lundi, 28 décembre 2009

Iran : arrestation de plusieurs proches des leaders de l'opposition

Au lendemain d'affrontements qui ont fait au moins huit morts à Téhéran, les autorités iraniennes ont arrêté, lundi 18 décembre, une série de personnalités de l'opposition. Parmi elles : Morteza Haji, ancien ministre et directeur général de la Fondation Baran de Mohamad Khatami, et son adjoint Hassan Rassouli. Selon le site des parlementaires d'opposition Parlemannews.ir, trois des principaux conseillers de l'ancien premier ministre Mir Hossein Moussavi ont également été arrêtés


Au moins huit personnes ont été tuées au cours des manifestations de l'opposition, le 27 décembre à Téhéran.REUTERS/STRINGER/IRAN

Au moins huit personnes ont été tuées au cours des manifestations de l'opposition, le 27 décembre à Téhéran.


Une figure de l'opposition libérale, le journaliste et défenseur des droits de l'homme Emadeddin Baghi, a également été interpellé, selon un autre site de l'opposition, Rahesabz. M. Baghi, qui dirige l'Association iranienne pour la défense des droits des prisonniers, a obtenu le prix des Droits de l'homme de la République française en 2005 pour sa campagne en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran. Ce militant, qui a fait plusieurs séjours en prison ces dernières années pour avoir "mis en danger la sécurité nationale", a soutenu l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi lors de l'élection présidentielle de juin.


Les autorités iraniennes ont aussi confirmé lundi l'arrestation d'un journaliste syrien de la chaîne de télévision Dubaï TV. Reza al-Bacha, âgé de 27 ans, avait disparu après avoir dit à sa famille par téléphone qu'il était bloqué dans le centre de Téhéran où se déroulaient de violents affrontements entre manifestants antigouvernementaux et forces de l'ordre.


L'ancien ministre des affaires étrangères iranien Ibrahim Yazdi, chef du Mouvement de Libération de l'Iran — mouvement d'opposition sans existence légale mais toléré depuis de nombreuses années —, a lui aussi été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile par les services de sécurité. Rahesabz, a aussi fait état de l'arrestation de plusieurs activistes moins connus de l'opposition réformatrice, dont un leader étudiant et le fils d'un ancien ministre de l'ex-président Khatami.


Des agents de sécurité ont par ailleurs investi lundi matin les bureaux du magazine féminin Irandokht, dirigé par l'épouse de M. Karoubi, et ont saisi ses ordinateurs, selon le site d'opposition Advarnews.


Ces mesures des autorités iraniennes interviennent après de nouveaux heurts lundi, dans l'ouest de Téhéran entre forces de sécurité et partisans de l'opposition. Selon le site Norooz, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des partisans de Mir Hossein Moussavi qui s'étaient réunis devant un hôpital pour présenter leurs condoléances après la mort, dimanche, d'un neveu du chef de file de l'opposition lors des manifestations.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 28.12.09 |

Municipales: faible participation selon l'opposition

Article publié le : lundi 28 décembre 2009


Dans le quartier Sabon Gari à Agadez.
www.agadez-niger.com / T. Spiess


Par RFI


Les élections municipales se sont déroulées le 27 décembre au Niger, en dépit du boycott de l’opposition et du désaveu exprimé par la communauté internationale. L’opposition pointe la faible mobilisation, et dénonce la mise en place d’institutions fantoches. Le gouvernement quant à lui, affiche son satisfecit. Ce scrutin local est censé permettre le renouvellement de conseillers de quelque 266 communes. Compte-rendu de ce scrutin dans la région d’Agadez.


Bureau de vote numéro 67, quartier Sabon Gari. L’atmosphère est calme. Une femme avance pour glisser son bulletin dans l’urne sous le regard de Hamidou Magagi, le très jeune président du bureau de vote : « Les élections se passent bien. On travaille ici normalement et tranquillement encore ».


Au siège de l’UDPS-Amana, un parti politique qui participe au gouvernement, on fait le point à la mi-journée. « Les gens vivent au jour le jour. C’est normal que les gens vaquent à leurs activités le matin. Quand ils finissent, ils reviennent voter, malgré tout. E tout cas, nous constatons que par rapport aux élections passées, il y a quand même une mobilisation beaucoup plus importante », affirme un membre du parti.


Du côté de l’opposition, on n’est pas peu fier de boycotter ces élections. « Les gens vaquent à leurs occupations, comme s’il n’y avait pas d’élections. Vous savez, le mensonge à beau courir, la vérité finit toujours par le rattraper. Parce que nous n’avons jamais cru à la VIe République. On sait que c’est une fabrication de certains opportunistes bien connus », déclare Issaka Djibo coordonnateur régional de la CFDR.


Un scrutin municipal marqué par le foisonnement de candidatures multiples et variées.

