vendredi, 18 décembre 2009

Chronologie de la Palestine (1947-2009)

Par Catherine Gouëset (lexpress.fr), publié le 16/12/2009 - mis à jour le 18/12/2009

 

29 novembre 1947 : l'ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux Etats indépendants, un juif et un arabe. Jérusalem est placé sous régime international.


14 mai 1948 : à la fin du mandat britannique sur la Palestine, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclame l'indépendance de l'Etat d'Israël. Le 15, éclate la première guerre israélo-arabe, les pays arabes refusant le plan de partage. Début de l'exode des Palestiniens. Les combats prennent fin en 1949 avec les accords de Rhodes fixant une ligne de démarcation qui demeurera jusqu'en 1967.


24 avril 1950 : la Cisjordanie est annexée par le roi Abdallah de Jordanie. L'Egypte contrôle la bande de Gaza.


Octobre-novembre 1956 : après la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser, la seconde guerre israélo-arabe est déclenchée. A la fin de 1956, les Israéliens commencent à évacuer le Sinaï. Israël retrouve ses frontières de 1949.


Octobre 1959 : premier congrès du Fatah, créé au Koweït.


28 mai 1964 : création de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), présidée par Ahmed Choukeiry.


5/10 juin 1967 : Israël déclenche la troisième guerre israélo-arabe dite des "Six jours", et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan.


22 novembre 1967 : le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 242 qui prévoit l'évacuation " des " (ou " de ", selon la version anglaise) territoires occupés, en échange de la reconnaissance mutuelle de tous les Etats du Proche-Orient.


Février 1969 : Yasser Arafat est élu président du Comité exécutif de l'OLP.


1969-1970 : une crise oppose, au Liban et en Jordanie, l'OLP aux gouvernements en place qui n'acceptent pas une présence palestinienne jugée envahissante.


17 septembre 1970 : l'armée jordanienne liquide les forces combattantes palestiniennes après la destruction de 3 avions de ligne occidentaux sur le territoire jordanien. les combats entre armée jordanienne et fedayins palestiniens font des milliers de victimes civiles palestiniennes ("Septembre noir").


5 septembre 1972 : un commando palestinien tue onze membres de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich.


6/25 octobre 1973 : quatrième guerre israélo-arabe dite "guerre de Kippour" ; l'armée égyptienne pénètre dans le Sinaï occupé mais doit se retirer.


22 octobre 1973 : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 338 qui appelle à un cessez-le-feu et à des négociations.


28 novembre 1973 : la Ligue arabe reconnait l'OLP en tant que seul représentant du peuple palestinien.


13 novembre 1974 : discours de Yasser Arafat à l'ONU. Le 22, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît le droit des Palestiniens "à la souveraineté et à l'indépendance nationale".


13 avril 1976 : élections municipales en Cisjordanie et à Gaza occupés. Les candidats proches de l'OLP remportent 80% des sièges.


13 juin 1980 : le Conseil européen adopte une résolution affirmant que le "peuple palestinien doit exercer son droit à l'autodétermination" et que "l'OLP doit être associée à toute négociation".


1980 : naissance du Djihad islamique, scission des Frères musulmans, qui se cantonnent à l'action sociale.


Mars-avril 1982 : insurrection palestinienne dans les territoires occupés. Les maires élus sont destitués.


6 juin 1982 : l'armée israélienne envahit le Liban -opération "Paix en Galilée"- et chasse de Beyrouth les organisations palestiniennes, dont l'OLP.


17-18 septembre 1982 : assassinat à Beyrouth du président libanais Bechir Gemayel. Les Israéliens entrent à Beyrouth-Ouest. Massacre de civils par les milices chrétiennes dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité passive de Tsahal, l'armée israélienne.


1er octobre 1985 : un raid de l'aviation israélienne contre le quartier général de l'OLP à Tunis fait 70 morts.


6 août 1986 : le Parlement israélien vote une loi interdisant tout contact avec des dirigeants de l'OLP.


7 décembre 1987 : début de l'Intifada (soulèvement en arabe), également appelée "guerre des pierres" dans les territoires occupés.


9 décembre 1987 : création du Hamas (mouvement de la résistance islamique) par la société des Frères musulmans.


15 novembre 1988 : à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), proclame l'Etat palestinien indépendant et accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme.

1989

2 mai : en France, Yasser Arafat est reçu pour la première fois à l'Elysée par François Mitterrand.

2 janvier : Ezer Weizman, ministre des Sciences (et futur chef de l'Etat israélien) est limogé pour avoir rencontré un membre de l'OLP.


1991

12 mars : le secrétaire d'Etat américain James Baker rencontre pour la première fois des personnalités palestiniennes des territoires occupés.

30 octobre : ouverture à Madrid (Espagne) d'une conférence de paix. Israéliens, Palestiniens -des territoires occupés, et non de l'OLP- , Jordaniens et Syriens se rencontrent sous le co-parrainage de George Bush (père) et de Mikhaïl Gorbatchev.


1992

14 janvier : les Palestiniens remettent à la délégation israélienne leur projet d'autonomie dans les territoires occupés.

27 avril : une session de pourparlers se déroule pour la première fois en présence d'observateurs de l'OLP à Washington

16 décembre : à la suite de l'assassinat d'un soldat israélien par le Hamas, Ie gouvernement expulse plus de 400 islamistes palestiniens au Sud-Liban.


1993

19 janvier : le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l'OLP.

Juillet-août : des rumeurs font état de contacts secrets entre Israël et l'OLP.

13 septembre : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.


1994

25 février : un extrémiste juif, le docteur Baruch Goldstein, massacre 29 Palestiniens en prière au Caveau des patriarches à Hébron.

4 mai : accord du Caire sur l'autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie). L'Autorité palestinienne s'installe dans les zones nouvellement autonomes.

1er juillet : retour de Yasser Arafat à Gaza.


1995

28 septembre : Israël et l'OLP signent à Washington l'accord négocié à Taba ("Oslo II") étendant l'autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes.

Fin 1995 : Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes.

1996

20 janvier : Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne et ses partisans remportent les 2/3 des 80 sièges du Conseil législatif.

24 avril : le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.

29 mai : les Israéliens élisent comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.

