jeudi, 07 janvier 2010

Côte d'Ivoire

Liste électorale : Gbagbo réclame une nouvelle prolongation

 

 

La rédaction web de Jeune Afrique


Le président ivoirien Laurent Gbagbo à Abidjan, le 28 décembre 2009Le président ivoirien Laurent Gbagbo à Abidjan, le 28 décembre 2009© AFP


Alors que l'élection présidentielle ivoirienne, déjà repoussée six fois, doit se tenir avant la fin du premier trimestre 2010, le président sortant demande que soit prolongée la phase de traitement des cas litigieux lors des inscriptions sur la liste électorale.


Le président ivoirien Laurent Gbagbo a réclamé une prolongation du traitement des contentieux sur la liste électorale provisoire, censé s'achever mercredi, jugeant qu'"on ne peut pas aller aux élections" alors que de nombreux Ivoiriens n'ont pas été pris en compte.

"Ces derniers temps, partout, partout, partout, les Ivoiriens se plaignent qu'ils ont été identifiés et qu'ils ne sont pas inscrits sur les listes", a déclaré le chef de l'Etat, en présentant ses voeux au corps diplomatique.

Le règlement des contentieux, géré par la Commission électorale indépendante (CEI), a déjà été vivement critiqué par le camp Gbagbo, qui tient la Commisson pour responsable des retards. « La CEI est dominée à 90 % par l’opposition », jugeait même Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) le mois dernier.


Lenteurs administratives

Entamé fin novembre et déjà prolongé fin décembre par la CEI, le règlement des contentieux sur la liste provisoire devait se clore mercredi, mais de nombreux observateurs pensaient le délai intenable, en raison des lenteurs administratives, des grèves et de l'absentéisme des commissaires, selon les commissions électorales locales.


En annonçant la prorogation en décembre, la CEI avait indiqué qu'"un peu plus de 40% des réclamations attendues ont été reçues et traitées". Elle n'a pas fourni de nouvelles données chiffrées depuis.

Le contentieux porte sur environ 1,033 million de "cas litigieux" figurant parmi les quelque 6,4 millions de personnes recensées.
Ces cas litigieux correspondent aux personnes qui ont été recensées mais dont la nationalité ivoirienne n'est pour l'heure pas avérée car elles n'ont été retrouvées sur aucun des registres administratifs retenus.


"Que la fin ne gâche pas le tout"

Le premier tour de la présidentielle, reportée six fois depuis la fin de son mandat en 2005, a été fixé le 3 décembre à "fin février-début mars 2010".
Laurent Gbagbo a appelé la CEI et le Premier ministre Guillaume Soro à "faire un dernier effort pour que la fin ne gâte pas le tout", assurant cependant que "dans quelques mois, dans deux mois, on va aller aux élections".

"Il faut que tous les Ivoiriens qui ont été identifiés soient inscrits sur la liste électorale", pour leur permettre de recevoir cartes d'électeur et d'identité, a insisté le président Gbagbo.

Le "problème" à l'origine de la crise déclenchée en 2002 par une rébellion qui contrôle depuis lors le nord du pays, "c'est que des Ivoiriens ont estimé qu'ils étaient laissés pour compte, qu'ils n'avaient pas de carte d'identité et qu'on ne les considérait pas comme Ivoiriens", a-t-il rappelé.


"Il faut que tous les étrangers qui sont sur la liste électorale" en "sortent", a-t-il par ailleurs exigé, alors que la question de la fraude à la nationalité est très sensible et que les journaux ont rapporté récemment des arrestations de présumés fraudeurs. (avec AFP)

Retrouvez la grande interview de Laurent Gbagbo dans le numéro 2555-2556 de Jeune Afrique en kiosques jusqu'au 9 janvier 2010

lundi, 23 novembre 2009

Processus électoral - Début de l’affichage des listes provisoires depuis hier

lundi 23 novembre 2009 - Par Notre Voie
La
de CEI
C’est désormais chose faite. La liste électorale provisoire, dans sa version papier vient d’être mise à la disposition de la Commission Electorale par les structures techniques, à savoir l’Institut National de la Statistique et la Sagem Sécurité. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux du Forum, à proximité de la Direction de l’Office National de l’Identification ce mardi 10 novembre 2009 en début d’après midi, en présence de plusieurs personnalités dont les Représentants Spéciaux du Facilitateur, Boureima Badini et du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Choi

Le président de la Commission électorale indépendante (CEI) l’avait annoncé. C’est chose faite depuis hier. La liste électorale provisoire est affichée dans certains centres.

