lundi, 30 novembre 2009
Miss Guinée Europe : couronne, arnaques et désillusions

| lundi 30 novembre 2009 / par Stéphanie Plasse
18 heures. Aissata se masse les mains avec une lotion parfumée. Elle peint ses lèvres d’un rouge vif et se regarde dans son petit miroir de poche. A côté d’elle, à la table voisine, les quinze autres prétendantes au titre de Miss Guinée s’activent. Fatou essaye une dernière fois sa robe de soirée tandis que Yasmina laisse sa chevelure entre les mains expertes de la coiffeuse. Dans les coulisses, c’est l’effervescence. On rigole, on crie, on s’impatiente, on se jauge parfois. Ce soir, il faudra être la plus belle... mais à quel prix ?
Elles rêvaient de paillettes, d’hôtels quatre étoiles et de champagne. Pourtant en arrivant à Londres, ces jeunes filles âgées de 18 à 28 ans et venues pour la plupart de France ont très vite déchanté. « On était logées à une heure du lieu de la cérémonie. Personne n’était là pour nous surveiller. On était livrées à nous mêmes », témoigne une finaliste. Parachutées lundi dans un hôtel insalubre où « le plafond dans une des chambres s’est écroulé » et où « les fuites d’eau » étaient fréquentes, les Miss ont commencé à paniquer. « Certaines voulaient même rentrer ! », explique Binta. « Un jour, on a retrouvé nos bagages, devant l’hôtel, car l’organisateur de l’élection de Miss Guinée Europe n’avait pas payé », ajoute-t-elle.
20 heures. Thierno Diallo, drapé dans un boubou orange, court dans les couloirs du Cumberland Hôtel. Il donne des ordres, sourit, serre une main puis une autre. C’est un homme pressé. Il est toujours entre deux appels téléphoniques, entre deux discussions. Ce Guinéen de 42 ans, chargé de la mise en place de cet événement, n’a pas une minute à lui. C’est à peine s’il prend le temps de saluer « les filles » dans les coulisses.
Lâché par son principal sponsor Orange après le massacre du 28 septembre en Guinée, Thierno Diallo s’est retrouvé sans un sou pour organiser les élections. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de continuer l’aventure en « l’honneur de la femme guinéenne ». Deux jours avant la cérémonie, en dernier recours, il a sollicité l’aide de l’ambassadeur de Guinée au Royaume Uni, Lansana Keita. Résultat : on lui a prêté environ 6000 euros. « On espère pouvoir rembourser mais entre nous on préférerait qu’il nous donne cet argent », confie M. Diallo.
Deux mois tout juste avant cette élection, des Guinéens avaient été tués dans le stade de Conakry par des soldats de la junte au pouvoir. En hommage à ces victimes, l’organisation s’est fendue de quelques secondes de silence. Elle s’est officiellement engagée à reverser un pourcentage de la recette des billets d’entrée (d’une valeur de 55 pounds : 49 euros) à deux associations dont une fondation pour les jeunes filles vierges. Soit environ 25 euros.
Minuit. « La Miss Guinée Europe de l’année 2010 est... Aissata Souma », lance Alicia Fall, l’animatrice de la soirée, sous les applaudissements des spectateurs. Dans le public, on dégaine les téléphones portables pour prendre les photos de la jeune fille, un peu surprise par sa soudaine popularité. La gagnante qui devait repartir avec un chèque de 1500 euros, une voiture et un an de soins beauté risque d’être déçue. « Elle n’aura pas la voiture ni son équivalent en argent dans les prochains jours », chuchote Thierno Diallo. Pour les 1500 euros, rien n’est encore sûr. L’organisateur a déjà eu du mal à rémunérer les deux stylistes : le Sénégalais Sadio Bee et la Burkinabè Fomia Ouattara. « Je suis arrivée jeudi du Burkina Faso. Thierno devait me rembourser la moitié du billet d’avion et pour l’instant rien n’a été fait », grogne la jeune créatrice qui se dépêche de ranger ses robes dans sa valise.
2 heures du matin. Après 40 minutes de trajet, le chauffeur de la limousine déposent les jeunes filles devant le Planet Nollywood. Une discothèque africaine très réputée, selon l’organisateur. Située sur Camberwel road, ce night club ne fait pourtant pas dans le haut de gamme. « C’est un endroit assez chaud de la capitale. Il y a plusieurs règlements de compte », confie un videur londonien. Qu’importe, les seize finalistes s’engouffrent dans cette boîte de nuit pendant que d’autres, exténuées par la fatigue et l’énervement, attendent le taxi pour enfin rentrer à l’hôtel.
