mardi, 08 décembre 2009

Aminatou Haidar "ira jusqu'à la mort"

08/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique


La militante sahraouie Aminatou Haidar, qui observait mardi son 23e jour de grève de la faimLa militante sahraouie Aminatou Haidar, qui observait mardi son 23e jour de grève de la faim© AFP

 

Le compagnon de la militante sahraouie, Bachir Lekhfawni, s'est confié au quotidien espagnol ABC.

 

La militante sahraouie Aminatou Haidar, qui observait mardi son 23e jour de grève de la faim à Lanzarote (Espagne) pour pouvoir retourner au Sahara occidental, "ira jusqu'à la mort" s'il le faut, a assuré son compagnon, Bachir Lekhfawni, au quotidien espagnol ABC.

 

Interrogé à Laâyoune, au Sahara occidental, territoire annexé par le Maroc en 1975, M. Lekhfawni a déclaré que Mme Haidar "irait jusqu'à la mort, c'est certain. La famille ne va pas intervenir".

 

"Nous attendons son retour, morte ou vive", a-t-il ajouté. "Son retour est certain. Ce que nous ignorons, c'est si elle l'effectuera dans un cercueil. Vu comment se présentent les choses, je vois une fin malheureuse".

 

Aminatou Haidar, 42 ans, militante pour l'indépendance du Sahara occidental, observait mardi son 23e jour de grève de la faim pour pouvoir rentrer à Laâyoune. Le Maroc lui en refuse catégoriquement l'accès, arguant qu'elle aurait renié sa nationalité marocaine.

 

"Nous voulons le retour de notre maman !"

Aminatou Haidar a été expulsée le 14 novembre du Sahara occidental par les autorités marocaines qu'elle accuse de lui avoir confisqué son passeport marocain. Selon Rabat, elle a refusé "d'accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine".

 

La presse espagnole a publié mardi des extraits d'une lettre de ses deux enfants, âgés de 15 et 13 ans. Ceux-ci lancent "un appel urgent à tous les enfants du monde" et à "toutes les mamans du monde".

 

"Nous voulons le retour de notre maman !", ont écrit les enfants, selon un fac-similé de la lettre rédigée en français et publié par ABC à sa une.

 

La militante pro-Polisario, qui ne fait pourtant pas partie de cette organisation indépendantiste, a fait savoir lundi qu'elle refuserait tout type de soin médical. Embarrassé par la tournure des événements, le gouvernement socialiste espagnol tente de la dissuader de poursuivre son combat jusqu'à une issue fatale.

 

Un juge d'instruction espagnol a mandaté lundi un troisième expert médical pour statuer sur l'éventuelle hospitalisation forcée de la militante, ont également indiqué des sources judiciaires à Lanzarote (Canaries).

 

Hospitalisation forcée ?

Cette décision a été prise après l'établissement de deux rapports médicaux contradictoires; l'un du médecin personnel de Mme Haidar, qui juge son état très grave; l'autre d'un médecin requis par le magistrat, qui a estimé que son état n'était pas si critique.

 

"Son temps est en train de s'achever. Nous ne pouvons plus parler de semaines, mais d'heures ou de jours", a indiqué samedi le médecin personnel de Mme Haidar, Domingo de Guzman Perez Hernandez.

 

Après avoir recueilli un troisième rapport médical, le juge devrait prochainement décider ou non d'ordonner l'hospitalisation de Mme Haidar.

 

La préfecture des Canaries avait demandé dimanche soir au magistrat de "prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la vie et l'intégrité d'Aminatou Haidar", y compris son "hospitalisation".

 

Le Maroc considère que le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole qu'il a annexée et administrée depuis 1975, fait partie intégrante de son territoire. Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame son indépendance malgré la proposition de Rabat de lui accorder une large autonomie.

mercredi, 02 décembre 2009

Dubaï World : onde de choc sur l'Afrique ?