Sékouba Konaté aux commandes

27/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Cheikh Yérim Seck, envoyé spécial à Conakry


Sékouba Konaté aux commandesSékouba Konaté aux commandes© AFP


Sans coup d’éclat ni grande surprise, le numéro trois de la junte a pris la tête du pays. Ce métis, réputé féroce au combat, a été jusqu’ici avare en déclarations. L’opposition et la communauté internationale lui octroient une sorte de période probatoire.


Le 15 décembre, le général de brigade Sékouba Konaté mettait fin à « toutes les motions et autres manifestations de soutien ». Une façon de mettre un terme à la surenchère des démagogues et clientélistes de tout poil qui riva­lisaient d’ardeur, de communiqués et ­­de phrases choc pour dénoncer la tentative d’assassinat de Dadis. Une façon aussi de montrer qu’une page est tournée. ­­Le pouvoir à Conakry a bel et bien changé de mains.


Soigné au Maroc, le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, ne s’est toujours pas exprimé depuis le 3 décembre, date à laquelle son aide de camp, Aboubacar « Toumba » Diakité, lui a tiré dessus. La balle se serait logée dans la nuque, selon Toumba, interrogé par RFI. Malgré les communiqués rassurants, personne n’a eu de nouvelles fiables de l’état de santé du capitaine Camara, que certains disent incapable de reprendre son poste.


Surnommé « le Tigre » par ses compagnons d’armes du fait de sa férocité au combat, et « Parousky » par ses amis d’enfance avec lesquels il jouait au football, le nouvel homme fort de Guinée n’a pas tardé à occuper le fauteuil laissé vacant ­à la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et de l’État. Et à imposer son autorité.


Respect de la hiérarchie

Arrivé précipitamment le 4 décembre à Conakry, en provenance du Liban, où il se trouvait en mission, il a fait, cinq jours plus tard, une tournée remarquée à travers les garnisons du pays. « Le principal problème de notre armée, c’est le manque de respect pour la hiérarchie. Aucun acte d’indiscipline et d’insubordination ne sera plus toléré. Je ne caresserai aucun militaire dans le sens du poil », a-t-il prévenu, parfaitement conscient d’avoir affaire à une armée totalement déstructurée.


Projeté sur le devant de la scène, hostile à la prise de parole en public, « le Tigre » est connu pour être réfractaire à certains accommodements avec les règles. Il s’est ainsi ouvertement plaint, début septembre, auprès de Dadis, du comportement de Toumba, accusé d’avoir fait arrêter et torturer des militaires soupçonnés d’être hostiles au chef de la junte.


Craint de tous

Au lendemain des événements du 28 septembre, qui a fait au moins 150 morts, Sékouba Konaté a ordonné l’arrestation de Toumba, considéré comme l’un des principaux responsables de ce massacre. L’ordre n’a pu être exécuté, Dadis s’étant interposé pour protéger son aide de camp. Celui qui, quelques semaines plus tard, allait lui tirer une balle dans la tête.


Le nouveau patron du CNDD est craint dans les rangs aussi bien des militaires que des civils au gouvernement. Dès qu’il a pris les commandes, il s’est attaché à marquer son territoire, commençant par mettre au pas les proches de Dadis, qui, il y a peu, s’arrogeaient toutes les libertés. Ses premières cibles : le colonel Moussa Keïta, secrétaire permanent du CNDD, et le volubile Idrissa Chérif, ministre de la Communication. Tous deux s’étaient empressés de déclarer que le travail gouvernemental s’interrompait, « jusqu’au retour au pays du chef de l’État, Moussa Dadis Camara ». Ils avaient aussi unilatéralement décidé de suspendre toute participation aux pourparlers avec l’opposition conduits par le médiateur Blaise Compaoré.


Non content d’avoir démenti cette prise de position, Konaté a décidé que ses deux auteurs, qui représentaient jusqu’ici le CNDD aux négociations, devaient se mettre en retrait. Moussa Keïta et Idrissa Chérif n’ont pu prendre part à la 9e session du Groupe international de contact sur la Guinée, le 13 décembre à Ouagadougou, qu’après avoir accepté que la délégation soit conduite par Kélétigui Faro, secrétaire général à la présidence, plus modéré au goût du nouvel homme fort du pays.


