mardi, 22 décembre 2009

Monja Roindefo : « Andry Rajoelina est inconstant et fait du bricolage »

Interview de l’ancien Premier ministre malgache




Evincé du poste de chef du gouvernement en octobre dernier pour son hostilité à l’égard des accords de Maputo, Monja Roindefo revient sur la scène politique. Il était en visite lundi à Paris où il a répondu aux questions des journalistes. Pour l’ancien Premier ministre malgache, l’échec de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale entre la Haute Autorité de Transition (HAT) dirigée par Andry Rajoelina, et les trois mouvances politiques de l’opposition menées par Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Didier Ratsiraka était prévisible. Dans cette interview exclusive accordée à Afrik. com, Monja Roindefo revient sur les actions du président de transition. Il parle notamment de la nomination dimanche d’un nouveau Premier ministre.


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mardi 22 décembre 2009 / par Stéphanie Plasse (Source : afrik.com)

 

Les derniers espoirs de cohabitation à Madagascar semblent s’envoler. Le président de la HAT, Andry Rajoelina, a nommé dimanche un nouveau Premier ministre, le colonel Albert Camille Vital. C’est le deuxième en 48 heures. Albert Camille Vital succède en effet au chef du gouvernement de consensus, Eugène Mangalaza qui, après la publication vendredi d’un décret annulant sa nomination, a dû quitter son poste. Son départ sonne l’échec retentissant des accords de Maputo qui prévoyaient la mise en place d’un gouvernement d’Union nationale. De leur côté, les leaders des trois mouvances politiques de l’opposition (Marc Ravalomanana, Albert Zafy, Didier Ratsiraka) tentent de réunir un Parlement, comme convenu lors des accords de Maputo début décembre. Mais pour Andry Rajoelina, les négociations sur le partage du pouvoir sont désormais caduques. Dans ce contexte, Monja Roindefo, ancien Premier ministre et ex-bras droit de l’homme fort de Madagascar, accuse le président de la HAT malgache d’être « dans une logique affrontement ». Il revient notamment sur les raisons de l’échec des accords de Maputo et sur le rôle qu’il entend jouer dans les prochains mois. Interview.


Afrik.com : Andry Rajoelina a changé deux fois de Premier ministre en 48 heures. Selon vous, que reflète cette situation ?

Monja Roindefo : Elle témoigne de l’inconstance et du bricolage d’Andry Rajoelina. Il n’arrive pas à sortir le pays de la crise politique. Il tâtonne, il est en train de créer une logique d’affrontement. Les trois mouvances politiques de l’opposition ont annoncé qu’elles allaient installer mardi leurs ministres, conformément à la décision qui avait été prise début décembre, à Maputo. En réaction, Andry Rajoelina a prévenu qu’il allait réprimer cette initiative.


Afrik.com : Andry Rajoelina a choisi un militaire comme Premier ministre. Est-ce en prévision d’une nouvelle crise ouverte ? Voudrait-il s’appuyer sur les militaires ?

Monja Roindefo : C’est difficile à dire. Les militaires sont divisés. Mais la plupart d’entre eux veulent agir dans un cadre constitutionnel. De toute manière, cette logique d’affrontement ne contribue pas au retour à l’ordre. C’est pour cela que je préconise notamment des assises militaires pour que le dialogue puisse enfin s’instaurer.


Afrik.com : Les accords de Maputo ont échoué. Est-ce une victoire pour vous qui étiez hostile à ces négociations ?

Monja Roindefo : Cela prouve que j’avais raison. C’est vrai je n’ai jamais caché mon hostilité à l’égard des accords de Maputo. Je ne cautionnais pas ce scénario car je savais qu’il n’allait aboutir à rien. Cette crise doit se résoudre de l’intérieur. Il fallait parler des élections autrement que dans le seul cadre du gouvernement. Les négociations ont été un peu superficielles et ne se sont pas attachées à trouver de vraies solutions.


Afrik.com : Votre hostilité à l’égard des accords de Maputo vous a valu votre poste. Comment avez-vous vécu cette éviction du pouvoir par Andry Rajoelina, dont vous étiez très proche ?

