samedi, 02 janvier 2010

Sarkozy fait de 2010 «l'année du renouveau»

Bruno Jeudy (lefigaro.fr), 01/01/2010



Nicolas Sarkozy,hier à l'Élysée, lors de la réception des personnes ayant travaillé dans la nuit du 31 décembre.
Nicolas Sarkozy,hier à l'Élysée, lors de la réception des personnes ayant travaillé dans la nuit du 31 décembre.


«Respectons-nous les unsles autres», a lancéle président lors de ses vœux du 31 décembre aux Français.


Rassurer et se rassurer. Pas mécontent d'en finir avec une fin d'année 2009 marquée par une série de mauvaises nouvelles et des sondages en berne, Nicolas Sarkozy a commencé 2010 en adoptant la «positive attitude». Pour les troisièmes vœux de son quinquennat, le chef de l'État a privilégié un discours rassembleur énumérant en sept minutes, sur un ton délibérément modeste, les réformes accomplies et les chantiers à venir. Le tout sans chercher la moindre polémique jusqu'à souhaiter davantage de «fraternité». Un vocabulaire directement emprunté à Ségolène Royal.


En pleine polémique autour du débat sur l'identité nationale, le président a d'ailleurs invité l'opposition et la majorité à se respecter, à moins s'insulter et se déchirer. «Respectons-nous les uns les autres, faisons l'effort de nous comprendre», a-t-il suggéré sans évoquer explicitement le débat lancé par le ministre de l'Immigration, Éric Besson. Mais l'adresse présidentielle visait évidemment à calmer le jeu alors que ce débat a provoqué plusieurs dérapages verbaux et soulevé un tollé à gauche et même à droite.

 


« Nous avons évité le pire»


Plusieurs ténors de l'UMP - d'Alain Juppé à Jean-Pierre Raffarin - ont dénoncé un débat inopportun et mal maîtrisé. Nicolas Sarkozy cherche-t-il à enclencher la marche arrière ? Ou bien s'agit-il de préparer le terrain à de nouvelles initiatives présidentielles ? À l'Élysée, on promet des «surprises» sur ce sujet.


Jeudi soir, l'heure était en tout cas au rassemblement. Au «renouveau», selon le cap fixé en 2010 par Nicolas Sarkozy qui veut croire que sa troisième année de quinquennat sera celle du printemps en quelque sorte. En clair : celle de l'après-crise. À l'orée d'une année 2010 périlleuse pour l'exécutif, avec les élections régionales en mars (qu'il n'a pas évoquées), une reprise économique incertaine, des réformes délicates et un chômage élevé, le président s'est toutefois montré prudent.


Grand amateur de vélo, Nicolas Sarkozy sait bien que ce n'est pas au milieu d'une étape de montage qu'on lance la grande offensive. Sans doute attend-il pour cela les vœux du 31 décembre 2010 et surtout ceux de 2011. En attendant des jours meilleurs, il a préféré remercier les Français pour «leur sang-froid et leur courage en 2009», une année «difficile pour tous» a-t-il dit. «Ensemble nous avons évité le pire», s'est-il félicité. Le chef de l'État a ensuite distribué des bons points aux partenaires sociaux pour leur «grand sens des responsabilités» et aux «nombreux chefs d'entreprise qui ont sauvé des emplois», a-t-il insisté. Il a profité de son allocution pour faire l'inventaire des «transformations» engagées en 2009 par son gouvernement, citant l'autonomie dans les universités, la suppression de la taxe professionnelle, le grand emprunt et l'instaurant du revenu de solidarité active (RSA). Une façon, selon l'UMP, de «rétablir la vérité» et de prouver que l'année écoulée n'a pas été aussi négative que le dit l'opposition. Cela n'a pas empêché l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici de fustiger un président qui «a peint la vie en rose».


Jamais très à l'aise dans cet exercice des vœux qui consiste à lire un texte sur un prompteur, Nicolas Sarkozy a retrouvé du tonus quand il a défendu la taxe carbone invalidée par les Sages du Conseil constitutionnel. «Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté», a-t-il averti, confirmant la présentation, le 20 janvier en Conseil des ministres, d'une nouvelle mouture de cette taxe écologique. Minimisant l'échec de la Conférence sur le climat de Copenhague, le président a ensuite listé son programme d'action pour 2010 : la réduction des déficits publics, la consolidation des retraites et la simplification de l'organisation territoriale. Sans compter la réforme de la justice. Recevant dans l'après-midi d'hier des personnes ayant travaillé dans la nuit du 31 décembre, en particulier dans les services publics, Nicolas Sarkozy a promis qu'il allait «s'occuper des bandes» en 2010, bien décidé, en cette année électorale, à ne pas renoncer au thème de la sécurité .


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mercredi, 16 décembre 2009

El-Béchir exclu du sommet Afrique-France

La rédaction web de Jeune Afrique


Le leader soudanais Omar El-BéchirLe leader soudanais Omar El-Béchir© AFP


La rencontre entre les présidents égyptien et français à Paris, le 14 décembre, visait avant tout à trouver une solution au cas El-Béchir dans le cadre de l'organisation du prochain sommet Afrique-France.


Si lors de leur rencontre de lundi à l’Elysée, Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy ont surtout médiatisé leur coopération culturelle, l’essentiel de leurs discussions ont porté sur un tout autre sujet.


Initialement prévu en février 2010 à Charm-el-Cheikh (Égypte), le sommet Afrique-France a finalement été reporté au mois de mai. Deuxième changement : il devrait désormais se tenir à Paris. « Il devrait avoir lieu au mois de mai en France », a indiqué la présidence française à l’AFP, confirmant les déclarations du ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit.


