jeudi, 03 décembre 2009

Sarkozy refuse les clics et prend ses claques

Platon, photographe attitré du célèbre magazine new-yorkais «The New Yorker», a tiré le portrait de 49 dirigeants du monde. Le président français, qui «déteste les photos», est absent de cette impressionnante galerie.

 

Libération.fr

Capture d'écran du site du New Yorker.

Capture d'écran du site du New Yorker. (DR)


Ils sont presque tous là. Il y a Barack Obama, sérieux. Silvio Berlusconi, narquois. Dmitri Medvedev, toisant. Mais aussi Gordon Brown, Silvio Berlusconi, Mahmoud Abbas, Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe, ou encore Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez.

Au total, ce sont 49 chefs d'État et de gouvernement qui ont posé pour Platon, le photographe du prestigieux magazine américain «The New Yorker». La séance photo s'est déroulée en septembre dernier, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et s'est étalée sur cinq jours.

Parmi les absents de marque, Hu Jintao (Chine), Angela Merkel (Allemagne) mais aussi Nicolas Sarkozy. Le président français n'a pas voulu se prêter à cette exceptionnelle séance de photographie. Platon, interviewé par la radio américaine NPR, raconte l'échec de sa tentative d'approche auprès de Nicolas Sarkozy.

«Il était si impoli et agressif. C'était un choc pour moi. Quand je lui ai tendu la main, il l'a regardée et a refusé de la serrer. Il a dit (en français dans le texte, ndlr): " Qu'est-ce que c'est?! Non! Je déteste les photos!". Et il est parti en agitant la main en l'air et en criant: "Je déteste les photos".»

Si le photographe a pu installer son studio à deux pas des marches de l'Assemblée générale après un travail préparatoire de plusieurs mois des équipes du «New Yorker» auprès des délégations, il évoque également la difficulté à convaincre les dirigeants de se laisser tirer le portrait. «Pour eux, c'est pire que d'aller chez le dentiste», raconte-t-il.

Mais malgré un emploi du temps plus que serré, ils sont nombreux à accepter de consacrer 15 à 20 minutes à Platon. Pour eux, il s'agit aussi d'une reconnaissance. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi, demande qu'on le «prenne à [son] avantage».

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lui, inspire un sentiment «étrange» à Platon. «Il est très petit. Son esprit est presque enfantin. Il ricane comme un enfant. Mais il y a cet énorme entourage autour de lui, loin d'être enfantin. J'ai essayé de saisir cet air naïf dans son visage», témoigne le photographe. Qui avoue aussi que Jacob Zuma, le président sud-africain, «se moque» franchement de lui.

jeudi, 12 novembre 2009

Mahmoud Abbas : l’échec d’un imposteur

Il n’y a pas de doute possible. Le peuple palestinien est sacrifié par la communauté internationale qui ferme les yeux sur une injustice abyssale. Comment comprendre qu’on exige aujourd’hui aux Palestiniens de retrouver la table de négociations sans condition, alors que le camp d’en face, israélien, lui, refuse de geler la colonisation, crachant une fois de plus sur le vrai préalable à la reprise du processus de paix ? Mahmoud Abbas semble être pris subitement d’une crise de conscience, après avoir été le vrai fossoyeur de son peuple, foulant au pied ses intérêts, pour les siens propres.