Monja Roindefo : Je savais les limites de ces accords. J’en ai fait part à Andry Rajoelina qui ne m’a pas écouté, à cause peut-être d’une antipathie personnelle envers moi. J’ai préféré quitter mon poste pour ne pas envenimer la situation.


Afrik.com : Que préconisez-vous pour sortir Madagascar de la crise politique ?

Monja Roindefo : Je pense qu’il faut un cadre de rassemblement et un rassembleur. Il faut établir une plateforme de dialogue, de négociations entre les mouvances politiques, les acteurs de la société civile, accompagnés de la communauté internationale. Cela passe par la mise en place d’assises militaires, nationales et régionales dès janvier 2010. Il faut que cela se fasse dans un cadre interne.


Afrik.com : Vous parlez d’un rôle de rassembleur. Êtes-vous prêt à jouer ce rôle ? Comptez-vous sur un poste au gouvernement ?

Monja Roindefo : On m’a déjà sollicité pour que je revienne mais j’ai refusé. J’attends qu’on ait trouvé une solution durable. Je pense plus en ce moment à un rôle de rassembleur en charge de convoquer les réunions, les assises. Je souhaite qu’on établisse une feuille de route, acceptée par la majorité, pour que Madagascar sorte de cette impasse.


Afrik.com : Vous étiez en visite lundi à Paris. Pourquoi ?

Monja Roindefo : Je cherche à dévier la France de ses positions actuelles. Le pays doit avoir une vision plus large de Madagascar et ne doit pas privilégier une voix unique. Il faut que tous les partis soient entendus.

lundi, 21 décembre 2009

Les Frères musulmans d'Egypte se cherchent un nouveau chef

21/12/2009 | AFP


Mohammed Mehdi Akef, actuel leader des Frères musulmans, ici au Caire en 2005Mohammed Mehdi Akef, actuel leader des Frères musulmans, ici au Caire en 2005© AFP


Affaiblis par leurs divisions internes, les Frères musulmans d'Egypte élisent en ce moment leur nouveau leader, en remplacement de Mohammed Mehdi Akef. La confrérie pourrait, en raison de ses désaccords, accuser un net recul aux prochaines élections législatives.


Les Frères musulmans d'Egypte ont commencé à voter pour élire leur nouveau chef et leur bureau exécutif, rapporte lundi la presse, faisant état de graves divisions internes susceptibles d'affaiblir la première force d'opposition du pays. Les membres de la confrérie doivent élire le successeur de leur Guide suprême, Mohammed Mehdi Akef, qui a décidé de se retirer en janvier, au terme de son mandat. Ils désignent également les 16 membres du bureau exécutif.


Les résultats préliminaires dimanche soir montrait que 14 membres du bureau exécutif ont déjà été élus alors que quatre hauts responsables, dont le numéro 2 Mohammed Habib, rivalisent pour les deux postes restants, indique le journal Al-Chorouk, citant des sources du mouvement.


Confrérie diviséé


Mohammed Habib a indiqué à ce journal que le groupe était divisé entre les partisans d'un mouvement plus actif dans la vie politique et ceux qui préfèrent le statu quo.


Les Frères musulmans sont officiellement interdits en tant que parti politique mais relativement tolérés dans les faits, même si leurs membres font régulièrement l'objet d'arrestations.


"Les désaccords au sein du groupe sont très sérieux", a déclaré Amr el-Choubaki, analyste au Centre Al-Ahram d'études politiques et stratégiques.


"La plupart des membres du groupe sont des conservateurs ayant peu d'expérience politique en dehors des Frères musulmans et qui s'appuient sur des documents religieux pour donner la ligne politique", a-t-il indiqué. Les autres, dont M. Habib et Abdel Moneim Aboul Foutouh, ont appelé à plus de participation dans la vie politique, ce qui a notamment contribué à leur mise à l'écart, a-t-il ajouté.