El-Béchir indésirable

En cause, l’éventuelle venue du leader soudanais Omar-el-Béchir, visé depuis le 4 mars dernier par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour.


Mais Hosni Moubarak, dont le pays n’est pas signataire du traité de Rome (1998) qui a institué la CPI, avait fait savoir qu’il souhaitait accueillir son homologue soudanais lors du sommet.


La France, tout comme plusieurs ONG de défense des droits de l’homme, y étaient en revanche fermement opposées. D’autant que El-Béchir, qui a fêté le 30 juin dernier ses vingt ans d’accession au pouvoir, ne s’est pas privé de narguer la CPI en se rendant, quelques semaines à peine après l’émission du mandat d’arrêt contre lui, dans plusieurs pays africains, comme l’Érythrée, la Libye et, justement, l’Égypte.


Sommet France Afrique

La tenue du sommet dans l’hexagone permet de contourner aisément le « problème » Omar el-Béchir. Car en tant que signataire du traité de la CPI, Paris aurait obligation de l’arrêter et de livrer à la cour. Le président soudanais se trouve donc mécaniquement exclu du sommet Afrique-France. Lequel devient, de fait, un sommet France-Afrique…

Copenhague : le nouveau plan France-Afrique

15/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique


Le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi à l'ElyséeLe président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi à l'Elysée© AFP


Avant la conférence des chefs d’État prévue pour les 17 et 18 décembre à Copenhague, tout s’accélère. Alors que la présidence danoise a tenté de minimiser la colère du groupe Afrique, Nicolas Sarkozy a reçu Meles Zenawi à l’Élysée. Ensemble, ils proposent un plan conjoint France-Afrique pour la dernière ligne droite des négociations.


Suite au coup d’éclat des ministres africains de l’Environnement réunis à Copenhague depuis le 13 décembre, lesquels ont brièvement suspendu leur participation aux négociations lundi dernier, les contre-feux se multiplient.


« Ça paraît dramatique, mais cela ne l'est pas tant que ça », a déclaré la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, le lundi soir, en parlant de l’incident provoqué par la délégation africaine. « Jamais une présidence de conférence sur le climat n'a utilisé autant d'énergie à soutenir tous les pays, à les inclure tous et à avoir un dialogue avec eux. » « Il y aura d’autres « mini-crises, car il y a beaucoup d'intérêts en jeu », a-t-elle conclu.


Proposition commune France-Afrique

De son côté la France continue son offensive de charme envers les Africains. Mardi, à l'issue d'un déjeuner à l'Élysée avec le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu’un texte commun serait publié, incluant des objectifs chiffrés sur la réduction de 2 degrés de la température globale et sur le financement des pays africains. "Nous sommes d'accords sur le fast start, les 10 milliards de dollars" par an pour aider les pays émergents », a-t-il dit. « Une alliance entre l'Afrique et l'Europe est absolument cruciale ».


Mais l’annonce n’est pas vraiment nouvelle. Lors d'une rencontre au sommet du Commonwealth à Trinidad, le 27 novembre, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown étaient déjà tombés d'accord sur ce chiffre de 10 milliards "auquel les Etats-Unis doivent contribuer", a précisé Nicolas Sarkozy. « Le président Obama a parlé de ses liens avec l'Afrique, c'est l'occasion de le montrer", a-t-il ajouté.


Taxe sur les transactions financières

A partir de 2013, "les financements disponibles devront être prévisibles et additionnels", c'est-à-dire qu'ils s'ajouteront à l'aide au développement, indique le texte de la proposition conjointe. Paris et Addis-Abeba appellent, en particulier, à "la création d'une taxe sur les transactions financières internationales", reprenant la proposition du plan « Justice Climat », porté par le ministre français de l’Écologie, Jean-Louis Borloo.


"L'Europe et l'Afrique sont sur la même ligne politique", s'est félicité le président français. A Copenhague, "on y va ensemble", a-t-il insisté. "Il n'y aura pas d'accord mondial qui n'inclut pas l'Afrique", a de son côté prévenu Meles Zenawi.


Un accord pour sauver la face

Malgré l’appui de la France, les revendications initiales des pays africains – 65 milliards de dollars par an pour le continent – n’ont donc aucune chance d’aboutir. Du moins pour le moment. Quant à l’autre souhait des Africains – la continuité du Protocole de Kyoto, seul instrument légal contraignant contre les gaz à effet de serre –, il ne devrait également pas être satisfait. Les Etats-Unis qui n’ont pas ratifié l’accord de Kyoto, ne veulent pas en entendre parler. Même les Chinois sont hostiles à toute dimension contraignante.

C’est donc vers un accord « pour sauver la face » qu'on s’achemine. Dans l'esprit de nombreux dirigeants, les contraintes juridiques seront négociées au cours de l'année prochaine et pourraient trouver une conclusion à Mexico, où doit se dérouler la conférence climat 2010. (avec AFP)

mardi, 15 décembre 2009

Sarkozy restitue à Moubarak les fragments d'une fresque égyptienne

14/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Lauranne Provenzano


Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, le 14 décembre 2009 à ParisNicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, le 14 décembre 2009 à Paris© AFP


Comme promis en octobre par le ministre français de la Culture, Paris a remis à l'Egypte les fragments d'une fresque acquis par le Louvre et dont le Caire réclamait la restitution.


L’affaire gênait les relations franco-égyptiennes depuis des mois. En cause, des fragments de fresque, exposés au musée du Louvre, et qui proviendraient du tombeau d'un prince de la XVIIIe dynastie égyptienne (1550-1290 avant J.C.), de la Vallée des Rois, près de Louxor.


