vendredi, 18 décembre 2009

Les shebabs somaliens menacent de nouveau l’ONU

Article publié le : vendredi 18 décembre 2009

Des membres d'une milice shebab dans les rues de Mogadiscio le 30 octobre 2009.
AFP / M. Dahir


Par RFI


Les milices shebabs en Somalie ont à nouveau publié un communiqué menaçant les Nations unies. Cette fois, c’est l’organisation de déminage Mine Action qui est visée. Les shebabs accusent Mine Action de collaborer avec le gouvernement de transition, de payer leurs soldats et de les inciter à se rebeller contre les islamistes. Ce communiqué fait suite à plusieurs autres menaçant le Programme alimentaire mondial, ainsi que d’autres organismes des Nations unies. En juillet dernier, les locaux des Nations unies à Wajid et Baidoa avaient été pillés suite à ce même type de communiqué.


Cette fois, l’organisation visée est Mine Action, le programme des Nations unies qui s’occupe du déminage dans les zones en conflit. Selon le communiqué publié en Somalie et en anglais, Mine Action est accusée de travailler pour le gouvernement de transition, de payer les salaires des soldats du TFG et de faire du renseignement sur les zones sensibles contrôlées par les shebabs.


Le même jour, dans la matinée, des combattants shebabs se sont emparés des locaux de Mine Action à Baidoa et, selon des sources internes à l’ONU auraient pris également les clés de plusieurs véhicules. Les staffs locaux, les expatriés ne sont plus autorisés à aller à Baidoa depuis juillet, ont tous été renvoyés chez eux.


Pour le moment aucune réaction officielle n’a été donnée par les Nations unies. Une des craintes est que les shebabs se saisissent du matériel hautement sensible de Mine Action, suivant une méthode désormais bien rodée, qui les avaient conduits à piller différents bureaux des Nations unies à Baidoa et Wajid en juillet dernier, après avoir publié un communiqué de la même teneur contre le PNUD, le bureau politique UNPOS et DSS, le service de sécurité. Certains véhicules avaient ensuite été utilisés pour mener l’attaque suicide contre l’Amisom en septembre dernier.

mardi, 15 décembre 2009

Tchad et Centrafrique : la Minurcat entièrement déployée d'ici à fin janvier

15/12/2009 | AFP


La Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat), qui a pris beaucoup de retard, devrait être entièrement déployée dans ces deux pays d'ici à "fin janvier", a affirmé lundi le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU.

 

"D'ici à la fin janvier, on devrait avoir tout le monde sur le terrain. En deux mois, 50% de la force va arriver parce que les conditions logistiques minimales sont maintenant réunies", a déclaré à l'AFP à N'Djamena Victor da Silva Angelo.

 

"Ce n'est pas qu'en deux mois on va faire plus qu'en sept mois, mais c'est que les conditions sont maintenant réunies pour un déploiement. Cela restera très précaire et très difficile, mais il y a un minimum de conditions même si les soldats doivent dormir par terre dans des tentes", a précisé M. Angelo.

 

Actuellement, 2. 385 des 5. 200 hommes de la force onusienne (soit 46% des effectifs) sont déployés alors que la Minurcat a pris officiellement la relève de l'Eufor, la force de l'Union européenne (UE) le 15 mars.

 

Manque de moyens

 

"C'est la logistique qui n'a pas suivi les promesses d'engagement", a expliqué M. Angelo, "parce que nous travaillons dans une zone très éloignée et nous travaillons avec des moyens (inférieurs) que ceux dont disposait l'Union européenne. L'UE a fait un investissement énorme en termes de ressources, nous, les pays membres, n'avons pas le même type de ressources".

 

"Malgré le fait qu'on n'ait pas plus de 50% des forces, on fait un travail qui va bien au-delà de ce qu'on ferait avec 50% des forces", a assuré le responsable onusien.

 

De nombreux ONG et membres d'agences onusiennes se sont plaints de la lenteur du déploiement de la Minurcat alors que la situation sécuritaire dans l'est du Tchad s'est considérablement dégradée ces derniers mois.

 

Dans un communiqué, la Minurcat a annoncé le déploiement lundi matin d'un détachement de casques bleus togolais à Sam Ouandja (nord-est de la Centrafrique) "afin d'assurer la sécurité du camp de réfugiés soudanais, en provenance du Darfour (ouest du Soudan), qui s'y trouve et des humanitaires qui y travaillent".