« Vive les femmes Guinéennes pour que vive et prospère la nation guinéenne », a lancé Lansana Keita, lors du discours d’inauguration de la soirée Miss Guinée Europe. Une déclaration qui laisse perplexe au regard des conditions d’accueil des prétendantes au titre. |
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![]() | ![]() | ![]() à gauche : Salimatou Diallo (1ère dauphine), au centre : Aissata Souma (Miss Guinée europe), à droite : Lamarana Diallo (2ème dauphine) | ![]() Thierno Diallo |
| Guinée |
19:31 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guinée, beauté, mode, femmes
mercredi, 04 novembre 2009
Fima 2009 : "la nouvelle mode viendra d’Afrique"

La mode africaine se porte bien et souhaite s’imposer davantage sur la scène internationale. Un leitmotiv qui anime aussi bien les stylistes installés que les jeunes créateurs récompensés par le concours "L’Afrique est à la mode", organisé par Culturesfrance, qui ont pris part à l’édition 2009 du Festival international de la mode africaine (Fima). Un déluge de créativité et de savoir-faire s’est abattu sur "La Pilule", site du village de Gorou Kirey, situé à 15 km de la capitale nigérienne Niamey, où s’est tenue la septième édition du Fima. Elle s’est achevée dans la nuit de samedi à dimanche dans l’apothéose d’un défilé auquel une vingtaine de créateurs africains ont participé. Les femmes étaient « pink zébrées » pour l’Ivoirien Gilles Touré et « in the Voodoo Mood » pour le franco-camerounais Imane Ayissi. Liens et poupées vaudou ornaient les vêtements noirs et blancs aux lignes très épurées du styliste. Sobriété aussi pour Collé Sow Ardo du Sénégal. Priorité à des femmes et des hommes majestueux habillés dans de longues pièces tissées noires, égayées par des formes géométriques aux couleurs du drapeau de son pays. On sublimera aussi les femmes chez le Burkinabè Bazem’Se en les enveloppant de la douceur du coton bio. Sa compatriote Korotimi Decherf en fera autant en utilisant l’écrin du faso danfani, une autre spécialité textile burkinabè.
Le Ghanéen Benedict a choisi, lui, d’apporter aux femmes l’agitation de sa trépidante et colorée collection urbaine. Puis dans les mains de l’Ivoirien Anderson D., elles sont devenues des insectes aux formes voluptueuses qui finiront totalement débridées dans les étincelantes parures rouge et or de son compatriote Patrick Asso. L’ivoiro-libanais Elie Kuame a continué d’opérer la métamorphose en faisant de ses femmes des fées sensuelles aux rondeurs sublimées par des bustiers rebrodés à la main. Enfin, si elles restent toujours séduisantes avec leur taille marquée par le kente, les femmes retrouvent sagesse et une pureté presque virginale dans les vêtements en dentelle du Français d’origine martiniquaise Paul Hervé Elisabeth. Elles témoignent alors d’une Afrique qui retrouve sa diaspora à travers des étoffes partagées et offrant cette harmonie au monde.
Une mode en transition
Car « la nouvelle mode viendra d’Afrique », selon Sakina M’Sa, styliste d’origine comorienne, et directrice artistique du concours "L’Afrique est à la mode" qui récompense les jeunes créateurs africains. « L’idée derrière ce concours est de soutenir une mode africaine capable de concourir sur la scène économique internationale, de sorte qu’elle ne soit plus reléguée au rang d’objet exotique, muséal. A l’heure où je le dis, on pourrait me prendre pour une foldingue parce qu’on connaît tous la situation économique de l’Afrique. Mais aujourd’hui, les yeux du monde entier sont tournés vers l’Afrique. L’humanité, la fantaisie, la créativité de ce continent ne peuvent qu’apporter du renouveau dans cette industrie ». Renouveau incarné par les 10 finalistes de "L’Afrique est à la mode" qui ont travaillé sur le thème de la « transition », cette transition par laquelle doit passer la création africaine pour se faire une place (méritée) dans le monde. Créer certes, mais faire « utile, vendable et portable », a conseillé aux candidats le styliste ivoiro-burkinabè Pathé’O, membre du jury du concours . Les trois finalistes semblent avoir bien intégré cette donne économique sur laquelle ils ont été jugés en sus de leur talent artistique.
