vendredi, 06 novembre 2009

Zimbabwe: le parti présidentiel accuse Tsvangirai de "malhonnêteté"

2009-11-06 | AFP


Le Premier ministre Morgan Tsvangirai, pourtant revenu au sein du gouvernement d'union nationale, s'est vu accuser vendredi de "malhonnêteté" à propos des sanctions occidentales dans la presse liée au président Robert Mugabe.

M. Tsvangirai a accepté jeudi soir, à l'issue d'un mini-sommet régional au Mozambique, de mettre un terme à son boycott du gouvernement d'union et de reprendre les discussions avec le camp Mugabe sur les points qui empoisonnent leur coalition.

"En fait, il y a de la malhonnêteté de la part du Premier ministre parce qu'il utilise les sanctions comme moyen de pression" sur l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) de Robert Mugabe, a déclaré un responsable anonyme de la Zanu-Pf, cité par le quotidien d'Etat The Herald.

L'Occident a adopté en 2002 des sanctions ciblées contre le président Mugabe et le cercle au pouvoir en raison des violations des droits de l'Homme dans le pays. La Zanu-PF attribue tous les maux du pays à ces sanctions.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai souhaite notamment discuter de la nomination de certains hauts-responsables et du contrôle de l'appareil sécuritaire.

Le MDC accuse aussi la Zanu de poursuivre la répression contre ses membres.

Mais "la Zanu-PF maintient que ces inquiétudes sont des questions périphériques comparées à la question centrale des sanctions" et le MDC "veut utiliser les sanctions pour forcer la Zanu-PF à accepter ses demandes", a estimé le responsable cité par The Herald.

MM. Mugabe et Tsvangirai ont formé en février un gouvernement d'union nationale pour sortir le pays d'une grave crise née de la défaite du régime aux élections de mars 2008.

Ils ont obtenu quelques avancées, notamment dans la sphère économique, mais le climat est toujours resté tendu entre les anciens rivaux.

lundi, 26 octobre 2009

Zimbabwe: Mugabe et Tsvangirai se rencontreront bien lundi

HARARE (AFP) - 26.10.2009


Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai se rencontreront lundi après-midi pour la première fois depuis que le chef du gouvernement a décidé de suspendre leurs relations, selon une source officielle.

voir_le_zoom : Le Premier ministre du Zimbabwe Morgan Tsvangirai, le 16 octobre 2009 à Harare.Le Premier ministre du Zimbabwe Morgan Tsvangirai, le 16 octobre 2009 à Harare. - AFP/Archives - Desmond Kwande

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai se rencontreront lundi après-midi pour la première fois depuis que le chef du gouvernement a décidé de suspendre leurs relations, selon une source officielle.

"Le Premier ministre Tsvangirai, le président Mugabe et le vice-président (Arthur) Mutambara doivent se réunir à 16H00 (14H00 GMT)", a déclaré le porte-parole de M. Tsvangirai, James Maridadi.

"Ce n'est pas une réunion ordinaire. Ils discuteront du désengagement (du Premier ministre) et de toutes les questions en suspens liées à l'accord de partage du pouvoir", a-t-il ajouté.

Après l'arrestation d'un de ses proches, Morgan Tsvangirai a annoncé le 16 février qu'il suspendait tous ses contacts avec le camp présidentiel, l'accusant d'être un partenaire "indigne de confiance".

Samedi, le président Mugabe a minimisé ce geste, l'attribuant à "l'émotion" et se disant confiant du retour de son Premier ministre. Il a annoncé qu'ils se rencontreraient lundi, selon lui, dans le cadre de leur réunion hebdomadaire classique.

Les deux hommes ont formé en février un gouvernement d'union pour sortir leur pays de la crise née de la défaite du régime Mugabe aux élections générales de mars 2008.

Pendant huit mois, ils ont travaillé ensemble malgré de nombreux accrochages, notamment sur la nomination de certains hauts-responsables ou l'utilisation des fonds alloués par la communauté internationale.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai a également accusé le camp présidentiel de garder la main-mise sur l'appareil sécuritaire et de poursuivre la répression contre ses membres.

Dans la nuit de vendredi à dimanche, une perquisition musclée a eu lieu dans un des bâtiments du MDC, a encore assuré samedi le parti.