Abou Mazen a annoncé le 5 novembre dernier qu’il ne se représentera plus à sa propre succession. Les réactions en chaîne qui ont suivi sa décision sont à la mesure de son échec cuisant à la tête de cette autorité palestinienne moribonde. Dindon de la farce de la paix, victime de l’intransigeance israélienne et du poker menteur américain, la dite autorité n’est victime que de sa naïveté ou simplement de son égoïsme. La Palestine sera-t-elle placée sous mandat onusien ? Laissera-t-on finalement Israël réaliser son rêve, celui de coloniser toute la Cisjordanie et Jérusalem-Est ? Selon de nombreux observateurs, on y prend le chemin, puisque les américains, seuls habilités à pouvoir faire plier Israël, par la parole de la secrétaire d’État Hillary Clinton qui a déclaré comme historique et jugeant “sans précédent” la proposition israélienne de gel de la colonisation limité dans le temps. Une escroquerie de 6 mois pourtant.
Après la rencontre sournoise entre le président américain Barack Obama et le premier-ministre israélien Benyamin Netanyahou en début de semaine à Washington, c’est le secrétaire général de la Maison Blanche Rahm Emanuel qui a déclaré :« Je suis persuadé que Netanyahou comprend les enjeux stratégiques des progrès de la paix. Nous agirons comme des amis qui ont contracté une alliance. Le président et ce Congrès comprennent les dangers qu’Israël est prêt à encourir et nous serons à ses côtés à chaque étape » C’est dit. Rien de nouveau sous le soleil, et même dialectique de l’administration Bush. Et pourtant, Netanyahou est bien le problème dans ce processus de paix. Le voir comme stratège de paix, c’est prendre des vessies pour des lanternes.
Après la commémoration du cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, en France, à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart dans les Hauts-de-Seine (9-2), le 11 novembre 2004, voici que l’autorité palestinienne par manque d’hommes charismatiques, risque de se saborder. La question est donc de savoir quelle alternative suivre. Selon certains sondages, le seul à pouvoir représenter les Palestiniens n’est autre que Marouane Barghouti, responsable du Fatah qui, ironie du sort, est emprisonné à vie en Israël. In fine, seul reste en lice, le responsable du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyéh. Ne va-t-on pas nous refaire le coup du Hamas, vainqueur d’une élection démocratique et empêché de gouverner ?
La thrombopénie de Yasser Arafat a tué la Palestine et lui-même. Elle a permis de voir une succession de mensonges émailler des négociations de paix à géométrie variable. Tout pour Israël, rien pour la Palestine. En ce moment, certains se focalisent sur la colonisation. Or, il y a pire. Depuis la fin de la guerre de Gaza, malgré le rapport sans appel du juge sud-africain Goldstone mettant en cause Tsahal et le Hamas bien sûr, Israël continue son embargo abscons sur ce territoire, en toute impunité. Entièrement détruit, Gaza n’a même pas le droit de recevoir des matériaux de construction. Ainsi, les populations s’organise et, actuellement, la terre cuite a le vent en poupe pour la fabrication des briques.
Si Mahmoud Abbas met à exécution ses menaces, probablement, ce serait plutôt une bonne chose pour la Palestine mais une mauvaise pour Israël. D’ailleurs, les autorités israéliennes l’ont compris et supplient le président de l’autorité palestinienne de rester en revenant sur sa décision. Un vrai baiser de Judas s’il en est, d’autant plus qu’il n’a jamais obtenu gain de cause en 5 ans de pouvoir. Alors, pourquoi continuer ? Mais, compte tenu de la faiblesse politique de certains cadres du fatah, de Salam Fayyad à Ahmed Qoreï, incapables de réellement succéder à Mahmoud Abbas, Israël, réel père fondateur du Hamas comme le révèle le dernier opuscule de Charles Enderlin, "Le grand aveuglement" ne va-t-il pas être contraint de libérer Marouane Barghouti considéré comme le Nelson Mandela palestinien ?

vendredi, 06 novembre 2009

Abbas s'en va, quel avenir pour le Fatah?

Par SYLVAIN MOUILLARD

Manifestation de soutien à Mahmoud Abbas à Ramallah le 6 novembre 2009

Manifestation de soutien à Mahmoud Abbas à Ramallah le 6 novembre 2009 (REUTERS/Ammar Awad)


Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi devant les dirigeants de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du Fatah qu'il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat lors des élections générales en janvier prochain. Une décision refusée par le comité exécutif de l'OLP, qui affirme toujours soutenir Abbas.

Comment comprendre ces informations contradictoires? Abbas bluffe-t-il, ou a-t-il réellement l'intention de jeter l'éponge? Quelles seraient les conséquences pour le Fatah et l'Autorité palestinienne, et plus largement, pour le processus de paix dans la région?

Peut-on croire Abbas ?

L'annonce est inédite. Abu Mazen (son nom de guerre) avait déjà évoqué la possibilité de ne pas se représenter, mais en comité restreint. Cette fois, l'annonce en conférence de presse a un impact beaucoup plus important. «Il a fait cette déclaration publiquement, je ne l'imagine pas revenir sur sa décision», explique Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l'université Paris 8 de Saint-Denis.

Il ne croit pas à la thèse selon laquelle Abbas effectuerait un coup tactique, visant à resserrer les rangs autour de sa personne en menaçant de se retirer. Pour lui, les causes de ce retrait sont multiples: une certaine lassitude, d'abord, chez un homme de 73 ans, lassé des conflits internes dans un parti exsangue.

