vendredi, 18 décembre 2009

Burkina/Niger : Petits services entre tripatouilleurs ?

vendredi 18 décembre 2009

Il pleut sur Niamey. Quoi ? Des sanctions, nous voulons dire ! Depuis la décision contestée du président Mamadou Tandja de prolonger son mandat de trois ans afin « de terminer ses chantiers » ; depuis la suppression, par le pouvoir, de la clause limitative du nombre de mandats, initialement fixé à deux, le Niger ne cesse de crouler sous le poids des mesures de rétorsion. Après la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a suspendu le pays du Ténéré de toutes ses instances, ce fut au tour de l’Union européenne (UE) de passer à l’acte après plusieurs menaces de représailles restées vaines.

Lasse de prêcher dans le désert nigérien, l’Europe communautaire s’est résolue à fermer le robinet de la coopération avec le pays de Séyni Kountché, dont elle est le premier partenaire économique. Soit un gel, en termes chiffrés, de plus de 300 milliards de francs CFA. Il n’est pas jusqu’au Pays de l’Oncle Sam qui n’ait donné de la voix face au refus méprisant de Niamey de reconsidérer, un tant soit peu, ses réformes politiques tant décriées.

Tenue du 15 au 16 décembre 2009 à Paris, la 25e session de la conférence ministérielle de la Francophonie avait, entre autres points inscrits à son ordre du jour, l’examen de la situation au Niger. On se demandait alors comment l’organisation allait se comporter à l’égard du pays où elle a été portée sur les fonts baptismaux.

Mais au grand dam des partisans de la manière forte, comme le ministre canadien chargé des Relations internationales, Pierre Arcand, la rencontre s’est terminée sur une note d’indulgence, voire de complaisance, à l’égard du régime autoritaire de Tandja. Cela, nonobstant la Déclaration de Bamako qui réaffirme le rejet par la Francophonie de « toute modification substantielle du régime électoral introduite de façon arbitraire ou subreptice » (Sic). Mais savez-vous qui a bataillé ferme pour éviter aux Nigériens une énième salve de sanctions ? Le Bur-ki-na Fa-so.

Oui, le Burkina Faso dont le président, Blaise Compaoré, à ce qu’on dit, ne serait pourtant plus en odeur de sainteté avec son voisin nigérien. Que faut-il voir dans cette attitude de notre pays ? Un simple acte de compassion pour « un frère et ami » qui n’en finit pas de s’enferrer dans ses propres turpitudes ou bien, comme pensent certains, de petits services entre tripatouilleurs ?

Pour tous ceux qui n’en finissent pas de suspecter le régime Compaoré de vouloir à nouveau violenter l’article 37, en d’autres termes, faire sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats, la question ne mérite même pas d’être posée.

A l’évidence, ne manqueront-ils pas de soutenir, la position de notre pays, tenue de bout en bout par l’ambassadeur Luc Adolphe Tiao, trahit les desseins du chef de l’Etat burkinabè de rééditer le coup de canif constitutionnel de 1997. Un soutien qui vaudra, au pays des hommes intègres, son pesant de réprobation d’autant plus qu’il intervient au moment où on commence à entendre le cliquetis des haches de la guerre de l’article 37.

Par Alain Saint Robespierre

L’Observateur Paalga

 

mercredi, 16 décembre 2009

Les pro-Tandja dénoncent "un complot de la communauté internationale"

16/12/2009 | AFP


Les partisans de Mamadou Tandja ont dénoncé les sanctions imposées au NigerLes partisans de Mamadou Tandja ont dénoncé les sanctions imposées au Niger© AFP


Des milliers de Nigériens ont manifesté mardi à Niamey en soutien au président Mamadou Tandja qui a obtenu une rallonge de son mandat et dont l'opposition demande le départ.


"Vive 'tazartché' (la continuité), "Vive la souveraineté du Niger !", ont scandé les manifestants, dans leur écrasante majorité des jeunes qui brandissaient des portraits du chef de l'Etat.

 

Des conseillers du président, quelques ministres et élus du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) ont pris part à cette manifestation.

 

Lors d'un rassemblement devant le siège du Parlement, la foule a dénoncé les sanctions imposées au Niger par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union européenne (UE) qui ont suspendu leur coopération avec Niamey au lendemain des élections législatives controversées du 20 octobre.