Plus conciliant

Soucieux de rassurer, Konaté ne veut plus des prises de position va-t-en-guerre, comme celle accusant la France d’avoir commanditéreprésailles militaires si elle envoyait à Conakry une force de protection de la population civile. Sur le même ton, plus conciliant, le ministre des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua, a déclaré chercher « une sortie de crise rapide et consensuelle ». l’assassinat de Dadis ou celle menaçant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de


Sékouba Konaté s’attelle à mettre fin à la cacophonie et à la surenchère ­verbale au sein du camp présidentiel : le 12 décembre, il a ordonné aux ministres et membres du cabinet présidentiel de discuter avec le Premier ministre, Kabiné Komara, avant d’émettre des avis publics. Il semble que le général, contraire­ment au capitaine Dadis Camara, veuille redonner un rôle et une mission au Premier ministre, qui peu à peu avait été dépouillé de ses prérogatives. Signe des temps, la primature, jadis vide, est aujourd’hui de plus en plus fréquentée par ceux-là même qui remplissaient la salle d’attente de Dadis. Les ministres s’y rendent pour discuter de dossiers et prendre des instructions.


Celui qui s’est retrouvé aux premières loges sans l’avoir vraiment cherché, a décidé de ne pas s’encombrer des dossiers qu’il ne connaît pas et semble prêt à déléguer. Ce fils d’un Malinké et d’une Libanaise est un militaire de carrière, formé à l’Académie royale militaire de Meknès, au Maroc, à l’École d’application de l’infanterie de Montpellier, puis à l’École des troupes aéroportées de Pau, en France. Il a choisi de laisser au chef du gouvernement la gestion au quotidien de l’État afin de mieux se concentrer sur les questions de défense et de sécurité.


Dans ce domaine, les Guinéens lui re­­­connaissent des compétences. Respecté au sein de la troupe, il contrôle le Bataillon autonome des troupes aéroportées (Bata), l’unité la mieux équipée et la plus redoutée, qu’il a commandé jus­qu’au coup d’État du 23 décembre 2008. Mais aussi les Rangers avec lesquels il a fait le coup de feu à Macenta en 2000, pour repousser les rebelles venus du Liberia.


Il a aussi de bons relais chez les gradés avec, pour alliés, Oumar Sanoh, chef d’état-major de l’armée et ancien de Meknès, et le commandant Claude Pivi, populaire auprès des jeunes soldats.


« Le Tigre » a également dans son réseau les hommes d’affaires libanais Roda Fawaz, nommé en septembre consul de la Guinée au Maroc, et Ali Saadi, actuel consul honoraire de ­­­la Guinée au Liban. Il est également ­proche du Guinéen Kerfalla Person Camara alias KPC, lequel est en train d’exécuter un marché de 500 milliards de francs guinéens (70 millions d’euros) pour la reconstruction de casernes.


Le nouvel homme fort de la Guinée est également entouré de ses amis d’enfance : le directeur du Fonds minier, Laye Keira, son alter ego de la Caisse nationale de sécurité sociale, Baïdy Aribot, le policier Mounir Cissé, directeur adjoint du protocole à la présidence, devenu son homme de main.


Période probatoire

Sékouba Konaté bénéficie d’une période probatoire. À l’intérieur, comme à l’extérieur, on attend de le voir à l’ouvrage. S’il rassure par son style effacé et son apparent manque d’ambitions politiques personnelles, il sera jugé sur les actes. Échaudés par le revirement d’un Dadis Camara, d’abord porté aux nues puis conspué, les Guinéens restent prudents. Pour le moment « le Tigre » s’attache à ne braquer ni l’opposition ni les chan­celleries occidentales.

 

Des difficultés subsistent toutefois sur son chemin. Les proches de Dadis (Boubacar Barry, ministre chargé du patrimoine, Papa Koly Kourouma, ministre de l’Environnement, Idrissa Chérif, Moussa Keïta…) pourraient user de leur capacité de nuisance pour ne pas être marginalisés. Reste Aboubacar « Toumba » Diakité, réputé pour avoir des hommes dévoués. Traqué depuis qu’il a tiré sur Dadis, l’homme n’est pas non plus décidé à se rendre. Accusé par des dizaines de témoins de porter une lourde responsabilité dans le drame du 28 septembre, il risque de se comporter en jusqu’au-boutiste et, si la normalisation devait se faire, de venir jouer les trouble-fêtes.

mercredi, 23 décembre 2009

Louisa Hanoune, la dame de fer algérienne

22/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Cherif Ouazani


Louisa HanouneLouisa Hanoune© Samir Sid

 

« Elle est le seul homme politique du pays », disait d’elle le chef islamiste Ali Benhadj. Aujourd’hui, elle est la seule femme dans le monde arabe à diriger un parti devenu leader de l’opposition. Écoutée et respectée de tous, elle pèse de manière décisive sur les choix nationaux. Un tour de force qui l’a auréolée d’un immense prestige. Portrait.

 

Louisa el-Djazaïriya. « Louisa l’Algérienne ». C’est ainsi que ses militants et ses électeurs, mais pas seulement, appellent désormais la porte-parole du Parti des travailleurs (PT). Un parcours semé d’embûches, un discours où se mêlent dialectique et humour populaire, qu’elle délivre aussi bien en arabe qu’en français avec quelques ingrédients en tamazight, et un charisme naturel ont valu à Louisa Hanoune ce surnom prestigieux que seules deux personnalités contemporaines avaient reçu avant elle : Warda, diva de la chanson arabe, et Djamila, héroïne de la guerre de libération, immortalisée par le cinéaste égyptien feu Youssef Chahine. Une consécration nationale que l’intéressée n’a franchement pas volée.

