mardi, 22 décembre 2009

Revue de presse Asie / A la une : Pékin-Londres, les motifs de fâcherie s’accumulent

Article publié le : mardi 22 décembre 2009



Par Sophie Malibeaux


A la Une de China Daily en effet, sous la rubrique «Affaires étrangères et militaires», on peut lire la réplique de Pékin aux accusations de Londres selon lesquelles la Chine serait responsable de l'échec de Copenhague dans les négociations sur le climat. Dans un article livré au quotidien britannique The Guardian, le négociateur britannique en charge des questions relatives au climat Ed Miliband estime que Pékin a «détourné» la conférence de ses objectifs, ce qui soulève les protestations officielles du gouvernement chinois. La porte-parole des affaires étrangères chinoise, madame Jiang Yu réfute ces allégations et affirme qu'il s'agit là d'une tentative d'un pays développé d'échapper à ses responsabilités en semant la discorde parmi les pays en développement. Et de louer les efforts consentis par la Chine, afin de permettre aux négociations de progresser.


A ce mauvais climat s'ajoute une autre affaire pour corser les relations entre Pékin et Londres, et c'est notamment la presse pakistanaise qui s'en fait l'écho ce mardi 22 décembre.


La Chine pourrait exécuter un ressortissant britannique accusé de porter sur lui 4 kilos d'héroïne lors de son arrestation dans la ville d'Urumqi, au nord ouest de la Chine en 2007. La cour suprême du peuple vient de rejeter son appel. The News évoque les pressions renouvelées de la diplomatie britannique en sa faveur. Gordon Brown avait téléphoné au début du mois au premier ministre chinois Wen Jiabao pour attirer l'attention sur le fait que l'accusé, Akmal Shaikh, ressortissant britannique d'origine pakistanaise ne disposait pas de toutes ses facultés mentales. L'exécution est prévue pour le 29 décembre. Les défenseurs des droits de l'homme alertés par son cas craignent que la querelle sur le climat ne vienne envenimer l'affaire.


Les crimes contre les Tamouls, argument de campagne

La campagne électorale qui oppose le président sortant Rajapakse à l'ancien chef des armées Fonseka, tous deux candidats au scrutin du 26 janvier, cette campagne fait remonter les accusations mutuelles entre les deux camps. Fonseka ayant accusé l'armée d'avoir éliminé de sang froid des leaders tamouls en reddition sur ordre du ministre de la défense Gotabhaya Rajapakse, qui n'est autre que le frère du président. L'Indian Express revient sur cette affaire, qui intéresse désormais les Nations Unies. Selon le quotidien indien, le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions arbitraires extrajudiciaires Philip Alston «aurait demandé des explications au gouvernement de Colombo». L'ancien général désormais candidat à la présidentiel, affirmait dans le quotidien sri lankais Sunday Leader que «Gothabaya avait purement et simplement donné ordre de tuer tous les leaders des Tigres Tamouls ».


Le procès contre Aung San Suu Kyi bientôt en appel

Un appel que la cour accepte d'examiner, même si la date de l'audience n'est pas encore programmée. L'avocat Kyi Win a plaidé l'affaire ce lundi 21 décembre pendant une heure et demie, nous dit le journal en ligne Irrawaddy. Le site de Mizzima News nous en dit un peu plus sur l'argumentaire de l'opposition. Les défenseurs de Aung San Suu Kyi tentent de faire valoir le fait qu'avec l'abrogation de la constitution de 1974, l'article sur lequel reposait le placement de la dissidente en résidence surveillée n'était plus de mise. L'article publié depuis Chiang Mai, en Thaïlande, fait état des dernières rumeurs circulant parmi les observateurs régionaux, selon lesquelles une libération de Aung San Suu Kyi était désormais envisageable. Parmi les éléments qui alimentent cette rumeur, le fait que la Ligue Nationale pour la Démocratie le parti de Aung San Suu Kyi, soit en pleine rénovation de ses locaux. Certains vont jusqu'à penser qu'il pourrait s'agir de préparer le retour de la Dame au siège du parti.


Les grondements du volcan Mayon

Les scientifiques ont augmenté le niveau d'alerte aux Philippines et les autorités appellent à évacuer les abords du mont Mayon, situé à quelques 300 km au sud est de la capitale Manille. Les grondements de la montagne s'entendent à plus de 5 kilomètres à la ronde selon les témoignages de villageois recueillis par le Manilla Times. L'Institut de vulcanologie et de sismologie des Philippines prévoit une irruption imminente, peut-être pour le jour de Noël. Les autorités estiment qu'il faudrait déplacer environ 100 000 personnes vivant aux abords de la montagne. Les écoulements de lave ont commencé au sud du volcan.

vendredi, 18 décembre 2009

Revue de presse Asie / A la Une : au Pakistan, malaise après la décision de la Cour suprême d’annuler l’amnistie générale de 2007

Article publié le : vendredi 18 décembre 2009

Par Georges Abou


The Dawn estime ce matin que ce rebondissement va éprouver la solidité des amis du président Zardari. En invalidant l’amnistie générale de 2007 pour examiner un ancienne affaire de corruption, la Cour suprême a mis la pression sur l’exécutif. Et si le président procède à une « purge », si il exige la démission de certains membres de son gouvernement, c’est le Premier ministre, et finalement lui-même, qui se retrouveront en première ligne, indique le quotidien de Karachi. The Dawn décrit une situation de grand embarras et d’intenses consultations avec les députés du principal parti au pouvoir (le PPP), au sein duquel les vieux notables préparent déjà leur retour et commencent à appeler à un remaniement ministériel.