 

L'un des organisateurs de la manifestation, Bio Abdourahamane, a estimé que "le Niger est victime d'un complot de la communauté internationale".

 

Le médiateur depuis samedi à Niamey

Dimanche des dizaines de milliers d'opposants avaient manifesté et réclamé le départ de Mamadou Tandja qui a obtenu grâce à un référendum très controversé le 4 août, de rester au pouvoir encore au moins trois ans, au lieu de se retirer à l'issue de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre.

 

L'opposition qui dénonce "un coup d'Etat" a exhorté la communauté internationale à maintenir la pression sur Niamey.

 

Pour arriver à ses fins, Mamadou Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique. Les législatives du 20 octobre, remportées sans surprise par le parti du pouvoir, avaient été boycottées par l'opposition.

 

L'ancien chef d'Etat du Nigeria voisin, Abdulsalami Abubakar a été nommé médiateur par la Cédéao. Il séjourne depuis samedi à Niamey pour poursuivre ses consultations avec les protagonistes de la crise.

mardi, 15 décembre 2009

Manifestation de soutien au président Tandja

Article publié le : mardi 15 décembre 2009

Manifestation pro-Tandja à Niamey, le 15 décembre 2009.


Par RFI

Après la forte mobilisation de l’opposition, ce sont les partisans de la VIème République qui sont descendus ce mardi matin dans la rue pour un meeting à Niamey. La mouvance présidentielle a voulu manifester son soutien au chef de l’Etat et dénoncer les sanctions imposées par la communauté internationale, après les élections controversées du 20 octobre dernier.

 

Il y a avait du monde mardi matin dans les rues de Niamey. Après la grande manifestation de l'opposition, dimanche 13 décembre, à travers tout le Niger pour réclamer le départ du président Mamadou Tandja, c’était au tour des partisans du chef de l'Etat de descendre dans la rue pour lui apporter leur soutien. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi donné rendez-vous place de la Concertation, devant l'Assemblée nationale à Niamey. Plus de 10 000 personnes selon les organisateurs, beaucoup de très jeunes gens, des scolaires, qui ont tout bonnement quitté leurs écoles fermées pour l'occasion, nous a-t-on précisé sur place.

 

Les intervenants ont réaffirmé leur soutien à la refondation et à la VIème République.
Dans une semaine exactement, le 22 décembre prochain, intervient la fin officielle du mandat du chef de l'Etat. Les partisans du président Mamadou Tandja ont rappelé qu'ils soutenaient le choix du président de se maintenir au pouvoir pour trois ans de plus. Une décision dénoncée unanimement par la communauté internationale et par l'opposition nigérienne.

 

Les pro-Tandja ont manifesté dans d'autres villes du pays. A Tahoua, le gouverneur a annulé un arrêté municipal qui interdisait cette manifestation. Il s'en est suivi un affrontement entre partisans du pouvoir et de l'opposition. La police et la gendarmerie sont intervenues.

 

C'est dans ce contexte que se poursuivent les concertations du médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l'ancien chef d'Etat du Nigeria voisin Abdulsalami Abubakar, qui est toujours à Niamey .La première réunion d'un dialogue inclusif prévue pour jeudi semble compromise : pouvoir et opposition n'arrivent pas à s'entendre sur le lieu de la rencontre.

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mercredi, 02 décembre 2009

Areva : Greenpeace pointe des risques de contamination radioactive

Article publié le : mercredi 02 décembre 2009

Un employé de la mine d'uranium à ciel ouvert exploitée par Areva dans le désert de l'Aïr au Niger.
(Photo : AFP)



Par RFI

 

Greenpeace vient de publier un rapport sur les mines d’uranium du nord du Niger. Une équipe de cette organisation s’est rendue du 1er au 9 novembre 2009 dans ces mines exploitées par le groupe français Areva. Le rapport de Greenpeace évoque d’importants risques de contamination radioactive pour les populations locales.

 

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière du Niger, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

 

Ces rayonnements proviendraient des roches radioactives utilisées pour remblayer les routes. Greenpeace, qui recommande « une action immédiate pour protéger la population», affirme n’avoir pas pu se déplacer librement autour de la zone des mines en raison des restrictions imposées par les autorités locales.

