jeudi, 31 décembre 2009
Plus de 500 soldats de l'OTAN morts en Afghanistan en 2009
Pour l'OTAN, l'année 2009 aura été la plus meurtrière en Afghanistan depuis l'intervention des troupes étrangères en 2002. Les deux attaques qui ont lourdement touché les contingents canadien et américain, mercredi 30 décembre, ont encore aggravé des chiffres reflétant la détérioration de la sécurité dans ce pays.
REUTERS/FINBARR O'REILLY
Huit civils américains, quatre militaires et une journaliste canadiens sont morts, le 30 décembre, en Afghanistan.
Mercredi, dans l'est de l'Afghanistan, une zone frontalière avec le Pakistan, dans la province de Khost, huit Américains ont péri après qu'un kamikaze a fait exploser sa ceinture d'explosifs. Le même jour, près de Kandahar, au sud du pays, quatre soldats canadiens et une journaliste de la même nationalité n'ont pas survécu à l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule blindé.
Selon le site indépendant reconnu iCasualties.org, qui recense le nombre de victimes en Afghanistan, 520 soldats y sont morts en 2009 contre 295 en 2008. L'essentiel des opérations ayant visé les troupes de l'OTAN s'est déroulé dans le sud de l'Afghanistan, dans les provinces de Kandahar et d'Helmand, ainsi que dans la région est, frontalière avec le Pakistan. De l'autre côté de cette frontière, les zones tribales restent un sanctuaire actif pour l'insurrection talibane en dépit de l'offensive de l'armée pakistanaise.
Selon les éléments connus jeudi dans la matinée, le premier incident aurait eu lieu dans le poste avancé de Chapman, tenu par l'armée américaine, situé tout près de la frontière afghano-pakistanaise. Un homme revêtant une tenue de l'armée afghane aurait fait exploser sa ceinture dans une salle de sport de la base.
La Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), à Kaboul, qui mène, pour l'OTAN, la guerre en Afghanistan, a indiqué que les huit victimes ne relevaient pas de son commandement. Il s'agirait de personnes travaillant pour la plupart pour la CIA.
L'un des porte-parole taliban, Zabiullah Moudjahid, a revendiqué, jeudi, cette attaque en indiquant que le kamikaze, Samiullah, était habillé en soldat afghan et avait déjoué les règles de sécurité de la base. Il s'est félicité d'avoir infligé des pertes à la CIA, en pointe dans la lutte contre les talibans de part et d'autre de la frontière afghano-pakistanaise. Les Américains entraînent à Chapman les forces spéciales afghanes.
Par ailleurs, les autorités canadiennes ont dû déplorer la perte, mercredi, de quatre soldats après l'explosion de leur véhicule blindé sur une bombe cachée au bord d'une route en terre. L'attaque s'est produite à proximité du village de Qassam Pol, dans le district de Dand, situé à quatre kilomètres au sud de Kandahar.
Ce district est traditionnellement présenté, par l'état-major canadien à Kandahar, comme une "zone tranquille" et souvent cité comme "la vitrine de l'action des forces canadiennes contre l'insurrection talibane" dans cette région.
Le général canadien Daniel Ménard, chef des forces de la coalition pour la région de Kandahar, a d'ailleurs considéré qu'il "s'agissait d'un acte isolé" et que "l'endroit restait, néanmoins, une zone sécurisée".
Lors de cette explosion, une journaliste canadienne, Michelle Lang, a également perdu la vie. Elle travaillait pour le Calgary Herald mais avait été envoyée par le réseau d'information national Canwest à Kandahar pour suivre l'armée canadienne dans la province de Kandahar.
Ayant consacré l'essentiel de sa carrière au domaine de la santé - elle avait été honorée d'un prix national pour son travail dans ce domaine -, elle effectuait son premier séjour en Afghanistan. Présente depuis deux semaines sur place, elle n'était pas encore sortie de la grande base militaire de Kandahar depuis son arrivée avant de prendre place dans le convoi visé par la bombe enterrée au bord de la route.
