mercredi, 16 décembre 2009
Les pro-Tandja dénoncent "un complot de la communauté internationale"
Les partisans de Mamadou Tandja ont dénoncé les sanctions imposées au Niger© AFP Des milliers de Nigériens ont manifesté mardi à Niamey en soutien au président Mamadou Tandja qui a obtenu une rallonge de son mandat et dont l'opposition demande le départ.
"Vive 'tazartché' (la continuité), "Vive la souveraineté du Niger !", ont scandé les manifestants, dans leur écrasante majorité des jeunes qui brandissaient des portraits du chef de l'Etat.
Des conseillers du président, quelques ministres et élus du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) ont pris part à cette manifestation.
Lors d'un rassemblement devant le siège du Parlement, la foule a dénoncé les sanctions imposées au Niger par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union européenne (UE) qui ont suspendu leur coopération avec Niamey au lendemain des élections législatives controversées du 20 octobre.
L'un des organisateurs de la manifestation, Bio Abdourahamane, a estimé que "le Niger est victime d'un complot de la communauté internationale".
Le médiateur depuis samedi à Niamey
Dimanche des dizaines de milliers d'opposants avaient manifesté et réclamé le départ de Mamadou Tandja qui a obtenu grâce à un référendum très controversé le 4 août, de rester au pouvoir encore au moins trois ans, au lieu de se retirer à l'issue de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre.
L'opposition qui dénonce "un coup d'Etat" a exhorté la communauté internationale à maintenir la pression sur Niamey.
Pour arriver à ses fins, Mamadou Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique. Les législatives du 20 octobre, remportées sans surprise par le parti du pouvoir, avaient été boycottées par l'opposition.
L'ancien chef d'Etat du Nigeria voisin, Abdulsalami Abubakar a été nommé médiateur par la Cédéao. Il séjourne depuis samedi à Niamey pour poursuivre ses consultations avec les protagonistes de la crise.
10:41 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, opposition, manifestation, mamadou tandja, constitution
lundi, 23 novembre 2009
Niger: Tandja sommé de quitter le pouvoir dans un mois
le président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernier© AFP A quelques semaines de la fin du mandat de Mamadou Tandja, l'opposition nigérienne a rappelé qu'elle était hostile à la reconduite de celui-ci à la tête du pays. Par la dissolution du parlement et de la Cour constitutionnelle et le vote d'un référendum vivement décrié, Mamadou Tandja s'est pourtant assuré de pouvoir rempiler pour trois ans.
Des milliers de manifestants ont réclamé dimanche à Niamey le départ du président Mamadou Tandja qui a obtenu par un référendum controversé de rester au pouvoir jusqu'en 2012.
"Tandja doit partir!", "Non à sa Constitution!", "A bas le démolisseur de la démocratie", ont scandé les manifestants, munis de banderoles et de pancartes hostiles au régime.
Certains manifestants brandissaient des portraits des principaux opposants, comme l'ex-Premier ministre Hama Amadou et le président du parlement dissous en mai Mahamane Ousmane, qui vivent à l'étranger.
Perte de légitimité et de légalité
"Le mandat du président Tandja prend fin le 22 décembre (. . . ) il nous appartient de nous mobiliser pour mettre un point final à la restauration autocratique", a déclaré l'opposant Mohamed Bazoum lors d'un rassemblement dans le centre de la capitale. "A partir de cette date, il (Mamadou Tandja) perd toute légitimité et légalité", a-t-il ajouté.
La manifestation avait lieu à l'appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de syndicats dénonçant le "coup d'Etat" du président Tandja.
Au lieu de se retirer à la fin de deux mandats consécutifs en décembre, celui-ci avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat.
Pour pouvoir organiser ce référendum, il avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique.
12:26 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, politique, opposition, manifestation, mamadou tandja, mandat
mercredi, 11 novembre 2009
Niger : la Cour constitutionnelle valide le résultat des législatives
Le scrutin est contesté par la Cedeao et l'UE© AFP La Cour constitutionnelle nigérienne a validé les résultats des élections législatives du 20 octobre boycottées par l'opposition et critiquées par la communauté internationale, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur, Albadé Abouba.
"La Cour constitutionnelle, en son audience du 10 novembre 2009 (. . . ) a validé et proclamé les résultats définitifs des élections législatives du 20 octobre", a déclaré le ministre à la radio d'Etat.
La Cour a cependant "annulé" le vote de Tassara, une zone pastorale de la région de Tahoua (ouest), où des partielles seront organisées ultérieurement en vue d'attribuer l'unique siège de député de la circonscription, a-t-il indiqué.