Les tergiversations américaines dans le processus de paix sont également un facteur important. Abbas l'a d'ailleurs mentionné lors de sa conférence de presse: «Nous avons été surpris par son soutien (ultérieur) pour la position israélienne», a-t-il déploré, en allusion aux propos d'Hillary Clinton sur un gel partiel de la colonisation.

«Ce n'est pas un hasard si Abbas fait cette déclaration quelques jours après la visite de Clinton. Les signaux envoyés indiquaient que le niveau d'exigence américain avait baissé, et qu'Abbas ne pouvait pas espérer obtenir grand chose, détaille Julien Salingue. Il ne voulait pas porter la responsabilité de la destruction du mouvement national palestinien.»

Enfin, la légitimité d'Abbas, pourtant un des derniers cadres historiques de l'OLP et héritier d'Arafat, n'est même plus absolue au sein de l'OLP et du Fatah. «Elle est tombée très bas dans l'opinion de la population palestinienne après l'affaire du rapport Goldstone», souligne Julien Salingue.

Quelle influence pour le Fatah ?

L'impact de la déclaration d'Abbas doit être relativisé, pour la simple raison que la tenue d'élections en janvier prochain était hautement improbable. Depuis 2007, l'Autorité palestinienne n'exerce plus son autorité qu'en Cisjordanie. L'échec récent d'un accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah avait ruiné l'hypothèse d'un vote le 24 janvier prochain. Un scrutin «fantôme», dans la seule Cisjordanie, aurait été désastreux pour l'image du parti fondé par Arafat

Reste que la décision d'Abbas ouvre une période d'incertitude pour le Fatah. «Si le comité exécutif insiste tant pour qu'il se présente, c'est que personne ne veut y aller à sa place. Son retrait, c'est la guerre ouverte à l'intérieur du Fatah, avance Julien Salingue. Personne d'autre n'avait cette légitimité pour parvenir à un consensus.»

Avant de parler de réconciliation avec le Hamas, préalable indispensable à la tenue d'élections crédibles, il va donc falloir que le Fatah se reconstruise. Selon le chercheur, le parti «a autant de lignes que de membres au comité central. C'est un conglomérat de réseaux personnels, de corruption...»

Plusieurs noms sont aujourd'hui évoqués (Fayyad le Premier ministre, les anciens chefs des services de sécurité Rajoub et Dahlan) mais aucun ne semble de nature à rassembler. «Dahlan et Rajoub sont sur une ligne proche, mais ce sont des ennemis personnels», précise Salingue. Quant à Marwan Barghouti, il est toujours emprisonné en Israël

Le processus de paix existe-t-il encore?

Au délitement du Fatah s'ajoutent deux éléments n'incitant guère à l'optimisme: un Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui campe sur ses positions et refuse tout arrêt de la colonisation, et une administration Obama qui ne semble plus faire de ce dossier une priorité.

Pour Julien Salingue, «on assiste à l'acte de décès du processus d'Oslo, dont le bilan catastrophique révèle des contradictions indépassables: on demande à l'Autorité palestinienne de maintenir l'ordre, d'assurer la croissance économique mais sans lui accorder de souveraineté réelle ni de continuité territoriale».

PALESTINE : Qui peut remplacer Mahmoud Abbas ?

Plusieurs figures peuvent prétendre prendre la place du numéro un de l'Autorité palestinienne. Un quotidien israélien analyse les chances des uns et des autres.

06.11.2009 | Ali Waked | Yediot Aharonot

Que la chance soit avec vous, M. Abbas ! (Vous en aurez bien besoin !)

Mohammed Dahlan et Marwan Barghouti comptent parmi les possibles successeurs du président palestinien

Mohammed Dahlan et Marwan Barghouti comptent parmi les possibles successeurs du président palestinien

Les spéculations vont bon train depuis que Mahmoud Abbas a annoncé qu’il ne souhaitait pas briguer un second mandat à la présidence de l’Autorité palestinienne. S’il ne change pas d’avis, nous devrons nous préparer à accueillir un nouveau visage à la table des négociations. Sera-ce l’honorable Mohammed Dahlan [proche de Mahmoud Abbas, soutenu par les Américains ; voir CI n° 990] ? Le président Nasser Al-Qidwa [président de la Fondation Yasser Arafat] ? Ou, pourquoi pas, le prisonnier Marwan Barghouti [symbole de la seconde Intifada] ? Bien que certains estiment que Mahmoud Abbas ne mettra pas sa menace à exécution et finira par se représenter, les noms de successeurs potentiels ont déjà commencé à circuler. Le plus en vue est Mohammed Dahlan, qui est ressorti de la convention du Fatah comme étant le personnage le plus puissant du Comité central du parti.