02/12/2009 | Jeune Afrique


Dubaï World : onde de choc sur l'Afrique ?Dubaï World : onde de choc sur l'Afrique ?© DR


L’implosion du groupe Dubai World, présent en Afrique à travers ses filiales DP World et Emaar Properties, pourrait ne pas être sans conséquences sur le continent. Si le groupe a déjà quitté l’Algérie, il reste présent dans des projets à Tanger, Casablanca et Marrakech. Emaar Morocco se refuse à tout commentaire.


En revanche, DP World, dont les comptes sont au vert, est épargné, au moins pour l’instant. Mais l’opérateur portuaire, implanté en Algérie, en Égypte, à Djibouti et au Sénégal, où il a investi 3 milliards de dollars, pourra-t-l honorer ses engagements ? Peut-être, mais pas forcément sous pavillon émirati. Depuis plusieurs mois, une rumeur évoque avec insistance une possible cession de DP World à un groupe d’investisseurs.

Beyrouth by night

02/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Nicolas Marmié, envoyé spécial


Soirée au Beyond the Green Door, un des clubs branchés de la capitale libanaiseSoirée au Beyond the Green Door, un des clubs branchés de la capitale libanaise© Sipa

 

Restaurants, terrasses de café, bars de jazz, boîtes de nuit, casinos... Feutrée ou torride, mondaine ou populaire, l’ambiance est garantie dans la capitale nocturne du bassin euro-méditerranéen. Visite guidée.

 

« Comparer Beyrouth by night à Marrakech, c’est comme comparer Paris à Limoges. » Mon guide libanais, chrétien orthodoxe, a une expérience franco-marocaine et l’assurance nationaliste. Sa ville natale, son Beyrouth, c’est la capitale nocturne du bassin euro-méditerranéen. Le tour de chauffe commence rue Gemmayzeh, au Bar Louie. Une scène internationale de jazz et de blues où se sont produits Steve Philips, Nicole Mitchell ou encore Jack Gregg. Musique acoustique, décor chaleureux, barman professionnel et volutes de fumée : bienvenue dans les années 1950 et l’authentique ambiance club. Dehors, la rue s’anime d’un autre concert : celui des klaxons dont la maîtrise doit être enseignée dans les écoles de conduite libanaises. Petit détour par la place de l’Étoile, dans le centre-ville historique, près de la place des Martyrs, dont la rénovation a été confiée à la très puissante société Solidere, fondée par feu Rafic Hariri. Lardées de terrasses, les rues piétonnes aux façades clinquantes ont remplacé les derniers vestiges de l’architecture coloniale qui avaient survécu à la guerre. Des femmes voilées, venues d’Arabie saoudite ou du Golfe, papotent en buvant du Diet Pepsi, pendant que les hommes tirent goulûment sur des narguilés d’où s’exhalent d’entêtants parfums sucrés. Au même titre que les cendriers, les fèves ou les mezzes, la pipe à eau est omniprésente sur les tables en plein air.

 

22 h 30, retour à Gemmayzeh. Lamborghini, Ferrari, Aston Martin, Bentley et 4x4 allemands roulent pare-chocs contre pare-chocs. Andreas, le patron allemand du Torino Bar, est de mauvaise humeur. Son établissement, considéré comme la base de départ de tous les authentiques noctambules beyrouthins, est, ce soir, infesté de touristes. « Non, ici ce n’est pas un Disneyland », peste-t-il, quand on évoque la réputation nocturne de sa ville. Dehors, sur le trottoir, trois soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban en uniforme et en goguette jettent un œil. Trop de monde au Torino, ils se rabattent en formation serrée sur un bar plus discret et commandent des Almaza, la bière nationale. Même fardée des paillettes de la nuit, la menace d’un nouvel embrasement militaire s’invite dans toutes les conversations. Il est temps de manger. À La Piazza, dans le quartier chrétien d’Echrafiyeh, un décor toscan tout droit sorti de Cinecitta nous accueille. Dans les assiettes, des fettucine alla vongole, et, sur scène, Francis Eliya, « le célèbre ténor libanais », dévore Verdi. « Tous les soirs, ici, c’est Bayreuth à Beyrouth », lance une quinquagénaire vêtue et maquillée comme si elle était au Palais Garnier.