Opinion publique critique
La mission confiée aux soldats canadiens auprès desquels elle se trouvait ne relevait pas du combat actif mais consistait à faire du suivi de programme de développement et de reconstruction mené dans ce district. La plupart des morts de cette guerre, militaires ou civils, n'ont pas été victimes d'affrontements directs mais de ces engins explosifs dissimulés.
Le Canada, qui a envoyé 2 800 hommes en Afghanistan, a perdu 138 soldats. Ce pays, qui s'est vu confié, par l'OTAN, la sécurité de la région de Kandahar, doit faire face à une opinion nationale de plus en plus critique face à son engagement en Afghanistan. Le gouvernement d'Ottawa s'est engagé devant le Parlement a retiré ses troupes en 2011.
Les Etats-Unis ont annoncé, pour leur part, le 1er décembre, qu'ils enverraient 30 000 hommes supplémentaires, dont une grande partie devrait être déployée dans le sud et l'est du pays.
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lundi, 28 décembre 2009
Afghanistan : 10 civils tués dans une opération de l'Otan
AFP - Dix civils afghans, dont huit écoliers, ont été tués dans une opération des forces de l'Otan dans l'est de l'Afghanistan, a annoncé lundi le président afghan Hamid Karzaï en condamnant cette attaque.
"Les premiers éléments indiquent que dans une série d'opérations des forces internationales dans la province du Kunar, dix civils, dont huit écoliers, ont été tués samedi", selon un communiqué du président afghan.
Dimanche, un porte-parole de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) avait affirmé à l'AFP que celle-ci n'avait pas mené d'opérations durant le week-end dans cette région.
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samedi, 14 novembre 2009
Le sommet de l'Otan à Strasbourg à coûté plus de 16 millions
La France a déboursé presque autant à Strasbourg, en avril dernier, que pour le lancement fastueux de l'Union pour la Méditerranée, dépense largement critiquée par la Cour des Comptes.

Le sommet de l'Otan d'avril 2009 a coûé plus de 16 millions d'euros à la France
. /Photo prise le 2 avril 2009/REUTERS/Christian Hartmann
Dépenses en baisse
L'information est issue d'un rapport de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Le texte, présenté dans le cadre du projet de budget pour 2010, prévoit "des dépenses de fonctionnement courant prévues en forte baisse" et une enveloppe de près de 26 millions d'euros pour ce poste. Il précise que "c'est surtout le poste 'sommets, conférences internationales et manifestations' qui est en chute", car l'organisation du sommet du 60e anniversaire de l'OTAN a coûté 16,1 millions d'euros et qu'"aucune manifestation de cette ampleur n'est prévue en 2010".
Sommets à venir
Le rapport stipule que "les 9,28 millions d'euros de crédits de paiement devraient notamment financer la participation de la France à l'organisation du 25e sommet France-Afrique, à Charm-el-Cheikh (en Egypte), en février prochain, et à celle d'un sommet de la Francophonie".
(Nouvelobs.com avec AP)
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lundi, 09 novembre 2009
ÉTATS-UNIS : Renfort de 34 000 hommes en Afghanistan
09.11.2009 - Courrier International
"Barack Obama devrait bientôt annoncer sa décision d'envoyer 30 000 soldats de plus en Afghanistan en 2010 pour appuyer ceux déjà sur place. Le président n’a pas encore définitivement tranché, car il souhaite d'abord discuter de ce projet avec ses alliés lors de la réunion de l'OTAN le 23 novembre", révèle le groupe de presse McClatchy. L'état-major américain cherche à obtenir depuis longtemps l'envoi de troupes additionnelles. Le commandant en chef de la mission de l'OTAN en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, mène un ardent lobbying en ce sens et réclame 80 000 hommes supplémentaires. Obama s'apprêterait donc à le décevoir. Aux 67 000 soldats américains déjà en Afghanistan, assistés par 42 000 militaires issus des autres pays de la coalition, Obama ajouterait, selon McClatchy, 30 000 hommes de troupe ainsi que 4 000 instructeurs pour former les forces afghanes.