Charlotte Mbatsogo, 24 ans, représentante du Cameroun, est arrivée troisième de l’édition 2009. Fraîchement diplômée d’une école de design, elle participait pour la seconde fois à ce concours. Pour elle, la transition correspond « d’une part à une déstructuration des vêtements classiques afin d’aboutir à de nouvelles formes et volumes, et d’autre part à placer l’Afrique au niveau international ». Le deuxième finaliste Salah Barka, 34 ans, originaire de Tunisie exprime une vision alternative. « J’ai vu l’Afrique à travers de grands thèmes comme l’économie, l’art, la santé, la science. La transition pour moi se fait à tous ces niveaux, d’un point de vue artistique, économique, je pars de la réalité de l’Afrique et je la projette. Une tenue agrémentée d’une casquette militaire représente à la fois un guerrier masaï et les conflits auxquels sont en proie certaines régions du continent. Cependant à travers le reste du vêtement, je montre que l’Afrique ne se réduit pas qu’à cela. » Pour le Sud-Africain Thokozani Maithya Mbatha, alias Black Pepper, 29 ans, le grand vainqueur de "L’Afrique est à la mode", il s’agissait de faire « revivre l’esprit Safari » à travers ses créations. « Nous vivons avec et je voulais que le monde se rende compte que l’esprit Safari est toujours vivant, qu’il se renouvelle et se modernise. Il appartient à l’Afrique mais il ne doit pas y être cantonné. Je souhaite en faire un mode de vie, un label international ».
Faire de la mode un levier de développement pour le continent africain restera l’un des points forts de ce Fima 2009 qui fête cette année ses 11 ans d’existence. « On ne peut pas créer continuellement des choses que l’on ne peut pas vendre, notamment dans un contexte économique réputé difficile », martèle Pathé’O. L’un des doyens de la mode africaine se fait l’avocat d’un impératif pour les créateurs africains : vivre de leur art et faire prospérer leur continent.
Regarder "La Grande nuit du Fima"
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Lundi 2 novembre 2009, par Falila Gbadamassi
Source : afrik.com
11:18 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niger, fima, mode
mercredi, 28 octobre 2009
La virilité s’expose au musée Dapper

La masculinité est affaire de symbole. C’est du moins le postulat qui sert de base à l’exposition « L’Art d’être un homme », présentée à Paris au musée Dapper jusqu’au 11 juillet 2010. Rassemblant plus de 150 œuvres issues des cultures d’Afrique et d’Océanie, elle tente de présenter une synthèse des caractéristiques des divers attributs de la virilité, dans les cultures traditionnelles. Une tâche à la difficulté accentuée par les différences entre les deux continents.
Diversité des matériaux
La diversité des objets présentés témoigne de la richesse des signes distinctifs, dans la large zone géographique couverte. Tous les matériaux disponibles dans l’environnement proche sont utilisés. La pierre, les fibres ou le bois facilement accessibles sont bien sûr utilisés. Mais les trophées de chasse sont également nombreux, avec la récupération de la peau, des griffes ou des dents des animaux tués. Pièce majeure de l’exposition, une coiffure bembée (Congo) est constituée par la peau de la partie supérieure du crâne d’un léopard. Dans un certain nombre de croyances, la pratique du totem est d’ailleurs essentielle, et vise à s’approprier les vertus d’un animal, protecteur du groupe.
Complexité des objets
La complexité des objets varie selon les cultures. On passe facilement d’une pièce surchargée de décoration à une autre d’un strict minimalisme. Une stricte codification existe souvent afin de signifier au regard des autres la réalisation de rites de passage et l’accession à un stade supérieur d’initiation. Ces significations sociales sont portées par un habillage esthétique, qui vise à magnifier la virilité et à mettre en valeur le corps de l’homme. Un corset de perles dinka (Soudan), exposé au musée, exprime cette recherche en soulignant tant la taille que la musculature et le galbe du fessier.
Quelque peu déroutante par la large diversité des œuvres présentées, l’exposition n’en est pas moins enrichissante. Elle ne peut par contre se visiter sans lire avec attention les notices associées aux œuvres, sous peine de ne pas en comprendre la portée.