 

Night-clubs très spéciaux

Collision des mondes et des civilisations. Une mobylette pétaradante avec homme barbu, femme voilée et garçonnet hilare accroché au guidon manque de renverser notre amie mondaine au sortir du restaurant. Elle ouvre la porte de son Audi Q7 : « Il faut que vous nous rejoigniez au Casino du Liban, salle des Ambassadeurs. » C’est plus une convocation qu’une invitation. Nouveaux embouteillages sur la corniche, mais l’ambiance n’est pas celle d’un périphérique. Les autoradios hurlent à enceintes déployées. Seules les motos à l’échappement débridé et aux pilotes échevelés, car sans casque, parviennent à faire respecter leur capital de décibels. Pas de radars ni d’alcootests, l’autoroute du nord à huit voies, qui dessert également Damas, a des allures de circuit de grand prix. Après un crochet par Byblos, le port phénicien millénaire reconverti en Saint-Tropez du Levant, l’arrivée au Casino du Liban est digne d’un des meilleurs James Bond. Perché au-dessus de la baie de Maalmetein, à 15 km de Beyrouth, l’établissement fête cette année son demi-siècle d’existence. L’escalier monumental, coiffé d’un tapis rouge, est emprunté tous les soirs par les élégantes de tout le Moyen-Orient au bras de leurs fortunés compagnons. Pour ces messieurs, qui ont laissé les clefs de leur limousine au « valet » – le voiturier en livrée –, le cigare est de rigueur.

 

Au bar panoramique, le pianiste caresse les touches de son Steinway, et les bouchons de champagne fournissent les percussions. Avec le personnel, l’anglais est de mise, mais les inscriptions restent en français. Dans la gigantesque salle des machines à sous, impossible de converser : le crépitement des pièces est assourdissant. Un septuagénaire s’est endormi sur la selle de son bandit manchot, c’est sa compagne qui, assise à la machine voisine, presse distraitement le bouton clignotant du jackpot tout en scrutant son propre écran. L’ambiance est plus feutrée au Cercle d’or, le restaurant cercle de jeux ou à la Martingale, qui passe pour être une des meilleures tables du Liban.

 

Minuit. En contrebas du casino, sur la corniche, les néons crépitent. Les « super night-clubs » accueillent leurs premiers clients. Ces établissements, également implantés dans le centre de Beyrouth, s’identifient comme « super » car ils sont la plaque tournante de la prostitution au pays du Cèdre. Dans la centaine d’établissements spécialisés que compte le pays, le décor est à peu près le même : sur la piste de jeunes femmes blondes très légèrement vêtues se trémoussent à tour de rôle. Les clients observent, sirotent des verres à 20 dollars ou des bouteilles à 300 dollars et, quand leur choix est arrêté, ils font signe au serveur pour inviter une « artiste » à leur table. Ukrainiennes, Moldaves, Roumaines proposent leur prestation pour 100 à 300 dollars, mais uniquement le lendemain à l’hôtel. Sortir accompagné d’une « artiste » d’un super night-club, « c’est interdit, parce que c’est la loi », explique un serveur du Voodoo, dont l’enseigne rouge clignote entre deux immeubles en construction. Pour « être plus efficace » dans son rôle d’entremetteur, ce serveur utilise un pointeur laser pour interpeller les danseuses et leur désigner leur probable partenaire du lendemain.

