jeudi, 26 novembre 2009
50 ANS DE BALLON D'OR / 2001 - MICHAËL OWEN : LE GRAND RETOUR DE L'ANGLETERRE
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| © Presse Sports |
C'est le formidable palmarès 2001 de Michael Owen (Coupe d'Angleterre, Coupe de la Ligue, Coupe de l'UEFA, Supercoupe d'Europe, Charity Shield, qualification pour le Mondial avec la sélection anglaise), constellé de coups d'éclat et de buts autant spectaculaires que décisifs, qui orienta le jury de France Football sur sa piste. Le magnifique Raul « pesa » moins lourd et le superbe Oliver Kahn non plus. La performance du capitaine du Bayern fut assez exceptionnelle : pour la quatrième fois seulement, un gardien terminait dans le tiercé de tête. L'avaient précédé Lev Yachine, vainqueur en 1963, Dino Zoff, deuxième en 1973, et Ivo Viktor, troisième en 1976. Vingt-deux ans après la seconde victoire de Keegan, Michael Owen relança donc un palmarès conforme à l'évolution du rapport des forces dans le football européen. L'éclipse obligée du football anglais de clubs à la suite de la catastrophe du Heysel avait réinstallé le Calcio dans sa superbe, maintenu la Liga en état de résistance et, pour finir, ouvert un espace au football français. La fin de la pénitence, la création de la Premier League en 1993, ramenèrent l'Angleterre dans le match, puis redistribuèrent les cartes en sa faveur. Ainsi, le Ballon d'Or d'Owen rappela que ce pays occupait une place importante au palmarès. Après l'ouverture en but majeur de Stanley Matthews (1956), Bobby Charlton (1966) et Kevin Keegan (1978 et 1979) l'emportèrent à leur tour, l'un sous le maillot de Manchester United, l'autre sous celui du Hambourg Sport Verein, qui n'était donc pas celui du Liverpool FC, précisément quitté l'année précédente par Kevin. Et la présence anglaise se trouva encore renforcée par les sept deuxièmes places de Billy Wright (1957), Bobby Charlton (1967 et 1968), Bobby Moore (1970), Kevin Keegan (1977), Gary Lineker (1986), David Beckham (1999) et les deux troisièmes places de Jimmy Greaves (1963) et d'Alan Shearer (1996).
L'ATTAQUANT À RÉACTION
Vitesse. Voilà le mot clé du football moderne, voilà la caractéristique essentielle du jeu de Michael Owen. De taille plus que moyenne, l'attaquant de Liverpool est rapide à la course, même s'il est possible que, sur 80 ou 100 m, il soit battu par Thierry Henry et ses grands compas. Son point le plus fort est surtout constitué par une formidable faculté de démarrage. (...) En fait, il effectue tous ses gestes de footballeur à cent à l'heure, de la moindre remise, du tir le plus anodin au plus exigeant enchaînement de dribbles. Son coup de reins, sa vivacité sont exceptionnels et lui permettent de se sortir de n'importe quelle situation. Lorsqu'il entre en action, on a la même impression que lorsqu'on appuie sur la touche « lecture rapide » du magnétoscope en regardant la cassette vidéo d'un match. Non seulement il court et frappe plus vite que les autres, mais il pense aussi plus vite.
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(...)
Son rayon d'action est la surface de réparation, même si une frappe de balle très soudaine, avec un « armé » particulièrement réduit, lui permet de marquer en dehors de celle-ci. Il s'excentre rarement jusqu'aux abords de la ligne de touche. Plus il est loin du but, moins il est à l'aise, rejoignant en cela les grands buteurs de l'histoire, race à laquelle il appartient depuis ses débuts fracassants juste avant le Mondial 98.
Mais à proximité de l'objectif, il possède une technique de pied et de corps aussi sobre que parfaite. Peu de talonnades, de rateaux, de passements de jambe, ou même de doubles contacts, mais un déchet incroyablement réduit dans les contrôles, les prises de balle ou les pivots, et très peu dans les tirs, décochés plus souvent à basse altitude qu'en lucarne, et qui trouvent souvent le petit filet intérieur après être passés sous la jambe du tacleur arrivé une fraction de seconde en retard. (...) Il possède évidemment les deux pieds, et, s'il est petit, son jeu de tête est tout à fait excellent. D'abord parce qu'il est anglais, et qu'on ne plaisante pas avec ce genre de choses dans son pays, ensuite parce qu'il possède un timing et un sens de l'anticipation propres aux joueurs d'exception. Prendre 50 cm d'avance sur son garde du corps, c'est sa spécialité, et cela peut aussi servir à couper les trajectoires, surtout quand on les devine avant les autres.