Dahlan jouit d’un soutien croissant dans l’opinion publique ainsi que parmi les vieux combattants, qui n’interviennent pas encore à ce stade de la décision. Considéré comme l’une des figures les plus charismatiques du Fatah, il paraît digne d’en prendre le commandement. Il devra toutefois se défendre contre la cabale orchestrée contre lui par le Hamas et les médias radicaux. Ces derniers ont entrepris de détruire sa réputation et en ont fait un personnage hautement controversé. Le stratagème pourrait pousser certains militants du Fatah à se demander si un homme aussi contesté, malgré toutes ses qualités, mérite de les diriger.

Un autre nom circule, celui d’Abou Maher Ghneim, numéro deux du Fatah et vétéran de Tunisie. De retour dans les territoires palestiniens après de longues années d’exil, il serait le successeur naturel de Mahmoud Abbas, dont il est le bras droit. C’est toutefois le seul avantage qu’il possède sur ses potentiels rivaux. Certaines sources au sein de l’Autorité palestinienne révèlent en effet qu'il n’est pas un animal politique et qu’il n’est certainement pas capable de gouverner l’Autorité palestinienne. Même ses collaborateurs les plus proches indiquent qu’il ne souhaite pas se porter candidat.

Il a également été question de Nasser Al-Qidwa, ancien ambassadeur de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) auprès des Nations unies et ministre des Affaires étrangères à la retraite. Ses qualités politiques et leur reconnaissance au niveau international constituent ses principaux atouts. Il ne compte pas beaucoup de partisans au sein du Fatah, mais le fait qu’il soit le neveu de l’ancien président Yasser Arafat peut jouer en sa faveur. Toutefois, son manque de soutien institutionnel et ses affinités avec l’aile la plus radicale du parti peuvent nuire à sa candidature.

Enfin, le dernier candidat éventuel est Marwan Barghouti, ancien chef du Tanzim [bras armé du Fatah] et député du Fatah, actuellement en détention dans une prison israélienne. Les derniers sondages les plus fiables lui accordaient une belle cote de popularité. Il reste une figure très respectée à presque tous les échelons du Fatah comme parmi les militants. Il serait le candidat qui aurait le plus de chances de battre le Hamas, car il est jugé comme un homme capable, incorruptible et fidèle à ses principes. Les seuls obstacles qui se dressent sur son chemin jusqu’à la présidence sont toutefois les barreaux et les geôliers qui le retiennent derrière les murs d’une prison israélienne. Sa candidature perd ainsi beaucoup de sa pertinence et ne manquera pas de susciter de fortes objections au sein du Fatah.

Quel avenir pour Mahmoud Abbas ?

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Le président palestinien Mahmoud Abbas.
(Photo: Fari Arouri/ Reuters)



Par RFI

Le président palestinien, élu en 2005, a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections générales prévues en janvier. Une décision qu'il a qualifiée d'irrévocable. « Ce n'est pas une manoeuvre », a-t-il précisé. Son retrait, qui survient sur fond de blocage du processus de paix israélo-palestinien et aussi sur fond de division entre Palestiniens, signifie-t-il la fin de sa carrière politique ?

Mahmoud Abbas ne devrait pas s'effacer d’un coup de la scène politique palestinienne. Rappelons qu'il a convoqué tout récemment des élections présidentielle et législatives dans les Territoires palestiniens. Elles sont programmées pour le 24 janvier prochain. Mais le Hamas a immédiatement annoncé qu'il n'organiserait pas ce scrutin dans la bande de Gaza dont il a le contrôle. On voit donc mal comment les élections pourraient avoir lieu. Mahmoud Abbas, qui n'a pas parlé de démission jeudi, devrait rester en poste, jusqu'à un horizon inconnu à l'heure actuelle.

Ce qui pourrait commencer dès vendredi, en revanche, c'est une crise de succession au sein de l'Autorité palestinienne comme au sein du Fatah (le parti majoritaire au sein de l'OLP) dont Mahmoud Abbas est un des membres fondateurs aux côtés de Yasser Arafat, auquel il a succédé en 2005.