24 septembre : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem provoque de violents affrontements entre l'armée israélienne et des manifestants palestiniens, qui font plus de 70 morts.


1997

15 janvier : Netanyahu et Arafat concluent un accord sur un retrait partiel israélien de la ville d'Hébron en Cisjordanie.

7 mars : l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.

18 Mars : Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem, dans la partie occupée de Jérusalem-Est, ce qui enlise un peu plus le processus de paix.

30 novembre : Israël accepte le principe de retrait limité de Cisjordanie (sans en fixer l'ampleur ni la date), assorti de conditions draconiennes. La presse israélienne parle de 6 à 8% de territoires évacués.


1998

14 janvier : Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

21 juin : en dépit des critiques des Etats-Unis et de l'Union européenne, le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.

23 octobre : Arafat et Netanyahu signent à Wye Plantation (Etats-Unis) un accord destiné à sortir le processus de paix de l'impasse : Israël transfèrera à l'administration palestinienne, en trois étapes, 13% supplémentaires du territoire de la Cisjordanie encore sous son contrôle.

Décembre : Bill Clinton est le premier président américain reçu en visite officielle par un Etat Palestinien virtuel. Inauguration de l'aéroport de Gaza, sous contrôle israélien.


1999

17 mai : les Israéliens élisent Ehud Barak (travailliste) au poste de Premier ministre.

4 septembre : signature, à Charm-el-Cheikh (Egypte), d'un accord fixant les dates des retraits israéliens de Cisjordanie, afin de relancer le processus de paix moribond.


2000

13 février : nouveau retard dans les négociations ; les deux parties ne parviennent pas à signer un accord-cadre définissant les grandes lignes d'un règlement final, conformément au mémorandum signé à Charm-el-Cheikh en septembre 1999.

21 mars : avec un nouveau retrait de l'armée israélienne de 6,1% de Cisjordanie, l'Autorité palestinienne contrôle désormais, partiellement ou totalement, 40 % du territoire.

15 mai : le parlement israélien vote le transfert à l'autorité palestinienne de 3 localités proches de Jérusalem, dont Abou Dis, souvent présentée comme le siège de la capitale d'un futur Etat palestinien.

11-25 juillet : échec du sommet israélo-palestinien de Camp David. Aucun accord n'est conclu entre les deux parties.

28 septembre : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005).


2001

29 janvier : Israël et les Palestiniens annoncent avoir réalisé de sérieux progrès dans les négociations de Taba. Ehud Barak décide de les ajourner jusqu'à l'élection du chef du gouvernement le 6 février, estimant impossible un accord avant cette date.

6 Février : Ariel Sharon est élu premier ministre en Israël avec une avance de 25 points sur Ehud Barak.

4 décembre : Israël lance des raids d'ume ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré «hors-jeu» par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par Tsahal.


2002

29 mars : l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée «rempart défensif». La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.

15 avril : Marwan Barghouti, le chef du Fatah en Cisjordanie, est capturé par l'armée israélienne.


2003

14 février : cédant aux pressions internationales pour des réformes au sein de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat donne son accord à la nomination d'un Premier ministre.

19 mars : Yasser Arafat propose de nommer Mahmoud Abbas, un pragmatique notoire, au poste de Premier ministre.

29 avril : Mahmoud Abbas et son cabinet reçoivent l'investiture du parlement palestinien Son investiture lève le dernier obstacle à la publication de la «feuille de route», plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005.

29 juin: Mahmoud Abbas obtient du Hamas, du Jihad islamique puis du Fatah, une trêve temporaire des attaques anti-israéliennes.

20 août: au lendemain d'un attentat suicide qui fait 21 morts et une centaine de blessés à Jérusalem-ouest, Mahmoud Abbas rompt les contacts avec les groupes du Hamas et du Jihad islamique.

25 août: à l'insu du premier ministre, Yasser Arafat nomme l'ancien chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, Jibril Rajoub, au poste de conseiller aux affaires de sécurité.

6 septembre: Mahmoud Abbas annonce sa démission au Parlement palestinien, invoquant des obstacles intérieurs, israéliens et américains à son action.

7 septembre: Yasser Arafat offre au président du parlement, Ahmed Qoreï, le poste de premier ministre.

5 octobre: Yasser Arafat décrète l'état d'urgence dans les territoires, au lendemain d'un attentat suicide en Israël qui a tué 20 personnes.


2004

2 février: Ariel Sharon annonce son intention de démanteler toutes les colonies de la bande de Gaza (regroupant un total de 7 500 habitants).

22 mars: Cheikh Yassine, le fondateur du Hamas, est assassiné lors d'un raid israélien devant une mosquée de Gaza.

17 avril: le nouveau chef du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, est tué par un raid aérien israélien à Gaza.

6 juin: le cabinet israélien adopte le principe d'un retrait échelonné de la bande de Gaza, qui devrait être terminé à la fin de l'année 2005.

13 juillet: l'envoyé spécial de l'ONU dans les territoires palestiniens, Terje Roed-Larsen, adresse de vives critiques à Yasser Arafat, estimant que la situation dans les territoires «tourne progressivement au chaos».

16 juillet: une série de rapts est organisée dans les territoires par des groupes armés qui entendent protester contre la corruption de l'Autorité palestinienne.

17 juillet : Yasser Arafat annonce une refonte des services de sécurité, après qu'Ahmed Qoreï a proclamé son intention de démissionner. Le Raïs nomme à la tête du service de sécurité générale son neveu, Moussa Arafat. La nomination de ce dernier, soupçonné de corruption, entraîne de violentes manifestations. Il est rétrogradé quelques jours plus tard.

29 octobre : Yasser Arafat, 75 ans, dont l'état de santé s'est dégradé subitement, est hospitalisé en France.

11 novembre: mort de Yasser Arafat à Paris. Sa dépouille est inhumée à Ramallah le lendemain, après des funérailles au Caire.

14 novembre : Mahmoud Abbas est choisi par le Fatah comme candidat officiel pour les élections présidentielles palestiniennes qui se tiendront le 9 janvier 2005.

16 novembre: le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Mahmoud Zahar, annonce que son mouvement boycottera l'élection présidentielle de janvier.


2005

9 janvier: Mahmoud Abbas, est élu à la tête de l'autorité palestinienne avec 62,5% des suffrages.