L'élection de 112 députés a donc été validée, sur un total de 113 sièges au Parlement.
Le Mouvement national pour la société de développemenent (MNSD, au pouvoir) a obtenu 76 sièges.
Sanctions
La Cour a également rejeté des requêtes introduites par des indépendants et des partis politiques souhaitant l'annulation de résultats de certains bureaux de vote.
Après l'organisation de ce scrutin, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao, 15 Etats) a suspendu le Niger. L'organisation régionale, qui avait demandé le report de l'élection, ne reconnaît pas son résultat et accuse Niamey d'avoir violé des textes communautaires sur la démocratie.
La semaine dernière, l'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel".
La Cedeao et l'UE étaient déjà opposées au référendum constitutionnel très controversé du 4 août par lequel le président Mamadou Tandja, 71 ans, a obtenu une rallonge de trois ans après dix ans à la tête du pays.
Médiation
Pour organiser ce référendum, également boycotté par l'opposition, le chef de l'Etat avait dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle.
La Cedeao et l'UE ont demandé à M. Tandja de renouer le dialogue avec ses opposants.
Le pouvoir et l'opposition ont entamé lundi à Abuja, la capitale nigériane, des discussions de sortie de crise sous les auspices du général Abdusalami Abubakar, ancien chef d'Etat nigérian et médiateur de la Cedeao.
19:58 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, politique, justice, mamadou tandja, crise, élections législatives
vendredi, 06 novembre 2009
L'Union Européenne suspend son aide au développement
L'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégal© AFP Cette aide s'élevait à près d'un demi-milliard d'euros sur 5 ans. L'UE demande le "retour à l'ordre constitutionnel".
L'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel" , a-t-on appris vendredi auprès de la Commission européenne.
"La Commission européenne et les pays de l'UE ont demandé des consultations avec les autorités du Niger", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission pour les questions d'aide au développement, John Clancy.
L'aide humanitaire "pas affectée"
En attendant le résultat de ces consultations, l'UE a suspendu son aide qui s'élève à 458 millions d'euros pour la période 2008-2013. En revanche, "l'aide humanitaire n'est pas affectée par cette suspension", a précisé M. Clancy.
"Nous espérons que ces consultations auront un effet positif pour toutes les parties offrant une feuille de route claire pour le retour de l'ordre constitutionnel au Niger", a ajouté le porte-parole.
Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, au nom de la présidence suédoise de l'UE, ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".
L'UE avait déjà suspendu une aide de 180 millions d'euros
Qualifiant de "violation de la constitution" le référendum du 4 août dernier, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après 10 ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.
Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.
L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août.
Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avaient entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.
18:50 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, ue, mamadou tandja, référendum, développement
mardi, 03 novembre 2009
Niger : Accusé mais empêché de se rendre au palais de justice
Par RFI. Article publié le 03/11/2009
Mahamadou Issoufou, principal opposant du président nigérien Mamadou Tandja, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est rentré au pays pour « se mettre à la disposition de la justice ». Mais, il a été empêché de se rendre au palais de justice, déclarent ses avocats. Le président du PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), de même que Hama Amadou, ancien Premier ministre, sont accusés de blanchiment de capitaux.
Gendarmes, gardes républicains et policiers composaient un dispositif très imposant pour entourer, le 2 novembre, le palais de justice de Niamey. Les avocats de Mahamadou Issoufou ont dû le dissuader de se présenter lui-même devant le juge d’instruction. Ces derniers l'ont rencontré en lieu et place de leur client.
Maître Moussa Coulibaly, bâtonnier du Niger et avocat du président du PNDS : « Nous nous sommes fait un devoir d’aller rencontrer le juge d’instruction pour lui dire que Mahamadou Issoufou est à sa disposition et qu’il est prêt à comparaître au moment qu’il voudra. Seulement, le juge d’instruction nous a fait comprendre qu’il attendait l’exécution du mandat d’arrêt. Alors, combien de temps l’exécution de ce mandat va-t-il prendre ? Nous n’en savons rien. Je ne peux comprendre cette tragi-comédie. Vous lancez un mandat d’arrêt contre quelqu’un, il dit : je me présente. Et vous barricadez la justice pour que la personne ne puisse pas se présenter », regrette l'avocat. « C’est vraiment le monde à l’envers. Nous sommes en présence d’une véritable affaire Clearstream à la sauce nigérienne dans laquelle un faux document a été produit pour servir de base à une inculpation et, aujourd’hui, les uns et les autres sont incapables d’assumer les conséquences des actes qu’ils ont posés », constate Maître Moussa Coulibaly.