Pas de justification claire, mais les profondes divisions entre Palestiniens et le blocage du processus de paix peuvent sans doute expliquer la décision de retrait de Mahmoud Abbas. En tout cas, dans son discours jeudi soir, il a vivement critiqué l'attitude d'Israël et aussi celle du Hamas. C'est sous la présidence de Mahmoud Abbas que les islamistes du Hamas ont remporté les élections législatives de 2006 puis ont pris le contrôle de la bande de Gaza l'année suivante. Depuis, la fracture entre les frères ennemis empêche les Palestiniens de faire front.

Du côté du dialogue avec Israël, là aussi, Mahmoud Abbas prend acte du blocage : échec du processus d'Annapolis lancé en 2007 par George Bush et, plus récemment, refus israélien de geler la colonisation malgré les pressions de Barack Obama. Dans son discours, le président palestinien a d'ailleurs aussi critiqué l’administration Obama pour son soutien à Israël.

Retrait d'Abbas : les réactions de la presse israélienne

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

En Israël officiellement, on se contente d’affirmer que la décision du président palestinien est le résultat de pressions internes au sein de l’Autorité palestinienne, mais dans l’entourage du Premier ministre Benyamin Netanyahu, on dit maintenant ce qui n’a pas été dit depuis la mise en place de l’administration israélienne, « Mahmoud Abbas est un partenaire du processus de paix ». « Le fait que le président palestinien reste à son poste est un intérêt israélien », souligne même une source bien placée.

Pour Yediot Aharonot, « C’est le début du déluge ». Maariv parle du « show menaçant du président palestinien », avec ce commentaire qui en dit long : « Israël risque sous peu de le regretter ».

« La décision de Mahmoud Abbas est-elle sérieuse ou bien s’agit-il d’un subterfuge ? », demande la presse dans son ensemble.

Pour Haaretz, Israël avait Mahmoud Abbas dans son « collimateur », mais la victoire temporaire de Netanyahou risque de se transformer rapidement en un nouveau fiasco pour la politique extérieure israélienne.

Et surtout ce que l’on trouve ce matin dans tous les journaux israéliens, c’est la liste des candidats palestiniens à la succession de Monsieur Abbas. Et celui qui arrive en tête de liste, c’est Marwan Barghouti, à l’heure actuelle derrière les barreaux en Israël.

Et de l’avis quasi-général, les dirigeants israéliens vont devoir choisir : le libérer ou alors céder le terrain au Hamas.

Abbas jette l'éponge avant l'élection de janvier

Pierre Prier (lefigaro.fr), 05/11/2009


La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010.
La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010. Crédits photo : AFP

En refusant de se représenter, le président palestinien tente un coup politique.

Le président de l'Autorité palestinienne menace de jeter l'éponge pour tenter de sortir de l'impasse. Jeudi, Mahmoud Abbas a essayé la tactique de l'électrochoc en annonçant qu'il ne se présenterait pas à l'élection pour la présidence de l'Autorité palestinienne, prévue le 24 janvier, en même temps que les législatives. Mahmoud Abbas avait pourtant fixé lui-même la date de ces élections il y a quinze jours. L'annonce a été faite au cours d'une réunion de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentant tous les Palestiniens, qu'ils vivent dans les Territoires ou dans la diaspora.

Plusieurs dirigeants palestiniens, qui n'envisagent pas les élections sans le président sortant, ont aussitôt déclaré qu'ils le pressaient de revenir sur sa décision. «Mahmoud Abbas est réellement furieux», comment le politologue palestinien Khalil Chahine, selon qui le président palestinien réagit ainsi aux déclarations de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Le week-end dernier, à Jérusalem, Clinton avait soutenu publiquement le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui veut une reprise des négociations avec les Palestiniens sans gel préalable des colonies, revenant ainsi sur la position de Barack Obama. Hillary Clinton a ensuite fait machine arrière, mais ses propos continuent de susciter le désarroi du président palestinien.

«Il a dit aux dirigeants de l'OLP qu'il avait l'impression que le programme sur lequel il avait été élu il y a cinq ans, c'est-à-dire un processus de paix avec Israël, était un échec», affirme Khalil Chahine.