 

En quelques années, Louisa Hanoune s’est imposée comme l’une des personnalités les plus en vue du paysage politique de son pays. Et fait du même coup figure d’exception. À 55 ans, Louisa Hanoune est la première femme dans le monde arabe à diriger un parti devenu leader de l’opposition, avec ses centaines d’élus locaux, implantés dans toutes les régions du pays, et ses vingt-six députés, très actifs en matière de projets d’amendement aux textes discutés ou de questions orales au gouvernement. Première candidate à une présidentielle dans le monde arabe, en 2004, elle récidive en 2009. « De la simple figuration », ironisent ses détracteurs au regard de la modestie des suffrages recueillis : 100 000 en 2004 et plus de 600 000 en 2009. Louisa Hanoune ne tire aucune fierté de cette progression de 500 %. Son motif de satisfaction est ailleurs et a pour nom : loi de finances complémentaire (LFC) 2009. Ce texte, adopté en juillet 2009 par le Parlement, consacre le retour du patriotisme économique et la réhabilitation du secteur public au détriment de l’option libérale qui caractérisait jusque-là la stratégie de développement choisie par le président Abdelaziz Bouteflika depuis son retour aux affaires, en 1999. « Dans la lettre et l’esprit, la LFC a soigneusement repris tous les amendements que nous avions déposés en novembre 2008, lors du débat parlementaire autour du budget de l’État pour l’exercice à venir, et qui avaient tous été récusés par les députés de la majorité présidentielle, déclare avec une pointe de fierté Louisa Hanoune. Aujourd’hui, les élus de cette même majorité applaudissent, toute honte bue, les amendements qu’ils nous avaient rejetés à la face. Cette Assemblée est indigne et doit par conséquent être dissoute. » Des législatives anticipées. Tel est le credo de cette femme qu’Ali Benhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, aujourd’hui dissous), qualifiait de « seul homme politique en Algérie ». Mais qui se cache derrière cette femme devenue la dame de fer d’un pays où la vie publique est largement dominée par les hommes ?

 

Deux fois emprisonnée

Née dans la commune de Chekfa, dans la région de Jijel, en Petite Kabylie, le 7 avril 1954, Louisa Hanoune avait 3 ans quand l’aviation de l’armée coloniale a bombardé son village natal, détruisant totalement la maison familiale. Son père, ouvrier boulanger, sa mère au foyer et sa fratrie (quatre frères et deux sœurs) sont contraints de se réfugier chez des parents à Annaba. Un vrai traumatisme pour Louisa, mais aussi une aubaine. Annaba est une grande ville, et, en milieu urbain, une fille a plus de chances d’aller à l’école. Elle entame sa scolarité au moment où l’Algérie accède à l’indépendance, en 1962. Onze ans plus tard, elle décroche son bac et s’inscrit à l’université pour y suivre un cursus en sciences juridiques. C’est dans le campus d’Annaba, à travers le syndicalisme estudiantin, que naît sa vocation politique, avec des revendications pédagogiques dans un premier temps et sociopolitiques par la suite. Si le pays est verrouillé par un système politique qui bloque toute velléité démocratique, l’Université algérienne grouille d’activités clandestines. Les islamistes préparent le terrain à leur révolution. Les communistes sont opportunément aux côtés du pouvoir pour « mener les tâches d’édification nationales ». Baasistes et berbéristes sont en guerre larvée. Louisa Hanoune est plutôt séduite par le discours trotskiste. Deux organisations clandestines se disputent cette mouvance (lire encadré). Louisa opte pour l’Organisation socialiste des travailleurs (OST). En 1981, elle entre dans la direction de ce groupuscule en prenant la tête de la propagande. Elle devient une star des assemblées générales de la fac de droit à Annaba, puis de celle d’Alger. Ce combat démocratique lui vaut un passage par la case prison à deux reprises. Le 18 décembre 1983, traduite devant la Cour de sûreté de l’État (excusez du peu), à Médéa, pour avoir distribué des tracts exigeant l’ouverture politique, elle est condamnée à six mois de réclusion. Même du fond de sa cellule, Louisa Hanoune ne se tait pas et réclame, en vain, un statut de détenue politique. Son séjour carcéral n’entame pas son engagement. Elle crée une association féministe pour se battre contre le code de la famille. En 1988, retour à la case prison. Cette fois pour avoir dénoncé la torture érigée en système par les forces de l’ordre. Une année plus tard, le multipartisme est enfin reconnu. Elle crée le Parti des travailleurs (PT) pour le résultat que l’on sait. En deux décennies, sa formation, qui ne se réclame plus ouvertement du trotskisme, revendique plus de 100 000 militants payant régulièrement leurs cotisations. Durant ses meetings, l’assistance n’est jamais clairsemée. Adversaires et partisans écoutent attentivement ses discours, et ses interventions à l’Assemblée populaire nationale (APN, Chambre basse du Parlement) sont rarement chahutées par les députés.

