jeudi, 30 avril 2009
Revivez l'AG de Natixis, heure par heure

jdlb
13h55: Devant le siège d'EDF, à quelques minutes de la Grande Arche de la Défense, où doit s'ouvrir l'assemblée générale de Natixis à 14h30, une quinzaine de journalistes, et quelques policiers, patientent devant le bâtiment d'EDF. Ils attendent le collectif "Sauvons les riches", qui leur a donné un mystérieux rendez-vous. Ils espèrent que les activistes s'inviteront aux côtés des actionnaires de Natixis. Mais pour l'instant... personne. Ils sont coincés dans les embouteillages !
14h16: Les journalistes entourent les membres du collectif, qui viennent d'arriver et expliquent la philosophie de leur action coup de poing. Ils ont acheté des actions Natixis et à ce titre sont donc autorisés à entrer à la Grande Arche. Une fois au coeur de l'AG, ils comptent décerner le prix du pantouflage à François Pérol, nouveau patron de la banque issue du rapprochement entre Caisses d'Epargne et Banque Populaire, maison mère de Natixis. Ils ont apporté un plateau doré sur lequel figure une pantoufle rose. Ils se sont aussi munis de nombreuses pantoufles couleur or (3,25 euros l'unité) pour les lancer à la tête des dirigeants... Un membre du collectif sera déguisé en parachute doré pour donner un golden coup de pied aux dirigeants. Pas sûr que le service d'ordre les laisse faire...
14h40: Je suis arrivée dans la Grande Arche. Ambiance lugubre. Beaucoup de personnes âgées. Certaines se plaignent des mauvaises indications... Il faut passer des portiques de sécurité, puis les actionnaires doivent se présenter à un des quinze guichets avec leur numéro. pour pouvoir enfin entrer dans la salle. "Sauvons les riches" est, lui aussi, dans la place... Ils seront peut être pas si mal accueillis, si j'en crois ce couple de sexagénaires qui me dit: "Ce sont tous des truands, ces banquiers".
14h52: Jean-Marc Moriani, membre du directoire de Natixis, expose les faits marquants de 2008 et détaille l'impact de la crise sur les résultats. Il y a environ un millier de personnes dans la salle. Ambiance tranquille pour le moment pour ce public de personnes âgées. A côté de moi, quelqu'un s'est même endormi... Chez les journalistes, en revanche, on est aux aguets, en attente du coup d'éclat de "Sauvons les riches". Moriani évoque maintenant le rapprochement des deux maisons mères et les principaux chiffres de Natixis pour 2008. Il arrive aux 2,8 milliards d'euros de pertes nettes subies l'année dernière. Les têtes commencent à bouger, en signe de dépit. A ce moment là, je tente de prendre une photo, mais je me fais arrêter par la sécurité.

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15h10 "Sauvons les riches" débarque sur scène avec son plateau. Huées dans le public. Quelques applaudissements quand même... et pas de réaction des dirigeants. Il faut dire que la sécurité a été rapide pour écarter les activistes. Leur opération a duré moins d'une demi-minute. /Para
15h13: Les actionnaires commencent à crier. Jean-Marc Moriani a de plus en plus de mal à se faire entendre. Il se fait carrément siffler et on entend des "Remboursez". Pour mémoire, l'action Natixis, qui valait 19,55 euros lors de son introduction en Bourse en décembre 2006, n'en vaut plus que 1,8 aujourd'hui...
15h18: Alexis Caille, président du comité consultatif des actionnaires, vient d'évoquer sa compréhension à l'égard des actionnaires de Natixis. Il se fait huer et traiter de "vendu" pendant plusieurs minutes. Ironique, Jean-Marc Moriani lâche un "merci pour votre attention" au public, avant de passer le micro.
15h30: Laurent Cauchy, membre du conseil de surveillance, présente les résolutions qui doivent être votées. Des réflexions peu amènes fusent dans le public : "Les caisses sont vides", "Taisez vous, on a la brochure", "Nous, on veut les questions". A l'évocation de la résolution concernant François Pérol, la salle se met à hurler et le nouveau patron de la maison mère de Natixis, dont la nomination est au coeur d'une polémique, se fait traiter de "bon à rien". Quand les questions de rémunérations sont mises sur le tapis, on entend: "C'est un honte".
15h40: Je me tourne vers un de mes voisins actionnaires. C'est la première fois qu'il se déplace à une AG. Il espère bien pouvoir poser sa question... et obtenir une réponse.