"Je rencontrerai des officiers de police en fin de journée pour discuter du raid de ce week-end", a déclaré lundi Giles Mutseyekwa du MDC, qui partage le ministère de l'Intérieur avec Kembo Mohadi du parti présidentiel.

© 2009 AFP

mercredi, 14 octobre 2009

Zimbabwe: un tribunal ordonne le renvoi en prison d'un proche de Tsvangirai

MUTARE (AFP) - 14.10.2009


Un tribunal zimbabwéen a ordonné mercredi le renvoi en prison de Roy Bennett, vice-ministre désigné au sein du gouvernement d'union et proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, sous l'accusation de terrorisme et sabotage.

voir_le_zoom : Roy Bennett le 28 juin 2005 à HarareRoy Bennett le 28 juin 2005 à Harare
AFP/Archives - Str

 

Un tribunal zimbabwéen a ordonné mercredi le renvoi en prison d'un proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, le vice-ministre désigné Roy Bennett, qui sera jugé à partir de lundi pour terrorisme et sabotage.

"L'accusé doit être remis en prison", a déclaré la juge Lucy Mungwari du tribunal de Mutare (est), en fixant au 19 octobre l'ouverture du procès de Roy Bennett.

Cet ancien fermier blanc de 52 ans est un membre fondateur et trésorier du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), l'ancien parti d'opposition de M. Tsvangirai.

Il avait été arrêté le 13 février, jour de la prestation de serment du gouvernement d'union formé par Tsvangirai et le président Robert Mugabe, dont il devait faire partie en tant que vice-ministre de l'Agriculture.

Son parti avait immédiatement critiqué "une vendetta politique vengeresse et malveillante" orchestrée par les proches du président Mugabe.

Après de longues procédures judiciaires, Roy Bennett avait été inculpé pour terrorisme, sabotage et banditisme et libéré sous caution début mars. Il avait aussitôt dénoncé les "graves violations des droits de l'Homme" dans les établissements pénitentiaires.

Son poste au gouvernement est resté vacant jusqu'à présent. "Nous n'avons pas repris ce poste au MDC. Nous avons simplement dit que s'il était blanchi, il serait nommé le jour suivant, mais s'il n'est pas blanchi, dommage!", a récemment déclaré le président Mugabe.

La décision de le renvoyer devant un tribunal risque de tendre les relations, déjà compliquées, au sein du gouvernement d'union nationale.

Morgan Tsvangirai, opposant et rival historique de Robert Mugabe, est devenu son Premier ministre au sein du gouvernement d'union mis en place près des mois de tension en février, pour tenter de mettre fin à la crise politique et humanitaire et aux violences nées de la défaite du régime aux élections de mars 2008.

Le partage du pouvoir, qui vise également à redresser l'économie moribonde du pays, n'a pas réglé tous les contentieux entre les deux camps.

Les bailleurs de fonds du Zimbabwe ont posé comme condition à l'octroi d'une aide une amélioration sensible de la situation des droits de l'Homme dans le pays.

© 2009 AFP

lundi, 14 septembre 2009

Tsvangirai accuse Mugabe de violer l'accord de partage du pouvoir

14/09/2009 | AFP


Tsvangirai accuse notamment le parti du président Mugabe de persécuter les députés du MDCTsvangirai accuse notamment le parti du président Mugabe de persécuter les députés du MDC© AFP

Le Premier ministre Morgan Tsvangirai a accusé dimanche le président Robert Mugabe de violer leur accord de partage du pouvoir au Zimbabwe, devant des milliers de partisans réunis dans son fief de Bulawayo pour célébrer les 10 ans de son parti Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

M. Tsvangirai a accusé la formation présidentielle ZANU-PF de continuer à persécuter ses partisans, malgré les garanties d'indépendance politique contenues dans l'accord commun, entré en vigueur en février avec la création du gouvernement d'union.

"Je ne vais pas en rester là alors que la ZANU-PF continue de violer la loi, persécute nos députés, répand le langage de la haine, envahit nos exploitations agricoles (et) ignore nos traités internationaux", a-t-il dit, se voulant rassurant sur son rôle dans cette équipe gouvernementale.

Créée sous la pression internationale, elle doit sortir le pays de la paralysie politique née de la défaite du régime aux élections de mars 2008.

"Je ne vais pas rester sans bouger et laisser tout cela se passer".

"Un pas dans la bonne direction"

"J'ai tenu mon rôle pour promouvoir la réconciliation dans ce pays. Même après avoir remporté l'élection, j'ai passé un compromis pour le bien du Zimbabwe", a ajouté M. Tsvangirai.