La réconciliation nationale ? Elle fut la première à en faire une quasi-obsession au début des années 1990. Elle a dénoncé l’interruption du processus électoral en janvier 1992, qui avait privé les islamistes d’une victoire annoncée, mais elle s’est refusée à internationaliser la crise algérienne en récusant le contrat de Rome, lancé à l’initiative d’une partie de l’opposition sous le parrainage de la communauté de Sant’Egidio, en février 1995. Louisa Hanoune a le souverainisme ombrageux. Prompte à fustiger l’impérialisme américain, la prédation des multinationales et la nocivité du système financier international, la porte-parole du PT a des positions dont la constance confine à la monotonie. Pourtant, son discours séduit de plus en plus ses compatriotes. Elle est également la seule personnalité politique algérienne à ne jamais occulter les dossiers internationaux. La question palestinienne, l’occupation de l’Irak, le néocolonialisme exploitant sans vergogne les richesses du sous-sol africain, les effets catastrophiques des plans d’ajustement structurel, autant de thèmes régulièrement abordés dans ses discours. Allergique à la langue de bois, Louisa Hanoune est une grande oratrice. Elle ne mâche jamais ses mots et place la barre très haut en termes de revendications antilibérales. Elle n’hésite pas à exiger la renationalisation des entreprises privatisées ces dernières années. Et demande publiquement que soit dénoncé l’accord d’association avec l’Union européenne, car « contraire aux intérêts de l’Algérie ». Plus altermondialiste que trotskiste, Louisa Hanoune donne un sérieux coup de vieux au reste de la classe politique. Sa notoriété dépasse celle de grandes figures traditionnelles de l’opposition, comme Hocine Aït Ahmed, Abassi Madani ou encore Ali Yahia Abdennour. Ses adversaires politiques redoutent ses talents de polémiste. Ses têtes de Turc préférées ? Deux ministres réputés proches d’Abdelaziz Bouteflika : Hamid Temmar, ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, et son collègue Chakib Khelil, chargé de l’Énergie et des Mines. Leur tort ? Ils incarnent le libéralisme au sein de l’équipe du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Mais ce dernier trouve grâce aux yeux de notre dame de fer. Il y a quelques semaines, de fortes rumeurs de remaniement avaient circulé à Alger. Relayées par la presse privée, elles ont pris des allures de campagne visant à la déstabilisation d’Ouyahia. Une nouvelle fois, Louisa Hanoune se singularise et dénonce les lobbies qui tentent d’avoir la tête du Premier ministre, « “coupable”, tonne-t-elle, de porter atteinte à la rente des barons de l’import-import, qui vampirisent notre économie et lorgnent sur nos réserves de change ».

 

Dernières vacances ? en 1996...

Louisa Hanoune a la haute main sur l’appareil de son parti. La discipline n’y est pas un vain mot. Le PT est la seule formation politique algérienne qui fait signer préalablement une déclaration aux candidats qu’elle investit lors d’une élection. Les postulants s’y engagent à ne pas changer de parti au cours de leur mandat électif. Faute de quoi leur salaire et autres indemnités seraient automatiquement reversés au profit du PT. On lutte contre la transhumance politique comme on peut.

Quand les sessions parlementaires lui en laissent le temps, Louisa Hanoune sillonne le pays à la rencontre de ses militants et électeurs, mais voyage très peu à l’étranger. Son dernier séjour en villégiature date de 1996. Elle s’était offert une semaine de vacances en Grèce pour « recharger ses accus ». Elle a aussi participé à de nombreuses missions de représentation parlementaire. La dernière en date ? À Beyrouth, en octobre 2009, pour participer à une rencontre dédiée au rôle politique de la femme dans le monde arabe. Née dans un pays où le combat démocratique n’est pas un long fleuve tranquille et où les citoyennes sont encore considérées comme des mineures à vie, Louisa Hanoune ne veut pas baisser les bras : elle croit dur comme fer que l’Algérie est prête à installer une femme au palais d’El-Mouradia. Au cours de sa campagne pour la présidentielle d’avril 2009, elle a entamé tous ses meetings électoraux en posant la même question à l’assistance : « Êtes-vous prêts à élire une femme à la présidence de la République ? » Et sans attendre la réponse, enthousiaste, de son auditoire, elle enchaînait en décrivant les premières mesures qu’elle prendrait immédiatement après son élection. Naïve, Louisa Hanoune ? Pas sûr. « L’Algérie est moins conservatrice qu’on ne le pense, assure-t-elle. Elle a été à l’avant-garde du combat contre le colonialisme. Elle est capable d’être la première à mettre à sa tête une femme pour peu que cette dernière défende les intérêts des travailleurs, des jeunes et des retraités. »