 

« Le meilleur est pour la fin »

L’heure tourne, les muezzins lancent le premier appel à la prière, mais si les mosquées drainent les fidèles des banlieues populaires, la nuit ne s’arrête jamais à Beyrouth. Les fêtards les moins fortunés se retrouvent au Barbare pour avaler un sandwich de grillades, tandis que les autres peuvent commencer leur after dans un sky bar, comme le très tendance White, qui occupe 1 000 m2 d’une terrasse dominant la place des Martyrs et la corniche de Beyrouth. Mon noctambule de guide ne veut pas se coucher et prétend que « le meilleur est pour la fin ». Il entend m’emmener rue Gouraud au Beyond the Green Door, le club branché de Beyrouth. Nous poussons donc la porte verte pour voir ce qui s’y cache derrière. Rythmes technos, DJ international, cocktails Uranium ou Ahmadinejad, insolentes soirées privées qui tournent le religieux en dérision, minijupes et décolletés pigeonnants : dans le QG de la jeune bourgeoisie francophone, ce sont toutes les frontières de la géopolitique régionale qui sont bousculées, tous les codes qui sont transgressés. C’est bien la nuit, quand le grondement des guerres s’étouffe, que cède le barrage des conventions d’une paix jeune et fragile.

 

mardi, 01 décembre 2009

Les visées de l'Arabie saoudite sur les terres fertiles du continent

01/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Rémi Carayol



Classés parmi les Classés parmi les "accapareurs de terres" par l'ONG Grain, les saoudiens se tournent vers l'Afrique© Sylvain Savolainen/Cosmos


L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait son chemin depuis la tenue, les 14 et 15 novembre à Addis-Abeba, du premier forum économique entre l’Arabie saoudite et les pays d’Afrique de l’Est. Une manifestation qui a permis à Riyad de plaider sa cause et de renouveler son intérêt pour les terres agricoles de cette partie du continent.


Durant deux jours, Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, la Somalie et la Tanzanie ont discuté affaires avec le royaume, qui avait dépêché pas moins de quatre ministres (Finances, Agriculture, Commerce et Industrie, Transports) et des dizaines de représentants de firmes nationales. De leur côté, les présidents djiboutien et somalien s’étaient déplacés avec les Premiers ministres éthiopien et rwandais.


L’objectif officiel du forum était, selon les organisateurs, « d’étudier les moyens de renforcer les liens économiques » entre « le premier exportateur de pétrole au monde » et « une région au potentiel important ». Ce « potentiel », pour Riyad, prend surtout la forme de vastes étendues inexploitées et des perspectives économiques alléchantes. La région africaine offre une main-d’œuvre bon marché et un potentiel de 130 millions de consommateurs. En contrepartie, « l’Arabie saoudite offre des produits et des services de très bonne qualité, nous devons tout faire pour qu’ils pénètrent dans nos marchés », a déclaré le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh. En 2008, les échanges commerciaux entre le royaume et l’Afrique de l’Est se sont élevés à 3 milliards de dollars.


Mais le film diffusé à l’ouverture du forum et vantant les ressources naturelles de l’Afrique de l’Est l’a rappelé : elle recèle des terres fertiles. Or l’Arabie saoudite, l’un des plus gros importateurs mondiaux d’aliments, cherche des surfaces exploitables pour nourrir sa population. Elle figure parmi les État « accapareurs de terres », selon Grain. L’ONG énumérait les projets d’acquisitions de terres agricoles par les Saoudiens en Éthiopie, en Ouganda et au Soudan, notamment.

Israël-Palestine : 8 881 morts en vingt ans

01/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Marianne Meunier

 

A l’occasion de son vingtième anniversaire, B’Tselem, l’association israélienne des droits de l’homme dans les territoires occupés, a dressé, le 22 novembre, un bilan du conflit israélo-palestinien sur les deux dernières décennies. Cette période inclut notamment une partie de la première Intifada (1987-1993), la seconde (qui a commencé en septembre 2000), ainsi que l’opération « Plomb durci », l’offensive lancée par l’État hébreu contre la bande de Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.