La France a décidé de rendre un des cinq morceaux, que Nicolas Sarkozy a remis à son homologue égyptien Hosni Moubarak au cours d’un déjeuner organisé à l’Elysée. Une restitution en forme de symbole diplomatique, puisque les quatre autres parties de la peinture murale ont déjà été restituées à l’Egypte, via l’ambassade égyptienne à Paris.


Restitution du patrimoine culturel

Ces fragments de fresque avaient été illicitement sortis du territoire égyptien et avaient été revendus entre 2000 et 2003 au Louvre, qui continue d’affirmer sa bonne foi alors que Zahi Hawass, le directeur du Conseil des antiquités du Caire, avait reproché au musée d’avoir acheté ces objets en toute connaissance de cause.


Le tombeau, vieux de 3000 ans, duquel proviennent les morceaux de peinture, n’a été découvert qu’en 2008. L’Egypte avait alors réclamé la restitution de son patrimoine et devant le mutisme de la France, avait suspendu sa coopération archéologique. A l'appui de sa demande, l'Egypte avait produit des documents photographiques montrant que ces peintures étaient encore en place dans le tombeau au milieu des années 1970.


Au mois d’octobre dernier, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand avait déclaré que les objets seraient restitués à l’Egypte, s’appuyant sur l'avis unanime de la commission scientifique nationale des musées de France. (avec AFP)

mercredi, 02 décembre 2009

Nicolas Sarkozy salue le discours d'Obama sur l'Afghanistan

Par Reuters, publié le 02/12/2009

 

PARIS - Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours "courageux" de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts.


Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours courageux de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours "courageux" de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

 

Le président américain a annoncé mardi soir l'envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires et exhorté les pays membres de la coalition à renforcer également leur contingent.

Alors qu'il avait semblé opposer en début de semaine une fin de non-recevoir aux demandes américaines, le président français a laissé mercredi la porte ouverte à l'envoi de possibles renforts.

Dans un communiqué, il déclare que Paris "examinera sa contribution à la stratégie internationale" après la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique, jeudi et vendredi à Bruxelles, et la conférence de Londres sur l'Afghanistan prévue le 28 janvier 2010.

Selon Le Monde, Barack Obama aurait réclamé à la France l'envoi de 1.500 soldats supplémentaires en Afghanistan, un chiffre jugé "extrêmement fantaisiste" par un haut diplomate de l'Otan.

"SOUTIEN RENFORCÉ" AU PAKISTAN

A l'heure actuelle, 3.400 soldats français opèrent sur le sol afghan ainsi que 150 gendarmes dans le cadre d'une mission de la force européenne de gendarmerie et des policiers sous bannière de l'Union européenne.

Nicolas Sarkozy juge dans le communiqué le discours de Barack Obama "courageux, déterminé et lucide" et estime qu'il "donne un nouvel élan dans l'engagement international et ouvre de nouvelles perspectives".

"Le Président de la République lui apporte son plein soutien et appelle tous les pays qui veulent aider le peuple afghan à y adhérer", poursuit le communiqué de l'Elysée.

Le chef de l'Etat réaffirme que Paris donnera "la priorité à la formation des forces de sécurité afghanes" tout en faisant valoir que la France a déjà "fortement accru son engagement civil et militaire depuis deux ans".

Dans un entretien au Figaro en octobre, Nicolas Sarkozy avait dit que la France n'enverrait pas "un soldat de plus" en Afghanistan et que sa conviction était qu'il fallait "davantage de soldats afghans".

"Notre objectif est que les Afghans puissent vivre dans un pays pacifié et souverain. La stabilité de l'Afghanistan comme celle du Pakistan sont essentielles pour la paix du monde et pour notre propre sécurité", ajoute-t-il dans le communiqué.

"C'est pour cela que la France restera fermement engagée, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire, aux côtés du peuple afghan."

L'Elysée précise que la France va apporter "un soutien renforcé au Pakistan voisin dans sa lutte contre les forces de déstabilisation qui menacent toute la région", sans donner de détails sur la nature de cette assistance.

Clément Dossin

jeudi, 12 novembre 2009

Sarkozy : mentir et faire mentir

C’est finalement Cécile Duflot des verts qui a eu une réflexion qui mérite que l’on s’y attarde : "C’est à la fois dérisoire et ça suscite une véritable question", a déclaré Mme Duflot sur i-Télé. "C’est dérisoire parce qu’il (M. Sarkozy) y était le 16 novembre, apparemment tout le monde converge, mais on oblige des gens à mentir pour dire qu’il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens ?" (AFP)