Philippines : finalement, c’est une femme qui va instruire l’affaire du massacre politique de Maguindanao

Désigner un juge pour instruire l’affaire, dans le contexte philippin, à 5 mois des élections, a été une affaire compliquée. L’article du Philippine Star raconte les détails de la négociation : comment les juges philippins se sont défilés, comment le magistrat désigné s’est désisté, l’atmosphère de peur qui règne sur cette affaire et qui décourage l’exercice de la justice.


Les commentaires soulignent le courage de Jocelyne Solis-Reyes. Elle refuse toute protection policière, indique le quotidien philippin, et entend traiter ce dossier comme une « affaire ordinaire ». Rappelons que c’est un véritable carnage qui a été commis ce 23 novembre contre le clan Mangudadatu : 57 morts, pour mémoire.


Parallèlement, la presse s’arrange pour pourrir la réputation du juge Cortez qui s’est défilé. « C’est un lâche et il devrait au moins être viré », déclare en substance une association de lutte contre le crime et la corruption qui envisage d’éclaircir son comportement devant les tribunaux.


Les menaces sur la sécurité des témoins, des accusés et du personnel judiciaire sont prises très au sérieux alors que doivent démarrer dès aujourd’hui les premières audiences préliminaires de la famille Ampatuan, ainsi que de leurs complices présumés, parmi lesquels figurent 25 officiers de police incarcérés. Le Philippine Star précise que la justice devrait rendre un rapport préliminaire dans les 60 jours dans lequel devraient être déterminées les causes du massacre et qui devrait fournir des indications sur l’implication des responsables présumés.


Thaïlande : l’enquête sur l’avion nord-coréen saisi la semaine dernière sur l’aéroport de Bangkok est prolongée

Encore une ou deux semaines, indique le responsable de l’enquête au Bangkok Post. Il y avait 30 tonnes d’armes à bord, et l’équipage affirme toujours qu’il ne savait pas ce qu’il transportait, souligne le quotidien. La cargaison et l’avion ont été saisis vendredi. Evidemment, personne n’est venu réclamer la restitution de la cargaison, précise l’article. L’équipage est composé de cinq membres : un Biélorusse et quatre Kazakhs. L’avion est de fabrication russe, c’est un Ilyouchine 76, mais il a appartenu à une compagnie kazakh avant d’être loué à une compagnie néo-zélandaise basée à Auckland. Les armes sont nord-coréennes et, huit jours après, on ignore toujours quelle était la destination de la cargaison.


Australie : avis de tempête sociale pour le réveillon

Les Australiens de la région de Sydney vont devoir différer leurs courses de Noël en raison de la grève des conducteurs de bus. Les négociations salariales sont au point mort après le rejet des propositions par les syndicats. Et, à une semaine du réveillon, explique The Australian, ça va compliquer la vie des gens !


D’ailleurs l’article décrit un contexte social tendu en Australie. Les mécaniciens de la compagnie aérienne Qantas entame de leur côté cinq jours de grève et les retards dans la maintenance des avions risquent de menacer le trafic au mois de janvier si ils ne parviennent pas à un accord avec leur direction, précise le Daily Telegraph.


Le quotidien indique d’autre part que Qantas préfère finalement employer des prisonniers plutôt que des handicapés. Depuis 15 ans, la compagnie aérienne confiait le reconditionnement des écouteurs distribués aux passagers à une entreprise de réinsertion d’handicapés. En septembre, Qantas a relancé l’appel d’offre et c’est une entreprise de réinsertion de prisonniers qui a formulé la meilleure proposition.


L’information a provoqué de nombreuses réactions indignées, après 15 années de bons et loyaux services de la part de la société qui emploie les handicapés. Les autorités régionales s’en sont mêlées et avant que ça ne dégénère pour la notoriété de Qantas un moyen terme a été trouvé : les handicapés s’occuperont de la « classe économique », tandis que les prisonniers s’occuperont de la « business class ».

jeudi, 26 novembre 2009

Plusieurs responsables présumés du massacre de Maguindanao ont été arrêtés

Plusieurs responsables présumés du massacre de Maguindanao ont été arrêtés



Plusieurs individus ont été arrêtés après le massacre de 57 personnes, lundi, dans le sud du pays. Parmi eux, le fils du gouverneur de la province de Maguindanao et maire de Datu Unsay, considéré comme le suspect numéro un, qui clame son innocence.



Par REUTERS

Le gouvernement philippin a annoncé jeudi que le principal suspect du massacre qui a fait au moins 57 morts lundi dans le sud du pays avait été arrêté et serait transféré vers Manille pour être interrogé.

Andal Ampatuan Junior, maire d'une commune et fils du gouverneur de la province de Maguindanao, sur l'île de Mindanao, a été conduit par hélicoptère vers un aéroport proche d'où il doit être transféré vers Manille pour y être interrogé, a déclaré le secrétaire à l'Intérieur, Ronaldo Puno.