A l’heure actuelle, Mahamadou Issoufou n’a toujours pas été arrêté. Interrogé par RFI, le ministre de la Justice s’est contenté de préciser que le Niger est un Etat de droit, que la faute est personnelle et que c’était à Mahamadou Issoufou lui-même de se présenter à la justice et non à ses avocats.
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samedi, 24 octobre 2009
Niger / Elections législatives : Majorité absolue pour le parti au pouvoir
Par RFI. Article publié le 23/10/2009
Le parti Mouvement national pour la société de développement (MNDS), a remporté la majorité absolue des 113 sièges à pourvoir au Parlement lors des législatives controversées de mardi dernier, selon des résultats officiels partiels publiés ce vendredi à Niamey. Sur 100 sièges déjà attribués, le MNDS en a obtenu 68, notamment les six en jeu dans la capitale. Quatre autres formations toutes proches du pouvoir seront aussi représentées au Parlement. Onze candidats indépendants ont également été élus. Le taux de participation varie de 18% à 80%, selon les résultats partiels. Ces élections ont été boycottées par l'opposition et critiquées par la communauté internationale. Le Niger a été ainsi suspendu, mardi, de la Communauté économique des Etats d’Afrique Occidentale (CEDEAO) et l’Union européenne a menacé de suspendre sa coopération. Dans ce contexte, la future Assemblée nationale nigérienne risque de rencontrer des problèmes de légitimité, particulièrement à l'extérieur du pays.
Le président Mamadou Tandja, qui dispose déjà des pleins pouvoirs grâce à la nouvelle Constitution du 4 août, pourra désormais compter sur une Assemblée nationale toute acquise à sa cause pour mettre en œuvre les grands chantiers qu'il a promis à son peuple. Mais cette Assemblée aura du mal à exporter sa légitimité. La CEDEAO a d’ores et déjà annoncé qu'elle ne reconnaîtra pas le résultat de ces élections législatives. Conséquence : les députés nigériens ne pourront pas participer au Parlement ouest-africain dont le siège est à Abuja et qui était jusque là présidé par le nigérien Mahmane Ousmane.
Ce vendredi matin, l'Assemblée parlementaire de la francophonie a annoncé, à son tour, qu'elle ne reconnaîtra pas la nouvelle Assemblée et qu'elle suspendra probablement la section nigérienne de l'APF. Reste à savoir quel sort l'Union africaine (UA) réservera aux députés nigériens. Lundi prochain, s'ouvre à Johannesburg la session annuelle du Parlement panafricain. Cette instance continentale est composée de cinq députés de chaque Etat africain. Le Niger pourra-t-il siéger dans cette Assemblée, somme toute très symbolique ? La réponse est prévue pour jeudi prochain à Abuja, à l'occasion du sommet des chefs d'Etat du Conseil paix et sécurité (CPS) de l'Union africaine. Selon toute vraisemblance, l'UA devrait suivre la voie ouverte par la CEDEAO et, à son tour, refuser de reconnaître cette nouvelle Assemblée nigérienne
11:14 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, elections législatives, mamadou tandja
jeudi, 22 octobre 2009
Premiers résultats des législatives: le parti au pouvoir en tête
Le dépouillement des bulletins a commencé à Niamey© AFP Le parti au pouvoir au Niger, le Mouvement national pour la société de développement (MNDS), est en tête des législatives de mardi dénoncées par la communauté internationale, a annoncé jeudi la Commission électorale indépendante (Céni).
Sur 35 sièges déjà attribués (sur 113 à pourvoir), le MNDS a en obtenu 27, a annoncé à la radio d'Etat le président de la Céni, Moumouni Hamidou. Le Rassemblement social démocrate (RSD) a gagné quatre sièges et le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) deux sièges, d'après la Céni. Deux candidats indépendants ont également été élus.
Sur 225 des 226 communes du Niger, le taux de participation oscille entre 18% et 70%, selon les résultats proclamés au compte-gouttes par la commission électorale.
L'ancien Premier ministre, Seïni Oumarou, président du MNSD, a été élu député pour la région de Tillabéri (ouest), a indiqué à l'AFP Issoufou Tamboura, chargé de la communication du parti.
Envers et contre tous
Niamey a organisé mardi ces législatives controversées et boycottées par l'opposition, entraînant sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie. La Cédéao a affirmé qu'elle ne reconnaîtra pas les résultats des législatives.