Ces divisions risquent d'affaiblir ce groupe pour les prochaines élections législatives, prévues en novembre 2010. Les Frères musulmans avaient fait une percée historique aux législatives de 2005, remportant un cinquième des sièges au Parlement avec des députés "indépendants". Depuis, les autorités mènent régulièrement des opérations contre la confrérie, visant notamment ses dirigeants.

mercredi, 09 décembre 2009

Kofi Yamgnane confirme ses liens d'amitié avec le diplomate français expulsé

08/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Pierre Boisselet


Kofi Yamgnane est dirige le mouvement Kofi Yamgnane est dirige le mouvement "sursaut Togo", créé en 2005© Frédéric Jouval/JA

Le candidat à l’élection présidentielle togolaise, Kofi Yamgnane, confirme ses liens d’amitié avec Eric Bosc, le diplomate français expulsé du Togo. Il assure que ces relations étaient sans rapport avec le scrutin prévu pour le 28 février et y voit un signe de « panique » du pouvoir.

Pour Kofi Yamgnane, cela ne fait aucun doute : la relation qu’il entretenait avec le diplomate français est à l’origine de l'expulsion de ce dernier du Togo. Les autorités togolaises ont donné quinze jour à Eric Bosc, premier secrétaire de l'ambassade de France, pour quitter le territoire, et lui reprochent de s’être livré à des « activités incompatibles avec son statut ».

Joint par Jeune Afrique, Kofi Yamgnane, a confirmé ses liens d’amitié avec Eric Bosc, mais il nie tout rapport entre cette relation et la politique intérieure togolaise.

« Je le connaissais avant sa nomination au Togo »

« Ce n’est pas parce que l’un est diplomate et l’autre est un homme politique que nous n’avons pas le droit d’être amis », s’est-il indigné.
Franco-togolais, Koffi Yamgnane est installé à Lomé depuis un an. Il affirme avoir rencontré Bosc bien avant son arrivée à Lomé. « Je le connaissais déjà lorsqu’il était en poste à Haïti, a-t-il indiqué. Nous sommes devenus plus proches depuis que nous sommes au Togo. »

L'appartenance des deux hommes à la Bretagne (Eric Bosc en est originaire et Kofi Yamgnane y a été maire) les a « rapprochés », a-t-il ajouté.

Bosc, arrivé à Lomé il y a trois ans, était chargé « du suivi de la politique intérieure » togolaise. Le ministère français des Affaires étrangères soutient son travail, affirmant dans un communiqué que son fonctionnaire n’avait « jamais outrepassé sa mission, faisant preuve d’un grand professionnalisme dans ses contacts avec tous les partis légaux » . En réaction à cette expulsion, Paris a d'ailleurs demandé le départ d’un diplomate togolais.

« Le pouvoir panique »

Selon Kofi Yamgnane, les deux hommes se rencontraient régulièrement autour d’un verre. « Mais on ne parlait pas de politique », insiste-t-il. A ses yeux, la décision des autorités togolaises est irrationnelle et témoigne d’une « panique » à l’égard de sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 28 février 2010.

mardi, 08 décembre 2009

Chasse à l’homme en Guinée

A la recherche de Toumba Diakité, l’armée fait régner la terreur


Barrages routiers, fouilles de véhicules, descentes musclées, arrestations, exécutions sommaires… Les forces loyalistes ne ménagent pas leurs efforts pour mettre la main sur le lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité qui a blessé grièvement à la tête, jeudi, le chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara. Une chasse à l’homme qui plonge la population dans la peur.

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mardi 8 décembre 2009 / par Ismaël Kabiné Camara( source : afrik.com)

Notre correspondant en Guinée

La mise à prix de la tête du bourreau de Moussa Dadis Camara et la mise à disposition de numéros verts demeurent, ce mardi, infructueuses. Toumba court toujours. D’autres dispositions, très musclées, sont établies pour tenter de mettre le grappin sur l’homme le plus recherché actuellement en Guinée.

Depuis plusieurs jours, les barrages routiers ont été multipliés à travers tout le pays. Selon les témoignes de chauffeurs de taxi et de leurs passagers, il y a présentement six barrages entre Conakry et Coyah, distants seulement de 50 km. Tous les véhicules, taxis ou pas, sont systématiquement fouillés. Il en est de même pour le trajet Kankan-Kouroussa (située dans la région de la haute Guinée) long de 85 km.