15h52 : Lecture des réponses aux questions posées à l'avance par les actionnaires. Ambiance assez came. Elles tournent essentiellement autour de la rémunération des dirigeants, les bonus des traders, l'expositions aux risques et le statut des petits porteurs : pourquoi n'ont ils pas droit à des actions gratuites ? Les réponses apportées par Laurent Cauchy sur un ton monocorde sont très complexes. Il donne l'impression de réciter une leçon sans émotion apparente. François Pérol s'ennuie à mourir. Il se balance sur sa chaise comme un enfant. Un moment, j'ai même cru qu'il allait tomber.
16h02 : Beaucoup d'actionnaires veulent poser des questions. Ils remplissent des petits papiers destinés aux dirigeants.
16h14 : Début des questions-réponses à l'oral. C'est tout de suite beaucoup plus tendu. Un représentant de Deminor, cabinet de conseil aux actionnaires, prend la parole et interroge les présidents sur le problème de la participation des actionnaires à l'AG et sur le niveau des cours. Il se fait applaudir par la foule. Moriani répond très froidement sur la question de la participation en assurant que toute les dispositions légales ont été suivies. Il se fait traiter de Ducon. François Pérol sort de sa torpeur et hausse la voix en disant : "cette crise personne ne l'a vue venir et vous non plus. Je ne laisserai pas dire que la société ne détient aucune compétences en interne. Elle a du potentiel et il ne faut pas oublier que la crise n'a pas frappé que les actionnaires de Natixis".
16h28 : Les questions se succèdent. L'ambiance s'apaise un peu. Je me tourne vers un actionnaire. "Je vais régulièrement à toutes les AG, m'indique-t-il. La dernière fois il y avait beaucoup moins de monde J'ai l'impression que les dirigeants endorment les actionnaires. On ne comprend rien à ce qu'ils disent et on se sent humiliés. J'ai 1700 action. J'ai énormément perdu. J'ai cette sensation que les dirigeants ne nous comprennent pas". Un certain nombre d'actionnaires viennent au micro, mais sans poser de questions. Ils parlent de leurs états d'âme. L'humiliation revient comme un thème lancinant, tout comme le langage incompréhensible des dirigeants, à base d'anglicismes. Certains monopolisent le micro pour demander pourquoi les dirigeants n'ont rien vu venir.
16h59 : La foule s'agite de nouveau au moment où François Pérol annonce que Vincent Bolloré présidera le comité de rémunération de Natixis.
17h02 : Un actionnaire regrette l'absence de Dominique Ferrero, ex directeur général, écarté hier et remplacé par Laurent Mignon, 45 ans, gérant de la banque Oddo, lequel doit être officiellement nommé tout à l'heure. Cet actionnaire veut s'assurer que Dominique Ferrero ne recevra pas d'indemnités de départ et assure qu'il guettera la réponse dans la presse ces prochains jours.
17h10 : Une femme, quarante ans, chaussée de lunettes, cheveux grisonnants, se lève et prend le micro. Elle témoigne. Sa banquière l'a harcelée pendant des semaines pour qu'elle achète de actions Natixis. Elle a perdu 2500 euros, et assure être ruinée. Elle n'a pas d'emploi. Elle fond en larme. Les dirigeants, impassible, ne réagissent pas et indiquent qu'ils répondront à toutes les question en bloc.
17h23 : les votes commencent. Certains actionnaires protestent et dénoncent le fait que la séance soit écourtée.
17h35 : Les résolutions sont adoptées une à une, avec des taux d'approbation soviétiques, qui varient entre 95% et 99%. Des votes qui ne reflètent pas l'ambiance de l'AG. Les petits porteurs sont en effet ultra minoritaires. A chaque fin de vote, Laurent Cauchy répète comme un automate : "le scrutin est clos et comme vous pouvez le constater, la résolution est adoptée". Les actionnaires quittent la salle petit à petit. Tout à coup, la monotonie se brise: la 18e résolution n'obtient que 9% et est rejetée. Elle concerne la "délégation de compétence à donner au conseil d'administration pour décider l'augmentation du capital social par émissions actions ou de valeurs mobilières".
17h55 : l'AG prend fin. Je recueille quelques témoignages en vidéo, que vous découvrirez tout à l'heure.
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vendredi, 27 mars 2009
Scandale des bonus: Natixis entre dans la danse
Source: LEXPRESS.fr, publié le 27/03/2009
La banque française a perdu près de 3 milliards d'euros en 2008. Elle a supprimé 1250 emplois. Mais ses traders vont se partager 90 millions d'euros... Après Société Générale, Valeo, Chevreux et GDF, ce nouveau scandale conforte le gouvernement dans sa volonté d'encadrer les rémunérations des dirigeants. Ce sera chose faite la semaine prochaine.