 

Selon B’Tselem, le conflit a fait, civils et militaires confondus, 8 881 victimes depuis 1989 : 7 398 palestiniennes, 1 483 israéliennes, dont respectivement 1 537 et 139 mineurs. Pour les Palestiniens, 2009 a été l’année la plus noire : 1 033 personnes y ont trouvé la mort, la plupart durant l’opération « Plomb durci ». Côté israélien, c’est en 2002 que les pertes enregistrées ont été les plus lourdes : 420 personnes ont péri cette année-là, dont 269 civils. En 1999, les deux peuples ont connu une certaine accalmie : 8 morts côté palestinien, 4 côté israélien.

mercredi, 25 novembre 2009

A la Mecque et Médine, un pèlerinage sous tension

25/11/2009 | AFP


Des pèlerins à La Mecque, le 21 novembre 2009.Des pèlerins à La Mecque, le 21 novembre 2009.© AFP

Bravant la pandémie de grippe H1N1 et de possibles manifestations de pèlerins iraniens, plus de 2,5 millions de musulmans s'apprêtent à accomplir le pèlerinage (Hajj) dans les villes saintes saoudiennes de La Mecque et Médine.

Sous la surveillance de plus de 100.000 policiers et 20.000 membres des services médicaux, le plus grand pèlerinage annuel au monde culmine ces jours-ci avec notamment le rassemblement des fidèles sur le mont d'Arafat près de La Mecque, jeudi.

Mais cette grande manifestation se place cette année sous le signe de la tension, les autorités redoutant la propagation du virus de la grippe A et d'éventuels débordements.

Décès de pèlerins, mesures renforcées

Malgré les efforts des autorités pour réduire les risques de contamination, les premiers décès de pèlerins liés à la grippe H1N1 ont été annoncés samedi. Le nombre de cas de contamination -20 annoncés samedi- reste toutefois largement en dessous de ce que les autorités redoutaient. Le porte-parole du ministère de la Santé, Khaled Marghlani, a indiqué que les quatre pèlerins décédés avaient tous des problèmes de santé les rendant vulnérables.

Les autorités du royaume, où 70 personnes sont décédées et 7.000 ont été contaminées, en dehors des pèlerins, ont recommandé à ces derniers de se faire vacciner et multiplié les mesures de prévention. Des caméras thermiques ont été installées dans les aéroports et le port de Jeddah, sur la mer Rouge. Des centaines de lits ont été ajoutés dans les hôpitaux proches des lieux du pèlerinage et 1,5 million de doses de Tamiflu ont été stockées.

"Rien qu'à la Grande mosquée, nous avons six cliniques ouvertes 24 heures sur 24", a déclaré le ministre de la Santé, le Dr Abdallah al-Rabia.

Cependant, peu de fidèles portent des masques. "Plus d'un million d'entre nous ont prié dans la grande mosquée sans qu'il y ait de signes de grippe", affirme une Mauritanienne, Oum Saïd.

Al-Qaïda, Iran, stèles de Satan

Les autorités redoutent par ailleurs que les 65.000 pèlerins iraniens n'organisent leur traditionnelle manifestation antiaméricaine vendredi. Les dirigeants saoudiens ont mis en garde contre toute manifestation politique pendant le pèlerinage, comme celle des pèlerins iraniens en 1987 qui avait donné lieu à des heurts ayant fait plus de 400 morts.

"Nous n'autoriserons aucune action de nature à troubler les pèlerins ou présenter un risque pour leur sécurité", a déclaré le général Mansour Turki, responsable de la sécurité du pèlerinage.

Il n'a pas exclu d'autre part une menace d'Al-Qaïda après l'attentat manqué revendiqué par cette organisation contre le chef de la lutte antiterroriste, le prince Mohammed ben Nayef, dans son palais de Jeddah en août. Ce pèlerinage se tient 30 ans après que des extrémistes musulmans se soient barricadés dans la grande mosquée de La Mecque. Il avait fallu deux semaines aux forces de l'ordre pour les déloger. "Nous prenons toutes les contre mesures pour empêcher que cela ne se reproduise", a assuré le général Turki.

Mais à l'en croire, le plus grand risque demeure les mouvements de panique, comme celui qui avait coûté en 2006 la vie à 364 personnes. Un pont de cinq étages, de 950 m de long et 80 m de large, a été érigé, pour un coût de 1,2 milliard de dollars, pour parer à ce risque lors du rituel de la lapidation des stèles représentant Satan.