Cette mascarade, cette Bérézina du mensonge Facebook présidentiel, est une affaire, finalement, bien plus grave qu’il n’y paraît. Petit à petit, tout converge pour dire que, en parodiant Tweeter, celui qui créa Dieu n’était absolument pas à Berlin dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. J’ai mis en vignette en superposition deux découpes. La première vient de la collection privée du Président et mise sur Facebook le déclarant en train de participer, sinon faire, l’Histoire en Allemagne, avec son petit piolet. La seconde est extraite d’une vidéo (voir ci-dessous) d’un extrait retrouvé par TF1 qui montre Juppé et Sarkozy à Berlin le 16 novembre 1989. Ce que j’ai entouré en rouge c’est une écharpe (en mohair ?) grise. Cette écharpe, qui paraît identique est sur les deux extraits. Ce n’est pas une preuve absolue, mais un élément de preuve que, sans doute, cette photo du mur a été prise ce même jour, le 16.
Sans s’étendre sur les divers témoignages venus à la rescousse de Sarkozy, il faut en analyser au moins trois.
Celui de Juppé. Il n’a pas arrêté de s’embrouiller pour terminer par une pirouette pour le moins minable et qui botte en touche sans courage et sans honneur, prétendant que si tout le monde disait que c’était le 9 alors c’était le 9 et ce malgré une photo le montrant à Colombey la veille, malgré un interview télévisée le 10 dans laquelle il ne parle ni de son possible voyage imminent dans la journée à Berlin - ce qu’il pouvait glisser dans son commentaire sur le mur - ni de sa folle nuit, et enfin malgré un article du Figaro du 17 novembre 1989 qui le dit y être allé le 16, ses propres déclarations de 1993, et son affirmation qu’il n’y été allé qu’une seule fois.
Celui de Fillon qui déclare être présent à Berlin les 7,8, 9 et 10 novembre alors que son intervention à l’Assemblée Nationale du 8 novembre y est retranscrite et prouve sa présence à Paris ce jour-là (- M. François Fillon : "On vous pose une question : répondez !" - Pierre Bérégovoy : "Je vais répondre, monsieur Fillon et monsieur Pons . Ne vous impatientez pas !"). Il convoque en plus un témoin absent. Il déclare avoir rencontré le journaliste Ulysee Gosset alors que celui-ci était à Moscou le 9 novembre. ("Le 9 novembre, j’ai bien croisé Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Je crois même avoir croisé dans un autre groupe Alain Madelin et François Léotard". "Nous avons vers minuit passé le Check Point Charlie et nous avons retrouvé de l’autre côté une équipe de télévision de TF1 qui était conduite par Ulysse Gosset. Et nous sommes allés ensemble dîner dans un restaurant à Berlin est." […] "Dans l’après-midi, ils avaient rencontré le maire de Berlin." L’ancien chargé de presse de Walter Momper, Werner Kolhoff, a aussitôt démenti la rencontre auprès de l’AFP.
Ulysse Gosset, alors correspondant permanent à Moscou ne se trouvait pas à Berlin en ce jour historique. Le Premier ministre a finalement reconnu sur TF1, lundi soir, avoir confondu le journaliste avec son confrère Patrick Bourrat.) (NouvelObs)
Et enfin celui qui comme le dit Brice de Nice, a tout cassé, s’appelle Jean-Jacques de Perretti. Non seulement au comble de l’affabulation il annonçait qu’au RPR ils avaient des visionnaires puisqu’ils étaient au courant 48 heures avant tout le monde, avant Khol, avant Mitterrand et donc les services secrets, et avaient organisé ce voyage dans ces 48 heures. Cependant il vient de casser le jouet, déjà bien amoché. Mis devant ses contradictions par une dépêche de l’AFP du 17 novembre 1989 qui le citait présent le 16, il ne peut que reconnaître qu’alors c’était le 16 et qu’il n’avait fait qu’un voyage, un seul à Berlin pour jouer aux aventuriers de l’Histoire, et se faire des souvenirs de propagande. Or sur la photo présentée sur Facebook, l’ex député RPR est présent. Ce qui prouve sans aucune ambiguïté que cette photo a été prise le 16 novembre, cette photo qui illustre le voyage du Casseur de mur berlinois et libérateur des Allemagnes. Le MondeL’ancien député RPR Jean-Jacques de Peretti, présent aux côtés de Nicolas Sarkozy sur la photo diffusée sur Facebook, a fini par torpiller la version présidentielle. Après avoir confirmé le récit de M. Sarkozy, il est confronté à une dépêche de l’AFP du 17 novembre 1989, qui relate son voyage à Berlin la veille. "Si l’AFP dit que c’était le 16 novembre, c’est que ça doit être vrai", lâche-t-il, embarrassé, au Monde.fr. Et de concéder qu’il ne s’est rendu "qu’une seule fois à Berlin". La photographie montrant M. Sarkozy s’attaquant au mur de Berlin ne peut donc pas avoir été prise un autre jour.
Cette méchante histoire est-elle close ? Est-elle anodine ?
Elle ne sera close que lorsque Sarkozy reconnaîtra son mensonge et que lorsqu’il aura demandé un pardon difficile à donner. Enfin non close pour nous, car avec les erreurs qui s’accumulent, les incohérences permanentes de celui qui gouverne aux destinées de la France, elle sera close par faute de combattants et par encombrement d’autres événements qui viendront la remplacer. Mais nous ne devrons pas oublier. Nous ne devrons rien oublier, non pour faire comme Noah qui dit ne rien lâcher (pas difficile vivant à New-York de confortables revenus, alors que c’est ici qu’il devrait mener son combat et non loin avec de belles paroles) , non, mais parce qu’en fait cette histoire n’est pas anodine. Ni dans sa genèse, ni dans sa suite, ni dans le reflet qu’elle donne de la France.