 

Joint par RFI, Areva s’est dit « surpris par le résultat de ce rapport ». Le groupe soutient que «les emplacements identifiés comme radioactifs ne comportent pas un risque de problème de santé majeur.» Areva rappelle qu'un plan de décontamination est en route depuis 2007 sous le contrôle des autorités administratives.

samedi, 28 novembre 2009

La France demande à tous ses ressortissants de quitter le nord et l’est du Mali

Article publié le : samedi 28 novembre 2009

Carte du Mali
RFI


Par RFI

 

Le gouvernement français invite ses ressortissants à quitter immédiatement le nord et l’est du Mali et les zones frontalières pour rejoindre Bamako, la capitale. Après l'enlèvement d’un Français dans la nuit de mercredi à jeudi, Paris craint une nouvelle aggravation de la menace terroriste. Pierre Camatte, 61 ans, est retenu par des membres de « l'aile dure » d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il y a six mois un otage britannique retenu par ce même groupe avait été exécuté.

 

La bande sahélienne est devenue une zone à risques pour les touristes et les résidents occidentaux. Ces derniers mois plusieurs étrangers ont été kidnappés, puis libérés souvent contre rançon.

A l'exception du touriste britannique Edwin Dyer qui a été exécuté en juin dernier par une branche maghrébine d'al-Qaïda dirigée par l'Algérien Abou Zeïd. Selon une source malienne, c'est d'ailleurs le même groupe qui détiendrait le Français Pierre Camatte kidnappé dans la nuit de mercredi à jeudi dans la ville de Ménaka.

Dans le Sahel, les groupes terroristes travaillent main dans la main avec des bandes criminelles qui procèdent aux enlèvements avant de leur revendre les otages. Pierre Camatte est le premier Français enlevé au Nord-Mali et le ministère français des Affaires étrangères redoute manifestement qu'il ne soit pas le dernier.

En demandant à ses ressortissants de quitter le Nord du Mali ainsi que le Nord du Niger le ministère traduit l'inquiétude qui règne dans ces régions. Il y a une dizaine de jours trois ONG françaises avaient évacué leur personnel étranger de Gao suite à des rumeurs de kidnapping.

lundi, 23 novembre 2009

Niger: Tandja sommé de quitter le pouvoir dans un mois

23/11/2009 | AFP


le président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernierle président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernier© AFP

A quelques semaines de la fin du mandat de Mamadou Tandja, l'opposition nigérienne a rappelé qu'elle était hostile à la reconduite de celui-ci à la tête du pays. Par la dissolution du parlement et de la Cour constitutionnelle et le vote d'un référendum vivement décrié, Mamadou Tandja s'est pourtant assuré de pouvoir rempiler pour trois ans.

Des milliers de manifestants ont réclamé dimanche à Niamey le départ du président Mamadou Tandja qui a obtenu par un référendum controversé de rester au pouvoir jusqu'en 2012.

"Tandja doit partir!", "Non à sa Constitution!", "A bas le démolisseur de la démocratie", ont scandé les manifestants, munis de banderoles et de pancartes hostiles au régime.

Certains manifestants brandissaient des portraits des principaux opposants, comme l'ex-Premier ministre Hama Amadou et le président du parlement dissous en mai Mahamane Ousmane, qui vivent à l'étranger.

Perte de légitimité et de légalité

"Le mandat du président Tandja prend fin le 22 décembre (. . . ) il nous appartient de nous mobiliser pour mettre un point final à la restauration autocratique", a déclaré l'opposant Mohamed Bazoum lors d'un rassemblement dans le centre de la capitale. "A partir de cette date, il (Mamadou Tandja) perd toute légitimité et légalité", a-t-il ajouté.

La manifestation avait lieu à l'appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de syndicats dénonçant le "coup d'Etat" du président Tandja.

Au lieu de se retirer à la fin de deux mandats consécutifs en décembre, celui-ci avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat.

Pour pouvoir organiser ce référendum, il avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique.

Différend frontalier Burkina-Niger : On boucle ses valises pour la Haye

lundi 23 novembre 2009

Ça y est ! Le Burkina et le Niger ont fini leur partition avec cette signature des documents de ratification du compromis de saisine de la Cour internationale de Justice (CIJ) qui a eu lieu à Ouaga dans l’après-midi du vendredi 20 novembre 2009. Reste maintenant à attendre la décision de la haute instance juridictionnelle basée aux Pays-Bas et, surtout, à bien gérer la zone litigieuse entre les deux périodes charnières.