Tous les pétitionnaires peuvent désormais se rendre dans leurs centres d’enrôlement pour vérifier leur inscription et faire les éventuelles réclamations dans les centres indiqués à cet effet. Au groupe scolaire William Ponty de Yopougon, le plus grand centre du collège électoral de cette commune, sur 7640 requérants, 720 sont inscrits sur la liste des rejets techniques.

 

Ces requérants sont soit dans la catégorie des doublons biométriques ou alphanumériques, soit issus des formulaires dits orphelins ou encore de tous les autres cas de rejets techniques systématiques indiqués par la CEI. 760 autres sont sur la liste des pétitionnaires dont les formulaires nécessitent des compléments d’informations.

 

Tous ces requérants devront, par ailleurs, se rendre au centre de coordination situé dans les locaux de la CEI Yopougon 4 sis à Niangon base CIE pour faire leurs réclamations. Au centre 04 Cocody sis au groupe scolaire André Malraux, à la Riviera II, on dénombre 202 cas litigieux sur les 2565 inscrits. Cissé Ibrahim que nous avons rencontré, nous a signifié sa joie d’être sur la liste électorale provisoire.

 

Visiblement heureux, il invite tous les ivoiriens à lui emboîter le pas en se rendant dans leur centre d’enrôlement pour vérifier au plus vite leur inscription. Dans tous les centres visités, on dénombre de nombreux cas litigieux. On sait que toutes ces personnes ont au plus 38 jours pour faire les réclamations. Et ce, uniquement dans les centres de coordination qui ne sont, dans la plupart des cas, pas proches de leur centre d’enrôlement. Les réclamations s’ouvrent ce matin à Abidjan et demain dans les centres de coordination de l’intérieur du pays. Au moment où nous mettions sous presse, l’affichage n’était pas effectif dans tous les centres d’Abidjan.

 

Georges Toutoukpo (Stagiaire)

lundi, 09 novembre 2009

Fichier électoral : La chasse aux "faux Ivoiriens" est ouverte

lundi 9 novembre 2009

Ainsi en ont décidé les enragés des différents fronts qui se crêpent le chignon sur la scène politique ivoirienne, les électeurs n’iront pas aux urnes le 29 novembre pour décider de qui occupera le palais de Cocody, alors que des informations alarmantes circulent ces derniers temps. Cinquième rendez-vous électoral manqué depuis que le mandat de Laurent Gbagbo a expiré en 2005, mais qui joue les prolongations grâce à cette crise bénie des dieux de la division, de l’ivoirité, dirions-nous.

Mais si l’enfant terrible de Mama peut, à juste titre, se la couler douce, il n’est point sûr que ses adversaires, qui se recrutent aussi bien au sein du parti ancestral, le PDCI d’Henri Konan Bédié, du RDR d’Alassane Dramane Ouattara, le pestiféré de la lagune Ebrié, que des Forces nouvelles du Premier ministre Guillaume Soro, n’engrangent pas, eux aussi, les fruits de cette crise.

Tant pis pour le citoyen lambda qui continue de souffrir le calvaire pour s’offrir son "garba" (1) quotidien, au prix de mille et un sacrifices. Peine perdue donc pour le pompier Blaise Compaoré, l’intime ennemi d’hier, qui multiplie ses missions de facilitation et qui finira par s’esquinter s’il n’y prend garde parce que sollicité dans toutes les fournaises africaines. Sans effet auront été les prescriptions de l’ONU, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la CEDEAO, qui voient ainsi leurs efforts diplomatiques et financiers réduits à néant. Car si l’on venait au rapport, le bourbier ivoirien aura été l’un des plus coûteux de l’histoire récente du continent, et bien plus le sera encore le scrutin présidentiel renvoyé aux calendes grecques.