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mercredi, 30 septembre 2009
Obama passe en revue ses options en Afghanistan

« Il ne s'agit pas d'un combat américain, il s'agit d'une mission de l'Otan », a affirmé Barack Obama à l'issue d'entretiens avec le secrétaire général de l'Otan, Anders Rasmussen, mardi à la Maison- Blanche. Crédits photo : AFP
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Ce sera sans doute sa première grande décision de chef d'État, l'un de ces moments qui pèsent lourd et qui peuvent faire basculer un pays et une présidence. Mis sous pression par Stanley McChrystal, le commandant en chef des forces américaines et alliées en Afghanistan, qui réclame d'urgence l'envoi de renforts substantiels afin d'éviter la défaite, Barack Obama a décidé de prendre conseil, en tenant dans les semaines qui viennent une série de réunions cruciales avec ses généraux et ses principaux conseillers civils.
Ce mouvement de consultations, qui coïncide avec la visite à Washington du secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a débuté mardi par une rencontre à huis clos entre le président, le vice-président, Joe Biden, et le secrétaire à la Défense, Robert Gates. Obama, qui s'était prononcé avec force pour une stratégie de contre-insurrection ambitieuse en mars, propulsant sur le devant de la scène afghane les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal, deux instruments clés du succès du surge (montée en puissance) en Irak, dit aujourd'hui vouloir réévaluer en profondeur cette approche avant d'envisager des renforts. Le «président n'est pas dans une position facile. Il risque de se mettre à dos la gauche… en envoyant des renforts, mais il pourrait aussi avoir à répondre aux questions de ceux qui lui demanderont qui a perdu en Afghanistan» si les talibans reprennent le contrôle du pays, a confié un responsable de l'Administration à l'AFP.
Cette volonté de remettre à plat le dossier, quitte à envisager une totale volte-face stratégique, intervient alors qu'un débat virulent se déploie à Washington entre partisans de la contre-insurrection et ceux qui craignent un nouveau Vietnam. Invité sur CNN, Robert Gates, ancien de l'équipe Bush, qui jouera sans doute un rôle crucial dans la décision, a rappelé que le dilemme présidentiel s'était imposé après les élections entachées de fraudes massives qui se sont tenues en août en Afghanistan. L'Administration Obama comprend parfaitement qu'une guerre de contre-insurrection ne pourra réussir que si elle sert un gouvernement légitime, élément largement manquant du puzzle afghan. Dans ce contexte, le rapport alarmiste de McChrystal, qui dit croire à la victoire si la coalition change drastiquement de tactique et sécurise les populations afghanes au lieu de pourchasser les insurgés, a paradoxalement accru les doutes.
Mission insaisissable
Vu au départ comme un conflit entre militaires et civils, le désaccord qui émerge au sommet du pouvoir américain fait apparaître en réalité une ligne de partage complexe. Parmi ceux qui veulent revoir à la baisse l'engagement et proposent en échange des attaques ciblées contre al-Qaida, on trouve le vice-président, Joe Biden, l'influent sénateur démocrate John Kerry, le chef de l'administration présidentielle, Rahm Emanuel, mais aussi l'ancien secrétaire d'État de Bush Colin Powell, un ancien général quatre étoiles, ainsi que le conseiller pour la sécurité nationale James Jones, ex-haut gradé lui aussi. Ce groupe semble peu convaincu par l'impact d'un éventuel renfort de troupes sur une mission insaisissable. Le chef d'état-major de l'armée de terre, George Casey, s'interroge pour sa part sur la capacité des États-Unis à fournir des troupes supplémentaires.
Aux côtés de McChrystal, de Petraeus et du chef d'état-major des armées McMullen, se trouvent en revanche Hillary Clinton et l'émissaire spécial Richard Holbrooke. Pour eux, entamer un désengagement américain avant d'avoir formé des forces armées afghanes aptes à prendre la relève mènerait immanquablement au retour rapide des insurgés islamistes au pouvoir.
