du feu d’artifice était inscrit par Gervinho (0-4, 72e). Sur une remontée de balle supersonique, Hazard réalisait un une-deux magique avec Obraniak et glissait de l’extérieur du pied une offrande à Gervinho qui plaçait facilement la balle entre les jambes du gardien lorrain. Avec ce sixième succès d’affilée amplement mérité, Lille passe ainsi à la 2e place, tandis que Nancy recule d’un rang (12e).

 

Les joueurs du match

Il est impossible de décerner le trophée de l'homme de la rencontre à un seul des joueurs à vocation offensive du coté lillois. En effet, Eden Hazard, Gervinho, Pierre-Alain Frau et Ludovic Obraniak ont tous été exceptionnels ce soir. La fluidité et la justesse dans leurs passes ont accompagné un réalisme impressionnant. Avec ce quatuor, Lille peut aller très loin cette saison. Si toutefois la trêve ne calme pas ses ardeurs.

 

Tactique et coaching

Le 4-3-3 concocté par Pablo Correa a porté ses fruits pendant seulement un quart d'heure. Le temps qu'il a fallu aux Lillois pour démarrer la machine. Confronté à la blessure de deux défenseurs avant la pause, le technicien lorrain a été contraint d'aligner une défense qui n'a pas fait long feu en seconde période. Son coup de poker à l'heure de jeu n'a pas connu plus de réussite puisque l'entrée de Bakar en lieu et place de Ca n'a rien changé. Du côté du LOSC, le 4-3-3 de Rudi Garcia est le plus séduisant du moment. Continuellement en mouvement, son attaque a montré tout son talent et sa défense a vite calmé les bonnes intentions lorraines. Le coaching de Garcia a démarré lorsque ses protégés menaient de deux buts et les trois entrants se sont vite fondus dans le moule sans pour autant se montrer décisifs.

 

On n’a pas aimé

Si Nancy a sombré en seconde période, c'est en grande partie à cause des blessures conjuguées d'Abdeslam Ouaddou et de Michael Chrétien. Le premier avait réalisé une première période très solide avant de céder sa place sur blessure. Nul doute qu'avec ces deux éléments, Nancy aurait pu éviter le pire, d'autant que Sami, rentré à la mi-temps, a été expulsé logiquement à l'heure de jeu...

 

Résultats de la 19e journée :

Mardi 22 décembre
Lens - Saint-Etienne 1-0

Mercredi 23 décembre
Le Mans - Monaco 1-1
Lorient - Valenciennes 3-2
Lyon - Montpellier 1-2
Marseille - Auxerre 0-2
Nancy - Lille 0-4
Nice - Boulogne 2-2
Paris SG - Grenoble 4-0
Sochaux - Rennes 2-0

A suivre
Toulouse - Bordeaux

La journée en images :

 

«Un groupe usé»

«Un groupe usé»



Claude Puel-Lyon Claude Puel ne trouve plus les mots (DPPI)

 

Abattu par la nouvelle défaite à la maison de l'OL face au promu montpelliérain, Claude Puel ne parvenait pas à trouver les mots en conférence de presse. Pour l'entraîneur lyonnais, une nouvelle fois sifflé par le public de Gerland, il était temps que le trêve arrive...

par Paolo Biggeri, le 24-12-2009

Notre correspondant à Lyon


Claude, comment analysez-vous cette défaite ?

Claude Puel : On aurait aimé rester sur un match nul. Le résultat est très cruel. On savait à quoi s'attendre avec Montpellier. C'est un bloc compact qui presse très haut. Il est très difficile de trouver des espaces, mais, en première mi-temps, on s'est créé des situations. Nos débordements sont passés devant le but et on a manqué le coche. En deuxième période, nous n'avons pas su les mettre à mal. On n'a pas eu la justesse technique, ni la présence sur les deuxièmes ballons. On n'a pas été assez présent et constant dans les duels.


L'OL a paru émoussé ...

Claude Puel : C'est sûr qu'il y a de la fatigue ! Le groupe est usé. On n'a pas senti le ressort nécessaire pour aller chercher la victoire. Nous espérions quand même tenir le match nul, même si on a passé la fin de match sur le reculoir. A la fin, il y avait un peu trop de longs ballons. Nous aurions dû jouer plus dans le dos de Montpellier quand nous avons eu des espaces. On n'a pas su profiter des intervalles. Peut-être que nous n'avons pas les joueurs pour le faire...