Ban Ki-moon s’efforce de sauver le sommet de Copenhague

Article publié le : mardi 15 décembre 2009



Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Reuters



Par RFI

« Ce n'est plus le moment de gesticuler. Chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague », a mis en garde le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui est attendu ce 15 décembre 2009 dans la capitale danoise. Les travaux sur le changement climatique ont pris du retard, notamment en raison du coup de colère des pays africains. Les 53 pays de la délégation du continent se sont retirés des groupes de travail durant plusieurs heures pour manifester leur désaccord avec les pays industrialisés, peu enclins selon eux à réduire réellement leurs émissions de gaz à effet de serre.

 

Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion


Avant de se rendre sur place, le secrétaire général de l’ONU a exhorté les négociateurs à surmonter les obstacles. « Le moment est venu d’agir », a-t-il expliqué. Selon lui, les Etats font face à un choix historique très clair. « Nous pouvons avancer vers une croissance durable et verte, ou continuer sur la route qui nous mènera à notre perte », a-t-il dit.


Le secrétaire général de l’ONU appelle les 115 chefs d’Etat et de gouvernement qui vont se rendre à Copenhague à faire preuve de leadership. « Nous n’avons plus le temps de prendre des poses ou de blâmer les autres », a expliqué Ban Ki-moon.


Le secrétaire général de l’ONU se dit toutefois confiant, grâce aux promesses des pays riches et émergeants. Il a aussi balayé d’un revers de la main les critiques de ceux qui tentent de remettre en cause les preuves scientifiques du changement climatique.


Le secrétaire général de l’ONU s’est beaucoup impliqué dans cette négociation. Il en a fait la pierre angulaire de son mandat. Mais il n’a pas encore réussi à combler le fossé entre les pays riches, qui en pleine crise économique sont réticents à s’engager, et les pays en développement, qui ne se sentent pas responsables du changement climatique, et ne veulent pas en payer le prix.


mardi, 08 décembre 2009

Ban Ki-moon condamne les attentats "inacceptables" de Bagdad

08.12.09 |






 

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a "condamné dans les termes les plus forts" mardi les attentats "inacceptables" de Bagdad, qui ont fait au moins 127 morts et 448 blessés.

"Je suis très choqué et je condamne dans les termes les plus forts possible ces horribles attentats à la bombe commis contre des civils. C'est inacceptable, cela doit cesser", a déclaré M. Ban lors d'une brève rencontre avec la presse au siège de l'ONU à New York.

Cinq attentats à la voiture piégée ont frappé Bagdad mardi, tuant au moins 127 personnes et en blessant 448, dans une opération portant apparemment la marque d'Al-Qaïda.

Ils sont survenus le jour où la présidence fixait au 6 mars la date des élections législatives, cruciales pour l'avenir de l'Irak, et qui seront les deuxièmes depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.

 

mardi, 01 décembre 2009

Algérie : pas de rançon pour les preneurs d'otages !

01/12/2009 | Jeune Afrique


Depuis plusieurs mois, la diplomatie algérienne ne ménage pas ses efforts pour obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant le versement de rançons en échange de la libération d’otages détenus par telle ou telle organisation terroriste. Les 25 et 26 novembre, lors de sa première visite à Alger, le général William Ward, patron de l’Africom, le commandement de l’armée américaine en Afrique, a pu constater la forte mobilisation de ses interlocuteurs à ce sujet. Le président Bouteflika, mais aussi Mourad Medelci, le ministre des Affaires étrangères, et le général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, lui ont tous expliqué que cet argent servait à financer les maquis islamistes en Algérie. Et qu’il était indispensable d’en tarir la source.

L'ONU demande à la Suisse de protéger la liberté de religion

Bastien Hugues (lefigaro.fr), 01/12/2009



Pour les Nations unies, l'interdiction des minarets en Suisse votée ce week-end ne respecte pas la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

L'interdiction des minarets votée ce week-end en Suisse provoque des remous au-delà des frontières helvètes. Lundi, l'ONU s'est montrée «profondément inquiète» suite à cette décision et a fermement dénoncé «une discrimination évidente à l'encontre des membres de la communauté musulmane en Suisse», qui compte environ 400.000 musulmans (sur 7,5 millions d'habitants).