Et ce n’est pas tout. Le ministre de la sécurité présidentielle, Claude Pivi, Alias « Coplan », et ses hommes procèdent actuellement à un ratissage des hommes en tenue et même des civils soupçonnés d’être des proches du lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité, ex aide de camp du leader de la junte. Lundi, vers 14 heures (heure locale),selon des témoignages concordants, Claude Pivi et ses hommes ont fait une descente musclée au quartier Cosa (zone à dominante peule habituellement hostile à Dadis) où ils auraient fusillé un marabout. Ils auraient également arrêté plusieurs personnes, dont un imam.

Trois militaires proches de Toumba ont été arrêtés ce week-end à la frontière guinéo-sierra léonaise. Ils ont été, semble-t-il, conduits au camp Alpha Yaya Diallo (siège de la junte) où ils auraient fait l’objet de tortures inhumaines. Parmi ces militaires, l’ex membre de la garde présidentielle, le sergent Mohamed II Camara, communément appelé « Beugré ». Ce dernier, qui aurait assisté à la tentative d’assassinat du chef de la junte, se serait « suicidé » selon des sources militaires.

Lire aussi :

- Guinée : comment se porte le capitaine Camara ?
- Guinée : Toumba Diakité, l’homme à abattre
- Guinée : Dadis Camara victime d’une tentative d’assassinat

 

Le Cercle Mont Cameroun veut remettre la politique au service du développement

Des Camerounais de France lancent une « société initiatique politique »


Des Camerounais de la diaspora ont initié le Cercle Mont Cameroun (CMC), une société politique qui entend œuvrer au redressement de leur pays. Ils entendent s’investir pour intéresser de nouveau leurs compatriotes à la chose politique, gage selon eux du retour des bonnes mœurs dans la gestion du Cameroun.

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lundi 7 décembre 2009 / par René Dassié (Source : afrik.com)

 

Redonner à la politique son rôle central dans le développement du pays : c’est ce que souhaitent faire des intellectuels camerounais basés en France. Hommes de sciences, chefs ou cadres d’entreprises, ceux-ci ont lancé il y a quelques mois le Cercle Mont Cameroun (CMC), une association, qui ambitionne « d’œuvrer à la fondation d’une société [camerounaise] prospère », a en croire le manifeste publié en août dernier chez Karthala intitulé De la centralité du principe politique.

 

Selon Raoul Nkuitchou Nkouatchet, sociologue et membre fondateur du CMC, la plupart de ses camarades, comme lui, bien qu’installés dans l’Hexagone, ont milité par le passé dans des partis politiques camerounais. Mais leur engagement militant n’a pas fait long feu. Soit ils ont été exclus pour avoir tenté de promouvoir la démocratie au sein des appareils, soit ils ont dû se résoudre à démissionner, « les chefs de l’opposition reprenant dans leurs formations les mêmes pratiques despotiques qu’ils reprochent au pouvoir ». Pas question cependant, pour eux, d’assister en spectateurs à la lente agonie de leur pays. « Comment faire pour réapprendre à prendre la chose publique au sérieux aux Camerounais ? », s’interrogent-ils dans leur manifeste.

 

Pour eux, la faillite du Cameroun est avant tout celle de ses élites politiques. Si la dictature qui prive tout un peuple de ses richesses a pu tenir aussi longtemps et tend à se perpétuer, c’est d’abord parce qu’elle a réussi, dès les premiers jours de l’Etat, dans les années 60, à détourner l’élite des nobles missions de la politique, pour l’avilir dans son régime de jouissance. De sorte que, même lorsque dans les années 90, le vent de la démocratie va souffler sur le pays, ceux qui prendront la tête des mouvements d’opposition sortiront du même moule que le pouvoir qu’ils prétendront combattre. Et même lorsqu’ils se jetteront dans les rues pour réclamer le changement, ils crieront en réalité leur seule rage d’avoir été exclus du système des prébendes, et ne résisteront pas longtemps aux appels des sirènes de la corruption.