 

Le massacre aurait été perpétré par des miliciens sous le contrôle d'Andal Ampatuan Jr, fils d'un puissant politicien local membre de la coalition de la présidente Gloria Arroyo et soupçonné d'être le commanditaire de la tuerie commise lundi.

 

Le suspect a rejeté les accusations. "Il n'y a rien de vrai dans tout cela", a-t-il déclaré à des journalistes, qui lui demandaient s'il avait dirigé le massacre.

 

Par ailleurs, une enquête a été ouverte à l'encontre de tous les fonctionnaires de police d'une commune sous le contrôle du suspect numéro un, a ajouté le gouvernement.

 

"Tous les policiers du poste contrôlé par Ampatuan sont l'objet d'une enquête, soupçonnés de complicité dans le crime", a déclaré M. Puno.

 

Mercredi, la présidente Arroyo a promis que les responsables du massacre n'échapperaient pas à la justice, tandis que la zone, où l'état d'urgence a été décrété, a été bouclée jeudi par les forces de sécurité.

 

L'armée et des proches des victimes avaient indiqué mardi que le gouverneur aurait organisé la tuerie pour empêcher un rival, Esmael Mangundadatu, chef d'un autre clan, de se porter candidat au poste de gouverneur lors d'élections prévues l'an prochain.

 

Le gouverneur actuel souhaitait voir son fils assurer sa succession au même poste.

 

Un photographe de l'AFP a constaté jeudi que des blindés patrouillaient les grandes routes de la province et la télévision a diffusé des images de commandos de police investissant les immeubles des clans politiques dans les grandes villes de cette région.

 

Le directeur général de la police nationale Jesus Verzosa a annoncé plus tôt qu'un certain nombre, non précisé, de meurtriers présumés avaient déjà été arrêtés.

 

"Nous n'avons pas le nombre exact (des interpellés), mais nos policiers sur le terrain en ont arrêté plusieurs", a déclaré le directeur général de la police Jesus Verzosa à la radio DZBB.

 

Une centaine d'hommes de main d'Ampatuan ont stoppé lundi un convoi de politiciens rivaux du clan d'Esmael Mangudadatu, qui comprenait un groupe de journalistes. Ils ont été enlevés, tués et enterrés à proximité d'une ferme.

 

Les victimes, dont au moins 14 femmes, ont été découvertes le corps criblé de balles. Parmi les 57 victimes figurent 13 journalistes.

Source : france24.com


mercredi, 25 novembre 2009

Un proche de la présidente Arroyo accusé du massacre

Article publié le : mercredi 25 novembre 2009

Gloria Macapagal Arroyo.
REUTERS


Par RFI

Le bilan s'est alourdi au lendemain du massacre sur l'île de Mindanao dans le sud du pays, placé en état d'urgence. La police a retrouvé 52 cadavres et elle croit savoir qui a commandité l'opération.Il s'agirait du maire de la ville de Datu Unsay, un des alliés politiques de la présidente Gloria Arroyo.

Avec notre correspondant à Manille, Sébastien Farcis

Andal Ampatuan Jr est le maire d’une petite ville de Maguindanao, à l'ouest de Mindanao, et surtout le fils du gouverneur de la région. Il devait se présenter en mai prochain pour succéder à son père à ce poste. Et le convoi qui a été attaqué était justement celui de son futur opposant pour cette élection.

De nombreuses pistes désignaient déjà ce clan des Ampatuan. Les quatre survivants du massacre les tenaient pour responsables. La famille des Mangudadatu, visée par cette attaque, a depuis le début accusé ce clan, car ceux-ci menaçaient depuis plusieurs mois de les tuer s’ils se présentaient contre eux aux élections. Et puis, il y a surtout le bulldozer qui a été utilisé pour enterrer les victimes et qui porte le nom du gouverneur Ampatuan, gravé sur le flanc de la machine.

La gestion de cette affaire reste cependant très délicate pour le gouvernement. Celui-ci n’a qu’un contrôle limité sur la sécurité dans l’ouest de Mindanao, et il n’a pas envie de déclencher un conflit armé contre ces chefs de guerre. Et surtout, le clan des Ampatuan est un allié politique fidèle et stratégique de la présidente Arroyo dans la région sur qui elle pourrait compter pour les élections nationales de mai prochain.

La communauté des médias est sous le choc

Des messes sont organisées dans le sud du pays ainsi que des défilés de protestation composés de journalistes vêtus de noir. Car avec au moins treize journalistes tués au cours de l'attaque, on a affaire à la plus grande tuerie de journalistes dans l’histoire moderne.