15 janvier: prestation de serment de Mahmoud Abbas. Ahmad Qoreï est reconduit à la tête du gouvernement.

27 janvier: élections municipales partielles dans la bande de Gaza ; le Hamas sort grand vainqueur.

8 février: sommet Abbas-Sharon à Charm-el-Cheikh (Egypte); ils proclament la fin des violences entre Israéliens et Palestiniens.

12 mars: le Hamas annonce sa participation aux élections législatives, prévues en juillet (puis reportées en janvier 2006).

5 mai: nouvelle série d'élections municipales partielles, à Gaza et en Cisjordanie. Le Hamas s'impose dans les grandes villes.

22 août: fin de l'évacuation des colons israéliens de Gaza.

12 septembre: retrait des derniers soldats israéliens de la bande de Gaza. Les forces de l'ordre palestiniennes entrent dans les 21 colonies démantelées.

29 septembre: le Fatah remporte l'emporte largement lors de municipales partielles en Cisjordanie.

25 novembre: réouverture du terminal de Rafah, poste frontière entre Gaza et l'Egypte, sous le contrôle conjoint des Palestiniens et d'observateurs européens.

Décembre

14: un groupe de jeunes dirigeants du Fatah crée une liste concurrente en vue des législatives pour protester contre la main mise de la vieille garde sur le parti.

15: le Hamas devance largement le Fatah dans les principales villes de Cisjordanie à l'occasion d'élections municipales partielles.

28: mettant fin à ses divisions, le Fatah inscrit une liste unifiée pour les législatives. La liste, dirigée par Marwan Barghouti, toujours emprisonné, fait la part belle à la jeune garde du parti.


2006

25 janvier: le Hamas remporte la majorité absolue aux élections législatives, avec 74 sièges sur les 132 que compte le Conseil législatif, contre 45 sièges pour le Fatah. Le premier ministre Ahmed Qoreï démissionne.

18 février: prestation de serment du nouveau parlement dominé par le Hamas ; le lendemain, le gouvernement israélien cesse de verser les taxes dues à l'Autorité palestinienne, correspondant au produit de la TVA et aux droits de douane prélevés sur les produits importés dans les territoires palestiniens et transitant par Israël.

21 février: un des responsables du Hamas, Ismaïl Haniyeh, est chargé de former le gouvernement.

29 mars: le gouvernement du Hamas prête serment.

7 avril: l'Union européenne suspend son aide directe au gouvernement dirigé par le Hamas.

10 mai: des responsables palestiniens emprisonnés en Israël, dont Marouan Barghouti (Fatah) et le cheikh Abdel Halek Al-Natshé (Hamas), font des propositions pour sortir de la crise opposant le Fatah et le Hamas. Figurent notamment l'idée d'un gouvernement de coalition Fatah-Hamas, la fin des attaques en territoire israélien, et la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967.

19 mai : un porte-parole du Hamas est arrêté au point de passage de Rafah, à Gaza, cachant une somme d'environ 1 million de dollars. En raison du blocus financier imposé aux Palestiniens, les ministres du Hamas se feront à plusieurs reprises «transporteurs de fonds».

14 juin: Mahmoud Abbas et le premier ministre Ismaïl Haniyeh parviennent à un accord sur l'intégration d'une force paramilitaire du Hamas à la police, dont la plupart des membres sont fidèles au Fatah.

27 juin: le Hamas accepte de signer le document d'«entente nationale» reconnaissant implicitement l'existence d'Israël.

28 juin: début d'une vaste offensive terrestre et aérienne dans la bande de Gaza, surnommée «Pluies d'été». L'armée israélienne arrête huit ministres, des dizaines de députés et autres responsables du Hamas.

Fin juillet: 29 personnes sont tuées lors d'une incursion terrestre dans Gaza. L'offensive israélienne dans les territoires palestiniens est étendue à la Cisjordanie.

1er septembre: la communauté internationale s'engage à verser 500 millions de dollars d'aide aux Palestiniens, lors d'une réunion de donateurs à Stockholm. Les Territoires palestiniens traversent une grave crise financière depuis la suspension de l'aide internationale et le gel des droits de douane par Israël au printemps 2006.

1er octobre: affrontements sanglants entre milices du Hamas et du Fatah.

1er-8 novembre: une offensive terrestre et aérienne israélienne provoque la mort de près de 60 palestiniens.

14 décembre: le convoi du Premier ministre Ismaël Haniyeh est pris pour cible par des tirs en traversant la frontière entre l'Egypte et Gaza. Le Hamas accuse le Fatah. Des affrontements armés éclatent entre les partisans des deux mouvements. En neuf mois, les violences interpalestiniennes ont fait 320 morts.


2007

6 janvier: Mahmoud Abbas déclare hors-la-loi la «force exécutive», groupe paramilitaire de 5 000 hommes créé en avril 2006 par le ministère de l'intérieur que contrôle le Hamas.

8 février : le Hamas et le Fatah signent en Arabie saoudite un accord sur la formation d'un gouvernement d'union censé mettre un terme aux violences interpalestiniennes.

17 mars : reconduit dans ses fonctions, Ismaïl Haniyeh, forme un gouvernement d'union nationale avec le Fatah, comprenant des personnalités indépendantes aux ministères clés.

Mai-juin : nouveaux affrontements Hamas-Fatah dans la bande de Gaza.

14 juin : le Hamas met en déroute les combattants du Fatah et prend le contrôle de la totalité du territoire de Gaza. Mahmoud Abbas déclare l'état d'urgence, limoge le gouvernement d'union nationale et charge Salam Fayyad, ancien ministre des finances de former un cabinet d'urgence.

18 juin : l'Union européenne, suivie par les États-Unis, décide de rétablir son aide financière directe à l'Autorité palestinienne et de normaliser avec elle ses relations, suspendues en mars 2006, après la victoire électorale du Hamas.

28 octobre : Israël impose des sanctions économiques à la Bande de Gaza décrétée "entité ennemie".

26-28 novembre : conférence internationale à Annapolis (Etats-Unis). Ehud Olmert et Mahmoud Abbas s'engagent à conclure un traité de paix avant la fin 2008.


