mercredi, 11 novembre 2009

Probo Koala : l’indemnisation des victimes devrait bientôt commencer

10/11/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Pierre Boisselet


En 2006, les déchets du Probo Koala avaient causé plus de 15 morts et des milliers d'intoxicationsEn 2006, les déchets du Probo Koala avaient causé plus de 15 morts et des milliers d'intoxications© AFP

Leigh Day & Co. sera finalement chargé de distribuer les indemnités des victimes du Probo Koala. Le tribunal de première instance d’Abidjan a donné raison au cabinet d’avocat anglais, face à la Coordination Nationale des Victimes des Déchets Toxiques (CNVDT) de Claude Gohourou. Les fonds sont toujours gelés par la justice, mais Leigh Day se veut confiant sur la reprise rapide des paiements.

Quelques 750 000 CFA (1150€) d’indemnité pour chacune des 30 000 victimes du Probo Koala… Une telle somme ne pouvait que susciter des convoitises.

Au mois de septembre, trois ans après la pollution de la région d’Abidjan par des déchets toxiques, l’affréteur du tanker-pollueur avait accepté de dédommager les victimes. Les 22,5 milliards de CFA (35 millions d’euros) avaient alors été versé à Leigh Day & Co., le cabinet d’avocat anglais qui les représentaient.

Mais fin octobre, l’argent déposé sur les comptes de Leigh Day en Côte d’Ivoire a été gelé par la justice, suite à une plainte de la CNVDT, une organisation créée au mois d’août par Claude Gohourou.

Accusant les avocats anglais de vouloir s’enrichir sur le dos des victimes, il réclamait l’attribution du montant à son association.

Vendredi, la justice ivoirienne a finalement tranché en faveur de Leigh Day & Co.

Soulagement

« La décision du juge soulage énormément les demandeurs et les avocats », s’est félicité le cabinet Leigh Day dans un communiqué, après l’annonce du jugement.

L’avocat en charge de ce dossier, Martyn Day dit espérer « bientôt reprendre le paiement de l’indemnisation [des victimes], issue de leur longue bataille ». Le jugement n’a pour l’instant pas levé le séquestre sur les comptes de Leigh Day en Côte d’Ivoire. Le tribunal attend encore les preuves que le cabinet est spécifiquement mandaté pour distribuer les fonds. Une demande que Leigh Day « n’anticipe pas » comme « un véritable obstacle ».

Joint par Jeuneafrique.com, Claude Gohourou dit quant à lui « [prendre] acte de la décision du juge ». S’il a évoqué la possibilité de faire appel, il n’a pas voulu dévoiler ses intentions pour l’heure.

vendredi, 06 novembre 2009

Probo Koala : bataille pour le magot des victimes

06/11/2009 | Jeune Afrique | Par : Pierre Boisselet avec Baudelaire Mieu à Abidjan


Trois ans après, les 30 000 victimes n'ont toujours pas été indemniséesTrois ans après, les 30 000 victimes n'ont toujours pas été indemnisées© AFP

La justice ivoirienne doit annoncer aujourd’hui à qui seront versés les 22 milliards de francs CFA destinés à indemniser les victimes des pollutions du Probo Koala. Deux représentants des défenseurs des victimes se disputent la faveur.

Les pollutions du Probo Koala représentaient déjà l’un des plus grands scandales écologiques de ces dernières années. Le dédommagement des victimes pourrait donner lieu, en plus, à un scandale financier.

Après des années de bataille juridique, la multinationale Trafigura – l’affréteur du tanker responsable de l’acheminement des déchets toxiques – avait finalement accepté d’indemniser les victimes (au moins 15 morts et des dizaines de milliers de personnes intoxiquées).

22 milliards de CFA gelés

La Haute Cour d’Angleterre, devant laquelle était jugée l’affaire, avait approuvé le 23 septembre un accord entre Trafigura et le cabinet d’avocats Leigh Day & Company (LD&Co), défenseur des victimes. Quelque 22 milliards de francs CFA (34 millions d’euros) devaient être versés à LD&Co, chargé ensuite d’indemniser chacune des 30 000 victimes à hauteur de 750 000 francs CFA par personne, soit près de 1150 euros.

Mais l’argent, déposé sur des comptes ouverts par LD&Co à la Société Générale des Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI) a été gelée par la justice ivoirienne le 22 octobre dernier. Le cabinet d’avocat s’est déclaré « inquiet » que la somme soit « détournée ».

A l’initiative de cette procédure, Claude Gohourou. Originellement à la tête de l’association des victimes de Port-Bouët, il s’est plus récemment présenté comme le responsable de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (CNVDT), un groupement créé en août dernier, qui prétend représenter les associations de victimes.