Le mois de décembre (trois défaites, un nul et seulement une victoire en championnat) a été terrible pour vous ...

Claude Puel : Oui, j'avais dit qu'il pouvait être très important et nous donner la possibilité de se remettre bien. Cela a été tout le contraire. C'est difficile car je ne l'accepte pas. Les joueurs ne l'acceptent pas non plus. Je pense que nous avons la force de se relever des mauvais moments. Il y en aura encore dans le futur et c'est à nous de les affronter sans reculer.


Que peut apporter la trêve hivernale ?

Claude Puel : Elle va nous permettre de bien récupérer et de revenir en janvier avec tous nos atouts. Il y a besoin que les joueurs retrouvent de la fraîcheur dans la tête et dans les jambes. Quelques jours en famille peuvent leur servir à récupérer de l'énergie. Au retour de vacances, nous aurons le recul nécessaire pour corriger les carences actuelles. Le classement actuel (6e) est difficile à accepter, mais on va faire en sorte de bien évacuer tout cela. Il y a encore beaucoup d'objectifs à aller chercher.


La réponse passe-t-elle forcément par des renforts au mercato ?

Claude Puel : On verra. Rien n'est fermé. On a ciblé quelques pistes. S'il y a des joueurs qui peuvent nous rejoindre, il faut que ce soit des gens qui nous apporte un plus. On a un effectif qui répond bien. Nous chercherons à mettre encore plus de concurrence et permettre de faire souffler certains joueurs à certains postes.

La journée en images :

mercredi, 23 décembre 2009

Puel : "Besoin de nos supporters"

22/12/2009 -



"Besoin de nos supporters"
Reuters


À l'heure de conclure l'année 2009 à domicile contre Montpellier, l'entraîneur lyonnais s'attend à une rencontre très difficile. Pour ne pas abandonner toute ambition dans la course au titre, Claude Puel demande un dernier coup de collier à ses joueurs. Et aimerait que Gerland soutienne son équipe…


CLAUDE PUEL, la victoire sera-t-elle indispensable contre Montpellier ?

C.P. : Bien sûr ! À domicile, nous nous devons de prendre des points, surtout contre un concurrent direct. Je n'oublie pas que Montpellier a un match en retard, à Monaco. C'est une équipe avec une bonne organisation, elle sait jouer les coups à fond. On s'attend à un très bon match de cette équipe. Nous devrons répondre présent.


Montpellier reste sur deux défaites consécutives, cela prouve-t-il que cette équipe est en perte de vitesse ?

C.P. : Non. Le week-end dernier, leur défaite contre Bordeaux (0-1) n'était pas méritée. Face à Nancy (0-2), certains de leurs joueurs avaient été mis au repos. Ils bénéficient en plus d'un jour de récupération supplémentaire par rapport à nous, ce n'est pas négligeable. Je sais aussi que "Loulou" Nicollin va remonter ses troupes : il est né à Lyon, c'est un match très particulier pour lui, c'est le premier qu'il a coché lorsque le calendrier a été publié.


Êtes-vous surpris de voir Montpellier jouer les premiers rôles?

C.P. : C'est une équipe qui a su surfer sur la dynamique de la montée en Ligue 1. Il y a un mélange intéressant entre jeunes et anciens, et René Girard fait du très bon boulot. C'est un groupe qui a pris confiance. Jouer Montpellier, c'est très costaud.


Craignez-vous que le public de Gerland soit aussi contestataire que la semaine dernière devant Boulogne?

C.P. : Nous avons besoin de nos supporters même si on peut comprendre leur déception. Il faut faire abstraction de l'environnement s'il n'est pas positif. J'espère pourtant qu'il le sera : en ce moment, mes joueurs bataillent, font les efforts nécessaires, affichent beaucoup de solidarité. Ce serait encore mieux si le public soutenait les joueurs.


En ce moment, l'OL vise-t-il toujours le titre ou songe-t-il surtout à ne pas décrocher du podium?

C.P. : Pour espérer revoir Bordeaux, nous savons que nous devrons réaliser un parcours quasi-parfait lors de la phase retour. Nous n'avons pas occulté toute ambition. Terminons bien l'année contre Montpellier, nous aurons ensuite le temps de nous régénérer et de bien préparer la seconde moitié de saison.


Concernant le mercato hivernal, avez-vous déjà défini des objectifs?