2008

Février-mars : offensive de l'armée israélienne contre la Bande de Gaza pour tenter  de mettre fin aux tirs de roquettes depuis la Bande de Gaza. Elle provoque la mort de près de 130 Palestiniens, sans pour autant mettre fin aux tirs du Hamas.

19 juin : après des mois de médiation égyptienne, un cessez-le-feu est conclu pour six mois entre Israël et le Hamas à Gaza. Israël s'engage à lever progressivement le blocus imposé depuis le coup de force du Hamas sur le territoire palestinien en juin 2007.

Juillet-août : à la suite d'un attentat meurtrier à Gaza imputé au Fatah, la police du Hamas déclenche des opérations de répression sur le territoire. Elle attaque le bastion du clan familial Helles (pro-Fatah). A la demande de Mahmoud Abbas, Israël accepte de secourir 180 membres du clan, pour leur permettre de se réfugier dans l'Etat hébreu.

25 août : Israël libère 198 prisonniers palestiniens.

Septembre : après la mort d'un policier abattu à Gaza par des membres du clan Doghmouch, famille liée à des organisations criminelles, les forces de sécurité du Hamas attaquent le bastion du clan pour arrêter les suspects. Les combats font onze mort.

4 novembre : l'armée israélienne effectue une incursion à Gaza causant la mort de six activistes palestiniens. Le Hamas réplique en tirant une cinquantaine de roquettes en direction du territoire israélien.

14 décembre : Khaled Mechaal, dirigeant en exil du Hamas, annonce que la trêve avec Israël ne sera «pas renouvelée» le 19 décembre en raison de la poursuite du blocus de la bande de Gaza.

15 décembre : Israël libère 227 prisonniers palestiniens.

16 décembre : Mahmoud Abbas, dont le mandat s'achève en janvier 2009, annonce qu'il va convoquer prochainement des élections présidentielles et législatives. Le Hamas récuse les élections législatives, le terme légal du parlement palestinien s'achevant normalement en janvier 2010.

20 décembre : les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas, revendiquent les premiers tirs d'obus de mortier sur Israël depuis la fin de la trêve.

27 décembre : Israël lance une attaque aérienne massive contre la bande de Gaza, baptisée "Plomb durçi".


2009

3 janvier : début de l'offensive terrestre à Gaza.

6 janvier : au moins 40 personnes qui s'abritaient dans une école gérée par l'ONU sont tuées par un tir israélien dans le camp de réfugiés de Jabalia.

17 janvier : cessez-le-feu. En trois semaines, l'offensive israélienne a fait 1 330 morts palestiniens, dont plus de 430 enfants, et 5 450 blessés, selon les services médicaux palestiniens. Côté israélien, 10 militaires et 3 civils ont péri, selon les chiffres officiels.

2 mars : la communauté internationale promet quatre milliards et demi de dollars pour la reconstruction de Gaza dévasté par 22 jours de bombardements israéliens en janvier.

11 août : après avoir reconduit Mahmoud Abbas à la tête du Fatah, le Congrès général du mouvement rajeunit sa direction avec 14 nouveaux membres du Comité central sur 18, dont Marwan Barghouthi, symbole de la "résistance", emprisonné à vie en Israël.

15 septembre : un rapport de l'ONU sur la guerre de Gaza en janvier 2009, conduit par le juge Richard Goldstone, accuse Israël et le Hamas de "crimes de guerre" et de possibles "crimes contre l'humanité". Celui-ci recommande de demander au Conseil de sécurité de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) si aucun progrès n'est réalisé d'ici six mois dans les enquêtes menées par les autorités israéliennes et l'Autorité palestinienne.

2 octobre : sous pression américaine, l'Autorité palestinienne accepte le report de l'examen, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, du rapport Goldstone.

6 octobre : devant la levée de bouclier provoquée par la décision du 2 octobre, Mahmoud Abbas, annonce son intention de recommander de référer devant l'ONU le rapport Goldstone.

16 octobre : le Conseil des droits de l'homme de l'ONU adopte une résolution approuvant le rapport Goldstone et renvoie de facto le dossier au Conseil de sécurité à New York.

23 octobre : Mahmoud Abbas convoque des élections législatives et présidentielle pour janvier 2010. Le Hamas refuse la tenue d'élections à Gaza.

5 novembre : l'Assemblée générale de l'ONU adopte une résolution donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes indépendantes sur les allégations de crimes de guerre commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.
Mahmoud Abbas annonce qu'il ne briguera pas de nouveau mandat.

12 novembre : l'Autorité palestinienne décide de reporter indéfiniment les élections générales prévues en janvier 2010.

16 décembre : le Conseil central de l'OLP décide de prolonger les mandats de Mahmoud Abbas et du Parlement palestinien afin d'éviter une crise politique et institutionnelle. Cette décision est immédiatement rejetée par le Hamas.

Voir la Chronologie d'Israël (1947-2009)

 

mardi, 08 décembre 2009

Jérusalem/UE: Israël et Palestiniens satisfaits, mais avec des réserves

08.12.09 |

 

Israéliens et Palestiniens se sont félicités mardi, mais avec des réserves, de la déclaration de l'Union européenne appelant à faire de Jérusalem "la future capitale de deux Etats" palestinien et israélien dans le cadre d'un règlement négocié.

"Compte tenu de la version de départ extrême soumise par la présidence suédoise, nous ne pouvons que nous féliciter qu'au bout du compte, la voix des Etat responsables et équilibrés ait prévalu", a réagi le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Toutefois, la déclaration européenne "ignore le principal obstacle pour parvenir à la paix entre Israël et les Palestiniens, (à savoir) le refus des Palestiniens de revenir à la table des négociations", poursuit le communiqué.

"Compte tenu des efforts du gouvernement israélien pour contribuer à une reprise des négociations, il est regrettable que l'Union européenne ait choisi d'adopter un texte qui ne contribue pas à cette cause", conclut le communiqué israélien.

En revanche, le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, s'est vivement élevé contre la déclaration de l'UE, qui met selon lui en péril l'avenir de la ville. "Le maire Nir Barkat rejette totalement la décision de l'UE de soutenir la division de Jérusalem, qu'il qualifie de véritable danger pour l'avenir de Jérusalem", a indiqué un communiqué de la mairie.