Au royaume des sapeurs
Agrégée à l’exposition principale, une seconde, d’un genre photographique, est consacrée à « L’Univers de la Sape ». Présents surtout au Congo et en RDC, les sapeurs ont pour particularité de détourner les codes occidentaux de l’habillement pour un raffinement exhibitoire. Héctor Mediavilla et Baudouin Mouanda rendent hommage à ce mouvement popularisé, entre autres, par Papa Wemba et Koffi Olomidé.
Même si le lien avec l’exposition principal est relativement ténu, chacun pourra apprécier cette série de photographies. Le sapeur est mis en situation, chez Mediavilla, dans son environnement vétuste, qui contraste avec les couleurs et la classe de son habillement. Mouanda s’attache quant à lui au détail qui marque, dans l’habillage ou dans l’expression. Et l’ensemble offre au visiteur un passeport pour le royaume de la frime.
Musée Dapper
35 bis, rue Paul Valéry
75116 Paris
Du 15 octobre 2009 au 11 juillet 2010
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h
Tarif plein : 6€
Tarif réduit : 4€ pour les seniors, les familles nombreuses, les enseignants et les demandeurs d’emploi
Gratuit le dernier mercredi du mois et tous les jours pour les moins de 26 ans et les étudiants
Crédits photos : Héctor Mediavilla/Pandora/Picturetank ;Jean-Marc Vandyck/MRAC Tervuren ; Mauro Magliani
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10:56 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, art, mode, l’art d’être un homme, musée dapper
mardi, 27 octobre 2009
Fima, dix ans déjà…
Au programme, des créations extra-continentales, mais surtout africaines© DR La septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima) s’ouvre ce mardi près de Niamey, au Niger. Comme le temps passe… Cela fait déjà dix ans que le styliste nigérien Alphadi a lancé le concept de cette manifestation, aujourd’hui internationalement reconnue. L’occasion de faire le bilan, et de se projeter dans l’avenir.
Les maîtres de la mode africaine sur les rives du fleuves Niger. Réunis à une quinzaine de kilomètres de Niamey, la capitale nigérienne, ce sont eux qui assureront le show pour la septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima).
Une trentaine de stylistes renommés et prometteurs sont attendus pour cette manifestation, qui commence mardi et s’achève dimanche. Ils offriront à l’assistance un véritable tour du monde, en parfaite adéquation avec le thème de cette septième édition : le métissage culturel.
Bilan positif
Au programme, des créations extra-continentales (Canada, France, Etats-Unis…), mais surtout africaines. Elles arrivent de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mozambique, du Maroc, d’Ethiopie, du Sénégal, du Mali, d’Afrique du Sud, du Cameroun, du Ghana, du Togo ou encore du Bénin. Et bien sûr du Niger. Ce pays a vu grandir Alphadi, le célèbre styliste qui a créé le Fima pour dé-ghettoïser et internationaliser la mode africaine. C’était en 1998…
Du coup, la septième édition devient également l’occasion de faire le bilan. Un bilan que l’organisation juge positif. « Aujourd’hui, des mannequins et des jeunes stylistes ont trouvé une ouverture et une visibilité sur le marché international », explique-t-elle. Le résultat, notamment, des concours « Jeunes Stylistes » et « Top Models » ayant ouvert des portes à certains lauréats.
Ecole supérieure de la mode et des arts
Pour désenclaver toujours plus les acteurs de la mode africains, le Fima inaugure cette année son Premier salon de la haute couture et du prêt-à-porter africains. Objectif : faciliter les rencontres entre acheteurs et vendeurs, et favoriser des échanges « équitables ».
Autre défi, amorcer un « nouveau tournant essentiellement économique orienté vers la création d’une véritable industrie culturelle, basée sur l’éducation et la formation, pour une culture de l’excellence indispensable à une production de qualité ». Un projet dont la colonne vertébrale sera sûrement la future Ecole supérieure de la mode et des arts.