Le dilemme d'Obama est d'autant plus grand que des arguments de poids existent des deux côtés, note l'éditorialiste Bob Woodward, insistant sur «le défi monumental que pose l'absence de légitimité de Karzaï». Le sénateur républicain JohnMcCain, qui soutient la position de McChrystal, minimise pourtant cet aspect du débat, soulignant qu'un problème de légitimité bien pire se posait en Irak avant le surge, mais qu'il n'a «pas empêché le succès». C'est ce qu'il a dit au président Obama quand ce dernier l'a appelé lundi pour avoir son avis sur la question afghane. Si McCain puise son inspiration en Irak, l'historien Julian Zelizer parle, lui, d'un parallèle saisissant entre le rôle du vice-président Biden auprès d'Obama et celui joué en 1964 par le vice-président Hubert Humphrey auprès de Lyndon Johnson.
Au moment crucial de la décision sur l'envoi de troupes supplémentaires au Vietnam, Humphrey avait averti des risques d'un embourbement, suscitant la colère de Johnson, qui l'avait exclu de son cercle de conseillers. Obama lui, a décidé d'écouter tout le monde. Mais au bout du compte, il ne pourra se contenter d'une position médiane comme il les affectionne tant.
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» INTERVIEW EXCLUSIVE - McChrystal : «Comment nous allons gagner en Afghanistan»
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jeudi, 17 septembre 2009
Attentat-suicide contre un convoi italien de l’Otan
Par RFI (avec AFP). Article publié le 17/09/2009
Une attaque-suicide a provoqué la mort d'au moins seize personnes, dont dix civils et six militaires italiens lors du passage d’un convoi de l’Otan au centre de Kaboul. Cet attentat a été revendiqué par les talibans. L’Italie déploie 3 250 militaires en Afghanistan, dont 500 spécialement envoyés pour les élections du 20 août.
Un passant choqué devant le corps d’un soldat de l’Otan, quelques minutes après l’attentat-suicide à la bombe, à Kaboul le 17 septembre 2009.
(Photo : Reuters)
Au moins seize personnes, dont six soldats italiens ont été tués dans un attentat-suicide à Kaboul lors d’un passage d’un convoi de l’Otan qui circulait entre le quartier diplomatique et l’aéroport de Kaboul. Cet attentat, revendiqué par les talibans, s’est déroulé en milieu de matinée. Un kamikaze a précipité sa voiture chargée d'explosifs contre un véhicule blindé léger italien. L’explosion, très violente, a secoué tout Kaboul. Plusieurs voitures blindées ont été détruites par la déflagration.
L'attaque a été rapidement confirmée par le ministère italien de la Défense et par la police afghane. « Je dois malheureusement confirmer la perte de six vies humaines du régiment des parachutistes », a déclaré devant les sénateurs italiens à Rome, Ignazio La Russa, le ministre italien de la Défense. Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien, a envoyé un message de condoléances aux familles des disparus. La Chambre des députés italiens, de même que le Parlement européen, ont observé une minute de silence en hommage aux soldats tués. L’Italie déploie 3 250 militaires en Afghanistan ; cinq cents ont été spécialement envoyés à l’occasion des élections du mois d'août.
Attaques-suicide : un scénario à répétition
Depuis le mois d’août, les talibans multiplient les attentats-suicide, au cœur même de Kaboul, et ce, en dépit de la présence très nombreuse des forces internationales. Le dernier, commis le 8 septembre, a provoqué la mort de trois civils. Le scénario de cet attentat est à l’identique. Un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée devant l’entrée principale de la base aérienne militaire de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, près de Kaboul. Les talibans avaient promis de perturber l'élection présidentielle du 20 août. En dépit des menaces contre la population se rendant aux urnes, les élections, quoique entachées d’irrégularités, se sont déroulées dans une relative accalmie.
Quelques minutes avant cet attentat, Hamid Karzaï terminait sa conférence de presse dans le palais présidentiel. L’éventualité d’un second tour pour les élections présidentielles, remportées selon les derniers résultats partiels par Hamid Karzaï, est très fortement envisagée.