Le secrétaire général de l’ONU a personnellement appelé à ce que toute la justice soit faite sur ces assassinats. L’Union européenne a également fortement condamné cet acte. Toute cette pression pourrait forcer le gouvernement d’Arroyo à abandonner ses anciennes alliances et à poursuivre réellement les Ampatuan en justice.

jeudi, 12 novembre 2009

Revue de presse Asie : Libération d’un prêtre irlandais aux Philippines

Article publié le : jeudi 12 novembre 2009


Par Valérie Rohart



Le Père Michael Sinnott avait été kidnappé le 11 octobre dernier dans le sud du pays par le Front de Libération Moro Islamique. Il a été libéré ce jeudi matin et la presse philippine est très réactive : c’est le premier gros titre des journaux en ligne. « Il va aussi bien que possible sachant que le prêtre souffre de problèmes cardiaques » affirment les journaux philippins. Dans The Inquirer, les autorités irlandaises affirment qu’aucune rançon n’a été payée alors que le MILF réclamait 2 millions de dollars. « Payer une rançon aurait mis en danger tous les autres travailleurs humanitaires dans la région ainsi que les citoyens irlandais » a expliqué le ministre des Affaires étrangères irlandais, Michael Martin, toujours cité par l’Inquirer. Le Manilla Bulletin rappelle lui que le père Sinnott a été libéré à la veille de l’arrivée ce jeudi aux Philippines de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.

D’une religion à l’autre et d’un religieux à l’autre… En Inde, c’est le Dalaï Lama qui a des problèmes avec les autorités

Et là aussi ça fait la Une de la presse. C’est le Times of India qui l’annonce : bien qu’il ait promis de ne pas interférer dans le voyage du Dalaï Lama dans la province d’Arunachal Pradesh, le gouvernement indien a tout de même fini par demander au chef spirituel des tibétains de restreindre son programme et il a ordonné aux journalistes qui couvraient ce voyage de quitter les lieux. Le gouvernement indien demande notamment au Dalaï Lama de transformer le discours public qu’il doit faire ce jeudi en prière religieuse. « C’est que la région est sensible » explique le Times of India. L’Arunachal Pradesh est en effet une région revendiquée par la Chine. D’où le caractère sensible de la visite du Dalaï Lama. La Chine avait d’ailleurs tenté de s’opposer à ce déplacement.

Toujours au chapitre religieux, cette déclaration du secrétaire général du Parti Démocratique du Japon, le parti au pouvoir…

Et reprise par l’Asahi Shimbun : Ichiro Osawa estime que la chrétienté et l’Islam sont deux religions très exclusives. « Au contraire, dit-il toujours cité par l’Asahi, le bouddhisme est une religion très ouverte, tolérante, c’est une tournure d’esprit » et il ajoute : « La façon dont vit la société occidentale montre bien qu’une civilisation basée exclusivement sur la chrétienté stagne ». Les Occidentaux apprécieront la réflexion qui engage le tout nouveau parti au pouvoir au Japon…

Le ton monte entre les deux Corées après l’incident naval de mardi…

Rodong Sinmun, l’organe officiel du Parti communiste nord-coréen affirme que l’échange de tir entre les deux navires est une conspiration du Sud pour détériorer les relations entre les deux Corées à travers une provocation militaire. Je vous rappelle que mardi matin, un navire sud-coréen a lance des sommations puis a ouvert le feu contre un bateau nord-coréen qui aurait franchi la frontière maritime entre les deux pays. Une frontière fixée par les Nations Unies et que le Nord ne reconnait pas.

Les Etats Unis ont accepté d’envoyer un émissaire spécial pour discuter directement avec la Corée du Nord mais ne renoncent pas pour autant aux sanctions contre la Corée du Nord.

Ils seraient même en train, selon le Chosun Ilbo, de chercher un moyen de priver Kim Jong il de l’accès à ses comptes courants. « Le 4 août dernier, écrit le Chosun Ilbo, alors que la Corée du Nord invitait à Pyongyang l’envoyé spécial américain Stephen Bosworth et que l’ancien président Bill Clinton était en Corée du Nord pour obtenir la libération des deux journalistes américaines, l’émissaire américain chargé des sanctions contre la Corée du Nord était, lui, à Moscou pour demander au gouvernement russe d’arrêter les activités d’une branche de la mafia qui alimente les comptes de Kim Jong-il ». « Les services secrets sud-coréens et américains, écrit encore le Chosun Ilbo, sont convaincus que la Corée du Nord a récemment reçu des devises étrangères toutes fraiches qui proviennent du trafic d’ivoire en Afrique, du trafic de faux dollars ainsi que de la vente de faux viagra et de drogue ».

Tension entre la Thaïlande et le Cambodge à propos de l’ancien Premier ministre Thaksin, la polémique n’est pas terminée…

« No, no, no, no ». Quatre fois «non» c’est le premier titre ce jeudi du Bangkok Post qui explique : « Le Cambodge a donné  quatre raisons pour lesquelles il n’extradera jamais Thaksin Shinawatra ». C’est fois c’est donc officiel : le Cambodge refuse d’extrader l’ancien Premier ministre thaïlandais qui est sous le coup d’une condamnation dans son pays. Je vous rappelle qu’au Cambodge, le premier ministre Hun Sen a accueilli Thaksin et lui a même offert un poste de conseiller économique. Ce que la Thaïlande considère comme une provocation. « Du coup, raconte le Bangkok Post, le gouvernement thaïlandais a décidé de revoir sa coopération avec le Cambodge ».

A Hong Kong, le South China Morning Post se range du côté thaïlandais.