 

Promouvoir le sens du collectif

Les choses auraient pu se passer autrement, pense le CMC, si ceux-ci avaient été des hommes conscients de la primauté de l’intérêt collectif et étaient capables d’abnégation. « L’activité politique, en particulier dans un pays qui connait une profonde crise, où tout est à bâtir, requiert un effort spirituel et intellectuel d’élévation au-dessus de la condition moyenne », lit-on dans le manifeste de l’association.

 

Pour redresser le pays, il est donc indispensable de changer en profondeur les mœurs politiques qui y ont court. Pour ce faire, le CMC veut « conscientiser les citoyens de l’importance de la politique ». Il n’envisage cependant pas de devenir un mouvement de masse. Il cible les élites. « A l’âge des bâtisseurs, au moment de la fondation puis de la consolidation des constitutions prospères de par le monde, ce sont les citoyens les plus éclairés du pays, c’est-à-dire ceux qui on consenti à l’effort spécifique de formation spirituelle et intellectuelle au politique, qui ont fourni le pas décisif ».

 

Dès le début de l’année prochaine, Raoul Nkuitchou Nkouatchet et ses associés devraient déployer leurs activités sur le territoire camerounais. « Nous allons mettre en place des cafés politiques, qui seront des sortes de forums où l’on échangera sur la politique. N’ayant aucun engagement vis-à-vis des partis politiques, nous accueillerons tout le monde ». Ces forums qui se tiendraient progressivement dans tout le pays feront naître un nouveau souffle au sein de l’élite camerounaise, pour qu’elle participe de façon plus efficiente au développement du pays, espèrent les fondateurs du CMC.

- Cercle Mont Cameroun , De la centralité du principe politique, ed. Karthala, 2009.

mardi, 24 novembre 2009

Massacre de Bogoro : les chefs de milice congolais devant la CPI

24/11/2009 | AFP



Germain Katanga le 27 juin 2008 à La Haye Germain Katanga le 27 juin 2008 à La Haye © AFP/Archives

 

Les deux chefs des milices congolaises FRPI et FNI, accusés d'avoir ordonné la sanglante attaque en 2003 du village de Bogoro, sont jugés devant la Cour Pénale Internationale. Ils plaident non coupables des nombreuses charges retenues contre eux.

 

Le procès de deux chefs de milice congolais, accusés de l'attaque d'un village d'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), qui avait fait plus de 200 morts en 2003, s'est ouvert mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Germain Katanga, 31 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 39 ans, sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis lors de l'attaque du village de Bogoro, le 24 février 2003.

 

Les charges contre les accusés devaient être présentées mardi matin puis l'accusation, les représentants des victimes et la défense devaient présenter leur déclaration liminaire.

 

60 000 morts dans les affrontements interethniques

Plus d'un millier de combattants de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI) de Germain Katanga et du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) de Mathieu Ngudjolo Chui, selon l'accusation, avaient attaqué Bogoro.

 

Les miliciens d'ethnies lendu et ngiti avaient, sous les ordres des deux accusés, détruit le village au centre duquel se trouvait un camp militaire de leurs ennemis de l'Union des patriotes congolais (UPC), selon l'accusation. Plus de 200 civils avaient été tués.

 

Les deux accusés plaident non coupables des charges de meurtre, viol, esclavage sexuel, utilisation d'enfants soldats, attaques contre des civils, pillages et destructions de bien.

 

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de l'Ituri et ses ressources naturelles, or, pétrole, bois ou diamants, avaient débuté en 1999. Selon les ONG, ils ont fait plus de 60.000 morts.

lundi, 23 novembre 2009

Niger: Tandja sommé de quitter le pouvoir dans un mois

23/11/2009 | AFP


le président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernierle président du Niger, Mamadou Tandja, vote à Niamey en octobre dernier© AFP

A quelques semaines de la fin du mandat de Mamadou Tandja, l'opposition nigérienne a rappelé qu'elle était hostile à la reconduite de celui-ci à la tête du pays. Par la dissolution du parlement et de la Cour constitutionnelle et le vote d'un référendum vivement décrié, Mamadou Tandja s'est pourtant assuré de pouvoir rempiler pour trois ans.

Des milliers de manifestants ont réclamé dimanche à Niamey le départ du président Mamadou Tandja qui a obtenu par un référendum controversé de rester au pouvoir jusqu'en 2012.