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mercredi, 09 septembre 2009
Le général Abrial se pose à l'Otan

À 55 ans, le général Stéphane Abrial devient le premier non américain à prendre la tête d'un commandement stratégique de l'Alliance Atlantique. Crédits photo : AFP
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C'est une première au sein de l'Otan : jamais un non américain n'avait pris la tête d'un commandement stratégique de l'Alliance Atlantique. À 55 ans, le général Stéphane Abrial, pilote de chasse et ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, vient d'être propulsé à la tête de l'ACT, le Commandement allié Transformation, basé à Norfolk, en Virginie. Un poste doté d'une forte valeur symbolique, contrepartie accordée par les États-Unis au retour de la France dans la structure intégrée de l'Otan. Au printemps, il était plutôt pressenti pour devenir le prochain chef d'état-major des armées françaises. Mais sa carrière et sa personnalité ont poussé son avion de l'autre côté de l'Atlantique, où, dit-on, il a tout pour réussir. Tout, c'est-à-dire une solide expérience en opérations, avec un passage remarqué au-dessus des nuages irakiens pendant la guerre du Golfe, lorsqu'il commandait la 5e escadre de chasse d'Orange. Une forte dimension internationale, acquise en Allemagne à la tête de l'escadrille de la Luftwaffe en 1982, à Athènes où il a formé les pilotes de chasse grecs aux Mirage 2000 et à Bruxelles, où il a vécu en direct la première tentative de réintégration française dans l'Otan, au milieu des années 1990. Une bonne connaissance du «politico-militaire», forgée au début des années 2000 à Matignon et à l'Élysée, où ses collaborateurs civils ont apprécié son «sens politique» et son «discernement». Une excellente relation, enfin, avec les Américains, entretenue depuis qu'il a été diplômé de l'Air War College de Montgomery (Alabama), en 1991.
À cette carrière exemplaire, débutée à l'École de guerre et sans doute héritée d'un père colonel de cavalerie, Abrial ajoute une personnalité affable et ouverte, qui l'a rendu très populaire dans l'institution militaire, y compris dans les autres armées que la sienne. Toujours souriant, cet homme charismatique et cultivé de 1,92 m, qui cite Montaigne et Julien Green dans ses discours et adore Victor Hugo, est apprécié pour ses qualités humaines. «C'est un homme qui suscite l'adhésion, s'intéresse davantage aux autres qu'à lui-même et considère qu'être ouvert sur le monde fait partie de sa mission», résume le général Éric Law de Lauriston, qui fut son chef de cabinet pendant trois ans.
Très exigeant, gros travailleur, dévoreur de presse et amoureux des nouvelles technologies, doté d'une grande résistance physique, il reste toujours d'un calme olympien. «Jamais je ne l'ai vu se départir de sa correction de langage et de sa grande courtoisie, même lorsqu'il est furieux. Son mode d'opposition n'est ni frontal ni explosif, il compte plutôt sur la souplesse et l'intelligence. Il a toujours voulu faire mentir l'image arrogante du pilote de chasse», poursuit le général de Lauriston. Un peu l'antithèse du terrien volubile. «Ce sont deux cultures différentes. Dans l'armée de terre, on doit monter au front avec ses troupes et il faut souvent aboyer. Un pilote est seul dans son avion. Il doit être calme et organisé, avoir un grand sens des responsabilités», commente un officier général de l'armée de terre, qui le connaît bien. Discret et pas vraiment tribun, mais pas pour autant ennuyeux : bon vivant, il aime le vin et la gastronomie, cache difficilement sa faiblesse pour les sucreries. «C'est le genre de type qui termine votre part au restaurant», résume l'un de ses proches.
