samedi, 04 juillet 2009

HONDURAS : Les nouvelles autorités claquent la porte de l'OEA

Publié le 04/07/2009 à 14:42 - Modifié le 04/07/2009 à 14:54 Le Point.fr

 

AFP

Les nouvelles autorités claquent la porte de l'OEA

Le président du Honduras porté au pouvoir par le putsch militaire, Roberto Micheletti, s'adresse à plusieurs milliers de ses partisans, vendredi, devant le palais de la Présidence, à Tegucigalpa, la capitale du pays © Dario Lopez-Mills/AP/SIPA

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Les nouvelles autorités du Honduras qui ont destitué le président Manuel Zelaya ont résolument engagé le bras de fer avec l'Organisation des Etats américains (OEA), dont elles ont claqué la porte vendredi soir alors qu'elles risquaient fort d'en être exclues le lendemain à Washington. "Nous dénonçons la charte de l'Organisation des Etats américains (...) avec effet immédiat", a annoncé leur vice-ministre des Affaires étrangères, Marta Alvarado, dans une déclaration télévisée au côté du président désigné Roberto Micheletti. A ce jour, l'OEA - dont la vocation est de regrouper tous les pays du continent américain - n'avait écarté qu'un pays: Cuba, suspendu en 1962, et à qui elle vient de rouvrir ses portes.

Arrivé vendredi à Tegucigalpa, le secrétaire général de l'OEA, Jose Miguel Insulza, avait conclu dès ses premiers contacts avec la Cour suprême que l'OEA s'orientait vers une "suspension" du Honduras le lendemain lors de sa réunion à Washington, selon un des diplomates des pays donateurs du G16 avec lesquels il s'est entretenu. Le président de la Cour suprême du Honduras lui avait annoncé que la destitution du président Manuel Zelaya était "irréversible". Visiblement offusqué, M. Insulza a qualifié la destitution du président Zelaya de "coup d'Etat militaire" en constatant que le chef de l'Etat désigné Roberto Micheletti et ses amis "n'ont aucune intention de revenir en arrière".

Le honduras de plus en plus isolé sur la scène internationale

L'arrivée de M. Insulza avait fait naître l'espoir d'un début de dialogue, d'autant qu'elle avait été précédée par l'annonce par M. Micheletti qu'il n'avait "aucune objection" à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée. C'est la proposition que la communauté internationale souhaitait faire passer comme solution possible à la crise. La présidentielle est normalement prévue le 29 novembre prochain. L'incertitude demeure sur un éventuel retour de M. Zelaya au Honduras pour y retrouver ses fonctions. Il l'avait annoncé pour dimanche, avant de confirmer cette intention mais sans préciser de date. M. Micheletti et les autorités judiciaires en place à Tegucigalpa l'ont menacé d'une "arrestation immédiate" s'il rentre au Honduras.

M. Zelaya, au pouvoir depuis janvier 2006, a été destitué dimanche après avoir été arrêté par des militaires et expulsé du pays pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat présidentiel, démarche jugée illégale par la Cour suprême. M. Micheletti et les siens sont de plus en plus isolés sur la scène internationale, où ils étaient déjà condamnés par l'ONU, l'Union européenne et la plupart des pays d'Amérique centrale. Plus aucun ambassadeur européen n'est en poste à Tegucigalpa. La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont confirmé le gel de leurs lignes de crédit. Un total de 300 à 450 millions de dollars d'aide financière internationale sont gelés, selon la ministre des Finances de M. Zelaya, Rebeca Santos.

En l'état actuel des choses, le Honduras est écarté des négociations de l'accord de libre échange entre l'UE et les pays d'Amérique centrale, a estimé à Tegucigalpa le rapporteur européen de l'UE chargé du dossier, Willy Meyer, député de la Gauche unie. Et le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé la suspension de l'envoi de pétrole. Le Honduras bénéficie d'un accord de coopération énergétique avec Caracas, d'où il reçoit la grande majorité de sa consommation. A Tegucigalpa, les deux camps rivaux ont continué à manifester vendredi, comme la veille. Un défilé de plusieurs milliers de partisans de M. Zelaya a démarré dans la capitale, tandis que M. Micheletti s'adressait à une foule comparable devant la Présidence. Jeudi, l'armée avait tiré sur des partisans du président destitué à San Pedro Sula, la capitale économique, dans le nord du pays, faisant au moins deux blessés, selon une députée pro-Zelaya.

mardi, 02 juin 2009

Honduras / Cuba : pomme de discorde au sein de l’OEA

Par rfi

Ce mardi s'ouvre à San Pedro Sula au Honduras l'assemblée annuelle de l'Organisation des Etats américains. Et une question devrait largement dominer cette rencontre des 34 ministres des Affaires étrangères : la réintégration de Cuba au sein de l'OEA, 47 ans après sa suspension. Mais tous les pays membres de l'organisation sont loin d'être d'accord sur la question.