Il réclame le versement des sommes sur le compte de son association, plutôt que sur celui du cabinet LD&Co, dont il met en doute la transparence. « L’accord a été signé au nom des victimes, mais sans leur présence, affirme-t-il. De plus le cabinet d’avocat refuse de nous transmettre une copie de cet accord. »

Claude Gohourou est bien connu des avocats de LD&Co. « Il fait partie de ceux qui nous ont aidé dans la bataille contre Trafigura, se souvient Martyn Day, en charge de cette affaire. Il faisait du très bon travail, mais il y en avait beaucoup d’autres dans son cas. »

Selon lui, la réclamation portée par Claude Gohourou est « une absurdité ». « Son association a été créé il y a quelques semaines seulement ! » peste Martyn Day.

Gohourou versus Leigh Day & Company

Après plus de trois ans, les victimes devaient obtenir une compensation. Leigh Day avait déjà remis des codes secrets de compte aux victimes. Il ne leur restait plus qu’à distribuer les cartes autorisant le retrait. Mais Claude Gohourou soupçonne le cabinet LD&Co d’avoir voulu s’enrichir en choisissant une procédure de versement longue et en profitant, dans l’intervalle, des intérêts.

Tout est maintenant suspendu à la décision du tribunal d’Abidjan. Le procureur a demandé le transfert de l’ensemble des fonds à l’association de Claude Gohourou… Verdict dans la journée.

vendredi, 16 octobre 2009

Quelque 30 kilos de plutonium découverts à Cadarache

Par  RFI. Article publié le 16/10/2009 


(Photo : AFP)

(Photo : AFP)


Plusieurs dizaines de kilogrammes de plutonium, ayant échappé à tout inventaire, ont été découverts sur le site de recherche atomique de Cadarache dans le sud de la France. Selon le ‘gendarme du nucléaire’ en France -l'Autorité de sureté nucléaire (ASN )- http://www.asn.fr/ cet incident doit être classé au niveau 2 sur l'échelle internationale de gravité des événements nucléaires, laquelle en compte 7. L'ASN indique aussi avoir été avertie la semaine dernière par le Centre de l'Energie Atomique (CEA) alors que la découverte date du mois de juin dernier et elle a demandé aussitôt l’arrêt du démantèlement de l’Atelier de technologie du plutonium, installation mise en cause dans cet événement.

Le délai de plusieurs mois qui s'est écoulé entre la découverte de ces quelques trente kilos de plutonium en trop et le fait que l'autorité de sûreté nucléaire n'ait été averti que mercredi dernier 7 ocobre 2009 a mis le feu au poudre. La découverte a entraîné l'arrêt immédiat des travaux de démantèment de l'installation mise en cause.

Le ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo a aussitôt réclamé une transparence absolue en matière de sûreté nucléaire. Le Commissariat à l'Energie atomique a plaidé la bonne foi, déclarant avoir préféré attendre d'avoir une vision globale des stocks, avant d'avertir l'autorité de contrôle.

L'ASN, pour sa part, juge inacceptable que le CEA ne sache pas exactement combien il possède de matières radioactives dans ses installations nucléaires.

Jérome Rieux

Directeur des installations de recherche et de déchets de l'ASN

« On peut tout à fait s'expliquer la présence de résidus dans la mesure où l'Atelier de plutonium a utilisé 50 tonnes de cette matière; ce qui est problématique, c'est l'écart entre les estimations et ce que l'on a trouvé

15/10/2009 par Charlotte Alix

Quant aux associations écologistes, déjà proccupées par l'affaire de l'uranium appauvri français stocké en Sibérie sont immédiatement montés au créneau. Pour celles-ci, il s'agit  d'une des situations les plus graves et les plus critiques que l'on ait pu rencontrer dans une installation nucléaire depuis longtemps.

jeudi, 17 septembre 2009

Pollution/Affaire du “Probo-Koala“ : les déchets déversés en Côte d`Ivoire contenaient un gaz mortel

jeudi 17 septembre 2009 - Par Le Monde.fr
Arrivée
© AFP par Mychèle Daniau
Le cinquième et dernier navire chargé de déchets toxiques qui ont causé la mort de dix personnes fin août à Abidjan est arrivé mardi après-midi au Havre, a-t-on appris auprès du port autonome.

Les résidus pétroliers se trouvant à bord du Probo-Koala, qui avaient été déversés en 2006 dans des décharges d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, provoquant une dizaine de décès par empoisonnement, contenaient environ deux tonnes de sulfure d'hydrogène, un gaz mortel en cas de fortes inhalations, affirme le quotidien britannique The Guardian, dans son édition du jeudi 14 mai. Une analyse effectuée aux Pays-Bas sur un échantillon des quelque 500 tonnes de déchets du navire a relevé également la présence d'importantes quantités de soude caustique. La société Trafigura, affréteur du Probo-Koala, fait l'objet d'une plainte collective déposée par plusieurs milliers de citoyens ivoiriens.