« Dans un monde parfait, écrit le quotidien, les pays voisins devraient se respecter les uns les autres. Malheureusement dans la région du Mékong, on est loin de cette utopie. Et le Premier ministre cambodgien Hun  Sen aurait du s’abstenir d’accueillir l’ancien premier ministre Thaksin » écrit le South China Morning Post. Tandis que le journal thaïlandais The Nation estime lui que ce différent illustre aussi une différence de style entre ses dirigeants. « Une différence de génération » explique le journal. « Le vieux leader Hun Sen contre le jeune Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva » explique The Nation.

vendredi, 06 novembre 2009

A la une : La question des gaz à effet de serre

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Par Stéphane Lagarde


Cette question devrait de nouveau agiter le sommet du Forum de coopération de l’Asie Pacifique (l’APEC) la semaine prochaine, des agronomes ont peut être mis au point la pelouse magique à Wellington. Belle photo de vache sur le site du New Zeland Herald ce vendredi matin. Des paddocks de gazon génétiquement modifié permettraient, d’après ces scientifiques et si c’est au goût de l’animal bien sûr… Cette herbe génétiquement transformée permettrait de réduire… et oui les pets de vache accusés comme vous le savez de contribuer à l’effet de serre. Nos bovidés seraient moins ballonnés et du coup cela réduirait d’autant la production de méthane. Pour l’instant le laboratoire qui a émis l’idée n’en est qu’au stade du projet. Mais déjà, les protecteurs de la nature s’inquiètent. La Nouvelle-Zélande est un grand producteur de lait, les OGM dans l’herbe pourraient nuire à la qualité du produit disent-ils et la réputation du pays.

Valse des ambassadeurs

La valse des diplomates -Bangkok qui rappelle son ambassadeur à Phnom Penh et dans la foulée, évidemment, Phnom Penh qui fait de même-, est  un signe de plus de la tension qui monte entre les deux pays. Et à chaque fois, les deux mêmes noms se retrouvent à la Une : Celui de l'actuel Premier ministre cambodgien Hun Sen et celui de son ami, l'ancien premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption dans son pays. Hun Sen lui a offert le gîte et le couvert et même un boulot à son ami Thaksin, en le nommant conseiller économique du gouvernement. Ce qui évidemment ne plaît pas du tout au gouvernement thaïlandais.

Sourire côté cambodgien, agacement côté Thaïlandais

Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. Alors, c'est ballot semble s’étonner le journal ! Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde affirme le haut fonctionnaire et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser.

Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé

Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. C'est ballot fait semblant de s’étonner le journal : Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques, s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser. Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé, semble-t-il. Visiblement The Nation n'est pas du côté des « chemises rouges », ces militants pro-Thaksin qui continuent de soutenir l'ancien premier ministre en Thaïlande. The Nation qui s'inquiète et  s'interroge : « Que prépare Thaksin désormais » demande le journal ? Un peu comme s'il s'agissait d'un mauvais garçon, à qui il fallait faire la leçon. Il aurait dû se taire explique The Nation mais « il a préféré accuser le gouvernement Thaïlandais d'en faire trop, de suréagir comme un enfant ». Il faut dire aussi que cette polémique arrive dans un contexte d'instabilité en Thaïlande et de fébrilité à la frontière entre les deux pays. Faut-il alors s'inquiéter ? Oui confie ce responsable politique thaïlandais qui visiblement ni d’humour, ni de répartie. Vous lirez ses propos dans le Bangkok Post. Si (Thaksin) est conseiller du gouvernement à Phnom Penh alors dit-il : « Il faut s’inquiéter pour les dommages qu'il va infliger à l'économie… Cambodgienne »

Ouïgours privés d’internet

Les habitants du Xinjiang sont toujours privés d’Internet en Chine. Le problème est résumé par dessin dans le China Daily. Le dessin d'un ordinateur portable avec sur l’écran, un panneau d’interdiction et ces mots : « Accès refusé ». Le quotidien en ligne reprend la version officielle : le réseau a cessé de fonctionner 24 heures après le début des émeutes, entre ouïgours musulmans et les Hans en juillet dernier, qui ont fait près de 200 morts. « Le gouvernement central a bloqué les accès au web dans la province du Xinjiang parce que c'était un outil vital pour les meneurs (de la révolte) » poursuit le journal. Depuis cette date tous les habitants de la province sont coupés du net et rouspètent. Il y a cet homme d'affaire qui explique qu'il a dû délocaliser son bureau pour communiquer avec ses clients. Il y a cette mère qui s'inquiète pour sa fille qui « devait s'inscrire à la faculté en Australie sur internet ». Et puis il y a tous ceux parmi ces habitants du Xinjiang, que le China Daily n’a pas interrogé. Les Ouigours eux aussi sont coupés du net et même bien plus que cela.

Discriminations en Corée du Sud

Ils sont nombreux les cas de discrimination dans ce pays. La presse nous en donne deux exemples ce vendredi matin. D'abord ce travailleur égyptien sans papiers qui obtient gain de cause en justice. L'histoire est racontée par le Korea Times. Mustafa a 29 ans. Il a été blessé après avoir été molesté par l'un de ses collègues sur un chantier. Le court administratif de Séoul a jugé qu'il devait être dédommagé pour cet acte raciste. Et puis autre histoire, celle de ce professeur d’université indien Bonojit Hussain, et sa compagne coréenne Han Ji-sun. Leur récit est dans le Korea Herald. Le quotidien y consacre cinq pages très émouvantes. Oh c’est une histoire malheureusement banale.  Hussain et sa compagne se font agresser verbalement puis physiquement un jour dans un bus. Hussain porte plainte pour insultes racistes, mais la police doute de sa qualité d'enseignant et même de la légalité de son titre de séjour. La presse s'est emparée de l'histoire en Inde et en Corée et ça donne ce long récit à lire ce matin dans le Korea Herald.