Louisa Hanoune, une solution alternative au système algérien actuel ? Ceux qui ironisaient sur ses 100 000 voix à la présidentielle de 2004 rient beaucoup moins aujourd’hui.

lundi, 21 décembre 2009

Les Frères musulmans d'Egypte se cherchent un nouveau chef

21/12/2009 | AFP


Mohammed Mehdi Akef, actuel leader des Frères musulmans, ici au Caire en 2005Mohammed Mehdi Akef, actuel leader des Frères musulmans, ici au Caire en 2005© AFP


Affaiblis par leurs divisions internes, les Frères musulmans d'Egypte élisent en ce moment leur nouveau leader, en remplacement de Mohammed Mehdi Akef. La confrérie pourrait, en raison de ses désaccords, accuser un net recul aux prochaines élections législatives.


Les Frères musulmans d'Egypte ont commencé à voter pour élire leur nouveau chef et leur bureau exécutif, rapporte lundi la presse, faisant état de graves divisions internes susceptibles d'affaiblir la première force d'opposition du pays. Les membres de la confrérie doivent élire le successeur de leur Guide suprême, Mohammed Mehdi Akef, qui a décidé de se retirer en janvier, au terme de son mandat. Ils désignent également les 16 membres du bureau exécutif.


Les résultats préliminaires dimanche soir montrait que 14 membres du bureau exécutif ont déjà été élus alors que quatre hauts responsables, dont le numéro 2 Mohammed Habib, rivalisent pour les deux postes restants, indique le journal Al-Chorouk, citant des sources du mouvement.


Confrérie diviséé


Mohammed Habib a indiqué à ce journal que le groupe était divisé entre les partisans d'un mouvement plus actif dans la vie politique et ceux qui préfèrent le statu quo.


Les Frères musulmans sont officiellement interdits en tant que parti politique mais relativement tolérés dans les faits, même si leurs membres font régulièrement l'objet d'arrestations.


"Les désaccords au sein du groupe sont très sérieux", a déclaré Amr el-Choubaki, analyste au Centre Al-Ahram d'études politiques et stratégiques.


"La plupart des membres du groupe sont des conservateurs ayant peu d'expérience politique en dehors des Frères musulmans et qui s'appuient sur des documents religieux pour donner la ligne politique", a-t-il indiqué. Les autres, dont M. Habib et Abdel Moneim Aboul Foutouh, ont appelé à plus de participation dans la vie politique, ce qui a notamment contribué à leur mise à l'écart, a-t-il ajouté.


Ces divisions risquent d'affaiblir ce groupe pour les prochaines élections législatives, prévues en novembre 2010. Les Frères musulmans avaient fait une percée historique aux législatives de 2005, remportant un cinquième des sièges au Parlement avec des députés "indépendants". Depuis, les autorités mènent régulièrement des opérations contre la confrérie, visant notamment ses dirigeants.

mercredi, 16 décembre 2009

Les pro-Tandja dénoncent "un complot de la communauté internationale"

16/12/2009 | AFP


Les partisans de Mamadou Tandja ont dénoncé les sanctions imposées au NigerLes partisans de Mamadou Tandja ont dénoncé les sanctions imposées au Niger© AFP


Des milliers de Nigériens ont manifesté mardi à Niamey en soutien au président Mamadou Tandja qui a obtenu une rallonge de son mandat et dont l'opposition demande le départ.


"Vive 'tazartché' (la continuité), "Vive la souveraineté du Niger !", ont scandé les manifestants, dans leur écrasante majorité des jeunes qui brandissaient des portraits du chef de l'Etat.

 

Des conseillers du président, quelques ministres et élus du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) ont pris part à cette manifestation.

 

Lors d'un rassemblement devant le siège du Parlement, la foule a dénoncé les sanctions imposées au Niger par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union européenne (UE) qui ont suspendu leur coopération avec Niamey au lendemain des élections législatives controversées du 20 octobre.

 

L'un des organisateurs de la manifestation, Bio Abdourahamane, a estimé que "le Niger est victime d'un complot de la communauté internationale".

 

Le médiateur depuis samedi à Niamey

Dimanche des dizaines de milliers d'opposants avaient manifesté et réclamé le départ de Mamadou Tandja qui a obtenu grâce à un référendum très controversé le 4 août, de rester au pouvoir encore au moins trois ans, au lieu de se retirer à l'issue de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre.