«Vous devriez fouiller un peu plus», s'amuse-t-il lorsqu'on s'étonne de le voir si peu critiqué… En fouillant bien, on déniche quelques sceptiques. «Il est un peu trop prudent, avale beaucoup de couleuvres. J'espère qu'il n'aura pas l'échine trop souple à l'Otan», redoute un officier qui aurait peut-être aimé le voir taper du poing sur la table en 2008, lorsque le livre blanc sur la défense a restreint la taille des forces armées. Abrial dirigeait une armée de l'air qui en quelques années a perdu 30 % de ses avions de chasse et 25 % de ses bases aériennes. «Mais il ne faut pas mettre son honneur dans les nombres», pense-t-il. Face à une réforme inéluctable, il a préféré l'accompagner. «Chacun se rend compte que l'évolution actuelle est nécessaire et qu'il serait absurde de s'accrocher à l'existant», a-t-il justifié dans son dernier discours, le 21 juillet.
Trop discipliné ? Trop gentil ? Ceux qui l'ont vu réformer l'armée de l'air affirment qu'il ne manque ni de conviction ni de courage. «C'est un esprit réformateur et novateur, qui colle à la société d'aujourd'hui et qui a compris que l'armée devait s'adapter au monde moderne. Il n'a pas fui ses responsabilités», confie un officier.
À Norfolk, il devra relever un autre défi, la rénovation de l'Otan. C'est lui qui devra faire des propositions pour la transformer en une structure plus légère et réactive et traduire en influence l'opportunité politique offerte à Paris. Stéphane Abrial a toujours été convaincu que le retour de la France dans l'Otan allait «tirer vers le haut» l'armée française. Il ne lui reste plus qu'à le prouver.
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11:59 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : général stéphane abrial, otan, portrait
samedi, 05 septembre 2009
Réactions au raid meurtrier de l'OTAN
Par RFI.
Le caporal du 3e RiMa Johan Naguin, tué le 4 septembre 2009 en Afghanistan par l'explosion d'une bombe artisanale.
(Photo: AFP)
« Le peuple afghan doit savoir que l’OTAN est fermement engagée à le protéger et que l’Alliance atlantique va enquêter immédiatement et complètement ». Voilà en substance la première réaction d’Anders Fogh Rasmussen. Le secrétaire général de l’OTAN répond ainsi aux préoccupations exprimées par le Royaume-Uni et les Nations unies qui ont tous deux réclamé une telle enquête.
Le ministre britannique des Affaires étrangères a en effet estimé qu’une enquête urgente était nécessaire pour ne pas rendre plus difficile encore l’engagement des Afghans au côté des forces internationales.
Du côté militaire, c’est l’Allemagne qui assure pour l’OTAN le commandement du secteur de Kunduz où la frappe a eu lieu. L’Etat-major certifie que les règles d’engagement ont été respectées qui interdisent à l’Alliance de lancer une frappe aérienne en cas de présence de civils.
Les nations participants à la FIAS (la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan) affirment toutes que la guerre ne peut être gagnée qu’avec le soutien de la population.
Le nouveau commandant des forces américaines et alliées, le général Stanley McChrystal, vient justement de placer la protection des civils au premier rang de ses priorités.
Bernard Kouchner
Réaction après la mort d'un soldat français en Afghanistan
« C'est une guerre rude que nous n'avons pas souhaité, qui se passe loin de chez nous, mais qui exige que nous tenions le temps de passer la main aux Afghans ».
| Le Premier ministre Gordon Brown défend la présence britannique en Afghanistan |
| Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix Face au scepticisme ambiant, Gordon Brown a voulu convaincre que la stratégie britannique en Afghanistan était réaliste et nécessaire, martelant qu’un Afghanistan plus sûr garantissait un Royaume-Uni plus sûr. Néanmoins Gordon Brown a admis que l’été 2009 s’était avéré l’un des plus difficiles et a appelé de nouveau les autres pays de la coalition à assumer leur part de responsabilité dans le conflit. Enfin, il a promis d’accroître les ressources et équipements des soldats britanniques sur le terrain tout en annonçant l’accélération de la formation des troupes afghanes, un mouvement qui pourrait permettre une réduction à plus courte échéance du rôle de l’armée britannique. Le discours passionné de Gordon Brown, prévu depuis un certain temps, s’est d’ailleurs mué en réponse directe au principal conseiller du ministre de la Défense, qui a démissionné jeudi en dénonçant la manière incertaine dont le gouvernement gèrait la guerre. Des propos sévères à l’égard de Londres mais aussi des autres pays de l'Otan « Le Royaume-Uni se bat, l'Allemagne paye, la France calcule, l'Italie évite », a déploré ce conseiller qui a rappelé le lourd tribut payé par l’armée au moment même où les corps de deux militaires étaient rapatriés en Grande Bretagne. |
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mardi, 18 août 2009
L'Otan lance l'opération navale Ocean Shield
Par RFI. Article publié le 18/08/2009
Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen veut faire de la lutte contre la piraterie une des priorités de l'Alliance atlantique.