L'Union européenne (UE) a réitéré jeudi qu'elle suspendra sa coopération si les autorités du Niger ne restauraient pas l'ordre constitutionnel bouleversé depuis le référendum le 4 août qui a permis au président Mamadou Tandja de prolonger de trois ans son mandat qui expire en décembre, malgré des condamnations tant au Niger qu'à l'étranger.
Comme la Cédéao, l'UE, gros bailleur de fonds du Niger, avait demandé le report des législatives et mis en garde contre son "impact négatif sur les relations du Niger avec l'Union européenne". Bruxelles avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum contesté.
Pour arriver à ses fins, Mamadou. Tandja avait dissout le Parlement et la Cour constitutionnelle qui s'opposaient à son projet.
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Niger : Mamadou Tandja seul contre tous

« Le peuple nigérien a montré son refus catégorique de soutenir Mamadou Tandja. C’est une abstention totale et massive », a lancé mercredi à Afrik.com Issifou Sidibé, membre de l’opposition. Selon les estimations du secrétaire générale de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger, le taux de participation lors des élections législatives de mardi se situerait en dessous de 5%. Un boycott « plus important que lors du référendum du 4 août dernier ». Les résultats officiels sont attendus pour la fin de la semaine.
La Cédéao sanctionne le Niger
Au vu du maintien de ce vote très controversé, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé de ne pas reconnaître les élections et de suspendre le Niger de ses instances. Une décision qui pourrait à long terme avoir des effets néfastes pour le pays. « Elle jette le discrédit sur le Niger, l’un des pays fondateurs de l’organisation et qui a dirigé pendant deux mandats consécutifs la Cédéao. Et plus grave encore, elle risque d’asphyxier l’économie nigérienne », explique Issifou Sidibé. En tant que membre de la Cédéao, le Niger bénéficiait d’avantages économiques comme le dédouanement. Il entretient d’autre part des relations commerciales importantes avec les pays du bloc régional et, notamment, avec le Nigeria qui lui fournit de l’électricité.
« A long terme, les produits provenant des ports de Cotonou au Bénin, ou de Lomé au Togo, ne pourront plus être acheminés vers le Niger », précise Ali Idrissa, le directeur adjoint de la chaîne privée Dounia TV. Cette sanction de la Cédéao « coûte cher » à la population nigérienne. Les conditions de vie déjà difficiles pourraient se détériorer dans un pays qui a le plus faible indice de développement humain au monde, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). « Les Nigériens sont pris en otage. Déjà, cette décision de l’organisation leur interdit de voyager librement. C’est un problème car beaucoup de personnes travaillent et vivent au Nigeria, le pays voisin », confie le journaliste.
Le président nigérien sur la sellette
Malgré cet état de fait, Mamadou Tandja est resté inflexible et a maintenu le scrutin. Une attitude que le président en exercice de la Cédéao, le Nigérian Umaru Yar’Adua « regrette ». « La tenue de ces élections s’est faite au mépris total des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao et témoigne de la volonté manifeste des autorités nigériennes de poursuivre dans la voie de l’illégalité constitutionnelle qui prévaut actuellement », développe-t-il dans un communiqué publié mardi soir. De son côté, le gouvernement nigérien se veut rassurant. « Pour nous c’est un malentendu provisoire entre le Niger et cette organisation que nous respectons beaucoup. (...) Nous pensons que très bientôt cette organisation comprendra le bien-fondé de notre démarche », a indiqué sur RFI, mercredi, Moctar Kassoum, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.
Pourtant, la position des autorités nigériennes est loin de faire l’unanimité. Après la Cédéao et l’Union européenne qui prévoit de suspendre la coopération communautaire, c’est au tour de Washington d’agiter le drapeau rouge. Les Etats-Unis ont exhorté le bloc régional à imposer des sanctions contre le Niger. L’étau semble se resserrer sur Mamadou Tandja qui pourrait voir son rêve de briguer un troisième mandat s’envoler.
Mercredi 21 octobre 2009, par Stéphanie Plasse
Source : afrik.com
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mardi, 20 octobre 2009
Législatives : la Cedeao suspend le Niger
Législatives : la Cedeao suspend le Niger© AFP La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) avait menacé le Niger de sanctions si jamais le scrutin était organisé.
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a suspendu le Niger de son organisation suite à la décision du président Mamadou Tandja de tenir mardi des législatives en dépit des appels de la communauté internationale à les reporter, a indiqué une source officielle.