15:19 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commerce, mode, fima, alphadi
lundi, 05 octobre 2009
Le Fima 2009 est sur la Toile

Quelles surprises réservent la septième édition du Festival international de la mode africaine (Fima) ? Réponse sur le tout nouveau site de cette rencontre incontournable de la mode africaine. En attendant d’admirer leurs créations du 25 octobre au 1er novembre à Niamey, il est déjà possible de faire connaissance avec les stylistes qui participeront à la rencontre. Le grand styliste africain Alphadi, président-fondateur du festival n’étant plus à présenter, le regard se dirige très vite vers des visages plus ou moins connus de la mode africaine. Au hasard de la navigation, Kuame, l’Ivoiro-libanais, le styliste Tassi du Maroc, la Burkinabé Korotimi Decherf ou encore le talentueux artiste camerounais Imane Ayissi se livrent à la curiosité de l’internaute.
Un festival ouvert sur l’entreprenariat
Pour planter définitivement le décor, place au programme des réjouissances. Il est décliné dans ses moindres détails, histoire d’organiser les journées chargées que seront celles des festivaliers. Quid des moments forts de cette septième édition, placée sous le signe de l’innovation. Pour l’édition 2009, le Fima accueillera le premier salon de la Haute couture et du prêt-à-porter africain. Autre nouveauté : Fima Entrepreneuriaship. Un nouvel espace de réflexion et de formation qui se penchera sur la problématique de l’entreprenariat, illustrée par les témoignages des professionnels du management et des chefs d’entreprise.
Le festival sera également l’occasion de lancer la construction de la future Ecole supérieure de la mode et des arts. Enfin, la fin du salon coïncidera avec l’ouverture du Salon international de l’artisanat pour la femme (Safem) dont la sixième édition se déroulera du 30 octobre au 8 novembre 2009 à Niamey. En attendant la féérique Grande nuit du Fima, le 31 octobre, qui réunira entre autres les créations du Ghanéen Koffi Ansah, du Guinéen Talibe Bah, du Togolais Bamondi, de la Mozambicaine Sandra Cardoso Muendane ou encore de l’Ivoirienne Nawel El Assad, il faudra se contenter d’un clic pour se croire au Fima.
Source : afrik.com
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13:05 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fima, niger, pan afrique, beauté, mode, femmes
vendredi, 02 octobre 2009
Patrice Sokü
Patrice Sokü À 30 ans, ce jeune designer né à Kinshasa a déjà créé sa propre griffe, au Canada. Avant de remporter la finale d’une émission de télé-réalité consacrée à la mode.
Sa future boutique, il l’imagine sûrement à Québec, sa ville d’adoption. Elle serait épurée et chaleureuse. En passant la porte, les clients se sentiraient à l’aise, inspirés par la modernité du lieu et attirés par la griffe Sokü « d’inspiration européenne chic ». Ce projet ambitieux, Patrice Sokü (30 ans) peut se le permettre. Et il y a de bonnes chances qu’il prenne forme dans les prochains mois.
Les grands défis font en effet partie du quotidien de ce discret designer néo-québécois. Le dernier en date, c’était La Collection, une émission de télé-réalité à laquelle il a participé, et dont, à la surprise générale, il a remporté la finale, le 10 juin. Soit un contrat de 100 000 dollars offert par les magasins La Baie du Québec, qui distribueront sa collection automne-hiver.
Déjà connu dans le milieu des créateurs, Patrice Sokü n’avait pas vraiment besoin de cette publicité. Figure montante de la mode québécoise et habitué des Semaines de la mode de Montréal, manifestation qui rassemble chaque année plus de 150 acheteurs internationaux, il compte parmi ses clients réguliers le célèbre metteur en scène québécois Robert Lepage.
« J’ai fait la rencontre de Patrice par hasard, raconte l’homme de théâtre. J’ai eu un coup de cœur pour l’un de ses vestons présentés dans une vitrine de la rue Saint-Jean. Quand j’ai su qu’il était de Québec, j’ai voulu le connaître davantage. Maintenant, je porte quelques-unes de ses créations en Europe, et les gens s’intéressent beaucoup à mes vêtements. Ils attirent l’attention. »
Lorsque Patrice évoque son travail, il n’abandonne jamais son air sérieux. « D’abord, on crée un vêtement pratique, puis le design vient se greffer dessus et s’y intégrer. Le bouton, par exemple, est un élément de design, il n’a pas seulement une fonction de fermeture. »
En l’écoutant, on comprend que son univers est bien éloigné des feux de la rampe, du côté « jet-set » de la haute couture. Patrice Sokü est un travailleur solitaire. « Ce n’est pas que je ne sois pas sociable, mais je préfère me concentrer sur mon travail. » C’est donc contre toute attente qu’au mois d’avril, il a sauté dans l’arène médiatique. « La documentaliste de l’émission m’avait approché pour me suggérer de m’inscrire. Je l’ai fait. » Après tout, pourquoi ne pas utiliser cette vitrine médiatique pour faire valoir son talent ?