Un énième report qui inquiète plus qu’il n’intrigue, hormis à l’Elysée où les disciples de Sarkozy se sont fendus d’un quitus tout aussi hasardeux que précipité, alors que personne ne leur a rien demandé. Mais visiblement, le coq gaulois n’a pas besoin d’être invité à l’élégie ivoirienne pour caqueter juste pour montrer qu’il est toujours là et qu’il a toujours voix au chapitre alors que, depuis un lustre, il n’est plus en odeur de sainteté au Gbagboland. Retour donc à la case départ au moment où la machine électorale semblait bien huilée et qu’une vingtaine de candidatures officielles avaient déjà été réceptionnées par la Commission électorale indépendance (CEI). Mais qu’est-ce qui coince donc encore au pays d’Houphouët ?

Si le retard accusé dans l’établissement des listes électorales est d’une évidence criarde, le "casus belli" serait la nationalité douteuse de nombre d’électeurs mis sur le tapis par le camp présidentiel, qui veut ainsi ouvrir la chasse aux faux Ivoiriens qui seraient, malgré les nombreuses précautions prises, passés à travers les mailles du fichier électoral.

Les seconds couteaux de Laurent Gbagbo contesteraient, en effet, la capacité à voter de quelque 2 millions d’électeurs, suspectés d’ivoirité douteuse, et qui doivent faire certifier leur nationalité par la Justice avant de pouvoir rejoindre les 4,3 millions de citoyens déjà enregistrés sur les listes. Ces mêmes 4,3 millions d’électeurs donc qui, en 2000, étaient allés aux urnes pour départager le général balayeur Robert Guéi, Laurent Gbagbo et quelques comparses triés sur le volet.

Dans un scrutin qui s’annonce forcément serré, il faut, certes, s’entourer de toutes les précautions pour neutraliser les imposteurs, mais on se croirait revenu à cette époque maudite où les diables régnant en Eburnie avaient mis le feu aux poudres par cette funeste trouvaille de l’ivoirité.

La suite, on la connaît, et l’histoire en retiendra une Côte d’Ivoire à jamais déstabilisée, aussi bien politiquement qu’économiquement ; des populations entières massacrées, et cette chasse éhontée aux étrangers ouverte au nom de l’ivoirité. Il ne faut donc pas jouer avec le feu, surtout quand on s’est déjà brûlé.

Aujourd’hui, les protagonistes de la crise semblent s’être fait une nouvelle religion, mais cette situation de ni-guerre ni-paix n’augure rien de bon alors que les ex-rebelles du Nord sont accusés de se réarmer contre vents et marées ; que Laurent Gbagbo, selon ses contempteurs, se préparerait à réprimer militairement tout mouvement de protestation.

Même si tout cela ne relevait que de la farce ou du fantasme, il resterait néanmoins l’équation à multiples inconnues de cette introuvable date du scrutin présidentiel à résoudre. Et là, Laurent Gbagbo ne sera pas le premier à se triturer les méninges ; lui qui, depuis quatre longues années maintenant, occupe le palais de Cocody, sans contrat de bail.