Prison qui danse au Philippines

Quand les matons filment, les prisonniers dansent au Philippines. Pour finir de vous réveiller et puisque nous sommes vendredi je vous conseil cette vidéo sur le site du Daily Telegraph. C'est en Australie mais par définition si c'est sur internet, c'est aussi chez vous. Allez-y cliquez, ça vous mettra de bonne humeur. Des centaines de prisonniers aux philippines sont alignés dans la cour de la prison en combinaison orange. Queen et les autres rugissent dans les hauts parleurs et hop, tout le monde se met à danser ! La chorégraphie a été enregistrée fin octobre au pénitencier de Cebu. C’est un prisonnier condamné à la prison pour crime en série qui a réglé la chorégraphie. La vidéo a déjà fait plusieurs fois le tour du web. A la fin certains prisonniers se retrouvent même en tutus -bleus et verts fluo-. « I want to break free » dit la chanson. Croyez-moi, ça donne un style !

10 villes pour 2010

Et on termine par un conseil à nos auditeurs internautes voyageurs. Le site du Sydney Morning Herald propose dix villes à découvrir cette année. Il y a de très belles photos, c’est en partenariat avec  le guide Lonely Planet avec parfois des choix étonnants. Oubliez Paris, Londres, Rome, New York ou encore Berlin qui ne font pas partie de la liste. Le Sydney Herald conseil d’avantage Kyoto, Singapour, Istanbul, Sarajevo ou Abu Dhabi pour les amateurs de shopping. Et puis des villes moins attendues telles que Charleston aux Etats-Unis, Lecce en Italie la florence des Pouilles ou encore Cuenca la troisième ville d’équateur que les Incas il y a bien longtemps la « terre aussi grande que le paradis ». Si voyager au paradis vous dit. Allez-y, jetez un œil au Sydney Morning Herald.

mardi, 29 septembre 2009

Les autorités lancent un appel à l'aide

Par RFI. Article publié le 29/09/2009


Confrontées ce week-end à des inondations catastrophiques et meurtrières : 240 morts, et à 1,8 millions le nombre de sinistrés, les autorités philippines qui s'efforçaient ce lundi d'organiser les secours ont lancé un appel à l’aide internationale. Plusieurs pays ont d'ores et déjà apporté une aide, et plusieurs agences de l'ONU se sont mobilisées. Mais, la météo n'est pas rassurante. Il a beaucoup plu ces derrnières 24h et une nouvelle dépression se creuse dans le Pacifique, au large de l'île meurtrie de Luçon.

Une Philippine lavant ses vêtements devant sa maison complètement détruite par les flots, à l'est de Manille, le 28 septembre 2009.(Photo : Reuters)

Une Philippine lavant ses vêtements devant sa maison complètement détruite par les flots, à l'est de Manille, le 28 septembre 2009.
(Photo : Reuters)


Avec notre correspondant à Manille,
Sébastien Farcis

« Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Il est déjà très tard. » Avec ces mots, le ministre de la Défense a demandé officiellement aux pays étrangers de venir aider le gouvernement philippin. Les deux tempêtes, qui pourraient frapper l’archipel cette semaine, risquent en effet de porter un coup fatal à une population extrêmement fragile.

Plus de 500 000 personnes ont été touchées par ces inondations dans la capitale et 115 000 sont encore dans des centres d’évacuation. Face à l’ampleur du désastre, le gouvernement a clairement été pris de court.

On n’attendait pas une tempête si forte. Or, il est tombé plus de pluie en six heures qu’en un mois normal. Le gouvernement manque à présent d’engins pour déblayer les routes et accéder aux victimes, et de canots pour les évacuer. Beaucoup de ce matériel à lui-même été emporté. Or, avec les pluies qui arrivent cela semble représenter la première urgence.

Pour l’instant, la réponse à l'appel à l'aide philippin est ponctuelle, mais elle grandit rapidement. Le voisin japonais est le plus important contributeur, son gouvernement a ordonné le versement de 220 000 dollars d’aide humanitaire. Les Etats-unis ont rapidement réagi également, et leur aide s’élève à présent à 100 000 dollars. La France, elle, donnera 10 000 euros. Toutes ces aides iront en général à la Croix Rouge nationale, qui gère ici les opérations de secours et d’assistance.

L’entraide est également très présente, entre les Philippins eux-mêmes. Des milliers de personnes se sont portées volontaires pour apporter de l’aide dans les centres d’assistance. Le plus grand groupe de centres commerciaux du pays vient également de lancer un programme d’aide, qui offrira 15 centimes d’euros pour tout achat de plus de 7 euros. Le ministre de la Défense a également appelé toutes les entreprises privées à prêter leurs camions. Car ce genre d’engins manquent cruellement après les inondations.