 

L'opposition qui dénonce "un coup d'Etat" a exhorté la communauté internationale à maintenir la pression sur Niamey.

 

Pour arriver à ses fins, Mamadou Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique. Les législatives du 20 octobre, remportées sans surprise par le parti du pouvoir, avaient été boycottées par l'opposition.

 

L'ancien chef d'Etat du Nigeria voisin, Abdulsalami Abubakar a été nommé médiateur par la Cédéao. Il séjourne depuis samedi à Niamey pour poursuivre ses consultations avec les protagonistes de la crise.

mardi, 15 décembre 2009

Présidentielle au Togo : L’opposition piégée par le mode de scrutin

mardi 15 décembre 2009

A deux mois et demi de la présidentielle, les acteurs politiques du Togo se sont de nouveau rendus au palais présidentiel de Kosyam hier 14 décembre 2009. Il s’est agi pour eux de trouver avec le facilitateur, Blaise Compaoré, une solution à la problématique du mode de scrutin : sera-t-il à un ou deux tours ? Faute d’accord, le chef de l’Etat burkinabè leur a donné rendez-vous dans une semaine.

« Lisez ceci, nulle part il n’est mentionné que le mode de scrutin doit être changé... », paroles de Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale et cacique du RPT, le parti présidentiel, montrant à Me Djodji Apévon, président du CAR, un passage de l’Accord politique global, signé à Lomé le 20 août 2006. Alors que la révision des listes électorales a débuté hier 14 décembre, notamment au sud du Togo, le mode de scrutin demeure l’hypothèque majeure qui peut troubler le déroulement du processus électoral. Les articles 59 et 60 de la Constitution togolaise de 1992, remaniée en 2002, stipulent que le président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de 5 ans. Cette élection a lieu au scrutin uninominal à un seul tour. C’est sur cette dernière disposition que tout achoppe.

Solitoki Esso, le secrétaire général du RPT et porte-parole de la délégation du pouvoir, dira, au sortir de la rencontre avec le facilitateur, que : « Sur le mode de scrutin, les uns et les autres se sont opposés, il n’y a pas eu d’évolution, et le facilitateur a proposé qu’on suspende et qu’on revienne la semaine prochaine... nous ne voyons pas la nécessité d’aller aux deux tours...

les dispositions de la Constitution sont claires, c’est un seul tour... le premier tour ne remet pas en cause la transparence du scrutin, elle n’est pas une garantie de légitimité... des présidents ont été élus à deux tours avec des scores étriqués... »

Or, apparemment, la participation de l’opposition à la présidentielle semble, au fil des jours, liée à ce mode de scrutin, ce qui est perceptible dans ces propos de Me Djodji Apévon, président du CAR et porte-parole de la délégation de l’opposition :

« Le mode de scrutin à deux tours doit être rétabli pour que la justice puisse prévaloir... il serait difficile d’aller à la présidentielle avec ce mode scrutin ...la semaine prochaine, nous allons demander et réclamer le rétablissement de ce mode de scrutin ».

L’opposition est-elle piégée par ce mode de vote ?

Elle aurait le mentionner lors de la signature de l’APG, car, à deux mois et demi du scrutin, n’est-il pas trop tard pour exiger qu’on revoie une telle clause constitutionnelle ? Que nenni, selon Jean-Pierre Fabre, qui a laissé entendre que « rien n’est tard, si c’était tard, le facilitateur ne nous aurait dû pas donné rendez-vous dans une semaine ».

Après la guerre au sujet du président de la CENI, laquelle, s’est soldée par l’élection du « moindre mal » qu’est Issifou Tabiou, voici venue celle du mode de scrutin qui elle, semble insoluble, tant l’enjeu est fatale, résumé en ces mots par Me Apevon : « Le mode de scrutin pose la problématique de la conservation ou de la conquête du pouvoir ». Conservation pour le pouvoir et conquête pour l’opposition ?

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

lundi, 23 novembre 2009

Présidentielle : Obiang annonce la couleur

23/11/2009  | AFP


Teodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voixTeodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voix© AFP

"Nous allons gagner avec plus de 97% des voix" a affirmé le président équato-guinéen Teodoro Obian Nguema à ses partisans lors d'un meeting avant l'élection présidentielle du 29 novembre.

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, candidat à sa succession au scrutin du 29 novembre dont il est grand favori, a promis une victoire écrasante lors d'un meeting électoral au nouveau stade de Malabo dimanche.

"Nous allons gagner avec plus de 97% de voix", a affirmé Obiang Nguema à environ 4000 partisans.

"Pays développé en 2020"

"Je ne suis pas un nouveau candidat, je suis le candidat du peuple et je ne vois personne qui peut aller contre la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

Il a promis que la Guinée se convertirait en pays développé "en 2020": "cela dépend de notre détermination et ce sera possible avec nos propres ressources économiques (. . . ) nous allons soutenir les entreprises nationales pour avoir une économie fluide ou il n'y aura plus de sortie de notre argent".