Danseurs aux masques traditionnels recouverts de plumes, chorales et groupes pop ont chauffé les militants du MDC, réunis dans un stade de Bulawayo, la seconde ville du pays.

Ce rassemblement a eu lieu au lendemain d'une visite d'une délégation de haut niveau de l'Union européenne, première à visiter ce pays en sept ans. Elle a rencontré MM. Mugabe et Tsvangirai, ancien syndicaliste et opposant historique.

"La décision de participer au gouvernement n'a pas été facile à prendre", avait reconnu Tsvangirai devant les responsables du MDC samedi soir. "Mais c'est un pas dans la bonne direction".

Le peuple mieux loti

Le rassemblement de dimanche devait aussi permettre de rendre hommage aux 300 membres que le parti affirme avoir perdus dans des violences politiques contre le régime Mugabe. Tsvangirai a lui-même été victime de quatre tentatives d'assassinat.

Dès sa création, le 11 septembre 1999, le MDC a rassemblé l'opposition à un régime qui a toujours exercé la violence. Son succès aux élections générales de mars 2008, qui lui donne 110 députés sur 220, a choqué le régime confronté à sa première défaite depuis son arrivée au pouvoir à l'indépendance en 1980.

Toujours en 2008, Tsvangirai menait au premier tour de la présidentielle, devant Robert Mugabe, 85 ans aujourd'hui. Mais il avait dû abandonner en invoquant l'acharnement contre ses partisans.

Pour beaucoup de Zimbabwéens, la situation s'est améliorée cette année, depuis l'abandon de la monnaie nationale devenue obsolète à cause de l'hyperinflation et moins de contrôle sur les prix, ce qui a permis le réapprovisionnement des magasins.

"Nous sommes désormais libres. Nous avons du travail, nous avons à manger", témoigne Gladys Sengwayo, 44 ans, venue participer à ce rassemblement.

Le coup de pouce européen

Le Zimbabwe reste cependant isolé sur le plan international, malgré les efforts du Premier ministre pour renouer des liens avec les Occidentaux qui ont imposé depuis 2002 des sanctions surtout destinées à Mugabe et à son entourage.

Un membre de délégation de l'UE a indiqué dimanche soir à Johannesburg, ville voisine, qu'elle aura donné un total de 90 millions d'euros d'aide au Zimbabwe en 2009, tout en maintenant ses sanctions, et qu'elle avait contribué pour 7,5 millions d'euros pour un programme d'éducation qui sera lancé lundi.

"S'il y a une réponse positive, nous pourrons faire davantage. Nous sommes en train actuellement d'oeuvrer au sein de la Commission européenne sur un programme d'ensemble et nous espérons le finaliser d'ici la fin du mois", a indiqué le commissaire au développement de l'UE, Karel de Gucht, lors d'un point de presse.

samedi, 12 septembre 2009

Mugabe accueille les délégués de l'UE "à bras ouverts"

12/09/2009 | AFP


Robert Mugabe souffle el chaud et le froid avec l'OccidentRobert Mugabe souffle el chaud et le froid avec l'Occident© AFP

Le président zimbabwéen a accueilli samedi les délégués de l'Union européenne "à bras ouverts". La veille, Robert Mugabe avait dénoncé "les ingérences des sales Blancs dans les affaires du Zimbabwe".

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a accueilli samedi "à bras ouverts" la première délégation de haut niveau de l'Union européenne à se rendre dans le pays depuis sept ans, sur fond de tensions diplomatiques autour de la question des sanctions.

"Nous vous accueillons à bras ouverts. Nous espérons que nos discussions seront fructueuses et auront une conclusion positive", a déclaré sur un ton jovial le président du Zimbabwe avant le début de la réunion avec le commissaire européen à l'aide au développement Karel De Gucht et la ministre suédoise à la coopération et du développement international, Gunilla Carlsson.

"Sales Blancs"

Cette déclaration apaisante tranche après une violente sortie vendredi, au cours de laquelle Robert Mugabe a dénoncé les ingérences des "sales Blancs" dans les affaires du Zimbabwe.

"Qui a dit que les Britanniques et les Américains doivent commander les autres ? Nous n'avons pas invité ces sales Blancs. Ils veulent fourrer leur nez dans nos affaires. Refusez ça", a lancé aux jeunes de son parti Robert Mugabe, 85 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.