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A dix-huit ans, il possédait la confiance et la maîtrise d'un buteur de trente ans ayant joué 500 matches de haut niveau. (...) Cette froideur dans l'action, cette espèce de détachement avec lequel il empile les buts sont confirmées par le fait qu'on ne le voit jamais s'énerver ou se rebeller contre les mauvais traitements, ce qui pourrait être le cas. Adulé des supporters de Liverpool, il est aussi le petit fiancé de l'Angleterre, un fiancé auquel même les terribles tabloïds londoniens ne s'attaquent pas.
Il faut souhaiter, pour le bien du football, que l'on songe à protéger les chefs-d'ouvre en péril que sont les grands attaquants d'aujourd'hui. Pour qu'on puisse le plus longtemps possible admirer Mike Owen, le plus jeune Ballon d'Or de l'histoire après Ronaldo en 1997, qui ne dépare pas la prestigieuse galerie où il vient de prendre place.
Jean-Jacques Vierne
(France Football numéro 2 906, 18 décembre 2001)
| FICHE JOUEUR | CLASSEMENT 2001 |
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samedi, 04 juillet 2009
Football, Transferts : Le coup de poker Owen
Michael Owen, tout sourire après avoir passé avec succès la visite médicale à Manchester (Reuters)
Retombé dans l’anonymat à Newcastle, l’ancien Ballon d’Or Michael Owen s’est engagé vendredi avec Manchester United. Un sacré coup de poker d’Alex Ferguson.
par Gilles Festor, le 04-07-2009Après quatre ans passés du côté de Saint-James Park, on l’avait presque oublié. Un palmarès vierge avec Newcastle, 16 buts marqués en 71 matches et des pépins physiques en pagaille avaient fini de ternir l’image de Michael Owen. A tel point que la cote du Ballon d'Or 2001 était retombée au plus bas cet été après avoir affolé l’Angleterre en 2004, année où il a rejoint le Real Madrid pour 12 millions d'euros. Ne souhaitant pas accompagner les Magpies en deuxième division alors que son contrat arrivait à expiration en juin dernier, l’attaquant s’était mis en quête d’un club de Premier League. Sans grande réussite puisque malgré quelques touches avec Hull, Aston Villa, Everton ou Blackburn, Owen n’avait trouvé refuge nulle part jusqu’à vendredi. Souvent pour la même raison : une santé précaire. «Je ne peux pas me permettre de recruter un joueur qui ne peut pas disputer au moins 30 matches par saison. Malheureusement pour Michael, en regardant ses dernières années, on ne peut pas miser dessus», résumait ainsi il y a quelques jours Sam Allardyce, le manager des Rovers.
Deux ans, 140 000 euros par mois
Un homme a pourtant misé sur l’ancienne terreur de Liverpool : Alex Ferguson. Une fois la piste Karim Benzema évanouie avec le départ du Français au Real Madrid, Sir Alex s’est aussitôt retourné vers l’attaquant de 29 ans. «J’avais commencé à parler avec d’autres clubs lorsque Alex Ferguson m’a appelé mercredi pour prendre le petit déjeuner le lendemain matin. C’est là qu’il m’a annoncé qu’il souhaitait me recruter. Je n’ai pas hésité une seconde», confie la recrue. Le lendemain de la signature d’un contrat de deux ans qui n’a pas coûté un centime, la presse britannique s’interroge sur la valeur du buteur qui percevra 140 000 euros par mois. Le joueur, qui a passé avec succès la visite médicale, se veut rassurant à ce sujet : «J'ai eu des moments difficiles avec Newcastle mais avant cela, ma carrière a été très bonne et je suis convaincu qu'un club comme Manchester United peut la relancer. J'espère pouvoir marquer pas mal de buts et aider l'équipe à décrocher de nouveaux succès.»
Un remplaçant de luxe ?
Pour se faire une place dans le onze de départ des Diables Rouges, Michael Owen devra jouer des coudes car la concurrence sera très rude. Même si Carlos Tevez va quitter le navire prochainement et que Cristiano Ronaldo a rejoint Madrid, Dimitar Berbatov, Wayne Rooney et Luis Valencia semblent intouchables. Surtout qu’avec le trésor de guerre (94 millions) amassé avec le départ de Ronaldo, Manchester United rêve d’attirer une grosse pointure. Une offre de 46 millions aurait été formulée pour attirer Sergio Agüero. Mais l’Atletico Madrid devrait fixer la barre à 60 millions pour laisser partir l’attaquant argentin. Zlatan Ibrahimovic serait aussi suivi. Dans ces conditions, la route semble bien embouteillée et Michael Owen devrait prendre place sur le banc des remplaçants. Il pourrait alors marcher dans les traces des Tore André Flo, Ole Gunnar Sloskjaer et autre Teddy Sheringham, ces «Super subs» qui ont laissé une empreinte plus indélébile dans l’histoire du club que bien des titulaires déjà oubliés.
15:15 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : football, transferts, michael owen