La Collection a débuté le 22 avril et a réuni en moyenne 700 000 téléspectateurs. Chaque semaine, un designer était éliminé. D’emblée, Patrice le consciencieux est apparu comme un redoutable candidat face à de jeunes designers qui n’avaient ni son expérience ni sa désarmante assurance. Chaque concurrent ne disposait que d’une dizaine d’heures pour livrer une création. La constance et le sérieux de Patrice ont fait la différence. Il est le premier Africain à remporter la finale. « Lorsque je suis arrivé dans ce pays, confie-t-il, je me suis dit que je deviendrais une personnalité publique. Et c’est ce qui s’est produit ! »
Né en 1979 à Kinshasa, en RD Congo, dans une famille de onze enfants, Patrice suit son père diplomate quand, dix ans plus tard, ce dernier est nommé en France. Après son bac, il entreprend des études de design et décroche un brevet de technicien supérieur à l’École de Condé, à Paris. « J’ai aimé l’éducation que j’ai reçue de mon père. Il m’a toujours laissé faire ce que je voulais. »
Libre et autonome, Patrice décide en 1999, à tout juste 20 ans, de mettre les voiles. Une de ses amies de l’école le convainc de franchir la Méditerranée et de la rejoindre chez Nagada, une maison de haute couture du Caire, en tant que designer assistant. « J’ai adoré l’Égypte, dit-il. Ce fut une expérience humaine inoubliable. » Mais, rapidement, il s’ennuie. Alors, en 2000, il quitte l’Égypte pour Israël, où il est contraint de mettre de côté sa créativité pour un travail plus alimentaire dans la confection de vêtements pour hommes.
En juin 2001, il revient en France et entre chez Jean Paul Gaultier en tant qu’assistant designer. « J’ai beaucoup appris, notamment en ce qui concerne la préparation d’un défilé. Mais j’avais besoin de plus de liberté, d’autre chose que ce qu’offre le milieu strictement parisien. » Sokü l’ambitieux cherche à s’épanouir dans son travail et aspire à relever de nouveaux défis. Il a toujours entendu parler des valeurs canadiennes de libre entreprise. Et de la facilité d’en créer une dans ce pays. Alors il présente une demande de résidence permanente et l’obtient facilement, au bout d’un an. En mars 2003, il débarque à Montréal, mais n’entre pas en contact avec les autres designers du pays.
« Je ne suis pas du genre à courir les événements. Je veux montrer mon travail, pas juste me montrer dans les cocktails. » Se posant à contre-courant, Patrice Sokü affronte la dure réalité. « Le métier de designer est loin d’être simple en Amérique du Nord. En Europe, il existe une clientèle capable d’acheter des « morceaux », des vêtements chers et qui durent longtemps. Ici, on table davantage sur la quantité. La mentalité canadienne est celle de l’ultraconsommation. Mes créations ne s’y prêtent pas. »
Après quatre années à Montréal, Patrice recherche un environnement plus intime. Il pense alors à Québec, ville plus « régionale ». Pour ne pas dire provinciale. Mais, à Québec, la mode est un « trou noir ».