Il a également souligné qu'il ne reviendrait pas sur sa réforme agraire controversée, lancée en 2000 et visant à redistribuer aux Noirs les terres détenues par les fermiers blancs dans le but de réduire les inégalités, mais qui s'est soldée par le départ forcé de plus de 4. 000 fermiers blancs et qui a totalement désorganisé la production.

Après une inflation de l'ordre de plusieurs milliards pour cent en 2008, les prix ont toutefois commencé à baisser cette année et les investisseurs semblent de nouveau attirés par cet ancien grenier à céréales.

Sanctions

L'Union européenne a envoyé une délégation de haut niveau au Zimbabwe pour la première fois depuis l'imposition des sanctions en 2002, afin d'étudier un éventuel déblocage à terme de son aide au développement.

Ces sanctions incluent notamment un gel de l'aide européenne, en dehors de l'aide humanitaire et sociale directe à la population, ainsi que l'interdiction de présence sur le sol européen pour M. Mugabe, sa femme Grace et leur entourage.

La réunion entre les deux parties débute alors que les dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC - 15 pays) ont réclamé mardi lors d'un sommet à Kinshasa la fin des sanctions européennes et américaines afin de promouvoir les investissements, mais sans pour autant vouloir protéger Robert Mugabe.

Mais le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a affirmé jeudi que l'Union n'était "pas prête" à lever les sanctions, prises pour sanctionner les violations des droits de l'Homme dans le pays.

Crise économique sans précédent

Le Zimbabwe est en proie depuis une décennie à une crise économique sans précédent, mais la formation d'un gouvernement d'union nationale a suscité l'espoir d'une amélioration alors que l'écrasante majorité des habitants est au chômage et n'a pas les moyens de se nourrir.

Le gouvernement d'union, créé en février sous la pression internationale pour sortir le Zimbabwe de la paralysie politique née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, réunit le président Mugabe et l'ex-opposant Morgan Tsvangirai, aujourd'hui Premier ministre et que la délégation européenne doit rencontrer dimanche.

Plusieurs points de désaccord subsistent toutefois entre les deux hommes, en conflit ouvert notamment sur la nomination du gouverneur de la Banque centrale et la poursuite des violations des droits de l'Homme.

vendredi, 28 août 2009

Zuma s'entretient avec le gouvernement d'union

28/08/2009 | AFP


Jacob Zuma estime que Jacob Zuma estime que "les questions en suspens ne sont pas insurmontables"© AFP

Le président sud-africain a échangé vendredi à Harare avec les président et Premier ministre zimbabwéens. Jacob Zuma s'est montré confiant quant à la résolution des problèmes opposant Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai.

Le président sud-africain Jacob Zuma s'est entretenu vendredi matin à Harare avec les deux dirigeants du gouvernement d'union zimbabwéen et a estimé qu'un compromis était à portée de main sur les points de friction entre le chef de l'Etat et son Premier ministre.

M. Zuma s'est enfermé dans un hôtel du centre avec son homologue Robert Mugabe, 85 ans dont 29 au pouvoir, et le chef du gouvernement Morgan Tsvangirai, l'ex-opposant devenu Premier ministre aux termes d'un accord de partage du pouvoir signé en septembre 2008.

Postes disputés

Ni M. Mugabe, ni M. Tsvangirai n'ont fait de déclaration à leur arrivée à l'hôtel, pas plus qu'à leur départ 45 minutes plus tard.

La veille, le chef de l'Etat sud-africain s'était entretenu jusque tard dans la nuit avec l'ex-opposant, après un dîner à la résidence présidentielle.

Le gouvernement d'union nationale a été créé en février, sous la pression régionale, pour tenter d'extraire le Zimbabwe de la crise politique et humanitaire née de la défaite historique du régime Mugabe aux élections générales de mars 2008.

Mais les deux camps s'affrontent toujours sur certains postes essentiels, notamment celui de gouverneur de la Banque centrale et de Procureur général.

"Le chemin le plus difficile est derrière nous"

En outre, l'ex-opposition dénonce les persécutions policières dont sont encore victimes ses partisans, en dépit des garanties de liberté d'expression prévues dans l'accord.

"Les questions en suspens ne sont pas insurmontables", a déclaré M. Zuma jeudi soir au dîner officiel, devant quelques journalistes assistant aux remarques d'ouverture. "Le chemin le plus difficile est derrière nous", a-t-il ajouté.