Logo de l'Organisation des Etats Américains.(Photo : Organisation des Etats Américains)

Logo de l'Organisation des Etats Américains.
(Photo : Organisation des Etats Américains)

Le scénario qui pourrait se dérouler lors de la rencontre des 34 ministres des Affaires étrangères au Honduras risque de ressembler sensiblement à celui du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, en avril dernier. La question cubaine était alors omniprésente et le nouveau président américain, Barack Obama avait fort à faire de calmer la ferveur unanime de ses voisins latino-américains qui exigeaient la levée de l’embargo américain contre l’île castriste ainsi que le retour de Cuba au sein de l’Organisation des Etats américains d’où le pays a été exclu en 1962, en raison de son « virage marxiste-léniniste ». Le sommet de Trinité-et-Tobago s’était d’ailleurs terminé sans consensus faute d’avoir trouvé un accord sur la question cubaine.

Cuba : Etats-Unis contre Gauche radicale

Durant les réunions préparatoires pour la rencontre de l'OEA au Honduras, les mêmes divisions étaient toujours perceptibles. Trois pays ont déposé des projets de résolution : les Etats-Unis, le Honduras et le Nicaragua.

Certes, les trois déclarations demandent toutes une réintégration de Cuba au sein de l'OEA. En revanche, elles divergent fortement sur le chemin pour y parvenir. La proposition la plus radicale est celle du Nicaragua, soutenu notamment par le Venezuela et la Bolivie. Elle exige la révocation, immédiate et sans condition, de la résolution de 1962, en la qualifiant d’« erreur et d’acte d’injustice qui a causé une misère extrême à la population cubaine ».

De leur côté, les Etats-Unis ont riposté en formulant une contre-proposition. Celle-ci permettrait à l'OEA de discuter avec Cuba d'un éventuel retour, mais à condition que l'île communiste se mette d'abord en conformité avec la charte démocratique de l'organisation. Une proposition qui a directement été rejetée par la gauche radicale : « Ni l’OEA, et encore moins les Etats-Unis, peuvent dicter des conditions à Cuba pour retourner au sein de l’organisation », ont argumenté les opposants à la résolution américaine.

Le défi d’Hillary Clinton

Le défi auquel doit faire face la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à San Pedro Sula n’est donc pas négligeable. Elle doit, en quelque sorte, réussir là où le président Obama a échoué : elle doit absolument arracher un compromis à ses homologues latino-américains tout en évitant de leur donner l’impression que Washington leur force la main. Car, en cas de non-consensus, la gauche radicale pourrait pousser sa résolution au vote. Elle devrait acquérir deux tiers des voix, soit 23 pays, pour être adoptée.

Il est pourtant peu probable que les Etats membres prennent réellement le risque d'isoler les Etats-Unis. Washington n’est pas seulement le plus important pilier au sein de l’OEA mais aussi son plus grand financier.

lundi, 11 mai 2009

Fidel Castro réitère son refus de voir Cuba réintégrer l'OEA

Par AFP, publié le 11/05/2009

LA HAVANE - Le fondateur du régime communiste cubain Fidel Castro a réitéré son refus de voir Cuba réintégrer l'Organisation des Etats américains (OEA) qu'il accuse d'être un "instrument" d'asservissement des Etats-Unis, dans un éditorial publié lundi dans la presse.

Photo de Fidel Castro le 23 janvier 2009 à La Havane

AFP/Archives

Photo de Fidel Castro le 23 janvier 2009 à La Havane

"Les gouvernements peuvent changer, mais les instruments qui nous ont convertis en colonies continuent d'être les mêmes", écrit l'ancien président cubain, 82 ans, dans un commentaire publié dans la presse cubaine.

"Pour un président ayant un sens éthique aux Etats-Unis", poursuit-il en référence à Jimmy Carter (1977-1981), "nous avons eu droit pendant les 28 années suivantes à trois (présidents) qui ont commis des génocides (Ronald Reagan, George Bush père et fils) et à un quatrième qui a internationalisé le blocus (Bill Clinton)".

L'OEA, dont Cuba est suspendue depuis 1962, "a été un instrument de ces crimes", ajoute le "Comandante" en soulignant que Cuba, même si elle "respectait les critères des gouvernements des pays frères d'Amérique latine et des Caraïbes, "ne désirait pas faire partie de cette institution".

Cette déclaration du Père de la révolution cubaine, qui reste très influent malgré sa retraite médicale, intervient alors que la réintégration de Cuba dans l'OEA, réclamée par les pays d'Amérique latine, devrait être discutée lors d'une réunion de l'organisation prévue début juin.

Fidel Castro avait qualifié vendredi de "pure ordure" un rapport très critique sur la situation des droits de l'homme à Cuba publié par un organe de l'OEA qui compte 34 Etats membres.

Accusant l'OEA d'"hypocrisie" dans ses critiques sur les droits et libertés à l'égard du Venezuela et de Cuba, il estime que "c'est une bataille des idées perdues d'avance par l'adversaire qui n'a rien à offrir à l'humanité".

"C'est une lutte qui à peine commence dans notre hémisphère", conclut Fidel Castro qui, malade, a cédé la présidence en juillet 2006 à son frère Raul après un demi-siècle de pouvoir.