Le message, ajoute le politologue, s'adresse aussi à certains «frères arabes». Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, avait lui aussi, mercredi au Caire, semblé abandonner le préalable du gel des colonies, appelant Israéliens et Palestiniens à se «concentrer sur l'objectif final plutôt que de perdre du temps à exiger telle ou telle chose». Jeudi, Aboul Gheit a également reculé, affirmant que «le début des négociations vient soit avec le gel complet de la colonisation, que nous continuons de réclamer, soit si nous recevons des garanties sans équivoque que l'État palestinien se tiendra sur les frontières de 1967, y compris Jérusalem.»

 

Un message au Hamas

Mahmoud Abbas peut aussi souhaiter envoyer un message au Hamas, le mouvement islamiste qui tient la bande de Gaza. Les négociations pour une réconciliation, parrainée par l'Égypte, sont au point mort. La décision de Mahmoud Abbas, qui s'estime légitime sur tous les territoires palestiniens, d'organiser des élections en janvier y compris à Gaza, s'était heurtée au refus du Hamas, qui préférerait le mois de juin. Et Abbas a seulement dit : «pas en janvier».

Toutefois, si la surprise de Mahmoud Abbas n'est pas dénuée de tactique politicienne, et si ce n'est pas la première fois que le président de l'Autorité menace de démissionner, elle prend cette fois une dimension plus désespérée. La veille, le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, avait menacé de saborder purement et simplement l'Autorité palestinienne et la «solution à deux États», l'un israélien et l'autre palestinien. À sa place, les Palestiniens «devraient poursuivre une solution à un seul État, où chrétiens, juifs et musulmans seraient égaux.»

Là encore, ce n'est pas la première fois que cette menace est agitée par les Palestiniens. Le renoncement de Mahmoud Abbas à se présenter en janvier apparaît toutefois comme un premier pas vers l'usage de l'arme ultime de dissuasion politique. Même si elle n'est pas utilisée, la dernière séquence laissera des traces.

«En disant devant l'OLP que le processus de paix avait échoué, Abbas est allé très loin, dit Khalil Chahine. Mais il n'a pas évoqué de stratégie de remplacement.» Preuve que le président palestinien espère toujours en une forte pression américaine sur Israël ? Sans doute. «Mais s'il n'est pas écouté, il lui faudra définir un nouveau mode d'action, qui ne pourrait reposer que sur la résistance populaire. Il faudra écouter avec attention sa prochaine intervention.» Jeudi, des rumeurs de discours solennel du président à la nation circulaient à Ramallah.

LIRE AUSSI

» Benyamin Nétanyahou gagne le soutien de Hillary Clinton

jeudi, 05 novembre 2009

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Publié le 05/11/2009 par Le Point.fr


AFP

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Mahmoud Abbas pourrait jeter l'éponge © Olivier Douliery/ABACAPRESS.COM

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Le président Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne se représenterait pas à la tête de l'Autorité palestinienne en janvier prochain. Le secrétaire général du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, a précisé que le comité exécutif avait "rejeter sa décision à l'unanimité". En clair, les dirigeants de l'OLP ont fait savoir qu'ils soutenaient toujours Mahmoud Abbas comme leur candidat à la présidentielle du 24 janvier.

Le scrutin présidentiel doit se tenir en même temps que des législatives. La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les États-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler complètement la colonisation dans les Territoires palestiniens. L'Autorité palestinienne réclame un arrêt total de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967) avant une reprise des négociations de paix. Le contentieux de la colonisation constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, bloquées depuis près d'un an. "Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne veut pas être un candidat (à la présidentielle) en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix", a expliqué un dirigeant du Fatah (le parti de M. Abbas), Nabil Shaath.

La "feuille de route" restée lettre morte

Le week-end dernier, lors d'une visite à Jérusalem, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé son soutien à la position du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui veut une reprise des pourparlers sans pré-condition et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation. Même si Hillary Clinton a précipitamment fait marche arrière depuis, ses propos à Jérusalem ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.