« Les dieux du fleuve étaient de la partie », titrions-nous dans notre édition du mercredi 26 février 2009, pour camper l’ambiance dans laquelle s’est achevée la rencontre à Niamey entre les parties burkinabè et nigérienne, ayant signé le compromis pour la saisine de la Cour internationale de Justice. Neuf mois après, presque jour pour jour, peut-on dans la même vaine inspiratrice dire que les dieux du fleuve Kadiogo (1) étaient de la partie ? Peut-être, sauf qu’il n’y avait pas de grand suspense prévisible, sauf tremblement de terre, pardon, de frontière.

Le plus dur ayant été déjà fait dans la capitale nigérienne. La petite différence à Ouagadougou, c’est que le climat était encore plus détendu, et les billes des stylos qui ont servi à signer les documents ont exécuté leur mission sans grincement aucun. Mais que s’est-il passé entre le 24 février 2009 et le 20 novembre 2009 et qui explique la cérémonie qui s’est tenue vendredi dernier dans la salle de rencontres du ministère des Affaires étrangères ?

Cette plage de temps a permis d’harmoniser les différents points de vue et surtout donné la latitude aux Parlements respectifs d’examiner la proposition de saisine et de l’accepter. Ce qui lui donne désormais une force exécutoire. En français facile, cela signifie que, désormais, la balle est dans le camp de la Cour internationale de Justice de la Haye (Pays-Bas), la plus haute institution juridique internationale chargée de régler définitivement un litige frontalier. Au propre comme au figuré, l’on peut donc annoncer que les valises ont été bien bouclées avant pour la Haye.

Peut-on conclure pour autant que tout est bien qui finit bien ? Oui pour ce qui concerne ces différents préalables. Mais il n’en est pas forcément de même pour ce qui concerne le terrain. En effet, entre ce compromis de saisine et la décision de la CIJ, il peut s’écouler un temps qui pourrait paraître long selon les urgences du moment. Les juges qui seront commis à cette tâche pourraoent prendre deux, trois ans, quatre ans, voire même plus pour déliberer. Il faudra donc, de part et d’autre, savoir gérer d’ici là avec délicatesse la zone litigieuse.

Le Burkina Faso partage avec le Niger une frontière longue de quelque 600 kilomètres, qui va des hauteurs de N’Gourma située au Nord du Gué de Kabia, jusqu’à l’intersection de l’ancienne limite des cercles de Fada et de Say avec le cours de la Mécrou. C’est le 28 mars 1987 que les deux Etats, dans leur commune volonté affichée de prévenir tout conflit ouvert, ont signé un accord portant sur la matérialisation de cette ligne. Mais depuis lors, et malgré les multiples réunions, tant au niveau ministériel qu’à celui des experts, un consensus n’a pu être trouvé à la satisfaction des deux parties. Néanmoins, 22 bornes sur 45 avaient été plantées par la commission technique mixte d’abornement.

Mais des points de dissensions ont arrêté net cette entreprise. Pire, des incursions de part à d’autre ont fait un peu grincer les dents. Aujourd’hui, les autorités des deux pays qui ont paraphé les derniers documents, lesquels atterriront à la Haye sont formelles. Tout est mis en œuvre pour qu’il n’y ait aucun couac, jusqu’à la décision finale. Les mauvais diables seront donc poursuivis jusque dans leurs derniers retranchements, foi des deux chefs de la diplomatie. Alain Yoda : « Toutes les dispositions sont prises pour que la paix règne au sein de cet espace contesté. Une sensibilisation des populations sera faite pour éviter toute mauvaise interprétation.

En attendant le verdict de la Cour, il sera demandé aux autorités nationales et locales de ne pas faire des actions non concertées dans cet espace ». Dieu soit loué, c’est le même son de cloche chez sa collègue du Niger, Aïchatou Mindaoudou : « Ce sont des engagements auxquels nous avons librement consentis et que nous respecterons. Mon frère du Burkina (Ndlr : Alain Bedouma Yoda) l’a fait remarquer. Pour le Niger, il en est de même. C’est donc un engagement formel que nous respecterons jusqu’au bout ». Néanmoins, il pourrait y avoir d’autres interrogations.