 

lundi, 26 octobre 2009

Le nucléaire iranien scruté par les experts de l'AIEA

26/10/2009 | AFP


Le directeur de l'AIEA, Mohamed El-BaradeiLe directeur de l'AIEA, Mohamed El-Baradei© AFP

Alors que les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique doivent inspecter le site nucléaire de Qom, en Iran, les autorités du pays ont affirmé être disposées à lâcher du lest dans le cadre d'un accord international.

L'Iran est prêt à livrer une partie de son uranium faiblement enrichi pour obtenir du combustible pour son réacteur de recherche de Téhéran dans le cadre d'un accord international, a déclaré lundi le chef de la diplomatie iranienne, Manoucher Mottaki.

"Pour assurer le combustible, nous pouvons comme par le passé l'acheter ou nous pouvons livrer une partie de notre combustible (l'uranium enrichi à 3,5%) dont nous n'avons pas besoin", a déclaré M. Mottaki. "Le choix entre ces deux options est actuellement à l'examen et nous annoncerons le résultat dans quelques jours", a déclaré M. Mottaki.

De leur côté, les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devaient poursuivre lundi leur inspection du nouveau site d'enrichissement d'uranium près de Qom, au second jour de leur visite en Iran. Les quatre membres de la délégation arrivée dimanche matin à Téhéran se sont déjà rendus dimanche sur le chantier de l'usine d'enrichissement en construction près de Qom, à une centaine de kilomètres au sud de Téhéran.

Vérifier le caractère civil des activités iraniennes

Les responsables iraniens ont déclaré ces dernières semaines que le nouveau site avait été créé, à côté d'une base militaire, dans le but de protéger le programme d'enrichissement iranien contre toute éventuelle attaque militaire menée par Israël ou encore les Etats-Unis.

Dimanche, le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a confirmé à l'AFP que les inspecteurs de l'AIEA s'étaient rendus sur le site et l'agence Mehr a rapporté que ces experts devaient y réaliser plusieurs visites pendant leur séjour de trois jours en Iran.

Les inspecteurs, qui n'ont fait aucun commentaire à la presse depuis leur arrivée en Iran, doivent vérifier les informations fournies par Téhéran et le caractère civil du site de Qom, dont l'existence a été révélée le 21 septembre dernier par l'Iran dans une lettre à l'AIEA.

Sanctions internationales

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à fabriquer l'arme atomique en utilisant son programme nucléaire civil, en particulier son programme d'enrichissement d'uranium, ce que Téhéran rejette. L'Iran enrichit l'uranium à moins de 5% dans son usine de Natanz (centre), un niveau seulement utilisable à des fins civiles mais l'enrichissement d'uranium poussé à plus de 90% peut également avoir un but militaire.

Paris, Moscou et Washington tentent d'obtenir, via l'AIEA, que Téhéran accepte un accord organisant l'enrichissement supplémentaire du minerai iranien en dehors de l'Iran, afin de lever les inquiétudes sur la nature des activités nucléaires de la République islamique.

L'Iran refuse de geler ses activités d'enrichissement d'uranium malgré cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions, demandant leur suspension.

Juifs et Palestiniens se disputent l'Esplanade des Mosquées de Jérusalem

25/10/2009 | AFP


La police barre l'accès de l'Esplanade des MosquéesLa police barre l'accès de l'Esplanade des Mosquées© AFP

Le Mont du Temple (pour les juifs), ou Esplanade des Mosquées (pour les musulmans), à Jérusalem, est au centre d'une querelle entre Palestiniens et  Arabes israéliens. Tôt dans la matinée, la police a dû intervenir et fermer les lieux.

La police israélienne a pénétré dimanche matin sur l'esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, à la suite de manifestations de Palestiniens, a-t-on indiqué de sources policières. Une force de police a pénétré sur l'esplanade à la suite de jets de pierres contre des visiteurs qui se trouvaient sur le site, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Les policiers ont été attaqués à coups de pierres par des manifestants qui ont également déversé de l'huile par terre pour les faire tomber, a précisé la radio publique en indiquant que 12 manifestants avaient été arrêtés. A la suite de ces incidents, la police a fermé l'accès de l'esplanade, qui avait ouvert normalement peu auparavant aux fidèles musulmans ainsi qu'aux visiteurs non-musulmans, a-t-on poursuivi de sources policières.