"Les Américains ont abandonné leurs obligations", a déploré jeudi Nabil Shaath, soulignant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la Feuille de route en 2003. La Feuille de route, adoptée par le Quartette pour le Proche-Orient (UE, États-Unis, Russie et ONU), prône notamment la coexistence au Proche-Orient de deux États, Israël et la Palestine, la fin des violences et de la colonisation juive.

mercredi, 07 octobre 2009

Rapport Goldstone : La volte-face de Mahmoud Abbas

Par RFI. Article publié le 07/10/2009 


Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne.(Photo : Reuters)

Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne.
(Photo : Reuters)

Le président de l’Autorité palestinienne apporte son appui à la demande formulée par la Libye, au nom du groupe des pays arabes à l’ONU, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Le but étant l’examen du rapport de la commission Goldstone, qui avait mené l’enquête sur l’offensive israélienne « Plomb durci » à Gaza. Cette demande a reçu l’accord des autorités de l’ONU. Mahmoud Abbas fait ainsi volte-face, ayant relégué dans un premier temps, l’examen de ce rapport à une date indeterminée.


Avec notre correspondante à Jérusalem, Catherine Monnet

Depuis longtemps, Mahmoud Abbas n'a plus rien d'un leader populaire. Mais lorsque la délégation palestinienne à l'ONU a accepté, la semaine dernière, sous la pression américaine, de remettre aux calendes grecques l'examen du rapport Goldstone, les critiques et les appels à démission ont atteint une ampleur inégalée. Au point que le président de l'Autorité palestinienne a fait savoir le 6 octobre, par la voix du chef des négociateurs Saeb Erakat, qu'il avait changé d'avis et qu'il allait envisager de « demander au bloc arabe et islamique de présenter officiellement le rapport Goldstone » aux différentes institutions onusiennes et internationales.

Un proche du président Abbas a également reconnu que l'Autorité palestinienne « avait fait une erreur » en acceptant de suspendre la procédure d'examen du rapport Goldstone, à la demande de Washington qui s'inquiétait des répercussions que cela pourrait avoir sur le processus de paix.

Cette volte-face ne mettra peut-être pas un terme aux nombreux appels à démission. Mais elle devrait quand même permettre au président palestinien de reprendre la main, à un moment où les risques d'embrasement à Jérusalem sont très élevés et où l'émissaire américain George Mitchell revient dans la région pour tenter, une nouvelle fois, de relancer les pourparlers de paix.

 

mercredi, 23 septembre 2009

Les Palestiniens intransigeants sur le gel de la colonisation

23/09/2009 | AFP


Mahmoud Abbas a rencontré mardi Barack Obama et Benjamin NetanyahuMahmoud Abbas a rencontré mardi Barack Obama et Benjamin Netanyahu© DR

L'Autorité palestinienne s'est montrée mardi intransigeante sur le gel de la colonisation juive avant toute négociation avec Israël, après un sommet à New York marquant une intervention accrue du président américain Barack Obama dans les efforts de paix au Proche-Orient.

"Nous avons insisté (lors du sommet) sur la nécessité du respect par Israël de ses engagements, notamment l'arrêt de la colonisation sous toutes ses formes, y compris la croissance naturelle", a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas peu après la rencontre sans précédent avec M. Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"La reprise des négociations dépend (aussi) de la définition de bases claires pour ce processus. Ces bases doivent être une reconnaissance (israélienne) que le retrait doit se faire selon les frontières du 4 juin 1967", avant la conquête des territoires palestiniens par Israël, a ajouté M. Abbas.

"Notre position avant ce sommet et après reste la même", a-t-il dit.

Obama fait pression

Lors du sommet, dont la tenue est longtemps restée incertaine en raison du refus de M. Netanyahu de geler la colonisation comme le souhaite Washington et l'exige M. Abbas, M. Obama a mis la pression sur les deux dirigeants pour les amener à se serrer la main et les presser de reprendre au plus vite les négociations suspendues fin 2008.

Il leur a aussi demandé d'envoyer leurs négociateurs la semaine prochaine à Washington pour poursuivre les discussions de mardi avec l'émissaire américain George Mitchell, rentré bredouille vendredi de sa dernière mission dans la région.

Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a précisé que les négociateurs des deux bords auraient à cette occasion des rencontres "séparées" avec M. Mitchell.

"L'arrêt de la colonisation, y compris la croissance naturelle, ne saurait faire l'objet d'un compromis", a insisté M. Erakat.

"Si les Etats-Unis n'arrivent pas à contraindre Israël de geler la colonisation, qui peut croire qu'ils seront capables d'amener Israël à se retirer des territoires occupés ou à résoudre des questions comme le sort de Jérusalem ou des réfugiés", a-t-il ajouté.

"Aucune percée lors du sommet"

Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a abondé dans le même sens.