"Tandja doit partir!", "Non à sa Constitution!", "A bas le démolisseur de la démocratie", ont scandé les manifestants, munis de banderoles et de pancartes hostiles au régime.

Certains manifestants brandissaient des portraits des principaux opposants, comme l'ex-Premier ministre Hama Amadou et le président du parlement dissous en mai Mahamane Ousmane, qui vivent à l'étranger.

Perte de légitimité et de légalité

"Le mandat du président Tandja prend fin le 22 décembre (. . . ) il nous appartient de nous mobiliser pour mettre un point final à la restauration autocratique", a déclaré l'opposant Mohamed Bazoum lors d'un rassemblement dans le centre de la capitale. "A partir de cette date, il (Mamadou Tandja) perd toute légitimité et légalité", a-t-il ajouté.

La manifestation avait lieu à l'appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition de partis politiques, d'organisations de défense des droits de l'Homme et de syndicats dénonçant le "coup d'Etat" du président Tandja.

Au lieu de se retirer à la fin de deux mandats consécutifs en décembre, celui-ci avait obtenu par un référendum contesté, en août, une prolongation de son mandat.

Pour pouvoir organiser ce référendum, il avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, plongeant le Niger dans une grave crise politique.

lundi, 16 novembre 2009

Compaoré à Abuja pour évoquer des pourparlers inter-guinéens

16/11/2009 | AFP


Compaoré doit revoir l'oppositino et la junte mercredi à OuagadougouCompaoré doit revoir l'oppositino et la junte mercredi à Ouagadougou© AFP

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, se rend lundi à Abuja pour évoquer avec le président nigérian Umaru Yar'Adua le "début des pourparlers inter-guinéens".

"Le président du Faso se rendra à Abuja au Nigeria le (lundi) 16 novembre 2009 pour une visite de travail", indiquait dimanche un communiqué du service de la communication de la présidence burkinabè transmis à l'AFP.

"Blaise Compaoré aura des entretiens avec son homologue nigérian Umaru Yar'Adua, également président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 Etat)", selon le texte. "La coopération bilatérale, les sujets d'actualité dans la sous-région notamment le début des pourparlers inter-guinéens seront au menu des échanges entre les deux chefs d'Etat", précise le texte.

M. Compaoré, nommé médiateur de la crise guinéenne par la Cedeao le 2 octobre, a clos mercredi des discussions séparées entre les Forces vives (opposition, syndicats et société civile) et la junte qui s'est emparée du pouvoir en Guinée lors du coup d'Etat du 23 décembre 2008.

Les discussions portent sur les modalités de sortie de la grave crise dans laquelle est plongé ce pays d'Afrique de l'Ouest après le massacre par les forces de sécurité, le 28 septembre, de plus de 150 opposants, selon l'ONU, dans un stade à Conakry.

Opposition et junte complètement opposés

M. Compaoré a reçu des deux parties des propositions de sortie de crise diamétralement opposées.

Les Forces vives réclament le départ du chef de la junte au pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara, la dissolution du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) et la mise en place d'un Conseil national de transition pour organiser une élection présidentielle dans un délai de six mois.

Mais les émissaires de la junte ont dit à M. Compaoré qu'ils veulent la "formation d'un gouvernement d'ouverture" et le maintien du capitaine Camara à la présidence. La junte demande que ce gouvernement soit dirigé par un Premier ministre désigné par consensus" mais qui resterait "sous l'autorité" du capitaine Camara. Elle souhaite également la mise en place d'un Conseil national de transition qui jouerait "le rôle d'Assemblée nationale" pour élaborer les textes sur la future élection présidentielle.

M. Compaoré doit revoir les deux camps mercredi à Ouagadougou, pour examiner "séparément" ses propositions de sortie de crise.

mercredi, 11 novembre 2009

Niger : la Cour constitutionnelle valide le résultat des législatives

11/11/2009 | AFP


Le scrutin est contesté par la Cedeao et l'UELe scrutin est contesté par la Cedeao et l'UE© AFP

La Cour constitutionnelle nigérienne a validé les résultats des élections législatives du 20 octobre boycottées par l'opposition et critiquées par la communauté internationale, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur, Albadé Abouba.