En prévision d'incidents, la police israélienne avait déployé dimanche des renforts dans la vieille ville de Jérusalem. "Il y a eu des appels lancés parmi des Palestiniens et des Arabes israéliens pour venir manifester soi-disant pour défendre le Mont du Temple (l'esplanade des Mosquées), c'est pourquoi nous avons renforcé les patrouilles dans la vieille ville pour éviter tout désordre", a affirmé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

L'extrême-droite veut s'approprier les lieux

La radio publique a indiqué que la prière au Mur des Lamentations situé en contrebas n'avait pas été perturbée. Un hélicoptère de la police survolait la vieille ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon les radios publique et militaire, ce dispositif policier a été mis en place à la suite de la tension provoquée par la tenue dans la journée d'une réunion à Jérusalem de "l'organisation de Défense des droits de l'Homme sur le Mont du Temple".

Cette organisation d'extrême-droite, qui a obtenu le soutien de rabbins et de députés d'extrême-droite, s'est fixée comme but de convaincre les juifs de se rassembler en masse sur l'esplanade des Mosquées, ont ajouté les radios. "Le peuple juif doit se rendre au Mur des Lamentations et au Mont du Temple afin que ce lieu devienne un lieu de paix et de sérénité et non pas un site de haine et de terrorisme contre le monde entier", a affirmé à la radio militaire le dirigeant de ce mouvement Yéhuda Glick.

Intrusion

Interrogé sur l'impact des appels de cette organisation, le porte-parole de la police s'est abstenu de répondre.

L'esplanade des Mosquées a été le théâtre d'affrontements au début du mois à la suite de manifestations palestiniennes organisées pour "la défense de Jérusalem". Ce site, qui abrite les mosquées Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine.

Il est aussi l'endroit le plus sacré pour les juifs qui l'appellent le Mont du Temple. Le conflit s'est rallumé à la fin septembre, des Palestiniens protestant contre l'intrusion selon eux d'extrémistes juifs venus prier sur le site, ce que la police a démenti.

Carnage à Bagdad

26/10/2009 | AFP


Le double attentat suicide a fait 99 mortsLe double attentat suicide a fait 99 morts© AFP

Un double attentat suicide contre des bâtiments officiels en plein coeur de Bagdad a fait dimanche 99 morts, une attaque que le gouvernement a imputée à Al-Qaïda et "ses alliés" pour torpiller les élections prévues en janvier.


Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis plus de deux ans en Irak, où quatre attentats visant une secte religieuse kurde avaient fait 400 morts dans la province de Ninive (nord) le 14 août 2007.

La première attaque a visé vers 10H30 (07H30 GMT) le ministère de la Justice et celui des Municipalités et des Travaux publics qui se font face dans la rue de Haïfa. Dix minutes plus tard, une seconde explosion s'est produite devant le siège du gouvernorat de Bagdad, dans le même secteur.

Le général Kassem Atta, porte-parole du commandement militaire de la capitale, a parlé de "deux attentats suicide". "Les kamikazes ont utilisé pour le premier un camion transportant une tonne d'explosifs et pour le second une voiture remplie de 700 kg d'explosifs", a-t-il déclaré à l'AFP.

Il a par ailleurs précisé que 92 personnes blessées étaient toujours hospitalisées.

Le Baas et Al-Qaïda accusés

"Les crimes du Baas et d'Al-Qaïda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections. C'est la même main maculée de sang, qui a commis les attentats du 19 août, et nous punirons les ennemis de l'Irak", a affirmé dans un communiqué le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui s'est rendu sur les lieux des attentats.

L'Irak avait accusé la Syrie d'abriter les commanditaires du double attentat du 19 août, qui visait deux ministères à Bagdad et avait fait 95 morts, provoquant une crise diplomatique avec Damas.