Ce qui est plus que troublant et fort inquiétant pour celui qui est à la tête de la Nation (nation dont on parle ces derniers temps) et qui est censé nous représenter, ce n’est pas que Sarkozy mente deux fois quand il respire une, cela tout le monde le sait - seuls les journalistes le découvrent maintenant - c’est que tout extraordinaire communicant qu’il soit comme nous l’a décrété la presse, après ses nombreuses erreurs de communication d’il y a peu, après ses affirmations notamment au traître le NouvelObs cet été, il devrait savoir que ses mensonges, se cumulant avec son népotisme, ne peuvent plus passer inaperçus. Nous nous trouvons devons un dilemme sans solution favorable pour notre pays. En effet, soit il sait que son mensonge pourra être découvert et que cela sera terrible, que le contre coup sera bien plus fort que le supposé bénéfice de faire croire qu’il était présent dans la nuit du 9 au 10 novembre, mais, malgré cette hypothèse fort probable, il est tout simplement incapable de ne pas se vanter de façon ignominieuse. Soit il est d’une telle inconscience, folle à dire vrai, qu’il ne s’en rend même pas compte, qu’il ne se rend pas compte qu’Internet, puis la presse, que le monde entier car Internet ce sont des centaines de millions de mémoires, d’yeux, d’oreilles, de réflexions, d’historiens, qui chercheront la vérité et d’autant que comme dit le proverbe, chat échaudé craint l’eau froide, et connaissant le bonhomme, que des centaines de mille iront vérifier ses paroles. Que ce soit l’une, un tel orgueil qu’il brise tout sur son passage dont la raison et le bon sens comme un coulée de lave emporte et brûle tout sur son passage, ou que ce soit une autre inconscience qui lui fait tout ignorer de ce qui est, c’est d’une gravité extrême pour notre pays.
Le fait de l’avoir fait est d’une extrême gravité, mais également ce qui est aussi d’une grande gravité c’est le contenu du fait. Vouloir aux yeux du monde travestir l’Histoire au profit d’un orgueil démesuré. Cela est tout autant inadmissible et insupportable.
Ce qui est aussi d’une autre gravité ce sont les conséquences pour l’image de la France à l’étranger. Ce qui est grave et correspond à tout ce qu’il nous montre depuis deux ans et demi c’est son inconséquence. La communication ne mène pas à tout, mais avec lui sûrement à la ruine. Il ne cesse de lancer des idées en l’air qui retombent et écrasent tout dans leur chute. Il vit dans l’image, son bénéfice immédiat et aucunement dans la projection dans l’avenir comme se devrait de faire un chef d’Etat. Les seules conséquences qu’il croit maîtriser sont celles de son image et du pouvoir électoral de celle-ci. Or ce qui peut fonctionner quand on est ministre que l’on a qu’un sujet à traiter et que pendant 5 ans avec une presse complice on peut mentir et faire croire qu’un résultat catastrophique est un exploit, cela ne peut en aucun cas fonctionner quand on dirige un pays, ce qui est autrement plus dur et nécessite par évidence une délégation des pouvoirs car il y a trop à faire. Ce que l’on voit de lui maintenant n’est pas plus répétitif ou plus imposant qu’avant. C’est comme cette lave dont je parlais plus haut. Sarkozy est cette lave au sein de la terre, mais avant il n’y avait que quelques volcans ici ou là, que la presse et les caciques tentaient le plus vite possible de masquer par des contre-attaques ou des déviations d’informations. Or maintenant il y a eu des mouvements des plaques tectoniques et les brèches à la surface de notre pays s’ouvrent de plus en plus et sont de plus en plus béantes. Et la lave s’écoule dès qu’elle trouve un chemin et un espace où s’épandre : JeanJean, Pierre, le sommet de l’UPM, la non séparation des pouvoirs avec des ministres candidats à toutes les élections y compris législatives, la volonté de contourner le conseil constitutionnel, l’inscription sur les listes électorales après le 31 décembre, la déclaration d’impôt déposée après délai, la paye de ministre encaissée illégaleent après fin septembre 2007 jusqu’en décembre (31) 2007, les sondages, les voyages en air Bolloré, l’augmentation salariale présidentielle, les Nissan prêtées, les WE de 4 jours, les égouts de Cap Nègre, les amitiés chinoises, les déficits abyssaux, edwige, la taxe professionnelle, la taxe carbone, l’affaire Tapie, l’affaire Clearstream, l’affaire Karachi, l’appartement de la Jatte, les villas au Mexique et à Wolfeboro, Louis à l’ONU et dans les bras de Poutine, le débat sur l’Identité Nationale, la modification de la Constitution, la suppression du juge d’instruction, la dépénalisation des affaires, la réforme de l’AFP, l’affaire Pérol, l’affaire Richard, l’affaire Solly, l’affaire Proglio, l’affaire Frère, l’affaire Buisson, l’affaire Giacometti, l’affaire Desmarais, les affaires Mitterrand, le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, les chercheurs, les chômeurs, les enseignants, les fonctionnaires, l’armée, la non privatisation de GDF, France Télévision, les grèves invisibles, les cons de journalistes et les pauv’cons, les UMP à l’UMP comme si c’était leur siège social et Sarkozy à l’UMP comme si c’était le palais présidentiel, les tests ADN, le bouclier fiscal, la libération des soignants bulgares, les discours de Latran et de Riyad, la lettre de Guy Môquet, la Shoa aux enfants, l’accusation de la création de solution finale par l’Allemagne en pleine campagne électorale française, la visite de Kadhafi, l’amitié avec el Assad, Bongo l’ami éternel, Mittal, les coupables...
Tout est grave dans cette affaire, ce qui l’a initiée, ce qui l’a fait se réaliser, ce qui fait qu’elle continue, l’atteinte à notre image déjà écornée dans le monde. Mais ce qui est grave et qu’a bien fait de relever Cécile Duflot : […] mais on oblige des gens à mentir pour dire qu’il y était le 9. Vraiment, ça a quel sens ?