Le président Mugabe a estimé quant à lui que "le gouvernement inclusif est vivant et se porte bien". Selon lui, "un arrangement politique de cette nature connaît inévitablement des problèmes de mise en place".

mercredi, 12 août 2009

Le parti de Mugabe accusé de commanditer des arrestations d'élus

Mercredi 12 août 2009

 

Alors que le pays connaît une vague d’arrestations de politiciens, le ton monte entre le parti de Robert Mugabe et ses alliés de l’ancienne opposition, qui l'accusent d’instrumentaliser la justice pour recouvrer la majorité parlementaire.

Douze membres du Parlement et un sénateur, suspectés de terrorisme, de corruption ou encore de viol, sont actuellement dans le collimateur de la justice zimbabwéenne. Ils ont pour point commun d’appartenir au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), l’ancienne force principale de l’opposition zimbabwéenne avant qu’elle ne décide du partage du pouvoir avec le président Robert Mugabe, en février dernier.

Si ces élus sont reconnus coupables des charges retenues contre eux, ils perdront leur siège, provoquant ainsi des élections anticipées pour leur trouver des successeurs.

"Il s’agit clairement d’une opération planifiée pour récupérer des sièges que le ZANU-PF (l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique, le parti du président Mugabe, Ndlr) considère être les siens", a déclaré un porte-parole du MDC, Nelson Chamisa.

Le MDC, dont le leader Morgan Tsvangirai est Premier ministre depuis février, compte actuellement une courte majorité au Parlement de 100 sièges - contre 99 pour le ZANU-PF. Une frange du MDC, qui a fait scission, a quant à elle remporté 10 sièges l'an dernier, lors d’élections parlementaires âprement disputées. Un candidat indépendant a également décroché sa place à l’Assemblée.


Intimidations et condamnations

Tendai Biti, le ministre des Finances, a reçu des menaces de mort par courrier. (Crédit photo : Alex Duval Smith)
Le ministre des Finances Tendai Biti, lui, n’a été accusé d'aucun crimes, mais il a reçu une menace de mort accompagnée d’une balle dans son courrier, le 27 juillet.

Biti, à peine surpris, dénonce "une junte qui ne se satisfait pas de la situation actuelle et qui cherche à forcer le changement par tous les moyens possibles, légaux comme extra-légaux".

Mais, quant à savoir si Mugabe contrôle cette junte, le ministre affirme n’avoir "aucune idée” sur la question.

La plupart des politiciens visés par des enquêtes sont suspectés d’avoir détourné des aides agricoles de l’État. L’un d’entre eux, Ernest Mudavanhu, député MDC d’une région du sud-est du pays au Parlement, a même déjà été condamné et purge en ce moment une peine d’un an de prison. Un autre, le sénateur Roy Bennett, est accusé de terrorisme ; il attend toujours de prendre la tête du ministère de l’Agriculture.

La dernière victime de cette vague d'arrestations est le député MDC Stewart Garadhi. Cet élu de Chinhoyi, dans le nord-ouest du pays, a été arrêté vendredi dernier pour avoir "dénigré" le président Mugabe en écoutant un hymne du parti. Il a été relâché peu après et aucune charge n’a finalement été retenue contre lui.

Accusé de viol, le député Trevor Saruwaka dénonce une justice manipulée. (Crédit photo : Alex Duval Smith)
Le député Trevor Saruwaka, pour sa part suspecté de viol et de violence physique, dénonce un coup monté. Selon lui, "les vagues d’arrestations de membres du MDC semblent le meilleur moyen de détruire le gouvernement d'union nationale". Il accuse : "Les dossiers sont expédiés lors des procès. En revanche, les membres du ZANU-PF qui détournent les aides agricoles d’État ne sont pas inquiétés. Et nous connaissons leurs noms. Aucun d’entre eux n’a été inquiété, seuls le sont les membres du Parlement, comme nous, qui tentent de s’assurer que les denrées alimentaires soient distribuées justement."


Jusqu'à présent, les députés mis en cause ont été victimes d’une application drastique de la justice. Thamsanqa Mahlangu, le secrétaire d'État chargé de la jeunesse (MDC), a été arrêté le 28 juillet et accusé d’avoir volé un téléphone portable. Il a d'abord été mis en liberté sous caution (50 dollars), mais le procureur a invoqué la très sévère loi de procédure criminelle pour suspendre sa libération et le laisser derrière les barreaux.