La Syrie, qui avait nié abriter les commanditaires, a condamné dimanche dans un communiqué les attentats du même jour, parlant d'"actes criminels".

Les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy ont également condamné les attaques.

L'Iran, l'allié régional de la Syrie, a dénoncé des "actions terroristes (qui) visent à perturber (...) le processus de renforcement des structures démocratiques".

99 morts et 712 blessés

"Nous avons recensé 99 morts et 712 blessés", a déclaré à l'AFP un haut responsable du ministère de la Santé. Le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a confirmé ces chiffres.

Les attentats ont permis paradoxalement de sauver une personne, selon un policier sur place. Il a raconté à l'AFP qu'un homme venait d'être kidnappé et se trouvait dans le coffre d'une voiture au moment des explosions. Il a été libéré par les forces de l'ordre, deux des ravisseurs ont été tués et le chauffeur du véhicule a été blessé.

Le chef de l'armée de terre irakienne avait mis en garde samedi contre le risque d'un regain de violences dans les prochains mois en raison des élections générales prévues le 16 janvier.

Dans un entretien avec l'AFP, le général Ali Gheidan, s'était également dit préoccupé par les répercussions d'un éventuel report du scrutin.

Dissensions sur la loi électorale

Selon un parlementaire, les dirigeants irakiens qui ont discuté dimanche soir de la nouvelle loi électorale devaient se retrouver lundi pour arriver à un accord.

"Le président (kurde) Jalal Talabani, le Premier ministre (chiite) Nouri al-Maliki et le président du Parlement (sunnite) Iyad al-Samarraï se rencontreront lundi pour arriver à une décision finale sur les amendements afin de les envoyer au parlement", a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat ce député irakien qui assistait à la réunion.

Il a en outre affirmé que, pendant la réunion de dimanche soir, M. Talabani avait reçu un appel téléphonique de son homologue américain Barack Obama qui "a pressé les participants d'arriver à un accord".

Le parlement irakien n'est pas parvenu mercredi à trouver un accord sur une nouvelle loi électorale, en raison de l'âpre bataille entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de la région pétrolière de Kirkouk (nord).

jeudi, 22 octobre 2009

Contacts secrets Iran-Israël

Par  RFI. Article publié le 22/10/2009 


La réunion secrète a eu lieu à l'hôtel Four Seasons du Caire.(Photo : AFP/Cris Boroncle)

La réunion secrète a eu lieu à l'hôtel Four Seasons du Caire.
(Photo : AFP/Cris Boroncle)


Téhéran dément avoir participé à une réunion régionale incluant des représentants israéliens. Le journal israélien Haaretz l'annonçait pourtant ce jeudi matin. Officiellement, les deux pays n'ont plus de contact depuis 30 ans mais ces révélations interviennent alors qu’un accord se dessine à l’AIEA, à Vienne, concernant l’enrichissement de l'uranium iranien.

Joint par RFI, un représentant israélien souhaitant garder l'anonymat le confirme : il a participé, fin septembre au Caire, à cette réunion de la Commission internationale de non-prolifération nucléaire. La rencontre a eu lieu dans un grand hôtel de la capitale égyptienne.

Plusieurs pays de la région étaient représentés (Arabie Saoudite, Egypte, Jordanie. L'Iran avait envoyé Ali Ashgar Soltanieh, l'émissaire de Téhéran auprès de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. Et l'Etat hébreu avait dépêché deux membres de la Commission israélienne de l'énergie atomique, dont l'ancien ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben Ami.

Selon nos informations, ce n'était pas la première fois que des Iraniens et des Israéliens participaient à une telle réunion, technique et régionale. Et selon notre interlocuteur, c'est un échange « amical » qui a eu lieu. Il a permis aux différents pays de rappeler leurs positions respectives ; les Iraniens répétant par exemple que leur programme nucléaire n'a qu'une vocation civile et pacifique.

Enfin, ajoute notre source israélienne, lors de ce face-à-face, il n'a jamais été question des intentions régulièrement prêtées à Israël de bombarder les installations nucléaires de l'Iran.

 

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