Il faut s’arrêter un instant et se demander quel sens nous pourrions donner à cette remarque : on oblige les gens à mentir. En fait on ne sait même plus. Y-a-t-il un ordre d’en haut d’envoyer les chevau-légers pour défendre le soldat Sarkozy ? C’est possible pour un certain nombre. Mais ce qui est plus inquiétant c’est la perte complète de mesure et de conscience de tous ceux qui se sont prêtés au jeu du mensonge. Et pourtant. Et pourtant, ils avaient déjà pris fait et cause pour deux faits et causes indéfendables : le coupables de l’interview new-yorkaise du Guide - qui pourtant déclarait en même temps après un jogging et avant un cocktail à 400 000 € qu’il travaillait jours et nuits - et l’affaire JeanJean. Aucun recul, pas le plus petit vermiceau de recul, d’honnêteté, de simple mesure. Pas de Gémini Cricket ni un Gepetto qui disent : Holla ! Là, ça dépasse les bornes, ça je ne peux pas le défendre, je ne peux plus le défendre. Non pire que des courtisans royaux, ils se sont engouffrés dans une défense impensable. Impensable en regard du discours historique du mérite, impensable en regard des faits, impensable en regard de la simple justice, en regard de la séparation des pouvoirs, en regard de la présomption d’innocence, en regard du rôle d’impartialité et de modèle d’un Président de la République. Ils perdent toute notion de bon sens et de simple justice uniquement pour voler au secours d’actes et de paroles injustifiables d’un homme qui pour notre malheur à été élu à la tête de la France. Volà que des hommes responsables et en responsabilités, des hommes dont on dit qu’ils sont sérieux (Fillon) mentent. On les fait mentir. Ils se font mentir eux-mêmes. Quelque petite lucidité, comme des lucioles en pleine nuit d’août, en fait reculer une minorité car devant des preuves irréfutables il arrive un moment où pour certains hommes il n’est plus possible de résister devant un tel mensonge éventé. Oh, ils le peuvent tant qu’il y a assez de flou et si peu de vérifications que le doute peut masquer le mensonge, mais cela est parfois au-dessus de leur force que de nier l’évidence, ils se refusent à perdre l’ultime microscopique parcelle de crédibilité qu’il leur reste. Ils sont dans la tombe de leur honneur perdu mais espère encore que leur tête restera hors des pelletés de terre jetées avec dédain sur eux. Mais cette minuscule lucidité n’atteint pas Sarkozy. A lui qui a créé cet état d’esprit inommable, qui l’a amplifié comme jamais, rien d’impossible. Il continue à mentir et à faire mentir. La toute dernière serait qu’il y serait allé deux fois, dont une en catimini. Plus c’est gros plus ça passe, croit-il, mais Internet intervertit tout cela. Cela ne passe plus. No pasarán !
Et maintenant un autre plan de com’. La polémique serait dérisoire selon Kouchner ("Ce n’est pas une polémique intéressante par rapport à ce qui s’est passé" au Mur de Berlin, "c’est dérisoire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères) et Chatel (Le ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement a également déclaré : "Je trouve cette polémique assez dérisoire. Nicolas Sarkozy a fait part de son témoignage par rapport à un événement qui marquera la fin du XXe siècle. Il se trouve que lui fait partie de ceux qui ont été associés à cet événement. Il y était", assure Luc Chatel.
Selon lui, "peu importe" la date, "le sujet c’est qu’il y a un événement planétaire et que Nicolas Sarkozy était là et qu’il a voulu faire part de son témoignage. Le Post pour les deux interventions). Non la polémique n’est pas dérisoire. Et cela serait savoureux si ce n’était triste et indigne que ce soit le ministre de l’Education Nationale, termes dans lesquels il y a éducation, ministère qui comporte l’enseignement de l’Histoire et de sa véracité qui considère que le mensonge et la volonté de détourner l’Histoire à son profit d’image n’est que dérisoire. Tout est faux et médiocre dans le nouveau slogan du pouvoir, dans cette réponse de Chatel. Non seulement ce n’est pas dérisoire, mais de plus la date elle, au contraire a une importance symbolique. Il ose écrire que Sarkozy a fait partie de ceux qui sont associés à cet événement planétaire - il veut sans doute par là faire déteindre l’adjectif sur le Prince. En rien Sarkozy n’est associé à cet événement. Il y ets venu chercher une photographie de propagande, l’autographe du mir pour sa biographie. En quoi sa simple présence peut-elle l’associé à cet événement autrement que comme celui qui est venu prendre et non donner. Sue n’est-il venu anonymement, pendant une journée entière à casser réellement du béton, à suer et s’écorcher les mains, se faire des ampoules qui auraient éclairé d’une autre lumière son geste. Il n’y est allé que pour passer les trente secondes nécessaires à se faire photographier et à réécrire l’Histoire à son profit. Il est venu prendre, Rostropovich le 11 est venu donner.
C’est d’une très grande gravité car c’est une histoire de menteur qui force d’autres à mentir. C’est une histoire qui ne reste plus localisée à la tête de l’Etat , une histoire qui va contaminer tous les étages, le tronc et les racines. Elle va faire un dégât considérable. Le Président de la République, son Premier Sinistre, même si ce n’est qu’un fantoche, mentent. L’étranger va se moquer une fois de plus de nous, mais que peut-on donner comme exemple non seulement à la jeunesse déjà éprouvée par le chômage, sacrifiée par la dette et humiliée par le raid neuilléen sur l’Epad, mais aussi à tout un peuple si le mensonge est le principe du gouvernement et de pouvoir de ce gouvernement et de ce pouvoir ?
Oui Cécile Duflot a raison de poser la question. La réponse est que cela n’a pas de sens. En un autre mot c’est insensé au sens le plus profond de ce mot. Cela détruit tout. Et on va nous parler maintenant d’Identité Nationale avec des majuscules pour un pays qui devient si minable.
Voilà ma question : le Mensonge est-il notre Identité Nationale ?