C.P. : On verra ça tranquillement avec le président et avec Bernard (Lacombe). Nous avons bien sûr des petites idées. Rien n'est encore décidé : ni pour se renforcer, ni pour ne pas recruter. Je peux simplement dire que récupérer tous nos blessés sera déjà un bon mercato pour nous. On verra ensuite s'il y a lieu d'éventuellement recruter.

Eurosport - De notre correspondant à Lyon A.C.


Janot, seul mur des Verts

Janot, seul mur des Verts



Jérémie Janot est en état de grâce actuellement dans les cages de l'ASSE malgré un pénalty encaissé mardi à Lens (0-1). Jérémie Janot (DPPI)

 

Dernier rempart de l’ASSE, Jérémie Janot est un gardien spectaculaire mais efficace avant tout. Ce qui n’empêche pas les Verts version Christophe Galtier de piétiner au classement (17e) après une nouvelle défaite à Lens mardi (0-1).

par Yoann Palej, le 23-12-2009


On l’avait quitté étincelant face aux assauts olympiens à Geoffroy-Guichard lors de la 18e journée (0-0). Jérémie Janot a récidivé hier en sortant une partie exceptionnelle face à Lens ponctuée d’arrêts plus déterminants les uns que les autres. Déterminants mais pas décisifs au final. Un pénalty d’Eduardo en toute fin de match est venu réduire à néant tous les efforts du natif de Valenciennes, les hommes de Galtier repartant les poches vides de Bollaert (0-1). Si la machine stéphanoise ne se met pas encore en route, on sent une équipe plus soudée et déterminée que sous l’ère Perrin. A l’image de son dernier rempart, Sainté ne lâche rien malgré les points perdus en route. Et Galtier ne désespère pas : «Par rapport à ces deux premiers matches, au niveau des points, ce n'est pas satisfaisant. Mais au niveau de la combativité et de la solidarité, c'était bien mais ça, c'est le minimum. Il faut avoir plus de sérénité (…) Je vais sauver Saint-Etienne, je suis convaincu et déterminé».

Une défense aux abois

Pour sauver les Verts d’une relégation, Galtier devra s’atteler au chantier n°1 : redresser la barre en défense. Car si Jérémie Janot a autant de travail à faire, il le doit en majeure partie à l’apathie défensive qui règne chez les Verts. Comme l’a souligné Jean-Guy Wallemme, «Jérémie a souvent l’occasion de flamber car il est souvent très sollicité». Avec 26 buts concédés, l’ASSE n’est que la 16e défense de Ligue 1. Pas de quoi pavoiser donc ! Tavlaridis, aux abois face à l’OM, s’est fait expulser tandis que mardi, la doublette Ndaw-Benalouane a terriblement souffert. Un aveu confirmé par le jeune défenseur formé dans le Forez : «Lens a eu beaucoup trop d’occasions». Un constat qui se révèle problématique pour l’équilibre de l’équipe stéphanoise. Sur le mois de décembre par exemple, la statistique est édifiante : l’ASSE a encaissé 8 buts et n’en a pas marqué un seul !


Un homme de devoir

Dans sa quête de maintien, les Verts vont encore une fois devoir s’appuyer sur Jérémie Janot, l’homme de devoir, le combattant. «Moi, j'ai une devise: souvent touché, jamais coulé» avait-t-il confié au soir d’une victoire à Nancy (1-0) où il avait encore été irréprochable. Pourtant, l’été dernier, Alain Perrin n’avait pas hésité à le mettre en concurrence avec Vincent Planté, transfuge de Caen. Malgré des critiques exacerbés à son encontre, il avait tenu bon en plein cœur d’une série noire pour les Verts. Mais cet homme-là est un fidèle du Chaudron (depuis 1996) et des valeurs du club. Pour son sens du spectacle et ses excentricités (tenues de Spiderman notamment), il est même devenu le chouchou de Geoffroy-Guichard. A l’image du tatouage tribal sur son crâne en hommage à Wanderlei Silva (pratiquant de combat libre), Jérémie Janot aime se démarquer des autres. En 2006-2007 alors que les Verts sont menés 2 à 1 face à Nantes, il déserte son but à la 93eMon métier c'est pas footballeur, c'est gardien de but» conclut-il. Avec plus de 300 matches sous les couleurs de l’ASSE, on peut dire que Janot fait maintenant partie des murs. minute et s’en va d’une talonnade donner le ballon de l’égalisation à Vincent Hognon. «

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