"Aucune ville dans l'histoire du monde n'a fonctionné correctement après avoir été divisée", a poursuivi M. Barkat, en faisant allusion au 20e anniversaire de la réunification de Berlin récemment célébré.

De son côté, l'Autorité palestinienne a regretté que le contenu de cette déclaration ait été édulcoré au regard de sa version initiale.

"C'est un pas positif même si nous espérions quelque chose de plus fort et de plus clair", a déclaré Nimr Hamad, un conseiller politique du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

"Nous considérons néanmoins cela comme une étape positive", a-t-il ajouté, en critiquant "l'ampleur des pressions exercées par Israël et d'autres, dont des pays européens, pour modifier le texte."

Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont estimé mardi que Jérusalem devait devenir la "future capitale de deux Etats" et que son statut final devait être réglé par la négociation.

L'UE a également réaffirmé son refus d'accepter les changements de frontières survenus après juin 1967, refusant ainsi implicitement de reconnaître l'annexion de Jérusalem-Est par l'Etat d'Israël.

Cette version est en retrait du texte initial proposé par la présidence suédoise de l'UE, qui proposait de mentionner Jérusalem-Est comme "capitale d'un futur Etat palestinien". L'initiative, dévoilée il y a une semaine, divisait les Européens et a été catégoriquement rejetée par le gouvernement israélien.

Israël considère l'ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, comme sa capitale "éternelle et indivisible". De leur côté, les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-est la capitale de leur futur Etat dans le cadre d'un règlement négocié.

mercredi, 02 décembre 2009

Les Arabes seraient chassés méthodiquement de Jérusalem

Par Reuters, publié le 02/12/2009


JERUSALEM - Le nombre de Palestiniens privés de leur statut de résidents à Jérusalem a atteint l'an dernier le chiffre record de 4.577, annonce une ONG israélienne, sur la foi de statistiques obtenues du ministère de l'Intérieur grâce à la législation sur la liberté d'information.


Une ONG israélienne, qui se base sur des statistiques obtenues du ministère de l'Intérieur grâce à la législation sur la liberté d'information, annonce que le nombre de Palestiniens privés de leur statut de résidents à Jérusalem a atteint l'an dernier le chiffre record de 4.577. (Reuters/Ammar Awad)

Une ONG israélienne, qui se base sur des statistiques obtenues du ministère de l'Intérieur grâce à la législation sur la liberté d'information, annonce que le nombre de Palestiniens privés de leur statut de résidents à Jérusalem a atteint l'an dernier le chiffre record de 4.577. (Reuters/Ammar Awad)


Le phénomène a "atteint des proportions effrayantes", a souligné Dalia Kerstein, directrice exécutive du Centre HaMoked pour la défense de l'individu, précisant que le chiffre pour 2008 représentait plus de la moitié du total des permis de résidence révoqués depuis plus de 40 ans.

 

La politique suivie par Israël depuis la conquête et l'annexion de la partie orientale de Jérusalem, lors du conflit israélo-arabe de 1967, est dénoncée avec constance par les Etats-Unis, l'Union européenne et les Nations unies.

 

Cette politique consiste notamment à démolir les habitations bâties sans permis de construire israéliens, à évincer les Palestiniens des logements dont il ne peuvent pas prouver qu'ils sont propriétaires et à développer les logements pour les Juifs à Jérusalem-Est.

 

Pour les Palestiniens, l'objectif est de chasser le maximum de résidents arabes de la ville et de réduire leur présence à sa périphérie afin de ruiner leur espoir de voir Jérusalem-Est devenir la capitale d'une future Palestine indépendante.

 

"La campagne 2008 du ministère de l'Intérieur s'inscrit dans le cadre plus général d'une politique dont le but est de limiter la population palestinienne et de maintenir une majorité juive à Jérusalem, alors que son avenir est censé être déterminée par des négociations", a estimé Kerstein.

 

"OBJECTIF STRATÉGIQUE"

"Ces Palestiniens sont originaires de cette ville, ce ne sont pas des résidents qui s'y sont récemment installés", a-t-elle fait valoir. A l'heure actuelle, 250.000 Arabes vivent encore à Jérusalem-Est et dans sa banlieue, contre 200.000 Juifs.

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exclu explicitement que la ville, proclamée "capitale réunifiée d'Israël pour l'éternité", soit une nouvelle fois divisée, voire seulement partagée, dans le cadre d'un futur accord de paix.

 

Aux yeux de l'Onu comme des puissances occidentales, le futur statut de la ville fait partie intégrante des questions centrales qui doivent être réglées dans le cadre du processus de paix, actuellement en panne et peu susceptible de reprendre dans un avenir immédiat.

 

Selon un document interne à l'Union européenne cité mercredi par le quotidien Haaretz, l'Etat d'Israël pousse les activistes nationalistes juifs à mettre en oeuvre son "objectif stratégique" de basculement démographique à Jérusalem et dénie aux Palestiniens les permis de construire qu'ils sollicitent.

 

Dans le même temps, selon ce même document européen, la municipalité de Jérusalem ne consacre que 10% de son budget à ses 35% d'administrés arabes, qui ne bénéficient pas des mêmes prestations que les habitants juifs, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation.

 

Le consulat de Suède, pays qui assure actuellement la présidence tournante de l'UE, a confirmé l'existence du document mentionné par Haaretz, mais a refusé d'en fournir une copie à Reuters. Un responsable palestinien qui l'a en sa possession s'est également refusé à le divulguer.

 

Selon les statistiques obtenues du ministère israélien de l'Intérieur par HaMoked, et qui portent sur la période courant de 1967 à 2008 - à l'exception de l'année 2002 -, un total de 8.269 Palestiniens se sont vu retirer leur statut de résidents à Jérusalem. Aucun chiffre n'est disponible pour l'année en cours

mardi, 01 décembre 2009

Israël-Palestine : 8 881 morts en vingt ans

01/12/2009 | Jeune Afrique | Par : Marianne Meunier

 

A l’occasion de son vingtième anniversaire, B’Tselem, l’association israélienne des droits de l’homme dans les territoires occupés, a dressé, le 22 novembre, un bilan du conflit israélo-palestinien sur les deux dernières décennies. Cette période inclut notamment une partie de la première Intifada (1987-1993), la seconde (qui a commencé en septembre 2000), ainsi que l’opération « Plomb durci », l’offensive lancée par l’État hébreu contre la bande de Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.