"La Cour constitutionnelle, en son audience du 10 novembre 2009 (. . . ) a validé et proclamé les résultats définitifs des élections législatives du 20 octobre", a déclaré le ministre à la radio d'Etat.

La Cour a cependant "annulé" le vote de Tassara, une zone pastorale de la région de Tahoua (ouest), où des partielles seront organisées ultérieurement en vue d'attribuer l'unique siège de député de la circonscription, a-t-il indiqué.

L'élection de 112 députés a donc été validée, sur un total de 113 sièges au Parlement.

Le Mouvement national pour la société de développemenent (MNSD, au pouvoir) a obtenu 76 sièges.

Sanctions

La Cour a également rejeté des requêtes introduites par des indépendants et des partis politiques souhaitant l'annulation de résultats de certains bureaux de vote.

Après l'organisation de ce scrutin, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao, 15 Etats) a suspendu le Niger. L'organisation régionale, qui avait demandé le report de l'élection, ne reconnaît pas son résultat et accuse Niamey d'avoir violé des textes communautaires sur la démocratie.

La semaine dernière, l'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel".

La Cedeao et l'UE étaient déjà opposées au référendum constitutionnel très controversé du 4 août par lequel le président Mamadou Tandja, 71 ans, a obtenu une rallonge de trois ans après dix ans à la tête du pays.

Médiation

Pour organiser ce référendum, également boycotté par l'opposition, le chef de l'Etat avait dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle.

La Cedeao et l'UE ont demandé à M. Tandja de renouer le dialogue avec ses opposants.

Le pouvoir et l'opposition ont entamé lundi à Abuja, la capitale nigériane, des discussions de sortie de crise sous les auspices du général Abdusalami Abubakar, ancien chef d'Etat nigérian et médiateur de la Cedeao.

Gabon : l'opposition dénonce "une dictature émergente"

11/11/2009 | AFP


Ali Bongo a notamment promis de mettre un terme à la corruption et au clientélismeAli Bongo a notamment promis de mettre un terme à la corruption et au clientélisme© AFP

Une coalition de partis d'opposition et de candidats battus à l'élection présidentielle du 30 août au Gabon a critiqué mardi les dernières mesures du gouvernement d'Ali Bongo, parlant de "dictature émergente".

"La coalition continue de rappeler que le régime (. . . ) est une dictature émergente", a déclaré à la presse le porte-parole de la coalition, l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong en référence au "Gabon émergent" qu'Ali Bongo a promis aux Gabonais lors de sa campagne électorale.

Pour la coalition, la décision de la Cour constitutionnelle de reporter des élections législatives partielles destinées à renouveler les sièges de quatre députés exclus en juillet par le parti au pouvoir - dont les ex-ministres et candidats André Mba Obame, Casimir Oyé Mba et Eyéghé Ndong- est "surprenante".

Cette élection qui devait initialement être organisée en octobre se tiendra au cours du premier semestre 2010.

La décision de la Cour "cache mal la crainte du pouvoir qui sait pertinemment que ces élections partielles seront l'occasion de lui infliger la démonstration de son illégitimité", a dit M. Eyéghé Ndong.

Pas de mélange des genres

Elu à l'issue d'un scrutin contesté, Ali Bongo Ondimba, fils aîné du président Omar Bongo Ondimba décédé en juin, a été investi président le 16 octobre. Il a notamment promis de mettre un terme à la corruption et au clientélisme.

La coalition a aussi commenté "l'application spécieuse" par le nouveau gouvernement d'un article de loi qui interdit à un fonctionnaire d'exercer des responsabilités syndicales à moins d'être détaché de la fonction publique. L'opposition reproche notamment au gouvernement sa volonté de l'étendre aux partis politiques et aux fédérations sportives.

Le gouvernement "voudrait laisser croire (. . . ) que les responsables des syndicats, des fédérations sportives et des partis politiques sont de mauvais fonctionnaires (. . . ). Cela est inexact et même outrageant", a affirmé M. Eyéghé Ndong.

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