 

Surtout, Asma Jahangir, rapporteur spéciale de l'ONU pour la liberté de religion, a insisté sur le fait que le Comité des droits de l'homme a récemment prévenu la Suisse qu'une telle décision est contraire aux obligations de la Suisse en vertu du droit international dans le domaine des droits de l'homme, car elle remet en cause la liberté de manifester sa religion. Et Asma Jahangir de demander aux autorités suisses, de façon plus solennelle encore, «de prendre les mesures nécessaires pour protéger pleinement le droit à la liberté de religion ou de conviction des membres de la communauté musulmane».

 

La Suisse va-t-elle donc être contrainte de faire marche arrière ? Rien n'est moins sûr, pour une raison précise : la décision votée par les Suisses dimanche prévoit la modification directe de la Constitution (c'est à dire sans passer par le Parlement), laquelle supplante les textes et traités internationaux, rappelle le constitutionnaliste Richard Ghevontian, contacté par lefigaro.fr. «Les sanctions encourues par la Suisse sont essentiellement diplomatiques et donc symboliques, explique-t-il. Désormais, la seule solution pour que la Suisse fasse marche arrière, c'est que son parlement adopte une proposition ou un projet de loi annulant la décision votée ce week-end. Ce qu'une loi fait, un autre loi peut le défaire.»

 

Des garde-fous sur le référendum d'initiative populaire

 

Pour Richard Ghevontian, la décision est en tout cas en contradiction «évidente» avec la Déclaration universelle des droits de l'Homme, selon laquelle «toute personne a droit à la liberté (…) de religion». Le gouvernement helvète lui-même est en désaccord profond avec le parti populiste de droite à l'origine de la votation populaire de ce week-end. Les Verts n'ont pas exclu de déposer un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

 

En fait, la décision votée ce week-end soulève surtout les limites et les risques que comporte un référendum d'initiative populaire. «Aujourd'hui, elle débouche sur un pataquès juridique», poursuit Richard Ghevontian. Pourrait-il en être de même en France ? D'abord, les conditions requises à la tenue d'un référendum d'initiative populaire sont bien plus drastiques que chez nos voisins helvètes. En France, ensuite, un référendum d'initiative populaire débouche non sur un loi directement, mais sur une proposition de loi qui doit être votée par le Parlement. Autant de garde-fous qui font croire à Richard Ghevontian que «le débat est politiquement facile, mais juridiquement très peu sérieux».

 

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Yukiya Amano : un nouveau style à la tête de l'AIEA

Article publié le : mardi 01 décembre 2009




Le Japonais Yukiya Amano sera à la tête de l'AIEA pour quatre ans.
Reuters/Heinz-Peter Bader


Par RFI

 

Elu en juillet, le diplomate japonais Yukiya Amano s'installe à la tête de l'AIEA, l’Agence internationale de l'énergie atomique, mardi 1er décembre. Soutenu par les Etats-Unis, il est mandaté pour quatre ans. Après le bouillonnant Mohamed el-Baradeï, qui a dirigé  l'agence onusienne pendant douze ans, il faut s’attendre à un changement de style.

 

Yukiya Amano était ambassadeur du Japon auprès de l’AIEA quand il en a été élu directeur général, en juillet 2009. Soutenu notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, ce diplomate nippon, au profil policé, a obtenu 23 voix sur les 35 suffrages des Etats membres du conseil des gouverneurs de l'agence onusienne. Il succède à l’Egyptien Mohammed el-Baradeï, qui a tiré sa révérence vendredi dernier après avoir passé douze ans à la tête de l'institution.

 

Agé de 62 ans, né deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Yukiya Amano a rejoint le ministère des Affaires étrangères japonais en 1972, où il s'est imposé comme un expert en désarmement. Il y a dirigé le service des sciences puis celui de l'énergie nucléaire en 1993, avant d'être nommé directeur général adjoint, puis directeur pour le contrôle des armes et les affaires scientifiques au ministère.

 

Diplomate auquel on reproche parfois un manque de charisme, Yukiya Amano parle couramment l'anglais et le français, une langue qu'il a apprise lors de son passage au consulat général du Japon à Marseille de 1997 à 1999.