Enfin, la rébellion communiste, très présente dans le nord de Manille, a déclaré qu’elle observait dès à présent un cessez le feu unilatéral et s’engageait à aider les victimes.

jeudi, 10 septembre 2009

"Noynoy" candidat à la présidentielle

Par Stéphane Lagarde (RFI). Article publié le 09/09/2009

 

Benigno « Noynoy » Aquino, fils de la défunte présidente philippine Corazon Aquino, a annoncé mercredi sa candidature à l'élection présidentielle des Philippines. « J'accepte l'appel de la nation. J'accepte aussi les consignes de mes parents », a dit Noynoy lors d'une conférence de presse tenue dans la salle même où sa mère, disparue le mois dernier, avait été proclamée présidente il y a 23 ans.

Benigno "Noynoy" Aquino à Manille, lors de l'annonce de sa candidature à la présidentielle, le 9 septembre.(Photo : AFP)

Benigno "Noynoy" Aquino à Manille, lors de l'annonce de sa candidature à la présidentielle, le 9 septembre.
(Photo : AFP)

 

On échappe difficilement au poids de la dynastie, surtout lorsqu’elle est appuyée par la pression populaire. C’est la rue qui, la première, a demandé au sénateur Benigno « Noynoy » Aquino III de prendre la succession de sa mère, décédée d’un cancer du colon le 1er août dernier. Noynoy capitalise sur l’émotion qui a secoué le pays et la vague d’affection pour « l’icône de la démocratie » aux Philippines.

Tous les postes de télévision du pays étaient allumés lorsque Noynoy a fait son discours pour l’ouverture des funérailles officielles. Même chose ce mercredi pour l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle. Le lieu de la conférence de presse n’a pas été choisi au hasard : C’est dans ce prestigieux Club Philippin de Manille que, vingt-trois ans plus tôt, Corazon Aquino avait été proclamée présidente.

Candidat malgré lui

Pendant des semaines, les Philippins ont pleuré « Cory » -surnom de Corazon Aquino- dans les processions funèbres. Depuis quelques jours, le nom du fils a fleuri sur des banderoles dans plusieurs villes au nord de la capitale. Après 40 jours de deuil et une retraite spirituelle hautement médiatisée, Noynoy pouvait donc sortir du silence. Lui, que certains observateurs disaient hésitant, serait un candidat malgré lui. « J’accepte l’appel de la nation » a-t-il expliqué avant d’ajouter : « J’accepte aussi les consignes de mes parents ».

A 49 ans, voilà donc le fils intronisé comme candidat du parti libéral d’opposition pour les présidentielles de mai 2010. Il lui reste encore à se faire un prénom car pour l’instant le sénateur Aquino n’a guère brillé dans l’action politique. Inexistant sur les bancs parlementaires, il doit encore gagner le soutien de plusieurs partis d’opposition pour crédibiliser sa candidature. Il lui faut aussi rassembler dans son propre parti. Jusqu’à la semaine dernière en effet, le parti libéral avait en tête un autre candidat, en l’occurrence le sénateur Manuel Roxas, lui-même petit-fils d’un ancien président.

En attendant un vice-président

« Mar » Roxas acceptera–t-il de jouer les numéros deux, sachant qu’aux Philippines la présidentielle se gagne en tandem ? « Je lui ai offert la vice-présidence », a affirmé Noynoy qui attend toujours la décision de son éventuel colistier. Avec ou sans Roxas, les analystes estiment toutefois que le sénateur Aquino a de bonnes chances de s’imposer. Concernant son manque de maturité politique, les commentateurs rappellent les propos tenus par Corazon Aquino en 1985 : « Je ne connais rien à la présidence » avait alors déclaré l’ex-présidente défunte, avant d’obtenir le soutien de l’opposition et des milieux d’affaires.

Or, aujourd’hui, aucun des autres candidats ne semble bénéficier de sa popularité dans l’opinion. Malgré ses talents politiques, le sénateur Roxas n’a guère fait l’objet des couvertures des magazines autrement qu’en tant qu’ex-petit ami de la journaliste vedette Korina Sanchez. Noynoy Aquino pourrait également proposer la vice-présidence au maire de Makati, Jejomar Binay. Un choix appuyé par le Mouvement pour la bonne gouvernance (MGG Movement for Good Governance) qui revendique 25 000 membres dans les milieux étudiants, ouvriers, industriels et religieux.

Benigno Aquino peut compter enfin sur l’un des principaux clans qui ont dominé le pays. Corazon Aquino est née dans la famille Cojuango qui continue à jouer un rôle important dans l’économie. Plusieurs de ses membres pourraient ainsi revenir à des postes influents, en cas de victoire du fils de « Cory » au printemps 2010.

vendredi, 14 août 2009

Violents combats entre l'armée et la guérilla d'Abu Sayyaf

Par  RFI. Article publié le 14/08/2009 

A Zamboanga City, l'hommage des familles aux soldats tués lors des violents combats ayant opposé l'armée philippine aux combattants d'Abu Sayyaf, le 13 août 2009.( Photo : Charlie Saceda/Reuters )

A Zamboanga City, l'hommage des familles aux soldats tués lors des violents combats ayant opposé l'armée philippine aux combattants d'Abu Sayyaf, le 13 août 2009.
( Photo : Charlie Saceda/Reuters )

De violents combats ont éclaté entre l'armée et les membres du groupe islamiste radical Abu Sayyaf, mercredi. Au moins 23 soldats et une vingtaine de séparatistes musulmans ont été tués dans ces affrontements dans le sud du pays, a annoncé jeudi le commandant local de l'armée. Des combats qui surviennent dans un contexte de reprise de négociations entre le gouvernement et l'autre mouvement rebelle, le Front islamique moro.