 

Selon B’Tselem, le conflit a fait, civils et militaires confondus, 8 881 victimes depuis 1989 : 7 398 palestiniennes, 1 483 israéliennes, dont respectivement 1 537 et 139 mineurs. Pour les Palestiniens, 2009 a été l’année la plus noire : 1 033 personnes y ont trouvé la mort, la plupart durant l’opération « Plomb durci ». Côté israélien, c’est en 2002 que les pertes enregistrées ont été les plus lourdes : 420 personnes ont péri cette année-là, dont 269 civils. En 1999, les deux peuples ont connu une certaine accalmie : 8 morts côté palestinien, 4 côté israélien.

vendredi, 06 novembre 2009

PALESTINE : Qui peut remplacer Mahmoud Abbas ?

Plusieurs figures peuvent prétendre prendre la place du numéro un de l'Autorité palestinienne. Un quotidien israélien analyse les chances des uns et des autres.

06.11.2009 | Ali Waked | Yediot Aharonot

Que la chance soit avec vous, M. Abbas ! (Vous en aurez bien besoin !)

Mohammed Dahlan et Marwan Barghouti comptent parmi les possibles successeurs du président palestinien

Mohammed Dahlan et Marwan Barghouti comptent parmi les possibles successeurs du président palestinien

Les spéculations vont bon train depuis que Mahmoud Abbas a annoncé qu’il ne souhaitait pas briguer un second mandat à la présidence de l’Autorité palestinienne. S’il ne change pas d’avis, nous devrons nous préparer à accueillir un nouveau visage à la table des négociations. Sera-ce l’honorable Mohammed Dahlan [proche de Mahmoud Abbas, soutenu par les Américains ; voir CI n° 990] ? Le président Nasser Al-Qidwa [président de la Fondation Yasser Arafat] ? Ou, pourquoi pas, le prisonnier Marwan Barghouti [symbole de la seconde Intifada] ? Bien que certains estiment que Mahmoud Abbas ne mettra pas sa menace à exécution et finira par se représenter, les noms de successeurs potentiels ont déjà commencé à circuler. Le plus en vue est Mohammed Dahlan, qui est ressorti de la convention du Fatah comme étant le personnage le plus puissant du Comité central du parti.

Dahlan jouit d’un soutien croissant dans l’opinion publique ainsi que parmi les vieux combattants, qui n’interviennent pas encore à ce stade de la décision. Considéré comme l’une des figures les plus charismatiques du Fatah, il paraît digne d’en prendre le commandement. Il devra toutefois se défendre contre la cabale orchestrée contre lui par le Hamas et les médias radicaux. Ces derniers ont entrepris de détruire sa réputation et en ont fait un personnage hautement controversé. Le stratagème pourrait pousser certains militants du Fatah à se demander si un homme aussi contesté, malgré toutes ses qualités, mérite de les diriger.

Un autre nom circule, celui d’Abou Maher Ghneim, numéro deux du Fatah et vétéran de Tunisie. De retour dans les territoires palestiniens après de longues années d’exil, il serait le successeur naturel de Mahmoud Abbas, dont il est le bras droit. C’est toutefois le seul avantage qu’il possède sur ses potentiels rivaux. Certaines sources au sein de l’Autorité palestinienne révèlent en effet qu'il n’est pas un animal politique et qu’il n’est certainement pas capable de gouverner l’Autorité palestinienne. Même ses collaborateurs les plus proches indiquent qu’il ne souhaite pas se porter candidat.

Il a également été question de Nasser Al-Qidwa, ancien ambassadeur de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) auprès des Nations unies et ministre des Affaires étrangères à la retraite. Ses qualités politiques et leur reconnaissance au niveau international constituent ses principaux atouts. Il ne compte pas beaucoup de partisans au sein du Fatah, mais le fait qu’il soit le neveu de l’ancien président Yasser Arafat peut jouer en sa faveur. Toutefois, son manque de soutien institutionnel et ses affinités avec l’aile la plus radicale du parti peuvent nuire à sa candidature.

Enfin, le dernier candidat éventuel est Marwan Barghouti, ancien chef du Tanzim [bras armé du Fatah] et député du Fatah, actuellement en détention dans une prison israélienne. Les derniers sondages les plus fiables lui accordaient une belle cote de popularité. Il reste une figure très respectée à presque tous les échelons du Fatah comme parmi les militants. Il serait le candidat qui aurait le plus de chances de battre le Hamas, car il est jugé comme un homme capable, incorruptible et fidèle à ses principes. Les seuls obstacles qui se dressent sur son chemin jusqu’à la présidence sont toutefois les barreaux et les geôliers qui le retiennent derrière les murs d’une prison israélienne. Sa candidature perd ainsi beaucoup de sa pertinence et ne manquera pas de susciter de fortes objections au sein du Fatah.

Quel avenir pour Mahmoud Abbas ?

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Le président palestinien Mahmoud Abbas.
(Photo: Fari Arouri/ Reuters)



Par RFI

Le président palestinien, élu en 2005, a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections générales prévues en janvier. Une décision qu'il a qualifiée d'irrévocable. « Ce n'est pas une manoeuvre », a-t-il précisé. Son retrait, qui survient sur fond de blocage du processus de paix israélo-palestinien et aussi sur fond de division entre Palestiniens, signifie-t-il la fin de sa carrière politique ?

Mahmoud Abbas ne devrait pas s'effacer d’un coup de la scène politique palestinienne. Rappelons qu'il a convoqué tout récemment des élections présidentielle et législatives dans les Territoires palestiniens. Elles sont programmées pour le 24 janvier prochain. Mais le Hamas a immédiatement annoncé qu'il n'organiserait pas ce scrutin dans la bande de Gaza dont il a le contrôle. On voit donc mal comment les élections pourraient avoir lieu. Mahmoud Abbas, qui n'a pas parlé de démission jeudi, devrait rester en poste, jusqu'à un horizon inconnu à l'heure actuelle.

Ce qui pourrait commencer dès vendredi, en revanche, c'est une crise de succession au sein de l'Autorité palestinienne comme au sein du Fatah (le parti majoritaire au sein de l'OLP) dont Mahmoud Abbas est un des membres fondateurs aux côtés de Yasser Arafat, auquel il a succédé en 2005.