 

A l’AIEA, un des dossiers les plus complexes qu'il aura à résoudre sera celui de l’Iran. Lors de sa cérémonie de départ, son prédécesseur égyptien a avoué que dans ce domaine il était arrivé à « un point mort ».

 

Malgré ses efforts, Mohammed el-Baradeï n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente entre l’Iran qui veut poursuivre son programme nucléaire en affirmant qu’il est uniquement civil, et les puissances occidentales qui soupçonnent l’Etat islamique d’avoir des ambitions militaires. Le vote, vendredi dernier, condamnant la construction dans le secret d'une installation nucléaire à Fordo, est révélateur de ces profonds désaccords.

samedi, 28 novembre 2009

Les Etats-Unis mettent en garde l’Iran

Article publié le : samedi 28 novembre 2009


Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs: « Si l'Iran refuse de remplir ses obligations, il sera responsable de son isolement croissant et de ses conséquences ».
AFP/Nicholas Kamm


Par RFI


Washington a lancé vendredi une mise en garde ferme à Téhéran en le prévenant que la patience des Etats-Unis avait « des limites ». Dans la même journée, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique a adopté une résolution condamnant l'Iran pour son programme nucléaire controversé. Le texte a été approuvé par 25 voix sur 34. La Chine et la Russie, d'ordinaire en faveur de l'Iran, ont cette fois approuvé la résolution. La République islamique a réagi à ce texte en annonçant qu’à l’avenir elle limitera sa coopération au strict minimum avec les Nations unies. Washington a estimé que le vote de l'AIEA montrait la détermination de la communauté internationale et a empressé l’Iran « d’honorer ses obligations ».

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

« Notre patience et celle de la communauté internationale ont des limites », a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la Maison Blanche. Les Etats-Unis avaient mené une campagne active afin de s’assurer que la résolution de l’AIEA reçoive un soutien massif, en prélude à la possible adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une quatrième série de sanctions contre l’Iran.

Cette résolution, indique la Maison Blanche, montre qu’il est urgent que l’Iran réponde au déclin continu de la confiance de la communauté internationale. Pour autant, les Etats-Unis se disent toujours disposés au dialogue, si l’Iran choisit d’accepter d’enrichir son uranium à l’étranger. Mais à Washington, on semble y croire de moins en moins.

Barack Obama s’était donné jusqu’à la fin de l’année pour rompre avec la politique menée par George Bush et proposer la main tendue au régime de Téhéran. Mais la fin de l’année approche, pour le moment cette politique n’a rien donné. Les Etats-Unis pourraient donc dans des délais très brefs, durcir le ton et pousser à l’adoption de nouvelles sanctions.


Les Etats-Unis mettent en garde l’Iran

Article publié le : samedi 28 novembre 2009

Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs: « Si l'Iran refuse de remplir ses obligations, il sera responsable de son isolement croissant et de ses conséquences ».
AFP/Nicholas Kamm

 

Par RFI

 

Washington a lancé vendredi une mise en garde ferme à Téhéran en le prévenant que la patience des Etats-Unis avait « des limites ». Dans la même journée, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique a adopté une résolution condamnant l'Iran pour son programme nucléaire controversé. Le texte a été approuvé par 25 voix sur 34. La Chine et la Russie, d'ordinaire en faveur de l'Iran, ont cette fois approuvé la résolution. La République islamique a réagi à ce texte en annonçant qu’à l’avenir elle limitera sa coopération au strict minimum avec les Nations unies. Washington a estimé que le vote de l'AIEA montrait la détermination de la communauté internationale et a empressé l’Iran « d’honorer ses obligations ».

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

« Notre patience et celle de la communauté internationale ont des limites », a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la Maison Blanche. Les Etats-Unis avaient mené une campagne active afin de s’assurer que la résolution de l’AIEA reçoive un soutien massif, en prélude à la possible adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une quatrième série de sanctions contre l’Iran.

Cette résolution, indique la Maison Blanche, montre qu’il est urgent que l’Iran réponde au déclin continu de la confiance de la communauté internationale. Pour autant, les Etats-Unis se disent toujours disposés au dialogue, si l’Iran choisit d’accepter d’enrichir son uranium à l’étranger. Mais à Washington, on semble y croire de moins en moins.