Source : www.agoravox.fr

Discrète visite de Benjamin Netanyahu

Article publié le : jeudi 12 novembre 2009

Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahu à la sortie de l'Elysée, le 11 novembre 2009.
Reuters


Par RFI

Le Président français Nicolas Sarkozy a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mercredi, pendant deux heures, dans ses appartements privés de l'Elysée. Il a été question du processus de paix israélo-palestinien et du dossier du nucléaire iranien notamment mais rien n'a filtré sur le contenu de cette rencontre.

Nicolas Sarkozy a raccompagné Benjamin Netanyahu sur le perron de l’Elysée, mais c’est sans un mot que le Premier ministre israélien s’est engouffré dans sa voiture. Même silence qu’à Washington, 48 heures auparavant, lorsque le dirigeant de l’Etat hébreu a quitté la Maison Blanche sans commentaires à l’issue de son face-à-face avec Barack Obama.

Un peu plus tard l’Elysée publie un communiqué conjoint dans lequel Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahu disent avoir évoqué le dossier nucléaire iranien et aussi «les moyens de relancer le processus de paix » . Sur ce point, Paris a reconnu cette semaine par la voix de son ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, qu’il y avait « un vrai différend politique » entre la France qui demande le gel complet de la colonisation et Israël qui s’y refuse.

Contactée par RFI, une source proche du Premier ministre israélien explique qu’un autre sujet sensible a été évoqué ce mercredi soir à l’Elysée, celui de la relance des négociations entre l’Etat hébreu et la Syrie. Les deux parties envisageraient sérieusement de les reprendre, un an après leur interruption. C’est un dossier dont il sera encore question cette semaine à puisque le président syrien Bachar El Assad est attendu à Paris ce vendredi.

La presse israélienne commente l'escale parisienne de B. Netanyahu
12/11/2009 par Michel Paul

vendredi, 06 novembre 2009

Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, ex-adversaires et complices

Par Reuters, publié le 06/11/2009

 

PARIS - Adversaires d'hier, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac se sont mutuellement consolés vendredi de leurs ennuis du moment, le temps d'une cérémonie officielle.

Nicolas Sarkozy a évoqué un climat apaisé avec son prédécesseur Jacques Chirac, lors de la remise du prix de la fondation de l'ancien président de la République pour la prévention des conflits. (Reuters/Michel Euler/Pool)

Nicolas Sarkozy a évoqué un climat apaisé avec son prédécesseur Jacques Chirac, lors de la remise du prix de la fondation de l'ancien président de la République pour la prévention des conflits. (Reuters/Michel Euler/Pool)

 

Le président de la République négocie une mi-mandat agitée et son prédécesseur est poursuivi pour une affaire d'emplois fictifs remontant à l'époque où il était maire de Paris.

Dans le cadre solennel et suranné du grand amphithéâtre de la Sorbonne, il n'a évidemment été question ni de l'une ni des autres. L'occasion - la remise des premiers prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits - ne s'y prêtait pas.

Nicolas Sarkozy, dont les relations houleuses avec son prédécesseur ont défrayé la chronique politique pendant plus d'une décennie, a fait assaut d'amabilités envers l'ancien président en lui donnant plusieurs fois du "cher Jacques".

Il a estimé qu'il était de son devoir de participer à cette cérémonie, "à la fois par amitié et (...) par estime" pour l'ancien président de la République.

Il a salué le travail de la fondation Chirac, qui a accordé son premier prix - doté de 100.000 euros - à deux ex-chefs de milices religieuses du Nigeria, l'imam Muhammad Ashafa et le pasteur James Wuye, reconvertis dans le dialogue interreligieux, et un prix spécial à l'ancien ministre sud-coréen Park Jae-Kyu, militant de la paix entre les deux Corées.

"Le dialogue et la paix sont, depuis l'origine, l'élément central de votre vision du monde", a lancé Nicolas Sarkozy à l'adresse de Jacques Chirac, dont il a jugé la fondation "extraordinairement utile".

Il est même passé au tutoiement, lorsqu'il a abordé les enjeux du développement durable - "Tu avais été l'un des premiers à le comprendre", a-t-il dit.

"FRANCE APAISÉE"

Cette cérémonie en présence d'une brochette d'anciens ministres et de personnalités de la "chiraquie", lui a donné l'occasion d'oublier un instant les bisbilles de sa majorité pour se replonger dans les dossiers internationaux.

Il a ainsi de nouveau plaidé, à un mois de la conférence de Copenhague sur le climat, pour une Organisation mondiale de l'environnement, à la création de laquelle il a souhaité travailler avec la Fondation Chirac.

Plus surprenant, il a défendu la force de dissuasion nucléaire française, à l'heure où le monde s'inquiète de la volonté prêtée à l'Iran de se doter de l'arme atomique.

"Jamais la France ne renoncera à sa sécurité. Ce n'est pas nous, qui avons quelques centaines de têtes nucléaires, à qui on doit demander de faire un effort supplémentaire, alors que des arsenaux immenses existent dans le monde", a-t-il déclaré.

Applaudi debout à plusieurs reprises par l'assistance, Jacques Chirac a renoué avec un des thèmes de prédilection de sa présidence, la situation préoccupante du monde.

"L'actuelle crise financière (...) laissera des traces. Le prix humain est déjà lourd. Des équilibres fragiles sont remis en cause", a-t-il déclaré. "Les années qui viennent seront des années à haut risque (...). Nous devons être lucides (...), nous devons être encore plus vigilants."

La dernière rencontre publique entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy remontait au 18 mars, quand le chef de l'Etat avait remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Bernadette Chirac, l'épouse de l'ancien président.