Fonceur, Sokü y ouvre néanmoins un atelier en 2006. « Osciller entre le démocratique et l’unique, sans jamais être snobinard », tel reste son leitmotiv. Il a la chance d’être financièrement autonome. C’est lui qui finance ses propres créations : « Mes décisions, je les assume seul, je n’ai pas besoin de demander à ma banque si je dois ou non réaliser tel ou tel projet. » Le jeune Congolais s’est toujours battu pour être libre. Il méprise la « victimisation » facile. Sa solution ? « Être constamment d’attaque pour se réaliser. »
Au Québec, il n’a jamais vraiment connu de problèmes d’intégration. Bien sûr, le fait de travailler à son compte l’y a aidé. « Oui, ici comme ailleurs, il y a des gens méfiants, mais j’en fais abstraction. On peut essayer de me mettre des bâtons dans les roues, mais quand j’estime que j’ai le talent pour faire quelque chose, il est très difficile de m’arrêter. »
Ses origines, il ne les renie pas. Comme la plupart des immigrés attachés à leurs racines, il aimerait retourner au Congo. Mais il ne cache pas que la crainte d’être déçu le paralyse un peu. « Vu d’ici, on a l’impression que rien n’avance, ça fait mal. Mais l’envie de bâtir quelque chose là-bas est présente. »
Sans trop se prononcer sur un éventuel retour au pays, Patrice préfère se concentrer sur le présent : « Mon plus grand défi était de venir au Canada, de m’établir à Québec, de continuer à travailler dans mon domaine tout en étant mon propre patron et, enfin, de fonder une famille. »
Ce dernier défi, Patrice Sokü l’a, comme les autres, relevé : il est aujourd’hui papa de deux jumeaux, Elliot et Mathias.
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jeudi, 30 juillet 2009
Le Brésil, champion du monde du bistouri
Par CHANTAL RAYES (Libération)
629 000 opérations esthétiques ont été réalisées en 2008, parfois sur des adolescentes.
Bruna arbore fièrement un décolleté au V profond et échancré qui découvre des seins trop hauts pour être vrais. En février, à la veille de ses 20 ans, elle s’est fait poser 300 ml de silicone dans chaque sein. Son amoureux lui a répété qu’il l’aimait comme elle était, mais rien n’y a fait. «J’avais une toute petite poitrine, dit la jeune fille. Ça me donnait l’air d’une enfant, d’autant que je ne fais qu’1,5O m. Aujourd’hui, je me sens femme.» Son père, petit patron de la banlieue pauliste, «a accepté très vite, sans poser de questions». Il s’est cotisé avec ses deux filles aînées pour payer l’opération de la benjamine: 2 500 euros, réglés en trois prestations. Trois fois moins que dans les cliniques huppées de São Paulo. Sa mère, Maria-das-Graças, l’a «soutenue à fond», comme elle l’a fait pour les deux aînées : l’une s’est, elle aussi, fait refaire la poitrine et l’autre, une liposuccion du ventre et de la face interne des cuisses.
Hommes. Le culte du corps est particulièrement poussé au Brésil. Après les Etats-Unis, et malgré une population moins nombreuse et moins riche, le pays compte le plus grand nombre annuel d’opérations esthétiques : 629 000 en 2008, dont moins d’un tiers sont réparatrices. Sans compter les interventions réalisées par les chirurgiens non spécialisés.
La clientèle est essentiellement féminine, mais les hommes sont de plus en plus nombreux à y recourir. Ici, le corps est souvent peu couvert, le vêtement est minimal, surtout dans des villes comme Rio où la plage est proche. Au climat chaud, s’ajoute «une sexualité libre et manifeste», explique Joana Novaes, coordinatrice du Centre d’études des maladies de la beauté à l’université catholique de Rio. Et un culte effréné de la jeunesse qui fait que «des femmes d’âge mûr s’habillent comme des jeunes filles», observe la chercheuse Junia de Vilhena.
Issus de la minorité aisée, les adeptes du bistouri sont influencés par la culture américaine, mais les femmes copient aussi les actrices de novelas - les sacro-saints feuilletons télévisés - qui se font volontiers opérer. «Elles n’ont pas honte de parler de leur liposuccion ou de leurs seins de silicone car, au Brésil, toute intervention sur le corps est appréciée, reprend Joana Novaes. En revanche, les opérations du nez sont passées sous silence car elles trahissent un idéal de blanchissement non avoué», dans un pays où la moitié de la population est de couleur.
«Modèle». Selon les derniers chiffres, la pose d’implants mammaires est désormais la chirurgie la plus réalisée, détrônant la liposuccion. «Il y a encore quelques années, les Brésiliennes n’aimaient pas les grosses poitrines, observe le docteur José Tariki, président de la Société brésilienne de chirurgie esthétique. Aujourd’hui, les femmes qui viennent me voir me disent qu’elles sont parmi les seules dans leur club de gym à ne pas encore s’être fait poser des implants.» Selon lui, le perfectionnement de la technique a favorisé l’émergence de ce nouveau «modèle de beauté». Le phénomène touche beaucoup de trentenaires qui ont vu leurs seins «tomber et rapetisser après la grossesse», comme Alessandra qui en a profité pour les refaire «un peu» plus gros qu’avant. Il concerne aussi des femmes d’âge mûr à la sexualité active. «Mes nouveaux seins, personne ne les a encore vus, mais je ne désespère pas de trouver l’âme sœur», confie Alice, 56 ans, qui a profité de l’anesthésie pour se faire également retirer les poches sous les yeux et l’excès de peau sur les paupières.