Barack Obama s’était donné jusqu’à la fin de l’année pour rompre avec la politique menée par George Bush et proposer la main tendue au régime de Téhéran. Mais la fin de l’année approche, pour le moment cette politique n’a rien donné. Les Etats-Unis pourraient donc dans des délais très brefs, durcir le ton et pousser à l’adoption de nouvelles sanctions.

jeudi, 26 novembre 2009

Guinée: éviter une "guerre civile du type Liberia" affirme l'ONU

DAKAR (AFP) - 26.11.2009


"Il faut éviter le pire" en Guinée, en écartant grâce aux négociations menées à Ouagadougou une "issue dangereuse qui pourrait tirer le pays vers une guerre civile du type Liberia", a affirmé le représentant du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit.

voir_le_zoom : Le médiateur dans la crise guinéenne Blaise Compaoré et le chef de la junte Moussa Dadis Camara, le 3 octobre 2009 à ConakryLe médiateur dans la crise guinéenne Blaise Compaoré et le chef de la junte Moussa Dadis Camara, le 3 octobre 2009 à Conakry - AFP/Archives

 

"Il faut éviter le pire" en Guinée, en écartant grâce aux négociations menées à Ouagadougou une "issue dangereuse qui pourrait tirer le pays vers une guerre civile du type Liberia", a affirmé le représentant du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit.

Même si les discussions engagées par le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, sont difficiles, "il faut absolument trouver les moyens d'éviter le pire", a insisté le responsable de l'ONU, lors d'un entretien avec l'AFP et Radio France Internationale (RFI) mercredi soir à Dakar.

Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008 ayant porté une junte au pouvoir, la crise en Guinée s'est brutalement aggravée avec le massacre le 28 septembre dans un stade de Conakry de plus de 150 opposants, selon l'ONU, par les forces de sécurité.

"Les risques sont évidents lorsque vous entendez parler, ici et là, de certains qui veulent introduire des éléments d'ethnicité, d'indications sur le recrutement de milices formées par des personnes qui viennent de l'extérieur", a-t-il ajouté. "On a même parlé d'officines qui ont recruté des gens pour entraîner ces milices", a-t-il relevé.

La France et les Etats-Unis ont exprimé leurs inquiétudes après que des informations et témoignages eurent fait état de l'emploi par la junte de mercenaires, essentiellement sud-africains, pour entraîner de jeunes soldats recrutés sur une base ethnique près de Forecariah, au sud de la capitale.

"Quand vous entendez tout cela et que vous le mettez dans le contexte de la Guinée, vous ne pouvez que redouter une issue dangereuse qui pourrait tirer le pays vers une guerre civile du type Liberia. Il faut donc tout faire pour éviter le pire", a insisté M. Djinnit. "On doit tout faire pour qu'on ait un accord (entre les parties guinéennes) le plus rapidement possible, que des élections aient lieu le plus rapidement possible", selon lui.

Le haut responsable de l'ONU a aussi apporté son soutien au médiateur burkinabè, dont le premier document de synthèse, prévoyant le maintien au pouvoir de la junte pour une transition de dix mois, a été vivement contesté par l'opposition en fin de semaine dernière.

"Ce n'est que le début des négociations, les propositions vont continuer et le document (de la médiation) va évoluer", a-t-il souligné. "Dans toute sa démarche, dans tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il vise à réaliser, le facilitateur a en tête les préoccupations exprimées par la communauté internationale", a assuré M. Djinnit.

Et "la position des Nations unies a été et demeure que le président du CNDD (Conseil national pour le développement et la démocratie, junte), les membres du CNDD et le Premier ministre, comme ils s'y sont engagés, ne doivent pas se porter candidats aux élections présidentielles", a-t-il insisté.

"Cette position n'a pas évolué, c'est évident", a-t-il poursuivi. Le document de synthèse présenté la semaine dernière par la médiation ne prévoyait pourtant pas d'empêcher au chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, de se présenter à la présidentielle.

"Est-ce que je suis optimiste? Il est difficile d'être très optimiste quand on sait que la divergence, le +gap+, entre les deux parties est encore énorme". "Il y a encore beaucoup de terrain à parcourir pour rapprocher les points de vue des uns et des autres et surtout agir dans le cadre et conformément aux souhaits exprimés par la communauté internationale", a-t-il rappelé.

Mais "même s'il y a des raisons d'être inquiets, il faut malgré tout demeurer optimiste".

© 2009 AFP

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