Avec ces nouvelles mesures, qui viennent s’ajouter aux lourdeurs administratives déjà existantes, le développement de la zone contestée et de ses alentours ne va-t-il pas en prendre un coup ? Le ministre d’Etat Alain Yoda a balayé cette éventualité d’un revers de la main : « Absolument pas ! Le Niger va continuer à réaliser des investissements dans la zone non contestée. Le Burkina fera de même. Et les deux populations pourront profiter de ces infrastructures ».

Le 24 février 2009, la délégation burkinabè, qui s’en retournait au pays, a célébré la signature du compromis avec du Kilichi, cette spécialité à base de viande émincée, fumée et séchée. Un mets indissociable de l’image du Niger, comme l’est le poulet bicyclette à celle du Pays des hommes intègres. Avec cette précision, inutile donc de dire quel plat a servi à fêter les derniers paraphes à Ouaga .

(1) Ancien fleuve qui traversait la ville de Ouagadougou, transformé aujourd’hui en canal d’évacuation d’eau. La province qui abrite la capitale du Pays des hommes intègres porte d’ailleurs son nom.

Issa K. Barry


De nos frontières et de celle du Niger avec le Nigeria

Le Burkina Faso partage 3453 kilomètres de frontières avec six pays : le Ghana, le Mali, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Niger. Maintenant qu’avec le Niger un compromis est trouvé pour amener le dossier en justice, la seule démarche qui reste à faire aboutir, c’est celle avec le Bénin, avait fait remarquer le ministre de l’Administration territoriale, Clément Sawadogo, le 24 février 2009 à Niamey, à l’issue de la signature de l’accord de saisine. « Vous savez qu’avec ce pays, nous avons un front de l’ordre de 280 kilomètres. Sur une bonne partie, nous nous sommes entendus. Reste une bande de 10 kilomètres située dans la zone de Koalou, qui nous fatigue un peu, parce qu’il y a une contestation au niveau des textes.

Mais, avec les frères béninois, nous travaillons à aplanir nos divergences. Rien que l’année dernière, nous nous sommes retrouvés dans la zone et avons ensemble conclu un dispositif de gestion concertée ». Foi de notre interlocuteur, sur les autres fronts, il n’y a pas de quoi fouetter un voisin. Les bornages du côté du Ghana, du Togo et du Mali s’étant effectués sans grands accrocs. A écouter Clément Sawadogo, il ne reste plus que la délimitation d’avec le Pays d’Houphouët Boigny. Mais, visiblement, avec la Côte d’Ivoire, la situation ne sera pas des plus complexes, étant donné que la nature a déjà fait la moitié du travail avec, par exemple, ces cours d’eau séparant les deux pays.

A propos de frontière justement, l’occasion était belle pour poser une question, qui était d’actualité récente, à la première responsable de la délégation nigérienne. En effet, des bruits avaient couru que le Nigeria avait fermé sa ligne de démarcation avec son voisin du Sud, à savoir le Niger. La presse nationale et internationale s’en était d’ailleurs fait l’écho. A écouter pourtant la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de ce pays, Aïchatou Mindaoudou, ces médias se sont foutu le doigt dans l’œil jusqu’au coude. « C’est vrai que ce bruit a couru.

Mais je pense qu’en journaliste averti que vous êtes, vous avez dû entendre le communiqué officiel du gouvernement du Nigeria faisant état de la fausseté de ces informations. Il n’a jamais été question de fermeture de frontière entre mon pays et le Nigeria. Seulement, il y a un phénomène récurrent qui survient sur cette frontière et qui ne date pas d’aujourd’hui : il arrive souvent que, de part et d’autre, les douaniers prennent des décisions, internes j’allais dire, qui ralentissent parfois le trafic des marchandises. Et ce fut le cas, tout simplement ».

Garba Lompo


Le Gourmantché du gouvernement nigérien

« Le Burkina Faso et le Niger sont unis par la géographie, l’Histoire et le destin…Et ce n’est pas mon frère Garba Lompo qui me dira le contraire », a plaisamment fait remarquer le ministre d’Etat, Alain Bedouma Yoda, pendant son discours. Il faisait ainsi un clin d’œil amical à l’actuel ministre de la Justice du Niger, Garba Lompo, dont les parents sont originaires de l’Est du Burkina, et qui a reconnu avec fierté à l’issue de la cérémonie que : « Effectivement, je suis de la famille de Diaba Lompo.