Lors du meeting, le président a notamment promis de mettre en place "une formation professionnelle pour les jeunes" pour qu'ils puissent travailler "dans des entreprises étrangères". Selon le président "90% des fonds des entreprises étrangères" quittent le pays.

La campagne électorale, qui a commencé le 5 novembre, doit s'achever le 27. Cinq candidats, dont M. Obiang Nguema au pouvoir depuis 30 ans, sont en lice.

En tout, 291. 000 électeurs seront appelés aux urnes dans 1. 324 bureaux de vote.

Protestation de l'opposition

Lors de la présidentielle 2002, M. Obiang Nguema avait remporté 97,1 % des voix devant quatre autres candidats, selon les résultats officiels.

Le 16 octobre, Placido Mico Abogo, le principal opposant, a estimé que les délais retenus pour le calendrier électoral étaient courts, prêtant au parti présidentiel l'intention de programmer un scrutin "irrégulier".


Présidentielle : Obiang annonce la couleur

23/11/2009 | AFP


Teodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voixTeodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voix© AFP

"Nous allons gagner avec plus de 97% des voix" a affirmé le président équato-guinéen Teodoro Obian Nguema à ses partisans lors d'un meeting avant l'élection présidentielle du 29 novembre.

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, candidat à sa succession au scrutin du 29 novembre dont il est grand favori, a promis une victoire écrasante lors d'un meeting électoral au nouveau stade de Malabo dimanche.

"Nous allons gagner avec plus de 97% de voix", a affirmé Obiang Nguema à environ 4000 partisans.

"Pays développé en 2020"

"Je ne suis pas un nouveau candidat, je suis le candidat du peuple et je ne vois personne qui peut aller contre la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

Il a promis que la Guinée se convertirait en pays développé "en 2020": "cela dépend de notre détermination et ce sera possible avec nos propres ressources économiques (. . . ) nous allons soutenir les entreprises nationales pour avoir une économie fluide ou il n'y aura plus de sortie de notre argent".

Lors du meeting, le président a notamment promis de mettre en place "une formation professionnelle pour les jeunes" pour qu'ils puissent travailler "dans des entreprises étrangères". Selon le président "90% des fonds des entreprises étrangères" quittent le pays.

La campagne électorale, qui a commencé le 5 novembre, doit s'achever le 27. Cinq candidats, dont M. Obiang Nguema au pouvoir depuis 30 ans, sont en lice.

En tout, 291. 000 électeurs seront appelés aux urnes dans 1. 324 bureaux de vote.

Protestation de l'opposition

Lors de la présidentielle 2002, M. Obiang Nguema avait remporté 97,1 % des voix devant quatre autres candidats, selon les résultats officiels.

Le 16 octobre, Placido Mico Abogo, le principal opposant, a estimé que les délais retenus pour le calendrier électoral étaient courts, prêtant au parti présidentiel l'intention de programmer un scrutin "irrégulier".

 

Niger: Tandja sommé de quitter le pouvoir dans un mois

23/11/2009 | AFP


le président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernierle président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernier© AFP

A quelques semaines de la fin du mandat de Mamadou Tandja, l'opposition nigérienne a rappelé qu'elle était hostile à la reconduite de celui-ci à la tête du pays. Par la dissolution du parlement et de la Cour constitutionnelle et le vote d'un référendum vivement décrié, Mamadou Tandja s'est pourtant assuré de pouvoir rempiler pour trois ans.

Des milliers de manifestants ont réclamé dimanche à Niamey le départ du président Mamadou Tandja qui a obtenu par un référendum controversé de rester au pouvoir jusqu'en 2012.

"Tandja doit partir!", "Non à sa Constitution!", "A bas le démolisseur de la démocratie", ont scandé les manifestants, munis de banderoles et de pancartes hostiles au régime.

Certains manifestants brandissaient des portraits des principaux opposants, comme l'ex-Premier ministre Hama Amadou et le président du parlement dissous en mai Mahamane Ousmane, qui vivent à l'étranger.

Perte de légitimité et de légalité

"Le mandat du président Tandja prend fin le 22 décembre (. . . ) il nous appartient de nous mobiliser pour mettre un point final à la restauration autocratique", a déclaré l'opposant Mohamed Bazoum lors d'un rassemblement dans le centre de la capitale. "A partir de cette date, il (Mamadou Tandja) perd toute légitimité et légalité", a-t-il ajouté.

La manifestation avait lieu à l'appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de syndicats dénonçant le "coup d'Etat" du président Tandja.

Au lieu de se retirer à la fin de deux mandats consécutifs en décembre, celui-ci avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat.

Pour pouvoir organiser ce référendum, il avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique.

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