Trafigura propose un accord aux victimes des déchets toxiques

17/09/2009 | AFP


La pollution a fait plus de 30 000 victimes ivoiriennesLa pollution a fait plus de 30 000 victimes ivoiriennes© AFP

La multinationale Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala, dont les déchets toxiques avaient été déversés en 2006 en Côte d'Ivoire, a annoncé mercredi qu'elle avait proposé un accord à l'amiable aux victimes qui avaient entamé des poursuites à son encontre.

Trafigura, un négociant multinational de produits pétroliers, était l'affréteur du cargo Probo Koala, dont les résidus toxiques avaient été déversés en août 2006 à Abidjan, causant la mort de 17 personnes et des milliers d'intoxications.

Plus de 30. 000 victimes ivoiriennes, représentées par le cabinet britannique d'avocats Leigh Day and Co, avaient entamé des poursuites contre Trafigura. Un procès devait avoir lieu en octobre devant la Haute Cour de Londres, qui aurait constitué la plus importante action contre une société jamais menée devant la justice britannique.

Mais mercredi, Trafigura, dont le siège opérationnel est basé à Londres, a fait savoir, dans un communiqué, que "les parties explorent la possibilité d'un compromis sur les demandes d'indemnisation qui ont été faites".

"Un règlement global est considéré par les parties et il apparaît que cet accord serait probablement acceptable pour la plupart d'entre elles", a ajouté Trafigura. "Cela prendra du temps et d'ici là, les deux parties considèrent qu'il serait malvenu et inapproprié de faire tout commentaire supplémentaire. "

Des millions de livres d'indemnisation ?

Selon le quotidien britannique The Independent, cet accord d'indemnisations pourrait se compter en millions de livres.

Trafigura a toujours nié toute responsabilité dans les événements. Mais le 13 février 2007, elle avait conclu un accord à l'amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros).

Un quart de cette somme seulement avait été consacrée aux victimes, le reste revenant à l'Etat et aux collectivités locales.

Cet accord avait permis la libération de deux hauts cadres de Trafigura, incarcérés depuis des mois après un déplacement à Abidjan.

En octobre 2008, deux responsables locaux impliqués dans l'affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.

mardi, 15 septembre 2009

Probo Koala : trois ans après

15/09/2009 | Jeune Afrique | Par : Baudelaire Mieu, à Abidjan

Trois ans après le déversement, en août 2006, de 500 m3 de déchets toxiques et nauséabonds à la périphérie d’Abidjan, qui a provoqué 16 décès et des milliers d’intoxications, les victimes du Probo Koala – du nom du navire, affrété par la compagnie Trafigura, d’où furent débarquées les substances incriminées – continuent de vivre dans la psychose. Environ 3 000 tonnes de terres polluées sont encore stockées sur les sites d’Akouédo et de Djibi, et les experts craignent une nouvelle contamination. « Des produits dangereux recueillis sur les sites de pollution sont entassés dans de gros sacs, surveillés par des vigiles, sans aucune précaution élémentaire », s’inquiète un riverain. L’État ivoirien avait fait appel dans l’urgence à la société française Trédi pour la première phase des opérations de dépollution, puis à l’entreprise canadienne Biogénie pour la seconde phase, qui n’a jamais été menée à terme. Si aucune nouvelle contamination n’a été enregistrée dans les villages où sont encore stockés les déchets, les populations craignent pour leur santé. Quant aux premières vic­times de la contamination d’août 2006, elles en subissent encore les effets. « Nous continuons de souffrir, nos enfants naissent avec des malformations, nous avons des pro­blèmes respiratoires et nous contractons des maladies de peau. Nous mourons à ­petit feu, dans l’indifférence générale », explique Rachel Gogoua, responsable d’une association de victimes.

En février 2007, Trafigura avait versé 152 millions d’euros pour indemniser les victimes et financer les opérations de dépollution en échange de la libération de ses dirigeants incarcérés à Abidjan. De nombreux plaignants, qui ont refusé l’indemnisation de Trafi­gura, ont préféré entamer une procédure judiciaire en France et en Angleterre pour obtenir réparation. Ce scandale avait mis en lumière les failles de l’administration ivoirienne. De hauts responsables de l’administration impliqués directement ou indirectement dans l’affaire avaient été sanctionnés par l’ex-Premier ­ministre Charles Konan Banny, puis réhabilités trois mois plus tard par le président Laurent Gbagbo.