Mon père, Lompo Tendano, fut ouvrier de l’AOF (Ndlr : Afrique occidentale française) et a donc migré de la Haute-Volta au Niger. Il est toujours là et vit actuellement à Ouagadougou. Mes frères y sont aussi ». Chez notre voisin de l’Est, vivent en effet plus de 600 000 Gourmantchés. Un parlementaire issu de cette ethnie siège même à l’Assemblée nationale du Niger. De ce dernier et surtout de Garba Lompo, qui est aujourd’hui membre du gouvernement, l’on peut dire qu’il s’agit là d’une intégration bien réussie.

L’Observateur Paalga

 

mercredi, 11 novembre 2009

Niger : la Cour constitutionnelle valide le résultat des législatives

11/11/2009 | AFP


Le scrutin est contesté par la Cedeao et l'UELe scrutin est contesté par la Cedeao et l'UE© AFP

La Cour constitutionnelle nigérienne a validé les résultats des élections législatives du 20 octobre boycottées par l'opposition et critiquées par la communauté internationale, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur, Albadé Abouba.

"La Cour constitutionnelle, en son audience du 10 novembre 2009 (. . . ) a validé et proclamé les résultats définitifs des élections législatives du 20 octobre", a déclaré le ministre à la radio d'Etat.

La Cour a cependant "annulé" le vote de Tassara, une zone pastorale de la région de Tahoua (ouest), où des partielles seront organisées ultérieurement en vue d'attribuer l'unique siège de député de la circonscription, a-t-il indiqué.

L'élection de 112 députés a donc été validée, sur un total de 113 sièges au Parlement.

Le Mouvement national pour la société de développemenent (MNSD, au pouvoir) a obtenu 76 sièges.

Sanctions

La Cour a également rejeté des requêtes introduites par des indépendants et des partis politiques souhaitant l'annulation de résultats de certains bureaux de vote.

Après l'organisation de ce scrutin, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao, 15 Etats) a suspendu le Niger. L'organisation régionale, qui avait demandé le report de l'élection, ne reconnaît pas son résultat et accuse Niamey d'avoir violé des textes communautaires sur la démocratie.

La semaine dernière, l'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel".

La Cedeao et l'UE étaient déjà opposées au référendum constitutionnel très controversé du 4 août par lequel le président Mamadou Tandja, 71 ans, a obtenu une rallonge de trois ans après dix ans à la tête du pays.

Médiation

Pour organiser ce référendum, également boycotté par l'opposition, le chef de l'Etat avait dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle.

La Cedeao et l'UE ont demandé à M. Tandja de renouer le dialogue avec ses opposants.

Le pouvoir et l'opposition ont entamé lundi à Abuja, la capitale nigériane, des discussions de sortie de crise sous les auspices du général Abdusalami Abubakar, ancien chef d'Etat nigérian et médiateur de la Cedeao.

Crise nigérienne : Convaincre Yar’Adua ou périr ?

C’est une lapalissade que de dire que le Niger est plongé dans une crise politique sans précédent. Le responsable de cette situation délétère, Mamadou Tandja, qui a tripatouillé la loi fondamentale de son pays pour rallonger de trois ans son deuxième mandat, lequel expirait normalement en 2009.

 

Grâce à ses conseillers occultes, il avait préalablement pris soin de sauter tout oukase constitutionnel entravant le bon aboutissement de son forfait. En effet, pour être à la hauteur de son péché, il a d’abord dissous l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle, puis a organisé un référendum pour valider son vœu.

Le bouquet final de cette marche forcenée vers la 5e République a eu lieu le 20 octobre 2009 à travers des législatives, boycottées par l’opposition. Ce qui lui a permis de se tailler ainsi un Parlement totalement acquis à sa cause.

Durant tout ce processus, l’homme fort de Niamey est resté sourd à tous les appels de l’opinion internationale et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont fait partie le Niger, à renoncer à son projet, que ses opposants ont qualifié de « coup d’Etat constitutionnel ».

Et voilà que, depuis quelque temps, contre toute attente, Mamadou Tandja, le teigneux, a retourné sa veste, se montrant disposé à « privilégier la voie du dialogue ». Comment peut-on comprendre une telle reconversion du président nigérien ? S’est-il senti enfin ébranlé par l’exclusion momentanée de son pays des instances de l’organisation sous-régionale pour non-respect des règles du jeu démocratique ?