Pas de justification claire, mais les profondes divisions entre Palestiniens et le blocage du processus de paix peuvent sans doute expliquer la décision de retrait de Mahmoud Abbas. En tout cas, dans son discours jeudi soir, il a vivement critiqué l'attitude d'Israël et aussi celle du Hamas. C'est sous la présidence de Mahmoud Abbas que les islamistes du Hamas ont remporté les élections législatives de 2006 puis ont pris le contrôle de la bande de Gaza l'année suivante. Depuis, la fracture entre les frères ennemis empêche les Palestiniens de faire front.

Du côté du dialogue avec Israël, là aussi, Mahmoud Abbas prend acte du blocage : échec du processus d'Annapolis lancé en 2007 par George Bush et, plus récemment, refus israélien de geler la colonisation malgré les pressions de Barack Obama. Dans son discours, le président palestinien a d'ailleurs aussi critiqué l’administration Obama pour son soutien à Israël.

Retrait d'Abbas : les réactions de la presse israélienne

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

En Israël officiellement, on se contente d’affirmer que la décision du président palestinien est le résultat de pressions internes au sein de l’Autorité palestinienne, mais dans l’entourage du Premier ministre Benyamin Netanyahu, on dit maintenant ce qui n’a pas été dit depuis la mise en place de l’administration israélienne, « Mahmoud Abbas est un partenaire du processus de paix ». « Le fait que le président palestinien reste à son poste est un intérêt israélien », souligne même une source bien placée.

Pour Yediot Aharonot, « C’est le début du déluge ». Maariv parle du « show menaçant du président palestinien », avec ce commentaire qui en dit long : « Israël risque sous peu de le regretter ».

« La décision de Mahmoud Abbas est-elle sérieuse ou bien s’agit-il d’un subterfuge ? », demande la presse dans son ensemble.

Pour Haaretz, Israël avait Mahmoud Abbas dans son « collimateur », mais la victoire temporaire de Netanyahou risque de se transformer rapidement en un nouveau fiasco pour la politique extérieure israélienne.

Et surtout ce que l’on trouve ce matin dans tous les journaux israéliens, c’est la liste des candidats palestiniens à la succession de Monsieur Abbas. Et celui qui arrive en tête de liste, c’est Marwan Barghouti, à l’heure actuelle derrière les barreaux en Israël.

Et de l’avis quasi-général, les dirigeants israéliens vont devoir choisir : le libérer ou alors céder le terrain au Hamas.

Abbas jette l'éponge avant l'élection de janvier

Pierre Prier (lefigaro.fr), 05/11/2009


La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010.
La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix est totalement bloqué, et que des élections palestiniennes sont prévuesen janvier 2010. Crédits photo : AFP

En refusant de se représenter, le président palestinien tente un coup politique.

Le président de l'Autorité palestinienne menace de jeter l'éponge pour tenter de sortir de l'impasse. Jeudi, Mahmoud Abbas a essayé la tactique de l'électrochoc en annonçant qu'il ne se présenterait pas à l'élection pour la présidence de l'Autorité palestinienne, prévue le 24 janvier, en même temps que les législatives. Mahmoud Abbas avait pourtant fixé lui-même la date de ces élections il y a quinze jours. L'annonce a été faite au cours d'une réunion de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentant tous les Palestiniens, qu'ils vivent dans les Territoires ou dans la diaspora.

Plusieurs dirigeants palestiniens, qui n'envisagent pas les élections sans le président sortant, ont aussitôt déclaré qu'ils le pressaient de revenir sur sa décision. «Mahmoud Abbas est réellement furieux», comment le politologue palestinien Khalil Chahine, selon qui le président palestinien réagit ainsi aux déclarations de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Le week-end dernier, à Jérusalem, Clinton avait soutenu publiquement le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui veut une reprise des négociations avec les Palestiniens sans gel préalable des colonies, revenant ainsi sur la position de Barack Obama. Hillary Clinton a ensuite fait machine arrière, mais ses propos continuent de susciter le désarroi du président palestinien.

«Il a dit aux dirigeants de l'OLP qu'il avait l'impression que le programme sur lequel il avait été élu il y a cinq ans, c'est-à-dire un processus de paix avec Israël, était un échec», affirme Khalil Chahine.

Le message, ajoute le politologue, s'adresse aussi à certains «frères arabes». Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, avait lui aussi, mercredi au Caire, semblé abandonner le préalable du gel des colonies, appelant Israéliens et Palestiniens à se «concentrer sur l'objectif final plutôt que de perdre du temps à exiger telle ou telle chose». Jeudi, Aboul Gheit a également reculé, affirmant que «le début des négociations vient soit avec le gel complet de la colonisation, que nous continuons de réclamer, soit si nous recevons des garanties sans équivoque que l'État palestinien se tiendra sur les frontières de 1967, y compris Jérusalem.»

 

Un message au Hamas

Mahmoud Abbas peut aussi souhaiter envoyer un message au Hamas, le mouvement islamiste qui tient la bande de Gaza. Les négociations pour une réconciliation, parrainée par l'Égypte, sont au point mort. La décision de Mahmoud Abbas, qui s'estime légitime sur tous les territoires palestiniens, d'organiser des élections en janvier y compris à Gaza, s'était heurtée au refus du Hamas, qui préférerait le mois de juin. Et Abbas a seulement dit : «pas en janvier».

Toutefois, si la surprise de Mahmoud Abbas n'est pas dénuée de tactique politicienne, et si ce n'est pas la première fois que le président de l'Autorité menace de démissionner, elle prend cette fois une dimension plus désespérée. La veille, le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, avait menacé de saborder purement et simplement l'Autorité palestinienne et la «solution à deux États», l'un israélien et l'autre palestinien. À sa place, les Palestiniens «devraient poursuivre une solution à un seul État, où chrétiens, juifs et musulmans seraient égaux.»

Là encore, ce n'est pas la première fois que cette menace est agitée par les Palestiniens. Le renoncement de Mahmoud Abbas à se présenter en janvier apparaît toutefois comme un premier pas vers l'usage de l'arme ultime de dissuasion politique. Même si elle n'est pas utilisée, la dernière séquence laissera des traces.