"Ce n'est pas tous les jours que j'ai le plaisir d'être aux côtés de Jacques Chirac", a-t-il déclaré en conclusion de la cérémonie de la Sorbonne.

"Et aujourd'hui, c'est une vision de la France civilisée et apaisée que celle qui montre la continuité des responsabilités et qui montre également le respect", a souligné le chef de l'Etat, qui a fait campagne, lors de son élection de 2007, pour la "rupture" avec ses prédécesseurs, dont Jacques Chirac.

"Ce qui ne veut pas dire qu'on est d'accord sur tout et qu'on l'a été sur tout, si j'ai lu un bon livre récemment sorti en librairie", a conclu Nicolas Sarkozy, en faisant allusion au premier tome des Mémoires de Jacques Chirac paru jeudi.

Nicolas Sarkozy gagne près de 20 000 euros nets par mois

 

La rémunération mensuelle de Nicolas Sarkozy s'élève à 19 508 euros nets en 2009, selon le rapport sur le budget 2010 de l'Élysée examiné jeudi par la commission des fnances de l'Assemblée nationale.

D'après le rapport présenté par le socialiste Jean Launay, le budget sondage de l'Élysée, objet d'une polémique après des interrogations de la Cour des comptes, est en baisse.

Après 3,3 millions d'euros en 2008, ce budget est ainsi estimé à 2,0 millions en 2009 et prévu à 1,4 million en 2010.

Le cabinet d'étude d'opinion Giacometti-Peron a perçu 723 580 euros en 2008 et Publifact, dirigé par le conseiller spécial du chef de l'État, Patrick Buisson, 1,473 million.

La Cour des comptes a épinglé l'Élysée sur des sondages publiés dans la presse et facturés à la présidence de la République. Le groupe PS de l'Assemblée demande depuis la création d'une commission d'enquête sur le sujet.

La dotation totale destinée à la présidence de la République s'élève à 112,533 millions d'euros en 2010, en hausse de 0,18 % par rapport à l'année précédente et de 1,2 % à périmètre constant, soit le montant estimé de l'inflation l'an prochain.

Le montant mensuel brut de la rémunération de Nicolas Sarkozy en 2009 est de 21 133,37 euros, y compris une indemnité de fonction de 4 226,22 euros, soit 19 508,21 euros nets.

Les crédits de la mission « pouvoirs publics » seront examinés en séance publique par les députés le 12 novembre.

Émile Picy, édité par Jean-Baptiste Vey

Plus de photos Nicolas Sarkozy

 

Le bilan du mi-mandat de Nicolas Sarkozy

Article publié le : jeudi 05 novembre 2009

Le président français Nicolas Sarkozy au palais de l'Elysée.
AFP


Par RFI

Vendredi 6 novembre, date anniversaire du mi-mandat de Nicolas Sarkozy à l'Elysée et deux ans et demi après son élection, les temps sont durs pour le président de la République qui -sur fond de crise économique et de hausse du chômage-, voit s'effondrer sa côte de popularité. Une popularité plombée également par les polémiques, notamment l'affaire de la candidature de son fils à l'Epad. A cela s'ajoute désormais une fronde des parlementaires de sa propre majorité contre un certain nombre de réformes.

Pour Nicolas Sarkozy, il y longtemps que la lune de miel est terminée avec les Français. Les promesses de «rupture» et de défense du pouvoir d'achat ont fait long feu et le président entame la seconde partie de son quinquennat sur fond de morosité économique. Le chômage flirte avec les 10% , la croissance est en berne et la dette publique ne cesse de gonfler.

Au désamour avec les Français, s'ajoute désormais un véritable bras de fer avec sa majorité parlementaire qui conteste certaines réformes emblématiques passées à marche forcée, l'imposition de la taxe carbone, ou bien encore la suppression annoncée de la taxe professionnelle.

C'est la traditionnelle «malédiction des deux ans» minimise Nicolas Sarkozy.On touche plutôt aux limites de «l'hyper-présidence» analysent les politologues. « Le président paye la rançon de son hyperactivité solitaire et des récentes polémiques qui ont ébranlé son camp», de l'affaire Mitterrand à celle de son fils Jean Sarkozy à la tête de l'Epad.

Et pourtant, faute d'alternative crédible à droite comme à gauche, Nicolas Sarkozy continue de dominer la vie politique française. Il n'a désormais plus que deux ans pour convaincre les Français de lui confier un éventuel second mandat.

Le bilan économique de la présidence

Mais malgré des sondages en berne, Nicolas Sarkozy veut maintenir le cap des réformes, notamment sur le plan économique alors que son action est pourtant vivement contestée.

Première grande réforme du président, l'instauration du bouclier fiscal n'en finit pas d'alimenter la polémique. Critiquée dès sa mise en place par l'opposition qui dénonce un cadeau aux plus riches, la mesure est aujourd'hui attaquée au sein même de la majorité par des élus qui estiment qu'en cette période de crise et de baisse des recettes fiscales, le gouvernement se prive de moyens pour relancer l'économie.

Car depuis son élection, le chef de l'Etat parie sur une croissance qui serait générée par une baisse des charges qui pèsent sur les entreprises. Il a par exemple défiscalisé les heures supplémentaires, diminué la TVA dans la restauration, et plus récemment, annoncé la réforme de la taxe professionnelle, une mesure dénoncée par les élus de tous bords car elle va amputer les revenus des collectivités territoriales.

Sans compter que malgré un endettement sans précédent, Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles dépenses. Son grand emprunt devrait ainsi augmenter la dette de l'Etat de 30 à 50 milliards d'euros.

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