C’est ce qui explique, peut-être, la tournée d’une délégation d’émissaires, pilotée par le Premier ministre, Ali Badjo Gamati, auprès de ses homologues à Bamako, à Dakar, à Abidjan, à Ouagadougou, à Malabo et à Lomé. Certainement pour solliciter le soutien de ces derniers auprès de l’organisation sous-régionale pour la levée de la sanction infligée contre le pays du Ténéré.

Depuis lundi dernier, une autre délégation, forte d’une vingtaine de membres et représentant la mouvance présidentielle, séjourne à Abuja, la capitale nigériane. Conduite par l’ancien Premier ministre Seïni Oumarou, actuel chef du Mouvement national pour la société de développement (MNSD), parti au pouvoir, celle-ci compte en son sein deux dirigeants de partis soutenant Tandja, Cheiffou Amadou du Rassemblement social démocrate (RSD) et Hamid Algabid du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP).

Elle a la lourde mission de débattre avec le médiateur nommé à cet effet par la CEDEAO, le général Abdusalami Abubakar (ancien chef d’Etat nigérian) pour une sortie de crise. Mais au-delà du plaidoyer contre la suspension du pays d’Amani Diori de l’organisation communautaire, la délégation dépêchée par Tandja inscrira, inévitablement, un autre point à l’ordre du jour de cette rencontre, la fermeture partielle par le Nigeria de sa frontière avec le Niger au niveau de Maradi et de Zinder.

Selon les informations à notre disposition, si les passagers continuent de circuler librement, ce n’est pas le cas des marchandises, dont l’entrée et la sortie seraient empêchées par les douaniers nigérians. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’approvisionnement des Nigériens en produits de première nécessité provenant du Nigeria. A ce qu’on dit, même si les informations ont été démenties par les autorités des deux pays, le Nigeria aurait pris cette stratégie pour amener le président Mamadou Tandja à reconsidérer les règles du jeu démocratique.

En tout cas, sur ce point précis, on pourrait comprendre ce qui fait courir l’homme fort de Niamey. Il peut bien faire la sourde oreille aux lamentations de certains de ses pairs de la sous-région qui n’ont d’ailleurs pas de leçons à lui donner, puisque ayant, eux aussi, accédé à la magistrature suprême après avoir tordu le coup à la loi fondamentale de leur pays. Mais, avec le Nigeria, le géant de l’Afrique, dont le Niger, sur le plan économique (en produits de première nécessité comme en électricité), dépend fortement, il n’y a pas match comme on le dit.

A présent, il est à se demander si l’intervention du médiateur, le général Abdusalami Abubakar, à l’étape actuelle, peut amener Tandja à rebrousser chemin. Bref, ces pourparlers, compliqués donc, que les Nigériens viennent d’entamer avec le Grand Nigeria, auxquels s’ajoutent bien d’autres, encore plus embarrassants comme ceux de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la Guinée et de la Guinée Bissau, nous amènent à nous interroger sur l’avenir de la sous-région ; cet espace communautaire tourmenté qui passe son temps à courir derrière la paix, voire à éteindre des feux.

Hamidou Ouédraogo

 

lobservateur.bf

vendredi, 06 novembre 2009

L'Union Européenne suspend son aide au développement

06/11/2009 | AFP


L'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégalL'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégal© AFP

Cette aide s'élevait à près d'un demi-milliard d'euros sur 5 ans. L'UE demande le "retour à l'ordre constitutionnel".

L'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel" , a-t-on appris vendredi auprès de la Commission européenne.

"La Commission européenne et les pays de l'UE ont demandé des consultations avec les autorités du Niger", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission pour les questions d'aide au développement, John Clancy.

L'aide humanitaire "pas affectée"

En attendant le résultat de ces consultations, l'UE a suspendu son aide qui s'élève à 458 millions d'euros pour la période 2008-2013. En revanche, "l'aide humanitaire n'est pas affectée par cette suspension", a précisé M. Clancy.

"Nous espérons que ces consultations auront un effet positif pour toutes les parties offrant une feuille de route claire pour le retour de l'ordre constitutionnel au Niger", a ajouté le porte-parole.

Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, au nom de la présidence suédoise de l'UE, ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".

L'UE avait déjà suspendu une aide de 180 millions d'euros

Qualifiant de "violation de la constitution" le référendum du 4 août dernier, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après 10 ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.

Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.

L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août.

Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avaient entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.

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