L’équilibre de l’accord en question

L’accord sur lequel repose le partage du pouvoir entre MDC et ZANU-PF prévoit une protection des sièges d’élus sous le coup de la justice. Mais cette disposition n'assure une protection que pendant un an. Elle deviendra donc caduque à partir du 15 septembre, date du premier anniversaire de la signature de cet accord.

Selon les observateurs,  les conditions du partage des pouvoirs ne permettent pas une stabilité politique. Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire "Financial Gazette", Brian Mangwende, est pessimiste. Il estime : "Morgan Tsvangirai n’a réellement obtenu aucun pouvoir. L’accord a seulement permis au ZANU-PF de se renforcer en vue de prochaines élections."

Officiellement, le MDC salue le gouvernement d'union qu’a apporté l’accord. Mais l’ancien parti d’opposition craint de perdre les sièges de ses élus condamnés et que la tenue d’élections anticipées ne provoque de nouvelles violences.

mercredi, 24 juin 2009

France/Zimbabwe : Morgan Tsvangirai à Paris

Morgan Tsvangirai, le 22 juin 2008.( Photo : AFP)

Morgan Tsvangirai, le 22 juin 2008.
( Photo : AFP)

Morgan Tsvangirai arrive mercredi après-midi à Paris pour une visite officielle de 3 jours, dernière étape de sa tournée en Europe et aux Etats-Unis. Au cours de son séjour en France, le Premier ministre zimbabwéen doit notamment avoir des entretiens avec le Premier ministre, le secrétaire général de l'Elysée, le chef de la diplomatie, la ministre de l'Economie et le patronat français. Le leader zimbabwéen veut mobiliser des fonds pour son pays et relancer les relations avec l'Occident.

Bonne nouvelle pour Morgan Tsvangirai : il ne devrait pas connaître à Paris les affres de sa visite à Londres où il a été hué par une partie de la diaspora zimbabwéenne.

Economiquement, ses trois semaines de tournée n'ont pas été couronnées du succès espéré. Le Premier ministre du Zimbabwe n'a pas convaincu les Occidentaux de relancer leur aide budgétaire à destination de son pays. Les presque 100 millions d'euros promis jusque-là seront en effet versés aux agences humanitaires et non dans les caisses de l'Etat.

Poursuivre les réformes

A Paris, Morgan Tsvangirai devrait entendre la même musique qu'à Washington, Berlin, Bruxelles ou Londres : « Effectuez les réformes de l'appareil sécuritaire, rétablissez l'état de droit, mettez un terme aux violations des droits de l'homme et nous reprendrons l'aide directe ».

Politiquement en revanche, l'offensive de charme de l'ex-syndicaliste devenu Premier ministre est plus réussie. Ses rendez-vous successifs avec les dirigeants européens et américain lui ont permis d'asseoir sa stature d'homme d'Etat.

Perçu pendant un temps comme un pion manipulé par Robert Mugabe, Morgan Tsvangirai s'est positionné comme l'unique interlocuteur des Occidentaux. A tel point, selon une source à Harare, que le président aurait pris ombrage des honneurs réservés à son ancien opposant. Il faut dire que pendant que Tsvangirai était reçu par Barack Obama, Mugabe accueillait, lui, le roi du Swaziland.

RFI

vendredi, 27 mars 2009

Zimbabwe: Tsvangirai au secours des fermiers

Source : lejdd.fr

Le Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, s'est nettement démarqué vendredi du président Robert Mugabe en assimilant l'occupation des fermes à du vol, punissable par la loi. "Ce gouvernement est conscient que la plupart des troubles actuels qui perturbent la production agricole, et qui ont été faits au nom de la réforme agraire, sont en réalité des agissements de voleurs", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des diplomates et des représentants de la société civile et du monde des affaires. "Ceux qui continuent à mener ces activités seront arrêtés et traduits en justice. J'ai chargé le ministère de l'Intérieur de s'assurer que tous les crimes seront poursuivis et leurs auteurs arrêtés et inculpés", a-t-il promis. La saisie des exploitations agricoles détenues par des propriétaires blancs, afin de les donner aux paysans noirs, est devenue l'un des axes essentiels de la politique du président Mugabe dans les années récentes. Ses détracteurs estiment qu'elle a contribué à ruiner le secteur agricole.