La banque française Natixis, très lourdement déficitaire l'an dernier et qui a réalisé d'importantes suppressions d'emplois, a versé 90 millions d'euros à ses traders au titre de 2008, selon le quotidien Les Echos paru vendredi.
Réagissant à cette information mentionnée lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2 jeudi soir, le ministre du Budget Eric Woerth a déclaré que "quand on se lève le matin, qu'on entend qu'il y a un plan social (...) et de l'autre côté qu'un individu s'est octroyé des avantages indus, il faut remettre de l'ordre là-dedans (et) considérer que les entreprises aidées par les pouvoirs publics ne puissent pas distribuer indûment (des bonus)".
Filiale commune de la Caisse d'Epargne et des Banques Populaires, deux banques qui ont par ailleurs annoncé leur fusion le 26 février, Natixis, de loin la banque française la plus touchée par la crise financière, a enregistré une lourde perte de 2,8 milliards d'euros en 2008.
La Caisse d'Epargne et les Banques Populaires, toutes deux déficitaires en 2008, ont officialisé leur rapprochement le 26 février, et le secrétaire général adjoint de l'Elysée François Pérol a été nommé à la tête des deux établissements fusionnés, où l'Etat va injecter 5 milliards d'euros.
Leur filiale Natixis, qui a déjà annoncé la suppression de 1.250 emplois en 2008, a indiqué cette semaine qu'elle projetait de supprimer 166 postes supplémentaires en France.
Son action a fondu de manière spectaculaire en deux ans et demi: elle ne vaut plus qu'environ 1 euro, contre 19,55 euros en novembre 2006. Ce qui a cristallisé les critiques de petits actionnaires, dont une centaine a porté plainte début mars contre la banque pour "information trompeuse".
L'annonce des bonus de Natixis intervient en plein débat en France sur les rémunérations des cadres dirigeants, notamment pour celles qui licencient ou bénéficient d'aides publiques.
Les récentes révélations en série ces derniers jours - stock-options à la Société générale, "parachute doré" chez Valéo, bonus pour Cheuvreux (Crédit agricole) - ont déclenché un tollé.
La polémique a rapidement dépassé le cadre des entreprises bénéficiant d'aides publiques: jeudi, les plus hauts dirigeants de GDF-Suez Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli ont dû renoncer à leurs stock-options, bien qu'à la tête d'une société bénéficiaire et créant de l'emploi.
Dans la foulée, l'Elysée a annoncé jeudi qu'il allait prendre la semaine prochaine un décret interdisant les bonus et stock options pour les dirigeants d'entreprises recevant des aides publiques, sans attendre les propositions du patronat sur ce sujet.
Dans des commentaires plus généraux sur les rémunérations des dirigeants, Eric Woerth a aussi estimé qu'"il faut "considérer que les entreprises aidées par les pouvoirs publics ne puissent pas distribuer indûment" des bonus.
"Si on ne se met pas d'accord, à ce moment-là on passe par la loi ou par la réglementation", pour réguler "ce qui doit revenir aux salariés, aux actionnaires et à l'imposition", a poursuivi le ministre.
"L'autorégulation, c'est mieux que la régulation, et quand l'autorégulation ne marche pas, on régule, et ça, ce sera fait la semaine prochaine", a-t-il conclu.
14:07 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : natixis
mardi, 24 mars 2009
Natixis : nouvelle plainte d'actionnaires
Source : AFP, publié le 24/03/2009
Une nouvelle plainte de petits actionnaires s'estimant lésés par la débâcle boursière de Natixis a été déposée au parquet de Paris, qui enquête déjà sur l'information financière de la banque depuis son entrée en bourse fin 2006, a-t-on appris de source judiciaire.
Cette plainte contre X a été déposée par l'avocat Frederik-Karel Canoy au nom, selon lui, d'une "centaine d'actionnaires". Elle vise les chefs d'abus de confiance, d'abus de biens sociaux, d'escroquerie, d'informations trompeuse, de publication de faux bilan, de faux et d'usage de faux ainsi que les chefs de complicité et recel de ces infractions.
Les plaignants dénoncent notamment les conditions de l'entrée en bourse de cette filiale commune des banques Caisse d'Epargne et Banque Populaire début décembre 2006. A sa première cotation l'action Natixis cotait 19,55 euros contre environ 1,40 euro mardi.
Ils s'élèvent également contre les conditions dans lesquelles ces titres ont été placés auprès du public.
Cette plainte est la deuxième concernant la communication financière de Natixis après celle déposée le 24 février par 91 petits actionnaires emmenés par l'Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam). Cette plainte a entraîné début mars l'ouverture d'une enquête préliminaire du parquet de Paris, confiée à la Brigade financière.
13:23 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : natixis