La rédaction

Notes : (1) C’est ainsi qu’on appelle l’attiéké dans les milieux populaires ivoiriens

L’Observateur Paalga

 

mercredi, 28 octobre 2009

Affichage de deux listes : A quel jeu joue la Cei ?

mercredi 28 octobre 2009 - Par Le Mandat
Débat
de CEI par DR
Photo: le Président de la CEI, Robert Beugré Mambé sur le plateau de la télévision nationale

Apparemment la Cei veut créer les conditions du report des élections. Non contente de retarder l`affichage de la liste électorale provisoire sous prétexte que les cas litigieux sont en train d`être traités, la structure de Robert Beugré Mambé annonce l`affichage de deux listes : celle des 4,3 millions de personnes inscrites sur la liste provisoire et celle des 1,9 millions de personnes à l`identité douteuse. D`où vient-il que la Cei veuille afficher deux listes là où les textes demandent l`affichage d`une seule et unique liste. En effet, dès la réception de la liste électorale provisoire par le chef de l`Etat, dans sa forme numérique, celle-ci devait être affichée les jours qui suivent. Et depuis, cela fait plus de 21 jours que cet affichage n`est pas fait. En affichant deux listes distinctes, ce qui ressemblerait à une catégorisation des ivoiriens, la Cei veut créer expressément des difficultés en vue de compromettre davantage le 29 novembre. Est-ce qu`en moins d`un mois, on peut raisonnablement évacuer tous les contentieux électoraux, distribuer les cartes d`électeur et d`identité nationale ? La catégorisation des ivoiriens à travers l`affichage de deux listes électorales relève d`un très mauvais calcul. On serait même tenté de dire que la Cei a fait inutilement perdre le temps. Et au lieu de nous afficher une liste électorale provisoire propre à la suite de laquelle les concernés devront engager le règlement du contentieux, la Cei veut nous proposer autre chose. Nous pensons que vu le caractère confligène de cette décision, les responsables de la Cei accepteront de revenir sur leur décision pour afficher dans un délai plus raisonnable, la liste électorale provisoire.


Rodolphe Flaha

lundi, 05 octobre 2009

La Côte d’Ivoire a sa liste électorale

Le document a été remis jeudi au Premier ministre Guillaume Soro

La liste électorale provisoire est enfin disponible en Côte d’Ivoire. Prévue initialement le 15 septembre dernier, elle a finalement été livrée dans une boîte noire jeudi au Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro. Cette publication marque une étape cruciale en vue de la présidentielle prévue le 29 novembre.

Ils seraient plus de 6,3 millions, sur une population estimée à près de 20 millions d’habitants, à pouvoir voter lors de la présidentielle du 29 novembre. La liste électorale provisoire a été remise jeudi au Premier ministre Guillaume Soro par le groupe français Sagem chargé, avec l’Institut national de la statistique, de son contrôle et de sa certification. Selon le quotidien gouvernemental ivoirien Fraternité matin, ce document a « validé plus de 2,6 millions de personnes figurant sur le fichier historique, établi 904 800 nouveaux Ivoiriens et plus de 49 700 étrangers et 2,7 millions de personnes ne se trouvant nulle part dans les fichiers historiques ».

La liste sera rendue publique après la validation de la liste provisoire par le président Gbagbo, qui devrait en prendre connaissance lundi, et par les partis politiques qui peuvent légalement la contester. Le fichier validé sera ensuite rapidement mis sur la Toile, avant d’être imprimé, distribué et affiché dans tous les centres d’enrôlement de Côte d’Ivoire, dans la perspective du premier tour de la présidentielle, prévu le 29 novembre prochain. Dans le même temps, les Ivoiriens recevront leurs cartes d’identité et d’électeurs.

Une étape décisive

La disponibilité de la liste électorale devrait rassurer le Conseil des Nations unies. Dans un communiqué publié mardi dernier, l’Onu avait « fait part de sa préoccupation face au retard de la publication des listes électorales ». La commission électorale n’avait pas pu respecter la date limite du 15 septembre en raison, selon elle, de moyens financiers insuffisants et de problèmes logistiques.

Plusieurs fois ajournée depuis la fin du mandat du président Gbagbo en 2005, l’élection à venir est censée mettre fin à la crise politico-militaire que connaît la Côte d’Ivoire depuis 2002, suite au coup d’Etat manqué de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) dirigée par Guillaume Soro.

Source : afrik.com

Dossier : Côte d’Ivoire : l’ultime processus de paix ?