Ces combats ont été les plus sanglants depuis l'été 2007. L'armée philippine est passée à l'offensive contre les rebelles du groupe islamiste radical Abu Sayyaf dans le but de démanteler une base importante de la rébellion djihadiste (peut-être même de neutraliser l'un de ses commandants), sur l'île de Basilan, dans l'extrême sud de l'archipel.

Les combats ont duré deux jours et le bilan élevé des victimes montre que les soldats philippins sont tombés sur une très forte résistance de la part des rebelles, signe que le mouvement reste dynamique. Jeudi soir, l'armée envisageait toujours de dépêcher des renforts pour traquer les fugitifs sur un terrain réputé difficile d'accés.

Ces affrontements éclatent au moment où Manille et le Front de libération islamique moro, l'autre rébellion en cours au sud des Philippines, engagent de nouvelles négociations de paix.Y a-t-il eu confusion ou précipitation lors de l'offensive ? Dans un entretien au Manila Times, le porte-parole du Front moro affirme que les soldats gouvernementaux ont également attaqué ses combattants. Pourtant, déclare le porte-parole de l'armée, nous nous étions coordonnés avec le Front moro et le comité de cessation des hotilités pour éviter les incidents. L'opération était exclusivement dirigée contre les membres d'Abu Sayyaf.

Un épisode qui traduit certainement la nervosité des hommes déployés sur un terrain dangereux. Lors de l'annonce de la reprise des négociations avec le Front moro, fin juillet, les militaires avaient averti qu'ils gardaient le doigt sur la gachette.

lundi, 27 juillet 2009

PHILIPPINES : Disons non aux dealers !

Les autorités devront-elles déclarer une "guerre totale" aux trafiquants de drogue pour débarrasser le pays d’un problème qui ne cesse de s'aggraver ? Le Philippine Daily Inquirer est enclin à le penser.

27.07.2009 | Philippine Daily Inquirer

shabu (méthamphétamine)

shabu (méthamphétamine)

Fin juillet, la fille mineure d’un agent antidrogue a été enlevée, droguée et violée. Ce drame illustre la gravité du problème du trafic des narcotiques dans le pays. Aujourd’hui, aucun fonctionnaire – ni même ses proches – n’est à l’abri de représailles organisées par les groupes mafieux. En dépit de récentes victoires remportées par les autorités, comme la saisie en mai 2008 d’une cargaison de shabu (méthamphétamine) d’une valeur de 4,6 milliards de pesos [67 millions d’euros] à Subic [au nord-ouest de Manille], les actions engagées manquent de constance et de détermination. Dans l’archipel, le problème est en passe d’atteindre l’ampleur qu’il connaît en Colombie et au Mexique, pays aux cartels omnipotents.

Mais, visiblement, tant le gouvernement que le reste de la société ne s’en inquiètent pas outre mesure. Il a fallu un acte criminel abominable, autrement dit l’enlèvement et le viol d’une jeune fille semble-t-il par des trafiquants, pour qu’ils se penchent sur le problème. Les statistiques sont pourtant suffisamment édifiantes. Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas pris le problème à bras-le-corps ? Cela reste un mystère. Sur les 92 millions de Philippins, 3,4 millions consomment des stupéfiants. Le pays figure en cinquième position en termes de saisies de shabu entre 1998 et 2007. En 2008, des descentes ont été conduites dans dix laboratoires où cette substance était fabriquée. Et, pour finir, le trafic de drogue dans le pays générerait entre 150 et 300 milliards de pesos [2,2 à 4,4 milliards d’euros] par an.

Si le problème n’est pas réglé rapidement, les Philippines pourraient bien suivre le chemin de la Colombie ou du Mexique. En Colombie, les cartels de Medellín et de Cali [Valle del Cauca] ont été démantelés, mais des groupes plus petits se sont formés. L’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA) et la police colombienne estiment à plus de 300 le nombre de ces organisations opérant dans le pays. Au Mexique, le président Felipe Calderón a déclaré en 2006 une guerre totale aux cartels. Les agents du gouvernement ont appréhendé plus de 66 000 suspects, saisi des tonnes de cocaïne et de cannabis et intercepté des armes, des avions et des bateaux appartenant à des seigneurs de la drogue. Mais les violences liées aux affaires de drogue ont augmenté et près de 10 000 trafiquants, agents de l’Etat et civils, ont été tués dans cette guerre depuis janvier 2007. Le problème aux Philippines s’aggrave. Le gouvernement devra mener une guerre totale contre les mafias, mais de façon à faire le moins possible de victimes et de dommages collatéraux. Un bilan de 10 000 morts serait inacceptable.

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