«Il y a également de plus en plus d’adolescentes, observe le Dr Tariki. Des 17-18 ans dont la poitrine n’a pas poussé et qui en souffrent.» «On voit même des filles de 14 ans avec les seins siliconés ! se désole Junia de Vilhena. Les Brésiliennes commencent de plus en plus jeunes à transformer leur corps pour le plier à un idéal de beauté incompatible avec leur constitution : seins plutôt menus, hanches et postérieur généreux.» Cela explique, selon elle, la forte recrudescence des troubles alimentaires comme l’anorexie et la boulimie. Le Brésil est désormais le premier consommateur mondial de médicaments coupe-faim et l’usage des anabolisants, qui font pousser les muscles mais présentent des risques pour la santé, se répand. Dans bien des cas, la gym aurait suffi à gommer les imperfections, mais il y a parfois aussi, disent les experts, quelque chose de pathologique dans cette frénésie.
18:21 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brésil, opérations esthétiques, enquête, mode
mardi, 24 mars 2009
Mode: Beaumanoir reprend Morgan
Source : AFP, publié le 24/03/2009
Le groupe malouin de distribution de prêt-à-porter Beaumanoir (enseigne Cache Cache) a annoncé mardi qu'il rachetait le groupe Morgan, qui avait été placé en redressement judiciaire en décembre.
Le groupe breton a obtenu le feu vert du tribunal de commerce de Nanterre pour cette reprise d'un "fleuron du prêt à porter français, doté d'une belle notoriété mondiale", a-t-il indiqué.
Le montant de la transaction n'a pas été communiqué.
"L'indépendance et l'identité de chacune des structures seront respectées", a souligné le groupe Beaumanoir.
Beaumanoir, qui se revendique "premier affilieur de France", compte notamment les enseignes Cache Cache (750 magasins), Patrice Bréal (260 magasins), Scottage (100 boutiques) et Bonobo (140 magasins).
Il a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 640 millions d'euros et compte "plus de 5.000 salariés" selon le communiqué.
Morgan emploie 1.000 salariés, dont 600 en France. Son chiffre d'affaires était en 2008 de l'ordre de 140 millions d'euros, en baisse de 9% sur l'année précédente.
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mardi, 24 février 2009
Crise : Roberto Cavalli annule un défilé
Source : AFP, publié le 24/02/2009
Le styliste italien Roberto Cavalli a annoncé l'annulation du défilé de sa ligne bis, Just Cavalli, prévu jeudi lors des collections milanaises de prêt-à-porter femme, en raison des problèmes financiers du groupe qui détient la marque. "J'ai pris cette décision pour protéger la marque et les clients de Just Cavalli", a annoncé le couturier florentin dans un communiqué. "La situation difficile d'Ittierre (la société qui gère la marque) ne m'assurait pas de pouvoir être, comme toujours, à l'avant-garde avec ma ligne jeune", a-t-il expliqué.
Le groupe de luxe italien IT Holding a annoncé il y a dix jours que sa principale filiale Ittierre - qui produit également sous licence les marques Versace Sport, Versace Jeans Couture et Galliano - allait être mise sous tutelle en raison de ses grandes difficultés financières. IT Holding - qui possède notamment la prestigieuse maison de couture Gianfranco Ferré - risque d'être à son tour entraînée dans la tourmente et donc vers le dépôt de bilan, Ittierre représentant 60% de ses activités.
Le programme officiel de la Fashion Week de Milan (25 février-4 mars) était déjà amputé d'une dizaine de défilés par rapport aux éditions précédentes, plusieurs petites maisons de couture ayant renoncé à présenter leurs collections en raison de difficultés économiques liées à la crise.
La maison Roberto Cavalli, fondée par le couturier homonyme de 68 ans et son épouse Eva, a défilé pour la première fois en 1994. La ligne bis Just Cavalli, qui vise une clientèle plus jeune, a vu le jour en 1998.
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