«En disant devant l'OLP que le processus de paix avait échoué, Abbas est allé très loin, dit Khalil Chahine. Mais il n'a pas évoqué de stratégie de remplacement.» Preuve que le président palestinien espère toujours en une forte pression américaine sur Israël ? Sans doute. «Mais s'il n'est pas écouté, il lui faudra définir un nouveau mode d'action, qui ne pourrait reposer que sur la résistance populaire. Il faudra écouter avec attention sa prochaine intervention.» Jeudi, des rumeurs de discours solennel du président à la nation circulaient à Ramallah.

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jeudi, 05 novembre 2009

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Publié le 05/11/2009 par Le Point.fr


AFP

Mahmoud Abbas renoncerait à briguer un nouveau mandat

Mahmoud Abbas pourrait jeter l'éponge © Olivier Douliery/ABACAPRESS.COM

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Le président Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne se représenterait pas à la tête de l'Autorité palestinienne en janvier prochain. Le secrétaire général du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, a précisé que le comité exécutif avait "rejeter sa décision à l'unanimité". En clair, les dirigeants de l'OLP ont fait savoir qu'ils soutenaient toujours Mahmoud Abbas comme leur candidat à la présidentielle du 24 janvier.

Le scrutin présidentiel doit se tenir en même temps que des législatives. La décision de Mahmoud Abbas, âgé de 74 ans, survient alors que le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les États-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler complètement la colonisation dans les Territoires palestiniens. L'Autorité palestinienne réclame un arrêt total de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967) avant une reprise des négociations de paix. Le contentieux de la colonisation constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, bloquées depuis près d'un an. "Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne veut pas être un candidat (à la présidentielle) en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix", a expliqué un dirigeant du Fatah (le parti de M. Abbas), Nabil Shaath.

La "feuille de route" restée lettre morte

Le week-end dernier, lors d'une visite à Jérusalem, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé son soutien à la position du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui veut une reprise des pourparlers sans pré-condition et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation. Même si Hillary Clinton a précipitamment fait marche arrière depuis, ses propos à Jérusalem ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.

"Les Américains ont abandonné leurs obligations", a déploré jeudi Nabil Shaath, soulignant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la Feuille de route en 2003. La Feuille de route, adoptée par le Quartette pour le Proche-Orient (UE, États-Unis, Russie et ONU), prône notamment la coexistence au Proche-Orient de deux États, Israël et la Palestine, la fin des violences et de la colonisation juive.

mardi, 03 novembre 2009

Clinton demande des «gestes positifs» à Israël

Philippe Gélie - Envoyé spécial à Marrakech (lefigaro.fr), 03/11/2009


Hillary Clinton, le 2 novembre 2009 à Marrakech.
Hillary Clinton, le 2 novembre 2009 à Marrakech. Crédits photo : AFP

La diplomatie américaine a renoncé à exiger un gel total de la colonisation.

La diplomatie est-elle l'art du double langage ? Au lendemain de sa visite en Israël, où elle s'était rangée du côté de Benyamin Nétanyahou en appelant à une reprise sans condition» des négociations de paix, Hillary Clinton a cherché à rectifier le tir, lundi, dans le contexte d'une rencontre avec le monde arabe. L'opposition américaine aux colonies de peuplement israéliennes n'a pas changé», a affirmé la secrétaire d'État avant de participer au 6e Forum de l'avenir à Marrakech, instance de dialogue entre les États membres du G8 et une vingtaine de pays arabes. La position de l'Administration Obama sur les colonies est claire, sans équivoque, a déclaré Mme Clinton. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite des implantations israéliennes.»

Pour autant, ils n'en font plus une condition de la diplomatie. Dans les efforts de Washington pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, il y a donc la position de principe, qui demande aux parties de s'abstenir de tout geste contre-productif, et la position pratique, qui salue l'offre sans précédent» du premier ministre israélien de limiter» la colonisation. La formule est loin de ce que nous souhaiterions», reconnaît Mme Clinton, le président américain ayant demandé en vain à Israël de «stopper» l'expansion israélienne à Jérusalem et dans les territoires occupés. Mais cette demi-concession aurait «un effet significatif pour la paix», estime désormais la secrétaire d'État. La priorité de Washington est de renouer le fil du dialogue «dès que possible», quelles qu'en soient les conditions.

Face à l'ambiguïté américaine, la déception des partenaires arabes des États-Unis se fait plutôt discrète. Taïb Fassi-Fihri, le ministre marocain des Affaires étrangères, rappelle le caractère extrêmement sensible et difficile» du dossier. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, «salue l'approche du président Obama : il a adopté une position logique, constructive et équitable». Pour autant, il juge comme les Palestiniens que, sans arrêt de la colonisation, «il n'y a rien à négocier». Et quand on lui demande s'il croit aux intentions pacifiques de Benyamin Nétanyahou, il va droit au but : «Je ne vois aucun signe qu'il sera jamais un partenaire. La situation exige davantage de pressions. Mais nous gardons espoir.» Pour donner des gages et rétablir un certain équilibre, Mme Clinton a appelé lundi les Israéliens à faire «des gestes positifs» en réponse à l'amélioration de la sécurité dans les Territoires palestiniens.

Le président Mahmoud Abbas a fait preuve de «leadership et de détermination», a souligné la chef de la diplomatie américaine. «J'ai dit au premier ministre Nétanyahou que ces gestes positifs de la part des Palestiniens devaient susciter des gestes positifs d'Israël sur les déplacements et l'organisation de la sécurité israélienne en Cisjordanie. Israël a fait quelques pas en ce sens, mais il doit faire beaucoup plus.» Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki s'est dit «satisfait» des déclarations de Hillary Clinton, expliquant que l'opposition américaine aux colonies israélienne n'a pas changé».

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mercredi, 28 octobre 2009

Le Hamas refuse la tenue d'élections palestiniennes à Gaza

Publié le 28/10/2009 par AFP


Le Hamas refuse la tenue d'élections palestiniennes à Gaza

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé mercredi qu'il refusait la tenue dans ce territoire d'élections générales convoquées par l'Autorité palestinienne le 24 janvier prochain.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé mercredi qu'il refusait la tenue dans ce territoire d'élections générales convoquées par l'Autorité palestinienne le 24 janvier prochain.

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