(Photo : Arnd Wiegmann/Reuters)
Une force de l'Otan constituée aujourd'hui de 5 bâtiments de guerre : un destroyer américain, une frégate britannique et des navires Grecs, Italiens et Turcs. Ce dispositif travaille en coopération avec la Task Force 150, la force des Nations unies chargée de la lutte contre le terrorisme. A ses différentes opérations s'ajoutent la Task Force 151, placée sous commandement américain, et la force navale Atalante, mise sur pied par l’Union européenne en décembre 2008, et qui compte actuellement 9 navires. En juin, le Conseil de l’Union a décidé de prolonger la mission pour une durée d'un an.
A la différence de l'Union européenne, l'Otan n'a pas signé d'accord concernant le sort des pirates arrêtés. L'Europe, en revanche, a mis en place un dispositif de coopération avec les autorités kenyanes, chargées des poursuites contre les pirates. L'UE pourrait aussi, à l'avenir, passer un accord similaire avec les Seychelles.
Concernant la situation à terre, l'Otan promet de venir en aide aux Etats qui souhaiteraient développer leur propre capacité de lutte contre la piraterie. Le Pentagone fournit déjà des armes, en petit quantité, aux forces de sécurité somalienne. De son côté, la France a signé un accord bilatéral avec le gouvernement de transition à Mogadiscio, au terme duquel elle assure la formation de 154 gardes-côtes somaliens sur le sol djiboutien.
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lundi, 17 août 2009
L’Otan s’implique dans les recherches
Article publié le 17/08/2009
Le cargo Arctic Sea, pour lequel une demande de rançon a été émise, fait désormais l'objet d'une enquête et d'une surveillance internationales, impliquant l'Otan, la Russie et plus de vingt pays. Parti de Finlande fin juillet avec un équipage russe à destination de l'Algérie, sa localisation exacte était toujours floue ce dimanche. Le navire pourrait se trouver au sud des îles du Cap-Vert.
Avec notre bureau de Bruxelles
Après la Commission européenne qui avait déclaré vendredi suivre de près l’affaire Arctic Sea et la coordination des efforts déployés par les pays membres de l’UE, il est donc désormais confirmé que l’Otan est aussi impliquée dans l’enquête.
C’est l’ambassadeur de la Russie auprès de l’Alliance Atlantique qui le confirme. Les contacts sont apparemment quotidiens avec la Russie au siège de l’Otan où sont centralisées les informations émanant des marines alliées et de leur capitale.
Selon l’ambassadeur, toutes les informations complètes et objectives sont instantanément envoyées à l’état-major de la marine russe qui a dépêché plusieurs navires à la recherche de l'Arctic Sea.
Interrompue depuis les hostilités en Géorgie il y a un an, la coopération politique et militaire entre la Russie et l’Otan a été rétablie en juin. Les relations ne sont cependant pas encore au beau fixe, comme le rappelait il y a deux semaines le nouveau secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen.
Malgré les désaccords persistants, l’Alliance et Moscou partagent selon lui des intérêts communs. Et outre le terrorisme et la non-prolifération, Anders Fogh Rasmussen avait cité nommément « la piraterie ».
La lutte contre la piraterie est d’ailleurs une des nouvelles priorités de l’Alliance depuis son implication à l’automne au large de la Somalie.
12:24 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : otan, piraterie, arctic sea, somalie, cap vert, russie