"Nos exigences pour une reprise des négociations n'ont pas changé après ce sommet, à savoir notamment l'arrêt total de la colonisation", a dit M. Abou Roudeina. "Aucune percée n'a été enregistrée lors du sommet", a-t-il ajouté.

M. Mitchell, qui a assisté au sommet, a lui aussi reconnu que des divergences persistaient entre Israéliens et Palestiniens, tout en affirmant que des progrès avaient été accomplis.

"Les deux parties cherchent à relancer les négociations le plus vite possible bien qu'il y ait des divergences sur la manière de procéder", a-t-il dit à la presse.

Sans s'attarder sur le sujet sensible de la colonisation, M. Netanyahu a pour sa part cherché à dresser un tableau moins sombre du sommet.

"Il y a eu un accord général, y compris des Palestiniens, que le processus de paix doit reprendre le plus tôt possible sans conditions préalables", a-t-il dit.

"Il n'y a eu ni vainqueur ni vaincu (...). Une reprise des négociations serait dans l'intérêt de toutes les parties, nous, les Palestiniens et les Etats-Unis, et la cause de la paix", a-t-il ajouté.

M. Netanyahu, qui dirige depuis avril un des gouvernements le plus à droite dans l'histoire d'Israël, avait accepté en juin le principe de la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël tout en posant des conditions lui ôtant tous les attributs de souveraineté.

mardi, 22 septembre 2009

Obama, Netanyahu et Abbas… seulement pour la photo ?

Par Nicolas Falez(rfi.fr). Article publié le 21/09/2009 


Le président américain Barack Obama, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas.(Montage : RFI)

Le président américain Barack Obama, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas.
(Montage : RFI)


Le président américain Barack Obama, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas se réuniront ce mardi à New York. Une première depuis l’arrivée du dirigeant américain à la Maison Blanche (janvier 2009) et depuis l’arrivée aux affaires du chef du gouvernement de l’Etat hébreu (suite aux législatives israéliennes de février). Les trois hommes seront réunis pour la photo mais pas pour la relance du processus de paix, voulue par l’administration Obama.

Cette rencontre n'a pas été précédée par le geste fort qu'Américains et Palestiniens attendaient d'Israël, à savoir le gel de la colonisation. Certes Benyamin Netanyahu a fait des gestes : le terme « Etat palestinien » fait désormais partie de son vocabulaire et il devrait préciser prochainement les modalités d’un gel partiel de la colonisation. Gel partiel seulement... car Benyamin Netanyahu a tenu bon sur son idée de « croissance naturelle » des colonies israéliennes de Cisjordanie. « Certaines communautés (de Cisjordanie) sont devenues des villes entières, argumente le politologue israélien Emmanuel Navon, de l'Université de Tel Aviv, joint par RFI, on ne peut pas attendre de ces gens qu’ils renoncent à construire des jardins d’enfants ou des écoles ».

Une « ligne rouge » israélienne qui place en délicate posture les deux autres personnages de la « photo à trois » qui sera prise à New York, ce mardi. A commencer par le président palestinien Mahmoud Abbas, « il a avalé énormément de couleuvres au nom du processus de paix, explique le chercheur Karim Emile Bitar de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques, il estime n’avoir rien reçu en retour et son autorité est contestée par le Hamas ». Pour le dirigeant palestinien pas question donc d’accepter une relance des négociations en l’état.

Blocage

Embarras aussi du côté américain. En juin, le discours du Caire de Barack Obama avait suscité beaucoup d'espoir dans le monde arabo-musulman, notamment en vue d'une résolution du conflit israélo-palestinien. Face au blocage, le président américain doit-il revoir ses objectifs à la baisse ? « Selon Barack Obama, Israël doit geler totalement la colonisation mais du côté palestinien et du côté arabe en général, il n’a aucune exigence, estime le politologue israélien Emmanuel Navon, alors que Barack Obama lui-même avait parlé de gestes arabes pour la normalisation et que cela n’a pas été traduit par des faits ». Interrogé par RFI, le chercheur Karim-Emile Bitar (IRIS) estime que le président américain a au moins sauvé sa « photo » avec les dirigeants israélien et palestinien « pour montrer qu’il reste déterminer à aller de l’avant. Mais on se demande si cette rencontre n’est pas le chant du cygne d’une ‘solution à deux Etats’, qui semble de plus en plus illusoire au fur et à mesure que le temps passe ».

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