Interrogé par l'AFP sur le point de savoir si le Niger était suspendu de l'organisation à partir de mardi, le président de la Commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas, a répondu: "tout à fait".
"La résolution du sommet était claire et précise", a-t-il ajouté.
Lors d'un sommet samedi au niveau des chefs d'Etat à Abuja, la Cedeao avait officiellement demandé au président Tandja de "suspendre indéfiniment la tenue des législatives (...) afin de favoriser le dialogue" politique.
Membre de cette organisation, le Niger est en crise depuis que Mamadou Tandja, au pouvoir depuis dix ans, a fait adopter le 4 août par référendum une prolongation de trois ans de son mandat.
18:52 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, mamadou tandja, cedeao, crise, élections législatives
Niger : Tanja maintient les législatives envers et contre tous
L'opposition dénonce un "coup d'Etat" et appelle au "boycott massif" des législatives© AFP Six millions de Nigériens sont appelés aux urnes ce mardi pour élire un nouveau Parlement de 113 députés, mais l'opposition et la communauté ouest-africaine demandent un report du scrutin et font pression sur le président Mamadou Tandja pour qu'il parte fin décembre.
Membre de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), le Niger est en crise depuis que Mamadou Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est octroyé le 4 août une prolongation de trois ans grâce à un référendum constitutionnel unanimement condamné tant dans le pays que par la communauté internationale.
Pour y parvenir, l'ancien colonel âgé de 71 ans a successivement dissous le Parlement puis la Cour constitutionnelle qui s'opposaient à son projet, et a enfin modifié le code électoral.
La nouvelle Constitution supprime la limitation à deux mandats présidentiels de 5 ans successifs et renforce substantiellement les pouvoirs du chef de l'Etat. Depuis son adoption, le Niger vit au rythme des interpellations au sein de la société civile et de personnalités clés de l'opposition.
Dans la foulée, Mamadou Tandja avait annoncé la tenue d'un scrutin législatif le 20 octobre, conformément à "sa" Constitution, en lieu et place de législatives anticipées prévues un mois auparavant.
Demandes de report
L'opposition, dont les manifestations sont souvent réprimées, dénonce un "coup d'Etat" et appelle au "boycott massif" des législatives. "Après son coup d'Etat, M. Tandja veut apporter un vernis démocratique avec cette mascarade électorale", dénonce Mohamed Bazoum, un des dirigeants de l'opposition.
Samedi, au moment même où plusieurs chefs d'Etats ouest-africains étaient réunis à Abuja (Nigeria) pour évoquer le cas de la Guinée et du Niger, des milliers de personnes ont manifesté à Niamey pour demander à la Cedeao de faire pression sur le président nigérien afin qu'il parte fin décembre, date à laquelle aurait dû avoir lieu une élection présidentielle.
La Cedeao lui a officiellement demandé de reporter sine die les législatives du 20 octobre afin de favoriser le dialogue" politique, et a dépêché dimanche des émissaires à Niamey pour une réunion de la dernière chance: la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, l'ancien chef d'Etat du Nigéria Abdulsalami Abubakar et le président de la Commission de la Cedeao Mohamed ibn Chambas.
L'organisation ouest-africaine a pris samedi quelques sanctions limitées contre le Niger (interdiction de présenter des candidats nationaux à des postes dans des organisations internationales, et d'accueillir des réunions de la Cedeao), mais si M. Tandja persiste, les sanctions deviendront alors "pleines et automatiques".
Future assemblée "monocolore"
Malgré ces avertissements, Niamey compte bien organiser le scrutin mardi, décrété jour férié, et les frontières terrestres seront fermées durant 24 heures. Il y a bien quelques candidats indépendants, mais la vingtaine de formations qui seront en lice sont pour la plupart proches du régime.
En lançant la campagne électorale, M. Tandja avait demandé un "vote massif" et "une majorité confortable" au Parlement afin de pouvoir "mener à bien ses grands chantiers".
La campagne qui s'est achevée dimanche s'est déroulée dans l'indifférence totale des populations qui n'ont eu droit qu'à de petits rassemblements de quartiers et des consignes de vote à la télévision d'Etat.
A Niamey, ce n'est pas non plus la fièvre électorale: quelques affiches et des portraits de candidats ont été posées devant le siège des partis ou placardés sur les vitres de voitures. Selon la presse et les médias privés, ce peu d'engouement est compréhensible: il n'y a pas d'enjeux et la future Assemblée sera "monocolore".
11:45 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, politique, opposition, mamadou tandja, cedeao, élections législatives







